Les visages étaient usés. Toulalan et ses cheveux blancs apparents faisait dix ans de plus. Déjà, il se voyait consultant au Canal football club. Puel, la mine déconfite à chaque gros plan du cameraman, s’enfonçait un peu plus au fond du banc de touche, déjà en demi sous-sol.
Higuain, quant à lui, nous rappelait qu’il y a un temps de ça, notre sélectionneur préféré lui avait proposé de jouer pour l’ Equipe de France. Le jeune joueur avait gentiment répondu à Raymond qu’il souhaitait porter les couleurs de l’Argentine. Aujourd’hui, les supporters de l’Equipe de France le regrettent et préfèrent ne pas penser aux errances récurrentes de leurs attaquants. La première période fut dure, le but de Ronaldo dans les premières minutes, fit du mal à Lloris, mais pas seulement.
Jean II Makoun n’y arrivait pas et les chaussures jaunes Goalnaldo se rapprochaient de plus en plus vite des buts lyonnais
Et puis, Pjanic profita d’un cafouillage digne de la charnière Cris-Boumsong. Le lyonnais surgit, puis rugit face un public de Bernabeu médusé, désabusé. Le match pris alors une toute autre allure. Fini les potos, les occasions en or et les gestes techniques de Zinedine Ronaldo. Lloris imposa sa maîtrise du jeu. Ces deux points rageurs repoussaient les attaques des espagnols, tel un Mohamed Ali répondant à un Cassius Cley en pleine bourre. Puel refit surface, il savourait. Déjà il pensait à la conférence de presse d’après match. Les journalistes se disaient qu’enfin, peut-être, ils allaient pouvoir l’entendre du deuxième rang de la salle de conférence. Raoul rentra mais ne changea rien. Les lyonnais ont conjuré le sort. Cette fois ci l’ascension du football français ne s’arrêtera pas au mois de mars. Avec deux clubs encore en lice, la France retrouve de la fierté et savoure cette victoire.
Ces moments sont rares. Un club français élimine le grand Real, les galactiques, aujourd’hui glissent sur la voie lactée en direction de la Liga. Anderson, Juninho, Jean Luc Sassus et autres Florian Maurice doivent être fiers de cette génération de joueurs. Les duels s’enchaînent, les tirs non cadrés aussi. Mais qu’importe Lyon tient sa victoire.
Les minutes défilent et l’Olympique lyonnais se dirige vers une victoire de grande classe. Les gones rappellent à ceux qu’ils l’avaient trop vite oublié, qu’ils ne sont pas là par hasard. Au mois de janvier, les images montraient les lyonnais à vélo en Tunisie, illuminés par le coucher du soleil africain. Aujourd’hui, ils ont pris une nouvelle route, celle des demi-finales de la Ligue des champions...
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