On regrettera l’absence d’Imola (dernier GP en 2006), qui ne reviendra pas de sitôt. Portimao n’est pas encore intégré au calendrier. Quant au Grand Prix de France, c’est le sempiternelpanier de crabes ...
D’autres circuits semblent condamnés à rester le théâtre de seules séances d’essais privés, comme Jerez (en Andalousie) ou encore le circuit Ricardo Tormo de Valence, sans parler des circuits privés de la Scuderia, Fiorano et Mugello, en Italie.
Certains pays alimentent la rumeur depuis de nombreuses saison, mais rien de concret à l’horizon ... Russie ou Indonésie. Quant à l’Inde, elle devrait accueillir la F1 en 2010.
Autre projet issu de l’imagination débordante de Bernie Ecclestone, un Grand Prix en plein coeur de Rome. Des bolides dans la Ville Eternelle, le long du Colisée ou du Forum, cela aurait fière allure, mais il faudrait trouver une date. En vertu de la règle qui veut qu’un même pays ne soit pas l’hôte de deux Grands Prix (seule exception, l’Espagne, avec Barcelone et Valence), et qui a causé la perte d’Imola ainsi que l’alternance entre Hockenheim et le Nürburgring, l’arrivée d’un Grand Prix dans la capitale italienne condamnerait sans doute l’autodrome de Monza ... Jamais quasiment la F1 n’est allée courir sur l’asphalte d’une très grande métropole de rayonnement international, exceptés Pedralbes (Barcelone) dans les années 50,Dallas ou Detroit dans les années 80.
Enfin, bien des pays nous manquent et nous bercent de nostalgie à la simple évocation des ces beaux circuits ... Mexique (Hermanos Rodriguez), Afrique du Sud (Kyalami), Autriche (Spielberg), Pays-Bas (Zandvoort) ou encore Argentine (Oscar Galvez).
Le calendrier mondial 2010 confirme la tendance de la fin de décennie. Le socle européen de la F1 n’est plus, désormais la discipline a un socle bicéphale entre le Vieux Continent (Grande-Bretagne, Italie, Monaco, Espagne, Allemagne, Hongrie, Belgique)et l’Asie (Japon, Chine, Malaisie, Singapour, Bahrein, Corée du Sud, Turquie, Emirats Arabes Unis), le tout arbitré par des pays habitués à recevoir les bolides (Australie, Brésil, Canada). L’épicentre de la F1 se déplace petit à petit vers l’Orient ... mais les pilotes, eux, restent majoritairement européens, en tout cas pour ce qui concerne les vedettes (Alonso, Vettel, Hamilton, Button, Kubica, N.Rosberg, M.Schumacher...)
Sakhir (Bahreïn, 2004, 2004 *): comme Imola jadis, Sakhir est la référence pour valider la qualité des freins carbone ... les disques souffrent dans le désert de Bahreïn. Pour l’édition 2010, le tracé a été rallongé.
Melbourne, Albert Park (Australie, 1996, 1996): malgré le déficit, le circuit australien résiste au temps. Circuit non permanent situé dans la banlieue de Melbourne, il longe un lac situé dans un parc urbain. Atypique, il ne permet pas vraiment de juger de la qualité d’une monoplace.
Sepang (Malaisie, 1999, 1999): gare à l’orage tropical qui sévit parfois à Sepang (2001, 2009). Très exigeant physiquement avec un taux d’humidité très élevé, le circuit de Kuala Lumpur a gagné ses galons de circuit à fort caractère. Moteurs et châssis sont mis à rude épreuve, tous comme les pilotes. Gagner à Sepang "à la régulière" est toujours de bon augure ...
Shanghaï (Chine, 2004, 2004): le circuit chinois est considéré comme une piste ennuyeuse par les pilotes. Shanghaï a beau disposer d’installations pharaoniques et somptueuses, il ne se fera certainement pas une place parmi les légendes du calendrier, d’autant que le public ne suit pas vraiment...
Barcelone, Montmelo (Espagne, 1991, 1991): une très longue ligne droite pour le circuit catalan, temple des essais hivernaux. Tracé complet, il permet de jauger la qualité du moteur mais aussi de l’aérodynamique. Malheureusement, Barcelone ne propose que très peu de possibilités de dépasser. Les tribunes seront une nouvelle fois acquises à Fernando Alonso, l’homme providentiel qui a fait exister la F1 en Espagne. Le rouge sera la couleur dominante, entre les drapeaux espagnols et les oriflammes à l’effigie du Cavallino de Ferrari ...
Monaco (Monaco, 1950, 1955): l’écrin du championnat ... Ponctué de noms légende, Sainte-Dévote, Beau Rivage, Casino, Massenet, Loews, Portier, Rascasse, le circuit de la Principauté est un vrai dédale. Défi permanent pour les pilotes, le labyrinthe monégasque demande une condition physique exceptionnelle, ainsi qu’une force mentale hors normes. Entre les incessants changements de vitesse et l’impossibilité de dépasser, les nerfs sont mis à rude épreuve sur le Rocher. Piloter à Monaco, c’est comme faire du vélo dans son salon, disait Nelson Piquet. Les virtuoses du pilotage émergent sur ce tracé merveilleux, qui demande de frôler les rails à l’extrême limite.
Istanbul Park (Turquie, 2005, 2005): parmi les créations d’Hermann Tilke, Istanbul est un des rares circuits qui fassent l’unanimité parmi les pilotes. Vallonné, permettant les dépassements, le circuit turc dispose d’un virage d’exception, le numéro 8, un quadruple gauche vertigineux. Dommage que le public ne suive pas ...
Montréal, Gilles Villeneuve (Canada, 1978, 2010): supprimé du calendrier mondial en 2009, revoilà l’épreuve canadienne. Sur l’Ile Notre-Dame, autour du bassin olympique de 1976, le tracé québécois met les freins des bolides à rude épreuve. Attention à la célèbre chicane qui précède les stands et à son mur au slogan ironique, "Bienvenue au Québec" qui fait toujours des victimes ... Le circuit Gilles Villeneuve, nommé ainsi l’honneur du héros local décédé en 1982, propose un cocktail attractif de lignes droites et de virages délicats à négocier, telle l’épingle du Casino.
Valence (Europe, 2008, 2008): sur l’anciensite qui a accueilli la Coupe de l’America pour le défi suisse Alinghi, Valence accueille le Grand Prix d’Europe, très nomade (après Brands Hatch, le Nurburgring, Donington et Jerez). Peu intéressant, offrant peu de possibilités de dépassement, Valence est une alternance de virages en aveugle et de longues lignes droites, sur le port. Pour l’instant, la victoire semble réservée aux Brésiliens, avec Massa en 2008 et Barrichello en 2009. Jamais deux sans trois?
Silverstone (Grande-Bretagne, 1950, 1987): ancien aérodrome de la RAF, Silverstone pourra toujours se vanter d’avoir été l’hôte du premier Grand Prix de l’histoire du championnat, le 13 mai 1950. Ce circuit rapide favorise les monoplaces dont l’aérodynamique est réussie ... Pilier mythique de la F1, Silverstone est aussi célèbre pour ses embouteillages ... 2009 devait être sa dernière année, mais Donington Park n’a pu réunir les conditions pour organiser le Grand Prix de Grande-Bretagne 2010 ... Bernie Ecclestone doit donc abdiquer, et Silverstone reste une saison de plus au calendrier. Tant mieux!
Hockenheim (Allemagne, 1977, 2010): en alternance avec le Nürburgring, Hockenheim accueille la manche allemande du championnat. Le chaudron du Stadium devrait réserver une ovation colossale au Kaiser Schumacher, de retour en F1 et quadruple vainqueur ici (1995, 2002, 2004, 2006). Hockenheim possède moins de caractère que le circuit de l’Eifel. Amputé des grandes lignes droits qui traversaient jadis la forêt, le circuit allemand reste un pilier du championnat. Lewis Hamilton y avait remporté une splendide victoire en 2008, malgré une stratégie peu inspirée de McLaren. Woking, cette fois, ne sera plus vraiment à domicile. Silverstone sera toujours le fief de McLaren, mais désormais Hockenheim sera celui de Mercedes Petronas, dirigée par Ross Brawn et Norbert Haug.
Budapest, Hungaroring (Hongrie, 1986, 1986): exotique en 1986, car il était positionné à l’Est du Rideau de Fer, l’autodrome magyar ennuie profondément les pilotes. Ce tourniquet infernal ne possède aucune ligne droite et interdit tout dépassement! La chaleur torride est toujours de mise, sauf en 2006 où la pluie vint perturber le Grand Prix.
Spa Francorchamps (Belgique, 1950, 2007): Spa permet de séparer les hommes des petits garçons, disait Dan Gurney. Circuit propice aux exploits, le géant des Ardennes reste le morceau de bravoure du championnat, comme l’était jadis le grand Nürburgring, déserté depuis 1976, à la fois pour les contraintes télévisuelles et pour l’accident de Niki Lauda. Le toboggan belge ne pardonne rien, ni la faiblesse du pilote, ni le manque de puissance des moteurs, ni la médiocrité d’un châssis. Ce circuit complet sacre toujours de beaux vainqueurs. Pas étonnant qu’on retrouve Schumacher 6 fois vainqueur, Senna 5 fois et Raikkonen 4 fois, trois virtuoses du pilotage. Remis en selle par Bernie Ecclestone, ce monument de la F1 a été boudé par le calendrier en 2003 et 2006. Joyau de la Wallonnie, Spa promet à nouveau une chaude bataille entre les gladiateurs de la vitesse, surtout si la pluie s’en même, ce qui arrive souvent (1989,1992, 1998, 2000,2005, 2008).
Monza (Italie, 1950, 1981): un des piliers du championnat. Excepté en 1980, Monza a toujours accueilli la F1. Temple de Ferrari et des tifosi, l’autodrome lombard est le dernier vrai circuit de vitesse, suite aux travaux ayant modifié Hockenheim et Silverstone. Situé dans un parc royal, construit en 1922, Monza fait souffrir les moteurs, avec 70 % du tour à pleine charge sur l’accélérateur ... avant l’arrivée où les tifosi envahissent la piste, c’est la tradition!
Singapour, Marina Bay (Singapour,2008, 2008): premier Grand Prix nocturne, Singapour est un circuit urbain intéressant et piégeux, comme le sont Monaco et Valence.
Suzuka (Japon, 1987, 2009): situé dans un parc d’attractions, Suzuka fut dessiné par John Hugenholtz dans les années 60, à la demande de Honda, qui souhaitait disposer d’une piste d’essais. Circuit le plus technique pour les pilotes avec Spa, il est devenu un juge de paix, extrêmement difficile et exigeant. Souvent associé à l’attribution du titre mondial, le circuit japonais a la particularité de compter un pont. Deux virages sont particulièrement impressionnants, Spoon et le 130R.
Yeongam (Corée du Sud, 2010, 2010): ce nouveau circuit permettra aux simulateurs de tourner à plein régime. Les bons metteurs au point, comme Schumacher et Alonso, devraient s’y distinguer.
Interlagos (Brésil, 1973, 1990): situé en banlieue de Sao Paulo, présent au calendrier depuis 1990 (remplaçant ainsi son voisin de Rio de Janeiro, l’autodrome Nelson Piquet de Jacarepagua), Interlagos est un circuit bosselé, vallonné, tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre (comme Imola). Ce détail est important pour les muscles des pilotes dans les virages ... Tracé au grand coeur, l’autodrome José Carlos Pace (du nom d’un pilote brésilien disparu pendant les années 70) ne pardonne rien. Et quand il pleut, c’est encore plus terrible ... comme en 2003 ou 2008, avec des averses tropicales ... Le public, très connaisseur, vit dans la nostalgie de son héros, Ayrton Senna, qui a donné son nom au second virage du circuit, en descente. l’autodrome José Carlos Pace, du nom d’un contemporain d’Emerson Fittipaldi décédé dans un accident d’avion, est le parcours le plus complet de l’année avec Barcelone, Spaet Suzuka. Obtenir la victoire à Sao Paulo est donc gage d’un bon package voiture/pilote.
Yas Marina (Emirats Arabes Unis, 2009, 2009): le Grand Prix du crépuscule ... Circuit de la démesure, construit sur une île artificielle, avec un hôtel surplombant la piste, Yas Marina est intéressant question pilotage, même s’il ne vaut pas Suzuka ou Spa.
* la première date indique l’année de première apparition au calendrier, la seconde l’année du retour au calendrier.
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