Alors que la première édition de la H Cup n’avait généré que quinze rencontres, les équipes anglaises et écossaises n’ayant pas pris part à la compétition, pretextant un calendrier inadapté et surtout une entorse à la tradition rugbystique, la présence de ces mêmes équipes l’année suivante a contribué à (...)
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Alors que la première édition de la H Cup n’avait généré que quinze rencontres, les équipes anglaises et écossaises n’ayant pas pris part à la compétition, pretextant un calendrier inadapté et surtout une entorse à la tradition rugbystique, la présence de ces mêmes équipes l’année suivante a contribué à faire de l’édition 1996/1997 un véritable évènement européen. Pour en arriver là, il aura fallu toute la determination et l’optimisme des dirigeants Français pour convaincre leurs homologues Anglais et ainsi faire naître une véritable Coupe d’Europe. Mais en cette deuxième année d’existence, le travail de fond a payé et l’assurance d’avoir du Rugby de haut-niveau a remporté l’adhésion des joueurs et des supporters outre-Manche.
Avec une épreuve regroupant vingt équipes réparties en cinq poules de quatre, les empoignades furent mémorables. Le CAB n’a pas raté ses débuts dans le championnat européen et a d’abord battu facilement les Gallois de Neath ( 34-19) à l’issue d’un match où Brive montra sa supériorité en marquant cinq essais dont quatres de Sébastien Carrat, l’ancien sprinteur. Le match suivant, les Brivistes se sont faits surprendre par les Ecossais de Caledonia mais grâce au drop de David Venditti à trois minutes du coup de sifflet final, ils l’emportèrent finalement in extremis ( 30-32 ). Brive - Harlequins aura été sans doute la révélation pour les partenaires de Christophe Lamaison. En s’imposant ( 23-10 ) contre le club Londonien, l’alchimie entre l’équipe et son public s’est opérée. Devant 15 000 spectateurs, Brive s’offrait du même coup son billet pour les quarts de finales.
Après une dernière victoire dans le froid irlandais contre l’Ulster ( 6-17 ), Brive continuait son brillant parcours contre Llanelli sans jamais connaître de réels soucis dans le jeu. La précision de Christophe Lamaison, la vision du jeu d’Alain Penaud et la puissance du pack faisant la différence, pour une victoire finale 35 à 14. Le 5 janvier avait lieu les demi-finales. Contre les Gallois de Cardiff et par un froid glacial, les Corréziens organisés ne laissèrent aucune chance aux vice-champions d’Europe en titre et gagnèrent leur ticket pour la finale sur le score de 26 à 13. Dans l’autre demi-finale, Toulouse, le tenant du titre, allait se faire laminer 37 à 11 par les champions d’Angleterre, les Tigres de Leicester, ce qui relativisait quelque peu leur sacre obtenu l’année précédente en l’absence des clubs Anglais.
Le 25 janvier, les Brivistes avaient rendez-vous avec l’Histoire ! L’Arm’s Park ( ancètre du Millénium Stadium ) était bondé comme aux plus beaux jours du Tournoi mais cette fois, c’est la Coupe d’Europe qui l’a remplit malgré son existance récente. Comme si le challenge des Brivistes n’était pas suffisamment difficile à relever face à cette équipe qui regorgeait d’ Internationaux tels que Martin Johnson, Neil Back ou Austin Healey, les Corréziens ont du en plus évoluer dans un contexte hostile. En effet, près de 30 000 fans de Leicester ont effectué le court déplacement tandis que seules 3 000 personnes ont pu faire le voyage côté briviste. Malgré cela, au moment de pénétrer sur la pelouse, les supporters corréziens faisaient autant de bruits que les Anglais, ce qui va motiver encore un peu plus les partenaires de Philippe Carbonneau.
Sans complexe, les Brivistes vont entrer de plein fouet dans la rencontre. Sébastien Viars va s’infiltrer dans la défense de Leicester, utiliser un crochet extérieur, une double accélération et un raffut pour finalement s’écrouler cinquante mètres plus loin dans l’en but anglais ! Magique. On jouait seulement depuis cinq minutes et les choses ne pouvaient pas mieux commencer. La première période fut formidable de qualité. Les Anglais ne cédèrent pas un pouce de terrain, les Brivistes faisant feu de toute part. La pause arriva sur le score de 8 à 6 en faveur des Corréziens. Rien n’était fait mais on se disait que l’on aurait du mal à voir un tel niveau de jeu en deuxième mi-temps. Erreur totale !
Les quarantes dernières minutes allaient être du pur bonheur ! Leicester marqua une dernière pénalité dès la reprise et pris l’avantage à la marque ( 8-9 ). Ce sera la dernière fois de la rencontre. Brive domina le reste du match en inscrivant deux nouveaux essais par Fabre et Carrat puis en réalisant une dernière action digne du tableau noir : groupé-pénétrant dans l’axe avec les avants, libération rapide pour Viars à nouveau intercalé qui cadra le dernier défenseur et donna à son ailier Sébastien Carrat pour le quatrième et dernier essai. On frôla la perfection...
Brive survola la finale ( 28-9 ) et devint champion d’Europe. L’Arm’s Park était debout, les Anglais, beaux joueurs, saluèrent l’exploit du jour. Au même moment, les rues de Brive étaient en liesse. Le lendemain, pour accueillir les héros, ils étaient 30 000 sur la place de la Guierle à hurler leur bonheur ! Plus qu’une simple victoire ou un titre, Brive a donné ce jour là du crédit à cette nouvelle Coupe d’Europe, qui n’était pas encore tout à fait ancrée dans les moeurs. Il en fut le meilleur ambassadeur possible par la qualité de son jeu. Et ça, c’est écrit dans l’histoire.
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