Même si le championnat du monde perd un monument en la personne de Kimi Raikkonen, qui a décidé de se tourner vers le rallye en 2010, le spectacle promet d’être exceptionnel cette saison, avec une demi-douzaine de pilotes capables de viser la couronne mondiale.
5 étoiles *****
Sebastian VETTEL (...)
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Même si le championnat du monde perd un monument en la personne de Kimi Raikkonen, qui a décidé de se tourner vers le rallye en 2010, le spectacle promet d’être exceptionnel cette saison, avec une demi-douzaine de pilotes capables de viser la couronne mondiale.
5 étoiles *****
Sebastian VETTEL (Allemagne, Red Bull Renault, 22 ans) : dauphin de Button en 2009, Vettel n’a désormais plus qu’un objectif. Remporter le championnat. S’il y parvenait en 2010, Vettel deviendrait le plus jeune champion du monde de l’Histoire, à 23 ans, devant Lewis Hamilton. Clé de voûte du dynamique team Red Bull, Vettel doit se dépêcher, et prouver qu’il peut gérer la pression médiatique qui colle à la peau d’un favori au titre, élément nouveau. L’effet de surprise ne jouera plus du tout en sa faveur, lui qui a réalisé tant d’exploits en 2009. Secundo, Vettel doit profiter de la situation plutôt favorable chez Red Bull, car en 2011 la rumeur annonce rien moins que le retour d’Iceman, alias Kimi Raikkonen, en F1. Et ce retour pourrait intervenir dans l’écurie autrichienne, en lieu et place de Mark Webber, dont on dit que 2010 pourrait être la dernière campagne. Et Vettel sait très bien que Raikkonen est un pilote bien plus coriace que Webber. Seul bémol dans la panoplie du jeune apprenti champion, sa relative inexpérience. Seulement deux saisons complètes en F1. Mais le talent n’attend pas en F1. Lewis Hamilton fut sacré après deux saisons complètes, Michael Schumacher après trois campagnes. A Vettel de rejoindre ces prestigieux aînés dans le cénacle des champions du monde. Le jeune allemand, combatif comme un gladiateur, a tout les atouts pour vaincre. A lui de confirmer sur la piste ...
4 étoiles ****
Fernando ALONSO (Espagne, Scuderia Ferrari, 28 ans) : Alonso a réalisé son rêve, rejoindre la prestigieuse Scuderia Ferrari. Preuve de son implication sans faille, qui tranche avec celle de son prédécesseur Kimi Raikkonen, l’Espagnol a déménagé à Lugano, dans le Tessin, pour se rapprocher de l’Italie et de son employeur. Un détail, mais ce sont les détails qui font les grands champions ... Et l’homme d’Oviedo en est un ... Affamé de victoires après une saison vierge de succès en 2009, lassé du capharnaüm que fut le second épisode chez Renault, l’Asturien ne vise pas moins qu’un troisième sacre mondial. Trois couronnes feraient de lui l’égal d’un certain Ayrton Senna, son idole. Attendu comme le Messie par les tifosi, comme Prost (1990) ou Schumacher (1996) jadis, Alonso devra refaire de la Scuderia une Dream Team. Gare à la concurrence de Felipe Massa et à l’ambiance potentiellement volcanique entre ces deux latins. Mais après la terrible campagne 2007 vécue chez McLaren Mercedes avec Hamilton, Alonso a gagné en expérience, en maturité. Il sait désormais mieux que personne qu’un bon coéquipier est une arme à double tranchant. Certes, l’émulation aide à se transcender en piste, mais gare au pillage mutuel des points. Le double champion du monde, charismatique et très impliqué techniquement, part tout de même favori face à Massa, même si ce dernier connaît très bien l’écurie. Très complet, Alonso sait tout faire : chasser une pole, doubler, piloter vite sous la pluie, régler sa monoplace, motiver tout un garage ... A lui de confirmer qu’il est bien le meilleur pilote de sa génération.
Lewis HAMILTON (Angleterre, McLaren Mercedes, 25 ans) : après une saison 2009 au goût de cendres, Hamilton se verrait bien un destin de phénix en 2010. Malgré deux belles victoires, à Budapest et Singapour, l’année écoulée fut un échec pour le gagneur qu’est l’homme au casque jaune. Fer de lance de McLaren, Hamilton devra composer avec son compatriote Button, champion du monde en titre. Connaissant la capacité de réaction de Woking, Hamilton devrait faire partie des pilotes capables de jouer le titre. Véloce, combatif, le pilote anglais ne manque pas d’atouts. Fort de trois saisons d’expérience, dont une dans le peloton qui lui a certainement permis de mûrir, le champion du monde 2008 sera redoutable cette année. Le panache d’Hamilton pourrait cependant se retourner contre lui. Cette saison, en raison du surpoids causé par l’agrandissement du réservoir d’essence, l’usure des pneus sera un élément capital. L’agressif Hamilton devra apprendre à canaliser son pilotage agressif, tout en restant efficace face au chrono.
3 étoiles ***
Michael SCHUMACHER (Allemagne, Mercedes Petronas, 41 ans) : à lui seul, il a éclipsé une bonne partie de l’actualité F1 de l’intersaison, y compris le retentissant transfert de Fernando Alonso chez Ferrari. Terminées les courses en dilettante en moto sous le pseudonyme de Marcel Niederhausen, le Baron Rouge reprend du service. Finies les soirées paisibles en famille dans sa résidence suisse de Vufflens-le-Château. C’est chez Mercedes, qui l’aida à se lancer en F1 en 1991 chez Jordan, via le lobbying de Jochen Neerspach, que Schumacher retrouve la discipline où il fut le Kaiser, l’empereur des victoires, de 1994 à 2006. Chaque dimanche, il était la cible, l’homme à battre. Depuis, personne n’a pu endosser ce rôle, même Alonso, dont le prestige ne pouvait venir à bout des velléités de Raikkonen ou Hamilton. Schumacher retrouvera Ross Brawn, son éternel complice chez Benetton puis Ferrari. Pour la première fois de sa carrière, Schumacher ne sera pas premier pilote, car il sera accompagné du jeune espoir allemand Nico Rosberg. Mais l’expérience de Schumacher est telle qu’il devrait être capable de juguler l’ambition de l’ancien pilote Williams. Motivé comme jamais, impeccablement préparé sur le plan physique, l’Allemand retrouve une seconde jeunesse. Son seul Graal est de remporter une huitième couronne mondiale, six ans après la dernière, gagnée en 2004 par Ferrari. La Scuderia a pris le boomerang Schumacher en pleine face cet hiver. Ayant remis l’eau à la bouche du Kaiser cet été pour assurer l’intérim de Massa, elle fit à son ancien roi un cadeau empoisonné. Bridé par sa blessure au cou, Schumacher dut renoncer. Mais l’expression de son visage, lors de sa conférence de presse à Genève en août dernier, en disait plus que mille mots. Dès lors, l’homme qui a battu tous les records en F1 (91 victoires, 7 titres, 154 podiums) a un beau défi devant lui. Plus qu’un huitième titre mondial, le vrai challenge de Schumi est double : redorer une image trop souvent ternie dans le passé, et prouver qu’il peut gagner dans un contexte de forte concurrence (Vettel, Alonso, Hamilton, Massa), qui lui fit tant défaut pendant sa carrière somptueuse. Car pour la premièer fois depuis 1994, quand Ayrton Senna le laissa orphelin d’un duel si prometteur, Schumacher sera confronté à un véritable essaim de prétendants ... Le pilote allemand espère boucler la boucle avec Mercedes, qui l’avait recruté en sports-prototypes dès 1989 et lui avait permis d’entrer en F1 en 1991.
Felipe MASSA (Brésil, Scuderia Ferrari, 28 ans) : pour sa cinquième saison avec Ferrari, Massa aura à coeur de venger les démons du passé ... la perte du titre 2008, qu’il juge être la conséquence du navrant Crashgate de Singapour, et l’accident de Budapest en 2009. Il faudra pourtant au Brésilien se concentrer sur le pilotage. Son précédent coéquipier, Kimi Raikkonen, était extrêmement rapide, mais beaucoup moins professionel que Fernando Alonso, qui cherchera à optimiser chaque détail pour gagner, à la façon d’un Prost ou d’un Lauda autrefois. Parfois brouillon sous la pluie, Massa a pour lui une exceptionnelle de vitesse. Souvent princier en qualifications, le Brésilien devra prouver qu’il aura récupérer tous ses réflexes, et que ses nerfs seront solides. Car sans nul doute, ils seront à mis à rude épreuve par la concurrence d’Alonso, qui poussera Massa dans ses derniers retranchements. Attention, car 2010 est la dernière année de contrat du Brésilien à Maranello. Et il sait très bien que les prétendants sont légion pour prendre son baquet ... Massa n’est pas sur un siège éjectable, mais s’il est copieusement dominé par Alonso, sa situation pourrait vite se compliquer, lui qui cherche à devenir le premier Brésilien sacré champion du monde depuis Ayrton Senna, en 1991. Si Massa pêche encore dans certaines configurations de course (pluie, course dans le peloton), il n’a jamais été ridicule face à tous ses coéquipiers, dont la liste est assez impressionnante : Heidfeld (2002), Fisichella (2004), J.Villeneuve (2005), M.Schumacher (2006), Raikkonen (2007-2009). Le prochain test s’appelle Alonso ...
2 étoiles **
Mark WEBBER (Australie, Red Bull Renault, 34 ans) : la rumeur le voit déjà retraité fin 2010, et remplacé par Kimi Raikkonen en 2011. De l’eau coulera sous les ponts avant de voir Iceman dans le cockpit de Webber. Car l’an passé, le grand Australien nous a ébloui, faisant oublier son accident de vélo de l’hiver 2008/2009. Enfin victorieux, au Nurburging et à Interlagos (premières victoires d’un Australien depuis 1981), Webber a manqué de constance (cinq courses sans point entre Valence et Suzuka). Paradoxalement, alors que la vitesse sur un tour est son atout majeur, c’est dans ce domaine qu’il est devancé par le prodige Vettel chez Red Bull. Utilisant son expérience et son intelligence de course, développée en 2007 et 2008 auprès d’un certain David Coulthard, Mark Webber a pu compenser le léger déficit de performance par rapport à son impressionnant coéquipier. Mais attention, car 2010 sera une de ses dernières occasions, et le jeune Vettel ne cesse de prendre de la bouteille. Le vieux loup australien, en cas de sacre mondial, succéderait à Alan Jones, champion du monde en 1980.
Jenson BUTTON (Angleterre, McLaren Mercedes, 30 ans) : le champion du monde 2009 est un épicier, un imposteur. Combien de fois n’a-t-on pas entendu ce refrain l’an passé ? Dominé par Barrichello en fin de saison, Jenson Button a su profiter du phénix Brawn, né des cendres de Honda. Son style de pilotage coulé pourrait lui permettre de rivaliser avec l’agressif Hamilton en 2010. Réputé pour économiser les pneus en course, Button nous a régalé plusieurs fois en 2009. A Sakhir, par sa maîtrise, à Monaco par sa précision, à Istanbul par son opportunisme au détriment de Vettel, à Interlagos par sa combativité et son panache ... A lui de prouver que son sceptre est pleinement mérité, et n’est pas seulement du au naufrage des top teams, qui condamna les meilleurs pilotes de la discipline, Alonso, Raikkonen et Hamilton, à l’anonymat du peloton (dans un premier temps).
Nico ROSBERG (Allemagne, Mercedes Petronas, 25 ans) : première recrue de Mercedes, Nico Rosberg a hérité d’un cadeau empoisonné. On l’envisageait coéquipier de Button, Heidfeld voire Raikkonen, c’est finalement contre Michael Schumacher, la légende de la F1, que le fils de Keke devra se battre. Diamant brut poli chez Williams depuis 2006, le jeune Allemand n’avait rien à envier à Lewis Hamilton en F3. A lui de prouver qu’il peut supporter la pression d’un top team, la concurrence féroce d’un équipier de si fort calibre ... et d’ouvrir son compteur de victoires. Rapide, impliqué, Nico a toutes les cartes pour réussir. Mais c’est mentalement qu’il devra se battre plus fort que jamais. Face à des champions du monde, d’autres grands espoirs de la F1 ont sombré jadis. Berger en 1990 face à Senna, Frentzen en 1997 contre Jacques Villeneuve ... Nico Rosberg, lui, a deux ambitions : rejoindre son père Keke (titré en 1982) au palmarès des champions du monde (exploit déjà réalisé par Damon Hill, champion en 1996, comme son père Graham en 1962 et 1968) et faire partie du mythe des flèches d’argent, derrière des immenses champions du passé, Caracciola, Fangio et Moss pour ne citer que les plus connus. Tout dépend si l’étoile de Mercedes brille plus fort que celle de Ferrari, McLaren et Red Bull dans la galaxie F1.
1 étoile *
Robert KUBICA (Pologne, Renault, 25 ans) : le pilote polonais aura bien du mal à redorer, par son seul talent, le blason déchu du Losange. Très régulier, Kubica est l’atout majeur de Renault. Virtuose du pilotage, Kubica a raté sa saison 2009, handicapé par le ratage de BMW. Son étoile a légèrement pâli auprès des décideurs du paddock, mais Kubica n’a rien perdu de son talent, bien au contraire. Renault semble devenu un panier de crabes, la preuve avec la perte de gros sponsors et l’arrivée d’un pilote payant, le russe Vitaly Petrov, promu de l’antichambre GP2.
Pour les autres, il sera compliqué de se faire une place au soleil. Le rookie le plus attendu sera Nico Hulkenberg chez Williams. Face à lui, Rubens Barrichello pourrait profiter de son expérience pour faire quelques coups d’éclat, lui qui a manqué sa dernière chance de titre mondial l’an passé. Quant à Adrian Sutil, excellent pilote sous-évalué par le paddock, il fera avec les moyens du bord chez Force India. Derrière, Trulli, Kovalainen et Glock subiront sans doute la médiocrité de leurs bolides respectifs, Lotus et Virgin ...
En 2010, les qualifications auront plus encore que d’habitude, une importance cruciale. Primo car il y aura certainement un resserrement des forces au sommet. Red Bull et Mercedes (ex Brawn) vivront sur les acquis de 2009, tandis que Ferrari et McLaren devraient revenir à l’avant. En effet, Woking et Maranello ratent rarement deux monoplaces consécutives ... Secundo, car la suppression des ravitaillements en essence va contribuer au nivellement des forces ... Plus de stratégie décalée, donc d’écarts de poids favorables aux dépassements ... La moindre faute en qualification, sanctionnée par une place médiocre sur la grille, se paiera cash sur la grille puisque tout le monde partira réservoir plein.
Autre conséquence, on ne partira non pas pour 3 sprints de 20 tours, mais pour 60 tours avec le plein d’essence. Avec un réservoir plein d’essence (170 kg), le surpoids sera considérable par rapport à 2009. L’usure des pneus sera un facteur clé de la victoire, notamment sur les gommes arrière, puisque le surpoids majeur se situe à l’arrière, côté moteur.
Pour compenser ce surpoids, il a fallu aux ingénieurs aérodynamiciens repenser l’équilibre du châssis. Cela pourrait aussi causer des surprises pour cette saison 2010 si palpitante.
Quant au nouveau barème de points, il favorise clairement le panache. L’élargissement du plateau à 13 écuries (arrivées de Virgin Manor, Lotus, US F1, retour de Sauber qui compense le départ de BMW) a convaincu la FIA de changer l’attribution des points. De 10, 8, 6, 5, 4, 3, 2, 1 on passera à 25, 18, 15, 12, 10, 8, 6, 4, 3, 2, 1. L’ancien barème, en vigueur depuis 2003, favorisait la régularité. Ainsi, en 2003, Kimi Raikkonen, fort d’une victoire mais de sept deuxièmes places, avait pu disputer jusqu’à Suzuka le titre de champion du monde à Michael Schumacher, nanti de six victoires. Désormais, le panache sera à l’honneur, la prise de risques sera récompensée. Pour gagner, il faudra donc se surpasser en qualifications ou dépasser en course. Ce nouveau barème est plus intelligent que le système de médailles imaginé l’an passé par Bernie Ecclestone, qui avait trouvé injuste l’épilogue du championnat 2008, gagné par Lewis Hamilton, qui avait décroché une victoire de moins que son rival, Felipe Massa (6 à 5).
Bref, les meilleurs pilotes seront avantagés, en course comme en qualifications. La lutte promet d’être torride entre Vettel, Alonso, Hamilton, Schumacher, Massa, Button et consorts ...
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