1) Jan Ullrich, Deux Alpes 1998 : la pluie dans le Galibier, l’attaque de Marco Pantani ... le maillot jaune d’Ullrich ne tient plus qu’à un fil. Au sommet des Deux Alpes, le jeune Allemand, vainqueur en 1997, concède presque neuf minutes au grimpeur italien, qui a parfaitement (...)
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Jan Ullrich, Deux Alpes 1998 : la pluie dans le Galibier, l’attaque de Marco Pantani ... le maillot jaune d’Ullrich ne tient plus qu’à un fil. Au sommet des Deux Alpes, le jeune Allemand, vainqueur en 1997, concède presque neuf minutes au grimpeur italien, qui a parfaitement exploité cette redoutable étape alpestre. Défaillant, transi de froid, Ullrich ne parvenait même plus à suivre ses coéquipiers de Telekom, Bjarne Riis et Udo Bolts. Victime d’une crevaison au pied de l’ultime montée, Ullrich comptait déjà plus de quatre minutes de retard sur Pantani, qui sema facilement Escartin et Massi pour s’envoler vers une victoire de prestige. Déjà dominé par Pantani dans le Plateau de Beille, Ullrich craque cette fois mentalement dans une étape dantesque ... Jamais plus l’ogre de Rostock ne portera le maillot jaune, la faute à un autre coureur d’exception capable de dompter les montagnes, un certain Lance Armstrong
2) Eddy Merckx, Pra-Loup 1975 : échappé dans le col d’Allos, Merckx porte le maillot jaune dans cette première étape des Alpes. Thévenet, deuxième du général à 58 secondes, se doit de réagir pour conserver une chance de victoire finale. Le Cannibale semble se diriger vers un sixième Tour, le record de Jacques Anquetil ne sera bientôt plus qu’un souvenir. Mais à 4 km du sommet de Pra-Loup, le coup de pédale de Merckx devient plus saccadé. Le Belge n’avance guère plus vite qu’un bon facteur de campagne. Dépassé par Gimondi, qui semble étonné à la vue de Merckx arrêté sur l’asphalte, le maillot jaune fait appel à ses ultimes ressources. Thévenet revient à son tour sur Merckx et le dépasse dans un virage. Merckx tente de prendre la corde, mais se fait piéger par le goudron brûlant. Thévenet reprend ensuite Gimondi et conquiert le maillot jaune avec panache. Merckx, lui, rend hommage à son vainqueur. Le déclin a enfin rattrapé le Cannibale ...
3) Raphael Geminiani, Aix-les-Bains 1958 : la pluie s’abat sur la vallée de la Chartreuse ... Charly Gaul, donné battu depuis sa contre-performance sur les pentes rocailleuses du Ventoux, s’échappe en début d’étape. Le grimpeur luxembourgeois réaliste un festival dans des conditions météorologiques qu’il affectionne. Son avance ne cesse de croître à chaque col franchi. Au final, il parvient à Aix plus de douze minutes avant Geminiani. Le coureur auvergnat, qui court pour l’équipe Centre Midi, s’estime trahi par Anquetil et Bobet, ses compatriotes de l’équipe de France. Des Judas, tous des Judas, crie-t-il à l’arrivée ... Deuxième du Tour en 1951, Geminiani terminera troisième en 1958, derrière Gaul et Favero.
4) Lance Armstrong, Joux-Plane 2000 : piégé par une attaque précoce de Marco Pantani, destiné à se venger des déclarations du maillot jaune qu’il juge trop arrogant suite à l’épisode du Ventoux (Armstrong ayant affirmé avoir offert l’étape au grimpeur italien), Armstrong oublie de s’alimenter, pendant que le train bleu de l’US Postal, mené par Tyler Hamilton, chasse le Pirate, bien seul dans son offensive. Dans le col de Joux-Plane, qui précède la descente finale vers Morzine, Pantani, rejoint par le peloton, paie ses efforts, tandis que Roberto Heras s’échappe, Virenque et Ullrich suivent le grimpeur espagnol, mais Armstrong connaît une fringale ... L’Américain sauve son maillot jaune au mental et ne cède que deux minutes à son dauphin, Jan Ullrich. Mais il gagne tout de même son deuxième Tour de France avec six minutes d’avance à Paris.
5) Claudio Chiappucci, Luz Ardiden 1990 : le panache du grimpeur italien s’est retourné contre lui. Attaquant LeMond dans le col de Peyresourde, Chiappucci ne put suivre l’Américain dans l’ascension finale. LeMond laissa le gain de l’étape à l’Espagnol Miguel Indurain mais pour lui, l’important était ailleurs. L’Américain reprenait plus de deux minutes au maillot jaune. Avec seulement cinq secondes à l’avantage de Chiappucci et un CLM restant à disputer au lac de Vassivière, LeMond était le nouveau favori du Tour. Même si deuxième place finale devant Breukink et Delgado devait beaucoup à l’échappée du Futuroscope, Chiappucci prouva en 1991 et 1992 que son Tour 1990 n’était pas un feu de paille. En gagnant deux étapes de prestige (Val Louron 1991, Sestrières 1992), en terminant deux fois lauréat du Grand Prix de la Montagne (1991 et 1992) et en se classant deux autres fois sur le podium final (3e en 1991, 2e en 1992). Mais malheureusement pour le grimpeur toscan, il y avait Miguel Indurain ...
6) Jean-François Bernard, Villars-de-Lans 1987 : stratosphérique dans le CLM du Ventoux, le Français s’effondre dans cette étape alpestre gagnée par Pedro Delgado. Bernard cède plus de quatre minutes sur le vainqueur du jour. Troisième au final de ce Tour 87 derrière Roche et Delgado, jamais le leader de Toshiba ne confirmera les belles promesses entrevues cet été là. Dommage car après l’exploit au Mont Ventoux, beaucoup avaient fait du Français l’héritier de Bernard Hinault (Greg LeMond étant blessé cette année là) ... Bernard terminera sa carrière comme coéquipier de Miguel Indurain chez Banesto.
7) Luc Leblanc, Val Louron 1991 : maillot jaune après une échappe dans l’étape de Jaca, le jeune coureur limousin explose dans l’étape reine de ce Tour 1991. Indurain et Chiappucci partent à l’abordage, Bugno est le seul à résister, pendant qu’une génération s’éteint derrière ... Delgado, LeMond, Herrera ... Cinquième du Tour en 1991 derrière Mottet et devant Fignon, Leblanc symbolise le renouveau des générations. Mais il sera dominé par Jalabert et Virenque. Quatrième en 1994 avec notamment une victoire de prestige dans le brouillard d’Hautacam devant le maillot jaune Indurain, Leblanc se consolera avec le maillot irisé cette année là. Champion du monde en Sicile ...
8) Floyd Landis, la Toussuire 2006 : dans cette étape alpestre, l’Américain de Phonak cède plus de huit minutes à son premier challenger, le coureur espagnol Oscar Pereiro. Landis se venge le lendemain à Morzine après une échappée trop belle pour être vraie. Il récupère le maillot jaune dans l’ultime CLM, avant d’être déclassé pour dopage quatre jours après l’arrivée à Paris ...
9) Bernard Hinault, Superbagnères 1986 : en s’échappant la veille sur la route de Pau, en compagnie du grimpeur espagnol Pedro Delgado, Bernard Hinault a ouvert les hostilités contre son coéquipier Greg LeMond. L’ambiance au sein de la Vie Claire est volcanique ... LeMond se venge dans cette première étape des Pyrénées. Hinault, à 31 ans passés, ne récupère pas aussi bien qu’auparavant et paie le fait d’avoir durci la course avant la haute montagne ... Hinault cède plus de quatre minutes au coureur américain qui conserve un espoir de gagner ce Tour, sachant que le Breton n’a pas respecté la promesse donnée en juillet 1985.
10) Sean Kelly, Bagnères-de-Luchon 1983 : cette étape pyrénéenne courue sous un soleil de plomb va condamner un grand nombre de favoris, dans ce Tout très ouvert, en l’absence du patron du peloton, Bernard Hinault. Maillot jaune, Kelly perd dix minutes sur Robert Millar, vainqueur de cette étape dantesque. Pedro Delgado, Pascal Simon et Laurent Fignon sont parmi les rares coureurs à échapper au carnage. Mais Van Impe, Agostinho ou Zoetemelk sombrent corps et âmes ... Jamais Kelly ne passera correctement la montagne. Cinquième du Tour en 1984, quatrième en 1985, il se consolera avec sept victoires consécutives dans Paris-Nice et une Vuelta en 1988.
A noter que des célèbres défaillances (Miguel Indurain aux Arcs en 1996, Greg LeMond dans le col du Tourmalet en 1991, Eddy Merckx à Orcières Merlette en 1971) ne concernaient pas des coureurs en jaune, malgré leur statut de favori du Tour !
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