Maxime Bossis gagna son surnom grâce à une taille relativement élevée pour l’époque (1,86m) qui aujourd’hui le placerait dans la norme habituelle des défenseurs internationaux. S’il le garda, c’est grâce au respect que lui conférait coéquipiers et adversaires.
Formé au FC Nantes où il arrive (...)
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Maxime Bossis gagna son surnom grâce à une taille relativement élevée pour l’époque (1,86m) qui aujourd’hui le placerait dans la norme habituelle des défenseurs internationaux. S’il le garda, c’est grâce au respect que lui conférait coéquipiers et adversaires.
Formé au FC Nantes où il arrive en 1973, le natif de Vendée va évoluer à tous les postes de la défense jaune avant de se stabiliser en défense central au début des 80’s. Il y gagnera 3 fois le championnat ainsi qu’une place en sélection qui l’amènera vers deux demi-finales d’un mondial et d’un titre de champion d’Europe des nations en 84.
Aujourd’hui considéré comme le premier défenseur français à faire référence au niveau mondial parmi Italiens ou Allemands, Max Bossis joue son 1er match en sélection en 76 où il fera parti des jeunes pousses lancés par Michel Hidalgo avec Platini, Six, Rocheteau mais également au milieu d’une forte colonie jaune avec Michel, Rampillon, JPBD, Rio. 76 ... un chiffre qui le suivra puisque ce sera son nombre de sélection de 1976 à 1986, dont 4 en tant que capitaine.
Que reste t-il de Max Bossis, 18 ans après sa retraite ? Et ne lui reste t-il que le meilleur ? Etrangement, oui. En faisant ce papier, j’ai tâché objectivement de ne pas céder à l’hagiographie, au tressage de laurier, au concert de louange car c’était trop facile (surtout pour moi), mais je m’étonne. Pourquoi tout est pardonné à Max Bossis ? Parce qu’il avait la classe ? Pourquoi lui conférait-on cette qualité ?
Le joueur classe est propre dans ses interventions.
Je commence par là car effectivement le Grand Max n’a jamais pris de carton jaune et que c’est exceptionnel. Oui mais il a pris un rouge en D2 avec le Matra racing ! Il paraît que c’était injustifié, l’arbitre aurait confondu avec un autre joueur et je n’arrive plus à en retrouver trace de ce fait de jeu. Vous n’avez qu’à constater l’étendue du mystère. Un arbitre qui confond le grand Max avec un autre ? en 1986 ? Il tombait de la lune çui-là ? Bref pour un central ça reste énorme comme performance.
Le joueur classe reste fidèle à son club.
On dit qu’il a été fidèle aux jaunes. C’est faux, il y a passé du temps (13 saisons : de 1973 à 1982 et en 90/91) mais il est parti pour le Matra de Lagardère en 1985 pour 5 saisons alors que l’Inter se disait intéressé. Motivé par le pognon le Grand Max ? Et pas eu le courage de se mesurer au calcio ?
Le joueur classe n’a pas de bourdes à son actif.
Alors, on peut fustiger Trezeguet pour son péno raté en 2006 mais pas le Grand Max en 1982. C’est plus facile de gueuler sur Six qui rate le sien 3 tirs plus tôt. Etrange. Tous déçus pour lui ? Même pas un pour gueuler sur ce péno tiré comme une vieille ?
Le joueur classe est déterminant.
On retient ses grandes chevauchées à partir de sa surface pour amener le danger 80 mètres plus loin mais il n’a jamais marqué qu’un seul but avec les bleus (contre le Kuwait en 82). Disons que ça semait pas mal la panique dans le camp adverse de voir le grand échalas bleu s’avancer de 50 mètres et s’amuser à dribbler des milieux de terrains. Un truc que même Laurent Blanc ne faisait pas. Oui, ça pouvait aider que le grand Max fasse remonter toute l’équipe pour finir à 18 dans la surface adverse à une époque où les bleus savaient jouer fin, rapide, court. M’enfin ... tout ça pour un seul but. Il y a des légendes qui reposent sur des faits de gloire autrement plus conséquents.
On peut aussi dire qu’il a fallu attendre le 16ème match de Barthez en coupe du monde en 2006 pour qu’un français dépasse Max au nombre de matchs joués en coupe du monde. Et que ça force le respect. Mouais ... mais il ne l’a pas gagné.
Le joueur classe est mesuré dans ses propos et son attitude.
C’est vrai qu’il était connu comme un joueur discret et fair play, voire taiseux. Du coup, c’est Cruyff qui n’était pas classe ?
Le joueur classe joue toujours au haut niveau.
Oui très certainement mais en 1986, il est sélectionné pour la coupe du monde alors qu’il joue en D2 ! Pas exactement l’idée qu’on se fait du haut niveau. Ça ne l’empêche pas de tenir Altobelli, Rummenigge ou Zavarov, ne se faisant surprendre qu’une seule fois par Careca en ¼ de finale.
La qualité qui lui donnait le plus cette notion de classe, ce sont les attaquants adverses qui la lui ont conféré. Max Bossis défendait sans tacler. Il défendait debout. C’est peut-être un détail pour vous mais pour moi, ça veut dire beaucoup. Ça veut dire qu’il était libre Max. (oui bon ça va ... vous croyez qu’elle est facile à placer ?)
Quand t’es bien placé, quand tu lis le jeu et que tu anticipes mieux que les autres, tu peux effectivement te passer de tacles.
Alors oui, le Grand Max laisse le souvenir d’une aura, d’une classe, d’une élégance, d’un joueur propre dans le jeu et dans l’esprit. Pas évident pour un grand échalas, timide, déguigandé et Vendéen en plus.
Le Grand Max l’était surtout (grand) parce qu’il avait la classe ... et ça, tu l’as ou tu l’as pas ... ça ne s’apprend pas. Il n’y a pas de réponse à pourquoi Max Bossis avait la classe. Il l’avait ... point barre. Comme Blanc Nesta, Lineker ou Bergkamp. Tant mieux pour lui, pour eux, pour nous.
Quand t’as la classe, on t’excuse le reste ... si par hasard il y avait à excuser quoique ce soit au plus grand défenseur français de tous les temps avant l’avènement d’un quatuor défensif bleu invaincu à la fin du 20ème siècle.
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