C’est le quatrième jour, les huitièmes de finale qui débute à midi. Arrivé peu avant quinze heure je rate la victoire de Nicolas Massú, le match de Olivier Patience débute, mais je m’attarde sur la fin d’un autre car j’entends hurler l’américain Wayne Odresnik « How can I lose this (...)
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C’est le quatrième jour, les huitièmes de finale qui débute à midi. Arrivé peu avant quinze heure je rate la victoire de Nicolas Massú, le match de Olivier Patience débute, mais je m’attarde sur la fin d’un autre car j’entends hurler l’américain Wayne Odresnik « How can I lose this fucking point ! », et le chilien Paul Capdeville gagne son match à l’arraché 6/4 6/7 6/2.
Olivier tient tête à l’argentin Vasselo-Arguello, il stoppe trois fois la balle, et sans hawk-eye persuade l’arbitre de sa décision, une vista à la John McEnroe. Le set est accroché, comme le jeu décisif, un passing raté de peu et l’argentin le remporte. « La suerte de su madre », « la chance de sa mère », et Patience montre sa connaissance de l’espagnol.
Au même moment, une scène étrange se déroule sur le Central. La tête de série numéro 1, le Brésilien Daniel Marcos est malmené par le colombien Santiago Giraldo et par quelques centaines de spectateurs. Marcos est en train de revenir à un set partout, mais s’énerve le mot est faible, contre le public, fracasse sa raquette, la lance vers le public mais sur le toit et répond « Ca te plait d’insulter quelqu’un qui n’est pas de ton pays, viens le dire ici ! » Je me sens comme pris d’affection pour ce joueur tout d’un coup, se battant contre cette partie de l’humanité représentant l’universalisme de la crétinerie, cette race sans frontière des gens fiers d’être nés quelque part comme dirait Brassens. Il égalise et va un peu loin peut-être, quoique... « Viens ici fils de pute ! », lance-t-il à ce public toujours savant et courageux qui demnde à l’arbite son exclusion. Santiago Giraldo n’est surement pas prêt à supporter tout ca, et mené 3 à 0 il balance tout, mais à la manière d’un Leconte en méforme ca arrose. S’en est surement trop pour le petit colombien tout ca qui va prendre une roue, 6/0 au troisième set, égalisant quand même au nombre de raquette fracassée. Ah, quelle chance d’avoir un sponsor pour pouvoir s’offrir gratuitement l’immense plaisir de détruire son objet de travail. La sortie est difficile pour le brésilien qui se fait traiter de « grocero », grossier personnage, l’utilisation de véritables injures étant rares en Colombie. C’est quelques moments donnent l’idée d’une rencontre de Coupe Davis sur le continent, de la raison pour laquelle le Paraguay de Victor Pecci fut invaincu pendant des années sur son parquet d’Ascunción, jusqu’à ce qu’on interdise les rencontres sur parquet en fait.
Pendant ce temps-là, Olivier bataille ferme et s’en va vers un second jeu décisif. Ma voisine aussi supporte Olivier « esta buenissimo ! », mais je doute qu’elle s’intéresse à son tennis. Il est mené 4 à 2 mais sort quelques jolies coup, prend l’avantage 5 à 4. C’est à ce moment-là, à 11 000 kms de chez moi, que se réveille l’instinct du supporter, quelque-chose d’impalpable, de pourtant bien réel, ayant à voir avec la race et l’identité, absurde au milieu de nulle part dans ce tournoi de troisième catégorie, mais qui prend pourtant tout son sens. Il faut quitter son chez soi pour pouvoir mieux le critiquer, ou l’apprécier. Et l’on me demande si je suis son coach. Un moment il rate un point important, prononce en ma direction « unbelievable », j’éprouve la nécessité de répondre en français, comme s’il s’agissait d’un cas de haute trahison, que la solidarité nationale était en jeu. C’est vrai que de temps en temps il me regarde, car je suis le seul à parler français, ca ne va pas plus loin bien sur que des « Bien joué ! », ou « Encore deux points », mais cela suffit. La fin de set est haletante, Olivier l’emporte 9 points à 7 après avoir sauvé une balle de match. Je suis pris à mon propre jeu, du mec qui fait mine de se foutre de tout.
Je souffle un peu, vais voir la fin de du match entre l’autrichien Daniel Koellerer, véritable descendant de Horst Skoff et Thomas Muster par son comportement gratuitement agressif, ce qu’on appelle dans le jargon tennistique une « tete de con » et l’espagnol Pablo Andujar. L’autrichien gagne puis insulte plus ou moins l’arbitre, sort des énormités en anglais, avec un visage de possédé rappelant certains exemples de dopage « Je ne crois plus en aucun arbitre de puis que j’ai été suspendu neuf mois. Je ne crois même plus en moi-même pour vous dire. » Enfin je n’ai pas de preuve et il est temps d’aller retrouver Olivier.
3 partout dans le dernier set et aucun break depuis 2 heures et demi, ca va finir par un tie-break encore. Non, Patience manque quelques coups sur son engagement, et lui aussi retrouve son français et ses interjections primaires dans les moments important « ’tain ! Enculé vas ! », Il sait que la rencontre lui échapper. Malgré une belle lutte, deux nouvelles balles de matchs sauvés, il perd 6 à 4 après 3 heures d’une jolie partie.
A l’issue de cette quatrième journée du Challenger de Cali, les tetes de série 1 et 2 sont en quart de finale et plus que jamais favoris, le spectacle fut attrayant. Le seul francais en course s’est fait éliminer.
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