Der Klein Kaiser abdique.
Der klein Kaiser: le petit empereur. Michael Ballack a hérité de ce surnom en 2002, après une Coupe du Monde qui lui a permis de se faire connaître au Monde du football. Un surnom qui fait immanquablement référence au "Kaiser" Franz Beckenbauer, plus grand footballeur allemand de tous les temps et qui témoigne à quel point, les médias voyaient en lui son successeur. Mais face à son aîné, force est de constater que "petit kaiser" n’a pas su devenir grand, malgré une carrière bien remplie. Mais une carrière qui l’a vu souvent finir à la seconde place des compétitions majeures et qui laissera probablement de lui l’image d’un loser magnifique ou d’un "chat noir" pathétique. C’est au choix. Le "petit Empereur" a donc à 36 ans, rangé définitivement les crampons et celui qui fut probablement l’un des meilleurs joueurs de son époque, repart sans couronne...
Y-a-t-il une prééminence de l’inné sur l’acquis? Dans le cas de Michael Ballack, on pourrait dire que oui. On ne devient pas "chat noir" mais on naît ainsi. Car la naissance de Michael Ballack, le 26 septembre 1976, est déjà marqué par le sceau de la malchance et de la défaite. Le jeune garçon qui fait ses classes au Chemnitzer FC est en effet un Ossie, un allemand de l’Est, ce qui est déjà un tare dans la jeune Allemagne unifiée des années 90. Ce n’est pas moi qui le dit mais Otto Rehhagel son entraîneur lorsqu’il jouait à Kaiserslautern. Pour lui, Ballack est un joueur talentueux mais n’ayant pas le caractère et le mental pour être un leader. Bref, un footballeur ossie formé et formaté par la rude école de l’Est, avec un bagage technique parfait (pied droit, pied gauche...) mais un mental bien "faible" par rapport à celui de l’archétype du footballeur ouest-allemand.
Ses débuts en Bundesliga, Ballack les fait au sein de Kaiserlautern fraîchement promu en 1997. Et comme pour tromper ce destin qui le pousse à être un éternel second, remporte un titre de Champion d’Allemagne dès sa première année. La saison suivante est moins fructueuse mais Ballack est déjà devenu un homme-clé de l’effectif. Libéro de formation, il évolue au poste de milieu relayeur. Le Bayer Leverkusen qui sent le bon coup et aime à faire venir les Ossies en son sein (Ulf Kirsten, Andreas Thom, Falco Götz) l’engage en 1999. La Werkself est à l’époque l’une des équipes les plus fortes du championnat et Ballack devient l’un des cadres de l’équipe. Le jeune homme connaît aussi ses premières sélections en équipe d’Allemagne, mais pour l’instant, cette Mannschaft est vieillissante et a du mal à intégrer les nouvelles générations. Il traverse anonymement l’Euro 2000.
Ballack est peut-être l’avenir mais rien ne le distingue particulièrement des autres joueurs à son poste à l’époque. Il faut dire que l’Allemagne ne manque pas à l’époque de travailleurs de l’ombre (Jeremies, Hamann, Ramelow, Ernst ou Frings...) dans l’entrejeu mais plutôt de joueurs créatifs et offensifs. C’est Klaus Toppmöller, le tout nouvel entraîneur de Leverkusen, qui va donner une autre dimension au jeune Ossie. Il décide lors de la saison 2001-2002 de faire monter Ballack d’un cran sur le terrain. Le jeune milieu défensif évolue désormais en milieu offensif et la mue est spectaculaire: en 29 matchs de Bundesliga, il inscrit 17 buts et finit meilleur buteur de son équipe. Cette mutation propulse le Bayer Leverkusen au sommet et le club allemand manque de peu de faire un triplé historique: Championnat-Coupe-Ligue des Champions... Mais la poisse est là: à chaque fois, la Werkself termine deuxième. Qu’importe, Ballack à 25 ans, a pris une autre dimension. Et Rudi Völler, sélectionneur de la Mannschaft, l’a compris lorsque se profile la Coupe du Monde 2002. Il donne à Ballack le même rôle qu’il occupe au Bayer et évidemment, la formule marche. L’Allemagne millésime 2002 n’est pas une grande équipe, ne pratique un jeu magnifique, se contentant de marquer de la tête (à l’époque, on disait même ironiquement qu’elle avait inventé le "kopfball") mais elle finit en finale. Comme celles des grandes époques. Comme celle de Beckenbauer, ce leader de jeu à qui ce joueur que tout le monde découvre, emprunte cette conduite de balle élégante, la tête toujours droite et la poitrine gonflée. Mais on ne peut faire revivre le passé. Le Brésil est trop fort et l’Allemagne (sans Ballack qui a été suspendu) perd en finale.
Une saison a suffit à faire découvrir cet anonyme joueur à qui l’on promet une moisson de trophée. A 26 ans, il a failli remporter en une saison un championnat, un coupe, une Ligue des Champions et une Coupe du Monde. On pense alors que cela préfigure de meilleurs lendemains, que l’Allemagne a enfin trouvé le joueur d’exception qui lui faisait défaut depuis la retraite de Matthäus. Pourtant, on se trompe: Ballack n’arrivera jamais à faire mieux que cette saison-là...
Car Ballack n’est pas le "Kaiser" et il ne le sera jamais. Ce surnom de "klein Kaiser", c’est une arnaque. Et le premier à le remarquer, c’est le Bayern Munich qui l’enrôle juste après la Coupe du Monde 2002. A l’époque, le club bavarois cherche un remplaçant au légendaire Stefan Effenberg et croit voir en celui qui passe pour le meilleur footballeur allemand du moment, son successeur. Erreur. Ballack est très fort, marque beaucoup de buts et envoie des passes chirurgicales mais ce n’est pas un leader de jeu, ni de vestiaire. Son influence sur le jeu est limité et il n’est pas indispensable à l’équipe, même si ses buts sont parfois décisifs. Entre le meilleur club allemand et le meilleur joueur allemand, la mayonnaise ne prendra vraiment jamais et c’est pour ça qu’on ne le pleurera pas beaucoup quand il quittera la Strabener Strasse pour le club anglais de Chelsea en 2006. Mais, l’Allemagne a besoin d’une star: Mehmet Scholl est trop irrégulier, Schweinsteiger trop jeune et le prodige Sebastian Deisler va se brûler les ailes. Reste Michael Ballack, un mec qui enfile des buts que beaucoup d’attaquants n’enfileront jamais...
Jürgen Klinsmann, le nouveau sélectionneur de la Mannschaft sait qu’il est - peut-être - le seul joueur de classe ayant le talent pour endosser ce rôle qu’il n’a pas mais que tout le monde voudrait qu’il ait. Alors, il le pousse à cela: il lui confie un brassard qu’il n’a jamais voulu porter en "dégradant" Oliver Kahn, il le fait reculer pour qu’il soit plus au coeur du jeu. Las, l’impact de Ballack lors de la Coupe du Monde 2006 n’arrache pas les yeux et il n’arrive pas à montrer plus que ce qu’a montré que Tim Borowski qui l’avait remplacé lors du premier match de poule. Pire, à l’Euro 2008, Ballack est accusé de ralentir le jeu de l’équipe. En finale contre l’Espagne, Ballack (blessé) montre la distance qui le sépare de ce que l’on espérait de lui. Malmené dans l’entrejeu, il distribue des coups. Encore une fois, il finit deuxième mais on comprend alors pourquoi, il ne pouvait être premier. Le joueur a de l’orgueil, du caractère et de la gueule mais il n’est pas un chef et ne fait pas l’unanimité. Une gifle de Podolski en plein match en 2009 témoigne que son capitanat est fragile et que son charisme est limité...
C’est finalement à Chelsea qu’il va pouvoir montrer son réel talent, ses réelles qualités. Car Chelsea ne sera pas dupe et verra bien vite que Ballack n’est pas un meneur de jeu, un chef de meute. Non, un brillant lieutenant à la frappe lourde, au jeu de tête extra-terrestre. Un guerrier qui aime les duels, qui gratte les ballons et sait les donner, un pion qui sait se rendre décisif et important tant qu’on ne lui donne pas les clés du camion. Cela ne suffira pas à remporter cette Ligue des Champions, ce titre majeur qu’il aurait sûrement mérité mais cela confortera l’idée qu’il fut l’un des meilleurs joueurs de son époque.
Mais trop tard, l’âge commençait à le rattraper. Il aurait probablement voulu jouer sa dernière carte au Mondial 2010 mais un tacle de boucher de Kevin-Prince Boateng anéantit ce dernier rêve. Un mal pour un bien: en Allemagne, la révolution était en marche et derrière lui poussait une jeunesse talentueuse peut-être plus susceptible d’endosser ce rôle de leader de jeu qu’on lui avait donné par défaut. Face aux Özil, Müller voire Götze ou Kroos, Ballack était le dernier représentant d’une époque où l’Allemagne se cherchaient des héros qui n’en avait pas le talent ou la carrure, où l’Allemagne perdait sans montrer qu’elle avait les moyens de gagner...
C’est pour cela que Ballack est parti sans émouvoir les foules outre-Rhin après deux dernières saisons sans relief au Bayer Leverkusen, comme le symbole d’une époque maudite qui finit par disparaître. L’Allemagne est pragmatique et regarde devant elle: Özil a déjà éclipsé l’Ossie qui n’a rien gagné, dans le coeur des fans. Il a suffit d’une Coupe du Monde, celle de 2010 pour que celui qui était considéré comme le meilleur joueur allemand du moment devienne "has been". Khedira avait déjà pris sa place, plus jeune, plus performant... montrant qu’il n’avait rien à envier au petit empereur. Joachim Löw qui n’avait jamais été très fan de Ballack, n’a eu aucun scrupule à se débarrasser d’un joueur qui n’était indispensable que par son statut.
Privé de son chat noir, l’Allemagne peut désormais renouer avec son passé prestigieux. Mais que les Özil, Kroos et autres Müller se plantent et l’on se rappellera que dans les années 2000, il y avait un joueur qui n’était pas si mauvais que ça qui s’appelait Michael Ballack...
Bonjour CrazySkanker, je me demandais quand est-ce que l’article-hommage sur Ballack allait sortir et qui le rédigerait. Pas étonné que ça soit toi... Merci.
Bon, je lis maintenant.
Pour moi, c’est un joueur anonyme. Je ne me souviens même plus de l’avoir vu jouer... C’est une sensation bizarre ! J’étais vraiment pas fan.
Mais c’est tout de même incroyable cette propension à toujours finir deuxième : deuxième de la Coupe du monde 2002, de l’Euro 2008, des Ligues des Champions 2002 et 2008. Il ne lui manque que d’être finaliste de la Coupe du monde 2006, d’ailleurs ça nous aurait arrangé : ça voudrait dire qu’on serait champions du monde !
Il ne m’a jamais séduit. Et pourtant j’aime bien les losers magnifiques.
Bon, certes.
Bonne vision du jeu et capable de très très belles ouvertures quand tout le monde tournait autour et donnait des solutions.
Gros physique, bon bagarreur, tête de con.
Je pige pas pourquoi je l’aime pas. ça peut pas juste être parce qu’il est boche. Doit y avoir autre chose. je cherche, je cherche mais c’est bien possible que ça soit juste ça.
Moi ce qui me frappait c’est qu’il jouait tête levé, toujours. Je le trouvais élegant.
Les 2 pieds, grosse frappe, super jeu de tete, gros physique. Parfais dans un milieu de terrain mais ok avec toi, pas un leader, pas un meneur comme peut l’être pirlo, juninho, xavi etc....
Mais dans un milieu à 3, assocé à un vrai 6 et un vrai 10... c’est le 8 quasi parfait non ?
Bon article en tout cas. merci
ah le "beautiful loser" dans toute sa splendeur
pareil que Seb, un joueur complet qui a su se fondre et s’affirmer dans des collectifs délicats à pénétrer, souvent mésestimé par les non connaisseurs, mais un rouage essentiel du milieu (enfin quand je vois que certains ne voient pas le taf d’un busquets, je me dis que c pas gagné)
l’année 2002 mais aussi le fu***g disgrace avec drogba où il court comme un dératé à côté de l’arbitre...
on a dit que ct le chat noir, mais l’Allemagne n’a pas gagné sans lui non plus en 2010 ou en 2012 où ils font même "moins bien" avec une demi finale
on aime ou on aime pas, mais il laissait pas indifférent, smerci Crazy pour l’article, et ciao l’artiste !
Merci pour les comms, les gars.
Ouais, Ballack était très élégant ballon au pied mais en revanche n’avait pas le charisme d’un Beckenbauer ou d’un Matthäus... Et même en Allemagne, il n’a jamais bénéficié d’un aura exceptionnel : trop ossie, pas assez leader, pas au niveau des pointures de sa générations (Zidane, Ronaldo,...)
Après, un joueur incomparable quand tu veux "bâtir" une grande équipe, parce que lui, il savait tout faire : défendre, attaquer, marquer des buts, faire des passes... jamais exceptionnel dans tous les registres, mais très bon partout...
Salut. Une petite remarque sur le titre : en allemand, on dit soit "der kleine Kaiser" soit simplement "kleiner Kaiser". Au passage Ballack ne distribuait pas que de belles passes, mais aussi les bourre-pifs. A comparer avec Van Bommel.
Salut, une petite remarque sur le titre : en allemand, soit on dit "der kleine Kaiser" soit juste "kleiner Kaiser".
Salut. Une petite remarque sur le titre : en allemand, on dit soit "der kleine Kaiser" soit simplement "kleiner Kaiser". Au passage Ballack ne distribuait pas que de belles passes, mais aussi les bourre-pifs. A comparer avec Van Bommel.
Salut. Une petite remarque sur le titre : en allemand, on dit soit "der kleine Kaiser" soit simplement "kleiner Kaiser". Au passage Ballack ne distribuait pas que de belles passes, mais aussi les bourre-pifs. A comparer avec Van Bommel.
Salut. Une petite remarque sur le titre : en allemand, on dit soit "der kleine Kaiser" soit simplement "kleiner Kaiser". Au passage Ballack ne distribuait pas que de belles passes, mais aussi les bourre-pifs. A comparer avec Van Bommel.
Salut. Une petite remarque sur le titre : en allemand, on dit soit "der kleine Kaiser" soit simplement "kleiner Kaiser". Au passage Ballack ne distribuait pas que de belles passes, mais aussi les bourre-pifs. A comparer avec Van Bommel.
La lecture du papier et des coms me fait penser à un com récent de Condor, tiens, qui stigmatisait (j’espère être fidèle sr le fond) l’incapacité chronique du foot teuton à produire de vrais de vrais extraterrestres du ballon rond...
Je le trouvais dur quand même, le Condor (quoiqe bon : on se doit d’être exigent envers une puissance footballistique telle que l’Allemagne !) : des phénomènes mondiaux, j’en vois bien 2-3 dans leur football (mais c’est tellement subjectif, bon... ai un gros faible pour Schuster, en tout cas : cador et flamboyant... mais un peu gâché)... Bref !
Tout ça pour dire qu’avec Ballack : ça appuie à mort le propos de Condor, je trouve !
Vrai foutu bon joueur... mais rien, tragiquement rien d’un ET...
Foot trop versé dans "Diszipline & tout-au-collectif", que pour permettre l’éclosion des grands phénomènes du ballon rond (on a par exemple ce problème en Belgique)... ? ? ?
je ne suis pas d’accord quand on dit que le foot allemand ne produit pas de vrais surdoués.
ou plutot je suis d’accord,mais seulement pour les 10-15 dernières années.
dans les années 80,schuster (qui a été cité)était un phénomène qui n’a pas eu la carrière qu’il aurait mérité.
dans les années 90,des joueurs comme andreas moller et surtout thomas hassler étaient des joueurs fantastiques (largement supérieurs à ballack par exemple),au service d’une équipe d’allemagne tellement plus forte que celle surcotée d’aujourd’hui.
ces quelques exemples n’ont pour moi,rien à envier aux meilleurs joueurs de leurs générations respectives.
On y revient Interim :)
L’Allemagne a de tout temps, produit des génies du ballon : 6 joueurs ont été Ballon d’Or (G. Müller, Beckenbauer, Rummenigge, Matthäus, Sammer). C’est la nation qui a produit le plus de Ballons d’Or... Et si certains n’ont jamais été Ballon d’Or, ils ont pourtant été parmi les meilleurs joueurs de leur époque (Netzer, Schuster, Klinsmann, Möller, Hässler, Breitner, Brehme, Kahn...). Donc question talent, ils n’ont jamais été trop en déficit les teutons...
Si Ballack n’a jamais été considéré comme un "ET", c’est aussi et surtout parce que vu le nombre importants de grand joueurs qu’a connu l’Allemagne, pour rentrer dans le cercle des "légendes" de la nation, le "ticket d’entrée" est déjà très très élévé...
Crazy,
Ah ben on en revient à mon papier impubliable : génie n’est pas talent !
Du talent : à mort !
Du génie : y en a eu... mais pour ma part : je n’en verrais aucun dans ceux que tu cites (sinon le Bomber peut-être, d’une certaine façon...car don surnaturel évident !)... Le génie ne me paraît décidément pas tant à chercher parmi les "noms" (distinction "ingenium" - "daimon" !).
Touma,
Möller, Haessler (j’étais grand fan du petit Thomas !)... : succès personnels finalement fort relatifs en grands clubs....... et puis bon, Möller : on en a fait des tonnes sur ce mec je trouve... Gaillard plus tonique (surdopé, d’ailleurs) que véritablement inspiré...
Haessler m’était plus fantaisiste...et donc plus proche du génie...
Pour aucun des deux, en tout cas : on ne peut parler de monstre sacré du ballon rond, allez.... !
Sinon et à ce prix : un Ceulemans est un titan du foot mondial, hein !
RFA 90 ? Déjà dit abondamment ici combien voilà la meilleure squad européenne que j’aie vue avec France 99-2000 (l’Espagne : j’attends d’avoir plus de recul) : machine à broyer, hyper-impressionnante !...
...mais du génie là-dedans, bof...
Je comprendrais parfaitement qu’on trouve cela assez subjectif, no prob... mais du génie dans le foot allemand, allez : Littbarski !
Le mec qui a joué au Matra Racing ?
Du génie comique, c’est ça ?
Buscher avait un Littbarski dans chaque tibia.
Se sont tous plantouillés au Matra (me semble, non ?) !
Sa belle époque DE : c’était vrrrraiment un phénomène, et éclaircie fantaisiste dans Deutschland 80’s en mode hyper-besogneux (’fin bon : c’est mes souvenirs, ça).
Bon, je me suis peut-être enflammé en parlant de "génie", vu que c’est un mot lui-même assez "bateau" et peut-être pas le plus approprié quand on parle football : le génie est plus proche de l’inventivité, de la créativité etc... mais pas forcément synonyme de performance (on ne compte pas les génies ratés ou les inventeurs sans talent).
D’ailleurs des génies dans le football ? pas tant que ça finalement : dur de concilier à la fois inspiration, technicité extrême, performance et réussite...
Mais pour en revenir à nos footballeurs teutons, peut-être pas si "géniaux" que ça (faut dire que la culture du pragmatisme, de la performance, de la réussite ne prêtent pas trop à cela), on ne peut pas enlever le fait que depuis la fin de la guerre, l’Allemagne "produit" des joueurs très très talentueux et qui pour la plupart étaient largement dans le gratin mondial. Il y a eu bien sûr les 6 Ballons d’Or (et cela aucune nation n’a fait mieux) et pis les autres que j’ai mentionné et qui attiraient les convoitises des grands clubs.
On ne peut pas résumer la réussite du football allemand à "grosse volonté", "impact physique", "quadrillage du terrain", "application méticuleuse des consignes tactiques" avec talent limité...
C’est sûr qu’un Möller n’a jamais fait rêvé les foules mais techniquement, physiquement et mentalement irréprochable : passeur, buteur, intelligent et tête de c... bref, formule parfaite pour être footballeur de haut niveau. Entre la fin des années 60 et le milieu des années 90, l’Allemagne a toujours "produit" des joueurs qui se glissaient sans peine dans le top 5 et dans pratiquement tous les postes. Des mauvais gardiens dans la Mannschaft ? Peut-être avant-guerre... Après, que du tout bon (Turek, Tilkowski, Maier, Schumacher, Kahn...). Pareil en défense (Förster, Vogts, Schnellinger, Kohler...) etc, etc...
Je crois que tout le monde garde l’image d’une Allemagne plus "forte" mentalement que par le talent parce qu’à de nombreuses reprises, elle a semblé friable lors des compétitions et que beaucoup se sont imaginés pouvoir la faire choir (finale 74, demi-finale 82...). Nous même petits français, on a souvent fait "bouger" cette forteresse comme en finale de LdC 76 ou en demi-finale de WC 82, ce qui nous a réconforté sur le fait que au niveau de talent, on n’était plus fort qu’eux mais qu’eux avaient surtout le mental, la réussite, la dope ou je ne sais quoi... C’est du trompe-l’oeil tout ça : ce n’est pas la baraka qui fait que l’on va une fois sur deux en finale d’un Euro ou d’une WC...
J’ajouterai d’ailleurs que nous petits français, on a souvent battu le Brésil ces 25 dernières années : pourtant, on a toujours tendance à les considérer comme beaucoup plus talentueux que nous...
De toute façon, j’ai tendance à croire que seuls le Brésil, l’Italie et l’Allemagne (même si elle a connu une période un peu moins bien au milieu des années 90) sont capables génération après génération, de construire une équipe composée de ce qui se fait de mieux à chaque poste. L’Espagne y est arrivé mais faudra voir sur les générations suivantes. L’Argentine elle, est moins régulière et derrière certains "dieux", des postes où il y a de réels manques...
T’es trop bien élevé, toi (je devrais en prendre de la graine, tiens) !!... car "enflammé" ? ? ? Ben non : même pas, je crois... !
La langue française surtout qui est en cause : langue merveilleuse...mais ambigüe s’il en est (lingua diplomatica, tu m’étonnes... !)... C’est juste un problème de concepts ça, mais bref !
Le solde de ton com (à peu près tout, quoi ;o) ) : j’ai rien à chicaner/ajouter/... !
Un truc peut-être, allez : perception d’abord des qualités mentales (au demeurant évidentes !) chez les Teutons = peut-être regard fort franco-français (82 et 86 obligent ?)...
Ca ne vous donne nullement tort... mais je comprendrais que cet aspect plus qu’ailleurs vous ait en eux impacté (et au détriment alors du reste).
Ouais, histoire complexe d’amour-haine entre Français et Allemands. On a toujours tendance à les voir comme des gens pas spécialement meilleurs que nous mais qui réussissent parce que plus disciplinés. Et on envie ce côté discipline (qui nous permettrait de les dépasser) tout comme on l’exècre parce que cela nous paraît trop castrateur pour notre inventivité, notre créativité etc... Enfin, plus des idées reçues et des clichés...
Footballistiquement, on s’est toujours fait une montagne de ces invincibles allemands mais comme à chaque fois, on a fait preuve d’une résistance (il faut croire que c’est dans cette position que l’on se plaît à évoluer) qui les a fait vaciller comme en finale de LdC 76 ou lors de la demi-finale 82, on a eu tendance à croire que la seule chose qui nous séparait d’eux c’était leur mental et leur capacité à douter de rien. Bref, on s’est un peu autopersuadés qu’on était plus talentueux et qu’eux, ils étaient plus forts dans leurs têtes... Un peu caricatural : l’Allemagne c’est la nation que tu sens que tu peux faire quelque chose, que tu peux les écraser mais qu’à la fin, sans que l’on sache vraiment pourquoi, ils gagnent quand même... d’où cette sensation qu’ils ne semblent pas si "forts" que ça...
Sauf que si l’on fait un peu gaffe, l’Italie, c’est pareil : paraissant souvent prenable mais rarement battue...
Mais je crois que c’est la position du challenger de croire qu’il peut battre le champion parce qu’il ne mesure que la distance qui le sépare de ce champion... mais oublie de mesurer la distance qui le sépare de ce qu’il faut pour être champion : ce qui n’est pas la même chose...
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