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le 22/05/2013

L’homme qui en faisait trop.


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Le Tour de France 2007 a été marqué par un fait inédit: l’exclusion, par son équipe et en pleine course, du Maillot jaune. A la place de Rasmussen, coureur controversé, c’est un Espagnol de 24 ans, méconnu du grand public, qui s’emparait de la précieuse tunique et la ramenait à Paris: Alberto Contador. A l’époque, devant ma téloche, j’avoue être resté bouche bée devant cette histoire rocambolesque.

Rasmussen, le mec le moins glamour du XXIème siècle commençant.

De mon point de vue, Rasmussen a pollué les Tours de France 2005 à 2007, mais jamais il ne me serait venu à l’idée de lui souhaiter du malheur ou de le voir quitter la course. Je ne lui reproche pas de s’être dopé (en tout cas pas plus, sans doute, qu’aux 30 ou 50 premiers du classement général). Ce qui m’insupporte chez lui, c’est qu’il est laid et fort peu sympathique. En effet, la vue de son visage m’est difficilement supportable, il est maigre, le crâne rasé, tout blanc, il est impossible de lui arracher un sourire ou de le voir faire de l’humour. Le genre de type qu’on adore détester!

En plus, il a systématiquement gagné les étapes auxquelles j’ai assisté sur le bord de la route après avoir fait une partie du parcours avant le passage de la caravane: en 2005, parti de Gérardmer, j’attendais les coureurs en haut du Ballon d’Alsace; en 2006, parti du Bourg d’Oisans, je m’étais posté au sommet du Galibier.

Le Rasmussen 2005 et 2006, un petit poisson.

En 2005, chez Rabobank depuis deux ans, le Danois de 31 ans se révèle au grand public en remportant une étape, le Maillot à pois et en tenant tête aux meilleurs en haute montagne. Troisième du classement général avant le dernier chrono, il connaît une journée cauchemardesque: chute dans un rond-point, multiples changements de vélo et chute à nouveau, cette fois dans un fossé. Au total, il amuse les suiveurs et les spectateurs et perd près de 8 minutes sur un Lance Armstrong toujours aussi facile.

En 2006, il ne se met en évidence que lors de la seizième étape, qu’il remporte, et ramène un nouveau Maillot à pois à Paris. Distancé au général, toujours aussi pathétique lors des CLM (il concède presque 9 minutes à Honchar), il semble ne présenter aucune menace pour les cadors en vue du Tour 2007.

Tour de France 2007, la Révélation.

Au départ de Londres, les favoris désignés s’appellent Oscar Pereiro (vainqueur en 2006 suite au déclassement de Landis), Alejandro Valverde (dont on attend qu’il finisse enfin le Tour), Carlos Sastre, Cadel Evans, Denis Menchov, Christophe Moreau (récent vainqueur du Dauphiné), Levi Leipheimer (revenu dans le giron de la Discovery), et enfin le favori suprême Alexandre Vinokourov, pour lequel une véritable armada (Kashechkin, Klöden, Savoldelli, entre autres) a été réunie grâce au financement de son gouvernement. On évoque, "pour une victoire d’étape" (Bruyneel), un jeune grimpeur madrilène récent vainqueur de la Course au soleil.

Dans les Alpes, Rasmussen fait du... Rasmussen.

Après les traditionnelles étapes de plaine, la course prend de la hauteur et un premier tournant avec la victoire pleine de panache de Gerdemann au Grand Bornand. Au bout de lui-même, la bave aux lèvres, le jeune Allemand prend Maillot blanc et Maillot jaune en reléguant le peloton des favoris à près de 4 minutes.

Le lendemain, Rasmussen, un temps piégé par une échappée matinale, revient sur le groupe de tête dans le Cormet de Roselend et accélère dans les premières pentes de l’Iseran. Les directeurs sportifs et autres managers, toujours aussi peu perspicaces, accordent au coureur de Rabobank un "bon de sortie". La défaillance de Vinokourov, attendu par Klöden, et les nombreuses attaques d’un Moreau en forme désorganisent le groupe des leaders. C’est finalement Iban Mayo qui s’extraie pour aller chercher le Danois mais celui-ci maintient un écart très intéressant à l’arrivée à Tignes: environ 3 minutes sur les favoris.

Après la journée de repos, Rasmussen contrôle la course dans ce qu’il reste de l’Iseran puis le Télégraphe-Galibier. Attaqué par Valverde et Contador, il ne s’affole pas et revient sur les deux hommes dans la descente vers Briançon. L’étonnant Colombien Juan Mauricio Soler remporte l’étape. Contador en profite pour se replacer au général tandis que Moreau ne perd qu’une quinzaine de secondes sur ses principaux rivaux. Pour Vinokourov, repoussé à 3 minutes, le Tour est déjà fini. Idem pour Menchov, qui concède plus de 4 minutes, et laisse le leadership de l’équipe à Rasmussen.

Au sortir des Alpes, lors de la onzième étape, Moreau se fait piéger dans une bordure et perd plus de 3 minutes. Ses rêves en jaune s’étiolent. Ils vont définitivement s’effondrer dans le CLM d’Albi où le Français lâche près de 10 minutes au vainqueur.

Rasmussen se dévergonde.

Tous les suiveurs du vélo, comme les néophytes, sont convaincus que Rasmussen va exploser dans le CLM d’Albi. Comment pourrait-il en être autrement? Mais ils oublient un peu vite la jurisprudence Pereiro, celle d’un homme qui devait voler en éclats dans les Alpes après avoir perdu une demi-heure dans les Pyrénées...

Et le Danois va s’accrocher, comme une tique au cou d’un chien. Avec son beau Maillot jaune, il termine le chrono à la onzième place, 2 minutes et 55 secondes derrière un Vinokourov subitement ressuscité, dans le sillage de spécialistes tels que Chavanel ou Leipheimer.

Décomplexé, il va survoler les Pyrénées. Le lendemain du chrono, sur la route du plateau de Beille, il multiplie les attaques mais doit céder au sprint face à Alberto Contador. Evans, d’abord accrocheur, cède finalement près de 2 minutes au duo infernal. Dans le Peyresourde, le lendemain, les deux coureurs nous gratifient d’un numéro équivalent, reléguant Evans à nouveau à près d’une minute.

Les ennuis commencent.

Mais, depuis quelques jours (en fait depuis que Rasmussen a montré qu’il peut défendre le Maillot jaune), des bruits se font entendre. Le Danois aurait été éjecté de son équipe nationale, il aurait échappé à 4 contrôles inopinés avant le Tour de France, il aurait menti sur sa localisation. En fait, il n’aurait jamais dû être autorisé par l’UCI et ASO à s’aligner au départ de la course. Mais il est là. Et on ne peut pas, décemment, l’exclure sans preuve formelle. Le public gronde: suite aux deux contrôles antidopage positifs du héros Vinokourov, toute l’équipe Astana s’est retirée, la télé allemande ne retransmet plus le Tour depuis l’exclusion de Sinkewitz. Pour un "Tour du renouveau", le neuvième depuis l’affaire Festina, nous voilà servis!

De gros enjeux financiers sont en jeu, pour ASO qui doit vendre son produit aux sponsors et négocier les droits de retransmission au meilleur tarif, pour France Télévisions qui assure le signal international et le revend grassement aux télés du monde entier, pour les sponsors enfin dont l’image ne saurait être entachée par les pratiques douteuses des coureurs, des managers, des médecins.

Alors France Télévisions prend parti contre Rasmussen et pour Contador. Exit la tendresse et l’admiration de Thierry Adam et Gérard Holtz pour les exploits de Rasmussen, place au mépris. On ne compte désormais plus les cris de jouissance de Thierry Adam lorsque Contador se dresse sur les pédales. Il faut dire que l’Espagnol fait tout de même plus vendeur: il est jeune (8 ans de moins que Rasmussen), il est inconnu du grand public (il apporte donc de la fraîcheur dans un milieu gangréné par le dopage), il a plein de cheveux, il est bronzé, souriant et sa langue maternelle est autrement plus chantante que celle du placide Danois. Mais comment faire quitter la course à cet énergumène qui empêche notre bel éphèbe de gagner la plus belle des courses cyclistes au monde? C’est Rasmussen lui-même qui va tendre les verges pour se faire battre.

Rasmussen en fait trop.

Pendant la journée de repos il a eu le temps d’y penser. Il a même dû rêver de lui en haut du podium sur les Champs Elysées. Il ne peut plus perdre. Il est imbattable en montagne, il limite désormais les dégâts en CLM, comment peut-il envisager autre chose qu’un triomphe? Mais le peloton n’aime pas ceux qui en font trop. Bien sûr qu’ils sont nombreux à se doper, mais il existe au sein du peloton une sorte de clause de non-agression. Une clause tacite. Il y a des limites à ne pas dépasser quand on se dope: il ne faut humilier ni ses adversaires, ni les journalistes ni le public. Et Rasmussen va franchir ces limites avec une sotte innocence et, de ce fait, placer sa tête sur le billot et fournir à ASO et à France Télévisions la hache qui leur manquait.

Le lendemain de la journée de repos, qui a vu l’équipe Astana se retirer de la course, les organisateurs du Tour avaient préparé une très belle étape à travers le Port de Larrau, la Pierre Saint-Martin, le Marie-Blanque et une arrivée au sommet de l’Aubisque. Un programme alléchant, un temps superbe. Que demander de plus?

L’échappée prend forme et elle est belle. On y compte Sastre, Mayo, Soler. L’ambiance se rafraîchit avec la rumeur du contrôle positif de Moreni. Elle devient détestable avec les sifflets du public à l’encontre de Rasmussen, sifflets qui le poursuivront jusque sur le podium en haut de l’Aubisque. Dans l’Aubisque, précisément, le groupe des favoris rattrape tout le monde et Rasmussen s’offre le luxe inouï de remporter l’étape, plus de 30 secondes devant Contador. C’en est trop! Descendu de son vélo, le Danois provoque (volontairement ou involontairement?) Gérard Holtz en déclarant qu’il a avalé une abeille dans la Pierre Saint-Martin et qu’il a eu mal tout au long de l’étape. A l’encontre du public, il se fend d’un: "Je pense que depuis qu’il [Vinokourov] n’est plus là, les gens reportent leur frustration sur moi. Je comprends maintenant ce qu’a vécu Lance Armstrong pendant sept ans et mon respect pour lui grandit de jour en jour." On nage en plein délire! Croyait-il sérieusement pouvoir lutter contre le public, ASO, France Télévisions et un peloton de plus en plus en colère (les équipes françaises et allemandes ont organisé un sit-in au départ de l’étape pour protester contre le dopage)? Se prenait-il pour Lance Armstrong? Devant ma téloche, je me suis dit: "Il est fou! Il est fini, ce mec."

Rasmussen se fait débarquer.

Le 25 juillet à 23 heures, son sort est réglé. Apprenant la version de Davide Cassani, qui confirme que Rasmussen a menti sur sa localisation, subissant la pression du sponsor et sans doute aussi des autres équipes et de la direction du Tour, Rabobank décide de limoger Rasmussen. Le Danois n’est pas déchu de ses victoires à Tignes, à l’Aubisque, ni de ses journées en jaune (il n’a pas été contrôlé positif), il est simplement exclu par son équipe. Scène hallucinante! On n’avait encore jamais vu une équipe se débarrasser d’un coureur en passe de gagner le Tour de France. La voie royale est alors ouverte pour Contador, dont on tait la relation avec le sulfureux Manolo Saiz, le Pygmalion du Madrilène empêtré dans l’affaire Puerto depuis plus d’un an. Dans le dernier chrono, derrière un Leipheimer atomique (plus de 53 km/h de moyenne sur 55 kilomètres), Contador contrôle Evans avant de remporter son premier Tour de France. Il connaîtra lui aussi, par la suite, de difficiles relations avec le Tour de France. Héros et star d’un jour, d’une édition, l’Espagnol croyait peut-être pouvoir l’être toute sa vie. Mais le milieu n’est pas tendre avec ceux qui lui crachent au visage. C’est une mafia, et dans la mafia le respect c’est encore plus essentiel qu’au collège...

En photo: Rasmussen franchit le Galibier en tête, 19 juillet 2006.

par Nicolas
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par moctezuma

le 18 septembre 2012 à 12H24

L’homme qui en faisait trop.

Ah ah, pas mal, c’est vrai que c’était un peu abusé la cabale anti Rasmussen.

Mais les organisateurs se sont rattrappés en 2009, ils ont joué l’hymne danois pour Contador à Paris, lol...

Sinon, belle photo. Perso j’ai vu plusieurs étapes de montagne, dont le mont Ventoux en 94... Evidemment, j’ai tout de suite été fasciné par Pantani.

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par Nicolas

le 18 septembre 2012 à 21H12

L’homme qui en faisait trop.

Bonsoir Moctezuma, oui un peu exagérée, en effet.

Cela faisait tout de même 2 années de suite que les directeurs sportifs et les commentateurs de France Télé (Fignon 5 minutes après l’arrivée à Tignes : "Rasmussen n’est pas dangereux au général") voyaient leurs pronostics se noyer !

La photo a été réalisée par mon frangin.

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par Mwn

le 18 septembre 2012 à 12H34

L’homme qui en faisait trop.

Excellent article Nicolas !

Je tiens quand même à préciser que Rasmussen avait déjà fait de belle perf’ sur la Vuelta avant le Tour 2005. Il ne sortait pas de nulle part. Sinon, ce qui est arrivée à Rasmussen, que j’aimais bien moi d’ailleurs, pour son côté attaquant, est exactement la même chose que ce qui est arrivé à Jeannie Longo, trois manquement à la localisation. Bizarrement, les journalistes français n’ont pas traité l’affaire de la même manière.

Enfin bref, le côté non glamour de Rasmussen est une piste intéressante pour expliquer comment un coureur peut disparaître du jour au lendemain. On peut aussi, encore une fois, noter à quel point le français est dépendant des médias. Peu de gens ont trouvé ça scandaleux, disproportionné, arbitraire... il a suffit que les médias disent que c’était mérité pour qu’on oublie même jusqu’à l’existence de ce coureur l’année d’après... Il a vraiment du y aller fort le Michael...

Merci pour l’article en tout cas !

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par Nicolas

le 18 septembre 2012 à 21H16

L’homme qui en faisait trop.

Bonsoir Mwn, Merci !

Rasmussen avait fait 7e de la Vuelta en 2003 et 14e du Tour en 2004. Mais il était inconnu du grand public (c’est-à-dire de ceux qui ne suivent le vélo qu’au mois de juillet...).

Rasmussen a clairement subi un "délit de sale gueule" face à Contador. Faut dire qu’il était tout de même très laid...

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par Fifou

le 18 septembre 2012 à 12H55

L’homme qui en faisait trop.

Ouais moi je l’aimais bien le Mickael Rasmussen.

Et puis en effet il sortait pas de nulle part non plus.

Il avait prouvé sur les Tours précédents qu’il passait facilement la montagne. S’il avait pas la patate pour envoyer des mines et faire des écarts dans les derniers kilomètres, il avait vraiment un rythme facile en montagne et pouvait suivre les meilleurs jusqu’au sommet ou presque (en 2004 ou 2005 l’étape où Valverde grille Armstrong, il est dans le quatuor Armstrong-Valverde-Mancebo-Rasmussen je crois bien) et qu’il lâche jamais des poignées de minutes.

bref, c’est vraiment le gars qui, si t’es un directeur sportif pas trop con, tu le laisses pas partir dans un gros rallye lors de la première étape de montagne.

Après pour les chronos, y a une différence entre 1- un mec mauvais CLM qui est pas top 5 du général et qui en a strictement rien à braire du chrono 2- un mec mauvais CLM mais qui joue une belle place au général

Et y a encore une différence entre : un mec mauvais CLM mais qui joue une belle place au général un mec mauvais CLM mais qui joue la gagne avec le Maillot Jaune sur le dos

Donc voilà, clairement le Chrono c’est à 80% dans la tête. C’est pas forcément étonnant qu’un nobody qui joue la perf de sa vie y fasse un gros score (sauf Andy Schleck qui est nul Maillot Jaune ou pas Maillot Jaune)

pour rappel, Pantani le roi des escargots au chrono il avait à peine lâché 3 minutes au bourrin Jan Ullrich lors du dernier chrono en 98, clm qui devait faire dans les 50+ kms

Quant à sa domination dans les Pyrénées, franchement pour moi je le trouvais pas si impressionnant mais le niveau général qui y était terriblement faible (c’était l’époque ou Pereiro Sio, Sastre, Evans jouaient la gagne).

Vino était out, Contador on savait pas trop qui s’était (genre 30è au général l’année d’avant) et les autres coureurs étaient moyens-bons (Evans, Moreau, Mayo)

Bon après coup, c’est vrai que quand on voit la puissance emmenée par le duo Contador-Rasmussen, ouais ça fait peur

...

mais bon voilà, pour moi c’était pas illogique de retrouver Rasmussen dans cette position.

Et ça performance n’avait rien d’extraterrestre ou de trop gros à mes yeux.

pas genre les Saunier Duval avec Piepoli et ses 40 balais qui partaient en vadrouille avec Ricco à chaque étape de montagne et qui faisaient exploser genre Contador... eux c’était légèrement flagrant lol

...

sinon ouais je me rappelle aussi des commentaires d’Adam quel connard çui là

"Rasmussen qui va gagner l’étape... vais pas le féliciter. nan pas envie"

Claro que Contador qui était chez Liberty Seguros un an avant chez Manolo, lui c’était un saint

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par Gu Gu Ganmo

le 18 septembre 2012 à 13H34

L’homme qui en faisait trop.

Merci Nicolas, super article, qui analyse bien le désamour et la fin unique de Chicken.

Même ce surnom, Chicken...

Moi, j’ai jamais pu le sacquer, dès le départ, il avait gagné une étape devant un duo Voigt-Moreau, 2 beaux moteurs, généreux, un peu cons-cons qui se relayaient et ne lui avaient rien repris sur le plat...

déjà, il flinguait la belle histoire (Voigt et Moreau étaient des anciens de Festina qui se "retrouvaient" par hasard et s’unissaient...)

Ensuite, j’ai été heureux de le voir se retirer, même si à l’époque, Contador me faisait pas plus rêver.

Effectivement, l’impact de T. Adam existait, mais c’est surtout la capacité incroyable de Chicken à se faire détester qui me marquait à l’époque. (l’anecdote de l’abeille, je m’en souviens et je pensais comme toi, mais quel con...)

Bref, avec un peu plus de vice et disons-le, d’intelligence et de lucidité, il aurait son nom au palmarès.

Mais typiquement, c’est le coureur dont la vie et les mœurs n’emmerdaient personne tant qu’il finissait 10ème.

Il doit y en avoir plein le peloton des comme ça...

PS : Fif’, Andyve avait fait un beau Chrono final en 2011, il avait chatouillé Evans, on est d’accord, c’est un loser, mais même lui est capable de faire un CLM correct quand il y a la gagne (enfin, la lose pour lui) au bout...

PPS : Nicolas, je t’ai mis en abus, on poste pas des photos de soi-même en slip, c’est Sportvox, pas Chatroulette ici...

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par Ditch

le 18 septembre 2012 à 13H52

L’homme qui en faisait trop.

Excellent article qui retranscrit bien tout ce qu’il y a derrière la course en tant que telle. Rasmussen était dopé à mort mais comme tant d’autres ! Mais lui, en effet, n’a pas fait dans le détail : ses performances avec Contador dans les cols pyrénnéens étaient tout bonnement surréalistes (plusieurs records battus par rapport aux années folles de l’EPO), il semblait motorisé. Alors qu’on a appris qu’il avait "sauté" des contrôles... Tout le monde s’est acharné. Belge, j’ai vécu exactement la même chose avec la télévision de mon pays : dans l’étape qu’il gagne en déposant Contador, les commentaires n’ont pas arrêté de l’insulter comme je n’avais jamais vu ça en 20 ans de Tour de France. Sans cesse le soupçonnant ouvertement de dopage (comme jamais !), ils l’appelaient "chicken" ou "le poulet" à la limite de la correction à l’antenne. Enfin, quand Contador a fini par lâcher prise, ils se sont montrés rassurés : lui au moins pouvait donner l’espoir d’être clean puisqu’il ne savait pas suivre "le poulet" ! D’abord ravi qu’un commentateur ose enfin parler dopage en direct, j’ai trouvé cela extrêmement hypocrite par rapport à la situation : Contador et Soler notamment réussissant des prouesses tout aussi inhumaines. Mais comme tu le dis très bien, Rasmussen avait sali l’image que renvoyait le Tour ; et ça, c’est sacré...

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par AxelBorg

le 18 septembre 2012 à 14H24

L’homme qui en faisait trop.

@Ditch,

Insultes en live à la télévison belge en 2007 ? Enorme ... faudrait retrouver ça sur youtube !

Mais OK avec toi, Rasmussen ne l’avait pas volé, tant il salissait l’image du Tour !

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par Nicolas

le 18 septembre 2012 à 21H19

L’homme qui en faisait trop.

A Courchevel, en 2005, Rasmussen finit en effet dans les 4 premiers avec Valv’, Paco Mancebo et le Boss. Il est 3e du général avant le dernier chrono...

Oui, les directeurs sportifs pas trop cons... Le peloton en comptait-il en 2006 et 2007 ? C’est toute la question. S’ils sont incompétents, comment peuvent-ils justifier leurs salaires ?

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par diogene95

le 18 septembre 2012 à 13H45

L’homme qui en faisait trop.

les commentateurs de france2 sont une honte, en toute circonstance, même quand ils causent paysages ou météo, ils arrivent à être détestables, c’est une performance.

Seul Fignon tenait la route, ou encore Jalabert maintenant ( bien qu’étant un ancien dopé qui n’assume pas, il est obligé d’être hypocrite sur le sujet ).

Moi j’étais choqué devant ce tour, déjà par le yoyo Vinokourov, craquage puis superbe victoire et out. Et puis ces deux fous qui avalaient la pente avec la fougue d’un duo Pantani/Armstrong. Je me suis demandé un moment si les autres étaient pas carrément nuls, mais quand on voit le temps d’ascension des lapins energizer, y a pas trop de doutes à avoir...

Il me fait penser à Ricco d’ailleurs, arrogant, qui en fait trop, et qui disparait. C’était un tour très décevant cette année là. Pourquoi les dopés se font-ils toujours ( ou presque ) serrer sur le Tour ?... Tout le monde s’en ficherait s’ils étaient chopés en Septembre sur la Vuelta, les téléspectateurs seront même pas surpris de leur absence 10 mois plus tard. Mais non, c’est le tour qui se fait pourrir...

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par AxelBorg

le 18 septembre 2012 à 13H47

L’homme qui en faisait trop.

Chicken Legs ne sortait pas de nulle part en 2007, on l’avait vu sur la Vuelta 2003 et le Tour 2005.

Quelle arrogance chez le Danois. Mais le voir à un tel niveau en 2007 était la preuve de son dopage.

Son ascension du Plateau de Beille en 2007 avec Contador était plus rapide que celles de Pantani et Armstrong, dopés notoires.

Pour le point sur le CLM évoqué par Fifou, partiellement OK.

Oui le maillot jaune donne des ailes, oui un coureur peut se transcender mentalement, mais l’inverse est vrai, certains stressent et perdent leurs moyens, comme Bracke et Van Springel en 1968 contre Janssen lors du CLM final Melun - Vincennes ...

Et en 3e semaine, la récupération entre en jeu dans un CLM de fin de Tour.

Après, la position aérodynamique est importante, il suffit de se rappeler Escartin pour voir combien cela peut jouer ! Armstrong, Zülle et Ullrich, en dehors de leur puissance intrinsèque, avaient une position autrement plus aéro que l’Espagnol !

Il y a aussi la capacité à bien relancer dans les virages sur un CLM sinueux.

Donc le mental est le critère n°1 pour réussir en CLM, mais pas le seul, loin de là.

Et Rasmussen, lors du CLM d’Albi en 2007, avait fait des progrès vraiment trop spectaculaires.

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par Aqua

le 18 septembre 2012 à 14H19

L’homme qui en faisait trop.

Merci Nicolas qui participe au renouveau du Vox à travers le cyclisme.

Je me rappelle que j’avais éteint la télé subitement après le passage de Chicken au premier point intermédiare du CLM d’Albi. Passer avec le 6e temps, si je me rappelle bien, c’est vraiment en faire trop. Pourtant j’aimais bien son style de pur grimpeur, peu importe s’il était laid et danois. ^^

Et pour revenir au sit-in des équipes francaises et allemandes...Honchar qui a écrasé les CLM a été contrôlé positif, pendant le Tour ou après ?

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par Nicolas

le 18 septembre 2012 à 21H27

L’homme qui en faisait trop.

Bonsoir Aqua, merci.

Honchar, de chez T-Mobile, a été viré par son équipe au mois de juin si je me souviens bien, en tout cas peu avant le Tour.

A cela se sont ajoutés les aveux de nombreux anciens de Telekom des années 90 (comme Udo Bölts) et qui dénonçaient un système de dopage organisé à cet époque.

Le contrôle positif de Sinkewitz a été la goutte d’eau... ARD et ZDF ont arrêté de diffuser le Tour !

T. Adam et G. Holtz étaient outrés : leur employeur devait perdre pas mal de thunes dans cette affaire et leurs primes prendre du plomb dans l’aile, j’imagine.

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par darkrio

le 18 septembre 2012 à 14H55

L’homme qui en faisait trop.

Ce qui me fait marrer le plus dans cette histoire, c’est de voir le traitement qu’on a infligé à un pur grimpeur de 59kg qui tient à peu prêt la cadence en CLM face aux cadors (Schleck faisant guère pire aujourd’hui) alors qu’on a encensé pendant 15ans (Pantani étant l’exception) des monstres de plus de 70kg mettre des mines à des purs grimpeurs (Riis 71 kg - Armstrong 75 kg - Ullrich 77 kg - Hindurain 80 kg)

Comme dit dans l’article, il avait pas une bonne tête, il méritait pas de gagner :D

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par darkrio

le 18 septembre 2012 à 14H58

L’homme qui en faisait trop.

Indurain*...

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par Nicolas

le 18 septembre 2012 à 21H32

L’homme qui en faisait trop.

Bonsoir à tout le monde, merci pour vos commentaires. J’assure le SAV avec un peu de retard...

El-Zanque, j’ai mis une photo de moi en slip ?

En 2007, il faut aussi relever la perf’ de Leipheimer dans le dernier chrono. Je remets ici un commentaire d’hier soir :

En faisant quelques recherches pour étayer ma mémoire déjà défaillante, j’ai relevé la performance de Leipheimer dans le dernier chrono : un peu plus de 53 km/h de moyenne sur 55 bornes, tout de même ! Depuis, personne n’a fait aussi bien sur le Tour (Wiggins était en-dessous des 50 de moyenne sur ses chronos de 2012).

Il faut en fait remonter à 2003 (Pornic-Nantes, 49 kilomètres) pour constater que Millar, sous EPO (il l’a avoué en 2004), a roulé à 54,5 km/h de moyenne !!

Sur la même étape Hamilton, 2e, a fait du 54,2 ;

Armstrong, 3e, 54,1 ;

Ullrich, 4e (avec une chute...), 53,9 ;

Bodrogi, 5e, idem ;

Ekimov, 6e, 53,4 ;

Pena, 7e, idem ;

Hincapie, 8e, 53,2 ;

Chavanel, 9e, idem ;

Bruseghin, 10e, 53.

Cela ne mégotait pas en 2003 ! Particulièrement chez US Postal : 4 mecs dans les 10 premiers...

Pour expliquer sa perf’ de 2007, Leipheimer a dit qu’habituellement il partait doucement dans les chronos. Cette fois-là il avait lâché les chevaux dès le départ... Pourquoi a-t-il seulement eu l’idée en 2007 ? Au-delà de la (très) probable charge de dopage qu’il embarquait dans son sang, il aurait pu dire que la perspective de gagner le Tour l’a surmotivé : il est passé à 31 secondes de la victoire !

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par Fabien

le 18 septembre 2012 à 22H38

L’homme qui en faisait trop.

Super idée Nicolas, cet article sur Rasmussen.

Complètement décalé. Heureusement que la morale est sauve avec le triomphe de Contador ! En tout cas, gloire au petit Danemark, ce pays tout plat qui nous donne tant de grands grimpeurs.

J’avais bien aimé, en fin de Tour : interrogé sur le dopage, Contador faisait style : "ah, non, j’en ai pas entendu parler". J’ai plus la phrase exacte mais c’était à peu près ça.

J’espère qu’un jour tu seras inspiré par d’autres gloires comme Raimondas Rumsas qui est mon idole toute catégories confondues.

Rêve d’un monde où Johann Bruyneel et Manolo Saiz co-entraîneront une dream team avec le dossart 1 : Lance Armstrong. Ses équipiers : Rumsas, Ricco, Froome, Rasmussen, Vinokourov, Stefan Schumacher, Floyd Landis et Pascal Hervé.

Qui dit mieux ?

Allez une petite citation de Gégé pour la route : "Lance écrase l’étape, Lance écrase le Tour !!!"

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par Nicolas

le 19 septembre 2012 à 18H31

L’homme qui en faisait trop.

Martin, champion du monde du CLM. Bravo ! Chavanel dans les choux, c’est dommage.

Saxo Bank a engagé Kreuziger. Ils sont en train de se constituer une sacrée équipe pour concurrencer les Sky sur le Tour !

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par tinkoff

le 7 octobre 2012 à 12H36

L’homme qui en faisait trop.

Son arrogance lui aura coûté cher, un peu à l’image de Ricco. Maintenant si on le sentait venir, c’est vrai que ses progrès hallucinant en chrono avaient de quoi laisser pantois. Mais le traitement qui lui a été réservé est affligeant. Cela dit à l’instar du robot Texan on avait quand même l’impression que cette année-là il avait un temps d’avance sur les autres en matière de produits...

Enfin ça donne à méditer sur la nature du cyclisme actuel, faut avoir le gros sponsor derrière pour te couvrir et surtout pas trop sortir du lot...

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par mmLoo7

le 13 novembre 2012 à 22H18

L’homme qui en faisait trop.

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