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le 24/05/2013

Suzuka 97, Todt en Machiavel


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Au Grand Prix du Japon 1997, Eddie Irvine joua au lièvre parfait sur ordre de Jean Todt, pour bloquer la Williams-Renault de Jacques Villeneuve. Le Canadien voyait ainsi son rival allemand Michael Schumacher fausser compagnie au peloton. Le plan machiavélique de Todt marchait, au détriment de l’image du Kaiser dont le talent exceptionnel n’avait pas besoin de cela pour imposer sa Ferrari sur le juge de paix de Suzuka ...

Suzuka 1997 ... Michael Schumacher aborde le Grand Prix du Japon avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Le Kaiser a perdu gros au Nürburgring lors de la course suivante. Percuté au premier tour par son frère Ralf, le pilote allemand rentre bredouille de l’Eifel, là où son rival canadien, Jacques Villeneuve, réalise le hold-up parfait, profitant de la fiabilité aléatoire des McLaren Mercedes. Dominatrices, annonçant leur future hégémonie de 1998, les flèches d’argent de Häkkinen et Coulthard ne verront pas le drapeau à damiers, pas plus que Michael Schumacher ... Le Québécois Villeneuve, lui, conduit un quadruplé Renault ... Villeneuve, Alesi, Frentzen, Berger, un carré d’as pour le Losange, au grand dam du double champion du monde allemand.

Auteur de démonstrations éblouissantes sous la pluie à Monaco et Spa Francorchamps, le virtuose de Ferrari a tiré la quintessence de son bolide écarlate tout au long de 1997.

Face à Jacques Villeneuve, qui a hérité d’une Williams-Renault nettement plus compétitive, Schumi a réussi l’impossible ...

Il était utopique de penser à une couronne d’un pilote de la Scuderia dès 1997, mais en cette année du cinquantenaire de la marque, l’ogre de Kerpen y croit dur comme fer.

Il ne reste que deux courses, Suzuka et Jerez. Les Grands Prix du Japon et d’Europe, l’Allemand doit les aborder le couteau entre les dents, sans se poser de questions.

1997 est la première saison de la fameuse Dream Team qui fera le bonheur de la Scuderia Ferrari jusqu’en 2006, date de la retraite du Kaiser, qui aura apposé son sceau impérial sur la F1 avec une rare violence de 2000 à 2004. Il faudra l’émergence de Fernando Alonso, jeune prince héritier d’Oviedo, pour briser l’hégémonie de l’ogre allemand, en 2005 ...

En 1993, quand Jean Todt quitte Peugeot après avoir tenté un dernier ultimatum pour tenter de convaincre Jacques Calvet de lancer la marque au lion en F1, l’ancien copilote de Guy Fréquelin a le sentiment du devoir accompli, lui qui vient de conduire Peugeot à un deuxième triomphe consécutif aux 24 Heures du Mans.

A la demande du marquis Luca Cordero Di Montezemolo, conseillé par Jean Sage, Niki Lauda et Bernie Ecclestone, Jean Todt délaisse le double tour d’horloge pour un challenge exceptionnel: refaire de la Scuderia Ferrari un top team, l’équipe de référence de la Formule 1.

A l’époque, le Cavallino Rampante rappelle Rome après Néron, Pompéi après le Vésuve ... un champ de ruines et de désolation.
1993 est la troisième saison consécutive sans victoire d’une écurie sans leader, sans figure de proue. Orpheline d’Alain Prost qu’elle a congédié avec mépris fin 1991, tentant vainement de séduire Ayrton Senna, Ferrari n’est plus que l’ombre d’elle même, vivant dans la nostalgie d’un passé glorieux ...
Malgré le panache de Jean Alesi, pilote au sang chaud et dont les origines siciliennes le rendent viscéralement attaché au mythe de Maranello, Ferrari est très loin de Williams et McLaren, ou même de Benetton, les trois top teams de 1993.

Didcot, Woking et Enstone imposent leur féruleà la F1. Jean Todt se met alors en quête d’un leader. Après le décès de l’archange Senna à Imola en 1994, le nom du virtuose recherché par Todt sera Michael Schumacher ...

Clé de voûte du redressement de Ferrari dès 1996, Schumi est un travailleur stakhanoviste. Mais le génie de Todt n’est pas tant d’avoir recruté Schumacher, mais de comprendre qu’il est le ciment de la victoire.
Pour ce faire, le Français bâtit l’écurie autour du champion allemand. Aucun fauve ne sera toléré dans le deuxième cockpit, d’où l’engagement de l’Irlandais Eddie Irvine (ex Jordan-Peugeot) ...

Et Todt fait venir en 1997 les deux anciens complices de Schumacher chez Benetton, Ross Brawn et Rory Byrne.

Motiver Brawn est tout sauf un exploit, tant 1996 a laissé l’ingénieur sur sa faim chez Benetton. Doté d’un colossal appétit de victoires digne d’un Pantagruel, Ross Brawn est orphelin du Kaiser, et ne s’épanouit pas avec le tandem Alesi - Berger.
Et en 1991, c’est lui qui avait découvert l’Allemand, avant de le conseiller à Flavio Briatore, auteur avec la complicité de Jochen Neerspachd’un coup de maître tranché par Ecclestone lors d’un jugement de Salomon resté en travers de la gorge d’Eddie Jordan, au Villa d’Este ...

Quant à Rory Byrne, il a décidé fin 1996 de tirer sa révérence pour assouvir une vieille passion, la plongée sous-marine ... L’ingénieur sud-africain parten Thaïlande ouvrir un centre de plongée sur la très touristique île de Phuket.Quelques jours plus tard, le designer star de Benetton a oublié ses rêves insouciants...

Le voilà de retour en F1, un exploit signé Jean Todt qui vient de reconstituer le trio infernal de Benetton.
Byrne se met au travail, et même sans la soufflerie à échelle 1/2 attendue par Ferrari pour 1998, le designer permet à la F310B de progresser un tant soit peu.

Vainqueur à Monaco, au Canada, en France, en Belgique, Schumacher est également capable de courses d’épicier pour ramener des points, ce dont son rival Villeneuve se rend incapable.

Tel un pilote junior, le Québécois est dans une mode booléen, binaire. Tout ou rien. Victoire ou défaite. Dix pointsou zéro ...

Après quinze courses, le Canadien est nanti de 77 points, soitsept victoires plus seulement trois résultats intermédiaires, à Magny-Cours, Spa Francorchamps et Monza ...

Aidé par la chance à Interlagos, Budapest, Spielberg et au Nürburgring, Jacques Villeneuve n’a pas su tuer le match dans l’oeuf, malgré une Williams-Renault supérieure à la Ferrari.
Car bien qu’orpheline d’Adrian Newey désireux de s’offrir une année sabbatique en 1997, après une divergence de vues fin 1996 avec Patrick Head et Frank Williams, l’écurie anglaise dispose encore de la meilleure monoplace, et de très loin.

Quand il arrive au pays du Soleil Levant, Jacques Villeneuve est proche d’un titre que son père Gilles n’a jamais pu obtenir, comme d’autres as du volant tels que Stirling Moss ou Ronnie Peterson.
Avec 77 points contre 68 pour Schumi, le Canadien a juste besoin de devancer l’Allemand pour arriver à Jerez avec dix points d’avance impossibles à remonter (Villeneuve ayant deux victoires de plus que Schumacher).

Mais avant d’envisager la bataille andalouse du Grand Prix d’Europe, Villeneuve doit défendre sa position au Japon.

Schumacher, lui, est devant un quitte ou double. Soit il gagne, soit il peut considérer que sa troisième couronne mondiale restera utopie en 1997.

Mais les lauriers mondiaux de ce 48e championnat du monde restent indécis. Au pays des samouraïs, Schumacher, idole absolue des tifosi, va renverser la vapeur ...

C’est pourtant Jacques Villeneuve qui coiffe son rival sur le poteau le samedi lors des qualifications. Poleman, le Canadien avait déjà occupé cette place en 1996, sans succès puisque Damon Hill l’avait emporté le dimanche devant Michael Schumacher.

Ratant d’un petit dixième de second la pole position sur sa Ferrari, l’Allemand fait parler son talent exceptionnel sur un juge de paix tel que Suzuka.
Dessiné par John Hugenholtz (auteur également de Zolder, Jarama, Zandvoort), le circuit japonais est très sélectif, défi aussi redouté que Monaco ou Spa-Francorchamps.

Troisième de la grille de départ, Eddie Irvine, le coéquipier de Schumacher chez Ferrari, est tout sauf une surprise. Bien que n’arrivant pas à la cheville de son illustre leader, le porteur d’eau Irvine avait débuté en 1993 au Japon en F1, se faisant remarquer de façon négative par Ayrton Senna ...
Ayant fait ses classes en Formule Nippon, Irvine connaît Suzuka comme sa poche ...

Au départ, Villeneuve conserve les rênes de la course, mais très vite, le lièvre Irvine va se porter en tête.

Pourtant, au départ, Irvine perd sa troisième place au profit de Mika Häkkinen. Quatrième quand il entre dans le deuxième tour de course, Irvine va surprendre la flèche d’argent du Finlandais grâce à un coup de pouce du Kaiser.
Un coup de frein de l’Allemand surprend Häkkinen. Dans la montée qui suit le premier virage, la moindre hésitation est fatale. Dans ces courbes techniques qui font l’essence de Suzuka, Irvine s’offre le scalp de Mika Häkkinen.
Il dépasseensuite son leader Schumacher dans une manoeuvre réglée tel du papier à musique, avant de surprendre Jacques Villeneuve à la chicane, à lafin du troisième tour...

Eddie Irvine réalise alors un cavalier seul, laissant Villeneuve loin derrière lui. Au 23e tour, alors que Schumacher a pu dépasser son rival canadien après la première salve de ravitaillements, Irvine se mue en tortue. En quelques tours, l’Irlandais se réincarne successivement dans les deux protagonistes de la plus célèbre fable de la Fontaine. Il laisse revenir le tandem des prétendants à la couronne sur lui. Son avance fond comme neige au soleil.

Bloquant ostensiblement Villeneuve, Irvine permet à Schumacher de prendre l’ascendant de façon irréversible. L’implacable tactique de Ferrari prend le Québécois au piège ...Schumacher a planté la première banderille, mais c’est Irvine, par son comportement anti-sportif délibéré, quiporte l’estocade à Villeneuve.

Irvine va donc permettre àSchumacher de prendre une confortable avance, aux commandes du Grand Prix du Japon.

Eddie Irvine, aux prises avec Villeneuve, bloque le pilote Williams-Renault. L’agneau sacrifié accomplit son devoir avec zèle, et le Canadien ne termine que cinquième à Suzuka, très loin de Michael Schumacher qui, une fois en tête, l’emporte avec une insolente facilité devant Frentzen et Irvine.

Le chef d’orchestre de cette partition aux airs de requiem pour Villeneuve n’est autre que Jean Todt. Par l’intermédiaire de la radio, le patron de la gestion sportive de Ferrari a conduit son plan machiavélique à la perfection. Manipulant Eddie Irvine comme un pantin, à sa guise, Todt a torpillé la course de Villeneuve, une fois la victoire de Schumacher assurée.

Portant au pinacle l’art de la course défensive, Jean Todt a ouvert une nouvelle ère en F1, inaugurant une stratégied’un cynisme redoutable et d’uneefficacité implacable. Même FlavioBriatore et Benetton n’étaient pas allés aussi loin... Véritable monoplace téléguidée par radio, la Ferrari de son deuxième pilote se mue en cobaye docile prêt à toutes les expériences ... Comme prévu par les millions de dollars de son contrat avec l’écurie italienne, Irvine le sherpa a conduit son leader Schumacher au sommet de l’Everest ...

Mais Villeneuve, lors de ce dimanche japonais, va tomber de Charybde en Scylla, puisqu’il perd sa cinquième place, lui qui était sous le coup d’une suspension pour non respect des drapeaux jaunes aux essais libres. L’écurie Williams avait fait appel le samedi pour que son pilote puisse prendre partà la course, mais Villeneuve perd le fruit de ses efforts. L’écurie anglaise, forte de la deuxième place de Frentzen, remporte son neuvième titre de championne du monde des constructeurs

Avec 78 points contre 77, Michael Schumacher reprend le dessus avant l’épilogue décisif de Jerez.
Mais avant de se rendre en Andalousie pour ce money time, le Baron Rouge ignore qu’il vient de remporter une victoire à la Pyrrhus.

Schumi vient en effet de semer les germes de la vengeance chez Villeneuve. Le Canadien, débarrassé de tous ses scrupules envers Ferrari après les basses manoeuvres de Jean Todt, va alors mettre la pression sur son rival avant la course décisive du Grand Prix d’Europe ...

Enquatre mots, endeux souvenirs douloureux pour la mémoire de Schumacher, Villeneuve met la pression sur Schumacher ... Macao 1990, Adelaïde 1994 ... Jamais deux sans trois ... Jerez 1997 se profile ...

par AxelBorg
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par AxelBorg

le 4 mai 2012 à 10H33

Suzuka 97, Todt en Machiavel

Cette tactique de Ferrari au Japon en 1997 préfigurait le futur coup de tonnerre du Grand Prix d’Autriche 2002.

Jean Todt était prêt à tout pour gagner, et il fut ensuite accusé en 2006 par Norberto Fontana au sujet de Jerez 97

http://www.sportvox.fr/article...

Et nombre de controverses de la carrière du Kaiser sont liées à Todt

www.sportvox.fr/article.php3 ?id_article=21849

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par Jayce

le 4 mai 2012 à 11H47

Suzuka 97, Todt en Machiavel

Bonjour Axel. Autant on se retrouve sur pas mal de points, autant sur cet article, je trouve que tu retournes la situation. La stratégie anti-sportive était du côté de Williams, pas l’inverse.

Jacques Villeneuve avait été dans un premier temps exclu de la course le samedi, pour avoir récidivé dans le dépassement de pilotes sous drapeau jaune. Williams fait appel, pour permettre au Canadien de courir le dimanche. Les commissaires acceptent, mais il est précisé que Villeneuve n’inscrira pas les points éventuels de sa position finale. En revanche, il sera maintenu au classement, et s’il venait à gagner, le second ne prendrait pas les 10 points de la victoire mais les 6 de la deuxième place. En soi, cette décision est sujette à de nombreuses réserves au sein du paddock. D’ailleurs, dès le dimanche soir, la FIA invalidait cette partie de la décision.

Dimanche, Jacques Villeneuve adopte un train de sénateur en début de course. Les ailerons de la Williams ne sont pas braqués, pour permettre à Villeneuve de se maintenir hors de portée de ses poursuivants en ligne droite. Toutes les monoplaces se suivent donc à une allure scandaleusement lente. La stratégie du pilote Williams est de favoriser l’échappée des deux McLaren-Mercedes de Coulthard et Hakkinen, à la lutte derrière lui avec les Ferrari. Schumacher tenta une première offensive sur la Williams mais Villeneuve ferma sèchement la porte, démontrant à l’Allemand qu’il avait tout à perdre en insistant ainsi. C’est alors qu’Irvine porta l’estocade sur Hakkinen, puis sur Villeneuve. L’Irlandais s’échappa aussitôt irrémédablement. Quand Schumacher passa Villeneuve aux stands, Todt rendit à Williams la monnaie de sa pièce, au prix d’une manoeuvre somptueuse d’Eddie Irvine.

Jacques Villeneuve montra ce jour-là une visage bien sombre de sa personnalité. Et faire la leçon à Schumacher après Jerez fut franchement déplacé, de ce fait. Damon Hill en son temps, n’avait rien à se reprocher et aurait pu légitimement vociférer. Il n’en fut rien. Villeneuve, lui, montra qu’en plus d’être un champion du monde en carton pâte, il n’avait pas vraiment d’éthique sportive. A Suzuka en 1997, Irvine réalisa une grande course, et Ferrari fit la lecçon à Williams, qui avait tentée de saborder la course des Rossa de façon bien peu orthodoxe.

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par AxelBorg

le 4 mai 2012 à 13H19

Suzuka 97, Todt en Machiavel

Salut Jayce,

Je te concède que Villeneuve ne fut pas irréprochable lors de ce week-end à Suzuka en 1997. MAis on ne peut tout même pas dire que Jean Todt fut très fair-play.

OK pour dire qu’Eddie Irvine fit une très bonne course ce jour là, de toute façon Suzuka était son circuit fétiche, en 1998 il le prouva une fois encore à Suzuka 98 en menaçant Häkkinen pourtant souverain dans le cockpit de sa flèche d’argent.

Pour Jerez 97, Villeneuve s’est acharné sur Schumacher après l’affaire de la discothèque. Corinna avait pris des photos des deux rivaux buvant un verre le soir du GP d’Europe, afin de montrer que l’incident de course était du passé ...

Comprenant qu’il avait été piégé, le Canadien fut alors impitoyable avec Schumacher, et ce pendant plusieurs années, souvent injustement.

Avant de se réconcilier depuis 2010, les deux hommes se serrant la main à Montréal pour le retour du Kaiser sur le circuit Gilles-Villeneuve avec Mercedes.

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par Jayce

le 9 mai 2012 à 12H06

Suzuka 97, Todt en Machiavel

Jacques Villeneuve n’a jamais été étouffé par la courtoisie. Concernant le stratégie de Ferrari à Suzuka 97, c’est la réponse du berger à la bergère. Villeneuve a surtout été frustré de se faire piéger de la sorte par le duo de Maranello (et la somptueuse manoeuvre d’Irvine, laissant passé Schumacher tout en reprenant son sillage devant la Williams).

Villeneuve s’est élancé avec pour but de fausser la course en favorisant les McLaren. C’est clairement un acte anti-sportif. Ferrari a triomphé en corigeant du même coup le Canadien, pris à son propre jeu. Ok, Schumacher n’avait pas besoin de ça pour gagner, mais il faut se souvenir que durant les deux premiers tours, quand Schumacher se porta à hauteur de Villeneuve, ce dernier indiquait qu’il ne laisserait pas passer l’Allemand à grands coups de roues. Non, vraiment, dire que Ferrari et Todt se sont montrés sous un mauvais jour à Suzuka est une contre-vérité.

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par AxelBorg

le 9 mai 2012 à 12H15

Suzuka 97, Todt en Machiavel

Salut Jayce,

Là où Villeneuve est franchement gonflé, c’est quand il traite Schumi d’anti-sportif après Jerez 97.

Si le pacte secret Ferrari - Sauber pour Jerez 97, révélé en 2006 par Norberto Fontana reste à prouver (tout est possible, que ce soit une manoeuvre de Todt comme une pure diffamation du pilote argentin désireux de surfer sur la retraite du Kaiser à l’époque ...), le pacte Williams - McLaren pour ce Grand Prix d’Europe exista bel et bien !

Frank Williams demanda à Ron Dennis de prêter main forte à l’écurie de Didcot, ce qui fut fait par Woking.

En début de course, Hakkinen et Coulthard n’attaquèrent pas Villeneuve pourtant incapable de suivre le rythme infernal de Schumacher sur son premier train de pneus.

Et c’est pour cette raison que le Canadien laissa passer les flèches d’argent dans l’ultime tour de Jerez 97, bien après l’incident de Dry Sack, pour les remercier !

Cela offrit sa première victoire à Mika Hakkinen, Ron Dennis privant par radio David Coulthard (alors dauphin de Villeneuve) de la victoire dans le Grand Prix d’Europe 1997.

http://www.sportvox.fr/article...

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par diogene95

le 4 mai 2012 à 11H44

Suzuka 97, Todt en Machiavel

le plus choquant, c’est qu’étant enfant pendant que la paire Schumacher Irvine sévissait, je trouve ça normal et bien géré tactiquement, surtout quand je regarde le titre de Raikonen.

Et puis j’aimais beaucoup Irvine, et je regrette toujours qu’il n’ait pas saisit sa chance quand Schumacher avait la jambe cassée.

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par AxelBorg

le 4 mai 2012 à 13H23

Suzuka 97, Todt en Machiavel

@diogene95,

Eddie Irvine a bien profité de Mika Salo à Hockenheim en 1999, le Finlandais cédant la victoire au leader par intérim de la Scuderia en l’absence du Kaiser.

Mais cela mène à un autre complot sur Salo à Budapest en 1999 ...

http://www.sportvox.fr/article...

Et de toute façon, Irvine fut médiocre à Suzuka en 1999, terminant à presque un tour du tandem Häkkinen - Schumacher, et à 1"5 du Kaiser en qualif sur le juge de paix nippon.

Bref, un week-end indigne d’un candidat au titre mondial dans ce money time de la saison 1999.

Irvine a du sa chance à la démotivation de Woking. McLaren a cru trop vite que l’affaire était dans le sac une fois que Ferrari fut orpheline de Schumi en 1999. Hakkinen fit des erreurs de pilotage (Monza) et McLaren des erreurs tactiques (Spa, Nurburgring).

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par The-Mars-Toma

le 4 mai 2012 à 15H22

Suzuka 97, Todt en Machiavel

1997, ma préférée ! Sans doute la dernière grande année de F1. De grands pilotes, de vrais circuits, de glorieuses écuries. Dans cette saison indécise, même Barrichello avec sa Ford ont réussi à finir 2èmes à Monaco. A part les Tyrell cette année là, je crois que tout le monde a du marquer des points, sauf peut être Nicolas Larini ! Il s’est passé tellement de choses ! Panis en Espagne, Alesi en Italie, Hill en Hongrie, Frentzen à Imola...

Cette saison 2012 est peut être partie pour être aussi étrange. Mais du point de vue des circuits, des stratèges et des nerfs d’acier, on est plus proche de Bisounours que de 1997...

Entre la mèche rebelle de Vettel, les circuits immondes de Tilke, Tonton Bernie, les commissaires et les mécanos de chez Mercedes, on risque de se pendre avant d’arriver au Brésil...

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par Dynamique

le 5 mai 2012 à 03H48

Suzuka 97, Todt en Machiavel

Je me permets d’exprimer mon étonnement devant la prise de position opérée par l’auteur de cet article.

En effet je considère toujours, à titre personnel, Suzuka 1997 comme un chef d’oeuvre. Seul les fans de Villeneuve et le Canadien lui-même ont un peu de mal à admettre le génie de la stratégie échafaudée par Ferrari sur cette course absolument atypique.

Avant l’épreuve, comme l’a écrit Jayce, Villeneuve était sous le coup d’une suspension pour avoir roulé trop vite sous drapeau jaune. Il convient de rappeler que cette sanction était tout de même logique, puisqu’il s’agissait de la seconde fois en quelque GP que le Canadien commettait cette infraction au règlement, et que lorsqu’il l’avait enfreint la première fois il avait été sanctionné d’une pénalité avec sursis. Elle ne tombait donc pas de nulle part.

Laisser Villeneuve courir revenait presque à lui offrir le titre sur un plateau : avec 2 épreuves à courir, il possédait 9 points d’avance sur Schumacher. Même sans marquer de points, empêcher Schumacher de finir premier lui assurait d’arriver à Jerez en position de force, son rival étant alors dans la quasi-obligation de l’emporter pour rafler le titre. Avec une Williams meilleure monoplace du plateau(et de loin) sur ce circuit (comme sur tant d’autres tracés en 1997), l’affaire semblait entendue.

Villeneuve s’adjugeait donc la pole position d’un souffle devant Schumacher. Dès lors, sa stratégie était simple : 1) bloquer ce dernier en allant le plus lentement possible, pour permettre aux voitures bloquées derrière l’Allemand de l’attaquer. 2) Ne pas hésiter à se frotter à son rival à la première occasion : tout accrochage ou incident de course jouerait de toute manière en sa faveur.

Au départ, Villeneuve s’envole moins bien que Schumacher, croise pour le bloquer à droite, et n’hésite pas ensuite à le pousser sur l’herbe à gauche (voir ici à 9:55 :http://v.youku.com/v_show/id_X...C’est seulement grâce à cette agressivité qu’il parvient à conserver la tête à l’amorce premier virage.

Une fois le premier tour bouclé, comme le précise Jayce, Villeneuve menait un train de sénateur, ne pouvant être attaqué par MSC du fait de sa vitesse de pointe très supérieure. Mais quand je dis de sénateur, cela signifie environ 3 à 4 secondes en dessous du rythme "normal" de course. Ferrari avait cependant prévu le coup, et en dépit du fait qu’une procession de 12 voitures se soit formée derrière le bouchon Villeneuve, personne n’attaque Schumacher, au grand désarroi du Canadien et de son équipe.

Débute alors un des plus magnifiques ballet synchronisé entre équipier de l’histoire de la Formule 1 ; digne des plus grandes stratégies jamais élaborées dans le cadre d’un Grand Prix, et allégorie même de la locution "tel est prit qui croyait prendre".

Premier acte et premier acteur de la tactique mise sur pied par Brawn, Irvine commençait un numéro d’équilibriste dont peu de monde le pensait capable : Brawn l’ayant fait partir "léger" (pour un premier run de 12 tours, contre 18 et 19 tours à Schumacher et Villeneuve), il passe facilement Hakkinen et Schumacher ( !!!!) dans le même virage, dans les esses qui plus est (à 12:55 sur la vidéo). Puis il se débarasse sans coup férir de Villeneuve à la fin du 3ème tour, à la chicane précédant la ligne droite des stands. Et, en 3 tours, creuse un écart gigantesque de 12 secondes.

Villeneuve ne comprend pas le piège qui est en train de se refermer sur lui, mais par prudence commence à sensiblement augmenter la cadence : Au 9ème tour, il maintient l’écart à 12 secondes.

Après son arrêt, Irvine repart 4ème derrière Villeneuve, Schumacher et l’autre Williams de Frentzen.

Ferrari fait stopper Schumacher plus tôt que le Canadien : c’est là le coup de génie de Ferrari, et une grossière erreur de l’équipe Williams qui laisse Villeneuve en piste 2 tours de plus, deux tours de trop dans les faits, en pneus usagés de surcroît. Grâce à un pitstop éclair (7.1 sec), un tour de sortie exceptionnel (à son habitude), assorti d’un meilleur tour en pneus neufs à la boucle suivante, Schumacher déboule et passe Villeneuve quand celui-ci sort des stands et... tente de le mettre sur l’herbe, une fois de plus. L’Allemand ne s’en laisse pas compter, et se retrouve ainsi second à 12 secondes d’Irvine.

La phase 1 du plan est ainsi achevée au 20ème tour. Ferrari passe d_s mprs à la phase 2 : Irvine laisse filer ses 12 secondes d’avance en 3 tours, s’effaçant devant Schumacher à la fin des esses du premier secteur... mais pas Villeneuve. Jock Clear, l’ingénieur de piste du Canadien chez Williams, se frappe la tête contre le poteau en voyant la scène sur les écrans de contrôle.

Irvine fait alors le même travail que Villeneuve en début de course : tourner le plus lentement possible sans se faire dépasser, et ce sans avoir besoin d’user de quelconques ficelles antisportives, puisque Villeneuve ne fût jamais assez prêt pour l’attaquer. Williams eût beau modifier la stratégie de ce dernier, ça n’allait que de mal en pis pour Villeneuve, dès lors empêtré dans le trafic, et réussissant à remonter au final à la 5ème place, 2 petits points qui lui furent comme promis retirés en bonne et dûe forme devant le tribunal arbitral de la FIA la semaine suivante.

Course presque acehvée donc, et victoire de Schumacher, ou presque : Frentzen réussit à passer Irvine lors des seconds passages aux stands, et pû dès lors se lancer à la poursuite de Schumacher, qu’il faillit rattraper grâce à un Damon Hill au comportement indigne d’un champion du monde en titre, qui fit perdre 3 secondes pleines en un tour à Schumacher sur Frentzen sur les 4 secondes d’avance que le leader possédait. Voir la vidéo :http://youtu.be/Oxu8LIzeNHY

Au final donc, un travail d’orfèvre réalisé par la Scuderia Ferrari à cette occasion, qui donne tout son sens aux termes "travail d’équipe" et réalise une prestation absolument exceptionnelle. Tous les ingrédients se sont mit en place au bon moment : Un Schumacher grandiose, un Irvine joker de luxe sur un circuit qu’il connaît comme sa poche, un Ross Brawn fin stratège (ou comment gagner en étant perdant sur le papier), c’est un GP qui reste dans les annales des stratégies de course grâce à eux, qui ont su mettre leur plan diabolique à exécution.

A l’époque, je le répète, tout le monde a trouvé ce GP et la manière de procéder de Ferrari absolument géniale, et j’estime à titre personnel que c’est à juste titre, d’autant plus qu’à cette occasion l’attitude antisportive se trouvait bien du côté de chez Williams ou de Hill, pas de Schumacher.

Certes, je ne me fais aucune illusion sur les méthodes du sieur Todt, qu’il a employé avant et par la suite. Certes cela n’excuse point le comportement de Schumacher à Jerez 2 semaines plus tard. Néanmoins, devant un tel prodige, une telle performance, si rare et si spéciale, on ne peut qu’applaudir et profiter, au lieu de chercher sans cesse à la ternir, et ce par tous moyens.

Il n’y a pas à ainsi caricaturer, de manière peut être partisane. Je fais notamment référence à Irvine décrit en "cobaye" ce qui prête à sourire, quand on sait que le "cobaye" en question était consentant et : était pilote chez Ferrari, contrairement à d’autres pilotes plus talentueux que lui, qui allait de paire avec un salaire plus que conséquent au regard de son niveau par rapport à d’autres qu’il s’est vu offrir une occasion en or de briller sur un circuit de pilote, qu’il adore et de redorer son blason à la fin d’une saison plus que moyenne où l’influente presse italienne n’a pas manqué de réclamer sa tête plus d’une fois qu’il a ainsi pu boucler ses premiers tours en tête au volant d’une Ferrari Qu’il a conservé une place sur le podium, tout en aidant son équipier qui jouait le titre. Pas mal donc, pour un vulgaire "cobaye" ou "pantin".

J’ajoute que l’auteur de la stratégie n’est pas Jean Todt, qui l’a certainement validé en tant que directeur sportif, mais Ross Brawn en coordination avec Luca Baldisseri (auteur de la stratégie à 4 arrêts de Schumacher à Magny Cours 2004). Je n’ai, à titre personnel, jamais revu une stratégie du même genre que celle de Suzuka 1997, ce qui montre à quel point les stratèges actuels se reposent sur leurs ordinateurs plutôt que sur leur imagination. Il est certainement tendance de s’en prendre à Jean Todt, puisqu’à moins que vous publiez un Michel Vaillant sur Michael Schumacher il ne s’en prendra pas à vous et vos écrits, mais essayer de le critiquer en cette occurence fait un peu cuistre, la ficelle est grosse. Etiez-vous supporter de Villeneuve ?

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par AxelBorg

le 6 mai 2012 à 17H50

Suzuka 97, Todt en Machiavel

@Dynamique,

Je ne suis pas supporter de Villeneuve mais de Schumacher, crois moi ... Je trouve juste que cette course n’apporte rien au bilan du Kaiser, même si on est loin des dérives de Spielberg 2002 ou Monaco 2006.

Je te répondrai plus longuement demain.

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par AxelBorg

le 7 mai 2012 à 09H08

Suzuka 97, Todt en Machiavel

@Dynamique,

Il est clair que Villeneuve n’a pas été sportif sur ce coup là.

Sur cet article, mes reproches vont à Todt, pas à Schumacher. Le Kaiser n’avait pas besoin d’Irvine pour aller s’imposer à Suzuka en 1997.

Il avait déjà prouvé son talent exceptionnel depuis longtemps, et ce fut vérifié de façon éclatante cette année là à Monaco sous la pluie, ou encore tactiquement à Spa Francorchamps contre la Williams Renault du pauvre Canadien.

Ce que je veux dire, c’est qu’une fois de plus Todt a fait du tort à Schumacher par la tactique mise en place ce jour là

Comme à Jerez 97 vec les fameux soupçons révélés par Fontana (rien de sûr toutefois) en 2006

Comme sur la théorie du complot contre Mika Salo en 1999

Comme sur bien des controverses visant le Kaiser

Les seules fois où Schumi est clairement autant responsable que Todt (voire plus), c’est Spielberg 2002 où il avait l’autorité suffisante chez Ferrari pour ne pas commettre l’irréparable face à Barrichello (pas tout blanc non plus le Rubens) et bien entendu Monaco 2006, sans doute son pire geste en F1, car désespéré face à Fernando Alonso, pilote émergent en F1.

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par Mwn

le 5 mai 2012 à 17H29

Suzuka 97, Todt en Machiavel

Salut Axel.

Personnellement la saison 1997 ne me laisse aucun grand souvenir, sans doute parce que je n’ai jamais été fan de Schumacher. Et l’étant encore moins de Villeneuve avec le recul, je trouve que cette saison là, a particulièrement été salie par des magouilles sur et hors piste. Ajouté à cela un champion du monde en mousse (par rapport à Hakkinen et Schumacher, voir même Hill) et tu obtiens un blackout total de ma part sur cette saison. Je ne m’en suis remis qu’en 2001 avec les arrivées de Raikkonen, Alonso et Montoya, c’est pour dire... et pourtant j’appréciais Hakkinen.

Article intéressant par ailleurs, même s’il semble porter à controverse. Je pourrais pas juger la dessus... 1997 m’a fait chier... et en plus c’est Villeneuve qui a ramené le dernier titre en date de Williams (ou plutôt la monoplace de Neway et le moteur Renault hein...)

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par AxelBorg

le 6 mai 2012 à 17H52

Suzuka 97, Todt en Machiavel

@Mwn,

En tout cas il y a un point de convergence entre toi, Jayce, moi et les autres voxiens à avoir réagi sur cet article :

Jacques Villeneuve est bien un champion du monde de pure imposture, le Kaiser Schumacher méritait bien plus le titre en 1997, même après son geste de Jerez.

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par mmLoo7

le 18 octobre 2012 à 00H51

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