Les flux RSS de L'Equipe.fr
le 18/06/2013

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier


Imprimer Ecrire un commentaire

Suite à mon article mettant en avant la comparaison frappante entre 2 époques du Tour de France (Lemond 1989 vs Armstrong 2000), j’ai eu l’idée de relater, en différentes parties, ce qu’il s’est passé entre ces deux éditions et qui représente assurément une période charnière dans l’histoire du cyclisme professionnel. Aujourd’hui, épisode III: les deux grands «exploits» du Tour 1992.

A l’image de son départ donné à San Sebastian, la grande boucle 1992 se met à l’heure de l’Europe avec 6 pays visités tout au long du parcours et ce, en honneur du Traité de Maastricht signé quelques mois plus tôt.

Une course qui sera de nouveau à deux vitessesentre les quelques uns qui bénéficient déjà du dopage sanguin et les autres.

Mais alors que l’édition précédente avait vu l’EPO permettre à certains d’être au-dessus du lot sans toutefois que leurs performances n’interpellent vraiment, le Tour 1992 allait voir le fossé se creuser en étant le théâtre de deux «exploits» détonnant, pour ne pas dire surréalistes.

Deux performances hors du commun qui provoqueront un déclic au sein du peloton. La prise de conscience que «quelque chose se passe» et que «les italiens sont dans le coup», notamment... Ces deux événements pousseront les coureurs, les directeurs sportifs, l’encadrement des équipes et beaucoup de suiveurs à se questionner, à chercher des réponses pour tenter de comprendre ce qui se trame... Cette onde de choc et les réactions qu’elle suscitera déboucheront sur la généralisation du dopage sanguin, un an plus tard.

Ces deux exploits furent accomplis dans deux domaines distincts, par deux coureurs différents: le premier survolerait de manière écrasante un CLM, tel un extraterrestre; le second partirait héroïquement à la conquête de la montagne, domptant les cols tel un chevalier des temps modernes.

Ce sont ces deux étapes que je vous propose de retracer, deux moments clés dans la «fabuleuse» épopée du dopage biologique au sein du monde cycliste.

13 juillet 1992 - Le massacre du Luxembourg

Au matin de la 9ème étape, la coursen’a encore livré aucun verdict. A la grande déception des passionnés, les Pyrénées sont escamotées cette année: le seul col digne de ce nom au programme est celui de Marie-Blanque et il est déjà derrière les coureurs qui l’ont escaladé lors de la... 2ème étape sans que rien d’important ne s’y déroule.

La raison de ce sabotage est peut-être la situation géographie du point départ de cette 79ème édition: San Sebastian se trouvant aux portes du massif pyrénéen, ce dernier s’est offert au peloton dès les premiers jours de course et les organisateurs n’ont sans doute pas voulu rendre ce début de Tour trop dur.

Pas grand-chose à dire donc jusqu’ici, hormis que le français Pascal Lino a revêtu le maillot jaune au soir de la 3ème étape après avoir franchi la ligne dans un petit groupe 7 minutes avant le peloton et que Greg Lemond et Claudio Chiappucci se sont fait la belle au cours de la 6ème étape reliant Roubaix à Bruxelles. Très entreprenant durant la journée et profitant d’une cassure due au mauvais temps, le premier et le deuxième du Tour 1990 sont ainsi parvenus à prendre un peu plus d’1’20’’ aux autres favoris dont font partie Gianni Bugno et, bien entendu, le vainqueur sortant Miguel Indurain qui vient par ailleurs de dominer haut la main le Giro.

Le navarrais est très attendu ce 13/07/1992 à Luxembourg où beaucoup s’attendent à ce qu’il brille lors de ce CLM de 65 kms, sans conteste le premier grand rendez-vous de ce Tour.

Le nouveau «roi» Miguel a en effet déjà fait étalage depuis quelques années de sa classe sur l’exercice chronométré. Soyons clairs, la quasi-totalité des suiveurs pensent qu’il va l’emporter et que seuls Gianni Bugno, qui a basé toute sa saison sur cette course, et Greg Lemond, limité à présent en montagne mais qui reste une valeur sûre dans l’effort solitaire, peuvent l’inquiéter. Ils auront raison sur le fond mais la forme va largement être au-delà de leurs prédictions...

Lorsque l’espagnol se présente sur la rampe de lancement, on croit voir un personnage de science-fiction: casque profilé, visière rabattue, vélo futuriste, Miguel Indurain semble arriver d’une autre planète... et c’est ce qu’il va s’appliquer à démontrer durant les 65 kms que compte le parcours.

Sous le regard ahuri des commentateurs, il effectue les 22 premiers kilomètres (certes avec le vent dans le dos) à 57 km/h; à mi-course, il a déjà relégué ses plus proches poursuivants à plus de 2 minutes.

Au final, il avale l’étape en 1h19 (49 km/h de moyenne) en se permettant de reprendre les 3 coureurs partis avant lui, chaque fois à 2’ d’intervalle.

«C’est un extra-terrestre» sont les premiers mots qui émanent de la caravane sur la ligne d’arrivée. Car au-delà du chrono exceptionnel réalisé par l’espagnol, ce sont surtout les écarts avec ses adversaires qui sont déconcertants, traumatisants: un véritable MASSACRE.

Au classement de l’étape, les plus proches poursuivants d’Indurain sont tous à plus de 3’; et sur les 179 coureurs qui ont disputé ce CLM, 90 ont pris plus de 10’ dans les dents (soit plus de 10’’ au kilomètre pour la moitié du peloton)! A un tel niveau de compétition, dans un sport complètement professionnalisé, sur une étape de 65 kms, de tels écarts entre un seul homme et tous les autres est plus qu’interpellant.

D’ailleurs, les déclarations fusent sur l’air d’arrivée: «Indurain est d’une autre planète, c’est un extra-terrestre» constate Gianni Bugno, auteur du 3ème temps mais à... 3’41’’ du leader de la Banesto qui a roulé 2,4 km/h plus vite que l’italien; ce qui représente un gain de 3,4 secondes au kilomètre...

Quant à Greg Lemond, pourtant spécialiste de ce genre d’exercice, il termine 5ème à... 4’04’’. Incrédule, l’américain n’en revient pas: «Tu as vu son temps? Comment il a pu faire ça? Je ne comprends pas comment il nous a mis 4’, à Bugno et à moi?». Puis, dubitatif, il ajoute «c’est bizarre que De las Cuevassoit là».

En effet, le français Armand De Las Cuevas, qui n’est pas vraiment un habitué des premiers rôles en CLM, a pris la deuxième place de ce chrono à «seulement» 3’ duroi Miguel. Mais au fait, pour quelle équipe roule notre cher Armand? Banesto, bien entendu...

Enfin, Laurent Fignon livre aussi ses impressions: «Quand il m’a passé, il roulait à 53 km/h, dans le faux plat, avec vent de face.». Le français a en effet eu la chance d’être un témoin privilégié de ce massacrepuisqu’il a été dépassé en fin de parcours par Indurain... parti pourtant 6’ derrière lui.

Après avoir subi ce premier coup de massue, la curiosité du peloton est piquée au vif et beaucoup d’équipes se demandent comment le leader de la Banesto peut avoir une telle longueur d’avance.

Mais pour le grand public, il n’y a point d’intrigue: le grand espagnol est monstrueusement fort, point à la ligne. Le pourquoi du comment l’importe peu...

Quoi qu’il en soit, au soir de cette étape surréaliste, Pascal Lino conserve certes son maillot jaune mais Indurain, maintenant 2ème à 1’27’’ du français, vient d’assommer le Tour. A présent nanti d’une avance de plus de 3’ sur Bugno, Lemond et Chiappucci, on ne voit pas très bien ce qui pourrait l’empêcher de réaliser le doublé. D’autant que le CLM prévu la veille de l’arrivée est du même acabit... Mais il reste tout de même les Alpes et notamment la terrible étape vers Sestrières...

18 juillet 1992 - La chevauchée fantastique vers Sestrières

5 jours après le massacre du Luxembourg, la course est au point mort et on ne note aucun changement dans les positions des favoris. L’étape de transition dans les Vosges a permis à Laurent Fignon de signer sa dernière victoire sur le Tour tandis que l’entrée timide dans les Alpes via Saint Gervais n’a pas bousculé la hiérarchie mise en place lors du fameux CLM.

Les choses sérieuses devraient donc commencer aujourd’hui, avec la première grande étape de montagne de cette édition. Bien que le public ne croie pas trop en un renversement de situation, il est conscient que cette étape peut faire basculer certaines choses. C’est ici qu’il faudra se montrer ou en tout cas ne pas craquer.

Le parcours de la journée paraît en effet terrible avec 5 cols répartis sur une longueur de 255 kms. Et puisl’arrivée se trouve à Sestrières, en Italie... Alors forcément tous les regards sont rivés sur Claudio Chiappucci, «Il Diablo». Le matin avant le départ, à sa descente de voiture, le petit italien est assailli par les journalistes français: «Claudio, allez-vous attaquer dès le début?» lui demandent-ils. «J’espère que la course sera très «fort»» réplique l’intéressé. Et quand ils ajoutent «cette étape ne vous fait pas peur?», le maillotà pois enchaîne, un peu espiègle: «moi j’aime mieux que l’étape estrapide, c’est plus facile pour moi qu’il reste pas beaucoup de coureurs devant, c’est plus facilefaire la course après». Et bien, il n’allait pas être déçu, le gaillard!

Dans la descente du premier col de la journée (Les Saisies, 2ème Cat.), 11 hommes s’échappent; en bas de celle-ci, Claudio les rattrape. Il reste alors 206 kms à parcourir.

Ce petit groupe de 12 coureurs franchit ensemble le Cornet de Roseland (1ère Cat.) avant de s’attaquer au mythique Iseran (Hors-Cat.). A 8 kms du sommet, soit à 125 kms de l’arrivée, Chiappucci part seul. C’est à ce moment que le petit grimpeur de la Carrera entame son improbable épopée vers les cimes de Sestrières afin d’y écrire une page de légende.

Au pied de l’avant-dernière difficulté, le Mont Cenis (1ère Cat.), il possède 5’ d’avance sur un peloton qui a repris ses anciens compagnons d’échappée et qui est composé de tous les hommes forts (Indurain, Bugno mais aussi Fignon, Delgado, Hampsten...) hormis Lemond, méconnaissable, qui erre dans le gruppetto.

On se dit alors que l’échappée suicide de l’Italien, déjà incroyable jusque là, va logiquement se terminer en un échec cuisant, qu’il ne pourra résister au peloton des favoris après avoir roulé autant de kilomètres devant.

D’autant que derrière, Bugno a attaqué dans le Mont Cenis et est rejoint par Indurain, Vona et Hampsten.

Pourtant, bien que le maillot à pois du Tour voit son avance fondre (il ne compte plus que 3’33’’ au sommet, puis 2’ à 15 kms du but) il ne craque pas.

Bien entendu, la dernière montée vers Sestrières (1ère Cat.) est terrible pour «Il Diablo»: bien que littéralement porté par la foule en délire (on a recensé 150.000 tifosi sur les 12 derniers kms de l’étape), il continue à perdre du terrain sur Indurain qui a lâché Bugno et Hampsten et revient même à 1’! Mais le Navarrais coince à son tour et le grimpeur de la Carrera obtient son moment de gloire: 40 ans jour pour jour après Fausto Coppi, il franchit la ligne en vainqueur dans son pays, avec 1’34’’ d’avance sur Vona et 1’45’’ sur Indurain. Bugno, lui, a craqué et termine 4ème à 2’ 53’’.

L’instant est historique et cet exploit incroyable, au vu du contexte (difficulté de l’étape, arrivée en Italie, reprise de temps sur Indurain), provoque un flot d’émotions énorme. Les italiens n’en croient pas leurs yeux et le public en général, ébloui par le panache et l’héroïsmed’«Il Diablo», a l’impression de vivre un véritable moment d’anthologie.

D’ailleurs le lendemain, en première page, la «Gazzetta dello Sport» titre «Tu nous as fait devenir fou!» à l’attention de son Claudio qui pointe maintenant en 2ème position du général, plus qu’à 1’42’’ du maillot jaune espagnol.

Mais au cœur du peloton, la réaction est tout autre, beaucoup moins naïve. Les questions qui s’étaient déjà posées après le CLM de Luxembourg s’intensifient face à cet exploit dont la portée héroïque et chevaleresque marque encore plus les esprits.

Il faut dire que pour tout connaisseur avisé, la performance de Claudio Chiappucci est déconcertante à plus d’un titre: comment a-t-il pu parcourir les 4/5 de l’étape, soit 206 kms, en tête de la course et les 125 derniers carrément seul sans que les favoris ne puissent le reprendre alors que sa position au général ne permettait pas à ceux-ci de le laisser filer?

Bien sûr, dans le passé, on a pu voir ce genre d’exploit «à la Merckx»; mais dans le cyclisme moderne, où tous les coureurs sont très bien préparés et encadrés, où les équipes sont toutes entièrement professionnalisées, c’est impensable.

A titre de comparaison, il suffit de jeter un œil à son offensive, maillot jaune sur les épaules, lors de l’étape de Luz-Ardiden en 1990. Chiappucci était également parti très tôt avec un petit groupe de coureurs mais l’étape était moins longue, comptait moinsde cols, il était resté en permanence avec ses compagnons d’échappées et surtout, il avait été repris par le peloton des favoris au pied de la dernière ascension, avant d’y être déposé.

Toutes ces constatations font de cette nouvelle étape surréaliste un véritable tournant historique car elle révèle alors à beaucoup de coureurs la dérive irrattrapable de leur sport, elle leur fait aussi comprendre qu’il faudra prendre le train en marche s’ils veulent encore exister.

Suite au scandale festina et aux révélations qui suivirent, Eric Boyer déclarera d’ailleurs en 1999 dans «l’Equipe»à propos de ce 12/07/1992: «c’est la période charnière où on a la confirmation que les médecins italiens ont franchi un pas. On prononce encore très peu les 3 lettres EPO, ou tout du moins, on ne sait pas encore ce que ça veut dire».

Mais quoi qu’il en soit, ce Tour 1992 n’est pas terminé et le lendemain, il faut encore se farcir 3 cols avant d’escalader l’Alpe d’Huez. Une étape sur laquelle reposent tous les espoirs des Tifosi qui espèrent assister à une nouvelle démonstration du petit grimpeur de la Carrera.

Mais c’est un autre italien, Gianni Bugno, qui tente son va-tout dans le Galibier en sacrifiant son équipier Fignon avant toutefois d’être repris dans la descente par les deux cadors de cette édition. Pire pour le champion du monde, il craque en partie dans le Col de la Croix de Fer avant d’exploser dans la montée finale pour perdre ainsi ses dernières illusions de victoire.

Au grand dam des ses supporters, Chiappucci, (tout de même) fatigué par les efforts consentis la veille, se contentera de rester à hauteur d’Indurain dans l’Alpe au sommet de laquelle Andy Hampsten ira chercher un beau succès d’étape après s’être montré le plus fort de l’échappée décisive formée dans l’avant dernière ascension.

A la sortie du massif alpestre, et bien qu’il reste deux étapes de moyennes montagnes, on voit mal comment le grimpeur de la Carrera va pouvoir empêcher Miguel Indurain de remporter son deuxième Tour consécutif.

Et de fait, le classement ne bouge plus jusqu’au dernier CLM prévu la veille de l’arrivée. Le leader de la Banesto y signe sa deuxième victoire d’étape et repousse logiquement le héros italien à plus de 4 minutes au général.

Gianni Bugno se reprend bien à cette occasion en se plaçant 2ème mais il a raté son Tour. Oh bien sûr, il termine tout de même 3ème à Paris mais il avait misé toute sa saison sur cette course et il n’a rien pu faire face à Indurain et Chiappucci, intouchables cette année. Pourtant, le champion du monde en titre avait idéalement été «préparé» par Conconi... mais ça n’aura pas suffit.

Sur les Champs, on retrouve donc les 3 mêmes hommes sur le podium, toutefois dans un ordre différent.

Mais le changement est à chercher ailleurs: bénéficiant pleinement des avancées d’un dopage biologique de plus en plus efficace mais restant l’exclusivité de certaines formations, Indurain et Chiappucci auront creusé un écart tel qu’il ne pourra passer inaperçu comme un an plus tôt. Le double coup de massue qu’ils auront asséné au monde cycliste aura une conséquence majeure: la découverte par une grande partie du peloton de ce qui se trame dans quelques équipes et chez quelques coureurs. Pression des résultats et course à la performance obligent, cela entraînera naturellement la généralisation des nouvelles «méthodes» un an plus tard.

C’est alors que naîtront les histoires rocambolesques de coureurs obligés de se lever la nuit pour effectuer des pompages afin de fluidifier leur sang, un sang devenu de la «purée mousseline» et qui permettra à beaucoup de cyclistes trentenaires, jusque-là médiocres, de réaliser subitement des résultats étonnants...

Et paradoxalement, ce qui permit à Indurain, Chiappucci et Bugno (pour citer les plus connus) d’être devant les autres allait en quelque sorte se retourner contre eux. Bien sûr, le Roi Miguel, à la pointe dans tout et bénéficiant d’une équipe extrêmement «organisée», échapperait à la règle. Mais les deux italiens, stars du début des années 90, allaient voir nombre de coureurs les rattraper et même les dépasser grâce aux mêmes produits. Cela provoquera leur déclin irrémédiable: abrupte pour Bugno qui ne fera plus rien de bon sur les courses à étape (et se recentrera alors sur les courses d’un jour avec un certain succès grâce à sa polyvalence), plus relatif pour Chiappucci qui fera certes encore de belles choses en 93 et 95 sur la Grande Boucle mais sans toutefois plus jamais y jouer les premiers rôles.

En conclusion, on peut effectivement dire que 1991 vit sans doute se présenter le premier podium «EPO» du Tour de France; mais 1992 fut le vrai tournant: celui qui provoquerait le basculement définitif du cyclisme dans une autre dimension.

par Ditch
bulle_commentaire.jpg Tous les commentaires

par AxelBorg

le 18 juin 2010 à 10H35

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Salut Ditch,

Ah je l’attendais ton article sur ce Tour 92, tout comme j’attends celui de Panshir sur Socrates.

Quelques remarques

- LeMond à 50 minutes dans l’Alpe d’Huez. Malgré sa myopathie, voilà un chiffre édifiant qui prouve le fossé creusé en deux ans entre les dopés EPO (Indurain, Chiappucci, Bugno) et le lauréat du Tour 1990

- même si les écarts au Luxembourg font de ce CLM le symbole des années EPO, rappelons tout de même les qualités hors normes d’Indurain dans cet exercice. Mais évidemment, il était dopé et à ce titre la performance d’un coureur moyen tel que De Las Cuevas, qui bat Bugno, LeMond et Breukink, est édifiante.

- tu oublies de parler du 3e épisode marquant de ce Tour 92, le CLM final entre Tours et Blois, 64 km parcourus à la vitese de 52.349 km/h par Miguel Indurain. Certes, le parcours était en légère descente, mais sur 64 km et sur une étape se situant en fin de Tour, là où la fatigue physique commence à se faire sentir, l’exploit est trop beau pour être vrai.

Après, la victoire d’Indurain fut plus mentale et tactique que physique. Mentale car Bugno fut très vite complexé par Indurain, tactique car l’épisode du Mont Salève, où Chiappucci et Bugno, bluffés par Indurain, lancèrent la poursuite derrière l’Irlandais, révèle l’intelligence tactique et le niveau de sang-froid de l’Espagnol.

Laurent Fignon (équipier de Bugno chez Gatorade) et Bernard Hinault furent scandalisés par l’attitude des deux Italiens ... "Indurain est le meilleur coureur de sa génération, mais ce succès est acquis sans concurrence ..." devait dire Bernard Hinault, accablé par l’attitude défaitiste des autres favoris.

Avant que Rominger ne vienne sur le Tour (en 1993), Bugno était pour moi le seul capable de battre Indurain, mais la tête n’a pas suivi. Hampsten, Chiappucci et Breukink avaient trop de lacunes. Quant à LeMond, tout était faussé par sa myopathie, mais il ne le savait pas encore.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par Ditch

le 18 juin 2010 à 11H47

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Salut Axel,

En effet j’aurais pu parler du dernier CLM qui est aussi hors-normes, mais je trouvais celui du Luxembourg clairement plus marquant au vu des écarts plus que sur la vitesse même.

Pour moi, 92 c’est vraiment l’année où on se rend compte que certains ont le produit miracle et pas les autres. Ensuite, ça se généralise.

Je suis d’accord avec toi, Bugno avait sans doute les moyens physiques de battre Indurain mais pas le mental. Fignon avait d’ailleurs dit dans son bouquin qu’il "ne supportait pas la pression". Quant à Chiappucci, EPO ou pas, il était trop court en contre-la-montre.

Pour revenir à Indurain, je reconnais qu’il avait des capacités hors-normes en CLM mais les écarts du Luxembourg sont bcp trop élevés pour être naturels (1 seul à ce point plus fort que tous les autres) et sont le grand symbole de cette course à deux vitesses qu’était celle de 92. Par ailleurs, Indurain avait une grande maîtrise tactique de la course, c’est évident et nécessaire pour remporter 5X le Tour.

Pour Lemond, l’EPO ne peut expliquer seul une telle débâcle. A 50 min au sommet de Sestrières, abandon le lendemain, sa maladie était un handicap infranchissable au contraire de l’année précédente où il avait encore pu limiter la casse.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par AxelBorg

le 18 juin 2010 à 12H08

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Ditch,

Sinon pour Sestrières, évidemment l’exploit de Claudio est colossal (voir mon article sur le sujet,http://www.sportvox.fr/article......), mais Indurain avait contrôlé à distance El Diablo en faisant rouler Banesto avec un tempo réduit.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par val75003

le 18 juin 2010 à 12H12

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Salut Ditch

Dis-moi, tu vas nous faire toute la décennie 90 ? :) J’espère que sur ta lancée tu nous feras le Tour 93, celui de ma naissance.

Sinon, comment les spectateurs vivaient ce Tour ? est-ce qu’ils se posaient des questions ou est-ce qu’ils y croyaient vraiment ?

PS : trés bon article, comme toujours.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par AxelBorg

le 18 juin 2010 à 12H15

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Salut val,

Je ne peux répondre à la place de Ditch, mais il me semble qu’il avait indiqué dans les posts de l’article sur le Tour 91 qu’il ferait tous les Tour jusqu’en 2000.

De mon point de vue, le grand public n’a pris conscience du dopage qu’en 1998. En 1992, tout le monde y croyait, malgré les moyennes hallucinantes réussies par Indurain au Luxembourg.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par Ditch

le 18 juin 2010 à 16H32

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Salut Val,

Et bien oui, c’était un peu mon but de retranscrire tout ce que je savais année par année mais bon, si ça n’intéresse plus personne, j’arrêterai ! Au départ, il était en effet prévu que j’aille jusque 2000 mais on verra ; le problème est que je n’ai pas toujours bcp de temps pour me plonger là-dedans et puis faut que je le publie à un moment où j’ai le temps d’aller sur le site pour réagir aux commentaires, c’est pourquoi j’ai du mal à en faire plus d’un par mois... Ca va donc prendre du temps mais j’espère aller au moins jusqu’au scandale festina de 98. Sinon mon prochain parlera du tour 93, promis ! ;-)

Pour répondre à ta question, je vais te donner mon sentiment de l’époque et celui de mon entourage : j’ai suivi le Tour à partir de 89 et ce, de plus en plus assidûment et, jusqu’en 98, je ne me préoccupais pas du tout du dopage ! Je me disais que s’ils n’étaient pas pris, c’est qu’ils étaient cleans. Les performances sont difficiles à évaluer quand on est pas pro soi-même. il faut alors se lancer dans un travail profond de recherche pour voir l’évolution de celles-ci sur plusieurs années... Et cela, je ne le faisais pas du tout à l’époque (je ne m’intéressais ni à l’évolution des chronos, ni aux puissances dégagées, surtout que dans ce dernier cas, c’était je crois très difficile de se procurer ce type de données il y a 15 ans) ! Résultats, comme une majorité du public je pense, je croyais à ces exploits.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par pitchoun

le 18 juin 2010 à 16H34

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Bon article Ditch.

Tu as du terreau pour 1993 entre le lac de Madine et la grande lessive du Galibier signée Miguel Indurain les deux fois !

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par AxelBorg

le 18 juin 2010 à 17H20

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Madine 93 fut le deuxième volet de la trilogie des CLM inhumains de Miguel Indurain, après Luxembourg 92 et avant Bergerac 94.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par skancho

le 18 juin 2010 à 17H23

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Encore un excellent article. Merci.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par LANCE

le 18 juin 2010 à 17H25

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Très bon article. Le plus grand imposteur parmi ceux-là c’était quand même De Las Cuevas. A l’époque, tout le monde se doutait qu’il était dopé. Ce qui était louche aussi, c’était de voir tous ces coureurs chauves à 25 ans (lui, Pantani, Riis, Ugrumov), même si la calvitie chez les hommes n’est clairement pas uniquement due au dopage.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par beggar

le 6 juillet 2010 à 11H26

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Tres interessant. On attend la suite. Qu’est ce qu’on s’est fait avoir quand meme...

Et aujourd’hui, ca continue ? Tout le peloton tourne a un EPO enieme generation indetectable ? Ceux qui gagnent sont touours ceux qui sont a la pointe de la technologie dopage ?

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par seba06

le 21 juillet 2010 à 23H42

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

salut val,

pour repondre à ta question. A 12 ans en 1990 j’ai commencé à suivre le tour pour la premiere fois de loin. 1991 un peu plus. mon premier vrai tour fut 1992. j’avais 14 ans , naif, je ne pensais aucunement au dopage.

ce fut le cas jusqu’en 1997 et l’arrivée d’ulrich ou j’ai eu mes premiers doutes. même en 1996, avec riis je n’ai pas "trop" cru au dopage. il faut dire que les medias de l’epoque n’ont pas trop aidé. l’equipe qui titre le lendemain de la victoire de riis à hautacam : Un champion c’est ça"

il y a pourtant eu quelques affaires :pdm en 1991, la gewiss en 1994 (berzin, argentin et un autre) ecrasant la fleche wallone.

mais c’est vrai qu’avant 1998, c’etait quelques doutes mais pas plus.

j’ai longtemps cru qu’indurain etait propre et que l’année 1996 l’avait degouté en rapport avec la montée de coureur comme riis mais finalement on se rend compte qu’indurain est le premier champion EPO et un escroc finalement.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par Tony

le 31 juillet 2010 à 02H42

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Salut Ditch,

Comme je l’avais déjà effectué pour le Tour 91, je laisse un commentaire, un peu tard certes mais période de vacances oblige.

Alors tout d’abord mon coup de gueule ! je trouve injuste que cet article ne compte que 12 petits commentaires tant il est bien écrit, complet et très instructif, il est indispensable à la compréhension de l’évolution du cyclisme vers 93 et à la généralisation du dopage, bref excellent !

Concernant ce tour maintenant, je trouve qu’il a beaucoup ressemblé à celui de 91, y compris dans son podium comme tu as pu le souligner preuve donc que le dopage n’a pas beaucoup évolué. En revanche oui, il s’est perfectionné, le CLM du roi Miguel est édifiant, avec le recul il est même terrifiant à coup sur le plus écrasant de sa carrière. Cela dit, j’avoue avoir un peu de mal à comprendre le dopage massif chez Indurain, lui qui était un coureur simple et humble et qui visiblement n’avait pas soif de victoire comme un Chiappucci, Virenque ou un Riis. Quant à Chiappucci, ta comparaison avec l’échappée de Luz Ardiden en 90 parle d’elle même.

On peut enfin souligner deux, trois choses supplémentaires sur ce Tour 92, je passe l’épisode De las cuevas que tu as déjà relater. Donc, d’abord les italiens, ils sont encore omniprésents sur ce tour avec surtout l’arrivée troublante des GB-MG, avec un trentenaire Chioccioli un peu surprenant mais aussi un Vona sortie de nulle part nous faisant des places en montagne pour finir 11ème au général. Ensuite, je m’interroge sur l’étonnante résurrection de Stephen Roche surtout qu’elle intervient lors de son passage chez Carrera ! Enfin, que penser du cas Erik Breukink, performant sur le tour 90, il fuit celui de 91 pour mauvais dosage ! la logique aurait voulu qu’il soit au niveau de Chiappucci et Bugno en 92 mais non, son tour est plutôt décevant et sa chute s’intensifira avec les années, que s’est-il passé pour lui ? le produit ne lui réussissait pas visiblement.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par Ditch

le 31 juillet 2010 à 11H06

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Salut Tony,

Merci pour ton commentaire ! Les performances de Vona, la renaissance de Roche vont bien entendu dans le même sens (tout comme les deux beaux top 10 en 92 et 93 de Delgado alors qu’il était sur le déclin en 90 déjà) mais ça allait devenir trop long si je parlais de ça aussi.

Ce type d’article, s’il est répété, n’intéresse vraiment que ceux qui sont un peu passionnés par le cyclisme, donc je comprends l’absence d’intérêt (encore que ce n’est pas parce que il n’y a pas bcp de commentaires qu’il n’y a pas beaucoup de lecteurs !). Le titre joue sans doute aussi, il faut qu’il soit "accrocheur".

Pour Indurain, il a suivi ce que son équipe voulait pour lui et puis quand on est dedans, qu’on a l’impression de faire comme les autres, beaucoup de coureurs se disaient en tout cas à l’époque : "je ne triche pas vraiment, d’ailleurs je ne suis pas pris positif". Pour Breukink, difficile à dire : il a pu être quelque peu réfractaire suite aux problèmes de 91, ça pouvait très bien ne pas aussi bien "marcher" chez lui, puis à performance égale grâce au dopage, il faut bien s’entraîner et le côté psychologique joue aussi.

Merci de ton intérêt en tout cas, je suis content que tu apprécies !

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par zayed10

le 8 novembre 2011 à 10H51

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Mais alors que l’édition précédente avait vu l’EPO permettre à certains d’être au-dessus du lot sans toutefois que leurs performances n’interpellent vraiment, le Tour 1992 allait voir le fossé se creuser en étant le théâtre de deux « exploits » détonnant, pour ne pas dire surréalistes. طعون , دردشة طعون , شات طعون , طعون السعودية , دردشة صوتية , شات صوتي , دردشه صوتيه , رومات صوتيه , غرف صوتيه , الدردشة الصوتية , غرف صوتية , chat voice , اقوى تجمع سعودي , يوتيوب - فيديوهات , العاب , دليل مواقع , دليل المواقع , صور , مركز رفع , مركز تحميل , توبيكات , نكت , ابتسامات الماسنجر , سمايلات المسن , فوتو شوب اون لاين , منتديات , عالم الماسنجر

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par zayed10

le 8 novembre 2011 à 10H56

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Mais alors que l’édition précédente avait vu l’EPO permettre à certains d’être au-dessus du lot sans toutefois que leurs performances n’interpellent vraiment, le Tour 1992 allait voir le fossé se creuser en étant le théâtre de deux « exploits » détonnant, pour ne pas dire surréalistes. هستره ضحك وصرقعه نكت 2012 , العاب - العاب بنات - العاب فلاش , الرياضه العربية والعالمية , سيارات 2012 واخر اخبار وموديلات السيارات , صور X صور , يوتيوب - مقاطع يوتيوب - Youtube , الاسرة وتربية الطفل , أزياء اطفال ٢٠١2 - فساتين للاطفال 2012 , عالم حواء - تسريحات 2012 - مكياج 2012 , فساتين سهرة 2012 ازياء و اكسسوارات 2012 , مطبخ - وصفات و وجبات 2012 , معجنات 2012 - حلويات 2012 - عصائر 2012 , ديكور 2012 - ديكورات اثاث غرف منازل 2012 , الثقافة الجنسية - الحياة الزوجية , افلام عربية مشاهده اون لاين , مسلسلات عربية , مشاهده مسلسلات رمضان 2011 , ستار اكاديمي 9 - Star Academy 9 , افلام ومسلسلات أنمي , اخبار الفن والفنانين , افلام اجنبيه مترجمه مشاهده اون لاين مباشره , مسلسلات اجنبية مترجمه مشاهده اون لاين , مصارعة حره , مسلسلات تركية مدبلجه , مسلسل بائعة الورد التركي , مسلسل عشق وجزاء التركي , المسلسل المكسيكي المدبلج بريق الأمل , مسلسل سمارة , مسلسل جلسات نسائية , برنامج كيف تتعامل مع الله 2 , برنامج خواطر 7 , مسلسل بنات الثانوي , مسلسل طاش 18 , مسلسل الزعيم , مسلسل فرصة ثانية , مسلسل بوكريم برقبتة 7 حريم , مسلسل الجليب , مسلسل هوامير الصحراء 3 , مسلسل صبايا 3

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par zayed10

le 8 novembre 2011 à 11H01

par Fabien

le 16 septembre 2012 à 00H25

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Ditch,

Comme prévu, je m’invite dans ton magnifique article pour ajouter 2 vidéos sur l’étape de Sestriere :

un résumé France Television : http://www.youtube.com/watch?v...

Les passages avec LeMond planté dans l’Iseran et la détresse de Leblanc sur la ligne d’arrivée sont tragiques. Deux champions d’exception dont l’organisme craque complètement après 2 semaines de lutte inégale qui les avaient mis en surrégime.

la vidéo de Chickasmith http://www.youtube.com/watch?v...

Impossible de trouver des vidéos longues (1 à 2h) comme celles mises en ligne par Wenck et Paquirrin Top Model, 2 internautes espagnols, chez qui je me fournis pour la Vuelta et parfois le Tour.

Avec les indices de ces 2 vidéos, je vais essayer d’alimenter notre débat avec Axel et toi sur Hampsten en 92.

1ère question : le contre d’Hampsten et Vona dans le Mont-Cenis à la poursuite d’Indurain et Bugno est-il crédible ? Au sommet du Mont-C. (cf. vidéo de Chickasmith), Bugno-Indurain passent à 3’30 derrière Chiappucci. Hampsten et Vona sont eux à 4’, soit 30" derrière. Le peloton avec les autres favoris passe à 5’07 avec Fignon, Millar, Theunisse, Boyer, Delgado et Breukink (qui a bien dû lever le pied sur l’EPO depuis l’affaire PDM). Le maillot jaune Lino est qq mètres derrière. Savez-vous à combien de km du sommet Hampsten et Vona ont-ils contré à la poursuite de Bugno-Indurain ? Dès l’attaque de Bugno ? Le fait qu’ils prennent 1’07 sur le groupe Fignon-Lino vous paraît-il crédible ? Si oui, on peut défendre l’hypothèse d’un Hampsten "clean" car Hampsten et Vona reviennent dans la descente. Hampsten profitant ensuite du travail et de l’abri de ses 3 compagnons EPO sur le plat.

2ème question : la performance d’Hampsten à Sestriere est-elle crédible ? Sur la vidéo France Television, on voit l’ardoisier, qui indique qu’au km 236, Chiappucci a 1’50 sur le quattuor, 4’50 sur un petit groupe avec Fignon, Rondon, Cassani et 5’30 pour le peloton Lino. Le km 236 se situe à 18,5 km de l’arrivée, dans le faux plat montant entre Oulx et Cesena Torinese, 7 km avant le pied de la montée finale proprement dite. A ce moment là, Hampsten a donc 3’ d’avance sur Fignon. En haut de Sestriere, Hampsten termine 5ème à 3’27 de Chiappucci et à 1’54 de Vona le 1er du quattuor de contre-attaque. Fignon, notre repère termine l’étape 6ème à 5’51 soit 2’24 derrière Hampsten. Ma conclusion : Fignon a repris 36" à Hampsten dans les 18,5 derniers km comprenant 7,4 km de faux-plat montant et 11,1 km de la montée proprement dite. Comme Hampsten a profité de l’aspiration de ses petits copains dopés dans le faux-plat, j’imagine que Fignon n’a pas dû lui reprendre de temps dans le faux-plat voire même qu’il en a perdu. Fignon serait donc monté bcp plus vite qu’Hampsten.

C’est dommage qu’on n’ait pas un pointage exact à Cesena Torinese au pied de la montée de Sestriere et que l’on n’ait pas le détail de la montée du Mont-Cenis pour voir si c’est Vona qui tire Hampsten ou pas. Cependant, en l’absence de ces informations, je conclus que nous avons deux solutions :

soit on considère qu’Hampsten prenait déjà de l’EPO, ce qui explique qu’il ait pu surclasser les autres coureurs du groupe des favoris dans le Mont-Cenis, en compagnie d’un dopé notoire, Franco Vona. Pour rappel, les deux hommes franchissent le sommet avec seulement 30" sur Bugno-Indurain et 1’07 sur les autres favoris. Ce qui expliquerait aussi que contrairement à LeMond, Mottet et Leblanc, il n’ait pas craqué en cette fin de 2ème semaine.

soit on considère qu’Hampsten était clean, que Vona et lui auraient contré tout de suite après l’attaque de Bugno et qu’ils se sont progressivement fait distancer. Qu’aucun favori n’ait voulu ou pu partir seul en contre si loin de l’arrivée : crainte des longs faux-plats vers Oulx ? Rythme trop élevé de Vona le dopé ? Et qu’Hampsten se serait accroché qq km en surrégime comme il savait si bien le faire dans sa période doping free (Superbagnères 86, Causse Noir 87, Tourmalet et l’Alpe 88, Superbagnères et Vars 89, L’Alpe et Chaubouret 90, Tourmalet 91, etc). Qu’il aurait ensuite profité de l’abri et du travail de ses 3 collègues rouleurs dopés. Que derrière personne n’était vraiment capable de rouler : Millar et Theunisse mauvais rouleurs, Fignon et Rondon ont contré, Delgado protège Indurain devant. Il reste Breukink et Rooks. Dans ce cas, il serait paradoxal et cocasse qu’Hampsten doive sa 4ème place au dopage des autres parce qu’il n’aurait jamais pu distancer seul le peloton de poursuivants.

A Sestriere, Hampsten ne fait pas une montée meilleure que Fignon et est sans doute à peu près dans les mêmes temps que Delgado, Rooks et Theunisse. Le 1er n’est pas à l’EPO mais au moins 2 des 3 autres le sont (même si leurs docteurs ne sont peut-être pas aussi efficaces que Ferrari, Conconi et Padilla). N’oublions pas que le temps d’Hampsten à L’Alpe le lendemain reste somme toute humain (43’49) et comparable à ce qu’il a fait en 90 (43’55), sous réserve d’absence de modification de parcours. Et qu’il prend deux valises mémorables dans les 2 clm.

J’avoue que je préfererai de loin la 2ème solution. Mais ça fait quand même bcp d’interrogations. Avoir la vraie vidéo en entier à partir du Mont-Cenis et de l’attaque de Bugno permettrait sans doute d’y répondre. Est-ce que quelqu’un se souvient de ce qui s’est réellement passé dans le Mont-Cenis et des écarts à Cesena Torinese ?

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par Ditch

le 16 septembre 2012 à 22H09

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Salut Fabien,

Là tu m’en demandes trop ! ;-) Je ne me rappelle pas avec autant de détails de ces étapes-là... Tu peux toujours consulter le site www.lagrandeboucle.com qui donne un résumé de chaque étape de tous les Tours de France. Je visite souvent ce site avant de rédiger un nouvel article afin justement de me rappeler les détails nécessaires à la rédaction du déroulement de l’édition que je décris. Tu peux toujours y jeter un oeil mais je doute que tu trouves autant de détails...

De toute manière, je pense que la vérité à ce sujet, on ne la connaîtra jamais ! Tout au plus peut-on faire des suppositions à partir d’éléments qu’on interprète... En 1992, l’EPO n’est pas encore répandu dans le peloton et seules quelques équipes en profitent : probablement Banesto, Carrera, Gatorade et Ariostea (p-e PDM aussi). Le résultat, comme décrit dans l’article ci-dessus, est que certains coureurs dominent outrageusement la course dans certaines étapes (c’est d’ailleurs ces exploits qui éveilleront la curiosité du peloton et qui permettra la généralisation des ces pratiques dans les autres équipes) : Indurain au CLM du Luxembourg, Chiappucci à Sestrière. Le 3ème homme, Gianni Bugno, a craqué psychologiquement et couru comme un cadet (Fignon l’explique notamment dans son livre). Du coup, il ne termine "que" 3ème. Derrière, il y a bien sûr d’autres dopés à l’EPO mais ce sont souvent des équipiers qui ne bénéficient pas toujours des mêmes protocoles sans compter le fait que l’efficacité des préparations n’est pas encore la même qu’en 94-98.

Alors du coup, ça laisse encore de la place pour des coureurs n’ayant pas encore accès à l’EPO qui peuvent encore faire un top 10 et bien figurer dans certaines étapes derrière les 3 cadors. Donc oui, Hampsten aurait pu bien figurer en 92 sans EPO mais c’est difficile d’être catégorique. Et rentrer à fond dans le détail sur certaines étapes ne résoudra pas la question car il y a bcp de paramètres qui entrent en compte et qui peuvent varier si on ne les analyse que sur une journée.

Pour ce qui est du CLM, oui il prend 8 min des oeuvres d’Indurain mais vu que le Navarrais met 4 min à tout le monde, disons qu’Hampsten en perd environ 4 sur les bons coureurs de CLM. Ce qui semble logique pour un grimpeur comme lui.

A l’alpe d’huez, si Indurain et Chiappucci n’ont volontairement pas lancé les hostilités car ils se contrôlaient, cela a pu permettre à des coureurs sans EPO de jouer leur carte vu que l’allure n’était pas inhumaine.

Enfin, de manière générale, il ne fait pas bcp mieux que Fignon. Le français étant probablement sans EPO et qui plus est équipier (donc se fatiguant plus et ne pouvant jouer sa carte). Donc ça reste plausible.

Mais franchement, avoir l’assurance qu’il n’était pas dopé à l’EPO ou qu’il l’était, tu ne pourras pas le savoir (hormis s’il y a des déclarations ou aveux crédibles) car cette année-là, tout n’était pas encore "clair" point de vue dopage sanguin et ses performances ne sont pas inhumaines au niveau des chiffres pris hors-contexte.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par Fabien

le 17 septembre 2012 à 00H42

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Lol Ditch !!

J’ai fait le "Barbare" pour le coup. Je crois que ça serait carrément plus simple de demander directement à Andy Hampsten. N’oublie pas de taper l’indicatif "Etats-Unis" sur ton téléphone avant de composer son numéro. Cela dit, je n’ai pas encore brûlé ma dernière cartouche : il nous reste Axel, qui bien caché dans le peloton prépare son démarrage. Ou un autre Voxien tapi dans l’ombre en attente de la 3ème semaine ?

Pour Gatorade, j’ai comme l’impression que l’ami Bugno faisait des cachotteries à ses petits camarades : Rondon et Fignon sont à leur niveau. Par contre, Carrera, c’était bien le forfait famille !

Même si on aura pas de certitude, voir la vidéo fournirait quand même des infos décisives comme la physionomie de la course et le temps de montée à Sestriere. C’est comme ça que j’ai compris que Rooks et Theunisse, y avait quand même un truc ! J’essaierais de voir s’il n’y a pas moyen de la récup en commande spéciale/inédite.

Merci pour ton site que je ne connaissais pas et que j’irais consulter.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par Ditch

le 17 septembre 2012 à 21H01

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Fabien, pour le temps d’ascension de Sestrière ’92, Indurain a fait 32’00’’ (données du livre "pouvez-vous gagner le tour ?" que tu te régalerais à lire à mon avis au vu des nombreux temps d’ascension et puissances développées qu’il comprend).

Attention à nouveau aux enseignements que tu vas tirer de ce temps : en effet, en 96 le même Indurain a monté Sestrière en 24’20’’. La différence ? Il y avait 45 kms de course au lieu de plus de 200...Il est donc important de prendre le parcours en compte

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par Fabien

le 17 septembre 2012 à 22H02

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Enorme !!!!!!!!!

Je vais l’acheter ce livre !!! 32’, ça veut dire :

31’49 pour Vona. Sans doute la montée la plus rapide cette année-là

33’08 pour Bugno

33’42 pour Hampsten

Entièrement dac pour l’intégration des conditions de courses dans le diag. mais 24’20, ça fait quand même 7’40 en moins !!! Soit 25% plus vite. Tu as Fignon à Sestriere ou d’autres types de l’arrière ?

Si non, c’est quand même un bon début : je n’abandonne pas mon projet de toper la vidéo pour pointer Fignon, Rondon, Rooks, Delgado et comparer.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par Fabien

le 17 septembre 2012 à 22H09

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Génial !!

Je vais le commander ce livre.

On peut déduire : Vona : 31’49 (meilleur temps), Bugno(33’08), Hampsten (33’42). Pour les autres, tu as Fignon ? ? ? Non, j’imagine, ça serait trop beau.

Sur 11 km, 1’42 de débours pour Hampsten, c’est moins que ce qu’il avait pris à L’Alpe 91 (mais sur 13,7 km) : 2’01. Mais bon, comme le souligne dans son nouvel article, Hampsten, bien présent et bien fort dans le final. Etonnant quand même, 2 jours de suite qui plus est.

Je n’abandonne pas mon projet de toper la vidéo pour en avoir le coeur net. En 96, la course est différente certes mais ils montent 25% plus vite !

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par AxelBorg

le 17 septembre 2012 à 22H16

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

@Fabien,

Ce livre est clairement super, je l’ai aussi chez moi. Seul regret, tous les temps ne sont pas donnés, Vayer et Portoleau se sont concentrées sur une partie des étapes de la période 1991-2000.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par Fabien

le 27 décembre 2012 à 16H38

Tour ’92 : L’extraterrestre et le chevalier

Sestriere 1992, chez nos amis de la TV espagnole.

Je ne l’ai pas encore regardée mais peut-être pourra-t-on enfin résoudre le mystère Hampsten et observer ce qui se passe dans le groupe Breukink-Fignon-Rondon-Delgado...

http://www.youtube.com/watch?v...

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus
Laisser un commentaire Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessus l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.
Derniers Commentaires
L'auteur de L'Article
Ses derniers Articles