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le 15/02/2013

Euro 2020, le puzzle de Michel Platini


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En 1998, le sélectionneur allemand Berti Vogts raillait le choix de Michel Platini, coprésident du comité d’organisation de la Coupe du Monde organisée en France, de faire bouger les équipes de ville en ville à chaque match. Habitué au confort de quartiers établis en 1990 à Milan puis en 1994 à Chicago, le patron de la Mannschaft deviendrait fou en voyant le programme du futur Euro 2020, disputé dans treize villes européenne pour les soixantes ans de la compétitions.

Président de l’UEFA depuis 2007, Michel Platini veut endiguer la crise économique qui frappe l’Europe.

A l’exception de l’Allemagne et de quelques rares pays dont la rigueur financière estviscéralement ancrée dans les moeurs, tous les pays du Vieux Continent sont frappés de croissance zéro voire de récession, pour la plupartaccablés par leur colossale dette souveraine.

Pour répartir la charge que génère l’organisationd’un tournoi comme un Euro, que seuls les Jeux Olympiques d’été ou la Coupe du Monde surpassent en coûts d’investissement (stades et infrastructures de transport ou hébergement, autoroutes, aéroports, hôtels...), Platini a décidé de pousser à la limite la logique de l’organisation mutualisée inaugurée en 2000 par la Belgique et les Pays-Bas, puis copiée à deux reprises (Autriche et Suisse en 2008, Ukraine et Pologne en 2012).

Le triple Ballon d’Or et ancien métronome de la Juventus n’y va pas par quatre chemins: treize villes de treize pays différents accueilleront le Championnat d’Europe 2020, quatre ans après l’Euro 2016 organisé en France. Cet Euro en forme de puzzle européen coupe donc l’herbe sous le pied aux ambitions de la Turquie, et de la candidature commune de l’Ecosse, du Pays de Galles et de l’Irlande.

La liste des stades pourrait ressembler plus ou moins à la suivante pour 2020.

- Wembley (Angleterre)

- San Siro / Stadio Olimpico(Italie)

- Nou Camp / Estadio Santiago Bernabeu (Espagne)

- Stade de France (France)

- Allianz Arena / Olympiastadion (Allemagne)

- Estadio da Luz / Estadio da Dragao (Portugal)

- Roi Baudoin (Belgique)

- Arena (Pays-Bas)

- Hampden Park (Ecosse)

- Ataturk (Turquie)

- Loujniki (Russie)

- Ernst Happel Stadion (Autriche)

- Olympique (Grèce)

Il se murmure déjà que Wembley candidate pour accueillir la finale et les demi-finales, qui seront jouées dans une même ville, les douze accueillant les matches du premier tour et un match à élimination directe.

Restent plusieurs obstacles à cette formule inédite, dont il est à craindre qu’elle ne soit guère plébiscitée par les amateurs de ballon rond sur le Vieux Continent.

Qui organisera la finale et le match d’ouverture les plus prestigieux?

Comment Platini va-t-il convaincre délégations et surtout supporters de passer leur temps dans les aéroports?

Si Heathrow, Roissy, Malpensa, Schipholet autres Tegel détrônent les Wembley et autres San Siro comme lieux d’attraction, alors Platini aura perdu son pari.

Caravec cette idée de tournoi européen mutualisé, le football se coupe définitivement de ses racines, portant l’estocade au public populaire, déjà atteint par de premières banderilles, celles de la surinflation desbillets, vécue notamment en Angleterre comme antidote à l’hooliganisme qui avait atteint son pinacle en 1985 au Heysel.
En marge des places déjà hors de prix reservés aux Crésus et autres VIP, il faudra donc ajouter au budget des spectateurs escomptantdes billets d’avion sujets à la volatilité du kérosène et donc du pétrole, l’or noir.

De plus, le public s’identifiera-t-il à un tournoi sans nationalité? La notion de citoyenneté européenne ne cesse de tomber de Charybde en Scylla. Personne ne s’identifie à cet Union jugée trop bureaucratique, les citoyens ayant en sainte horreurla férule imposée par Bruxelles aux Etats souverains: référendums boycottés ou rejetés, élections européennes laissant indifférentes, rejet de la monnaie unique, cultures nationales hétérogènes, langues diverses et incompatibles malgré le vieux rêve de l’espéranto.

Il est intéressant de voir à quel point l’Europe politique, née en 1957 un an après l’Europe du football, est son miroir inversé, comme un Janus aux deus visages: crise profonde, crise existentielle pour l’Europe politique, prospérité pour l’Europe du football, sport toujours aussi populaire malgré les scandales (paris truqués en Italie, arbitres corrompus ...), à travers l’écrin de la Ligue des Champions.

Le risque est fort de voir l’Europe du football emprunter une pente savonneuse ...

Orpheline d’un tournoi de football de clubs, l’Europe avait vu la Coupe des Champins naître en 1956, puis l’Euro dès 1960. L’UEFA a fait fructifier sa poule aux oeufs en 1992, créant la Ligue des Champions.
L’Euro a suivi le mouvement en 1996, avec un passage à16 équipes, et une nouvelle croissance en 2016 en France, avec 24 équipes, soit autant qu’en Coupe du Monde entre 1982 et 1994: l’Euro, élitiste de tradition, était passé de 8 à 16 équipes après 1992, tenant compte de l’éclatement de deux blocs ayant fait exploser les fédérations affiliées à l’UEFA: l’Union Soviétiqueet la Yougoslavie.

Ce deuxième palier, oeuvre de Michel Platini, suit une logique parfaitement économique: plus d’équipes, plus de matches, plus d’audiences, plus de droits TV, plus de chiffre d’affaires ...

L’ancien uomo squadra de la Vecchia Signora, que l’Avvocato Agnelli comparait à Manolete et Nijinski, semble être désormais un virtuose de la real politik, à son échelle ...

Si Platini et l’UEFAveulent exister face à l’omnipotente FIFA sur l’échiquier mondial du football, leur vitrine numéro 1, l’Euro, se doit de briller de mille feux à l’occasion du soixantième anniversaire de la compétition.

Et pour pérenniser son vaisseau amiral, Platini a besoin de stades criants de modernisme. Il est utopique de croire qu’une nation européenne pourra investir les sommes colossales mises sur la table par la Russie pour le Mondial 2018 puis le Qatar en vue de l’édition 2022. Aucun Eldorado ne verra le jour sur le Vieux Continent, pas même l’Allemagne, trop dépendante de ses voisins par le jeu de l’offre et de la demande.

L’Italie semble aussi désunie que Pompéi après l’éruption du Vésuve, l’Espagne vit avec une épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa tête, la Grèce est nostalgique des Jeux Olympiques 2004, le Portugal a pris de plein fouet la crise des dettes souveraines ...

L’Europe méditerranéenne, revigorée par les accessions de la Grèce (1981) et de l’Espagne et du Portugal (1986) à l’Union, est tombée du Capitole à la Roche Tarpéienne depuis 2008: économie souterraine pratiquepresque canonique dans bien des secteurs (taxis, restauration, tourisme ...), bulle immobilière en Espagne, comptes publics truqués en Grèce ...

Conservateur sur l’arbitrage video dont il est un farouche opposant, cheville ouvrière de la réforme du fair-play financier, MichelPlatini est novateur sur cet Euro 2020 qui ne laissera personne indifférent.

par AxelBorg
bulle_commentaire.jpg Les derniers commentaires

par AxelBorg

le 15 février 2013 à 10H50

Euro 2020, le puzzle de Michel Platini

A titre personnel, je trouve l’idée de Platini plutôt intéressante. Pas mal de pays pourront facilement aller voir les matches de l’Euro 2020, même si encore une fois il deviendra infernal de suivre sa sélection nationale, à moins d’être vraiment passionné et/ou fortuné pour supporter le coût et la fatigue de tant de transports.

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par chano

le 15 février 2013 à 11H54

Euro 2020, le puzzle de Michel Platini

J’avais pigé qu’ils allaient mettre justement les matchs dans des pays qui ne pouvaient pas organiser un Euro en entier, genre, la Hongrie, Bulgarie, Slovaquie, les ex-Yougos ...

Si c’est pour coller des matchs dans des pays qui sont abreuvés de matchs de haut niveau, je vois pas trop l’intérêt. En plus, question dépense de supps, ça paraît moins cher de se taper des matchs à Budapest qu’à Londres. Epi question gonzesse, je vous raconte pas.

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par sebtheouf 3.0

le 15 février 2013 à 11H57

Euro 2020, le puzzle de Michel Platini

Ben pour moi aussi ca ne tenait la route que si ca permettait d’envoyer l’euro dans des coins qui ne pouvaient aps l’avoir.

Mais des amtchs au camp nou, sans siro, paris.... c’est tellement con.

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par Jim

le 15 février 2013 à 12H01

Euro 2020, le puzzle de Michel Platini

vous êtes des grands naifs, j’avais compris tout de suite

à terme, plus de matches du tout dans les coins pourris, et un clasico real-baça par semaine

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par AxelBorg

le 15 février 2013 à 12H48

Euro 2020, le puzzle de Michel Platini

@chano,

Oui c’est en effet la version officielle pour vendre le truc côté UEFA, mais bon le lobbying des grands pays sera intense. Perso je n’y crois pas ...

Quand on voit ce que la Russie et le Qatar ont obtenus de la FIFA, j’ai du mal à croire que les pays de l’Est se taillent la part du lion pour accueillir les matches de cet Euro 2020.

A suivre.

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par diogene95

le 15 février 2013 à 16H11

Euro 2020, le puzzle de Michel Platini

Y a du pognon à l’Est aussi, Ukraine Russie Pologne, ils peuvent proposer des stades, et des pots de vin pour que ça soit accepté. Pourquoi pas l’Azerbaidjan tant qu’on y est. C’est vraiment le pays type qui peut pas faire l’euro tout seul, mais qui peut raquer pour participer à cette formule.

Mais ça va vraiment être du business genre F1, tout un "paddock" de vip qui traverse l’europe pendant que les locaux arriveront peut-être à s’offrir un match ( qui les intéressera pas forcément ) et que les supporters qui vont suivre leur équipe y lâcheront un bras.

Et puis finale à Wembley peut-être, pour le côté original....

Je trouve ça ridicule et je préférerai que ça soit deux pays voisins à chaque fois, trois s’ils sont petits ( et voisins, c’est important ! )

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par el gnl Alcazar

le 15 février 2013 à 16H25

Euro 2020, le puzzle de Michel Platini

ça pourrait être un bon compromis ça ! faire une coupe d’europe dans une zone géographique courte. Par exemple Benelux + Danemark + Ruhr, ça pourrait faire un bon mix de culture pour des déplacements réduits.

On peut creuser un truc entre italie/suisse/autriche et Lyon. ça marche aussi !

Les balkans c’est encore plus simple, il y aurait pas mal de zones de mixes.

Portugal/Espagne resteront enclavés. Et Irlande + GB pour un euro ce serait drôle aussi. On pourrait trouver une zone chez les scandinaves également.

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par AxelBorg

le 15 février 2013 à 16H35

Euro 2020, le puzzle de Michel Platini

@Diogene,

En effet ! Economiser pour passer 10 jours dans un pays reste à la portée de pas mal de monde, faire le tour de l’Europe en changeant tous les 2 jours de pays est un autre paire de manches financièrement.

Bref, l’UEFA éradiquera tout risque de hooliganisme, comme l’Angleterre l’a fait, en offrant sur un plateau son Euro 2020 à des classes plus aisées.

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par diogene95

le 15 février 2013 à 17H28

Euro 2020, le puzzle de Michel Platini

Après j’ai rien inventé du coup, la formule "deux pays" s’est déjà pas mal pratiquée, mais si c’était systématisé ça contenterai plus de monde et répartirai les coûts. Par région aussi pourquoi pas genre sud france/nord italie et quelques matchs en suisse. etc...

Plus bas un commentaire parle de l’ambiance chez l’hôte, le fait de recevoir, et d’avoir ces gens qui viennent de partout. Ca n’existera plus si on voyage pour voir un match quelque part avant de vite repartir à l’aéroport. Les gains des petits commerces aussi seront répartis, hôtels, restaurants, prostituées et j’en passe. La gâteau sera même plus petit si les touristes ont moins de temps libre pour dépenser.

Ca fait beaucoup de choses dommages, pour peu d’intérêts.

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par Cullen

le 15 février 2013 à 16H27

Euro 2020, le puzzle de Michel Platini

Mettre en avant le fait que cette formule représentera un coût moins important, c’est peut-être vrai mais c’est aussi un peu malhonnête. L’organisation, même conjointe, d’un tel évènement c’est l’occasion pour ce ou ces pays de moderniser les infrastructures et ça donne surtout une dimension humaine et populaire à la compétition, avec des passionnés qui viennent de toute l’Europe pour échanger ( et pas que des châtaignes... ) dans les rues et les tribunes trois semaines durant. Mais ça n’a rien d’étonnant, c’est la suite logique du processus d’éradication des supporters auquel on assiste depuis plusieurs décennies en Europe, pour les remplacer par des touristes blindés sans la moindre culture footballistique.

Economiser une année entière en vue de se rendre dans un lieu bien précis pour assister aux rencontres et représenter ses couleurs, c’est une chose que beaucoup n’hésitent pas à faire ( à part chez nous bien sur ), mais si l’on commence à demander aux fans de se rendre à Lisbonne puis à Amsterdam et enfin à Moscou en l’espace de dix jours, bah les travées risquent de sonner bien creux et on risque de longtemps regretter l’atmosphère fabuleuse laissée par les Irlandais en Pologne l’été dernier...

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par chano

le 15 février 2013 à 17H02

Euro 2020, le puzzle de Michel Platini

Je me demandais si l’Ukraine et la Pologne était rentré dans leur compte après l’Euro. Bien sûr, il y a les investissements autoroutiers qui demandent plus de temps et servent de toute façon au pays qui les construisent.

Mais des pays qui vont avoir les moyens d’investir dans un tel évènement, ça va devenir de plus en plus rare. La co-organisation va devenir la norme sauf pour ceux qui ont les moyens (UK, Allemagne, Benelux ...) mais ces pays là, n’ont-ils pas déjà leur lot de match de haut niveau et de compétitions internationales en tout genre ?

L’idée ne me semble pas si incongrue mais ça demande des précisions.

En tout cas, faut pas dire porte nawak, j’ai lu nulle part que les sélections allaient changer de pays pour chaque match. C’est du procès d’intention que vous faites là.

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par Jim

le 15 février 2013 à 17H06

Euro 2020, le puzzle de Michel Platini

pour l’ukraine, ça a coûté un max car plus de la moitié du fric a été détourné

ce sera pareil en russie 2018

pour ça que les gens gueulent : les pays sont déjà pas bien (enfin pour les gens pas mafieux, soit qd même 98% de la population), et tout le fric ezst détourné dans des combines

qd à avoir un bilan global, amcache, tu raisonnes pas comme un russe

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par diogene95

le 15 février 2013 à 17H59

Euro 2020, le puzzle de Michel Platini

Je sais pas s’ils vont changer de pays, mais avant une équipe jouait souvent deux matchs dans la même ville ( en phase de groupe ) parfois trois je suppose, j’ai pas des masses de stats mais c’est l’impression que j’ai dans mes souvenirs.

En tout cas, les supporters étaient même pas localisés dans un pays, mais plutôt la région où jouait leur équipe en groupe. Si c’est SDF tout le temps Ok, si faut faire Paris Lyon déjà pendant les groupes c’est pas rien. Et ensuite pour les quarts c’est n’importe où en Europe, et comme ça jusqu’en finale.

Si l’idée est bien pensée pourquoi pas. Un truc tout con serait de faire jouer chaque groupe dans une zone précise et pas très grande, puis on se retrouve à mi distance pour les 1/4 etc... De sorte qu’un supporter dont l’équipe va en finale pourrait se taper un voyage Angleterre> Allemagne > Roumanie > Grèce par exemple. Ça resterait raisonnable. Si ça doit être Paris > Moscou > Madrid > Oslo là ça calme...

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