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le 10/02/2013

Le retour des Aigles.


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Dimanche, la CAN joue sa finale: Nigeria-Burkina. Qui, il y a un mois, aurait misé un centime sur cette étonnante confrontation? Et pourtant, c’est la surprise de la CAN 2013. Le Nigeria n’est plus arrivé en finale depuis 2000. Quant au Burkina, il n’avait franchi le premier tour de la compétition qu’en 1998. L’une de ces deux équipes ira représenter l’Afrique, au mois de juin au Brésil, dans le groupe de l’Espagne, de l’Uruguay et de Tahiti.

Révélations.

Cette CAN, c’est d’abord celle des révélations. A chaque compétition, quel que soit le continent ou le format, des joueurs se révèlent. J’en ai retenu trois, mais il y en a tant d’autres: Victor Moses, du Nigeria, Jonathan Pitroipa, du Burkina, et Wakaso Mubarak, du Ghana.

Moses est relativement peu connu en Europe, bien qu’il fasse partie de l’effectif de Chelsea. Né au Nigeria en 1990, il rejoint le Royaume-Uni dès l’âge de 11 ans. Rapide, technique, puissant, il passe par toutes les catégories de jeunes de l’Angleterre avant d’opter pour les seniors du Nigeria en 2012. La même année, révélé à Wigan, il signe à Chelsea. Plutôt ailier il est donc en concurrence en club avec des pointures comme Hazard ou Oscar.

Pitroipa, bien connu en France, joue au Stade Rennais depuis deux saisons après un début de carrière en Allemagne (Fribourg, Hambourg). Comme Moses, il joue plutôt ailier et, à l’occasion de cette CAN, se révèle pour la première fois à un niveau international. Auteur de buts et de passes décisives importants dans la compétition, il manquera peut-être la finale (carton rouge contre le Ghana).

Mubarak est la plus grosse surprise de la compétition. Invité surprise à cette CAN, le milieu offensif de l’Espanyol Barcelone a déjà marqué quatre buts, dont les trois du Ghana lors de la phase à élimination directe.

Le Nigeria, belle surprise.

Abonné aux demi-finales lors des dernières éditions, le Nigeria est en passe de renouer avec les succès de sa glorieuse génération des années 90, celle des Yekini, Amokachi, Kanu... Après des débuts poussifs lors de la phase de poules, la sélection de Keshi a maîtrisé la Côte d’Ivoire avec brio en quart de finale avant de piétiner le Mali en demi-finale.

Rien n’arrête le Nigeria! Malgré le terrorisme, la corruption, le pillage des ressources naturelles, la piraterie, les embouteillages monstrueux de cette ville tentaculaire qu’est Lagos, malgré les enlèvements, les intrigues et les entourloupes, le football nigérian est toujours debout, beau à voir évoluer, brillant par moments, toujours efficace.

Extraversion.

Cette CAN 2013 confirme aussi l’importance de l’extraversion dans le football africain. En effet, si plus de 44% des joueurs sélectionnés pour cette CAN sont originaires des championnats de la CAF, leur représentation tombe à 23,9% si on ne prend en compte que les demi-finalistes. Ainsi les sélections qui comptent de nombreux joueurs évoluant en Afrique, comme le Niger, l’Ethiopie, l’Angola, la RDC ou la Tunisie, n’ont pas dépassé le stade de la phase de poules. De manière générale, les fédérations qui connaissent une culture-club forte comme la RDC, le Maroc ou la Tunisie, ainsi que tout le Maghreb n’ont pas vu la lumière pendant cette compétition. Pour le Maghreb, il y a cependant fort à parier que l’anomalie sera corrigée dans deux ans car je vois mal le grand football marocain ne pas briller cher lui en 2015.

Si le plus grand symbole de l’extraversion du football africain, la Côte d’Ivoire à la sauce Guillou, est sorti de la compétition assez piteusement en quart de finale, ses émules nigérians et burkinabé sont désormais en finale. D’ailleurs, que la génération des Drogba et frères Touré s’achève sans avoir décroché le moindre trophée continental ni participé à un huitième de finale de Coupe du monde montre bien toutes les limites de l’extraversion. J’en suis convaincu et je prends le pari: jamais une équipe africaine extravertie ne participera à une demi-finale de Coupe du monde.

Tristes stades.

En plus de l’extraversion dépendante, l’Afrique, essentiellement celle au sud du Sahara, connaît d’autres maux: joueurs vendus peu chers, droits télé inexistants, corruptions et intrigues, stades vides et vétustes, violences dans les stades. L’Afrique du Sud, choisie pour remplacer la Libye au pied levé, dispose de stades magnifiques mis au point pour la Coupe du monde 2010. Mais ces stades, immenses, ont été construits sous l’égide de la FIFA pour satisfaire à des critères télégéniques et permettre à une clientèle assez haut de gamme venue des quatre coins du monde de profiter en toute quiétude du deuxième plus grand rendez-vous sportif de la planète. Ils sont donc beaucoup trop grands et souvent mal situés, parce que loin des quartiers pauvres où la population est friande de foot. Du coup, les affluences pour les rencontres de la CAN sont faméliques, sauf lorsque la sélection sud-africaine joue. Ainsi, pour Maroc-Angola le 19 janvier à 21 heures, le First National Bank Stadium (ex Soccer City) de Johannesburg résonna creux avec à peine 4 600 spectateurs. A Port Elizabeth, pour Angola-Cap Vert pourtant décisif le 27 janvier à 19 heures, il n’y eut que 2 600 curieux.

Conclusion.

Si la CAN 2013 a réservé quelques beaux moments (et j’espère qu’il y en aura encore!), comme la surprise burkinabé, l’enthousiasme nigérian ou l’insouciance éthiopienne, elle draine aussi avec elle les tares qui affligent globalement le football africain. Un football africain qui ne conquerra le monde qu’à condition de regarder en lui-même car ce continent, où est né l’homme et premier mondialisé par sa position de carrefour entre Europe et Asie, s’est un peu perdu à trop chercher l’herbe verte chez le voisin, ne voyant pas à quel point elle est grasse et drue chez lui.

Photo: Adane Girma.

par Nicolas
bulle_commentaire.jpg Les derniers commentaires

par Nicolas

le 11 février 2013 à 07H23

Le retour des Aigles.

Le dimanche à 22 heures... Moment propice pour sortir un texte proposé un jeudi en fin d’après-midi ! Ils débloquent les administrateurs du site, ou quoi ? ? ?

Eh ! ben, mes favoris nigérians ont gagné. Super but de Mba, le seul à jouer encore au pays. Tiens, tiens... Match maîtrisé, contrôlé de bout en bout. Pitroipa au bout du rouleau, Bancé incroyablement maladroit !

Pelouse de merde, match de niveau assez faible... A l’image de cette CAN.

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