2011, l’apogée du Big Four ?
Existant depuis 2008, le carré d’as Federer - Nadal - Djokovic - Murray a sans doute atteint son zénith en 2011. Retour sur cinq ans d’une hégémonie sans partage au pinacle du tennis mondial.
Depuis 2008, ils terminent aux quatre premières places du classement ATP et monopolisent les grands titres:
- 2008 (Nadal 1er, Federer 2e, Djokovic 3e, Murray 4e): le Big Three constitué en 2007 par Federer, Nadal et Djokovic se mue en Big Four avec l’émergence du jeune Ecossais Andy Murray, finaliste à l’US Open mais battu par Roger Federer, lequel sauve sa saison après la progression stupéfiante de Djokovic (vainqueur à l’Open d’Australie, Indian Wells, Rome et Masters Cup) et surtout Nadal (Monte-Carlo, Roland-Garros, Wimbledon, Toronto, Jeux Olympiques). L’amour viscéral de Nadal au maillot espagnol lui a permis de conquérir la médaille d’or à Pékin, Djokovic s’offrant le bronze. Le Suisse perd sa place de numéro 1 mondial, après avoir commencé la saison avec une mononucléose. Injouable sur l’ocre parisien, Nadal réussit à déboulonner Federer dans le temple de Wimbledon, privant son rival d’une sixième victoire consécutive et portant l’estocade au mental du Bâlois après avoir planté une première banderille à Roland-Garros, par le biais d’un cinglant 6-0 au troisième set en finale.Hégémonique entre avril (Monte-Carlo) et août (Pékin), Nadal finit logiquement n°1 mondial d’une saison commencée sur les chapeaux de roue par Djokovic: vainqueur à Melbourne, Indian Wells et Rome, le Serbe a fait illusion avant que l’Espagnol ne sorte le grand jeu.
* Bilan 2008: 13 titres (US Open gagné par Roger Federer, Monte-Carlo,Hambourg, Roland-Garros, Wimbledon, Toronto etJeux Olympiquesgagnés par Rafael Nadal, Open d’Australie, Indian Wells, Rome et Masters Cup gagnés par Novak Djokovic, Cincinnati et Madrid gagnés par Andy Murray) sur 15 possibles (Miami gagné par Nikolaï Davydenko, Paris-Bercy gagné par Jo-Wilfried Tsonga)
- 2009 (Federer 1er, Nadal 2e, Djokovic 3e, Murray 4e): en 2009, le Big Four aurait pu se constituer en Big Five si Robin Söderling ou Juan Martin Del Potro avaient encore fait mieux. L’Argentin a été le seulà battre le Big Four en Grand Chelem, dominant Nadal puis Federer à l’US Open. Deux mois après cette fissure sur le ciment new-yorkais, le carré d’as du tennis est de nouveau bredouille en quittant Londres: le Masters est remporté par Nikolaï Davydenko. En début de saison, Nadal confirme son implacable domination avant le coup de Jarnac de Roland-Garros où la blessure de l’Espagnol facilite l’exploit d’un Robin Söderling en état de grâce. Quelques jours plus tard, le Suédois ne peut rien contre Roger Federer dans une finale en forme d’apothéose, où le Bâlois remporte le Grand Chelem en carrière. Puis il bat le record de Pete Sampras avec 15 titres en Grand Chelem, suite à une sixième couronne à Wimbledon. Et ce qui était utopique quelques mois plus tôt devant la férule de Nadal devient réalité: Federer retrouve le trône de numéro 1 mondial, alors que Djokovic traverse sondésert. Vainqueur à Bercy, le Serbe sauve l’honneur in extremis d’une saison d’espoir déçu, malgré une belle saison sur terre battue, marquée par le match de titans de Madrid, où seul le refus viscéral de la défaite de Rafael Nadal aura raison du tennis impérial de Djokovic sur l’ocre castillan.
* Bilan 2009: 11 titres (Roland-Garros, Wimbledon, Cincinnatigagnés par Roger Federer, Miami et Montréal gagnés par Andy Murray, Open d’Australie, Indian Wells, Monte-Carlo, Rome, Madrid gagnés par Rafael Nadal, Paris-Bercy gagné par Novak Djokovic) sur 14 possibles (US Open gagné par Juan Martin Del Potro, Shanghaïet Masters Cup gagnés par Nikolaï Davydenko)
- 2010 (Nadal 1er, Federer 2e, Djokovic 3e, Murray 4e): Nadal reprend le pouvoir au sein d’un Big Four surpuissant, même si le Big Two hispano-suisse a une fois de plus trusté les récompenses: Roland-Garros, Wimbledon, US Open pour Nadal, Open d’Australie et Masters pour Federer. Les miettes du festin reviennent à Djokovic (finalisteà l’US Open)et Murray (finaliste à l’Open d’Australie), tandis que Robin Söderling s’affirme comme le cinquième homme (finaliste à Roland-Garros, vainqueur à Bercy). Décevant en Grand Chelem depuis 2009, comme le montre son quart de finale à Roland-Garros(défaite contre Jurgen Melzer), Djokovic redresse la tête à Wimbledon (demi-finale contre Tomas Berdych) et surtout à l’US Open, où il bat Roger Federer en demi-finale avant de s’incliner en finale contre Rafael Nadal, auteur du Petit Chelem. Puis viendra le déclic mentalpour le champion serbe, vainqueur de la Coupe Davis à Belgrade contre l’équipe de France. En 2010, si Nadal a écrasé le tennis, le Big Four a été souvent friable: Tsonga et Cilic demi-finalistes à Melbourne, Berdych, Melzer et Söderling demi-finalistes de Roland-Garros, Berdych demi-finaliste de Wimbledon.
* Bilan 2010: 14 titres (Open d’Australie, Cincinnati et Masters Cup gagnés par Roger Federer, Toronto et Shanghaï gagnés par Andy Murray, Monte-Carlo, Rome, Madrid, Roland-Garros, Wimbledon et US Opengagnés par Rafael Nadal) sur 14 possibles (Indian Wells gagné par Ivan Ljubicic, Miami gagné par Andy Roddick, Paris-Bercy gagné par Robin Söderling)
- 2011 (Djokovic 1er, Nadal 2e, Federer 3e, Murray 4e): l’année de tous les paradoxes. Le Big Four n’a jamais semblé aussi fort et aussi hétérogène. Novak Djokovic s’attire tous les superlatifs avec un Petit Chelem (Open d’Australie, Wimbledon, US Open) assorti de la place de n°1 mondial et de 5 victoires en Masters 1000 (Indian Wells, Miami, Rome, Madrid, Montréal). Le Serbe a imposé sa férule par six fois dans l’année à Rafael Nadal, vainqueur à Roland-Garros et Monte-Carlo. Les autres Masters 1000 sont remportés par Andy Murray (Cincinnati, Shanghaï) et Roger Federer (Paris Bercy), le virtuose de Bâle s’octroyant aussi la victoire dans la Masters Cup. Et par deux fois, le Big Four a monopolisé le carré des demi-finales en Grand Chelem: à Roland-Garros et à l’US Open. Seuls David Ferrer (bourreau de Nadal, battu par Murray à Melbourne) et Jo Wilfried Tsonga (tombeur de Federer, battu par Djokovic à Wimbledon) ont pu se hisser dans un dernier carré majeur en 2011. Il faut dire que les rares joueurs qui auraient pu contrecarrer les desseins du Big Four sont convalescents (mononucléose pour le Suédois Robin Soderling) ou de retour de blessure (come-back début 2011 pour l’Argentin Juan Martin Del Potro). Le Big Four est hétérogène: Big Four car il domine et écrase tout, Big Three car Andy Murray n’a jamais gagné un Grand Chelem, Big Two car Roger Federer est un cran en-dessous du tandem Djokovic / Nadal qui monopolise les grandes finales en Grand Chelem ou Masters 1000, Big One tant Novak Djokovic surclasse Rafael Nadal en 2011, lui infligeant six défaites en six confrontations, toutes en finales(Indian Wells, Miami, Rome, Madrid, Wimbledon, US Open).
* Bilan 2011: 14 titres (Open d’Australie, Indian Wells, Miami,Madrid, Rome, Wimbledon,Montréal et US Opengagnés par Novak Djokovic, Paris-Bercy et Masters Cup gagnés par Roger Federer,Cincinnati etShanghaï gagnés par Andy Murray, Monte-Carlo et Roland-Garros gagnés par Rafael Nadal) sur 14 possibles.
- 2012 (Djokovic 1er,Federer 2e, Murray 3e, Nadal 4e): Il faut attendre Bercy pour voir le Big Four lâcher un titre d’importance en 2012, et encore il revient au n°5 mondial, David Ferrer, dans des conditions spéciales. Le tournoi indoor, orphelin de Nadal (blessé depuis Wimbledon) et Federer (forfait) voit Djokovic et Murray disparaître prématurément dans l’optique du Masters londonien organisé la semaine suivant Bercy. Tout le reste revient dans le giron du Big Four: Djokovic (Open d’Australie, Miami, Toronto, Shanghaï, Masters), Federer (Indian Wells, Madrid, Wimbledon, Cincinnati), Murray (Jeux Olympiques, US Open) et Nadal (Monte-Carlo, Rome, Roland-Garros) ont pérennisé leur insolente domination sur le tennis masculin, malgré les efforts répétés des Ferrer, Berdych, Del Potro et autres Tsonga. Malgré la blessure de Nadal après Wimbledon, le Big Four a continué de monopoliser les grandes finales: Murray - Federer aux Jeux Olympiques de Londres, Murray - Djokovic à l’US Open, Djokovic- Federer au Masters. Rares ont été les défaites du Big Four, telle celle de Djokovic face à l’Argentin Juan Martin Del Potro en finale de classement olympique, le Serbe laissant la médaille de bronze à son prestigieux adversaire du jour. Le Big Four porte enfin son nom, puisque l’Ecossais Andy Murray brise le syndrome de la poule mouillée, ouvrant son palmarès en Grand Chelem à l’US Open, à la cinquième finale, comme son entraîneur Ivan Lendl, traité jadis de poule mouillée par Jimmy Connors ...
* Bilan 2012: 14 titres (Open d’Australie, Miami, Toronto, Shanghaï, Masters Cup gagnés par Novak Djokovic, Indian Wells, Miami, Wimbledon et Cincinnati gagnés par Roger Federer, Jeux Olympiques et US Open gagnés par Andy Murray, Monte-Carlo, Rome et Roland-Garros gagnés par Rafael Nadal)sur 15 possibles (Paris-Bercy gagné par David Ferrer)
Avec Roger Federer affaibli en 2008, Rafael Nadal blessé en 2009 et en 2012, Novak Djokovic en stagnation en 2009 et 2010, Andy Murray encore trop irrégulier jusqu’en 2010, ce n’est qu’en 2011 que le Big Four impose sa pleine puissance, les rivaux cédant sous la puissance du carré d’as:Berdych, Del Potro, Ferrer, Söderlinget Tsonga ne peuvent plus lutter contre les quatre rois du tennis masculin ... 2011, le zénith du Big Four.
Pour moi, le zénith du Big Four est vraiment en 2011. On le voit avec 100 % des grands titres (GC / Master 1000 / Masters Cup) gagnés par le carré d’as, et deux fois les demi-finales 100 % monopolisées (Roland-Garros et US Open 2011).
Ce n’est pas arrivé si souvent que cela en dehors de 2011 : US Open 2008, 2010, Australian Open 2012.
Ce qui est amusant, c’est aussi le nombre de fois où Federer a affronté Djokovic et où Nadal est tombé dans la partie de tableau de Murray.
Salut Axelborg, et bel article encore une fois.
Avant le Big Four, il y a eu aussi le Big Two de Nadal et Federer avec je crois un point culminant en 2005 : seuls l’AO (finale Safin-Hewitt) et Bercy (finale Berdych-Ljubicic) leur avaient échappé. A deux, ils étaient dans des standards analogues à ceux du Big Four aujourd’hui...
Salut Enzo,
En 2005 Nalbandian bat Federer en finale du Masters donc ça fait quand même deux grands titre qui échappent au Big Two hispano - suisse en comptant l’Australie laissée à Safin.
En 2006, ils laissent filer Hambourg (Robredo), Cincinnati (Roddick) et Paris Bercy (Davydenko) mais gagnent les 5 grands titres (4 GC et Masters Cup).
Idem en 2007 où ils gagnent les 5 grands trophées en laissant 4 Masters 1000 : Miami et Montréal à Novak Djokovic qui explose cette année là au plus haut niveau, Madrid et Paris-Bercy à David Nalbandian.
Donc le top du Big Two reste 2006 de mon point de vue.
Nadal pas certain d’aller à Indian Wells ni Miami ... Toujours le genou.
Si l’on retient la thèse officielle de la blessure, en effet mieux vaut pour l’Espagnol s’éviter le ciment américain et revenir tranquillement sur l’ocre européen via Monte-Carlo, Barcelone, Rome et Madrid, pour converger vers son objectif n°1 de la saison, Roland-Garros.
Merci beaucoup pour l’affichage et le partage de cet excellent article. Il est si intéressant. Je veux savoir d’autres informations à propos de ce site. Alors s’il vous plaît me donner ces nouvelles rapidement. Je le serai toujours conscient de vous.
ouais excellent article AXEL (je reviendrai sur l article plus tard) on verra Nadal face a Almagro demain matin.

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