Que vaut Fred Antonetti ?
La réponse du berger à la bergère
Après la belle semaine rennaise (qualification pour la finale de la coupe de la Ligue, victoire contre Bastia), Frédéric Antonetti est à nouveaux sous les feux des projecteurs. Pour une énième diatribe envers le corps arbitral? Pour une empoignade avec Pierre Menes, notoirement anti rennais? Niet. Uniquement pour des raisons sportives, le Stade Rennais (4ème à égalité avec l’OGC Nice) affrontant l’Olympique de Marseille (3ème) samedi prochain pour le compte de la 22ème journée de la «Ligue à Thiriez».
Diantre, un corse à Rennes?
C’est aussi étonnant qu’un Courbis à Lens (il est parti fissa), un Le Guen au sultanat d’Oman, un Gourvennec à Montpellier ou, pour filer la métaphore culinaire, une galette des rois dégustée en plein été.
Vous allez me dire, Antonetti a également entraîné (avec succès) l’AS St Etienne, une ville pas réputée pour la douceur de son climat (les stéphanois me pardonneront cette attaque gratos)...
Mais parlons foot...
Si l’on décortique les statistiques du berger corse, on s’aperçoit que derrière un physique de pilier de bar pas forcément raccord avec l’idée que l’on se fait d’un entraîneur de haut niveau, se cache un professionnel redoutable, voire implacable, qui peut s’enorgueillir de résultats probants, tant avec Bastia, St Etienne, Nice que Rennes.
Habile stratège qui aime à se présenter en «Loulou Nicollin du pauvre», friand de conférences de presse pagnolesques (avec une bonne dose de parano) ou d’invectives envers un public rennais jugé frisquet, Fred Antonetti fait un peu du Mourinho: «A moi la lumière, je protège ainsi le groupe».
Il passe du coup pour un public non averti pour un excité de première, peu finot et légèrement primaire dans ses réactions.
Mais le petit monde du foot a bien compris que derrière un personnage un tantinet sanguin se cache un technicien confirmé.
A son crédit?
Une régularité de métronome (montée avec St Etienne, maintien avec Bastia et Nice, places d’honneurs avec Rennes), une capacité à faire confiance aux jeunes (M’Vila, Pajot et consorts à Rennes) et un fond de jeu qui, à défaut d’être offensif (pas sûr que Barcelone pense à lui en cas de pépin de santé de Vilanova), est solide et cohérent.
On ajoute quelques coups d’éclats (2 finales de coupe de
Car Anto semble tirer le maximum des équipes qu’il coache et, sans faire injure aux joueurs concernés, n’a pas eu des effectifs fabuleux à se mettre sous la dent.
C’est vrai que ce n’est pas toutes les semaines ambiance «marrade et football champagne» à
Et bizarrement, le couple atypique qu’il forme avec Pierre Dreossi semble fonctionner.
Dreossi dans un profil plus «iceman» et Anto + dans la déconne.
Preuve que Fred n’est pas un électron libre qui n’en fait qu’à sa tête.
Employé loyal mais adepte de la maxime de Florent Pagny («non, vous n’aurez pas ma liberté de penser»).
Pressenti à l’OM à l’intersaison, Anto est resté finalement dans la quiétude bretonne, houspillant à l’occasion des joueurs et un public en mode «on est à Rennes, on ne va pas non plus se mettre la pression».
Compétiteur, Anto peut cette année faire coup double: hisser Rennes en coupe de l’UEFA via le championnat et gagner enfin la coupe de
Une étreinte «Antonetti-Dreossi-St Sernin» après la finale, façon «Mezy-Nicollin» en 1990, ça serait savoureux, non?
Antonetti restera une enigme pour certains, un bourrin pour d’autres ou encore un entraineur qui tire le maximum des équipes qu’il coache.
D’un point de vue technique :
Il est toujours aisé d’avoir des jugements sur les stratégies d’un coach, de développer une diatribe sur un choix tactique alors qu’on a au mieux une expérience sur football manager ou PES.
Indéniablement Frédéric Antonetti ne jure que par son 4-3-3 qu’il a imposé à toutes les équipes qu’il a entrainé. Beaucoup l’accusent d’incpacité à remettre en cause son système de jeu en fonction de l’équipe rencontrée ou de l’évolution d’un match. Il se contente généralement de changer un joueur par un suppléant au profil différent (moins rapide, plus physique, plus défensif) muant ainsi son 4-3-3 à un 4-5-1, mais jamais ne modifie le système de jeu.
Fraichement arrivé à Rennes, Frédo bénéficiait d’une assise défensive très forte, des joueurs solidaires et motivés qui permettait à l’équipe de se projetter rapidement vers l’avant. Période qui aura duré 2 ans et pendant laquelle Rennes était accusé de proposer un jeu dégueulasse. Et puis M’Vila et Mangane ont connu quelques problèmes (de nature différente) qui ont eu un impact indéniable sur l’équipe. Le mot d’ordre de l’époque (et visible sur le terrain) consistait en un pressing de tous les instants sur le porteur du ballon, le but étant de récupérer très haut le ballon et de construire ensuite. Les joueurs se fatiguaient rapidement et Rennes, qui souvent ne parvenait pas à faire le break, se voyait régulièrement remonté au score en fin de match.
Le problème c’est que l’effectif avait changé (arrivée de Pitroipa, Féret, puis Erding) et que l’équipe semblait moins efficace dans ce schéma tactique. Après la défaite à domicile du début de saison contre Lorient (et 3 points pris en 5 matchs), il y aurait eu une mise au point importante dans le vestiaire entre Antonetti et ses joueurs, ces derniers réclammant davantage de jeu direct, moins de circulation de ballons inutiles. Le coach alors - presque - sur la sellette a choisi d’écouter ses joueurs et d’abonder dans leur sens, résultat : Rennes est sur le même rythme de points que le PSG depuis la 6ème journée. S’agit-il d’un désavoeux tactique du coach ? Décidera-t-il de revenir à son ancienne méthode lorsque les temps seront plus propices ?
Derrière ses questions se cache la capacité d’adaptation et de remise en cause du système de Frédéric Antonetti.
Emergence des jeunes :
Lorsque l’on entraine dans un club disposant du meilleur centre de formation français de ces dernières années, difficile de se priver de lancer des jeunes dans le bain de la ligue 1, d’autant que les coachs rennais sont également recruté sur leur capacité à faire confiance aux jeunes. Sur ce point Antonetti aura connu 3 succès : M’Vila, Vincent Pajot et Kévin Théophile Catherine. D’autres joueurs ont été poussé vers la sortie. Depuis 2 ans l’intégration des jeunes semble plus difficile malgré les quelques joueurs ayant signé leur premier contrat pro à Rennes (N’Dango, Foulquier, Jebbour prété hier à Nancy...), mais les générations ne se ressemblent pas toutes et le défaut d’intégration des jeunes joueurs ne peut être uniquement imputé à l’entraineur.
Communication :
Antonetti est avant tout connu pour ses coups de gueules médiatiques souvent poussés lors de conférences de presse. Je retiendrai ta phrase : "Fred Antonetti fait un peu du Mourinho : « A moi la lumière, je protège ainsi le groupe ». " Voici un exemple récent : la sortie médiatique remarquée du coach après la défaite contre Bordeaux. S’agissait-il d’un comportement réfléchi en vue de protéger son groupe pour la demi-finale cruciale en coupe de France quelques jours plus tard ?
Antonetti est-il à ce point fin stratège de la communication ou répond-il à des pulsions souvent accordés au sang chaud du peuple méditerranéen ?
Bilan rennais :
D’un point de vue financier et structurel, le stade rennais n’a pas vraiment changé depuis 2003 et l’ère Boloni. Depuis l’équipe est sûrement l’une des plus régulière de ligue 1. Antonetti n’aura donc pas révolutionné le classement du stade rennais sur ses 3 (presque 4) années. Il s’est toujours caché (légitimement ?) derrière le budget du club en affirmant que Rennes était à son niveau mais que si un gros du championnat n’était pas présent, alors Rennes pourrait voir plus haut. Or, il y a 3 ans Paris était à la bourre en championnat, il y a 2 ans, c’est Bordeaux qui peinait et l’année dernière c’était Marseille qui n’était pas là. Malgré ça Rennes a toujours tenu sa place et s’est vu doublé par Sochaux ou Montpellier...
Cependant, Antonetti pourra rentrer dans l’histoire du club et plaider un bilan franchement positif s’il remporte le trophée qui lui tend les bras le 20 avril.
Moi j’aimais beaucoup Antonetti dans sa période à Nice, une grande bouche qui parle souvent juste, comme Loulou à Montpellier. Et qui faisait du bon boulot avec une équipe faible, y a plein d’entraineurs comme ça, ils marcheront mieux dans une équipe qui joue le maintient que le titre.
Mais je suis plutôt déçu depuis son arrivée à Rennes. Une plus grosse équipe, qu’il n’a pas tellement améliorée, en tout cas pour moi son travail est moins probant.
Dans ses déclarations, il me semble encore pire. J’imagine que c’est souvent calculé, mais quand même parfois ça ressemble à des pulsions qui vont pas dans l’intérêt du club. Plus de pression peut-être ?
Globalement déçu par son dernier club donc, et je ne suis pas le seul. Il avait une chance sur une belle année avec Rennes d’accrocher le podium, ou pourquoi pas un titre chanceux comme Montpellier. On retiendra que ce n’est pas arrivé, et je vois pas des grosses écuries type OL, OM ou Lille lui donner du travail quand il quittera Rennes.
Il risquera de retrouver un club encore moins ambitieux, qui se fera piller par des équipes de D2 anglaise.
Les faits que tu évoques sont réels.
La question qu’on peut se poser est : Est-ce qu’un autre entraineur aurait fait mieux avec l’effectif rennais ?
Concernant Antonetti il était arrivé avec Rennes en disant vouloir voir ce qu’il pouvait donner dans une équipe d’envergure plus importante.
Je pense que son bilan est mitigé : avec lui à sa tête l’équipe ne s’est pas planté (excepté l’épisode Queuvilly), mais n’a pas non plus passé le fameux cap dont on nous parle depuis quelques années...
PS : Tu oublies que Marseille a contacté Antonetti l’an dernier et que ce dernier, en très bon professionnel, a refusé la proposition en indiquant qu’il honorerait sa dernière année de contrat à Rennes. C’est Elie Baup qui a été choisi par la suite. Son avenir n’est donc pas "bouché" chez certains gros...
Y’a un truc à faire avec "Gros", Bouché" et "Marseille", mais je le trouve pas...
Il colle assez bien à Marseille avec son caractère. Baup est une agréable surprise mais on sait qu’avec lui la lune de miel c’est la première année.
Est-ce qu’un autre aurait fait mieux à Rennes ? C’est impossible à dire, on saura jamais c’est tout. Comment prévoir que Girard soit champion avec l’équipe de bras cassés de l’année dernière, ou le titre de bordeaux avec tellement de joueurs moyens en surrégime ?
Est-ce que ce sont les entraineurs qui font que certaines équipes se surpassent sur 38 matchs, ou ça n’a rien à voir avec eux ?
Peut-être qu’on nous survend aussi leur centre de formation. D’anciens bons formateurs Auxerre, Nantes, gagnaient grâce à ça, Monaco, Lyon, Montpellier plus récemment. Jamais Rennes n’a réussit à commencer une saison avec un groupe qui nous fait dire "top 3 probable".
On voit pas franchement en quoi Rennes a évolué sous sa direction.
Aucun palier de franchi et ce n’est pas une éventuelle coup en fin d’année qui pourrait réhausser le niveau (même Guingamp l’a gagnée).
"Car Anto semble tirer le maximum des équipes qu’il coache et, sans faire injure aux joueurs concernés, n’a pas eu des effectifs fabuleux à se mettre sous la dent."
Je suis d’accord avec ça. Il est consciencieux, fait bie travailler sn greoupe mais sans aucun éclat ni prise de risque dans le jeu alors que j’avais compris au début que l’objectif pour lui comme le club, c’était de dépasser / surpasser ce qui se faisait alors à Rennes. Le cub était déjà 4ème du championnat en 2005 et 2007.
Bref, Rennes s’est stabilisé (mais au regard des moyens de on propriétaire, c’est un minimum) dans le 1er tiers mais je ne me rappelle pas que c’était jute ce qui était souhaité.
Sinon, Antonetti le mec, j’aime bien, il es marrant. Pas sûr non plus que c’est ce qu’on lui demande.
Joueur je ne reste pas cinq minutes avec lui je demande à être transféré sur le champ.

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