Jim Courier, ou l’importance du mental
Joueur atypique, le bûcheron américain fût un joueur majeur de la première moitié des années 90, avant de connaître un déclin en pleine force de l’âge. Aucune blessure majeure n’étant venue perturber sa carrière, les causes de ce déclin sont à rechercher ailleurs.
James Spencer Courier Jr est né le 17 août 1970 en Floride. Adolescent, il fréquente l’académie de Nick Bollitieri, véritable usine à champions où il fait connaissance avec André Agassi et Pete Sampras, ses deux futurs rivaux pour la suprématie mondiale. Courier n’est pas le plus doué de l’académie, mais développe un jeu basé sur la puissance et la percussion, marqué notamment par un revers à deux mains dont le geste lui vient du baseball, sport qu’il a longuement pratiqué dans son enfance.
La progression régulière
Les premiers coups d’éclat de Jim Courier surviennent en 1989, l’année de ses 19 ans. Il est classé 43ème mondial à Roland Garros, lorsqu’il domine, au troisième tour, la déjà star André Agassi, demi-finaliste coloré de l’année précédente (où il avait inauguré son short en jean). Bien qu’il s’incline de justesse au tour suivant contre Chesnokov, sa victoire sur Agassi marque les esprits car il bat son compatriote sur son propre terrain, celui de la puissance et du jeu en avançant. Quelques mois plus tard, il s’offre une splendide première victoire en tournoi, à Bâle, face au n°3 mondial Stefan Edberg, sur une surface rapide supposément favorable à l’attaquant suédois.
Le jeu de Jim Courier, a priori stéréotypé et sans imagination, s’avère très gênant pour l’adversaire qui a du mal à s’organiser face à cette puissance, quelle que soit la surface. A une époque où les mobylettes espagnoles n’ont pas encore fait main basse sur Roland Garros, les cogneurs de fond de court que sont Agassi et Courier donnent la fausse impression que la terre battue est leur meilleure surface.
L’année 1990 sera transitionnelle pour Courier, qui se contente d’une demi-finale à Indian Wells, et face à qui Agassi, alors sur la route d’une première finale en Grand Chelem, prend une revanche éclatante en huitième à Roland Garros. Jim Courier est en réalité en pleine transition, en réalisant un immense travail de fond sur le plan physique qui va faire de lui le champion le plus affuté et le plus dur au mal de sa génération. Le grand monstre physique est en pleine gestation.
Vers le premier sacre
L’avertissement donné aux meilleurs mondiaux ne va pas tarder à venir, et il est pourtant généralement oublié de la biographie de Jim Courier. A l’Australian Open 1991, il pousse Edberg, alors n°1 mondial, aux cinq sets. Mais il utilise cette défaite comme une rampe de lancement vers le plus haut niveau; en mars, il remporte coup sur coup les tournois d’Indian Wells et de Miami, en affichant un mental et un physique à toute épreuve. La fusée est lancée vers le prochain Roland Garros...
N°9 mondial à l’ouverture du tournoi, il fait figure d’outsider sérieux, mais pas de favori pour le titre. En quarts de finale, le n°1 mondial Stefan Edberg plie sous la puissance de ses coups de boutoir, de ses passings et de ses lobs, sur une surface qui certes avantage l’Américain par rapport au Suédois. Le surprenant Michael Stich subit le même sort en demi-finales.
La finale sonne comme une belle entre Agassi et Courier, qui se sont donc affrontés lors des deux précédentes éditions, avec une victoire pour chacun. Les deux joueurs, qui se connaissent si bien, ne s’apprécient pas malgré les apparences. Agassi part légèrement favori en raison de l’expérience de son explosion plus précoce. C’est pourtant le cadet qui va l’emporter de justesse, 6/4 au cinquième, après avoir été mené 2 sets à 1. Contrairement à Agassi, qui avouera plus tard avoir eu peur de gagner, Courier transforme directement l’essai d’une première grande finale, et rentre par la grande porte dans la liste des vainqueurs de tournois du Grand Chelem.
La digestion tranquille
La pression s’exerçant sur lui à ce moment-là est très forte, car nombreux sont les vainqueurs précoces en Grand Chelem qui n’ont jamais confirmé. Mais l’Américain va prouver au cours des mois suivants que sa victoire n’est pas le fruit d’un heureux concours de circonstances, mais une simple étape dans une course vers la place de n°1 mondial.
Quart de finaliste à Wimbledon, demi-finaliste à l’Open du Canada et à Cincinnati, Courier se hisse en finale de l’US Open, en écartant au passage le tenant du titre Pete Sampras (alors un adolescent qui ne parvient pas à digérer sa première grande victoire de l’année précédente) en trois sets. En finale, en revanche, il ne peut rien contre un Edberg déchaîné, qui prend sa revanche sur toutes ses défaites de l’année écoulée et qui se repositionne comme l’incontestable n°1 mondial. Le Suédois réalise probablement le meilleur match de sa carrière ce jour-là.
Jim Courier, qui est alors n°3 mondial à 21 ans, continue sa progression régulière, et atteint une nouvelle finale, au Masters, barré cette fois par Sampras, prouvant une fois de plus que son tennis peut s’exprimer également sur surface rapide. Du fait de la disparition de Becker du plus haut niveau (voir un autre de mes articles), Jim termine l’année 1991 dans la peau du dauphin d’Edberg au classement mondial. Cette nouvelle hiérarchie bouscule un ordre que l’on croyait établi pour longtemps, issu de la fin des années 80, avec Edberg et Becker en pôle position, Lendl glissant doucement vers la retraite et Wilander désormais hors course.
Le sommet
Le joueur à la casquette ne va pas s’arrêter en si bon chemin: increvable, il ne transpire même pas sous le soleil australien, et en finale à Melbourne, il s’offre une nouvelle - et nette - victoire sur Edberg, affichant une maîtrise impressionnante à 21 ans. Quelques jours plus tard, le 10 février 1992, il devient l’officiel n°1 mondial.
C’est avec cette même maîtrise que Courier remporte sans sourciller trois nouveaux titres à Tokyo, Hong Kong et Rome, cette dernière victoire le positionnant idéalement comme le favori à sa propre succession à Roland Garros. L’édition 1992 du tournoi parisien constitue probablement le sommet de sa carrière. Tout désigne Courier: il est le tenant du titre, le favori, le n°1 mondial, autant de fardeaux qui semblent ne rien peser pour lui. Il ne perdra qu’un set, en quarts contre Ivanisevic. Les revenants Muster et Mancini, le jeune et prometteur Medvedev, l’éternel rival Agassi et le surprenant Korda en finale, tous sont balayés en trois petits sets (aucun ne lui prend plus de 9 jeux) par le n°1 mondial, dont la puissance, la détermination et la décontraction marquent les esprits cette année-là, tout comme... son discours en Français lors de la remise des prix. Cet Américain que beaucoup prennent alors de haut, vivant avec une Française, montre un intérêt (que n’auront ni Agassi ni Sampras) pour une autre culture que la sienne, et touche le cœur du public français.
La suite de la saison sera un peu moins éloquente. Jim marque légèrement le pas, s’inclinant contre Olhovskiy au troisième tour de Wimbledon, puis contre Marc Rosset (futur vainqueur) aux Jeux Olympiques de Barcelone. A l’US Open, il domine une nouvelle fois André Agassi, sa victime préférée, mais s’incline en demi-finale contre Pete Sampras, qui réalise alors un été quasi-parfait et qui manque de peu, en perdant ensuite la finale contre Edberg, de lui prendre sa place de n°1 mondial. Cette victoire du Suédois lui permet de reprendre pour quelques semaines la première place, rapidement reprise par un Courier fatigué jusqu’à la fin de la saison. Un joueur, en cette fin 1992, semble prendre un net ascendant contre Courier: Boris Becker, référence absolue en salle, le bat à Bercy, puis en finale du Masters. En se ruant au filet à la moindre occasion, il le prive du temps nécessaire pour ajuster ses coups surpuissants. Les joueurs et les entraîneurs, qui envient Courier pour sa condition physique et pour son mental sans faille, ont l’impression de commencer à entrevoir les faiblesses de son jeu.
Mais ces doutes se referment à l’aube de la saison 1993: Courier conserve avec autorité son titre à l’Australian Open, en dominant une nouvelle fois un Edberg incommodé par la chaleur, et affiche toujours la même solidité. Aux détracteurs qui firent la fine bouche devant sa deuxième partie de saison moyenne en 1992, il répond de la plus belle des manières.
1993 est l’année de naissance du label "Masters Series", qui va anoblir neuf tournois en les plaçant, dans l’ordre d’importance, juste en-dessous des Grands Chelems. Courier remporte deux des quatre premiers, à Indian Wells et à Rome.
La double chute
Dans le même temps, Pete Sampras a depuis l’été 1992 la place de n°1 mondial dans le viseur. Sa défaite contre Edberg (en trois sets serrés) en demi-finale de l’Australian Open a été une déconvenue pour lui, mais ses victoires à Sydney, Miami (Masters Series), Tokyo et Hong Kong, lui valent d’accéder au trône le 12 avril. Décrété meilleur joueur du monde par l’ordinateur, Sampras n’en a alors pas la légitimité, mais il est bien tête de série n°1 lorsque s’ouvre Roland Garros.
Courier, double tenant du titre conforté dans son statut de favori par sa victoire à Rome, vise un triplé inédit depuis Borg. Mais il va s’avérer nettement moins dominateur cette année-là, Tarango, Muster, Prpic et Krajicek parvenant à lui prendre un set avant la finale où se dresse Sergi Bruguera, qui a battu Sampras en quart puis Medvedev en demi.
Cette finale, l’une des plus belles de l’histoire de Roland Garros, Jim Courier va la perdre avec les honneurs. Dès le début, l’Espagnol le gêne énormément avec son lift incontrôlable et son jeu de jambes incroyable de rapidité. Citadelle assiégée, Courier oppose sa puissance et son expérience des grands rendez-vous, mais ne reproduit pas l’impression d’invincibilité qu’il avait laissée lors de l’édition précédente. Vaincu aux points en cinq sets et 4 heures de sueur et de tension, Courier garde le sourire lors de la remise des prix et fait partager au public français ses progrès dans la langue de Molière...
La quinzaine de Wimbledon qui suit rassure les fans de Courier, qui se demandaient si cette défaite dans son royaume parisien allait l’affecter. Il se hisse en demi-finales où il domine Edberg sur ses terres, ce qui constitue une surprise relative. Le Suédois joue l’une de ses dernières prestations au plus haut niveau: un peu moins rapide, il se heurte à la précision des retours de l’Américain et se fait enterrer en quatre sets. La finale, qui opposera Courier à Sampras, s’annonce comme le juge de paix idéal entre celui qui est le n°1 dans les esprits et celui qui l’est à l’ordinateur; le fauteuil est d’ailleurs en jeu lors de cette finale.
Jim Courier, ce jour-là, laisse passer sa chance de remporter Wimbledon, et il en prend conscience tout de suite. Les sept titres rétrospectifs de Sampras obligent à un minimum d’abstraction pour se remémorer le contexte: le Sampras de 1993 n’est pas celui de 1997 ou de 1999 (à titre de comparaison, le Nadal de 2005 est loin d’être aussi dominateur que celui de 2008 ou de 2012), il n’est pas intouchable. Et ce match est très serré, Sampras ne remportant les deux premiers sets qu’au jeu décisif.
La mélancolie
Deux échecs consécutifs en finales de Grands Chelems sont plus ou moins lourds à digérer, selon les événements qui ont précédé. Dans le cas de Jim Courier, ces mêmes échecs en 1991 n’auraient certainement pas eu la même portée. Mais en 1992, en remportant coup sur coup l’Australian Open et Roland Garros, il s’était affirmé avec éclat comme le légitime n°1 mondial et l’objet d’une chasse à l’homme pour tous ses concurrents. La crainte qu’il inspirait alors n’était pas due à un talent venu d’ailleurs, comme pour Sampras, Agassi ou plus tard Federer, mais à une impressionnante condition physique et une concentration de tous les instants, qui faisaient sentir à son adversaire que gagner un point serait long et difficile. Affronter Courier, c’était un défi mental et physique.
L’exploit de Sergi Bruguera est à ranger parmi les plus grands exploits du tennis, car il a relevé ce défi alors que c’était sa première finale et qu’il ne pouvait imaginer d’adversaire plus redoutable. Quant à Sampras, ce que l’histoire a balbutié de justesse lors de cette finale de Wimbledon 1993 est une simple vérité technique: il était un meilleur joueur que Courier, plus complet, plus doué. Voila la réalité qui a doublement frappé Courier: virtuel n°1 mondial, il est tombé, d’abord sur un joueur plus rapide et plus déterminé que lui, ensuite sur un joueur plus doué que lui.
Redevenu n°1 mondial en trompe-l’œil suite à sa victoire au Masters Series de Cincinnati, Courier tombe en huitièmes de finale à l’US Open face à Cédric Pioline, second couteau en forme. Le rendement de l’Américain ne cesse de s’effilocher au fil des mois, au point que des signes de rupture mentale se font jour lors du Masters 1993, lorsqu’il se met à bouquiner aux changements de côté.
Has been
La période 1994-1996 n’enterre pas définitivement Jim Courier, mais le relègue en position d’outsider face à Sampras. D’autant qu’au même moment Agassi se forge enfin un physique de champion, l’année 1994 le plaçant progressivement en concurrent direct de Sampras.
La demi-finale perdue face à Sampras à l’Australian Open 1994 lui fait une fois de plus très mal, mais il s’offre une belle revanche en quarts de finale de Roland Garros, l’emportant en quatre sets sur la surface la plus dure pour Sampras, qui de surcroît réalise un match moyen au service. Ce sera sa dernière victoire face à Sampras, et il s’inclinera au tour suivant contre le même adversaire qu’en 1993, Sergi Bruguera, dans un vent violent qui le désavantage par rapport à son adversaire. S’ensuit un tunnel de sept mois, au cours duquel il ne gagne pratiquement pas un match...
1995 voit un sursaut de Courier, qui dispute avec Sampras un des plus beaux matchs des années 90, à l’Australian Open, au cours duquel Sampras doit remonter un handicap de deux sets et composer avec son émotion et ses larmes (son entraîneur est alors malade) avant de l’emporter face à un Courier épuisé. L’année est marquée par la rivalité Sampras-Agassi, et Courier est relégué dans l’ombre de ses deux rivaux encombrants. S’il remporte quatre titres, il ne parvient pas à briller dans les grands rendez-vous. A Roland Garros, le jeune Albert Costa le domine à la surprise générale en quatre sets en huitièmes de finale. C’est à l’US Open qu’il réalise son meilleur parcours, battant Michael Chang en trois sets serrés avant de rendre les armes, une fois de plus, face à Pete Sampras en demi-finale. Souvent placé et jamais gagnant, Courier se qualifie pour le Masters en cette année 1995, mais ne parvient pas à gommer cette impression de défaillance mentale face aux meilleurs, qu’il réussit à inquiéter mais jamais à battre.
Les premiers mois de 1996 ne font que confirmer cette impression: menant deux sets à rien en quarts de finale de l’Australian Open face à Agassi, il perd encore. Le scénario se répète à Roland Garros, où il a une avance de deux sets en quarts de finale face à Sampras, mais il se fait rejoindre par un adversaire pourtant épuisé. Cette défaite sera sans doute celle de trop pour Courier, qui rentrera dans le rang et ne jouera plus jamais les premiers rôles.
Grand fauve blessé, Courier se signale ici ou là par quelques insultes aux arbitres ou déclarations malheureuses à l’encontre de l’organisation du circuit, et se retrouve même arrêté au volant de sa voiture alors qu’il est en état d’ivresse, signe que son hygiène de vie n’est plus la même. A 29 ans, en 1999, et alors qu’aucune blessure grave n’est venue perturber sa carrière, Jim Courier tire sa révérence dans un relatif anonymat. S’ensuit une longue période de recul, voire même d’introspection, dont il ne ressortira qu’à l’US Open 2003 lors de la soirée d’hommage à son plus terrible rival, Pete Sampras.
Le mental...
La trajectoire de Courier est singulière lorsqu’on la compare à celles des autres n°1 mondiaux, à savoir qu’il a été un incontestable n°1, et est nettement rentré dans le rang par la suite. Sampras et Agassi, dont les éclosions au plus haut niveau ont été beaucoup plus chaotiques que la sienne, avaient incontestablement des jeux meilleurs que celui de Courier; mais si les deux premières places étaient trustées par meilleurs que lui, la troisième place, en revanche, lui tendait les bras. Et s’il ne l’a pas occupée, c’est bien en raison d’une fêlure mentale, dont l’origine se situe à l’été 1993.
Le joueur en progression qu’était Jim Courier en 1991 s’accommodait sans problème d’une défaite face à Stich ou Edberg, parce que ces défaites jalonnaient l’ascension régulière d’un champion en construction. En revanche, les échecs de Roland Garros et de Wimbledon 1993 furent ceux du champion en pleine possession de ses moyens, qui découvrait avec effroi qu’il était en train de se faire rattraper voire dépasser. Courier était trop humain et intelligent pour ne pas voir cette cruelle vérité le frapper de plein fouet; cette révélation fut insupportable pour lui, et l’a profondément atteint mentalement.
Jim Courier est un exemple à suivre, car il a prouvé qu’un tennis au départ moyen pouvait être sublimé par une condition physique parfaite et un mental à toute épreuve. Mats Wilander avant lui, et Lleyton Hewitt après lui, ont fait la même démonstration. En revanche, une fois supplanté par un rival - Sampras - Courier s’est retrouvé en position, non pas de mettre en jeu la place de n°1, mais la place du "n°2 qui a été n°1". Le nombre de matchs serrés qu’il a finalement perdus après l’été 1993 est impressionnant, est la raison est toujours la même: il lui manquait toujours le petit point qui fait la différence. Et disputer des matchs en identifiant parfaitement les points importants - il n’aurait pas atteint le sommet sans cela - et en ayant en tête qu’à une époque il gagnait ces points, fût un fardeau trop lourd à porter. Oui, Courier a été un vrai n°1 mondial, mais assurément il l’a été dans la période transitoire entre la fin de la domination de Lendl, Becker et Edberg, et l’arrivée à maturité d’Agassi et de Sampras.
Il reste le souvenir d’un joueur attachant, qui fit la joie du public français en faisant l’effort d’apprendre la langue de Molière. Visiblement, c’est un homme apaisé et heureux qui est devenu capitaine de l’équipe américaine de Coupe Davis, bourreau de l’équipe de France à Monte Carlo au printemps dernier, et il a encore montré l’étendue de ses progrès en Français aux micros de France 2.
Excellent article, merci beaucoup !
Super article sur ce joueur qui aura marqué le tennis, mais qui comme Michael Chang fut écrasé par ses deux comptatriotes Pete Sampras et Andre Agassi.
Pour 1993, perdre en finale contre Bruguera à Roland Garros puis Sampras n’a rien de déshonorant avec le recul.
Courier-Bruguera, c’était pas mal, la"vache espagnole", c’est pas mal non plus :http://www.20minutes.fr/articl...
L’an dernier j’avais parlé Français comme une vache espagnole, aujourd’hui j’ai perdu contre une vache espagnole...
Très bel article sur Big Jim un des oubliés du tennis mondial qui fut pourtant une courte période le vrais boss du tennis. C’est vrai que tous lesobservateurs le considéraient au départ comme un ersatz d Agassi , le seul joueur qu’on estimait être un rival valable à Sampras et puis ben non, le lourdaud est arrivé et a posé sa grosse patte sur le trône de numéro 1.
Sinon l’auteur pointe l’animosité existant entre Courier et Agassi. Je crois qu’il en existait aussi entre lui et Sampras, je me souviens de matchs assez tendus (le quart à Roland en 96) ainsi que quelques déclarations assez maladroites sur le dopage.
Sinon, juste un petit motif de satisfaction pour moi... en six confrotations, Boris Becker s ’est imposé à cinq reprises dont une finale épique à Bruxelles
Salut Killranger,
En effet, les relations entre Courier et Sampras n’étaient pas non plus au beau fixe. Pour le quart de RG96, on peut comprendre Courier, qui voyait Sampras se plier en deux entre les points, mais il n’avait plus les ressources mentales pour revenir. Je ne crois pas que Sampras était un "bon acteur" comme l’avait dit Courier, mais c’était rageant de le voir s’accrocher à son service et aligner les aces alors qu’il n’arrivait presque plus à marcher.
Pas mieux avec Chang : leur match de l’US 95 avait été émaillé de problèmes.
D’une manière générale, je crois qu’Agassi, Chang, Courier et Sampras, qui se connaissaient depuis l’enfance, étaient rivaux avant d’être amis ou même compatriotes. On l’a vu il y a quelques années avec le bouquin d’Agassi, en 95 on le voyait tout sourire avec Sampras, mais ce n’était qu’un vernis, et derrière les apparences de leur éducation, leurs égos surdimensionnés (nécessaires à leurs carrières) apparaissaient ici ou là.
Je ne crois pas davantage à une amitié entre Nadal et Federer, deux personnes correctement éduquées, mais qui se sont trop affrontés dans les GC pour s’apprécier réellement. Federer ne le dira pas (à moins de faire un livre de type confession comme Agassi), mais Nadal l’a trop emm... en tant que rival pour avoir droit à une quelconque déclaration d’amour.
Dernier point Killranger,
Becker, en effet, était la bête noire de Courier, alors qu’à la même époque Agassi était celle de Becker. La finale de Bruxelles 92 avait été en effet extraordinaire, c’était je crois le premier tournoi de Courier en tant que n°1 mondial.
La différence s’est faite sur le retour : Agassi, meilleur retourneur de sa génération, parvenait à lire le service de Becker, ce que ne parvenait pas à faire Courier.
Très bonne rétrospective, merci beaucoup. L’histoire est sympa à lire, juste un peu dommage de ne pas avoir un peu plus creusé sur le retour de "Courier" sur ses défaites face à Sampras, et comment il a pu le vivre. Incroyable d’avoir craqué à 24 ans... explosion "mentale" semble-t-il vraiment paradoxale avec sa "force mentale" louée au début.
N°1 trop tôt ? peut être bien.
Il y a un phénomène qui serait marrant à analyser c’est les "cheese champion" n°1 mondiale chez les filles. Typiquement, caroline wozniacki, deux années n°1 mondiale, aucun grand chelem (problème de mentale ? ? les matchs sont en deux sets pourtant...) et qui cette année semble continuer sa dégringolade à seulement 22 ans... intéressant à comprendre également pour illustrer ce phénomène.
Bonjour, Le gros problème pour Courier a surtout été Sampras. Il avait du mal à avaler que le talent domine le travail. Jim a bossé comme un malade pour atteindre la première place mondiale, Pete était facile (cool comme un concombre !).
Quand Sampras s’est mis à bosser plus sérieusement, plus personne n’a pu rivaliser si ce n’est Agassi, après un gros travail physique également. Au départ donc, Courier est dominateur grâce à son physique, à l’arrivée, après que les joueurs talentueux aient admis que leur seul talent ne leur permettra pas de dominer le tennis et se mettent au diapason, il n’y a plus photo, le joueur besogneux se fait laminer !
C’est surtout la preuve que sans le physique, le talent n’est rien (Federer en est le prototype le plus abouti). Combien de sportifs hyper talentueux se sont perdus en ne se fiant qu’à leur talent, et ce, quelque soit la discipline ?
PS : Quelle démonstration de Stefan Edberg à l’US Open 91. Quand on voit les images, on se dit que le tennis, c’est tellement facile...
[IMG]http://i1354.photobucket.com/a...
Oui mais la prédominance du physique dans le tennis date de Lendl, pas de Courier !
Salut Filou,
Je ne te rejoins pas complètement sur Sampras : il a dit lui-même que c’est sa finale perdue à l’US 92 contre Edberg qui l’a forcé à se remettre en question. Le problème pour lui n’était pas physique, il était mental. Sampras n’a jamais été un grand monstre physique, et même au meilleur de sa carrière des titres lui ont échappé par fatigue (AO95, RG96) car il avait eu un parcours difficile.
Le Sampras de 91-92 ne me semble pas inférieur physiquement à celui de 93-97, en revanche il ne parvenait pas à faire fructifier son talent inouï, par manque de confiance notamment contre les meilleurs. Courier à l’US91, Ivanisevic à Wim92, Edberg à l’US92/AO93, le battent par le mental, pas par le physique.
De la même manière, le Federer de la période 2001-2003 éclabousse le tennis mondial de son talent, et le physique est là, mais le mental ne suit pas encore. C’est à Wim 2003 et surtout au Masters 2003 que Federer prend conscience de sa supériorité tennistique sur tous les autres. On connaît la suite...
Pas grand-chose à ajouter à cet article déjà très détaillé. Merci. Si je devais apporter un commentaire un peu original, je dirai que si Mourinho a pu porter le costard-cravate tout au long de sa carrière d’entraineur, et non le jogging à la manière de Guy Roux, il le doit un peu à Big Jim qui a été l’un des pionniers, en tant que capitaine des USA, à se rendre sur les courts de cette façon.
Sinon, moi qui était plutôt un admirateur d’Edberg à l’époque, j’ai le douloureux souvenir d’un match à Wimbledon ( ça devait être en 1993 ) où le service lifté du Suédois, qui lui donnait du temps pour monter au filet, était devenu presque anodin face à ce nouveau style de joueur, très puissant, si bien qu’il avait vécu un calvaire à la volée.
Quel gros boulet ce Jim Courier, un de ceux qui avec leur tennis dépersonnalisé industriel m’ont fait arrêter de suivre. Un boeuf, heureusement que Sampras était là, et que comme tu le dis il s’est fatigué lui-même et a découvert plus tard les livres, la picole, son humanité. Mais il faut certainement quelques années de séparation d’avec Bollettieri pour le voir. Le truc le plus jouissif ça a été de le voir se faire découper par Edberg à l’USO 91, certainement le plus grand match d’attaquant possible avec la finale de Wim 84http://www.youtube.com/watch?v...
"L’exploit de Sergi Bruguera est à ranger parmi les plus grands exploits du tennis", JP Loth a dit récemment sans que ça ne trouble personne dans une émission de radio que tout le monde du tennis savait que Bruguera tournait au kérosène, c’est marrant les opinions vis à vis du dopage c’est à géométrie très variable.
"Jim Courier est un exemple à suivre", d’une certaine manière oui, si Nadal avait pu découvrir la lecture...
Bruguera tournant au kérozène ? OK mais le problème est toujours le même : des preuves... J’avoue que la déclaration de Loth m’avait échappé, tu l’as lu où ?

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