Vettel et la chasse aux records
A Interlagos, Sebastian Vettel est devenu le plus jeune triple champion du monde. A 25 ans, l’Allemand est un modèle de précocité, avec 3 titres, 26 victoires et 36 pole positions en seulement 101 courses. Jusqu’où ira-t-il?
Décembre 2007. Vice-champion du monde après le Grand Prix du Brésil, coiffé sur le poteau par Kimi Räikkönen, Lewis Hamilton se laisse aller à une bien imprudente déclaration, clamant haut et fort qu’il veut battre le record des sept titres mondiaux de Michael Schumacher. Comme Jackie Stewart le craignait, Black Senna s’est condamné lui-même, se mettant une pression démentielle, comme s’il avait une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
Cinq ans plus tard, seulement couronné en 2008, le pilote anglais est encore à six titres du Kaiser, et la possibilité de battre ce record reste utopique pour le futur leader de Mercedes en 2013.
Et si son parcours entre 2007 et 2012n’a rien du châtiment de Sisyphe condamné à pousser un rocher le long d’une montagne, Lewis Hamilton a tout de même vu trois fois le titre mondiallui glisser sous le nez: en 2007 à cause d’un péché d’orgueil en Chine, les pneus de sa flèche d’argentétant à l’agonie, en 2010 à cause d’un accrochage à Monza, en 2012 par la faute de la fiabilité médiocre de sa McLaren. La seule consolation pour le prodige au casque jaune fut son sacre de 2008, acquis dans l’ultime virage d’Interlagos après un dépassement in extremis sur Timo Glock, alors que Felipe Massa était virtuellement champion du monde ...
Mais dans l’intervalle, Hamilton a vu un autre prodige lui prendre sa place de nouvelle étoile de la F1, celle que le Britannique avait cru dérober des mains de Fernando Alonso à Woking.
Sebastian Vettel, débarqué en F1 en 2007 chez BMW en remplacement de Robert Kubica à Indianapolis, a ensuite fait son trou dans la galaxie Red Bull, avec le satellite Toro Rosso dès 2007 puis via le vaisseau amiral Red Bull dès 2009, devenant le nouveau coéquipier de Mark Webber.
Vainqueur à Monza en 2008 à 21 ans et 2 mois, le jeune Allemand avait alorsbattu le record de précocité que détenait Alonso depuis Budapest 2003 (22 ans pour le champion espagnol). Le même week-end, en Lombardie, il chipe un autre record au pilote asturien, celui du plus jeune poleman de tous les temps, qu’Alonso avait établi avec Renault à Sepang en 2003, à 21 ans et 7 mois, battant alors la marque de Rubens Barrichello, 22 ans et 3 moisà sa première pole en 1994 à Spa Francorchamps.
Vice-champion du monde en 2009 à 22 ans et 3 mois derrière Jenson Button sacré avec Brawn Grand Prix,Vettel fait mieux que Lewis Hamilton, dauphin en 2007 de Kimi Räikkönen à l’âge de 22 ans et 9 mois. L’Anglais avait dépoussiéré ce record détenu par Iceman en personne depuis 2003, dauphin du sextuple champion du monde Schumacher à seulement 24 ans.
Champion du monde en 2010 à 23 ans et 4 mois à Abu Dhabi, Baby Schumi bat un autre record de précocité, celui détenu par Lewis Hamilton depuis 2008 au Brésil, celui du plus jeune champion du monde de l’Histoire de la F1. L’Anglais, sacré à 23 ans et 10 mois,avait lui même arraché ce record des griffes de Fernando Alonso, couronné à 24 ans et 2 mois en 2005 à Interlagos.
A Suzuka en 2011, Vettel enfonce un autre record, cette fois détenu par Fernando Alonso depuis Interlagos 2006: à24 ans et 3 mois, il devient le plus jeune double champion du monde de tous les temps (contre 25 ans et 3 mois pour le natif d’Oviedo). L’Espagnol avait lui amélioré la marque établie par Michael Schumacher en1995, le Kaiser ayantconquis sa deuxième couronne à 26 ans et 9 mois à l’issue d’une victoire au Grand Prix du Pacifique, sur Benetton Renault.
A la course suivante, en Corée du Sud, il atomise un record de son prestigieux aîné Michael Schumacher, celui du plus jeune pilote à avoir gagné 20 Grands Prix: Vettel atteint ce chiffre à seulement 24 ans et 3 mois, quand le pilote de Kerpen avait réussi cet exploit à 27 ans et 5 mois, à Barcelone en 1996, pour son premier succès chez Ferrari. Schumacher avait effacé des tablettes Ayrton Senna, vingt fois victorieux en octobre 1989 à 29 ans et 7 mois, après son succès à Jerez, sur McLaren-Honda, au Grand Prix d’Espagne 1989.
Et à Interlagos en 2012, le jeune Allemand détrône Ayrton Senna du cénacle. Le Brésilien était le plus jeune triple champion du monde à 31 ans et 6 mois, record établi à Suzuka en 1991. L’Allemand fait bien mieux, à 25 ans et 4 mois que le Pauliste, que Schumacher n’avait pas pu battre en 2000 (31 ans et 9 mois à Suzuka). A 25 ans, Sebastian Vettel a donc déjà trois fois apposé son nom au palmarès du championnat du monde, qui plus est consécutivement (exploit que seuls Fangio et Schumacher avaient accompli avant lui).
Au même âge, Fernando Alonso ne comptait que deux titres, Michael Schumacher un seul, Ayrton Senna zéro et une seule victoire au compteur. Quant à Alain Prost, il venait juste débuter en F1 chez McLaren Cosworth, comme coéquipier de John Watson! Les temps ont bien changé depuis ...
Alors certes, Vettel est la figure de proue d’une génération, d’une époque où les pilotes débutent en F1 de plus en plus jeunes: Button à 20 ans en 2000, Heidfeld à 23 ans en 2000, Räikkönen à 20 ans en 2001, Alonso à 19 ans en 2001, Massa à 21 ans en 2002, Rosberg à 21 ans en 2006, Kubica à 22 ans en 2006, Hamilton à 22 ans en 2007, Vettel à 20 ans en 2007, Alguersuari à 19 ans en 2009, Hülkenberg à 23 ans en 2010, Perez à 21 ans en 2011... Seules exceptions, Montoya (2001), Webber (2002), Kovalainen (2007)et Di Resta (2011), rookies tardifs à respectivement 26 ans, 26 ans, 26 anset 25 ans!
En 101 Grands Prix, Sebastian Vettel a réussi à gagner 26 courses. Au même stade, Michael Schumacher en avait remporté 27, à l’issue de sa victoire au Grand Prix du Japon 1997. Mais Schumi n’avait alors que deux couronnes mondiales à son palmarès. Ayrton Senna et Fernando Alonso, eux, ne comptaient respectivement que 23 et 19 victoires après 101 départs. Bref, le jeune Allemand mérite tous les superlatifs d’un point de vue statistique, même si cela ne veut pas dire qu’il est meilleur pilote que ses aînés.
Si Adrian Newey et Red Bull maintiennent leur hégémonie, il n’est pas impossible que Vettel se rapproche voire batte certains records mythiques de la F1. Pérenniser sa domination insolente sur la discipline lui ouvrirait le grand livre des records, celui où Fangio, Clark, Prost, Senna et Schumacher ont violemmentapposé leurs sceaux successifs depuis six décennies.
- le plus jeune quadruple champion du monde: le record est détenu par Michael Schumacher (32 ans et 7 mois en 2001), très loin devant Alain Prost (38 ans et 7 mois en 1993) et Juan Manuel Fangio (46 ans en 1956). Né en juillet 1987, Sebastian Vettela donc jusqu’en 2019 pour s’approprier ce record. Il faudrait donc que le jeune Allemand connaisse une disette de sept ans pour que Schumacher garde ce record. Improbable, mais pas impossible, car n’oublions pas que Fernando Alonso, à qui on promettait monts et merveilles fin 2006 après sa deuxième couronne, fort de la retraite du Kaiser, vient de boucler une sixième campagne mondiale sans titre, même si l’Espagnol est passé fort près du sacre en 2007 derrière Räikkönen et Hamilton, en 2010 puis 2012 derrière Vettel. La question est plutôt de savoir si Vettel battra ce record à 27 ans, 28 ans ou plus tard ... Et là, tout dépend du niveaude la concurrence à court et moyen terme en F1...
- Les 7 titres mondiaux de Michael Schumacher: en 2003, quand le Kaiser arracha ce record à Juan Manuel Fangio avec un sixième titre acquis dans la douleur, personne n’imaginait que moins de dix ans plus tard, un autre pilote serait en position de le menacer. Mais la prudence s’impose, car le record de Fangio a tenu 46 ans. Si l’usure du pouvoir ne vient pas contrecarrer les desseins de Sebastian Vettel, alors il pourra se rapprocher de son idole Schumacher. Mais le jeune Allemand doit se rappeler que tant de pilotes s’étaient cassés les dents sur le record de Fangio, de Clark à Senna en passant par Brabham, Fittipaldi, Stewart, Lauda ou Prost. Jim Clark et Ayrton Senna furent interrompus dans leur oeuvre immense, Alain Prost pénalisé par la concurrence de l’archange brésilien. Jack Brabham et Emerson Fittipaldi laissèrent des couronnes en route en choisissant la téméraire destinée de pilotes constructeurs. Quant à Niki Lauda, triple champion du monde, il eut une carrière atypique marquée par l’accident du Nürburgring en 1976 et une retraite entre 1979 et 1981, le temps de se consacrer à sa compagnie aérienne Lauda Air. Et si Lauda a pu revenir en 1984 pour gagner un troisième titre, c’est car sa motivation était revenue au zénith après deux coupures, une involontaire en 1976 et l’autre volontaire à partir de 1979. Sans sa blessure de 1999 à Silverstone, Michael Schumacher n’aurait sans doute pas poussé sa première carrière jusqu’en 2006. Cependant, avec déjà trois titres en cinq saisons complètes, Vettel peut voir venir, son aîné ayant tiré sa révérence en 2006 chez Ferrari après quatorze saisons complètes depuis 1992(exception faite de 1999 donc).
- Les 65 pole positions d’Ayrton Senna: si le record absolu est de 68 poles pour Michael Schumacher, le vrai défi est de battre les 65 poles positions de Senna, établies en seulement 161 courses. Et encore, le prince Ayrton en détenait 60 en 126 départs, fin 1991, avant que sa McLaren ne soitdevancée régulièrement par les implacables Williams-Renault de Mansell en 1992 puis Prost en 1993! Orpheline du virtuose de Sao Paulo en 1994 à Imola, la F1 a longtemps cru ce record inaccessible, les dauphins de Senna étant alors Clark et Prost, 33 poles chacun. Mais en imposant sa férule au peloton dans les années 2000 avec la Scuderia Ferrari, Michael Schumacher a fini par détrôner Senna en 2006. Pour battre le record du génial Brésilien, Vettel devra décrocher 29 poles en 60 Grands Prix. Loin d’être impossible pour un pilote qui est un sprinter né, un prodige de la vitesse que seul Lewis Hamilton semble capable de dominer sur un tourà voiture égale, là où un Fernando Alonso, plus complet, est un homme du dimanche.
- Les 8 victoires dans un même Grand Prix de Michael Schumacher: le Kaiser l’a fait en France, sur le circuit de Magny-Cours (1994, 1995, 1997, 1998, 2001, 2002, 2004, 2006), alors que Senna et Prost en étaient restés à 6, respectivement à Monaco pour le Brésilien (1987, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993) et en France (Dijon Prenois 1981, Castellet 1983, 1988, 1989, 1990, Magny-Cours1993) ainsi qu’au Brésil (Jacarepagua 1982, 1984, 1985, 1987, 1988, Interlagos1990) pour le Français.Mais l’ogre allemand, fort de 91 succès en carrière, avait aussi étendu son emprise à d’autres épreuves, avec 7 victoires au Canada (1994, 1997, 1998, 2000, 2002, 2003, 2004), 7 victoires au Grand Prix de Saint-Marin (1994, 1999, 2000, 2002, 2003, 2004, 2006), 6 victoires en Belgique (1992, 1995,1996, 1997, 2001, 2002), et 6 victoires au Japon (1995, 1997, 2000, 2001, 2002, 2004)!Avec déjà 3 victoires sur le juge de paix au Suzuka (2009, 2010, 2012), Vettel peut espérer bâtir un empire au Japon.
- Les 13 victoires en une saison de Michael Schumacher: avec désormais 20 courses au calendrier, voire plus à l’avenir si la folie des grandeurs de Bernie Ecclestone ne cesse pas, Vettel aura pourquoi pas l’occasion de faire mieux que son glorieux compatriote, vainqueur 13 fois en 18 courses durant une saison 2004 où sa Ferrari F2004 fut implacable. Mais si le calendrier atteint 21 ou 22 courses à moyen terme et que Vettel dispose d’une arme absolue telle que fut la RB007 en 2011, alors pourquoi pas? Mais il faudra alors mesurer le pourcentage de victoires sur l’année pour disposer d’une comparaison pertinente avec l’étalon de 2004, Schumacher ayant fixé la barre à 72.22 %.
- Les 19 podiums consécutifs de Michael Schumacher: réussis entre Indianapolis 2001 et Suzuka 2002, ces 19 podiums montraient à quel point le Kaiser écrasait alors ses rivaux. Comme l’avait alors résumé le Colombien Juan Pablo Montoya, un mauvais week-end de Schumacher sa traduisait par une troisième place dans le cockpit de sa Ferrari! Entre Interlagos 2010 et Silverstone 2011, Vettel avait lui aligné 11 courses consécutives sur le podium, ce qui n’est pas la deuxième série de tous les temps, car Fernando Alonso était resté 15 courses de rangsur le podium entre Istanbul 2005 et Montréal 2006. Ce record est envisageable du fait de la fiabilité globalement croissante des monoplaces depuis les années 2000, mais à condition de disposer d’une voiture très performante.
- Les 36 maillots jaunes consécutifs de Michael Schumacher: entre Indianapolis 2000 et Suzuka 2002, soit 36 courses, l’Allemand est resté leader du championnat du monde. Il avait alors succédé à Mika Häkkinen, ne laissant les rênes du Mondial que début 2003 à l’Albert Park de Melbourne à David Coulthard, qui étrennait sa campagne par une victoire. Sebastian Vettel a lui réussi une série impressionnante de 20 maillots jaunes consécutifs entre Abu Dhabi 2010 et Interlagos 2011, menant donc toute la saison 2011, performance pas si rare que cela dans la F1 moderne (réussi par Senna en 1991, Mansell en 1992, M.Schumacher en 1994, 2001, 2002 et 2004, D.Hill en 1996, Häkkinen en 1998). Mais Fernando Alonso, avec 34 maillots jaunes d’affilée entre Sepang 2005 et Monza 2006, avait failli battre le record de Michael Schumacher. Ironie du destin, le Kaiser avait interrompu la série du champion espagnol, reprenant la tête du championnat 2006 à Shanghaï, pour la perdre au Grand Prix suivant, victime d’une casse moteur au Japon ...
- Les 9 victoires consécutives d’Alberto Ascari: record utopique tant la F1 moderne est compétitive, même si Vettel avait réussi à gagner 14 courses sur 20 possiblesentre Suzuka 2010 et Buddh 2011. L’Italien avait réussi cela à cheval sur les saisons 1952 et 1953. Depuis, personne ne s’est approché des 9 victoires, la meilleure série de l’ère moderne étant celle du Kaiser Schumacher en 2004, avec 7 succès de rang entre les Grands Prix d’Europe et de Hongrie. A Budapest, l’Allemand venait de boucler une série de 12 victoires sur 13 depuis le début du championnat du monde 2004, 14 sur 16 possiblesen compant la fin de saison 2003 (Monza, Indianapolis, Suzuka)!
- Les 91 victoires de Michael Schumacher: sans doute l’un des records les plus complexes pour Vettel, actuellement à 26 victoires, en embuscade derrière Stewart (27), Alonso (30) et Mansell (31). La perspective de battre Senna (41) puis Prost (51) reste envisageable pour le jeune Allemand, mais aller chercher l’Everest de son glorieux compatriote est une autre paire de manches ... Après 101 Grands Prix, Schumi n’avait que 27 victoires, soit une d’avance sur son cadet. Mais avec Ferrari, l’Allemand a ensuite remporté 64 victoires en 148 courses, soit un pourcentage de réussite absolument hallucinant de 43.24 % entre le Grand Prix d’Europe 1997 à Jerez et le Grand Prix du Brésil 2006, épilogue de sa première carrière achevée avec la Scuderia Ferrari. Il paraît difficile de penser que Vettel puisse ainsi cannibaliser la F1, même s’il a réussi en 2011 une année stratosphérique avec 11 victoires sur19 possibles.
Car le jeune Allemand devra repousser le plus longtemps possible le déclin pour pouvoir écrire son nom en lettres d’or sur ces prestigieux records de l’élite. D’autres gladiateurs de la vitesse comptent bien contrecarrer ses plans: Fernando Alonso bien entendu, Jenson Button et Kimi Räikkönen également, voire de jeunes espoirs à l’avenir tels que Sergio Perez ou Nico Hülkenberg, mais aussi Lewis Hamilton qui devra cependant manger son pain noir en 2013 avec Mercedes. La Scuderia Ferrari saura-t-elle offrir un bolide écarlate performant à Alonso pour 2013? C’est le grand point d’interrogation de l’hiver, mais il y afort à parier que faute de changement technique en 2013, avant le grand chambardement technique de 2014 (passage du V8 atmosphérique au V6 turbo, scénario inverse de 1989), la prochaineRed Bull sera encore la voiture à battre, sous l’égide d’Adrian Newey.
Passer du Capitole à la Roche Tarpéienne arrive cependant plus tôt que prévu car rater une voiture est toujours possible pour n’importe quelle écurie (Adrian Newey en personne avec McLaren en 2003 pour la MP4/18, Arlésienne fameusen’ayant jamais passé le crash-test FIA, Aldo Costa avec Ferrari en 2011 pour la F150th Italiaavec le biais en soufflerie), même si Sebastian Vettel possède un atout majeur: sa soif inépuisable de victoires, et aussi l’assurance de piloter pour des top teams pendant la prochaine décennie au vu de son incontestableétoffe de champion.
Que choisira Vettel pour 2014? Rester dans le cocon Red Bull, flanqué du virtuose Adrian Newey, gourou de l’aérodynamique qui fut un faiseur de rois chez Williams puis McLaren (Mansell 1992, Prost 1993, D.Hill 1996, J.Villeneuve 1997, Häkkinen 1998 et 1999)? Tenter l’ultime combat avec l’autre fauve existant chez les pilotes actuels, Fernando Alonso, en signant chez Ferrari? Une telle joute aurait de l’allure, mais clairement ce duel fratricide dans une affiche aux airs de Dream Team aurait des conséquences sur le palmarès de Vettel: a minima, des pertes de victoires substantielles au profit d’Alonso, voire pis si l’Espagnol prend le dessus et fait pâlir l’étoile de son jeune rival ...
Vettel a tous les atouts en main dès 2013 pour continuer sa trajectoire supersonique vers les records du Kaiser.
Adrian Newey chez Red Bull avec un règlement technique stable, Lewis Hamilton chez Mercedes, incertitudes chez McLaren avec le tandem Perez - Button, entente humaine chez Ferrari entre Pat Fry et Fernando Alonso ...
Espérons que Raikkonen, Button, Alonso et Hamilton disposeront en 2013 d’un matériel de qualité pour empêcher l’ogre allemand de conquérir trop facilement une 4e couronne mondiale.
J’ai vraiment peur que la saison prochaine sois encore pour Redbull, mais si c’est au terme du suspense comme cette année, ça m’ira plus ou moins.
Ce que je crains, c’est qu’ils repoussent les nouveaux moteurs et qu’on mange du Redbull sur encore 2 ans.
Salut diogene,
J’espère que le basculement vers les turbos sera bien pour 2014, cela redistribuera les cartes, et notamment pour Mercedes.
Lewis Hamilton pourrait à nouveau devenir un acteur majeur dans la lutte pour la couronne des pilotes.
Pour 2013, tout dépend de Ferrari car je crois beaucoup moins en Lotus et McLaren.
L’obstacle principal pour Sebastian Vettel devrait une fois de plus s’appeler Fernando Alonso, plus que Jenson Button ou Kimi Raikkonen.
Désolé je n’ai pas du tout évoqué les records, objet de l’article, principalement parce que ce n’est pas le genre de trucs qui fait mon plaisir en suivant une course et la saison.
Quand même, le record des 8 victoires sur la même course est intéressant, ça montre qu’ici il est intouchable. Le reste dépend de tellement de choses, le nombre de courses par saison, sa voiture, la concurrence, la jeunesse des pilotes maintenant. ( Alonso puis Hamilton, Vettel, l’age ne fait que reculer non ? )
Ça pousse à faire des comparaisons qui sont pas si simples que ça. Et j’aime bien voir des vieux noms dans les records, c’est l’Histoire du sport et c’est bien dommage si tout est battu trop souvent. Schumacher a déjà effacé beaucoup de monde.
Pour Magny-Cours, je ne suis pas certain qu’il y ait une corrélation entre le circuit et les 8 victoires du Kaiser.
Le tracé nivernais était un billard avec une adhérence formidable, une usure moindre des pneus.
Imola et Montréal sont connus pour martyriser les freins avantageant ainsi les pilotes comme l’Allemand sachant préserver leur matériel et économiser leur voiture tout en allant vite, Spa et Suzuka sont deux circuits de pilotage où la virtuosité d’un Schumacher pouvait s’exprimer à merveille.
N’oublions pas les 5 succès de Schumacher à Monaco, à une seule unité du record absolu de Senna (6 succès sans compter la deuxième place de 1984 et l’erreur stupide de 1988). Ayrton était vraiment le prince de Monaco même s’il fut chanceux en 1992 et 1993 sur le Rocher, bénéficiant de problèmes de Mansell en 1992, de malchances pour Prost et Schumacher en 1993.
Pour Alain Prost, les 6 succès en France s’expliquent par l’effet de motivation, qui lui permettait même de signer la pole position assez souvent, notamment en 1988 et 1989 au Castellet malgré un coéquipier plus qu’excellent en qualif, Ayrton Senna.
Pour les 6 victoires au Brésil, 5 ont été obtenues à Rio de Janeiro. Et Jacarepagua était connu pour user les pneumatiques, avec souvent une chaleur caniculaire martyrisant les gommes. Le Français, comme Button de nos jours, fut un pilote sachant économiser ses pneus mieux que quiconque, il le prouva aussi en 1990 à Mexico alors que Senna avait des pneus en charpie, agonisant avec sa McLaren à dix tours du terme.
Ainsi sa deuxième place de 1989 derrière Mansell fut un exploit, Prost n’ayant pu changer de pneus après le 14e tour où son embrayage fut endommagé.

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