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le 10/01/2013

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or


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Si l’Américain Lance Armstrong reste le plus grand tricheur de l’Histoire du cyclisme, d’autres maillots jaunes sont marqués du sceau de l’infâmie, celui de l’EPO. Entre 1991 et 2012, une véritable European Connection dédiée à ce produit miracle s’est mise en place.

1991. Deux ans avant le marché unique de 1993, l’Europe s’apprêteà ratifier le traité deMaastricht ... En 1985, plusieurs pays du Vieux Continent avaient signé les accords de Schengen, mettant fin aux frontières.

L’Europe du cyclisme, elle, bascule définitivement dans l’ère EPO, élixir de puissance qui circule dans les pelotons depuis 1985. L’Europe politique et monétairea son ECU, alias European Currency Unit, l’Europe cycliste aura son EPO, European Pharmacist Oil ...

Si Lance Armstrong nous jouera entre 1999 et 2005son propre remake de L.A. Confidential (1997) en sept chapitres, les Européens feront chacun leur version de French Connection, à grands coups d’effets spéciaux pharmaceutiques et de blockbusters.

Vingt ans après French Connection (1971), petit bijou oscarisé interprété avec virtuosité par Gene Hackman, une véritable European Connection va se mettre en place, tel un réseau d’alchimistes du dopage, héritiers de Joseph Cesari, l’homme qui raffinait une héroïne pure à 98 % pour le milieu corse.

Lecentre de gravité de la filièren’est plus à Marseille mais à Ferrare, en Emilie-Romagne, ville célèbre pour son marbre et bientôt pour ses apprentis sorciers, ses docteurs Mabuse. Deux médecins de l’université deFerrarevont en effet bouleverser le cyclisme en Europe, Francesco Conconi et Michele Ferrari. Le premier nommé a déjà fabriqué le record de l’heure de Moser en 1984, le second fera scandale en 1994avec une comparaison plus que mal venue entre l’EPO et le jus d’orange.

Ce serait dissimuler les effets pervers de ce poison initialement destiné à guérir les insuffisances rénales. En 1989, foudroyés par l’EPO, nombre de coureurs amateurs sont décidés aux Pays-Bas ... Les Pays-Bas? Un certain Steven Rooks a honoré l’Alpe d’Huez, alias montagne des Hollandais en 1988 par une victoire d’étape sur le Tour de France. Dauphin du maillot jaune Pedro Delgado, Rooks fut sans doute le premier vainqueur EPO de l’Alpe d’Huez, qui après le succès de son compatriote Theunisse en 1989, basculera dans une ère italienne dès 1990.

L’Italie, pays de Machiavel, l’Italie cyclisteva vivre une Renaissance pharmaceutiqueet porter l’artdu dopage sanguin au pinacle. La Botte va rayonner dans le monde si ténébreux du dopage à partir de 1991, autant que Florence et les Médicis avaient imposé leur férule à l’Europe entière cinq siècles plus tôt.

Mais si les apothicaires Conconi et Ferrari ont pignon sur rue, Felice Gimondi, dernier maillot jaune italien en 1965, ne trouvera successeur qu’en 1998 avec Marco Pantani. Si l’Italie est l’Eldorado de l’EPO, c’est en Espagne que le premier élu, le cobaye suprême, se trouve ...

Un autre renégat du serment d’Hippocrate, le marabout espagnol Sabino Padilla, vadonc oeuvrer pour Miguel Indurain, tirant les ficelles dans l’ombre du coureur espagnol, qui remporte son premier maillot jaune face à deux Italiens, Gianni Bugno et Claudio Chiappucci.

Ce sera donc la Spanish Connection qui dominera en premier,sonnant le glas des espoirsdes Transalpins. Espagne contre Italie, l’Europe a d’abord un parfum méditerranéen, de cetteMare Nostrumd’où jaillit la première French Connection, depuis la Corse et Marseille.

Entre les maillots jaunes des Américains Greg LeMond (1989, 1990) et Lance Armstrong (1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005), les Européens dictent de nouveauleur loi sur le Tour de France. Le partage du monde s’effectue en 1991non pas entre Espagnols et Portugais comme en 1494 au traité de Tordesillas à l’apogée de la colonisation, mais entre Italiens et Espagnols, chacun étant convaincus de trouver l’Eldorado les premiers. Successeur des conquistadores tels que Francisco Pizarro parti conquérir le Pérou, les figures de proue de la mission Banesto que sontSabino Padilla et Miguel Indurain sont les premiers à faire main basse sur le trésor tant convoité, non plus l’or des Incas, mais le vase de cèdre ... La Botte ne réagit que trop tard, en 1998, via le pirateMarco Pantani, parti à l’abordage vers les Deux Alpes dans un Tour où l’Espagne se saborde elle-même.

Et quand Lance Armstrong reprend, au nomdes Etats-Unis, le maillot jaune en 1999, le Texan convoite non plus l’Eldorado mais la Lune, qu’il ira chercher comme son homonyme Neil via Apollo 11, au bout de sept campagnes victorieuses, un septennat d’imposture au terme duquel le champion du monde 1993 se permet de faire du stretching à Courchevel en 2005, sorte de clin d’oeil sans doute à la partie de golf lunaire et décontractée d’Alan Shepard en 1972 avecApollo 17. Bref, Lance Armstrong était seul sur sa planète, intouchable dans son propre cosmos, même si Jan Ullrich crut pouvoir alunir en 2003, mais fut renvoyé brutalement à la case départ, asphyxié par Armstrong dans Luz Ardiden comme le furent les coéquipiers de Jim Lovell au cours de la mission Apollo 13. Ullrich ne put qu’apercevoir la Lune, mais ne put la conquérir.

Tout se passe avec le silence complice de l’UCI et de son nouveau président, Hein Verbruggen ... Tel Ponce Pilate, le Néerlandais va se laver les mains du spectacle qui se jouera en France chaque mois de juillet jusqu’en 2005, date du septième maillot jaune de Lance Armstrong, champion qu’il protégera, sortant de sa neutralité et de sa bienveillante tour d’ivoire.

Entre 1991 et 1998, Ponce Pilate se contente de laisser proliférer les Barabbas, ces voleurs qui s’approprient le Tour de France. Ils ont pour nom Miguel Indurain, Gianni Bugno, Bjarne Riis, Claudio Chiappucci, Zenon Jaskula, Piotr Ugrumov, Alex Zülle, Tony Rominger, Richard Virenque, Jan Ullrich, Marco Pantani ...

Les dés sont plus que pipés puisque le professeur Conconi est lui même ami avec le prince Alexandre de Mérode, membre du CIO depuis 1964, et président de sa commission médicale depuis 1967.

En 1993, Francesco Conconi réalise la quadrature du cercle au col du Stelvio. Lors d’une course contre-la-montre de 27 kilomètres sur le géant des Dolomites, plus haut col routier d’Italie, l’universitaire de 56 ans se classe dans les cinq premiers avec une insolente facilité. Tel un ovni, Conconi a dénaturé cette course amateur en pulvérisant des coureurs amateurs de vingt ans de moins que lui!

Ironie du destin, un certain Hein Verbruggen participait à cette course.

Les voleurs et autres Barabbas vont prendre une forme particulière, comme sortis sans limites d’une boîte de Pandore. Les colosses vont prendre le pouvoir sur le Tour de France, après avoir été victimes d’un terrible apartheid entre 1903 et 1990.

- Miguel Indurain (vainqueur du Tour de France en 1991, 1992, 1993, 1994, 1995), 1.88 mètre et 78 kg

- Alex Zülle (2e du Tour de France en 1995 et 1999), 1.86 mètre pour 72 kg

- Bjarne Riis (vainqueur du Tour de France en 1996, 3e en 1995, 5e en 1993), 1.84 mètre pour 71 kg en poids de forme

- Jan Ullrich (vainqueur du Tour de France en 1997, 2e en 1996, 1998, 2000, 2001, 2003, 3e puis déclasséen 2005,4e en 2004), 1.83 mètre pour 73 kg en poids de forme

- Bobby Julich (3e du Tour de France en 1998), 1.81 mètre pour 72 kg

- Ivan Basso (2e du Tour de France en 2005, 3e en 2004), 1.81 mètre, 70 kilos.

- Andreas Klöden (2e du Tour de France en 2004 et 2006, 6e en 2009), 1.83 mètre, 63 kilos

- Andy Schleck (vainqueur du Tour de France en 2010, 2e en 2009 et 2011), 1.83 mètre, 69 kilos.

- Frank Schleck (3e du Tour de France en 2011, 5e en 2008 et 2009, 10e en 2006), 1.86 mètre, 67 kilos.

- Bradley Wiggins (vainqueur du Tour de France en 2012, 4e en 2009), 1.90 mètre, 75 kilos

- Christopher Froome (2e du Tour de France en 2012), 1.86 mètre, 72 kilos

Seuls parmi les maillots jaunes récents, Marco Pantani (1.71 mètre pour 57 kg), Lance Armstrong (1.77 mètre pour 71 kg), Alberto Contador (1.76 mètre pour 62 kg), Carlos Sastre (1.70 mètre pour 60 kg) et Cadel Evans (1.74 mètre pour 64 kg) répondent aux critères morphologiques des vainqueurs du Tour avant EPO.

Comment Miguel Indurain et consorts ont-il fait pour traîner tous ces kilos si facilement au sommet des cols pyrénéens et alpestres? Malgré une purge pour chacun d’eux, ces coureurs ne furent pas des anorexiques lors de leurs années de gloire. Il suffisait de fondre de quelques kilos pour assembler le puzzle vainqueur.La vertu de la diète leur aurait donc offert l’accès au podium de la plus grande course du monde, selon les Jose Miguel Echavarri et autres Walter Godefroot, dans une propagande navranteque n’aurait pas renié l’Union Soviétique en personne.

Dans le passé, les maillots jaunes ne présentaient pas de telles caractéristiques physiques. Un seul grand nom du cyclisme le fut aussi par les centimètres, Eddy Merckx, mais le champion belge fut un phénomène, un des rares coureurs à pousser aussi loinles seuils de tolérance de la douleur par sa haine viscérale de la défaite, lui qui voulait tout gagner et parvint à détrôner Fausto Coppi de son titre de meilleur coureur du XXe siècle, titre subjectif dont le Cannibale ne fut jamais détrôné par la suite.

- Fausto Coppi (vainqueur du Tour de France en 1949 et 1952), 1.78 mètre pour 70 kg

- Charly Gaul (vainqueur du Tour de France en 1958, 3e en 1961), 1.73 mètre pour 64 kg

- Jacques Anquetil (vainqueur du Tour de France en, 1957, 1961, 1962, 1963, 1964, 3e en 1959) , 1.74 mètre pour 68 kg

- Eddy Merckx (vainqueur du Tour de France en 1969, 1970, 1971, 1972, 1974, 2e en 1975), 1.83 mètre pour 75 kg en poids de forme

- Joop Zoetemelk (vainqueur du Tour de France en 1980, 2e en 1970, 1971, 1976, 1978, 1979, 1982), 1.73 mètre pour 68 kg

- Bernard Hinault (vainqueur du Tour de France en 1978, 1979, 1981, 1982, 1985, 2e en 1984 et 1986), 1.75 mètre pour 69 kg

- Greg LeMond (vainqueur du Tour de France en 1986, 1989, 1990, 2e en 1985, 3e en 1984), 1.74 mètre pour 61 kg

- Stephen Roche (vainqueur du Tour de France en 1987, 3e en 1985), 1.75 mètre pour 74 kg

- Pedro Delgado (vainqueur du Tour de France en 1988, 2e en 1987, 3e en 1989), 1.71 mètre pour 64 kg

Autre phénomène, les coureurs garous, qui se transforment on ne sait trop comment en champions intouchables pour lecommun des mortels, sans doute à la pleine lune, convoitée par lesEuropéens Indurain, Riis, Ullrich, Pantaniet conquise par l’Américain Armstrong... Ainsi, laissant leurs camarades du gruppetto à leur quotidien de souffrances dans l’anonymat du peloton des vaincus, certains s’élèvent au plus haut des cimes.

L’EPO fut comme l’orichalque, une sorte d’arme fatale, créée par des alchimistes du dopage capables de changer le plomb en or, de transformer David en Goliath par la vertu de ce catalyseur nommé EPO...

Si l’EPO fut autant plébiscitée par l’European Connection à partir de 1991, c’est qu’elle donnait donc un avantage certain, notamment en terme de récupération: effet phénix en troisième semaine, comme si les muscles se regénéraient d’eux-mêmes, sensation de puissance sans limites, impression de dépense d’énergie quasiment nulle sur les deux premières heures des étapes de plat.

Mais pour autant, posséder l’EPO n’était pas un talisman capable d’offrir la victoire sur l’autel du dopage. Encore fallait-il utiliser à bon escient cette potion magique afin de pérenniser les exploits, ce que seuls deux coureurs ont fait, Miguel Indurain et Lance Armstrong, ou plutôt deux équipes, Banesto et US Postal, dont les encadrements médicaux avaient pour clés de voûte deux druides érudits sur l’EPO: Sabino Padilla et Michele Ferrari.

Avant 1991, le Tour de France avait déjà vu pléthore de coureurs trentenaires (ou presque) débarquer pour la première fois sur le podium, mais à la suite d’un processus linéaire de progression de carrière, exception faite de Steven Rooks en 1988. Tous, de Nencini à Agostinho en passant par Pettersson ou Fuente, étaient des coureurs ayant récolté les fruits de leur efforts, et non des imposteurs.

- le Suisse Ferdi Kübler, maillot jaune en 1950 à 31 ans, mais champion de renom et meilleur coureur helvétique de la décennie écoulée, avec 2 Tours de Suisse en 1942 et 1948, 3 Championnats de Suisse en 1948, 1949 et 1950, un Tour de Romandie en 1948.

- le Français Lucien Lazaridès, 3e du Tour de France en 1951 à 29 ans, mais vainqueur du Critérium du Dauphiné Libéré en 1949.

- le Suisse Fritz Schaer, 3e du Tour de France en 1954 à 28 ans, mais vainqueur de deux championnats de Zürich en 1949 et 1950, 6e du Tour en 1953 et 11e du Giro en 1950.

- le Français Gilbert Bauvin, 2e du Tour de France en 1956 à 29 ans, mais 7e de la Vuelta en 1956, et déjà 8e du Tour en 1951, 10e en 1954.

- l’Italien Gastone Nencini, maillot jaune en 1960 à 30 ans, mais avec comme références une victoire au Giro en 1957, une 6e place sur le Tour en 1957, une 5e place sur le Tour en 1958, une 3e place sur le Giro en 1955 (maillot rose perdu sur alliance Magni - Coppi), une 5e place sur le Giro en 1958, une 10e place en Giro en 1959.

- le Belge Joseph Planckaert, 2e du Tour de France en 1962 à 28 ans, auteur de sa meilleure saison en 1962 avec des victoires dans Paris-Nice, Liège-Bastogne-Liège ainsi qu’au championnat sur route, pour un coureur déjà 6e du Tour en 1958 à 24 ans, puis 5e du Tour en 1960 à 26 ans.

- le Belge Ferdinand Bracke, 3e du Tour de France en 1968 à 29 ans, mais ancien recordman de l’heure en 1967 à Rome (48.093 km), double vainqueur du trophée Baracchi en 1966 et 1967, lauréat du Grand Prix des Nations en 1962 à une époque où Jacques Anquetil cannibalisait cette épreuve.

- le Suédois Gosta Pettersson, 3e du Tour de France en 1970 à 30 ans derrière Merckx et Zoetemelk, pour sa première année comme coureur professionnel. Pettersson avait été médaillé de bronze de la course en ligne aux Jeux Olympiques en 1968 aux Mexico, triple champion du monde du contre-la-montre sur 100 km par équipes et 3e du championnat du monde amateur de Sallanches en 1964 (Eddy Merckx étant le vainqueur).

- l’Espagnol Jose Manuel Fuente, 3e du Tour de France en 1973 à 28 ans derrière Ocaña et Thévenet, mais vainqueur de la Vuelta en 1972 et 4e du Giro en 1972

- l’Espagnol Vicente Lopez Carril, 3e du Tour de France en 1974 à 32 ans derrière Merckx et Poulidor, mais avec de solides références sur les courses à étapes: 10e du Touren 1971, 9e du Tour en 1973, 12e du Giro en 1971, 4e du Giro 1972, 12e de la Vuelta en 1972.

- le Portugais Joaquim Agostinho, 3e du Tour de France en 1978 à 36 ans derrière Hinault et Zoetemelk, mais après déjà huit tops 10 sur les grandes courses par étapes lors de la décennie écoulée:8e du Tour en 1969, 5e du Tour en 1971, 8e du Tour en 1972, 8e du Tour en 1973, 6e du Touren 1973, 6e de la Vuelta en 1973, 2e de la Vuelta en 1974, 7e de la Vuelta en 1973.

- le Français Robert Alban, 3e du Tour de France en 1981à 29 ans derrière Hinault et Van Impe, mais 19e du Tour en 1979 et 11e du Tour en 1980

- le Néerlandais Steven Rooks, 2e du Tour de France en 1988 à 28 ans derrière Delgado, maillot jaune dopé:Rooks dauphincertes dopé à l’EPO mais avec comme "alibi" une 9e place en 1986.

- le Colombien Fabio Parra, 3e du Tour de France en 1988 à 29 ans derrière Delgado et Rooks, 8e du Tour en 1985, 6e du Tour en 1987.

A partir de 1991, va proliférer une race de coureurs garous, trentenaires sortis de nulle part arrivant sur le podium, grâce à l’EPO. Jamais ces champions n’avaient pu se mêler à la lutte avec les leaders, ils vont s’inviter à la table des rois, pour le festin tant attendu.

1990 marque donc le chant du cygne du cyclisme sans EPO ... Maillot jaune, Greg LeMond a failli être battu par Claudio Chiappucci, échappé au Futuroscope pendant que les favoris se regardaient en chiens de faïence au sein du peloton.
Le grimpeur toscan a rendu sa tunique au contre-la-montre du Lac de Vassivière.

2e du Tour de France en 1990 après avoir été 12e du Giro, Chiappucci n’avait jamais été à pareille fête. Le voilà qui éclot à 27 ans, d’un coup.

En 1989,il était pourtant modeste 81e du Tour de France après avoir terminé 46e du Giro (24e du Giro en 1988). 79 places gagnées en un an, El Diablo a sans nuldoute établile record du genre.

Feu de paille? Que nenni, Chiappucci remet le couvert en 1991, provoquant la chute de Greg LeMond. L’Américain passe du Capitole à la Roche Tarpéienne en 1991 dans le col du Tourmalet, l’Italien démarrant dans les derniers hectomètres. 3e en 1991, 2e en 1992, Chiappucci confirme son nouveau statut de champion. Le voilà au faîte de sa gloire, mais jamais il n’entrera en imperator, ceint de jaune ou de rose, dans Paris et Milan. Chiappucci sera toujours l’étoile double de Miguel Indurain, sorte de Pantagruel à l’appétit colossal et bien peu partageur.

Et que dire de Gianni Bugno, 7e du Tour de France 1990 après avoir écrasé, vassalisé le Giro?
Transformé par la musicothérapie, Bugno aurait-il hérité à travers les ultrasons de la virtuosité de Wolfgang Amadeus? L’épée de Damoclès avait failli tomber sur Bugno, dont la carrière était menacée par des problèmes d’oreille interne. Voilà désormais l’Italien prêt pour la quête du Graal, pour cette croisade française dont il espère être le plus glorieux chevalier noir.

Voltigeant dans les cols italiens des Dolomites, Bugno s’impose dans l’Alpe d’Huez en 1990, et récidivera en 1991, tel l’assassin revenant sur les lieux du crime. 11e du Tour de France en 1989 après avoir fini le Giro à une modeste 23e place, l’Italien n’était doncpas un parfait inconnu, mais lui aussi a décollé brutalement, violemment ... Car il ne faut pas oublier que fin 1988, son meilleur résultat sur le Tour de France était une anonyme 62e place en 1988, sa meilleure référence sur le Giro une modeste 41e place en 1986. Champion du monde en 1991 à Stuttgart et en 1992 à Benidorm, Bugno s’est donc abonné à l’irisé. Il n’aura jamais le maillot jaune, 2e en 1991 et 3e en 1992, mais dans une totale impuissance face à l’Espagnol Miguel Indurain. Le complexe mental se développe alors pour Gianni Bugno vis-à-vis du roi de France et de Navarre,et l’Italiensombrera corps et bien dans le col du Galibier en 1993 après l’accélération violente de Rominger et Indurain. Bugno tombe dans les oubliettes du Tour de France 1993,tout comme son compatriote Chiappucci.

D’autres vont faire encore plus fort que les deux condottieres italiens, condamnés à descendre brutalement du podium dès 1993 par le jeu des chaises musicales... Deux natifs d’Europe septentrionale, du Danemark plus précisément, dont l’un possède un passeport suisse.

Deux coureurs qui semblaient condamnés à errer dans l’ombre et les ténèbres du peloton, deux forçats de la route sortis du bagne, de leur île du Diable ... Deux hommes qui vont inverser le cours de leur destin, et laisser aux oubliettes leur vocation de gregario. Stakhanovistes ayant le culte de l’effort et se muant d’un coup en leader? Chrysalides muant en papillons aux ailes dorées? Ni l’un ni l’autre, mais les deux natifs du Danemark vont emprunter à la légende de Hans Christian Andersen, deux vilains petits canards qui se muent en cygnes ... Quitte à gravir l’Everest, pourquoi le faire en sherpa? C’est le raisonnement fait par nos deux alpinistes, qui vont conquérir les montagnes les unes après les autres ...

Ancien porteur d’eau de Bugno chez Château d’Ax en 1990, Tony Rominger en claque la porte dès 1991,et rejoint la formation espagnole Clas. 97e du Giro en 1986, 44e du Giro en 1988, 68e du Tour de France en 1988, 57e du Tour de France en 1990, le Zougois avait cependant réussi à se classer 16e de la Vuelta en 1990.

1991 est une année de jachère pour le Suisse dans les grandes courses par étapes que sont le Giro, le Tour et la Vuelta. Le voilà qui revient en 1992 nanti d’une puissance incommensurable, et il gagne la Vuelta. Rebelote en 1993 sur le Tour d’Espagne, avant de menacer le roi Miguel Indurain en personne pour le maillot jaune du Tour de France. 68e du Tour de France à 29 ans en 1990, Rominger devient 2e à 32 ans ... Comment expliquer une telle progression à un âge où seule l’expérience permet théoriquement de se maintenir au sommet?
Mais pour se maintenir au sommet, encore faut-il y être parvenu ... Or Rominger a été propulsé au sommet par une catapulte EPO ... Rominger profitera encore du sommet en 1994 et 1995, avec une Vuelta en 1994, le record de l’heure en 1994 avec un parfum de revanche envers Miguel Indurain, et le Giro en 1995. Le citoyen de Zoug peut remercier l’EPO, elle lui donnera une manne providentielle, à lui résident monégasque et nouveau Crésus du cyclisme, imposteur cachant ses gains dans un compte bien opaque aux bords du lac de Zoug.

Bjarne Riis fait mieux encore que Tony Rominger, même s’il ne gagnera pas le Giro ou la Vuelta. Ancien coéquipier de Laurent Fignon, soldat de l’ombre, le Danois termine 95e du Tour de France en 1989, plus loin encore en 1991, avec une anonyme 107e place sur le Tour de France, à plus de deux heures du maillot jaune Miguel Indurain. Le Danois a alors le même âge que l’Espagnol, 27 ans.
Il semble trop tard pour progresser et devenir ce que les Italiens appellent un fuoriclasse.
A l’impossible, nul n’est tenu et le Scandinave va réussir ce qui est pourtant utopique, devenir un champion à l’approche de la trentaine, là où la courbe de Gauss qui symbolise une carrière, cette cloche connue de tous, entame la descente synonyme de l’inexorable déclin liée à l’érosion du temps, à l’usure du pouvoir ...

En 1992, année de jachère pour Bjarne Riis mais le voilà qui revient en 1993, comme Tony Rominger, investi de la puissance divine. Riis a goûté au nectar et à l’ambroisie par le biais de l’EPO, via les druides de l’Olympe que sont Conconi et Ferrari.

Chez Ariostea, l’ancien gregario de Fignon se classe 5e du Tour de France 1993, un vrai bâton de maréchal. Sorte de Quasimodo condamné à sonner les cloches des autres, Riis sonne un double coup de bourdon: le début de sa propre acmé, et le glas des espoirs des coureurs "propres", comprenez non nourris à l’élixir de puissance de l’EPO.14e du Touren 1994 avec Gewiss (dans l’ombre de Berzin et Ugrumov), 3e en 1995 derrière Indurain et Zülle, Bjarne Riis devient unmaillot jaune à 32 ans,brandissant la foudre de Jupiter en 1996, écrasant la course à Sestrières, lieu symbole de victoires hégémoniques en 1952 pour Coppi et 1992 pour Chiappucci. Mais le clou du spectacle n’est pas dans le Piémont, mais à Lourdes Hautacam. Quelques hectomètres en surplomb de la grotte de la Vierge, le miracle de Riis s’accomplit, et l’aigle danois se transforme en Hercule de la bicyclette. Sur le grand plateau, ne connaissant plus de limites, Riis marche sur l’eau et fort de ce venin de l’hydre de Lerne appelé EPO, Hercule s’offre un exploit d’anthologie à Hautacam. Mais le mot "exploit" est un vocabulaire bien galvaudé dans ce qui prévaut alors dans le peloton, l’omerta complice qui arrange les acteurs de tous ces blockbusters... Si l’on peut se permettre, avec un tel festival à Lourdes, Bjarne Riis aurait pu cumuler l’Ours d’Or à Berlin, la Palme d’Or à Cannes, l’Oscar à Hollywood, le César à Paris, le Goya à Madridet le Lion d’Or à Venise. Sans doute n’avait-il pas entendu parler de ces compatriotes Von Trier et Vinterberg, fondateurs de Dogme 95, pour un cinéma pur, sans artifice et sans effets spéciaux? Mais quand bien même, aurait-il appliqué Dogme 95 au cyclisme? Bien entendu, la production (Ferrari) l’aurait remis sur le "droit chemin", celui du box office ...

Zenon Jaskula porte l’estocade au cyclisme européen en cette année 1993, synonyme du marché unique ... Swiss Connection, Danish Connection, Polish Connection puisque Jaskula s’invite également à la fête. Sans référence sur la Grande Boucle, le coureur polonais a déjà 31 ans quand il prend le départ du Tour de France 1993, avec plusieurs accessits sur le Giro: 20e en 1990, 9e en 1991, 17e en 1992, 10e en 1993. Du Lac de Madine à Isola 2000, de Serre Chevalier au Pla d’Adet, le Polonais est toujours placé dans le sillage de Miguel Indurain, maillot jaune inoxydable, et de son dauphin Tony Rominger.

Les montagnes russes d’adrénaline ne sont pas terminées pour tous ces coureurs EPOayant franchi le Rubicon, et elles vont prendre un accent letton en 1994. Quelques semaines après son ex-compatriote soviétique et coéquipier chez Gewiss, Evgueni Berzin (maillot rose finaldu Giro 1994), Piotr Ugrumov fait trembler la forteresse espagnole Miguel Indurain. Impérial à Bergerac, éblouissant à Lourdes-Hautacam, invulnérable dans le Mont Ventoux, le Navarrais a opposé un démenti cinglant à ses détracteurs, qui prédisaient sa défaite face à Tony Rominger et son déclin imminent après le naufrage du Giro (3e derrière Pantani et Berzin). De naufrage, il n’y aura point, et le peloton du Tour de France 1994, à l’exception d’Ugrumov, Pantani, Leblanc, et Virenque, sera un gigantesque Radeau de la Méduse, écrasé par l’omnipotence cycliste du champion espagnol. A 33 ans, Piotr Ugrumov n’avait pour seule référence qu’une 2e place sur le Giro en 1993, déjà derrière l’intouchable Miguel Indurain. 16e du Giro en 1989 à 28 ans, 35e de la Vuelta en 1989, 45e du Tour de France en 1990 à 29 ans, 8e de la Vuelta en 1991 à 30 ans, 8e du Giro en 1990 à 29 ans, 22e du Giro en 1991 à 30 ans, 18e de la Vuelta en 1990 à 29 ans,16e du Giro en 1992 à 31 ans, Ugrumov a donc explosé son palier en 1993 en étant le dauphin du maillot rose espagnol. Mais il est encore loin de son zénith de 1994. Jamais le Letton n’a été à pareille euphorie, bien étrange pour un coureur de 33 ans qui semblait condamné aux accessits, n’ayant rien d’un foudre de guerre. Latvian Connection.

Bugno, Chiappucci, Rominger, Riis, Jaskula, Ugrumov, tous dopés à l’EPO, mais pourtant tous impuissants face à la force surhumaine de Miguel Indurain, l’extraterrestre de Navarre, tour à tourmutant de Luxembourg, centaure du Lac de Madine, ogre de Bergerac. Comment l’Espagnol a-t-il fait pour tutoyer la perfection pendant cinq ans, alors que Bugno, Chiappucci et les autres ont été laminés? En 1995, le champion espagnol vit son apothéose avec un cinquième maillot jaune consécutif sur le Tour de France, auréolé de deux doublés Giro - Tour en 1992 et 1993. Indéboulonnable pendant cinq ans, courant tel un épicier dans les cols, aussi placide qu’un sphinxdans la montagneface à ses rivaux, l’Espagnol tuait dans l’oeuf toute veilléité de succès dès le premier contre-la-montre. Ce n’est qu’en 1996 que le déclin frappe à la porte du roi Miguel, victime de la malédiction du sixième Tour, carcomme Merckx et Hinault avant lui, l’Espagnol a commis le péché d’orgueil de vouloir battre ce record si convoité. Ce sixième succès restera utopique jusqu’en 2004 ... Mais Indurain venait de loin, lui qui fut 1er en 1991 après avoir été 17e en 1989 et 10e en 1990 sur le Tour de France. C’est la partie immergée de l’iceberg, car le passé de l’Espagnol ne plaide pas en sa faveur, 97e en 1987 à 23 ans et 47e en 1988 à 24 ans. En 1987, trois ans après leur première rencontre, Miguel Indurain et Francesco Conconi débutent un programme médical, le Navarrais devant officiellement réduire son poids de forme de 85 à 78 kilos ... Va-t-on nous faire croire qu’Echavarri et Indurain se sont déplacés en Emilie-Romagne auprès du professeur Conconi pour entendre seulement cela? C’est un secret de polichinelle que Conconi fut, en amont de Sabino Padilla, le médecin dopant du futur roi du Tour de France. Sans cela, le roi Miguel ne serait resté qu’un puissant rouleur, un coéquipier de l’ombre pour Pedro Delgado, et peut être aurait-il, comme le colosse italien Eros Poli au Mont Ventoux en 1994, eu son heure de gloire un jour dans la montagne, à la faveur d’un bon de sortie offert par le peloton ...

Jan Ullrich et Marco Pantani, eux, arrivent sur le podium dès leur première participation, à des âges précoces, ce qui leur laisse le bénéfice du doute vis-à-vis de leur potentiel intrinsèque. Virtuose de la montagne, Pantani est 3e du Tour de France 1994, chacune de ses envolées dans les cols sonnant comme un requiem pour la concurrence laminée. Quant à Jan Ullrich, les superlatifs pleuvent sur ce prodige à qui l’on promet une trajectoire en or après sa 2e place sur l’édition 1996 à seulement 22 ans, en tant que novice et coéquipier de luxe chez Telekomdu maillot jaune Bjarne Riis. L’ogre allemand s’offrira le trône vacant de Miguel Indurain dès thermidor 1997, à 23 ans, fort d’un millésime exceptionnel pour la première German Connection. Il s’agit de séparer le bon grain de l’ivraie, et si Ullrich comme Pantani ont goûté au fruit défendu en se dopant à l’EPO, rendons àCésar ce qui appartient à César: l’escaladeur virtuose de Cesenatico et l’ogre de Rostock n’étaient pas des imposteurs aussi grands que le furentRiis, Jaskula, Romingerou Chiappucci.

Les Texans Lance Armstrong et Bobby Julich vont eux diverger avec le passé de leurs compatriotes Greg LeMond et Andrew Hampsten, même si ce dernier avait cédé à la tentation de Mephistopheles en 1992, terminant 4e d’un Tour de France gangréné par l’EPO, symbolisé par le carnage du Luxembourg et l’épopée de Sestrières.

17e du Tour de France en 1997, Bobby Julich explose en 1998 à l’âge de 27 ans, tout en profitant de l’exclusion des Festina en Corrèze et de la mutinerie espagnole après Aix-les-Bains. Dans une Grande Boucle chaotique, privée d’Escartin, Zülle, Virenque et Dufaux, l’Américain de Corpus Christi se classe donc 3e derrière les deux patrons du cyclisme européen et même mondial, Marco Pantani et Jan Ullrich. C’est aux Deux-Alpes que Pantani scelle le destin de l’édition 1998, dressant la guillotine face à des rivaux impuissants, dressant ses fourches caudines sur ses victimes de ce jour d’apocalypse. Italian Connection.

En 1999, leTour est orphelin de l’Italien et de l’Allemand. Le champion du monde 1993, Lance Armstrong,tient la dragée haute aux grimpeurs à la surprise générale dans le col du Galibier, leur portant l’estocade dans Sestrières. Maillot jaune implacable, le Texan avait survolé le chrono de Metz. 4e de la Vuelta en 1998, l’ancien spécialiste des classiques n’avait jusque là qu’une anonyme 36e place en 1995 comme référence sur le Tour de France. Et il n’avait rien d’un grimpeur, nimême d’un rouleur d’élite, lui qui avait rendu plus de 6 minutes à Miguel Indurain au chrono du Lac de Madine en 1993, bien qu’ayant défendu ses chances à fond. Lance Armstrong, maillot jauneà 28 ans, justifie sa force nouvelle par une haine viscérale de ladéfaite, héritée d’une combativité de fauve acquise dans sa joute contre le cancer, et par des reconnaissances d’étapes en montagnes, dans le silence printanier des cols alpestres et pyrénéens, seul face à l’écho. American Connection.

En 2002, le Lituanien Raimondas Rumsas crève l’écran. Vainqueur du Tour de Lombardie en 2000, Rumsas a 30 ans lorsqu’il débute sur le Tour de France. Dans cette édition où Beloki comprend par une violente défense de Lance Armstrong que la victoire est utopique, Rumsas reprend à son compte le rôle de sangsue des cols jadis dévolu à Joop Zoetemelk. 3e dès sa première participation, Rumsas fait aussi bien que Greg LeMond en 1984, Marco Pantani en 1994ou encoreJoseba Beloki en 2000. Mais le Lituanien a 30 ans, là où LeMond en avait 23 avec un CV de champion du monde en titre, Pantani sortait d’une deuxième place au Giro dans l’insolence de ses 24 ans, et Beloki parvenait à maturité à 27 ans.

Certes, diront les mauvaises langues, Fausto Coppi avait terminé son premier Tour de France sur le podium à 30 ans. Mais l’ancien commis-charcutier de Novi Ligure avait perdu tant d’années par la faute de la deuxième guerre mondiale, et il arrivait en 1949 dans l’Hexagone nanti d’un prestige considérable. Par trois fois, sur le Giro, il avait vaincu l’exceptionnel grimpeur qu’était Gino Bartali, en 1940, 1947 et 1949,faisant la preuve de son talent inouï à 21 ans.

Tous les titans du cyclisme de l’avant EPO (1903-1990)ont éclot jeunes sur leTour de France: Bartali à 24 ans en 1938, Koblet à 26 ans en 1951, Anquetil à 23 ans en 1957, Gaul à 25 ans en 1958, Gimondi à 22 ans en 1965, Merckx à 24 ans en 1969, Hinault à 23 ans en 1978, Fignon à 23 ans en 1983, LeMond à 25 ans en 1986.Trois seules exceptions confirment la règle en dehors du cas si particulier de Fausto Coppi privé de son terrain d’expression par la guerre:Louison Bobet, maillot jaune à 28 ans seulement en 1953, Federico Bahamontes vainqueur à 31 ans aprèsavoir changé d’objectif suprême (le jaune plutôt que le Grand Prix de la Montagne, sur insistance de Fausto Coppi en personne)et Luis Ocaña, sacré à 28 ans en 1973 après avoir failli la décroché la timbale en 1971.

Idem sur le Giro: Bartali maillot rose à 22 ans en 1936, Coppi à 21 ans en 1940, Koblet à 25 ans en 1950, Gaul à 24 ans en 1956, Anquetil à 26 ans en 1960, Gimondià 25 ans en 1967, Merckx à 23 ans en 1968, Hinault à 25 ans en 1980.

Pendant la retraite d’Armstrong, alors que le pistolero madrilène Contador émerge en 2007 pour une nouvelle Spanish Connection, Levi Leipheimer défend l’honneur des Etats-Unis, orphelins de leur titan et encore sous le choc de la disqualification de Floyd Landis en 2006. 3e du Tour de France en 2007, Leipheimer a déjà 34 ans, lui qui s’est révélé sur la Vuelta en 2001 par une 3e place, à 28 ans.

Bien après les usurpateurs des années 90, Bradley Wiggins ravive le souvenir des trentenaires miraculeux, ceux qui atteignent au pinacle à l’âge où le déclin frappe naturellement à la porte. Roi de la piste avec deux médailles d’or olympiques en poursuite en 2004 à Athènes puis en 2008 à Pékin, l’Anglais voit la providence lui venir en aide sur la route: 123e du Giro en 2005, 123e encoredu Tour de France en 2006, 134e du Giro en 2008, 71e du Giro en 2009, Wiggo est marqué par le sceau de l’impuissance. Les montagnes ne sont que calvaire pour lui, Golgothas et autres collines de Sisyphe pour expier sa douleur dans l’anonymat du gruppetto. Mais Wiggins refuse ce destin de figurant des cols, lui qui n’a pas la grâce des princes de la montagne, ces Coppi, Koblet, Gaul, Bahamonteset autres Pantani qui voltigeaient en altitude, s’élévant vers le ciel avec les ailes d’Icare.

4e en 2009 à 29 ans sonnés derrière le trio Contador - Schleck - Armstrong, Wiggins devance des outsiders de premier choix tels que Frank Schleck et Andreas Klöden.L’ancien champion de poursuite termine 3e de la Vuelta en 2011, avant de cannibaliser le Tour de France 2012, dont il termine grand vainqueur à 32 ans. Un premier maillot jaune à 32 ans après une explosion à 29 ans, voilà qui rappelle étrangement le destin de Bjarne Riis.

Quant au jumeau maléfique de Wiggins, Christopher Froome, lui aussi vient de profondeurs abyssales. Le Kenyan Blanc, dauphin de Wiggins en 2012, fut 84e du Tour de France en 2008 puis 36e du Giro en 2009. 2e de la Vuelta en 2011 devant son futur maillot jaune de coéquipier, Froome termine 2e du Tour en 2012 puis 4e de la Vuelta. Tous les espoirs lui sont permis pour le maillot jaune en 2013, dans un duel très attendu contre Alberto Contador, sauf si Sky s’embourbe dans un mélo digne de Hinault et LeMond en 1986, après le faux adoubement de 1985 sous la bénédiction de Bernard Tapie et Paul Koechli... D’un coup d’un seul, l’Union Jack se hisse deux fois sur le podium du Tour de France, lui qui en avait été absent pendant plus de cent ans!

En attendant l’émergence de Froome au firmament du cyclisme mondial, Wiggins entend bien rester le capo, le padrone de la British Connection,fort de sa médaille d’or aux Jeux Olympiques et de ses ambitions de doublé Giro - Tour, exploit non réalisé depuis Pantani en 1998, que Lance Armstrong n’a jamais tenté et qu’Alberto Contador a raté en 2011. Tenant du titre sur le Tour de France, BradleyWiggins est doncle nouveau leader de l’European Connection, plus de quatre décennies après que Tom Simpson, tragiquement disparu en 1967 sur les pentes rocailleuses du Ventoux, clamait ostensiblement fumer de la marijuana, comme les Beatles.

Loin de la brume de Liverpool, c’est sous le soleil de plomb du Géant de Provence que Simpson rendit l’âme. Son exemple tragique n’a pas servi de leçon, et le cyclisme tombe de Charybde en Scylla depuis 1991, depuis que l’EPO a faussé toute compétition pour l’attribution du maillot jaune.

De Miguel Indurain à Bradley Wiggins, la boucle est bouclée dans une étonnante filiation, deux purs rouleurs, deux colosses de Rhodes, pardon, un colosse de Pampelune et un colosse de Gand, et aucune prédisposition pour la montagne ... Mais comme le dit le proverbe, si la montagne ne vient pas à Mahomet, alors Mahomet ira à la montagne ...Tous ces prophètes de l’EPO ont pris avec célérité leur bâton de pèlerin, le caducée de leurs médecins, convergeant vers les montagnes du Tour de France ...

Bref, tous ces imposteurs ont préféré à la courbe de Gauss et à sa cloche légendaireun autre phénomène mathématique, le Dirac, symbole de la discontinuité, telle la foudre de Jupiterqui s’abat sur les mortels...

par AxelBorg
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par AxelBorg

le 10 janvier 2013 à 11H00

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Il est flagrant de voir l’évolution du cyclisme par étapes avec cette European Connection.

Des colosses comme Indurain, Riis ou Wiggins qui traînent leurs maillots jaunes dans les cols pyrénéens et alpestres face aux poids plumes comme Marco Pantani.

Des trentenaires venus de nulle part comme Rominger, Ugrumov ou Riis qui explosent.

Bref, des phénomènes complètement atypiques par rapport à la typologie des vainqueurs du Tour avant que l’EPO ne change la donne à 100 % à partir de 1991.

Mais bon, certains ne rentrent pas dans le portrait robot colosse / trentenaire suspect et sont quand même plus que dopés, comme Marco Pantani, Lance Armstrong ou Alberto Contador pour ne citer que les 3 plus connus.

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par mrjack

le 10 janvier 2013 à 11H11

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

au final, tous complices !

http://www.lequipe.fr/Cyclisme...

bon c’est pas non plus une surprise !

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par AxelBorg

le 10 janvier 2013 à 11H25

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Oui Tour de Suisse 2001, Armstrong avait écrasé un CLM en côte devant Simoni et Hamilton, il était venu pour préparer l’étape de Chamrousse.

Pas surprenant vu que Verbruggen roulait pour L.A., le Texan avait donc un réseau qui l’aidait à passer entre les mailles du filet.

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par Fabien

le 11 janvier 2013 à 17H35

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Merci pour cet article.

Toutes ces mystifications laissent un goût amer. Le pire, c’est que celle de Wiggins est sans doute l’une des plus grossières.

Je suis intrigué par ton : 3 ans après sa première rencontre avec Conconi (1987), Indurain entame un programme de dope. Tu aurais des éléments là-dessus ? Qui nous dit que ce programme n’a pas commencé avant ?

En sais-tu plus ? Car Indurain 1989 est encore loin des meilleurs (17ème) mais plus un pilier du grupetto comme les années précédentes. Il finit 3ème du contre-la-montre en côte (2 cols, 1 descente) d’Orcières-Merlette, 6" devant Delgado, 14" devant LeMond, et 1’06 devant Fignon.

De même Bugno explosera vraiment en 1990 mais a aussi beaucoup progressé entre 1988 (48ème) et 1989 (11ème). En 1989, à Superbagnères, Bugno n’est lâché du groupe Fignon-LeMond que dans les 3 derniers km et arrive seulement 26" derrière LeMond. Il est vrai qu’il est loin des temps d’ascension des meilleurs dans les autres étapes de montagne.

Pour répondre, je pense qu’il serait intéressant de regarder s’ils grimacent ou non. En reregardant Val Louron 91, j’ai été frappé par l’absence d’expression de souffrance chez Indurain, Chiappucci et surtout Bugno, alors que derrière Fignon et Mottet grimacent, Leblanc et LeMond sont livides et Hampsten, qui prend 6’ n’a plus l’air si fringant que d’habitude. Même topo à l’Alpe où Indurain et Bugno n’ont aucune expression de souffrance tandis que juste derrière Leblanc, Bernard et Claveyrolat ont vraiment l’air d’aller au bout d’eux-mêmes. Ce n’est pas un point de vue subjectif de ma part. Il suffit de voir les vidéos pour s’en convaincre. Les coureurs-garous comme tu dis montent en apnée !

Autre question pour les tailles et poids : depuis quelques années, on a beaucoup de très grands MAIS maigres. Wiggins et les frères Schleck en sont un exemple. Contrairement à Indurain, Bugno, Ullrich et Riis qui étaient grands et lourds. As-tu une explication à ce phénomène autrefois inconnu ?

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par AxelBorg

le 11 janvier 2013 à 18H16

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Salut Fabien,

En 1984, Jose Miguel Echavarri est venu présenter Indurain (alors 20 ans) à Conconi, année où il préparait Moser pour le record de l’heure.

Le médecin italien fut bluffé par le jeune Espagnol, véritable diamant brut dont les capacités physiques étaient meilleures que Moser au même âge.

Pour Bugno, c’est à la fois la musicothérapie qui l’a réellement aidé même si ce n’est que 20 ou 30 % de l’explication pour l’Italien, et l’EPO bien entendu à 70 voire 80 %. Puis la confiance de Gianni Bugno est allée crescendo, le déclic ayant été son doublé italien de 1990, Milan - San Remo en mars puis Giro en juin. L’anonyme coureur italien est alors devenu un des chefs de meute du peloton international sur la période 1990-1993, au même titre qu’Indurain, Rominger et Chiappucci.

Bien vu pour les visages qui grimacent. Indurain était connu pour ne montrer aucune émotion. A l’époque, on pensait que c’était surtout tactique pour ne pas donner d’indication à ses rivaux. C’était surtout physiologique, ayant via l’EPO une capacité luxueuse d’oxygène dans ses poumons et dans ses jambes !! Pour 1991, le doute subsiste pour Luc Leblanc car le voir 5e du Tour à 25 ans derrière le trio EPO m’interpelle ... Mais Hampsten et LeMond étaient "EPO cleans" sans nul doute. Mottet sans doute dopé, Fignon doute également.

Pour Wiggins, Schleck et Froome, très grands et maigres, j’avoue que je n’ai pas vraiment d’explication.

Je sais que Jan Ullrich était un assidu des cliniques d’amaigrissement rapide, comme celles de Merano en Italie (fréquentée par des artistes ou des millardaires pour se remettre en forme). Didier Deschamps y avait envoyé Gignac au temps il était encore coach de l’OM.

Riis avait expliqué qu’il avait appris le postulat suivant chez Ariostea en 1992/1993 : 1 kg en moins c’est 1 minute en moins sur un col de 10 kilomètres de long. Impossible à vérifier car le delta de temps que Riis exhibe dépend clairement du poids de départ du coureur et surtout du pourcentage du col !

Pour Wiggo, la fratrie Schleck et Chris Froome, soit ils se font maigrir à l’anorexie (peu probable), soit ils utilisent des produits qui réduisent la masse corporelle et le taux de graisse sans affecter le muscle, soit ils font de la liposuccion.

Il y a certainement une explication médicale derrière ce phénomène de grands très maigres, car en effet le contraste est saisissant. Wiggins fait 2 cm de plus qu’Indurain mais 10 kg de moins !

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par Fabien

le 11 janvier 2013 à 19H58

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Axel,

Tiens, une fois n’est pas coutume, je ne suis pas du tout d’accord sur 2 points.

Selon moi, aucune chance que Leblanc ait été dopé à l’EPO en 1991. C’était juste un grimpeur exceptionnel, qui avait le talent et le gabarit pour. Qu’il ait pris ce qu’il fallait pour repousser son seuil de souffrance (corticoïdes, amphétamines), sans doute. Mais EPO, c’est impossible. Pas plus que Legeay, Guimard n’avait tout simplement pas ça en rayon. Cf témoignage de Riis, Fignon notamment.

Il n’y a qu’à voir ses étapes de montagne sur le Tour 91 : Jaca : à part Fondriest, échappée avec des coureurs plutôt "clean" (Richard, Hampsten, Mottet). Leblanc et Mottet prennent 6’55 au peloton car LeMond n’a plus d’équipier et personne ne veut l’aider à combler cet écart qui ne cesse de grandir. Val Louron : après s’être brillament accroché dans le Tourmalet, il s’écroule totalement au Lac de Payolle pour rallier l’arrivée à 12’36 d’Indurain et Chiappucci, en ce jour où le Tour bascule définitivement dans l’ère EPO. Fignon lui met 9’40 dans la vue. L’Alpe : Leblanc s’accroche comme un damné à Indurain-Bugno. Ne pas oublier qu’Indurain et Bugno ont un peu joué au chat et à la souris, ont plusieurs fois lâché Leblanc qui est courageusement revenu. Ne pas oublier non plus que Bernard ne finit qu’à 35", Claveyrolat et Delgado à 45" et Fignon à 1’12". Le pire c’est qu’en passant pour la 1ère fois sous les 40’, Indurain et Bugno auraient pu aller encore plus vite !!!! Evidemment aussi, Leblanc ne serait jamais monté aussi vite s’il n’avait pas eu ses deux locomotives.

Comme Virenque en 92, Leblanc sort juste la montée de sa vie mais ça ne suffit plus pour gagner dans ce nouveau cyclisme.

En 92, Leblanc devient champion de France et aborde le Tour dans une forme olympienne : il est alors à la pointe du cyclisme français, où l’EPO est quasiment absent (sauf Jalabert, De Las Cuevas et qq expatriés). Dans Marie-Blanque (étape 2), quand Bugno et Chiappucci mettent la gomme, il parvient, comme Mottet à s’accrocher. Il s’accrochera comme un fou pendant encore 2 semaines puis l’élastique cassera dans l’étape de Sestriere, comme LeMond. Leblanc, cette fois ne finira plus à 12’ mais à 30’. Le cyclisme est de plus en plus impitoyable.

Totalement out en 93, Leblanc décidera en 94 de faire comme ses camarades de chez Festina... Et là le palmares reviendra. Ce n’est donc qu’en 94 que Leblanc se chargera comme une mule à l’EPO.

Si l’EPO n’avait jamais débarqué dans les pelotons, Luc Leblanc aurait été un des cyclistes marquants des années 90. Qui sait, il aurait peut-être même gagné le Tour...

Mottet a été positif aux corticoïdes mais il avait la réputation d’un coureur bien plus clean que la moyenne. Ses résultats dans les longues courses à étapes parlent d’eux mêmes. Etincelant dans les premières semaines, défaillant ensuite. Le même schéma s’est reproduit sur le Tour en 85, 86, 87, 88, 89, 90, 91 et 92 ! Coureur complet et surtout très bon tacticien, Mottet était vraiment l’un des meilleurs de sa génération. Il a un beau palmarès (2ème des championnats du monde en 86, plusieurs Dauphinés et GP des Nations). Comme Hampsten, il aurait mérité de gagner le Giro, qu’il finit à la 2ème place derrière Bugno en 90. Et peut-être aussi le Tour de France, 4ème derrière le 1er podium EPO en 91, c’est tout de même pas mal ! Par ses offensives surprises et audacieuses, il a plus d’une fois failli conquérir le Graal du Tour de France => Stuttgart 87, Superbagnères 89, Saint-Gervais 90, Val Louron 91. Avec 6’55 de pris sur LeMond à Jaca en 91, je pense que Mottet avait toutes ses chances pour emporter le morceau face à LeMond et Leblanc, qui étaient ses deux rivaux. Mais c’était sans compter sur Bugno, Indurain et Chiappucci, qui ont faussé la course dès le lendemain...

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par Fabien

le 11 janvier 2013 à 20H10

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Ah, ça serait donc en 1984 cette première rencontre Conconi-Indurain. Moi j’avais lu en 1987 mais je ne sais plus où.

Comme Rooks et Theunisse ont avoué avoir pris de l’EPO avec un certain succès à partir de 89 (mais en fait 88), ça serait intéressant de savoir si dès 89, Indurain et Bugno avaient déjà significativement recouru à ce moyen, vu leur progression importante.

Sinon, quand on voit Conconi sur les pentes du Stelvio, commme dit si bien Ditch, on se dit que n’importe qui peut y arriver avec l’EPO ! D’ailleurs, tout ton article montre la succession des impostures les plus grotesques.

@Moctezuma, j’ai entendu parler de l’Aicar : part décisive dans les performances des coureurs qui y ont recours ?

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par AxelBorg

le 11 janvier 2013 à 21H06

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

@Fabien,

Indurain a commencé au moins à partir de 1989 pour l’EPO, on le voit à travers ses victoires dans Paris-Nice, notamment en 1990 où il explose les ténors du peloton dans la difficile montée du Mont Faron !

On le voit aussi dans les CLMs du col d’Eze, 2e derrière Stephen Roche en 1989, 4e en 1990 derrière le trio Bernard - Leblanc - Roche.

Mais dans le Tour, tout était biaisé car Indurain était encore le coéquipier et joker de luxe de Perico Delgado.

Pour Bugno, je pense encore une fois qu’il y a vraiment une question de confiance à prendre en compte en marge de l’EPO. Le gars était touché à l’oreille interne, la musicothérapie le remet sur pied alors qu’on lui a dit que sa carrière était finie. Il comprend aussi que rester sagement dans le peloton ne sert à rien, et le voilà qui attaque ...

L’Italien avait aussi progressé via la diététique, avec un régime spécial à base de pâtes.

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par AxelBorg

le 11 janvier 2013 à 21H19

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Pour Leblanc, il avait du talent intrinsèque c’est indéniable. Je reconnais que le doute subsiste en sa faveur pour 5e place de 1991.

Mais comment le croire, il avait dit qu’il avait fait 4e à l’eau claire en 1994 alors qu’on sait bien qu’il s’était dopé à l’EPO cette année là avec Festina ?

Pour l’Alpe d’Huez 1991, au vu des écarts avec Bernard et Fignon, oui possible que l’effet "locomotive" que tu mentionnes, avec Indurain et Bugno en points de mire, aient aidé Leblanc à se sublimer.

Pour Mottet, oui en effet il s’effondrait souvent en fin de Tour. Pour Charly Mottet comme pour Leblanc, je ne dis pas qu’ils étaient dopés à l’EPO en 1991.

Je dis juste que le doute subsiste, tout est possible. J’avais d’ailleurs fait de Luc Leblanc mon maillot jaune virtuel du Tour 1991 dans le premier article de cette série "Tapis vert espéré à Lausanne", même si j’avais déclassé Charly Mottet.

http://www.sportvox.fr/article...

En supposant que les deux Français étaient cleans, on aurait eu un quatuor pour la victoire en 1991 sans l’effet EPO pour Indurain, Bugno et Chiappucci : Mottet, Leblanc, LeMond et Hampsten.

Pour Indurain enfin, la première rencontre avec Conconi date bien de 1987, j’ai vérifié. Christian Laborde en parle dans son livre "le roi Miguel" en renommant Conconi le professeur Otto Von Pomponi.

Mais bon cela ne berne personne puisque Von Pomponi connaît Moser sur le bout des doigts et habite Ferrare !

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par moctezuma

le 12 janvier 2013 à 10H20

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

A Fabien, pour l’AICAR, je doute que ce soit aussi puissant que l’EPO, enfin quand même bizarre de voir des types avec la peau des mollets comme du papier à cigarettes. En 2009 j’ai assisté au prologue du tour et ça m’avait marqué. Qui sait, peut-être que tonton Lance nous en dira plus le 17 ?

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par moctezuma

le 11 janvier 2013 à 18H57

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Merci pour l’article. Le montage photo vaut son pesant de cacahuètes.

On est un peu dans la même chose en tennis aujourd’hui, avec les Européens qui dominent tout depuis 10 ans et Murray et Wiggo qui arrivent au top en même temps. Sans doute grâce au dopage également.

C’est vrai que finalement Contador a un gabarit moins louche que tous les autres de ces dernières années. Entre Wiggo, Froome, les Schleck, ils mesurent tous au moins 1m85. Sinon, pour le poids, ils parlaient de l’Aicar comme super formule qui rendrait les coureurs secs sans qu’ils perdent trop de muscle.

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par AxelBorg

le 11 janvier 2013 à 20H59

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Salut Moctezuma,

Plus globalement que Murray en tennis et Wiggins en cyclisme, le sport briannique a fait une razzia aux Jeux Olympiques de Londres 2012. Je veux bien qu’il y ait un effet surmotivation mais bon quand on voit par exemple les pistards (à l’exception du phénoménal Chris Hoy), on se dit que l’Espagne a peut être trouvé son maître en Europe parmi les moutons noirs du dopage

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par AxelBorg

le 11 janvier 2013 à 21H01

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Salut Moctezuma,

Plus globalement que Murray en tennis ou Bradley Wiggins en cyclisme, c’est l’ensemble des sportifs qui a progressé pour la Perfide Albion.

On l’a bien vu avec la razzia britannique aux Jeux Olympiques de Londres en 2012, en particulier avec le cyclisme sur piste (exception faite du phénomène Chris Hoy, inclassable).

Bref l’Espagne n’est sans doute plus seule en Europe parmi les contrées "moutons noirs du dopage".

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par Ditch

le 11 janvier 2013 à 23H39

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Salut Axel, Fabien et les autres.

Merci pour ce nouvel article édifiant avec lequel je ne peux qu’être d’accord, comme d’hab’.

Je rejoins Fabien concernant Leblanc en 91’, l’EPO n’était pas dispo dans les équipes françaises. Le limousin était un grimpeur remarquable (un de mes préférés) et c’est cela, ajouté au kilométrage faible de l’étape et au bénéfice des 2 locomotives citées (+ encore le fait que les préparations EPO ne sont pas encore aussi performantes que 2-3 ans plus tard) qui a permis à Leblanc de s’accrocher tant bien que mal à Indurain et Bugno.

Pour Mottet, je dresse perso le même constat. Ajouté au fait que Willy Voet, dans son livre confession de 99, en parle comme un type exemplaire, dégouté par toute forme de dopage. Il a sans doute néanmoins pris des trucs mais pas de l’EPO. Comme argument pour dire qu’il était clean (ou presque, un peu à la Hamsten), ses problèmes de récupération durant les courses de 3 semaines sont édifiants : coureur doué qui brille en première et deuxième semaine (tant que l’EPO ne balaie pas encore tout sur son passage) puis s’écroule en 3ème semaine en raison de l’absence de substances exogènes illicites.

Franchement, Mottet et Leblanc auraient eu leur chance en 91, si l’EPO était arrivé un peu après...

Pour Indurain, je ne connais pas la date exacte (j’en parle dans mon article sur le tour ’91) mais il paraît évident que Conconi et Padilla ont déniché très tôt un type aux paramètres physiologiques très élevés et qu’ils ont rapidement décidé de s’en occuper sur le long terme pour en tirer le max de performances...

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par Fabien

le 12 janvier 2013 à 11H33

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Salut les gars,

Axel, finalement je vois qu’on remonte petit à petit de plus en plus loin pour constater l’influence de l’EPO sur la course. Au début, on parlait de 1991, où ça crève les yeux (contre la montre Ariostea, affaire PDM, Val Louron puis L’Alpe d’Huez). Ensuite, c’était 90. Et maintenant 89. Quand on sait que FSud nous a parlé de 85, on risque bien d’avoir encore quelques surprises.

Malheureusement, je n’ai pas vu Mont Faron 1989. Tu aurais une vidéo ? En tout cas, Roche a dû être médusé de se faire battre par Indurain. Tout comme Giovanetti et Bugno ont surpris tout le monde à la Vuelta et au Giro 90. Pour 1990, personnellement, je ne me pose même plus la question, tant Miguel n’est déjà plus le même homme. Dans Chaubouret, il bouche quand même à lui tout seul un trou de 1’30 en 10 km. Pour un type qui ramassait des valises 2 ans auparavant, c’est quand même étonnant. Rebelotte le lendemain au Causse Noir, où il devance avec Bugno, LeMond et Delgado. Apothéose à Luz Ardiden. Sans parler du contre-la-montre en côte de Villard de Lans, 3ème à 43" de Breukink (également dopé à l’EPO), encore 13" devant LeMond. Petite question perfide : combien fait-il sur le même parcours 2 ans plus tôt ?

Otto Von Pomponi, c’est digne des déguisements du satané colonel Olrik !!! Peut-être que Gérard Holtz écrira qu’Armstrong est allé voir Michael Mac Laren...

Pour Leblanc et Mottet, on est finalement d’accord. Impossible pour l’EPO mais pas pour le reste. Leblanc a été malhonnête sur ses demi-aveux. On ne peut pas prendre pour argent comptant tout ce qu’il dit. LeMond et Fignon n’ont certainement rien dit au départ (93-94) car ils n’étaient pas eux-mêmes très clairs. Quand ils ont compris l’ampleur de l’injustice, que leur dopage à la petite semaine ne pesait rien face au dopage sanguin, on a commencé à les entendre... Alors que Delion et Bassons ont dénoncé leur phénomène dès leur carrière.

Reste que le Tour 91 s’annonçait très beau et très disputé dans la grande tradition des Tours des années 80. Je pense quand même que LeMond aurait gagné car il n’aurait pas été mis en difficulté dans le Tourmalet et n’aurait pas dévoilé ses faiblesses. LeMond était très fort pour s’accrocher et repousser le moment où il craquerait totalement. On en a un bel exemple dans l’Izoard en 89, où franchement, il n’en aurait vraiment pas fallu beaucoup pour que Delgado fasse craquer LeMond. On voit tous les signes avant-coureurs de ses défaillances si caractéristiques mais il parvient à rester dans la roue. Avec l’EPO, les efforts à faire étaient trop longs et trop violents. Mais sans l’EPO de Chiapucci-Bugno-Indurain, je ne pense pas que Mottet, Leblanc ou Hampsten aurait réussi à faire sombrer totalement LeMond. N’oublions pas que c’est bien LeMond qui déclenche les hostilités dans le Tourmalet et qu’au début, un seul coureur parvient à le suivre : Claudio Chiapucci. Sur une vidéo amateur vue sur le net à mi-pente du Tourmalet, Indurain est à 12", Mottet à 16", Bugno-Hampsten-Leblanc-Rué à 25", Boyer, Herrera, Fignon un peu plus loin. Ce qui va complètement bousiller LeMond, c’est que Chiappucci va embrayer et LeMond ne pourra pas temporiser et monter à sa main comme il aurait voulu le faire. LeMond n’a d’autre choix que de s’accrocher. C’est ça qui le perdra. Sans EPO dans le cyclisme, il aurait eu personne dans la roue et aurait pu nous faire un remake de Luz Ardiden 90. S’il avait faibli, il aurait été rejoint par Mottet, Leblanc, Hampsten et Rué. Groupe qui se serait étoffé au fur et à mesure de l’ascension avec des retours par l’arrière de Boyer, de Fignon, etc. Autre course... Voici la vidéo en question : http://www.youtube.com/watch?v...

Qu’en pensez-vous ? ? ? ?

Pour l’AICAR, faire 5 ou 6 kg de moins pour la même puissance, c’est non-négligeable en effet. Il serait important de voir toutes ces personnes lorsqu’elles étaient chez les jeunes (morphologie).

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par AxelBorg

le 13 janvier 2013 à 10H44

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

@Ditch,

Oui en 1987 Conconi a testé Indurain physiologiquement et non seulement il battait Moser, mais même des titans comme Eddy Merckx ou Bernard Hinault.

Avec 8 litres de capacité pulmonaire (contre 6.8 pour Ullrich par la suite), l’Espagnol était un diamant brut à polir.

Mais Greg LeMond avait quand même une VO2 max supérieure au Navarrais.

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par AxelBorg

le 13 janvier 2013 à 10H53

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

@Fabien,

mdr pour Michele McLaren. Pour l’EPO, c’est relativement clair pour moi. 1991 est l’année zéro de l’EPO car on a le premier maillot jaune EPO avec Indurain, et même le premier podium 100 % EPO si on rajoute le duo italien Bugno - Chiappucci derrière l’ogre espagnol.

Le produit apparait dès 1985 dans les pelotons mais se démocratise à partir de 1988 avec Steven Rooks, puis Theunisse en 1989, sans doute Delgado, Chiappucci et Breukink en 1990.

Il faut attendre 1991 et Miguel Indurain pour voir un maillot jaune EPO car il a fallu quelques saisons pour apprivoiser cette arme absolue.

Comprendre quand se doper, quel dosage utiliser, quelle fréquence de piqûtres, comment gérer la récupération ...

Stephen Swart l’explique dans L.A. Confidential, en 1995 Motorola avait raté certaines courses car ils ne maîtrisaient pas l’EPO, il faut se doper quelques jours avant l’étape ciblée car pendant les 2-3 premiers jours, l’EPO pompe beaucoup d’énergie.

Et c’est sans doute ce que PDM et ses apprentis sorciers ont appris à ses dépens de 1991, causant le naufrage de Bruekink, Alcala et autres Kelly entre Rennes et Quimper.

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par AxelBorg

le 13 janvier 2013 à 10H57

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Possible que pour Val Louron 91, sans EPO, primo Indurain, Bugno et Chiappucci ne puissent même pas suivre le groupe LeMond - Leblanc - Mottet - Hampsten dans le col du Tourmalet.

Et possible aussi que LeMond en profite pour tuer le Tour, car n’oublions pas qu’il était maillot jaune après le CLM d’Alençon, cédé à Luc Leblanc après sa fugue vers Jaca.

Mais pour LeMond, le maillot jaune aurait été encore possible seulement en 1991 je pense sans EPO autour de lui.

En 1992, quand on voit qu’il prend 50 minutes dans Sestrières puis abandon à bout de forces le lendemain vers l’Alpe d’Huez, à mon avis la myopathie a déjà fait ses premiers effets sur le kid de Sacramento.

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par Fabien

le 13 janvier 2013 à 11H51

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Bonjour Axel,

Très intéressant le témoignage de Stephen Swart. Ainsi pourrait-on trouver un début d’explication à certaines défaillances providentielles pour LeMond en 90.

Exemple Alcala qui met 1’30 à tout le monde dans un contre la montre (totalement incongru) puis qui est planté dans L’Alpe alors que la montagne était quand même sa spécialité. Breukink qui est très bien parti pour remporter le Tour et qui s’écroule subitement dans le Tourmalet.

Pour le calendrier, j’ai quelques nuances :

Theunisse 89, non, si EPO il y a c’est vraiment 88 chez Theunisse comme chez Rooks. Là, je suis sûr de mon coup. Le différentiel de performance est tel entre 87 et 88 chez Theunisse que ça sonne comme un aveu. Le 48ème du Tour de France devient soudainement 4ème, avant d’écoper en fin de Tour d’une pénalité de 10’ pour contrôle positif aux stéroïdes anabolisants. A L’Alpe, il n’est battu par Rooks que parce que Rooks et Delgado ont abordé la montée avec 1’30 d’avance sur lui. Sur le reste du Tour, Theunisse est vraiment le 2ème coureur en montagne derrière Delgado sur toutes les étapes de montagne. Delgado ne le bat, outre par son dopage aux stéroïdes, que grâce à sa fabuleuse capacité d’accélération dans les 2 derniers km des montées. Scenario qui s’est reproduit à Guzet-Neige, à Luz Ardiden et au Puy de Dôme. Dans la très longue et difficile étape de l’Alpe, où Delgado attaque dans le dernier km de l’avant dernière montée, Delgado faiblit gravement dans l’Alpe, où il sera nettement dominé par Theunisse et Rooks. J’y vois la marque de l’EPO naissante, peu importante sur un "sprint" de 2 ou 3 km mais décisive dans les efforts longs et difficiles. Il s’est passé la même chose dans le Tourmalet, où Herrera et Delgado ont réussi à mettre tout le monde dans le vent sur 3 km avec leur fabuleuse pointe, mais où Rooks et Theunisse ont fini par revenir. Comme dira d’eux Fignon en 89, heureusement, "ces mecs courent comme des cons". En effet, ils auraient peut-être pu mettre en difficulté Delgado en l’attaquant de très loin à des rythmes effrénés. Chose qu’ils n’ont jamais tenté cette année là.

Delgado, EPO en 90, je n’y crois pas, à la différence d’Indurain. Pas de rupture avec son niveau des années précédentes. Fort en contre-la-montre (stéroïdes) mais dominé en montagne. En 91, pour une EPO mal maîtrisée, c’est possible. En 92, alors que ses équipiers Indurain et De Las Cuevas éclaboussent la course de leur EPO, c’est certain. D’autant que l’ami Delgado renoue alors avec la victoire aux Lacs de Covadonga et à Saint-Gervais, en dominant 2 coureurs qui reviennent de nulle part (mais qui sont aussi clients du Dottore Ferrari) : Tony Rominger et Stephen Roche. En plus, comme Theunisse en 91, il fond littéralement cette année-là pour retrouver sa carrure des années 83-85. Comme s’il avait compris que ça servait à rien de se charger aux stéroïdes, que l’EPO ça marchait mieux. En conclusion, si doute il y a, c’est vraiment pour 91, pas pour 90.

L’encadrement PDM n’en était pas à son coup d’essai en 1991. 1 an avant, ils avaient métamorphosé de très gros gabarit en grimpeurs (Ampler), transformé des poids plumes en rouleurs (Alcala) et même fabriqué ex nihilo un champion du monde (Dhaenens). 18 mois avant, ils avaient déjà tué Draijers et 3 ans avant Theunisse et Rooks étaient devenus les rois de la montagne. Sans parler de la renaissance suspecte de Sean Kelly en 1989. PDM n’étaient pas des débutants, ils étaient juste moins talentueux que Conconi et Ferrari, à mon avis.

Voilà pour mon calendrier !

Qu’en pensez-vous ?

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par Fabien

le 13 janvier 2013 à 12H33

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Oui, moi aussi j’aurais mis LeMond pour 1991. D’autant qu’il était meilleur rouleur que jamais : 3ème du clm de Mâcon à seulement 1 minute d’Indurain en fin de Tour. Chapeau l’artiste !

Au pire, il aurait pu compenser une éventuelle défaillance en montagne grâce aux contre-la-montre. Je mets Mottet 2ème et Leblanc 3ème. Hampsten, je ne le vois pas sur le podium mais plutôt 4 ou 5.

Pour 92, LeMond a encore fait un très grand contre la montre si on enlève Indurain, Bugno et De Las Cuevas. De plus, il était aussi très malin (cf. Bruxelles) et capable de piéger tout le monde. LeMond à armes égales n’était jamais vraiment vaincu. Jusqu’au bout, il pouvait changer la donne. C’était un authentique battant. Qui aurait gagné en 92 ? Avec les progrès de l’EPO, il ne m’est déjà plus possible de répondre !

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par Ditch

le 13 janvier 2013 à 15H55

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Salut Axel, franchement je ne pense pas que l’EPO ait déjà été présente dans les pelotons en 85. C’est l’année où le gène est découvert et clôné, mais ensuite il faut encore produire la molécule en quantité et sous une forme galénique administrable chez l’homme. 86 peut-être, 87 sans doute.

Je pense comme toi et Fabien que Lemond aurait gagné le tour 91, il était très fort en CLM cette année-là et il ne se serait pas grillé dans la montagne en voulant suivre la nouvelle génération, en tout cas pas à ce point-là.

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par AxelBorg

le 14 janvier 2013 à 08H02

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

@Fabien,

Pour 1990, comme si Indurain prend de l’EPO et Delgado non, alors cela veut dire que l’EPO ne vient pas de Banesto mais de Conconi pour le Navarrais.

Si l’on prend l’hypothèse que Delgado ne commence l’EPO qu’en 1991 voire 1992, Padilla ne s’y met qu’en 1991 aussi ou alors il a commencé dès 1990 mais s’y prend comme un manche comparé à Conconi qui a préparé Indurain de son côté ...

Sinon pour LeMond oui en 1992 il est encore 4e au CLM du Luxembourg, soit en fait 1er des non EPO (Indurain, De Las Cuevas, Bugno) ce qui est absolument prodigieux.

Et encore capable d’échappées opportunistes à Bruxelles en 1992 avec Chiappucci et Jalabert, comme celle de Lyon un an plus tôt avec Breukink et Abdoujaparov..

Pour Lyon en 1991, c’était un clin d’oeil à la citation "loto" de Chiappucci et donc un écho à l’échappée du Futuroscope en 1990, car les deux fois il s’agissait de la mini étape matinale précédant le CLM par équipes.

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par Fabien

le 15 janvier 2013 à 19H48

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Pour Delgado, je penche plutôt sur l’hypothèse "Conconi prépare Indurain en solo jusqu’en 1990" mais en fait, je n’en sais rien.

Cependant, je ne vois pas de rupture en bien dans les performances de Delgado en 1990. En 1991, par contre, il rétrograde à un niveau qui n’est pas le sien (15ème du Giro, 9ème du Tour). Sauf cas d’EPO mal maîtrisée/pas efficace, je ne le vois vraiment dopé qu’en 1992, au moment où toute l’équipe Banesto accèderait à la potion.

C’est le plus probable pour moi, même si je n’ai pas beaucoup d’éléments.

Sinon, j’ai mon pronostic de vainqueur du Tour 92, si le dopage sanguin n’avait jamais débarqué dans le vélo : c’est Pascal Lino. Je vois difficilement comment il aurait pu être battu cette année là : très grand rouleur, grimpeur potable... mais surtout encore en jaune à la veille de l’étape de Sestriere.

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par AxelBorg

le 16 janvier 2013 à 07H49

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

En 1991, Perico avait déjà 31 ans. 15e du Giro, pas vraiment d’explication mais peut être se réservait-il un peu pour le Tour.

Et sur le Tour, eh bien clairement le leader de l’équipe était Indurain, et le duo Echavarri / Unzue a pris sa décision à Jaca : le nouveau maître de Banesto aurait pour prénom Miguel et non Pedro.

Pascal Lino en 1992 ? Est-on sur qu’il est 100 % propre ? Il n’a plus jamais rien montré sur le Tour par la suite. Je sais que les équipes françaises ont utilisé l’EPO à partir de 1994 mais je m’interroge.

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par Fabien

le 16 janvier 2013 à 10H38

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Tu veux parler de Miguel Delgado ? ? ? ? (LOL)

Delgado a 31 ans en 1991 est largué et en 1992,à 32 ans, il est à nouveau 3ème de la Vuelta et 6ème du Tour en gagnant des étapes de montagne. Son dopage à l’EPO en 1992 est à 90% probable. Avant, ça se discute et personnellement, je n’y crois pas.

Oui Banesto avait été échaudé avec leur erreur de 90. Franchement, dans le Glandon, Indurain était en tête avec Claveyrolat, ils avaient plus de 3’ d’avance sur le peloton, avant que Miguel ne décroche (volontairement à mon avis) puis porte Delgado jusqu’au pied de l’Alpe. Si Indurain était resté avec Claveyrolat (s’il le pouvait) et n’avait pas attendu Delgado, LeMond n’aurait pas pu aborder sans effort L’Alpe avec 2’30 d’avance. Bref, Indurain aurait pu faire une bonne place à l’Alpe au lieu de ramasser 10 minutes dans la vue en relâchant son effort et en plus LeMond aurait été dans une position moins favorable. Au lieu de ça, Delgado craque, comme souvent lorsqu’il partait de loin (un indice du pas d’EPO) et Banesto a tout perdu. Le surlendemain, Indurain est encore avec LeMond et Hampsten dans Chaubouret. Et Echavarri l’oblige à attendre Delgado, qui est à plus de 2 minutes derrière. Un Indurain jouant sa carte personnelle et bien placé au classement général aurait peut-être pu comme en 1991 dans le Tourmalet faire craquer LeMond... Les Banesto ont misé sur le mauvais cheval.

Je reste marqué par le témoignage de Greg LeMond vérifié par ses performances contre la montre (prologue et 2 clm). Le champion américain explique qu’il était beaucoup plus en forme en 91 qu’en 90 et qu’il avait même dit à sa femme le soir du prologue : "Kathy,prépare le champagne, je n’ai aucun concurrent !". Plus fort que lui-même, peut-être mais pas plus fort que l’EPO du Dr Conconi, en tout cas.

Sinon, je sais pas toi, mais moi j’étais fan de Rominger quand j’étais petit. J’étais fan de Virenque aussi et du petit Chiappucci aussi. Je n’avais pas trop le nez pour dénicher les coureurs honnêtes !!

A part ça, on entend ou voit souvent que les dopés des années 90 avaient des dents abîmées ou des fausses dents. Pourquoi ? ? ? ?

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par Fabien

le 16 janvier 2013 à 10H46

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Ah, mince, je n’ai pas répondu, Pascal Lino, propre, je n’irais pas jusque là. Comme Leblanc et LeMond à la même époque. En tout cas, pas d’EPO, c’est sûr. On devrait leur demander directement au lieu de faire des suppositions !

Ils ouvriront les flacons pendant le Tour 1993 comme l’expliqueront Willy Voet et Bruno Roussel.

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par AxelBorg

le 16 janvier 2013 à 10H56

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Oui en 1990 LeMond sortait d’une mononucléose qui lui avait gâché son printemps, et en 1989 il venait à peine de retrouver quelques sensations dans le CLM final du Giro (Prato - Florence) terminé à la 2e place derrière Lech Piasecki.

Bref en 1991 tout s’annonçait sous les meilleures auspices pour le triple maillot jaune. Après le coup de Jarnac lyonnais et la 2e place à Alençon derrière Indurain dans le CLM, un 4e Tour semblait à la portée de Greg LeMond.

C’était sans compter sur l’EPO qui défigura la course dans les Pyrénées, avec le trio Indurain - Bugno - Chiappucci maître de l’étape de Val Louron ...

Pour Delgado en 1992, l’EPO est 100 % sûr. Pour la période 89-91, le doute subsiste en effet.

C’est d’autant plus plausible que comme Ferrari par la suite avec Armstrong ou Rominger, Conconi était plutôt du genre à suivre un coureur en individuel (Moser, Indurain) plutôt qu’une équipe (seule exception pour le docteur Ferrari, Ariostea / Gewiss en 93/94).

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par AxelBorg

le 16 janvier 2013 à 13H06

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

@Fabien,

Pour les dents, cela vient du déchaussement des dents causé par les hormones de croissance.

C’est pour cela que sportifs (notamment l’athlète Marion Jones) portent parfois des appareils dentaires, suite à ces effets secondaires du dopage aux hormones de croissance.

Tout comme certains ont vu la taille de leur pieds augmenter et être obligés de changer de pointures de chaussures, ou leur os se rallonger !

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par Fabien

le 16 janvier 2013 à 18H29

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Effrayant et très instructif.

L’appareil de Marion Jones, tu viens de m’ouvrir les yeux. Je savais qu’elle était furieusement musclée (quoiqu’on ait fait bien pire) mais je n’avais jmais fait le rapprochement.

Je pourrais donc envisager de chausser du 43 un jour, le Graal !!!

Merci Axel !

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par Fabien

le 12 janvier 2013 à 12H10

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

Correction de mes écarts pris à la va vite : 14" sur Indurain, 19" sur Mottet et 23"sur Bugno, Hampsten, Leblanc, Rué.

Mais la question reste la même. Que serait-il advenu si l’EPO n’avait pas faussé la course dans cette étape de Val Louron ?

Je reste convaincu que LeMond ne se serait jamais effondré de la sorte. Delgado n’aurait peut-être pas été totalement hors course et aurait pu revenir en fin d’étape faire une place pas trop mauvaise comme il l’avait fait en 86 à Superbagnères (10ème à 4’39). De la sorte, il aurait peut-être même encore pu jouer le podium. Ce qui est sûr, c’est que LeMond aurait quand même fait son possible pour le tenir à distance.

Allez pour le fun, vous diriez quoi ?

Désolé de revenir sans cesse à ces Tours de transition qui ont changé notre sport mais ce sont les dernières années où il était encore possible de distinguer qui avait du talent et qui n’en avait pas. Je n’arrive plus à me passionner pour des mecs qui ne passaient pas un pont d’autoroute et sont devenus subitement les rois de la montagne : Wiggins et Froome. J’en étais même arrivé en 2011 à me réjouir des chutes de Contador, Vinokourov et Wiggins. Je pense qu’on aurait eu droit à la même mascarade que l’année suivante sans cette chute providentielle.

Ce sont, désormais, avec les descentes, les seuls faits de course capables de bouleverser une hiérarchie entièrement déterminée par le dopage. Triste sport... Je pense sérieusement qu’Hein Verbruggen, Michele Ferrari Sabino Padilla, Francesco Conconi et cie auraient leur place en prison, tout comme Lance Arsmtrong pour leurs entreprises mafieuses.

Heureusement qu’il est toujours possible de faire du vélo soi-même !

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par AxelBorg

le 13 janvier 2013 à 10H48

Tapis vert espéré à Lausanne : une European Connection à son âge d’or

@Fabien,

Pour 2011, possible que Wiggins eut pu battre Cadel Evans qui a plus gagné par défaut que par supériorité (Contador moins dopé et/ou fatigué de son Giro victorieux, la fratrie Schleck toujours médiocre tactiquement ...)

Pour 2012, Bradley est intouchable en montagne car il n’y a que Froome et Nibali face à lui. Evans s’effondre, Valverde est encore trop juste pour une course du niveau du Tour de France, Contador et Schleck absents.

A ce titre, il sera intéressant de voir les deux Anglais en 2013 contre les deux meilleurs coureurs par étapes qui restent A.Schleck et surtout Contador.

J’aimerais beaucoup revoir Purito Rodriguez sur le Tour 2013, pourquoi pas car Katusha n’est pas certaine de venir sur le Giro.

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