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le 18/12/2012

Tapis vert espéré à Lausanne : quand les watts tutoyent la voûte céleste


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Le dopage est au cyclisme ce que les favelas sont à Rio de Janeiro, un insupportable fléau qu’il faut faire disparaître ... L’EPO a apposé son sceau maléfique sur les maillots jaunes du Tour de France depuis 1991. Et malgré les explications capillotractées de Bugno (musicothérapie), Riis (travail stakhanoviste), Indurain (perte de poids) ou Armstrong (reconnaissance d’étapes), leurs justifications sont bien peu de choses par rapport aux effets de cet élixir de puissance, l’EPO, qui a porté les watts au pinacle sur la grand-messe de thermidor.

A la fin du XIXe siècle, la Californie a été marquée par la ruée vers l’or.
Les chercheurs d’or vinrent s’enrichir près de l’actuelle Silicon Valley. Stefan Zweig a divinement compté la tragique destinée de Johann AugustSutter, qui eut malheureusement la poule aux oeufs d’or entre les mains.

Un siècle plus tard, les chercheurs de watts vinrent eux s’enrichir grâce à l’EPO, sur les routes du Tour de France et de Navarre. Aidés par les meilleurs spécialistes de la pharmacie cycliste, druides, sorciers, apothicaires ou enchanteurs, appelons cela comme on veut, les maillots jaunes.

Grâce aux avatars de Saroumane, les Padilla, Conconi, Fuentes, Terrados et autres Ferrari, le dopage EPO a donc fait des ravages, explosant ainsi les records de watts, laissant les virtuosesdu passé, les Gino Bartali, Fausto Coppi, Hugo Koblet, Louison Bobet, Charly Gaul, Federico Bahamontes, Jacques Anquetil, Felice Gimondi,
Eddy Merckx, Luis Ocana, Bernard Hinault et autres Greg LeMond, à l’âge de pierre.

Clé de voûte de cette confrérie de marabouts européens du dopage, le professeur Conconi avait été l’éminence grise de Francesco Moser. L’Italien n’était plus à une tricherie près, après avoir volé le Giro 1984 des mains de Laurent Fignon.
Vincenzo Torriani avait ajusté le parcours pour le champion italien, tandis que Fignon fut lésé dans le dernier contre-la-montre, le Cecco bénéficiant du vent produit par les hélices tournoyantes d’un hélicoptère.
EPO ou pas, Moser était un tricheur de première force.
Figure de proue du dopage scientifique via l’autotransfusion de son mentor Conconi, il ne goûterait pas à l’EPO. Conconi, si, lui qui écrasa les meilleurs amateurs italiens sur les pentes du col du Stelvio en 1993. Sur ce géant des Dolomites qui avait imposé le respect à Coppi, Koblet ou encore Hinault, le préparateur de Moser avait fait la preuve définitive du basculement du cyclisme: il détenait bien une usine chimique dont le produit final serait le watt ...

Champion du monde en 1986 à Colorado Springs, son héritier italien Moreno Argentin via le successeur de Conconi chez les professeurs véreux, Michele Ferrari.

Ce feu sacré nommé EPO allait consacrer le changement d’époque irréversible du cyclisme, que Moser avait déjà symbolisé en 1984 à Mexico, sur un vélodrome écrasé de soleil. Mexico, ville des records bluffants. Bob Beamon 8.90 mètres en 1984, Francesco Moser 51.151 kilomètres en une heure en 1984. La Préhistoire se terminait, l’Antiquité allait s’ouvrir avec une Gaule soumise au joug du dopage.

Dès 1991, Miguel Indurain imposait sa férule tel Jules César face à Vercingétorix à Alésia. Mais la défaite de Greg LeMond n’eut pas pour théâtre l’oppidum bourguignon, mais les Pyrénées. C’est dans le col du Tourmalet que l’époque LeMond allait désormais se conjuguer à l’imparfait.

Toute la notion de panache fut donc à revoir. Où est donc le panache quand une telle puissance vient investir les poumons et les jambes d’un champion cycliste?

Si Miguel Indurain fut le premier à franchir le Rubicon au Luxembourg en 1992, d’autres allaient lui emboîter le pas.
Gianni Bugno et sa musicothérapie fut loin d’être ridicule entre Tours et Blois, sur les 64 kilomètres où Indurain battait le record de vitesse d’un grand contre-la-montre à 52.349 km/h. L’Italien ne concéda que 40 secondes à la fusée espagnole ... Mais tout auréolé des ultrasons de Wolfgang Amadeus, Bugno n’était que le Salieri de Miguel Indurain. Non pas qu’il ait fait le voeu de chasteté avec la maîtresse commune des champions, l’EPO, mais Gianni Bugno ne fut pas l’élu, quand Indurain, investi de sang diving par l’EPO, avait poussé le péché de "luxure" à sa limite etne cessait de composer des partitions sans fausse note, aux airs de requiem pour ses semblables. Ô pauvres mortels, combien n’avez vous pas souffert devant ce roi implacablevenu d’Espagne?

Gianni Bugno en 1993, c’est le diable qui capitule faute d’avoir pu triompher de jaune vêtu à Pandemonium, c’est un démon privé de ses fourches caudines. L’ange déchu condamné au purgatoire, au silence dans l’immensité des montagnes.

Sur les routes de France et de Navarre, mais aussi du Piémont, l’escalade des watts allait bon train. Claudio Chiappucci ne fut pas en reste dans sa chevauchée fantastique vers Sestrières, digne de Merckx vers Mourenx en 1969, de Coppi vers la même Sestrières ou de Gaul.
Dans son fief piémontais, Giovanni Agnelli aurait pu rebaptiser une de ses FIAT en l’honneur d’El Diablo, sans doute plus puissant que les voitures issues du Larvotto à Turin, par des ouvriers n’attendant que la prochaine victoire de la Juventus orpheline de Michel Platini.

Mais si le football pleurait un magicien en la personne, il en retrouva d’autres avec Diego Maradona et Marco Van Basten. Le cyclisme, lui, trouva pléthore de titans capables de reproduire les performances de fuoriclasse, comme disent les Italiens, de maillots jaunes du plus grand éclat tels Bernard Hinault ou Greg LeMond.

Suivant les pas d’un éclaireur navarrais appelé Indurain, les imposteurs allaient envahir en masseles cols des Alpes et des Pyrénées entre 1991 et 2012.
Erik Breukink, Zenon Jaskula, Claudio Chiappucci, Alvaro Mejia, Gianni Bugno, Tony Rominger, Richard Virenque, Marco Pantani, Bjarne Riis, Alex Zülle, Jan Ullrich, Jose Maria Jimenez, Laurent Dufaux, Bobby Julich, Michael Boogerd, Luc Leblanc, Evgueni Berzin, Fernando Escartin, Abraham Olano, Lance Armstrong, Joseba Beloki, Ivan Basso, Raimondas Rumsas, Christophe Moreau, Andreas Klöden, Carlos Sastre, Alexandre Vinokourov,Floyd Landis, Michael Rasmussen, Alberto Contador, Cadel Evans, Andy Schleck, Francisco Mancebo, Alejandro Valverde, Bradley Wiggins, Thomas Voeckler, Frank Schleck, Vincenzo Nibali, Christopher Froome ...

Un vrai almanach du cyclisme, deux décennies de poudre aux yeux, deux décennies de gladiateurs rebelles.
Comme si Spartacus, à Capoue, avait pris le sceptre fort d’une puissance incommensurable.

En 1993, Tony Rominger prouva qu’il avait acquis une puissance terrifiante. Indurain le comprit vers Isola 2000, restant sagement blotti dans la roue du Zougois dans le col de la Bonette Restefond, toit de l’Europe cycliste.

Faute de pouvoir priver Miguel Indurain de son bien le plus cher, le maillot jaune, le Suisse allait terrasser l’Espagnol
dans la course au record de l’heure. Dix ans après les premières impostures signées Moser, quatre cobayes de l’EPO allaient porter le record vers le pays de l’Utopie: Graeme Obree, Chris Boardman, Miguel Indurain et Tony Rominger.

En 1994, Piotr Ugrumov battait la performance colossale réussie par Hinault en 1979 à Avoriaz. Festival du film fantastique, la station savoyarde vit ce jour là une performance de fiction dépassant la réalité: Ugrumov
écrasant le peloton pour la troisième journée consécutive, sans que Pantani ou Indurain n’y purent quelquechose.
Oubliés les westerns spaghetti à l’italienne où les protagonistes se regardent en chiens de faïence, place au fantastique, place à l’action, placeà Ugrumov et à ses effets spéciaux bien meilleurs que ceux d’Hollywood.
Gewiss se chargera d’envoyer ses condoléances à ILM et Digital Domain.

Dès 1995, Indurain remettait les pendules à l’heure après une fin de Tour de France 1994 décevante, exception faite
de sa démonstration de force du Ventoux, défense implacable face aux vélleités de Leblanc et Virenque.
Tombant du Capitole à la Roche Tarpéienne en seulement un an, Evgueni Berzin ne put jouer le rôle du contradicteur en chef du Pantagruel espagnol, dont l’appétit colossal de victoires n’était toujours pas rassasié.
Outsider en chef, Tony Rominger fut également décevant, mais tout suspense avait déjà disparu au soir de l’étape de la Plagne. Se dressant sur ses pédales à la poursuite d’Alex Zülle, Indurain avaitsorti la guillotine.

Tel un volcan en éruption faisant osciller les sismographes au pinacle de l’échelle de Richter, l’Espagnol inventa sa propre échelle, Utopia, et se propulsa directement au zénith de cette nouvelle dimension cycliste.
Aucune montagne n’aurait pu résister ce jour là au Navarrais, qu’elle eut pour nom Ventoux, Stelvio, Angliru, Alpe d’Huez, Mortirolo ou même Everest.

Les chiffres du grand Indurain donnent le vertige. Fibonacci eut sa suite, celle là même qui converge vers le nombre d’or. Indurain a aussi la sienne, une suite de watts qui converge vers un chiffre omniprésent: cinq. Cinq victoires consécutives, cinq dauphins différents ....

478 watts à l’Alpe d’Huez en 1991 dans le sillage de GianniBugno, 489 watts en 1993 au Pla d’Adet dans l’ombre de Zenon Jaskula, 490 watts en 1994 vers Avoriaz comme figurant derrièreun premier rôle du nom de Piotr Ugrumov, 512 watts en 1995 à la Plagne pour l’ultime récital du maillot jaune espagnol.

Son maillot jaune avait l’effet d’une tunique de Nessus inversée, avec un venin EPO venant de la nouvelle Hydre de Lerne: l’hydre des sorciers. Mais à chaque tête coupée, celles de Ferrari ou Padilla, d’autres repoussaient dans l’ombre ...
Et Indurain put fendre les étoiles, accomplissant le treizième travail d’Hercule, gagner cinq Tours de France consécutifs.
Le treizième travail d’Hercule, celui qu’Atlas avait failli lui donner à l’occasion du onzième, cueillir les pommes
d’Hespérides. Laissant un instant le poids de la voûte céleste à Hercule, Atlas se proposa de remplacer son honorable visiteurpour cueillir les pommes.
Maissi le demi-dieuHercule ne pouvait soutenir un tel poids, le dieuMiguel Indurain, lui, put le faire. Forts de ces watts démultipliés, l’Espagnol fut le premier à pouvoir remplacer Atlas aux colonnes d’Hercule.
Contrairement à Indurain, qui avait droit via l’EPO au nectar et à l’ambroisie, Hercule n’y avait pas droit. Entre la force d’Herculeet l’EPO, devinez qui a gagné?

Ce fut la seule limite d’Hercule. Les maillots jaunes ayant suivi Greg LeMond, eux, n’en eurent aucune. Plus de limites, tous les exploits devenaient possibles. Le nectar et l’ambroisie semblaient couler à foison du tonneau des Danaïdes ...
Il serait dès lors plus logique de voir le maillot jaune s’investir de son titre non plus à Paris mais à Gibraltar, là où Atlas avait encore la charge de la voûte céleste avant que le roi Miguel et ses watts ne prenne le relais, offrant une retraite bien méritée au père des Hespérides.

Avec la complicité de tous, le Tour termine toujours à Paris, les passations de pouvoir se font incognito à Gibraltar, terre de tant de controverses entre Britanniques et Espagnols. Les compatriotes de Wiggins et Contador y trouveraient au moins un point de convergence, à voir leurs idoles factices sacrées à l’ombre du rocher de Gibraltar. Mieux vaut éviter le feu des projecteurs quand on est investi d’une telle puissance, elle semblerait suspecte.

Parachevant son oeuvre usurpatrice au Lac de Vassivière par une performance irréelle, l’Espagnol avait donc dominé toute une génération de coureurs, prenant le relais de Greg LeMond au palmarès. Mais entre LeMond et Indurain, la victoire n’avait plus le même goût.

Plus vite, plus haut, plus loin, le diction olympique n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Sur les rives du Lac Léman, le silence de l’UCI est plus que coupable. Dans sa tour d’ivoire, l’Union Cycliste Internationale a donc vu sa cécité confiner au paroxysme.
Hein Verbruggen, chef d’orchestre de cette omerta internationale du peloton, n’a aucun intérêt à voir s’ouvrir la boîte de Pandore. Comme l’or des nazis gardé par les banques suisses, le secret des watts volés des maillots jaunes du Tour de France est jalousement gardé par l’UCI. La poule aux oeufs d’or, celle qui pond sans cesse des contrats publicitaires et télévisés de plus en plus juteux, doit être satisfaite.

En 1996, Bjarne Riis mit un terme à l’hégémonie du champion espagnol. L’usure du pouvoir faisant son oeuvre, Indurain descendait enfin de son échelle de watts, de son échelle Utopia ... Les watts du Danois avaient pour origine le cahier de Majorque, sorte de traité fondateur du travail préparatoire en montagne, co-rédigé avec Walter Godefroot. A la plume du cahier de Majorque, a succédé la plume d’Hautacam, Riis lui-même, si léger qu’il s’envola au-dessus des montagnes, échappant à la pesanteur, narguant Newton, Galilée et autres Copernic. A Lourdes Hautacam, emmenant le grand plateau, l’ancien pensionnaire de la Gewiss oubliait enfin son cruel statut de porteur d’eau de Laurent Fignon. Comme un tatouage imprimé de force, presque viscéral, Riis avait été un esclave des routes. Il devenait l’étoile de la course, un talisman céleste brillant tout à coup plus fort que les astres établis.
Portant l’estocade à Berzin, Olano, Rominger et Indurain, Bjarne Riis signa ce jour là l’exploit cycliste digne du plus
grands des imposteurs.
Des watts, des watts, encore des watts, à en pleuvoir des cordes, via le grand plateau ...

Avec 480 watts de moyenne pendant 34 minutes et la bagatalle de 536 watts au paroxysme de son effort, Riis n’est alors plus un humain, mais un mutant.

Orphelin d’Indurain dès 1997, le Tour de France trouva rapidement d’autres ogres capables de fendre l’asphalte sous leur passage.
Ainsi, Jan Ullrich aurait pu battre le record de l’heure de Chris Boardman réalisé en 1996 au vélodrome de Manchester avec la puissance dégagée sur les pentes d’Arcalis.

En Andorre, cette principauté nichée entre la France et l’Espagne, Ullrich a développé 527 watts. Devant une telle force, même Indurain se serait avoué vaincu.

Et que dire de Marco Pantani en 1998 aux Deux-Alpes? Sous la pluie et le froid, l’escaladeur virtuose, tel un cyborg
infatigable, sprintait dans le col du Galibier puis vers la voisine de l’Alpe d’Huez. L’adrénaline du maillot jaune et des chevauchées dignes de Gaul ou Bahamontes? Possible que quelques watts soient issusde là, mais l’essentiel vient du nectar habituel dont le roi d’Italie avait fait bon usage pour vassaliser Alex Zülle et Pavel Tonkov dans les Dolomites. Dans les Alpes françaises, le Pirate remet le couvert. L’heure n’est plus au compromis, ni tactiquement ni physiologiquement. Attaque dans le Galibier, EPO à foison, jackpot de watts pour l’Italien ... 520 watts en puissance étalon.

La martingale vertueuse de Pantani prendra fin en 1999, dans l’étape reine du Gavia et du Mortirolo. Trop de watts, mais trop d’hématies surtout ...52 en taux hématocrite, Pantanidevient le maillon faible, le mouton noir, le pestiféré du cyclisme, l’ange noir.

Un mois après la chute de l’ange noir, le chevalier blanc débarque, auréole de ses liserais arc-en-ciel acquis en 1993 à Oslo. Champion du monde de cyclisme dans une première vie, champion universel de la manipulation dans sa deuxième existence, Lance Armstrong va manier aussi bien les watts que l’intimidation, la politique et le mensonge pendant sept longues années ...

Chef despotique du train bleu de l’US Postal, Armstrong et ses facteurs n’avaient rien d’un groupe à l’allure champêtre.

En 1999, Lance Armstrong allait reprendre le rôle d’explorateur tenu trois décennies plus tôt par son homonyme Neil sur la Lune. Du 21 juillet 1969 au 13 juillet 1999, trente années d’écart, et un décor sensiblement différent. Le silence oppressant du cosmos face à la brume hostile du Piémont.
Tel Coppi, Chiappucci ou Riis dans le passé, le champion de l’US Postal forçait la porte du destin, volant les clés à grands coups de watts non dissimulés sur la route de Sestrières: 472 watts dans la station italienne.

S’envolant avec les ailes du feu du phénix, insensible au froid du Piémont, Armstrong débutait son idylle avec le maillot jaune. La mue se poursuivait: 502 watts à Lourdes Hautacam en 2000, 521 watts au Plateau de Bonascre en 2001.

Et en 2001, si l’image forte reste l’Alpe d’Huez, si la performance reste le Pla d’Adet face à un Jan Ullrich de feu, n’oublions pas le chrono de Chamrousse où le Texana pulvérisé l’opposition.
Ce jour là, David Moncoutié établit son record personnel de watts sur la Grande Boucle. Quelques jours plus tard, le grimpeur de Cofidis passe le triptyque Aspin - Tourmalet - Luz Ardiden dans un rythme proche de celui de Gilles Delion en 1990. Moncoutié, Delion, deux coureurs propres ... deux intrus dans le monde de Lance Armstrong.

Après sa victoireàLimoges en 1995, l’Américain avait déclaréressentir la puissance de deux corps, celui de Fabio Casartelli l’aidant à emporter la victoire. Ce ne fut pas la seule fois, et Armstrong fut sans doute aidé par l’ombre invisible de grands champions à de nombreuses reprises.

Fausto Coppi à l’Alpe d’Huez en 2001, Armstrong semblant comme le grand échassier du Piémont tiré par un fil d’airaininvisible vers les cimes.

Jacques Anquetil, son miroir inversé, dans le chrono de Metz en 1999.

Eddy Merckx à Luz Ardiden en 2003, pour cette rage de vaincre et ce refus viscéral de la défaite.

Charly Gaul à Lourdes Hautacam en 2000, avec une cadence de pédalage irréelle.

Miguel Indurain pour ce pédalage féroce et implacable à Mulhouse en 2000.

Bernard Hinault pour cette force tranquille vers le Pla d’Adet en 2001.

Hugo Koblet dans le Plateau de Beille en 2002, l’Américain voltigeant face à des rivaux s’évaporant à chaque lacet.

Bref, avec double puissance sur le vélo mais simple poids, Armstrong avait trouvé la quadrature du cercle.

En 2000, faute de rivaux à sa hauteur, Lance Armstrong s’inventa un nouvel ennemi, le Mont Ventoux.
Ayant presque à lui seul assuré la victoire de son lieutenant Tyler Hamilton dans le Critérium du Dauphiné Libéré, le Texan terrassa l’opposition représentée par les deux anciens maillots jaunes Jan Ullrich et Marco Pantani.
Et il eut raison du Ventoux, cette terrible montagne de Provence qui eut raison de Tom Simpson en 1967, contraignit Eddy Merckx à la modestie en 1970 ...

En 2003, si sa haine viscérale de la défaite lui permit in extremis de conserver le maillot jaune à Paris, Lance Armstrong allait de nouveau explorer des territoires inconnus en terme de watts. Jamais le Texan ne joua à l’épicier quand il s’agit de faire flamber le compteur de watts.

Maître absolu de l’imposture, Armstrong fit des émules en la personne d’Alberto Contador et Bradley Wiggins.
Le Pistolero espagnol a atteint son apogée personnelle au printemps 2011, humiliant le peloton du Giro sur les pentes de l’Etna et des Dolomites.
Mais il avait fait une démonstration éblouissante de sa métamorphose de Goldorak des routes au mois de thermidor 2009. Clouant le bec de Spartacus, alias Fabian Cancellara, l’Espagnol remporta le chrono d’Annecy tel un bolide ceint de jaune.
Deux jours seulement après le record de watts établi à Verbiers, Contador pouvait s’attirer tous les superlatifs venant des sorciers du dopage. Il était devenu leur plus beau prototype, leur Dark Vador ...

Le côté obscur de la force, le Madrilène l’avait dévoilé au pays de l’UCI, en Suisse, sur les pentes de Verbiers. Le crime parfait pour un Cluedo cycliste. Le lieu? Verbiers. L’arme? L’EPO, encore et toujours, bien que le criminel aime à signer ses forfaits d’un coup de pistolet sur la ligne. La victime? Le Tour de France, toujours la même, assassinée sans pitié à chaque résurrection, chaque mois de juillet. L’auteur? El Pistolero, bien entendu.

490 watts pendant 21 minutes, avec une pointe à 535 watts au plus fort de son accélération diabolique, digne des meilleuresimpostures de Lance Armstrong ou Marco Pantani. Bref, Alberto Contador a dépassé le maître. Chez Astana, l’Espagnol a détrôné le pharmacienvenu du Texas.
Privé de son sceptre, pardon, de son caducée, Armstrong alias Gundersona tout de même développé 450 watts dans l’ombre de son coéquipier et successeur espagnol.

Bref, Contador était digne des puissances des meilleurs spécialistes de la poursuite sur piste. Une des étoiles de la poursuite ne va pas tarder à se reconvertir en tyran des routes hexagonales ... Bradley Wiggins, poursuiteur couvert d’or olympique à Athènes puis à Pékin.

La lycanthropie cycliste, créant une nouvelle espèce de champions garous, investis de leur nouvelle puissance non par la pleine lune frappant les loups mais par le soleil implacable dardant de ses rayons de feu les montagnes de France, allait engendrer un phénomène terrifiant en l’an 2012, avec une meute de Were Riders.
Champions garous créés par le ciel de Phoebus, ces Were Riders étaient dignes de leur nom de Sky Team ...
Bradley Wiggins et Chris Froome furent les deux loups les plus forts de cette meute dominante, qui ne laissa que les miettes du festin. Les deux loups sortiront les crocs en 2013, pour voir lequel sera le maître de la meute.

Mais l’épée de Damoclès finit par tomber sur le chevalier noir de cet ordre machiavélique des maillots jaunes EPO.
Etant le plus gradé de l’ordre avec sept étoiles, le général en chef Lance Armstrong fut dégradé par son complice du passé, l’honteuse UCI. Pour justifier tous ces watts semblant utopiques, Armstrong avait usé de la tactique de Shéhérazade. Mille et une histoires, mille et un mensonges, mille et un leurres pour bluffer l’auditoire.
Mais si la princesse sauva sa tête, Armstrong perdit la sienne sur l’autel de l’hypocrisie, un jour d’octobre 2012.

James Watt, lui, ne peut toujours pas reposer en paix (1736-1819. Le patronyme de l’ingénieur écossaissera encore continuellement utilisé pour qualifier des chiffres complètement truqués. Le pauvre Atlas, lui, ne tiendra plus longtemps si les watts continuent de grimper ainsi, il devra alors soutenir la voûte céleste non plus par les épaules, mais à bout de bras, dans un équilibre aussi fragile qu’un château de cartes... Et le ciel tombera alorssur la tête du cyclisme tout entier, dans un châtiment digne de l’Armageddon ...

par AxelBorg
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par AxelBorg

le 18 décembre 2012 à 11H42

Tapis vert espéré à Lausanne : quand les watts tutoyent la voûte céleste

Le seuil limite du dopage EPO étant de 410 watts, on voit bien que les Indurain, Riis, Ullrich, Pantani, Armstrong et autres Contador sont bien au-dessus des limites.

Et Wiggins et Froome, lors du dernier Tour de France, étaient bien au-dessus des 410 watts, preuve que Sky est une imposture de plus.

Pas de raison que cela change en 2013, que le vainqueur du Tour ait pour nom Contador, Schleck, Froome ou Wiggins.

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par Minideniers

le 18 décembre 2012 à 17H40

Tapis vert espéré à Lausanne : quand les watts tutoyent la voûte céleste

Hello Axel. J’espère juste, comme tu dis dans ton com, que Sky va se faire dézinguer par les autorités et pas dans 12 ans. Qu’Armstrong ait pu se payer la terre entière à ce point, c’était une première. L’être humain a beau être bien con en majorité, je pense qu’on peut éventuellement faire marcher les quelques neurones qu’ils nous restent et discerner une répétition du scénario US Postal avec Sky.

Pas 2 fois quand même, le train british qui arrive à pleine bourre pile l’année de leurs JO, non mais on nous prend vraiment pour des cons à ce point ?

Ou alors on renomme le cyclisme et on appelle ça une compète de labo, une sorte de championnat corpo du monde médical j’ai rien contre

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par AxelBorg

le 18 décembre 2012 à 17H52

Tapis vert espéré à Lausanne : quand les watts tutoyent la voûte céleste

Salut Minideniers,

Tant que McQuaid sera là et que des sanctions financières ne viendront pas en renfort des sanctions sportives, le système du dopage EPO en vigueur depuis 1991 restera pérenne dans le cyclisme pro.

Qu’il ait pour visage Wiggins ou Contador, le dopage continuera de pervertir les maillots jaunes du Tour de France.

Il faut toucher à ce qui est l’alpha et l’omega du système : l’argent.

L’argent roi qui permet de faire fonctionner le réseau EPO, et l’argent qui justifie les "risques" pris par les coureurs pour se doper et ainsi maximiser leur courte carrière sportive.

C’est la poule aux oeufs d’or qu’il faut toucher, avec une taxe Tobin du dopage.

Mais pas à 1 % des montants, à 100 % ! Il faut que les pénalités financières soient dissuasives.

Sinon concernant Sky, ils finiront par tomber comme Armstrong, Contador, Ullrich, Basso, Pantani, Landis, Rasmussen, Vinokourov, Riis et Valverde sont tombés avant eux.

Espérons juste que Wiggins ne fera pas le doublé Giro - Tour, ni même ne gagnera un 2e maillot jaune.

C’est vraiment le vainqueur le plus imposteur depuis Bjarne Riis. Un porteur d’eau mué en grimpeur par la potion magique. Médailles d’or en poursuite aux JO, mais pas un véritable champion sur route.

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par AxelBorg

le 19 décembre 2012 à 08H33

Tapis vert espéré à Lausanne : quand les watts tutoyent la voûte céleste

Wiggins a du se faire remonter les bretelles par Brailsford, désormais il nous dit qu’il laissera Chris Froome leader sur le Tour 2013.

Plus de mention de doublé Giro - Tour pour Wiggo, pas plus que de 2e maillot jaune consécutif.

Cela promet chez Sky Team...

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par AxelBorg

le 24 décembre 2012 à 17H30

Tapis vert espéré à Lausanne : quand les watts tutoyent la voûte céleste

Les ennuis de Lance Armstrong ne sont sans doute pas encore terminés. 2012 aura été une "annus horribilis" pour le Texan, septuple maillot jaune déchu.

Condamné par l’USADA puis l’UCI, déchu de ses 7 Tours de France et de sa médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Sydney (2000), lâché par ses sponsors, contraint d’abandonner la présence de sa fondation contre le cancer Livestrong, le champion du monde 1993 va devoir désoramis combattre l’hebdomadaire britannique Sunday Times.

En 2006, le Sunday Time, employeur du journaliste anglais David Walsh (co-auteur avec Pierre Ballester du célèbre pamphlet L.A. Confidential en 2004), avait du verser des sommes importantes à l’Américain, suite à un accord financier.

Le Sunday Times s’apprête désormais à réclamer ces sommes à Armstrong.

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par Colonel McCoy

le 25 décembre 2012 à 17H30

Tapis vert espéré à Lausanne : quand les watts tutoyent la voûte céleste

Pauvre Lance, s’en prendre autant dans la tête alors qu’on doit pouvoir faire décoller des avions avec ce que Nadal ou Messi ont dans les veines, que Lewis avait été élu sportif du XXè siècle, que ses prédécesseurs n’étaient sûrement pas beaucoup plus clean, on est pas loin de l’injustice, ça me le rendrait presque sympathique ce gros con. Courage Lance !

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par AxelBorg

le 25 décembre 2012 à 19H54

Tapis vert espéré à Lausanne : quand les watts tutoyent la voûte céleste

C’est vrai qu’Armstrong sert de tête de Turc au sport mondial tout entier, lui le Lucifer du cyclisme.

Certains, à commencer par Nadal, Djokovic, Messi, Contador, Phelps ou Bolt, doivent être bien soulagés.

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par Killranger

le 25 décembre 2012 à 22H34

Tapis vert espéré à Lausanne : quand les watts tutoyent la voûte céleste

Salut tous

En même les champions que tu as précités n’ont jamais adopté un comportement aussi détestable que le texan..

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par AxelBorg

le 26 décembre 2012 à 09H45

Tapis vert espéré à Lausanne : quand les watts tutoyent la voûte céleste

Salut Killranger,

Tout dépend si tu juges le fait de s’être dopé ou le comportement du sportif face au dopage (mensonges, provocations ...).

Sur le premier point, Armstrong n’est pas plus à blâmer que n’importe qui, sur le deuxième, en effet le Texan est détestable car il a multiplié les intimidations face aux témoins potentiels, dont son ex-coéquipier Frankie Andreu, et en plus il a osé mentir aux malades du cancer pour développer sa fondation, donnant un faux espoir à travers ses 7 maillots jaunes, comme si un ex-cancéreux pouvait naturellement gagner le Tour de France, à l’eau claire, en ayant perdu près de 10 kg.

Eh bien non, comme les autres imposteurs, qu’ils aient pour nom Indurain, Riis, Ullrich ou Pantani, notre cher Armstrong a du prendre de l’EPO ...

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