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le 16/11/2012

Force ou souplesse, le dilemme permanent des montagnes du Tour de France


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Pestiféré des années EPO, symbole du dopage parmi les maillots jaunes de l’après Greg LeMond, Lance Armstrong avait cependant introduit une rupture par rapport à Miguel Indurain, Bjarne Riis ou encore Jan Ullrich, grimpant en souplesse et non plus en force ...

Juin 1999. De retour à son domicile à Nice après une ultime sortie d’entraînement avec ses coéquipiers de l’US Postal, Kevin Livingston et Tyler Hamilton, Lance Armstrong fait exulter son épouse Kristin et son mentor Jim Ochowicz, qui fut son directeur sportif chez Motorola, l’embauchant après les Jeux Olympiques de Barcelone en 1992.

Avant ce Tour de France 1999 qui lui offrira le premier maillot jaune d’une série de sept, comme autant de péchés capitaux et de sceaux de son imposture EPO, le Texan a battu le record officieux du col de la Madone, détenu par Tony Rominger.

Ce col, qui surplombe la ville de Menton, proche de la frontière italienne, était utilisé par le Zougois pour s’entraîner, Rominger étant résident monégasque durant sa carrière. Le temps officieux de l’ancien rival d’Indurain, crédité de 31’25’’, est donc battu par le champion du monde sur route 1993, qui réalise un chrono de 30’47’’, préfigurant sa future démonstration en montagne à Sestrières, où il franchit le Rubicon aux yeux de journalistes en quête d’évènements suspicieux en ce pseudo Tour du Renouveau.

Sur le col piémontais, Armstrong succède au palmarès à Fausto Coppi (1952), Claudio Chiappucci (1992), et Bjarne Riis (1996).

Le Danois, tout comme son prédécesseur Miguel Indurain et son successeur Jan Ullrich, ont symbolisé le cyclisme de force durant les années 90.
Forts de l’EPO, Riis avait grimpé Lourdes Hautacam sur le grand plateau en 1996. Droit comme une équerre, les mains sur le guidon, Miguel Indurain était rarement en danseuse sur son Pinarello.
Jan Ullrich avalait les cols par la seule force de ses hanches, le buste droit ... L’ogre allemand avait gagné à Arcalis en 1997sans se mettre en danseuse, larguant au train des escaladeurs tels que le virtuose Pantani et le teigneux Virenque. La fulgurante remontée d’Ullrich au Plateau de Beille, en 1998, suite à une crevaison au pied du col pyrénéen, s’était également faite au train, après un rapide lancement en danseuse. Seule exception pour l’ogre de Rostock, la montée de l’Angliru, le titanesque chemin de bergers des Asturies, pendant la Vuelta 1999. Sur des braquets de VTT, en danseuse sous la pluie, Ullrich se fit violence au sens propre comme figuré, mais le maillot de oro porté par Olano, qu’il convoitait, était à ce prix.

Bref, la seule exception avant Lance Armstrong était Marco Pantani, pur grimpeur capable d’à coups, d’accélérations et de démarrages, de changements de rythmes, mais l’Italien utilisait quand même du braquet, point commun avec les autres maillots jaunes EPO que furent Indurain, Riis et Ullrich.

Lance Armstrong, lui, était aux antipodes de ce modèle de force en montagne, privilégiant la souplesse avant tout. Moins de braquet, une cadence de pédalage plus élevée et une alternance parfaite entre des ascensions menées au train et des relances en danseuse en sortie de lacet.

En fin de carrière, Greg LeMond souhaitait orienter sa technique de pédalage dans les cols sur ce modèle de souplesse, mais en avait été empêchée par samyopathie.

S’il s’attirait les plus superlatifs, du plus fort au plus stakhanoviste en passant par le plus vicieux ou le plus despotique, Armstrong a sans doute mérité celui du coureur le plus intelligent du peloton. Car lui seul a pris le recul nécessaire pour travailler la technique, point crucial en cyclisme, sport mécanique qui obéit aux lois de la physique.

Puissance = Force * Vélocité

Cette équation n’est pas impossible à résoudre, encore faut-il ne pas confondre puissance et force ...Porter l’estocade à ses rivaux fut plus simple pour Armstrong, qui a compris que l’ultime objectif était la puissance, pas la force ... Que la force soit avec toi, disait Obi Wan Kenobi dans Star Wars (1977).
A croire que les adolescents européens qu’étaient alors MiguelIndurain, Bjarne Riiset Tony Rominger ont été marqués au fer rouge par le blockbuster hollywoodien.
Jan Ullrich, lui, a été marqué par le côté obscur, tant il a voulu pousser à l’extrême cette force.
Armstrong a simplement compris que la souplesse, facteur de vélocité, est une composante de l’équation. Pas de fumée sans feu, mais là où Indurain, Riis et Rominger aiguisaient encore leur silex dans la préhistoire de l’EPO, Armstrong a imposé son feu sacré, une réduction des braquets, dressant ainsi la guillotine sur une génération entière de coureurs, Marco Pantani et son panache chevillé au corpsy compris, aussi abasourdis que les singes de 2001, Odyssée de l’Espace devant le monolithe noir.

Le singe de 2001, c’est Jan Ullrich, réduit au silence par l’homo cyclistus qu’était déjà Lance Armstrong en cette première année du millénaire. L’évolution de l’espèce des maillots jaunes, du singe primitif seulement conscient de sa force, à l’homme bionique capable de créer à lui seul la sélection naturelle si chère à Charles Darwin.

Indurain et Bugno ont développé en 1991 un sixième sens, l’EPO, Armstrong a lui étendu le cyclisme au septième sens, la souplesse de pédalage en montagne. Le champion américain s’est ainsi créé un royaume paradisiaque dans les cols du Tour de France, dont il était le seul à avoir la clé, et qui constituait le purgatoire pour son dauphin traditionnelJan Ullrich, l’enfer pour les autres, anonymes mortels du monde des vaincus.

En plein effort, Lance Armstrong culminait à 110 tours de pédale par minute, contre 80 pour Indurain, Rominger, Riisou Ullrich. L’Espagnol, le Suisse, le Danoiset l’Allemand, malgré leurs cuisses d’acier, n’ont pas autant dominé les montagnes du Tour que l’Américain, que seul un Marco Pantani au sommet de son art aurait pu battre. La seule confrontation entre l’Italien et le Texan, en 2000, a eu lieu alors que Pantani n’était pas à 100 %. Le maillot jaune Armstrong avait torpillé l’escaladeur romagnol à LourdesHautacam, avant de lui offrir avec mansuétude la victoire au Ventoux puis de traiter le Pirate avec mépris dans le col de l’Izoard, se permettant de le dépasser pour mieux le signifier qu’il n’était plus l’aigledes cimes .... Passé du Capitole à la Roche Tarpéienne en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, Pantani se vengea à Courchevel.

Après 2000, orphelin de Pantani et malgré un Ullrich exceptionnellement fort en 2001 et 2003, Lance Armstrong put asseoir son implacable hégémonie sur le Tour de France, multipliant les victoires en altitude comme des petits pains. Certes, le Texan disposait du meilleur système de dopage de l’Histoire du sport, comme le prédit le rapport de l’USADA.

Sans EPO, courir le Tour de France revient au vain combat de David contre Goliath.
Souvent intouchable en altitude, Lance Armstrong fut le Goliath parmi les Goliaths, cannibalisant les joutes montagneuses, à l’épilogue si récurrent: lui devant, ceint du maillot jaune, les autres derrière ...

Plus écureuil que roulette russe, le Texan haïssait viscéralement le risque, et concevait le maillot jaune comme un processus mathématique, presque booléen.

Compromis idéal entre le style ailé d’un Pantani et la force brute des Indurain, Rominger et autres Ullrich, Armstrong était donc la synthèse parfaite de la force et de la souplesse.
Mais pourtant, son ami Eddy Merckx lui préférait Pantani dans le style, l’Italien emmenant plus de braquet dans les cols. Le Cannibale estimait qu’Armstrong, faute de panache, faute de mettre du braquet, ne creuserait pas d’écarts significatifs en montagne. L’étude des écarts du champion texan sur ces dauphins dans les étapes avec arrivées au sommet prouve le contraire. En partant à chaque fois dans le dernier col, l’Américain mettait rapidement une dimension d’écart entre lui et la meute de poursuivants acharnés à sa perte.

Le moulinà café d’Armstrong lui a cependant permis de creuser des beaux écarts lors de ses victoires en solitaire.

- 0’31’’ sur Alex Zülle en 1999 à Sestrières

- 1’59’’ sur Jan Ullrich en 2001 à l’Alpe d’Huez

- 1’00’’ sur Jan Ullrich en 2001 à Saint-Lary Soulan

- 1’04’’ sur Roberto Heras en 2002 au Plateau de Beille

- 0’40’’ sur Haimar Zubeldia en 2003 à Luz Ardiden

Si l’on compare les échappées victorieuses d’Armstrong avec celles d’autres champions EPO, on voit que le Texan se situe dans une moyenne honorable, ni fourchette haute, ni fourchette basse.

- 1’34’’ pour Claudio Chiappuccisur Franco Vona en 1992 à Sestrières

- 2’02’’ pour Alex Zülle sur Miguel Indurain en 1995 à la Plagne

- 1’24’’ pour Marco Pantani sur Miguel Indurain en 1995 à l’Alpe d’Huez

- 0’47’’ pour Luc Leblanc sur Laurent Dufaux en 1996 aux Arcs

- 0’24’’ pour Bjarne Riis sur Luc Leblanc en 1996 à Sestrières

- 0’49’’ pour Bjarne Riis sur Richard Virenque en 1996 à Lourdes Hautacam

- 1’08’’ pour Jan Ullrich sur Marco Pantani en 1997 à Andorre Arcalis

- 0’47’’ pour Marco Pantani sur Jan Ullrich en 1997 à l’Alpe d’Huez

- 1’33’ pour Marco Pantani sur Roland Meier en 1998 au Plateau de Beille

- 1’54’’ pour Marco Pantani sur Rodolfo Massi en 1998 aux Deux-Alpes

Certes, Chiappucci 92, Zülle et Pantani 98 (aux Deux-Alpes) étaient partis de loin ...

Un des principaux arguments avancés par Lance Armstrong et son entourage officiel (Johan Bruyneel, Chris Carmichael) pour justifier le passage à une cadence de pédalage plus faible, et donc à une technique plus souple, est le fait d’éviter la formation d’acide lactique dans les jambes.
Ennemi numéro 1 du cycliste en montagne, comme l’est le vent en plaine, l’acide lactique est tel le rocher de Sisyphe. Plus la concentration d’acide lactique est grande, plus le rocher est gros, plus la montagne de Sisyphe est difficile à gravir.
Certes, l’EPO aide en grande partie à limiter la formation par le métabolisme d’acide lactique, mais la façon dont les muscles des jambes sont sollicités, ischio-jambiers, adducteurs et mollets, a une incidence directe sur la formation de cette enzyme.

Plus le braquetest gros, plus le développement est élevée, plus la distance parcourue en un tour de pédale est grand, doncplus lemuscle est sollicité ... Réduire le braquet est donc un moyen simple de limiter la production d’acide lactique, quand l’oxygène est inférieur à la consommation de sucre en plein effort, durant la phase de glycolyse. Amener de l’EPO n’est donc pas le seul levier.

Mais les dogmes ont la peau dure, et les démonstrations biologiques d’Armstrong sont limitées. S’il fut champion du monde à Oslo en 1993, le Texan ne sera pas Prix Nobel à Stockholm ... Mais c’est tout saufun hasard si le maillot jaune du Tour 1999 avait les yeux rivés sur son cardio-fréquencemètre lors de l’ascension de Sestrières, son premier exploit d’envergure sur la Grande Boucle ...

L’acide lactique n’est pas directement responsable des problèmes de courbature et de douleur musculaire d’un point de vue métabolique. Le problème est plus complexe que présenté par Armstrong dans de nombreuses défenses écrites face à ceux qui voulaient confondre l’imposteur en chef au temps de sa gloire, tels Pierre Ballester et David Walsh. Si la vérité est incontestable dans la recherche de seuils anaérobies plus élevés, l’explication sur l’acide lactique recèle quelques failles.

L’acidose musculaire est provoquée par les ions H+, pas directement par l’acide lactique (alias lactate). Ces ions H+ sont un autre déchet sécrété par l’organisme en effort intense. La nuance est de taille, mais le mythe et le dogmede l’acide lactique finiront par tomber, comme le mythe Armstrong ...

par AxelBorg
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par AxelBorg

le 16 novembre 2012 à 10H46

Force ou souplesse, le dilemme permanent des montagnes du Tour de France

Cet article n’est nullement une apologie de Lance Armstrong, mais il faut reconnaître que le Texan, parmi les champions marqués du sceau indélébile de l’EPO, avait en plus su se démarquer par une approche technique (cadence de pédalage revue) et organisationnelle (reconnaissances d’étape en mode "industriel").

C’est en cela qu’Armstrong a su se démarquer d’Indurain, Pantani ou Ullrich, et qu’il a pu 5 fois sur 7 ramener le maillot jaune à Paris avec plus de 6 minutes d’avance au général (sauf en 2003 sur Ullrich et en 2005 sur Basso).

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par diogene95

le 16 novembre 2012 à 12H49

Force ou souplesse, le dilemme permanent des montagnes du Tour de France

De toutes façons, on est un peu obligés d’être d’accord avec l’argument "c’étaient tous des dopés, il était le meilleur". Apparemment pas de recette miracle, de l’EPO comme tout le monde, et du boulot.

Moi je l’aime pas, et peut-être bien que y avait un ou plusieurs non dopés dans ces top 10 qui auraient joué la gagne, on saura pas... Mais tous les gens qui trainaient en général dans le dernier groupe en montagne, ils ont été de près ou de loin mêlés à des histoires.

Son rythme de pédalage était complètement dingue, je suis pas médecin mais si le dopage faisait ça, il n’aurait pas été le seul. Rasmussen et Contador au sprint dans je sais plus quel col, ils étaient à quel rythme de pédalage ?

Ca avait du style au moins, comparé à Ullrich qui faisait vraiment chaudière. C’est presque contre nature de monter un col sans décoller de sa selle, en tout cas c’était mon feeling en regardant.

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par AxelBorg

le 16 novembre 2012 à 15H05

Force ou souplesse, le dilemme permanent des montagnes du Tour de France

Salut diogene,

Pour Contador et Rasmussen, c’était je pense au Plateau de Beille en 2007, mais le Chicken Leg danois en avait remis une couche le lendemain dans l’Aubisque.

Sinon en 2008 le cobra Ricco nous avait fait une petite partie de moto.

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par CrazySkanker

le 16 novembre 2012 à 13H07

Force ou souplesse, le dilemme permanent des montagnes du Tour de France

Force vs vitesse (ou cadence) pour optimiser la puissance. Le mieux ce serait gros braquet avec cadence surélevée mais encore faudrait-il avoir les cuisses et le coeur pour cela.

Assez marrant ce "style" Armstrong même si je ne pense pas que cela soit spécifiquement la clé (mais juste SA clé). Cela me fait penser à la course à pied où la mode est globalement de privilégier les "gros" braquets (donc foulées) plutôt que la vitesse de celles-ci. Pareil en natation où le but est de faire moins de gestes mais des gestes plus "forts".

En fait, globalement multiplier la cadence donc la gestuelle, c’est aussi augmenter le déséquilibre, une "force" contraire qui parasite la puissance. C’est pour cela qu’il est plus facile d’utiliser la force que la vitesse... Après le secret d’un Armstrong était sûrement d’utiliser ce "déséquilibre" comme une "force" pour développer sa puissance.

Je ne sais si c’est vraiment "révolutionnaire" ou juste une technique qui lui est propre parce que lié à sa morphologie ou sa physiologie, bref, une technique qui ne peut vraiment être transposable à tous les coureurs...

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par CrazySkanker

le 16 novembre 2012 à 13H08

Force ou souplesse, le dilemme permanent des montagnes du Tour de France

A noter que ce dilemme se retrouve dans beaucoup de sports...

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par AxelBorg

le 16 novembre 2012 à 15H08

Force ou souplesse, le dilemme permanent des montagnes du Tour de France

Salut crazy,

En effet tu as raison ce n’est pas la clé unique d’avoir une cadence de pédalage combinant force et souplesse, mais le coup de l’acide lactique et des braquets étaient des arguments donnés par Armstrong pour expliquer son hégémonie.

Tout comme les reconnaissances d’étapes ...

Et ainsi diminuer la pertinence des accusations de dopage qui planaient sur lui.

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par diogene95

le 16 novembre 2012 à 17H18

Force ou souplesse, le dilemme permanent des montagnes du Tour de France

le fait est que tout ce travail pour justifier les performances a fait qu’il était super costaud ! Il ne vivait que pour le tour.

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par AxelBorg

le 16 novembre 2012 à 18H09

Force ou souplesse, le dilemme permanent des montagnes du Tour de France

Oui ce fut un procès permanent que celui d’Armstrong, et il fut son propre avocat, niant en bloc toutes les accusations de dopage, les calomnies selon lui.

Jusqu’à la chute d’octobre 2012, sur décision (hypocrite) de l’UCI, l’instance de Lausanne l’ayant protégé entre 1999 et 2005, soit la fin du mandat d’Hein Verbruggen.

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par CrazySkanker

le 17 novembre 2012 à 13H58

Force ou souplesse, le dilemme permanent des montagnes du Tour de France

En tout cas, au-delà de la question du dopage, je pense que chaque coureur a des partiucularités physiologiques qui lui sont propres et qui restent difficilement explicables scientifiquement. Pendant longtemps, j’ai entendu dire que les capacités cardio-vasculaires étaient les meilleurs indicateurs des capacités en "perfer" dans les sports d’endurance. Et puis, j’ai lu certains articles disant qu’il y avait aspects qu’il fallait prendre en compte et que cela ne suffisait pas. Ainsi, on peut avoir une bonne Vma mais des diffcultés à rester dans le rouge trop longtemps et à l’inverse, une Vma moyenne et une capacité à supporter la douleur supérieure aux autres... De même, je me rappelais d’une personne assez calé sur le sujet qui me disait que depuis quelques années déjà, on ne se fiait plus sur les pulsations cardiaques au repos pour déterminer les capacités d’endurance d’une personne : on pouvait avoir un pouls très bas au repos et une faible capacité à monter dans les tours ou l’inverse... Sans compter la dimension psychologique qui influe sur les perfs : bref, sans être une brute physique, on peut se surpasser par son mental, son refus de la défaite etc... Je crois d’ailleurs que Hinault était très fort à ce niveau-là et avait des capacités physiques assez "moyennes" pour un courueur de haut niveau (mais attention, je peux me tromper, je suis loin d’être un spécialiste)

Après, ce n’est pas pour "excuser" Armstrong que je dis cela (parce que bon, son recours au dopage ne fait pas de doutes) mais d’une manière générale, la dimension physiologique a néanmois ses limites puisque je pense qu’elle est très particulière aux individus...

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par Fabien

le 17 novembre 2012 à 14H21

Force ou souplesse, le dilemme permanent des montagnes du Tour de France

Hinault était un grand spécialiste du cocktail amphet-cortisone. Ce qui aide pour repousser la douleur. Cela dit, ses rivaux (Zoetemelk, Fignon, Pollentier, etc)en faisaient autant.

Je ne connais pas ses paramètres physiques mais le Blaireau, outre ses qualités de super rouleur avait une grande science de la course. Il savait être attentiste quand il était sûr de gagner. Et au contraire offensive, quand il était dominé en montagne. Plus d’une fois, il a pu piéger les grimpeurs en montagne en attaquant de loin dans les descentes ou sur le plat. L’étape de Morzine-Avoriaz en 1985 est un chef d’oeuvre de ce point de vue. Il attaque assez fort avec Herrera dans l’ante pénultième col, le Pas de Morgins. Ils ont une petite minute en haut sur les favoris. Et ils creusent l’écart ensuite parce que derrière, il n’y a personne ou presque pour soutenir une poursuite en rouleur. Résultat, 3’ d’avance au pied de Morzine-Avoriaz. Dans la montée finale, Hinault et Herrera ont beau perdre 1’40 sur Delgado et 1’20 sur LeMond-Parra, Hinault a réussi à devancer les grimpeurs sur leur terrain. Grâce à sa stratégie. Même succès dans l’étape des cols basques en 1986 avec Delgado. Le petit Millar est le seul ou presque à rouler derrière. Grâce à lui, avec 3’ au pied de Marie-Blanque, le groupe des poursuivants revient à 2’40 au sommet du col. Et dans les 40 km de descente-plat pour aller à Pau, c’est le naufrage pour les rivaux de la Vie Claire, bien esseulés, LeMond et Hampsten faisant de la patinette, Millar et Herrera mauvais rouleurs, Zimmermann qui collabore peu. Résultat : 5’30 à l’arrivée sur une étape soit disant de transition alors que la suite du Tour montrera un Hinault franchement dominé par les grimpeurs.

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par AxelBorg

le 17 novembre 2012 à 15H20

Force ou souplesse, le dilemme permanent des montagnes du Tour de France

@Crazy,

Oui en dehors du dopage, il y a des coureurs qui sont des monstres de volonté et de refus de la douleur, de haine de la défaite, tels Eddy Merckx et Bernard Hinault.

Mais il faut aussi voir la dimension physiologique, VO2 max de 89 pour Greg LeMond, capacités pulmonaires de 8 litres pour Indurain, 6.8 litres pour Ullrich. Mais cela ne suffit pas pour devenir maillot jaune, sinon Eros Poli (vainqueur à Carpentras) en 1994 aurait gagné 3 ou 4 Tours de France.

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par Fabien

le 17 novembre 2012 à 14H01

Force ou souplesse, le dilemme permanent des montagnes du Tour de France

Bonjour Axel,

Passionnant, ton article. Cela veut dire qu’à dopage égal, cadences de pédalage*gros braquets des Ullrich, Riis moins efficace qu’Amstrong ?

Autrement dit, tu penses que le Ricain a battu ses rivaux parce qu’il était plus dopé qu’eux ou parce qu’il était autant dopé mais avait une technique de moulinage plus adaptée ? ? ?

Ce sont des questions ouvertes, je n’ai pas d’avis sur la question.

Sinon, je connaissais pas l’anecdote du col de la Madone, c’est bien ces petites anecdotes. En tout cas, Rominger était un piètre grimpeur avant de passer par la case Conconi/Ferrari.

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par AxelBorg

le 17 novembre 2012 à 15H25

Force ou souplesse, le dilemme permanent des montagnes du Tour de France

Salut Fabien,

Pour moi, Lance Armstrong, sur les 6 ou 7 minutes d’avance qu’il avait comme maillot jaune sur son dauphin, en devait facilement 2 ou 3 à un dopage EPO optimisé par Michele Ferrari.

Pour le reste, il y a la dévotion de son équipe US Postal, son intelligence tactique hors pair, sa reconnaissance d’étapes plus que minutieuse (stakhanoviste), sa capacité à arriver sur le Tour à son pic de forme, et aussi sans doute sa cadence de pédalage moins consommatrice en énergie.

Je le vois un peu comme un pilote de F1 qui use moins vite ses pneus, sauf que là le pneu en question, ce sont les muscles des jambes, mollets, ischio-jambiers et autres adducteurs !

Mais on ne peut réduire Armstrong au dopage, c’est trop réducteur je trouve. A dopage égal, il aurait sans doute encore battu Jan Ullrich ou Marco Pantani sur 3 semaines, mais avec beaucoup moins de marge clairement.

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par diogene95

le 18 novembre 2012 à 14H23

Force ou souplesse, le dilemme permanent des montagnes du Tour de France

Pour la dernière phrase : "à dopage égal...". Tu pense que ce n’était pas le cas ? Ullrich n’était pourtant pas chez des bricoleurs. Pantani je sais moins, mais EPO sûrement aussi ? Bon après les quantités ça on peut pas évaluer, comme le travail de Ferrari.

Là où c’était impressionnant, c’était le train bleu : grosse perd en CLM par équipe, plus gros coup de main en montagne notamment.

Finalement ça pourrait être le prochain "gros coup" du système dopage. Une équipe de dopés autour d’un bon leader qu’on laisse propre. Bon faut un mec déjà très fort parce que s’il se fait lâcher au train par son sprinter en montagne, ça va se voir... ( Et je pense à peine à l’équipe anglaise en disant ça ^^ )

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par AxelBorg

le 19 novembre 2012 à 08H38

Force ou souplesse, le dilemme permanent des montagnes du Tour de France

@diogene,

Non je pense que le niveau du dopage US Postal / Discovery puis Astana était meilleur que chez Telekom ou ONCE.

Comment expliquer sinon la 14e place finale de George Hincapie en 2005, et surtout la victoire du New Yorkais au Pla d’Adet ?

Mais encore une fois, cela n’explique pas la totalité de l’écart.

En 2001, Ullrich fait son meilleur Tour de France exceptés 1997 et 2003. Le pauvre finit 2e de toutes les étapes décisives (Alpe d’Huez, Chamrousse, Pla d’Adet) et il finit à 6’44’’ de Lance Armstrong à Paris.

Donc même si le Texan doit son maillot jaune à de meilleures reconnaissances d’étape, au bluff dans l’Alpe ou à la présence de Heras et Rubiera comme coéquipiers de luxe en montagne, il est pour moi évident via ce Tour 2001 qu’Armstrong avait un cocktail EPO encore plus efficace que celui d’Ullrich.

A ce titre, il sera intéressant de voir qui des écoles Contador (Saxo Bank) ou Froome (Sky), dont le niveau de watts a atteint des sommets durant le Tour 2012, sera la meilleure pharmacie de l’édition 2013.

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par Nicolas

le 17 novembre 2012 à 20H32

Force ou souplesse, le dilemme permanent des montagnes du Tour de France

Bonsoir AxelBorg,

Est-ce qu’Armstrong a gagné 7 Tours grâce au "meilleur système de dopage de tous les temps" ou grâce à un très bon système de dopage + de nouvelles techniques et stratégies de course ? Question insoluble, en effet...

Ce qui est sûr c’est que, comme pour les autres dopés, l’entraînement d’Armstrong était calculé pour favoriser le dopage et non le contraire. Les dopés pensent d’abord à se doper, après à s’entraîner, à "scientifiser" la course, à trouver de nouvelles techniques de pédalage, etc...

Comme tu le précises, l’équation acide lactique = muscles asphyxiés a été remise en cause récemment. Selon certains médecins-chercheurs, la production d’acide lactique serait même bénéfique au sportif...

Les justifications pseudo-scientifiques d’Armstrong ne tiennent pas la route : il a perdu 1 kilo (et pas 11...) entre 93 et 99, l’acide lactique n’est pas responsable de l’asphyxie du muscle (c’est plutôt le rythme de pédalage élevé qui l’est, de mon point de vue...). C’est de la poudre aux yeux, comme "le psychologue et le nutritionniste de Wiggins", chers à T. Adam !

Mais la question demeure : est-ce qu’Armstrong était réellement meilleur qu’Ulrich et Basso, ou était-il simplement mieux dopé ?

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par AxelBorg

le 19 novembre 2012 à 08H19

Force ou souplesse, le dilemme permanent des montagnes du Tour de France

Bonjour Nicolas,

Physiologiquement, Ullrich était plus fait pour gagner le maillot jaune qu’Armstrong.

1.83 m et 73 kg en début de carrière pour l’Allemand, 1.77 m et 83 kg pour le Texan !!

Oui les justifications scientifique d’Armstrong sur ses kilos perdus ou l’acide lactique sont de la poudre aux yeux, d’autant qu’il a commencé à prendre de l’EPO dès 1995, voyant Motorola réduite en poussière par Gewiss et d’autres équipes dans Milan - San Remo.

Sinon pour ses 7 victoires, je penche plutôt pour la 2e option, excellent système de dopage combiné à des optimisations dans tous les domaines de la course (entraînement, mental, technique, autorité de patron sur son team US Postal ...).

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