"JOUISSIF"...
"Fierté", "grands", "courage", "panache", "jouissif"... En lorgnant dans la presse française ce mercredi, j’ai cru un instant que, ça y est, on était champions du monde! J’étais alors surpris de découvrir qu’en réalité on avait fait nul en Espagne. Cette équipe de France, tant décriée, assimilée à une honte nationale, ses joueurs qualifiés de "racailles de cité", de "sales gosses", s’est tout à coup muée en fierté nationale. D’un coup de baguette magique. Parce qu’elle vient d’enchaîner trois bons résultats qui ne l’envoient même pas au Brésil...
La presse, comme les suiveurs et supporteurs de l’équipe de France, change vite d’avis. Trop vite. Aujourd’hui portés en triomphe (sans avoir vaincu), nos joueurs ne manqueront pas de se faire à nouveau pourrir s’ils ne réussissent pas à l’emporter face à la Géorgie au mois de mars prochain. Pire, s’ils ne gagnent pas contre l’Espagne à Paris, la presse demandera des comptes... et des têtes!
L’équipe de France n’a pas perdu à Madrid. Exploit? Peut-être.
Il n’est pas besoin de présenter le CV de la sélection espagnole, on le connaît tous. Les journalistes, en masse, prévoyaient le pire pour nos joueurs. Des deux côtés des Pyrénées, personne ne voulait croire un instant que les Français puissent tenir la dragée haute aux champions du monde et doubles champions d’Europe. Et ils ne l’ont pas fait. En première mi-temps, face au onze espagnol configuré dans cet atroce 4-6-0 devenu proverbial chez Del Bosque, les joueurs de l’équipe de France n’ont pas existé. Casillas n’a pas vu le ballon jusqu’au premier tir, cadré, de Benzema à la trente-troisième minute! Pourtant, dès la dixième minute, Wenger remarquait que les Espagnols étaient entrés petitement et qu’il y avait moyen de les bousculer. Une petite équipe d’Espagne, suffisante à souhait, empruntée, mais néanmoins devant suite au but de Ramos.
Après le but espagnol, le quatuor made in TF1 ne put s’empêcher d’entonner un hymne tout à la gloire des Espagnols. Ce furent 10 minutes de pur onanisme avec le bla bla bla habituel sur la supériorité technique de nos adversaires. Calenge osa même: "Nous n’avons tenu que six minutes de plus qu’à l’Euro". Pour ce besogneux pourvoyeur de statistiques et d’informations vaseuses, le match était déjà plié.
Heureusement pour nous, Lloris sauva la patrie deux fois en fin de mi-temps. D’abord sur le penalty de Fabregas, puis sur une double occasion signée Pedro et Fabregas. Fabregas, dont je me demandais bien, à ce moment, s’il finirait le match. Fabregas, qui fut assurément l’Espagnol le plus léthargique du match. Au total, 0-1 à la mi-temps c’était cadeau. Avec notre tir cadré et notre corner, en tout et pour tout, nous ne faisions pas réellement les fiers. 0-1 à la mi-temps c’était déjà presque une victoire...
En deuxième mi-temps, le match repartit sur les mêmes bases (contrôle du ballon et du jeu par les Espagnols, endormissement) jusqu’à la cinquante-sixième minute. Le premier changement effectué par Deschamps fut le bon. Valbuena remplaça Gonalons. Valbuena est peut-être le joueur le moins talentueux de l’équipe de France mais c’est aussi le plus courageux. Or, c’est de courage dont cette équipe avait besoin.
Progressivement, profitant du délitement du jeu espagnol, l’équipe de France sortit la tête de l’eau. Pleins d’envie, à l’image des surgissements de Matuidi et de Ribéry débarrassé d’Arbeloa, les Français restaient pourtant inefficaces, brouillons. Je ne les voyais pas marquer ce but si précieux. Pour continuer à bousculer les Espagnols, mis au pas physiquement, Deschamps fit alors entrer Sissoko. Un taureau supplémentaire au milieu. Peut-être fatigués, les Espagnols baissèrent définitivement pied en fin de match et se firent surprendre à la dernière seconde sur une contre-attaque. Contre-attaque permise par un geste d’un franc snobisme de la part du latéral Juanfran: tentative de grand pont... Voilà qui laisse rêveur sur l’état d’esprit des Espagnols!
Dans les autres matchs, l’Allemagne s’est fait remonter 4 buts à Berlin par la Suède, la Belgique et la Croatie ont battu les cousins celtiques, l’Ecosse et le Pays de Galles, les Pays-Bas ont gagné en Roumanie, l’Italie a disposé du Danemark, l’Angleterre a évité le naufrage en Pologne, etc. En Asie, l’Iran a remporté le choc face à la Corée du Sud et fait un pas important en direction du Brésil. En Océanie, c’est fini pour Tahiti. En revanche, la Nouvelle-Calédonie peut y croire... à condition d’aller gagner en Nouvelle-Zélande en mars. Dans la zone CONCACAF, il faudra trouver les trois qualifiés plus le barragiste parmi les six sélections suivantes: Costa Rica, Honduras, Jamaïque, Mexique, Panama, Etats-Unis. Enfin, en Amérique du Sud, plus rien n’arrête l’Argentine (victoire au Chili). L’Uruguay, au contraire, continue de boire la tasse: cette fois-ci, une cinglante défaite 1-4 à La Paz. Si quelqu’un (Manochau?) peut m’expliquer le pourquoi du comment de la mauvaise passe uruguayenne depuis 2 mois, je suis preneur!
ouais, grande victoire 1-1 !
On les a maravé pendant 15mn !
On a pris le large au classement avec que deux buts de retard au goal average !
onélémeyeurs ! le match nul est en nous !
lol
sale pisse froid. Bien sur on les a ridiculisé chez eux à madrid devant leurs président rouanne carlos.
Sans la clémence et disons le, la pitié de l’arbitre c’est 4-0 qu’on leurs mettaient à ces cons.
ça me rappelle les années post-Platoche.
Fin 87, début 88, on fait 1-1 en URSS, un nul qui nous élimine de la course à l’Euro 88.
Ben tout le monde était content, on s’était bien battu, on avait marqué tôt (but de Touré), et à un 1/4 d’heure de la fin, on menait toujours face aux ogres soviétiques. (en 86, ils étaient dans notre poule au Mundial, et déjà on serrait les fesses)
Un peut avant, en Août 87, on fait 1-2 en Allemagne, avec 2 buts de Völler dans les 9 premières minutes, mais tout le monde est content parce qu’on prend pas une valise et que Cantona et Passi font un bon match.
Au printemps 88, on bat l’Espagne 2-1 en amical et c’est la fête. Bon, les espagnols perdront leurs 3 matches à l’Euro.
Entre temps, des nuls à domicile contre la Norvège (à l’époque, la honte), une défaite à Paris contre la RDA, c’est vrai qu’on était devenus nuls.
Revenus au niveau pré-Séville 82.
On se contentait de peu, parce qu’on était peu.
Comme en 2012.
Moi je trouve les superlatifs normaux, l’EDF est complexée, elle fait plus rien depuis 6 ans, et à part battre l’Allemagne ou le Brésil ou les beefs en amical (comme au bon vieux temps de l’EDF championne du monde des amicaux) , elle ne fait plus rien.
On est redevenus des losers, des humbles, des complexés.
Parles pour toi.
Moi j’suis un winner, un vrai, un comme ça
http://bigbrowser.blog.lemonde...
Nan mais c’est vrai, faut rester sérieux. On peut boire autant de coups qu’on veut mais faut savoir se tenir.
Bonjour, se satisfaire (dans les journaux et ailleurs) avec un tel excès d’un résultat aussi faible montre bien où on situe actuellement le niveau de notre sélection !
Nos joueurs ont bien joué 20 minutes, ont été brouillons au possible et ont égalisé à la dernière seconde. A écouter L’Equipe et la 3F on dirait qu’on est, au moins, champions du monde !
J’espère qu’on ira au Brésil. Avec l’Espagne dans notre groupe, ça, ce serait énorme...

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