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le 10/02/2013

Pyrénées carrefour de vérité, Alpes juge de paix


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Peu de coureurs ceints du maillot jaune ont perdu le Tour de France en abordant comme deuxième massif les Pyrénées, carrefour de vérité. Abordées en fin de Tour, les Alpes sont elles un juge de paix, tant elles ont changé la hiérarchie de Tours de France.

Pyrénées, carrefour de vérité

Bien des coureurs entrés en jaune dans les Pyrénées ont converti l’essai, ramenant le paletot d’or à Paris: Fausto Coppi (1952), Louison Bobet (1955), Jacques Anquetil (1961), Eddy Merckx (1969, 1970, 1974),Luis Ocaña (1973), Lucien Van Impe (1976), Bernard Hinault (1985), Pedro Delgado (1988), Miguel Indurain (1993, 1995),Bjarne Riis (1996), Lance Armstrong (1999, 2001, 2003, 2005), Alberto Contador (2007), Andy Schleck (2010), Bradley Wiggins (2012).Mais quelques exceptions subsistent, les cols pyrénéens ne furent pas un carrefour de vérité pour tous les coureurs.

En 1947, René Vietto cède plus de dix minutes à Jean Robic dans l’étape Luchon - Pau. Le roi René garde le maillot jaune mais le perd dans l’étape chronométrée Vannes - Saint-Brieuc, la légende voulant que le grimpeur cannois ait eu les jambes coupées par la faute du cidre offert par un supporter de Robic! Le lutin breton prend le maillot jaune dans l’ultime étape, à Paris, scénario au suspense exceptionnel seulement reproduit deux fois depuis, par Jan Janssen en 1968 et Greg LeMond en 1989.

En 1964, Georges Groussard s’offre le maillot jaune dans l’étape de Briançon, gagnée par le vétéran espagnol Federico Bahamontes. Ce Tour de France oppose le Normand Jacques Anquetil au Limousin Raymond Poulidor dans un duel au couteau. Abordant les Pyrénées ceint de la Toison d’Or, Groussard est toujours leader du Tour à Pau, mais perd la précieuse tunique après le CLM de Bayonne, où Anquetil impose sa férule.

En 1971, Luis Ocaña réalise l’exploit de sa carrière à Orcières-Merlette, plantant une banderille dans la cuirasse d’Eddy Merckx, que tout le monde pensait intouchable. Revanchard sur la route de Marseille, le Cannibale belge refuse viscéralement de céder son maillot jaune. Double vainqueur en 1969 et 1970, le virtuose Bruxellois gagne le CLM d’Albi. Espérant se refaire son retard dans les cols pyrénéens, Merckx harcèle Ocaña. Ce dernier, aveuglé par sa puissance, commet le péché d’orgueil de vouloir porter l’estocade. Suivant le Belge comme son ombre, l’Espagnol chute dans la descente du col de Menté. Percuté par Zoetemelk, le Castillan perd son maillot jaune sous la pluie ... et devra attendre 1973, dans un Tour orphelin de son rival brabançon, pour ramener le maillot jaune à Paris.

En 1990, àla faveur d’une échappée fleuveau Futuroscope dfe Poitiers, accompagné de Steve Bauer et Ronan Pensec, l’ItalienClaudio Chiappucci sème la zizanie chez les favoris du Tour, trop occupés à se regarder en chiens de faïence: LeMond, Breukink, Delgado, Fignon, Bugno ... Alors que Bauer succède à Maassen comme maillot jaune, Pensec cède la tunique en haut de l’Alpe d’Huez. Piégé par Breukink et LeMond sur la route de Saint-Etienne, Chiappucci conserve cependant les rênes de l’épreuve avant les Pyrénées. Mais la pression s’accroit sur le grimpeur toscan, qui perd un temps précieux sur Greg LeMond dans l’étape de Luz Ardiden. Revenu à 5 misérables secondes de l’Italien, le Californien parachève son chef d’oeuvre dans le chrono du Lac de Vassivière, reprenant in extremis le maillot jaune pour sa troisième victoire dans le Tour de France. Le panache de Chiappucci, offensif dans le col d’Aspin, ne s’est pas avéré payant face un LeMond solide et opportuniste.

En 2001, tirant les marrons du feu du coup de Pontarlier,François Simon prend le maillot jaune à l’Alpe d’Huez des épaules de Stuart O’Grady. Alors que Lance Armstrong, hégémonique en montagne, ne cesse d’asphyxier le Tour à chacun de ses points névralgiques, le cadet des frères Simon doit se rendre au sommet du Pla d’Adet, où Armstrong a encore battu Ullrich dans le duel des titans. Le Texan, implacable, stratosphérique, retrouve donc sa seconde peau au moment idéal, juste avant d’amorcer la remontée vers Paris. A Luz Ardiden, Ullrich s’avoue vaincu, scellant sa reddition face à Armstrong par une paix des braves restée dans toutes les mémoires.

Vainqueur à Tignes en 2007, leDanoisMichael Rasmussen ne sait pas encore que le maillot jaune se transformera en châtiment de Sisyphe. Accusé de dopage, Chicken Legs domine pourtant les Pyrénées après avoir franchi le Rubicon, 7e au chrono d’Albi derrière Alexandre Vinokourov, Cadel Evans, Andreas Klöden. Dauphin de Contador au Plateau de Beille, intouchable au col d’Aubisque le lendemain, le Scandinave ne finira pas la traversée des Pyrénées, lâché par sa propre équipe, Rabobank, devant l’ampleur prise le scandale. L’épée de Damoclès s’abat sur le coureur danois, aperçu en Italie dans le massif des Dolomites alors qu’il a prétendu s’entraîner au Mexique. Et Rasmussen, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, passe du Capitole à la Roche Tarpéienne.

En 2010, maillot jaune après la blessure deCadel Evans, le LuxembourgeoisAndy Schleck cède son bien à son rival Alberto Contador dans l’étape pyrénéenne de Bagnères-de-Luchon. A l’issue de la polémique sur un saut de chaîne du cadet des frères Schleck dans le port de Balès, l’Espagnol garde le maillot jaune jusqu’à Paris où il gagne son troisième Tour. Mais il sera déclassé en février 2012 sur tapis vert, pour dopage,au profit d’Andy Schleck.

Alpes, juge de paix

Les maillots jaunes ayant scellé leur victoire dans le Tour en entranten leadersdans les Alpessont légion: Gino Bartali (1948), Hugo Koblet (1951), Jacques Anquetil (1962), Felice Gimondi (1965), Eddy Merckx (1972), Bernard Thévenet (1975, 1977), Bernard Hinault (1978, 1981), Joop Zoetemelk (1980),Laurent Fignon (1983, 1984), Greg LeMond (1986, 1989),Miguel Indurain (1991, 1994), Jan Ullrich (1997), Lance Armstrong (2000, 2002). D’autres ont du sortir le grand jeu pour triompher des Alpes.

En 1949, alors que Gino Bartali l’emporte à Briançon le jour de son 35e anniversaire, son jeune coéquipier Fausto Coppi porte au pinacle le style cycliste en montagne. Dès le lendemain, vers Aoste, le Piémontais et ses longues jambes d’échassier tiomphent. Et Coppi, lauréat du Giro déjà devant Bartali, alias Il Vecchio, devient l’inégalable,alias Il Campionnissimo.

En 1958, alors que Charly Gaul gagne le chrono du Mont Ventoux, le Luxembourgeois s’effondre sur la route de Briançon. Ecarté de l’équipe de France par Marcel Bidot,Raphaël Geminiani mûrit sa revanche au sein de l’équipe Sud Ouest. Le Grand Fusil s’empare du maillot jaune au moment décisif. Mais les éléments déchaînés vont emporter le coureur auvergnat sur la route d’Aix-les-Bains. Menant sa route tel Noé dans son arche, sous le déluge de la Chartreuse, Gaul réédite l’exploit de 1956, quand il avait inversé le destin du Giro dans la terrible étape du Monte Bondone. L’Ange de la Montagne se mue en diable infernal, dressant ses fourches caudines face à un peloton médusé par l’ampleur du combat.
Seul contre la pluie déchaînée, Gaul ne cesse d’accroître son avance, considérable. Battu, écrasé par un coureur en état de grâce, Geminiani rend son maillot jaune dans une scène demeurée célèbre: des Judas, tous des Judas ...

Maillot jaune à Bagnères-de-Luchon, après une étape courue sous la canicule et qui a sonné le glas des espoirs de nombreux favoris du Tour de France 1983, Pascal Simon voit son rêve virer au cauchemar dès le lendemain de sa prise de pouvoir. Le maillot jaune chute violemment et se brise l’omoplate. Héroïque pendant plusieurs étapes, ignorant la terrible douleur qui lui déchire l’épaule, ménagé par des rivaux qui respectent le bushido cyclise et n’osent pas attaquer un homme affaibli, Simon repousse l’inexorable. Mais le destin est cruel, et Pascal Simon cèdera dans l’étape de l’Alpe d’Huez, qui sonne l’avènement de Laurent Fignon. Attaqué par Winnen et Arroyo, le jeune espoir de Renault légitimera son maillot jaune en gagnant le chrono de Dijon. Pour sa première participation, Fignon verra Paris en jaune, exploit seulement réalisé par les légendes du cyclisme: Coppi (1949), Koblet (1951), Anquetil (1957), Gimondi (1965), Merckx (1969) et Hinault (1978).

En 1984, alors queVincent Barteau tire les dividendes de l’échappée fleuve de Cergy-Pontoise, son coéquipier et leader chez Renault Laurent Fignon sort la guillotine dans l’Alpe d’Huez. Vainqueur en 1983 dans un Tour orphelin de Bernard Hinault, l’espoir devenu star enfonce le clou dans une édition où le natif d’Yffiniac veut reconquérir son empire perdu. Maillot jaune à la Plagne, Fignon tire la quintessence de sa forme exceptionnelle. En ce mois de juillet 1984, le Francilien est au zénith, à son apogée. Il va multiplier les victoires comme les petits pains en montagne: à la Plagne, à la Ruchère, à Crans Montana ...

En 1986, Bernard Hinault commet le péché d’orgueil, oubliant sa belle promesse de 1985 envers Greg LeMond. Ayant promis d’aider son jeune coéquipier américain à gagner le Tour de France, le Breton se laisse griser par une possible sixième victoire, et la perspective de battre le record qu’il codétient avec Anquetil et Merckx. Seul au sommet, seul au panthéon, l’image a de quoi changer l’état d’esprit d’un coureur. Si bien qu’Hinault se met en quête de son Graal, qui demeurera utopique. La réaction de LeMond dans Superbagnères, au vitriol, remet le Californien en selle. Pionnier du cyclisme américain, le champion du monde 1983 profite d’une défaillance d’Hinault dans le col de l’Izoard pour prendre le maillot jaune à Briançon. La tunique ne changera plus d’épaules, et Bernard Tapie orchestrera une mise en scène à l’Alpe d’Huez, om Hinault et LeMond franchissent la ligne main dans la main, dans une hypocrisie totale ...

Parmi les coureurs français qui n’ont jamais gagné le Tour et qui ont fait chaviré le public le temps d’une étape, Jean-François Bernard serait sans doute plébiscité si un sondage était fait. Epoustouflant de classe en 1987 au Mont Ventoux, le Nivernais assume ses responsabilités de leader de Toshiba, dans une équipe décimée, orpheline du retraité Hinault et du tenant du titre, Greg LeMond, qui a frôlé la mort le lundi de Pâques dans un accident de chasse à Rancho Murieta. Maillot jaune après son authentique exploit au Géant de Provence, Bernard cèdera sa tunique à Villars-de-Lans, piégé par une crevaison. Mais Pedro Delgado la perdra à Dijon, où Bernard domine contre-la-montre le futur vainqueur du Tour, Stephen Roche, l’homme qui signera le Grand Chelem du vélo en cette saison 1987, le mythique triplé seulement réussi par Eddy Merckx en 1974: Giro, Tour, Mondial. Exceptionnel mentalement contre Visentini au Giro, Roche ne l’a pas moins été contre Delgado sur le Tour 1987, l’Irlandais étant victime d’une syncope à la Plagne, si bien qu’il faudra le réanimer au masque à oxygène après la ligne d’arrivée. Avec l’énergie implacable des champions, Roche s’est transcendé pour gagner les quelques secondes qui feront la différence face au coureur de Ségovie. Ce sera chose faite, remettant les desseins elyséens de Perico Delgado à 1988.

En 1992, échappé dans l’étape de Bordeaux,Pascal Lino devient maillot jaune après le chrono par équipes de Libourne. Le jeune espoir français conserve sa tunique malgé le massacre du Luxembourg perpétré par Miguel Indurain. Après ce génocide cycliste sur les routes du Grand-Duché, le champion espagnol a rendu utopique les chances de tous ses rivaux. Humiliant le peloton, Indurain va sereinement cueillir les fruits de ses efforts dans la montagne. Et c’est lors d’une autre étape au contexte digne de Charles Darwin et de la sélection naturelle, par un rythme d’enfer mené par le diable Claudio Chiappucci, que Pascal Lino quitte son paradis et revient au purgatoire. A Sestrières, Lino rend à Indurain ce qui est sa légitime propriété: le maillot jaune. Dans le Piémont, sur une route envahie par les tifosi venus acclamer El Diablo, le jeune Français rend les armes face au patron, un colosse Navarrais déjà roi d’Italie quelques semaines plus tôt. L’Espagnol, à qui on reproche un manque de panache, contrôle facilement Chiappucci dans l’Alpe d’Huez, tandis que Bugno sombre, bien loin du vainqueur du jour, Andy Hampsten, qui a bénéficié d’un bon de sortie de par son statut de victime sévère d’Indurain au Luxembourg ...

Tutoyant la perfection en 1997, Jan Ullrich est bien moins redoutable durant l’été 1998. Vulnérable, l’ogre allemand a payé cher sa réaction de panique après une crevaison au Plateau de Beille, cédant 1’40’’ à Pantani, premier outsider de cette édition marquée par l’exclusion des Festina en Corrèze. Bien que débarrassé de la concurrence de Zülle et Virenque et de leurs coéquipiers de luxe Dufaux, Moreau, Jan Ullrich sait que le vainqueur du Giro est dans un cercle vertueux depuis qu’il a triomphé de Zülle dans les Dolomites puis de Tonkov à Lugano, lors du dernier chrono du Giro. Menacé par Marco Pantani, le leader des Telekom s’effondre sous la pluie apocalyptique du col du Galibier. L’Italien en profite pour réaliser laplus belle prouesse de sa carrière. Escaladeur prodigieux, Pantani arrive en triomphateur aux Deux-Alpes, oùJan Ullrich cède neuf minutes, victime d’une incroyable défaillance, plus spectaculaire que celles d’Eddy Merckx en 1975 à Pra-Loup, Greg LeMond en 1991 au Val Louron ou Miguel Indurain en 1996 aux Arcs. Au terme de cette étape dantesque, l’Allemand s’est révélé incapable de suivre ses coéquipiers Bolt et Riis dans l’ultime montée.

En 2004, ayant repoussé ses limites dans les Pyrénées pour échapper à l’inéluctable prise de pouvoir de Lance Armstrong,Thomas Voeckler doit s’avouer vaincu à Villars-de-Lans, où le Texan s’impose devant Basso, Klöden et Ullrich. Laminés, les trois rivaux de l’Américain le seront encore trois fois avant de couper la ligne sur les Champs-Elysées: dans le chrono en altitude de l’Alpe d’Huez, au Grand Bornand et dans le CLM de Besançon. Jamais le champion de l’US Postal, dont on évoquait le déclin à l’aube du Tour 2004, n’a semblé aussi invulnérable, forgeant avec la manière une sixième victoire record.

En 2008, récupérant en Italiele maillot jaune conquis par Cadel Evans sur les pentes de Lourdes Hautacam,Frank Schleck se retrouve pris au piège de la course d’équipe. Son équipier chez CSC, Carlos Sastre, s’enfuit dans l’Alpe d’Huez, à la conquête du maillot jaune. Défendant son bien dans le chrono final, le beau-frère de feu Jose Maria Jimenez, souvent placé, termine enfin gagnant ...

En 2009, Alberto Contador détruit tout suspense dans l’étape de Verbiers, s’emparant du maillot jaune après une victoire autoritaire. Echappée dans Andorre Arcalis, Rinaldo Nocentini cède la tunique face à l’ogre Contador. Impérial dans sa défense au Grand Bornand, le Pistolero espagnol s’offre même le luxe de dominer Spartacus, alias Fabian Cancellara, dans le chrono d’Annecy. Après une telle démonstration de force du Madrilène, l’étape du Ventoux, imaginée par les organisateurs comme le juge de paix à la veille du sacre parisien, fait figure de procession où Contador contrôle facilement ses dauphins Andy Schleck, Lance Armstrong et Bradley Wiggins.

Echappé sur la route de Saint-Flour, Thomas Voeckler éclabousse de panache le Tour 2011, où Alberto Contador déçoit après un Giro écrasé par le Pistolero. Les favoris que sont les frères Schleck, Ivan Basso et Cadel Evans ainsi que Contador pensent désarçonner l’Alsacien dans les cols pyrénées, mais Voeckler résiste. Pérennisant sa présenceparmi les ténors, le Français veut croire à une utopique victoire finale, attendue depuis 1985 et l’ultime sacre de Bernard Hinault. En jaune à Luz Ardiden, au Plateau de Beille, Voeckler n’a pas l’intention de céder sa tunique comme en 2004 face à Lance Armstrong. Le coureur a mûri, mais l’étape reine aura raison de lui. Andy Schleck provoque une impitoyable sélection vers le col du Galibier, et seul Cadel Evans limitera l’hémorragie du temps, sauvement indirectement le maillot jaune de Voeckler. Ce n’est qu’un sursis car Schleck prend les commandes du classement général dès le lendemain à l’Alpe d’Huez où la razzia Europcar se poursuit avec le succès d’étape de Pierre Rolland. Le lendemain, Cadel Evans met tout le monde d’accord, dominant nettement les frères Schleck lors du chrono de Grenoble. Dauphin de Contador en 2007 puis de Sastre en 2008, l’Australien vit son bâton de maréchal, deux ans après avoir gagné le maillot irisé àMendrisio...

par AxelBorg
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par AxelBorg

le 11 février 2013 à 09H08

Pyrénées carrefour de vérité, Alpes juge de paix

Pour les Alpes en 2e massif, je m’aperçois que j’ai oublié un changement de maillot jaune parmi les plus spectaculaires, celui d’Eddy Merckx vers Bernard Thévenet en 1975.

Collé au goudron de Pra-Loup, le Cannibale belge connut la pire défaillance de sa somptueuse défaillance. Plus jamais il ne porterait le maillot de leader du Tour de France.

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par AxelBorg

le 12 février 2013 à 09H22

Pyrénées carrefour de vérité, Alpes juge de paix

Jorg Jäksche, membre de Change Cycling Now avec Boyer, LeMond, Bugno et Vaughters, s’est lâché au procès Puerto.

Il a notamment évoqué le cas d’un coureur ayant rejoint Liberty Seguros et Fuentes fin 2005 avec pour ambition de gagner le Tour de France.

Le profil correspond à Contador mais encore plus à Vinokourov.

Ivan Basso, lui, a poursuivi l’omerta, ne pouvant justifier pourquoi des poches de sang étaient chez le médecin espagnol.

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par Fabien

le 13 février 2013 à 01H20

Pyrénées carrefour de vérité, Alpes juge de paix

Merci Axel pour cet article à large amplitude qui nous fait réviser nos classiques et bien plus.

En tout cas, j’en retire comme toi que les Alpes font plus facilement la décision que les Pyrénées.

Je n’ai pas encore suffisamment de connaissances pour te donner la réplique sur l’époque héroïque (années 30-60) mais j’aime bcp tes articles qui l’évoquent.

Sur le Tour 90, cependant, tu as commis le pêché de Xerxès, tel les compagnons d’Ulysse qui ont refusé de se bander les yeux et ont succombé aux sirènes. Frans Maassen n’a jamais porté le maillot jaune. C’est tout le drame des Buckler de Jan Raas, qui ratent le maillot jaune dans la demi-étape du matin et se font souffler la victoire dans le contre-la-montre par équipe de l’après-midi par les rivaux de Panassonic. Contre toute attente, les 7 Eleven de Bauer et Hampsten vont battre les Buckler de 8"... et Maassen ne portera jamais le maillot.

Quant à Pensec, il n’est pas vaincu mais ultra-favori au soir de L’Alpe d’Huez. Il fait une montée sublime, porté par un extraordinaire Robert Millar. Pensec se classe 10ème en haut à seulement 47" de Bugno, LeMond et Breukink mais 39" devant Chiappucci. Face à un Chiappucci que Pensec a dominé en contre la montre et en montagne et face à un LeMond encore à 9’04" de son équipier, la cause semble entendue pour nombre de commentateurs. Ce Tour 90 semble promis à Pinpin, l’homme des années paires (6ème en 86, 7ème en 88).

Mais contre toute attente, Pensec s’effondrera le lendemain, dans le contre la montre de Villard de Lans. C’est désormais le petit Italien qui fera figure d’épouvantail.

Pour le reste, Bugno membre de Change cycling Now, c’est quand même curieux... Il n’a jamais été à une ambiguïté près. Je me souviens l’avoir lu chargé Theunisse en 1990 après son n ième contrôle positif. " Cet homme salit notre sport" avait-il dit... Quel cynisme !

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par AxelBorg

le 13 février 2013 à 08H14

Pyrénées carrefour de vérité, Alpes juge de paix

Salut Fabien,

Oui désolé pour 1990, je ne sais pas pourquoi, je retiens toujours que Pensec perd son maillot jaune à l’Alpe d’Huez alors que c’est seulement le lendemain.

Pour Maassen, oui en effet c’est le seul de l’échappée du Futuroscope à ne pas porter la tunique, seuls Bauer, Pensec et Chiappucci auront cet honneur en 1990, là aussi je l’oublie toujours !

Sinon pour Bugno, oui les sportifs ne sont pas à une contradiction près, mais quand je vois Djokovic cracher sur Armstrong, cela m’écoeure un peu, vu ce que le Serbe doit prendre pour cavaler ainsi sur les courts de tennis !

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par Fabien

le 13 février 2013 à 21H24

Pyrénées carrefour de vérité, Alpes juge de paix

T’excuse pas, ils sont toujours au top tes articles !!!

Et puis le délit de négationnisme n’a pas encore été étendu aux propos attentant à la réputation de Ronan Pensec.

Pour réparer le préjudice, je vais essayer de démontrer pourquoi,sans adversaires artificiellement boostés par l’EPO, il aurait gagné ce Tour. Bon, c’est ardu mais défendable :

dans le clm de Villard de Lans, pas de Chiappucci, qui aurait été éliminé depuis les deux étapes alpestres ; moindre debours face à Breukink, Delgado et Indurain.

dans l’étape de Saint-Etienne, pas d’attaque suicide contre Chiappucci contrée par LeMond. Pinpin serait donc resté tranquillement dans les roues sans que LeMond n’attaque avant Chaubouret. Au pire, il aurait pu être distancé de Chaubouret par des attaques d’un Delgado en mauvaise forme suivi par LeMond mais pas de bcp (1 minute).

Pareil au Causse Noir.

Luz Ardiden, où galvanisé par son maillot, Pinpin arrive à se maintenir à 1 minute de LeMond, son seul réel rival. Delgado a la gastro et n’est pas dangereux.

Clm de Vassivière, Il reste un peu plus de 3 minutes à Pensec qui résiste.

Pensec a donc gagné le Tour 90, non sans avoir remporté au sprint l’étape des Champs Elysées. Les hôtesses lui remettent pour la 10ème fois ce maillot jaune tant mérité. LeMond et Delgado complètent le podium. Une fois de plus, LeMond a été piégé par la tactique d’équipe.

C’est le début de la Pinpinmania, qui durera jusqu’en 2003, âge auquel Ronan prendra une retraite bien méritée à 40 ans, après avoir remporté 5 tours de France, 3 Giro et la prestigieuse classique des feuilles mortes

Djokovic...

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par AxelBorg

le 13 février 2013 à 22H01

Pyrénées carrefour de vérité, Alpes juge de paix

Salut Fabien,

Pour moi, plus que "Pensec aurait-il gagné le Tour 90 sans EPO" ?, la vraie question de cette édition est la suivante

"Indurain aurait-il pu gagner le Tour 90 si Delgado avait été son coéquipier et non plus son leader chez Banesto" ?

Je ferais un article détaillé sur le sujet dans quelques temps j’espère.

Sinon, Jesus Manzano continue son travail de sape au procès Puerto ...

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par Fabien

le 13 février 2013 à 23H25

Pyrénées carrefour de vérité, Alpes juge de paix

Non, il n’aurait pas pu gagner... car si t’as bien suivi ma démonstration, Pensec l’aurait battu.

Peut-être, il aurait pu en gagner 1 ou 2 plus tard mais à mon avis ça aurait été très difficile tellement la prise de confiance de Pinpin suite à sa victoire dans le Tour l’aurait rendu intouchable. Désespéré de ne pas arriver à ses fins, Indurain se serait peut-être lancé dans un dopage hormonal immaîtrisé et aurait pu faire comme Robert Millar : changer de sexe.

Sinon, oui, je pense moi aussi qu’Indurain aurait pu gagner le Tour dès 1990. Je réserve mon argumentation pour après la parution de ton article. Je pense que FSud dira oui. Ditch dira que non. Dommage que ces années ne soient pas trop connues par les Voxiens pour faire un débat à plein. Bangs aura peut-être fait son voyage dans les couloirs du temps pour donner son avis. Peut-être qu’El Zanck nous dira aussi ce qu’il en pense.

+++

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par Fabien

le 13 février 2013 à 23H41

Pyrénées carrefour de vérité, Alpes juge de paix

Dans la même collection : Et si Greg Lemond avait succombé à son accident de chasse ?

Synopsis : le chirurgien est alcoolique et rate Greg LeMond qui décède en 1987, à 26 ans.

Fignon serait-il aussi célèbre ? Que se serait-il passé dans le Tourmalet en 91 ? Lance Armstrong aurait-il trouvé un ennemi à sa hauteur ? Robert Millar aurait-il changé de sexe ?

Distribution : Christian Clavier (Armstrong), Jamel Debbouze(Indurain), Gérard Jugnot (Riis) , Kad et Olivier (Livingston et Hamilton), Michel Serrault (Robert Millar), Roland de Plus belle la vie (Conconi) et Ronan Pensec dans son propre rôle.

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par sebtheouf 3.0

le 14 février 2013 à 08H05

Pyrénées carrefour de vérité, Alpes juge de paix

Le bihan pour jouer pensec ca irait bien non ?

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par AxelBorg

le 14 février 2013 à 10H37

Pyrénées carrefour de vérité, Alpes juge de paix

@Fabien,

Chirurgien alcoolique pour LeMond en 1987 ? Sacrée fiction !

Un célèbre sportif a vu sa carrière gâchée par les chirurgiens, le triple Ballon d’Or Marco Van Basten, clé de voûte du Milan AC entre 1987 et 1993.

La cheville du footballeur hollandais fut massacrée par les chirurgiens plus que par les défenseurs du Calcio, le cygne d’Utrecht l’a toujours dit.

Pour l’article sur Indurain en 1990, j’essaierai de le faire paraître en mars / avril si possible.

J’espère en effet qu’il donnera lieu à un débat avec Ditch, Fsud ainsi que d’autres voxiens férus de cyclisme.

Moi je pense aussi que Miguel aurait pu gagner dès 1990, à développer donc.

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par Ditch

le 15 février 2013 à 10H36

Pyrénées carrefour de vérité, Alpes juge de paix

Hello,

Pensec n’aurait jamais gagné en 1990. Le temps qu’il perd dans le CLM de Villard de Lans n’a rien à voir avec l’EPO. Je pense tout simplement qu’il était en surrégime avec le maillot sur les épaules et qu’il était en train de craquer. Ensuite, dans le massif central et les Pyrénées, il aurait été attaqué, sans doute mis à mal et Lemond aurait dû sortir de l’ombre, lui qui n’était déjà plus « qu’à » 6 min de Pensec après le CLM qui scelle son sort. L’américain aurait donc de toute manière repris le leadership de l’équipe et rattrapé son retard.

Pour Indurain/Lemond en 1990, un article peut être intéressant et fera certainement débat en effet ! Mais ce qui se serait vraiment passé, on ne le saura jamais... Trop d’incertitudes, de paramètres qui auraient varié si le contexte avait été différent. Il y a deux grandes questions en fait :

1) Indurain aurait-il été capable de ne pas perdre de terrain sur Lemond dans toutes les étapes de montagne ? Dans la fameuse étape de l’Alpe, j’en doute fort. Ok, il roule pour Delgado et se « sacrifie » après avoir été longtemps devant, Ok dès qu’il est lâché, il monte peut-être « tranquille », mais 10 min sur une seule ascension, c’est bcp. Claveyrolat qui était devant depuis longtemps également ne perdra que quelques secondes au final sur Bugno-Lemond-Breukink. Je pense que dans cette étape, le navarrais était dans un mauvais jour. A Luz-Ardiden par contre, il est plus frais dans les derniers hectomètres mais il est resté dans la roue durant les 8kms de l’attaque de Lemond.

2) Ensuite, Indurain aurait-il pris un temps suffisant à Lemond dans les CLM ? L’un comme l’autre les aurait p-ê abordé différemment en fonction de l’enjeu (Indurain en position de leader d’équipe, Lemond avec une plus grosse pression qu’avec Chiappucci dont les piètres performances en CLM ne devaient pas lui faire peur). Néanmoins, c’est vrai que sur l’ensemble du tour, Indurain semblait plus fort sur l’exercice chronométré. Mais d’un autre côté, pour les étapes en ligne, Lemond avait une excellente équipe alors qu’Indurain aurait juste pu compter sur un Delgado en méforme (pour autant qu’il ait accepté de rouler pour lui) alors que Rondon, brillant en 89, était à la rue cette année-là.

Bref, c’aurait été indécis... mais comme le suppose bien Fabien, j’aurais parié sur Lemond tout de même... Pour l’expérience aussi.

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par AxelBorg

le 15 février 2013 à 10H47

Pyrénées carrefour de vérité, Alpes juge de paix

Salut Ditch,

En effet l’article Indurain 90 sera intéressant, il va me prendre pas mal de temps.

Entre les CLM, la montagne, le comportement des équipes, le mental de LeMond et Indurain, pas mal d’angles de vue à analyser.

J’avais d’ailleurs fait un exercice du même style sur le Tour 99 entre Pantani et Armstrong, si jamais l’Italien n’avait pas été disqualifié du Giro et qu’il avait changé d’avis in extremis pour venir défendre son maillot jaune

http://www.sportvox.fr/article...

et

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par Fabien

le 15 février 2013 à 14H23

Pyrénées carrefour de vérité, Alpes juge de paix

Salut Ditch !

Toujours un plaisir de débattre avec toi.

Concernant Indurain/LeMond, je réserve le détail de mon argumentation pour la parution de l’article d’Axel. Mais ma position sera Indurain.

Pour Pensec, j’en ai rajouté des caisses, dans le genre scenario improbable. Je n’y crois pas même si j’aime bien Pinpin. Il ne manquait plus que son entrée au Sénat comme représentant des Français de l’étranger après 2 ballons d’or et une victoire à Rolland Garros !

Oui, Pensec était clairement en surrégime. On le voit d’ailleurs bien dans la montée de Saint-Gervais (la veille de l’Alpe) où Delgado attaque à 3 km du sommet comme il savait si bien le faire. Pensec est le seul à le suivre. Quelle impression pour les commentateurs ! A 1 km du sommet, Pensec est planté sur la route et finit in extremis l’étape avec le groupe LeMond-Indurain-Chiappucci-Breukink-Bugno-Alcala. Pensec était comme ça : une capacité d’accélération éblouissante et une générosité sans limite. Contrer Herrera, Parra et Delgado ne lui faisait pas peur ! Les 3/4 du temps, ça se finissait par un énorme coup de bambou. Il y aurait eu de très fortes chances que ça finisse mal pour lui !

Pourtant, il y a de rééls arguments en faveur de Pensec sans cette armada d’adversaire artificiellement boostés :

La passation de pouvoir au sein de l’équipe Z a été décidée à Villard de Lans. Pensec a définitivement lâché l’affaire le lendemain dans l’étape de Saint-Etienne, où il a servi de fusible pour faire péter Chiappucci. S’il avait été détenteur du maillot jaune, il n’aurait jamais attaqué et aurait continué à se battre jusqu’à la fin du Tour, comme il l’a fait en 86 et 88, où il était le leader de son équipe.

Cette équipe Z était une dream team pour contrôler une course dans les étapes de moyenne et haute-montagne : 4 excellents grimpeurs (Boyer, Kvallsvoll et Cornillet, et jusqu’à l’étape de Villard de Lans Millar), et l’incontournable Gilbert Duclos-Lassalle pour rouler sur le plat.

Reprenons les étapes :

Pensec aurait pu perdre moins de temps et d’énergie à L’Alpe, si un Indurain artificiellement boosté n’avait pas permis à Bugno, LeMond, Delgado, Chozas et Claveyrolat d’aborder L’Alpe avec 2’15 sur lui. Ne pas oublier que dans le bout entre Allemond et le pied, Indurain est à bloc et seul Delgado collabore vraiment. Delgado aurait-il pris le risque de rouler tout seul à bloc avec un LeMond dans la roue ? Tout ça pour aborder la montée avec 1 minute d’avance et se faire contrer ensuite ? Non, c’est évident. Le scenario le plus probable est que Delgado n’aurait même pas attaqué ou qu’il aurait renoncé voyant son avance trop faible.

Par conséquent, il aurait été beaucoup mieux dans l’étape du lendemain et n’aurait pas pris un tel éclat sur LeMond et Delgado, ses seuls rivaux sérieux.

Parlons de ses autres rivaux : qui aurait pu le faire sombrer ?

N’oublions pas que sans EPO, Breukink était tout juste capable de faire un peu moins bien qu’Hampsten en montagne (cf. Giro 88 et 89, Tour de France) y compris dans les clm en côte. Donc il n’aurait pas été un rival aussi menaçant pour l’équipe Z. Excellent rouleur, la stratégie de Breukink avant 90 était d’essayer de suivre pour ne pas perdre trop de temps en montagne. Et puis, lui aussi avait toujours son étape "sans". Il ne fallait pas compter sur lui pour mettre la pression et attaquer dans l’étape de St E.

Pareil pour Bugno. D’ailleurs, même boosté en 90, l’Italien faisait encore de la patinette derrière les autres et n’osait pas attaquer.

Criquiélion et Hampsten avaient, peu ou prou le même niveau que Pensec en montagne, donc je ne le vois pas faire sombrer le Français.

Les seuls coureurs de tempérament vraiment offensif susceptbles d’asphyxier Pensec étaient Raul Alcala, Eduardo Chozas, Fabio Parra et Pedro Delgado. Chozas était moins bon grimpeur que Pensec en montagne. A la rigueur, il aurait pu partir de loin mais l’équipe Z avait la ressource pour le contrôler. Parra était loin au général et sans équipe. Alcala n’était pas si en forme que ça (cf. gros débours à L’Alpe) et n’a d’ailleurs rien tenté dans Chaubouret.

Indurain aurait pu aussi mettre en danger Pensec en attaquant de loin, grâce à la tactique d’équipe, comme il l’a fait dans l’Aubisque en 89 et dans le Glandon en 90. Mais force est de constater que le Navarrais était intrinsèquement moins bon grimpeur que Pensec, si l’on fait abstraction de la prépa Conconi-Padilla qui fausse déjà bcp ses performances. Cependant, sur une attaque de loin, l’équipe Z avait de quoi maîtriser une attaque d’un Miguel intrinsèque attaquant de loin.

Et surtout Delgado, le seul coureur à bénéficier d’une grosse équipe, a été malade à partir de l’étape du Causse Noir. Il est franchement faible pendant l’étape de Luz Ardiden, où il se reprend in extremis. Il n’aurait pas pu lancer d’offensive de loin pour faire craquer Pensec que ce soit dans l’étape du Causse Noir ou dans celle de Luz Ardiden. Finalement, le seul danger pour Pensec était de se faire attaquer par Delgado à Chaubouret. Un Delgado peut-être suivi par LeMond, Parra, Hampsten, Alcala, Lejarreta et Breukink s’il avait plafonné. Au pire, Pensec sans s’affoler aurait ramassé 1 ou 2 minutes dans l’affaire.

Non, le seul rival, avec un Delgado affaibli, susceptible de faire sombrer Pensec était bien son propre co-équipier : Greg LeMond. Au vu du déroulé du Tour 86, on se rend compte qu’à la différence de Hinault, LeMond n’a pas trahi ostensiblement la course d’équipe. Certes, il a suivi des coureurs qui distançaient Hinault en profitant de leur effort mais n’a pas contribué à augmenter leur vitesse (Herrera et Zimmermann au pied de Superbagnères, Zimmermann dans le Granon). Dans l’étape de L’Alpe, il avait du revenir en catastrophe sur un Hinault qui tentait une fois de plus de le paralyser dans la course d’équipe, son point faible. Dans Superbagnères, LeMond a aussi montré qu’il savait profiter de la faiblesse de ses adversaires qui ont roulé pour les planter et gagner.

Donc, ma conclusion, pour que Pensec craque et perde les 7 ou 8 minutes qu’il aurait dû avoir au sortir des Alpes, il aurait fallu plusieurs offensives :

par des coureurs qui en ont le tempérament et les capacités. Je ne vois que Delgado jusqu’à l’étape de St E.

que ces coureurs soient suivis par un LeMond qui n’augmenterait pas leur vitesse pendant quelques km

que LeMond les plante ensuite. Je connais très bien le col de la Croix de Chaubouret. Si tout le monde est ensemble au pied, ce n’est pas le genre d’endroit où des rivaux pas trop épuisés se mettent 5 minutes dans le nez. Reste l’étape des Pyrénées, qui était plus propice mais où Delgado n’y est pas. Avec un gros matelas, il aurait pu faire comme à L’Alpe, bien contrôler avec l’aide d’un équipier (Boyer remplaçant Millar).

Outre LeMond, le seul adversaire sérieux de Ronan Pensec était finalement lui-même, avec sa propension à sauter dans les roues des meilleurs grimpeurs pour craquer après (ça faisait quand même pas ça à chaque fois).

Voilà mes arguments en faveur de la victoire de Pensec dans un Tour de France 90 sans EPO, où un homme brille par son absence : un certain Miguel Indurain...

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par Fabien

le 15 février 2013 à 14H42

Pyrénées carrefour de vérité, Alpes juge de paix

Sur le tempérament de LeMond dans la course d’équipe, citer aussi l’étape de L’Alpe avec le propre Ronan Pensec.

LeMond enrageait intérieurement de ne pas pouvoir creuser l’écart en laissant filer le Tour mais il a honoré sa parole en ne collaborant jamais avec Delgado pour protéger Pensec. Pourtant LeMond était clairement plus fort que l’Espagnol dans le final, comme on le voit avec la défaillance de Delgado à 3 km du sommet.

Il aurait donc vraiment fallu l’attaque d’autre coureurs que LeMond aurait suivi sans les faire accélérer pour en suite les planter s’il le pouvait. Soit dans Chaubouret soit dans l’étape des Pyrénées. Rattraper 7 minutes, pas si simple, quand on ne peut pas attaquer à sa guise et que les autres coureurs se méfient forcément avec un LeMond sur leur porte bagage.

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