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le 4/10/2012

Der Klein Kaiser abdique.


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Der klein Kaiser: le petit empereur. Michael Ballack a hérité de ce surnom en 2002, après une Coupe du Monde qui lui a permis de se faire connaître au Monde du football. Un surnom qui fait immanquablement référence au "Kaiser" Franz Beckenbauer, plus grand footballeur allemand de tous les temps et qui témoigne à quel point, les médias voyaient en lui son successeur. Mais face à son aîné, force est de constater que "petit kaiser" n’a pas su devenir grand, malgré une carrière bien remplie. Mais une carrière qui l’a vu souvent finir à la seconde place des compétitions majeures et qui laissera probablement de lui l’image d’un loser magnifique ou d’un "chat noir" pathétique. C’est au choix. Le "petit Empereur" a donc à 36 ans, rangé définitivement les crampons et celui qui fut probablement l’un des meilleurs joueurs de son époque, repart sans couronne...

Y-a-t-il une prééminence de l’inné sur l’acquis? Dans le cas de Michael Ballack, on pourrait dire que oui. On ne devient pas "chat noir" mais on naît ainsi. Car la naissance de Michael Ballack, le 26 septembre 1976, est déjà marqué par le sceau de la malchance et de la défaite. Le jeune garçon qui fait ses classes au Chemnitzer FC est en effet un Ossie, un allemand de l’Est, ce qui est déjà un tare dans la jeune Allemagne unifiée des années 90. Ce n’est pas moi qui le dit mais Otto Rehhagel son entraîneur lorsqu’il jouait à Kaiserslautern. Pour lui, Ballack est un joueur talentueux mais n’ayant pas le caractère et le mental pour être un leader. Bref, un footballeur ossie formé et formaté par la rude école de l’Est, avec un bagage technique parfait (pied droit, pied gauche...) mais un mental bien "faible" par rapport à celui de l’archétype du footballeur ouest-allemand.

Ses débuts en Bundesliga, Ballack les fait au sein de Kaiserlautern fraîchement promu en 1997. Et comme pour tromper ce destin qui le pousse à être un éternel second, remporte un titre de Champion d’Allemagne dès sa première année. La saison suivante est moins fructueuse mais Ballack est déjà devenu un homme-clé de l’effectif. Libéro de formation, il évolue au poste de milieu relayeur. Le Bayer Leverkusen qui sent le bon coup et aime à faire venir les Ossies en son sein (Ulf Kirsten, Andreas Thom, Falco Götz) l’engage en 1999. La Werkself est à l’époque l’une des équipes les plus fortes du championnat et Ballack devient l’un des cadres de l’équipe. Le jeune homme connaît aussi ses premières sélections en équipe d’Allemagne, mais pour l’instant, cette Mannschaft est vieillissante et a du mal à intégrer les nouvelles générations. Il traverse anonymement l’Euro 2000.

Ballack est peut-être l’avenir mais rien ne le distingue particulièrement des autres joueurs à son poste à l’époque. Il faut dire que l’Allemagne ne manque pas à l’époque de travailleurs de l’ombre (Jeremies, Hamann, Ramelow, Ernst ou Frings...) dans l’entrejeu mais plutôt de joueurs créatifs et offensifs. C’est Klaus Toppmöller, le tout nouvel entraîneur de Leverkusen, qui va donner une autre dimension au jeune Ossie. Il décide lors de la saison 2001-2002 de faire monter Ballack d’un cran sur le terrain. Le jeune milieu défensif évolue désormais en milieu offensif et la mue est spectaculaire: en 29 matchs de Bundesliga, il inscrit 17 buts et finit meilleur buteur de son équipe. Cette mutation propulse le Bayer Leverkusen au sommet et le club allemand manque de peu de faire un triplé historique: Championnat-Coupe-Ligue des Champions... Mais la poisse est là: à chaque fois, la Werkself termine deuxième. Qu’importe, Ballack à 25 ans, a pris une autre dimension. Et Rudi Völler, sélectionneur de la Mannschaft, l’a compris lorsque se profile la Coupe du Monde 2002. Il donne à Ballack le même rôle qu’il occupe au Bayer et évidemment, la formule marche. L’Allemagne millésime 2002 n’est pas une grande équipe, ne pratique un jeu magnifique, se contentant de marquer de la tête (à l’époque, on disait même ironiquement qu’elle avait inventé le "kopfball") mais elle finit en finale. Comme celles des grandes époques. Comme celle de Beckenbauer, ce leader de jeu à qui ce joueur que tout le monde découvre, emprunte cette conduite de balle élégante, la tête toujours droite et la poitrine gonflée. Mais on ne peut faire revivre le passé. Le Brésil est trop fort et l’Allemagne (sans Ballack qui a été suspendu) perd en finale.

Une saison a suffit à faire découvrir cet anonyme joueur à qui l’on promet une moisson de trophée. A 26 ans, il a failli remporter en une saison un championnat, un coupe, une Ligue des Champions et une Coupe du Monde. On pense alors que cela préfigure de meilleurs lendemains, que l’Allemagne a enfin trouvé le joueur d’exception qui lui faisait défaut depuis la retraite de Matthäus. Pourtant, on se trompe: Ballack n’arrivera jamais à faire mieux que cette saison-là...

Car Ballack n’est pas le "Kaiser" et il ne le sera jamais. Ce surnom de "klein Kaiser", c’est une arnaque. Et le premier à le remarquer, c’est le Bayern Munich qui l’enrôle juste après la Coupe du Monde 2002. A l’époque, le club bavarois cherche un remplaçant au légendaire Stefan Effenberg et croit voir en celui qui passe pour le meilleur footballeur allemand du moment, son successeur. Erreur. Ballack est très fort, marque beaucoup de buts et envoie des passes chirurgicales mais ce n’est pas un leader de jeu, ni de vestiaire. Son influence sur le jeu est limité et il n’est pas indispensable à l’équipe, même si ses buts sont parfois décisifs. Entre le meilleur club allemand et le meilleur joueur allemand, la mayonnaise ne prendra vraiment jamais et c’est pour ça qu’on ne le pleurera pas beaucoup quand il quittera la Strabener Strasse pour le club anglais de Chelsea en 2006. Mais, l’Allemagne a besoin d’une star: Mehmet Scholl est trop irrégulier, Schweinsteiger trop jeune et le prodige Sebastian Deisler va se brûler les ailes. Reste Michael Ballack, un mec qui enfile des buts que beaucoup d’attaquants n’enfileront jamais...

Jürgen Klinsmann, le nouveau sélectionneur de la Mannschaft sait qu’il est - peut-être - le seul joueur de classe ayant le talent pour endosser ce rôle qu’il n’a pas mais que tout le monde voudrait qu’il ait. Alors, il le pousse à cela: il lui confie un brassard qu’il n’a jamais voulu porter en "dégradant" Oliver Kahn, il le fait reculer pour qu’il soit plus au coeur du jeu. Las, l’impact de Ballack lors de la Coupe du Monde 2006 n’arrache pas les yeux et il n’arrive pas à montrer plus que ce qu’a montré que Tim Borowski qui l’avait remplacé lors du premier match de poule. Pire, à l’Euro 2008, Ballack est accusé de ralentir le jeu de l’équipe. En finale contre l’Espagne, Ballack (blessé) montre la distance qui le sépare de ce que l’on espérait de lui. Malmené dans l’entrejeu, il distribue des coups. Encore une fois, il finit deuxième mais on comprend alors pourquoi, il ne pouvait être premier. Le joueur a de l’orgueil, du caractère et de la gueule mais il n’est pas un chef et ne fait pas l’unanimité. Une gifle de Podolski en plein match en 2009 témoigne que son capitanat est fragile et que son charisme est limité...

C’est finalement à Chelsea qu’il va pouvoir montrer son réel talent, ses réelles qualités. Car Chelsea ne sera pas dupe et verra bien vite que Ballack n’est pas un meneur de jeu, un chef de meute. Non, un brillant lieutenant à la frappe lourde, au jeu de tête extra-terrestre. Un guerrier qui aime les duels, qui gratte les ballons et sait les donner, un pion qui sait se rendre décisif et important tant qu’on ne lui donne pas les clés du camion. Cela ne suffira pas à remporter cette Ligue des Champions, ce titre majeur qu’il aurait sûrement mérité mais cela confortera l’idée qu’il fut l’un des meilleurs joueurs de son époque.

Mais trop tard, l’âge commençait à le rattraper. Il aurait probablement voulu jouer sa dernière carte au Mondial 2010 mais un tacle de boucher de Kevin-Prince Boateng anéantit ce dernier rêve. Un mal pour un bien: en Allemagne, la révolution était en marche et derrière lui poussait une jeunesse talentueuse peut-être plus susceptible d’endosser ce rôle de leader de jeu qu’on lui avait donné par défaut. Face aux Özil, Müller voire Götze ou Kroos, Ballack était le dernier représentant d’une époque où l’Allemagne se cherchaient des héros qui n’en avait pas le talent ou la carrure, où l’Allemagne perdait sans montrer qu’elle avait les moyens de gagner...

C’est pour cela que Ballack est parti sans émouvoir les foules outre-Rhin après deux dernières saisons sans relief au Bayer Leverkusen, comme le symbole d’une époque maudite qui finit par disparaître. L’Allemagne est pragmatique et regarde devant elle: Özil a déjà éclipsé l’Ossie qui n’a rien gagné, dans le coeur des fans. Il a suffit d’une Coupe du Monde, celle de 2010 pour que celui qui était considéré comme le meilleur joueur allemand du moment devienne "has been". Khedira avait déjà pris sa place, plus jeune, plus performant... montrant qu’il n’avait rien à envier au petit empereur. Joachim Löw qui n’avait jamais été très fan de Ballack, n’a eu aucun scrupule à se débarrasser d’un joueur qui n’était indispensable que par son statut.

Privé de son chat noir, l’Allemagne peut désormais renouer avec son passé prestigieux. Mais que les Özil, Kroos et autres Müller se plantent et l’on se rappellera que dans les années 2000, il y avait un joueur qui n’était pas si mauvais que ça qui s’appelait Michael Ballack...

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par Nicolas

le 4 octobre 2012 à 16H50

Der Klein Kaiser abdique.

Bonjour CrazySkanker, je me demandais quand est-ce que l’article-hommage sur Ballack allait sortir et qui le rédigerait. Pas étonné que ça soit toi... Merci.

Bon, je lis maintenant.

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par Nicolas

le 4 octobre 2012 à 17H01

Der Klein Kaiser abdique.

Pour moi, c’est un joueur anonyme. Je ne me souviens même plus de l’avoir vu jouer... C’est une sensation bizarre ! J’étais vraiment pas fan.

Mais c’est tout de même incroyable cette propension à toujours finir deuxième : deuxième de la Coupe du monde 2002, de l’Euro 2008, des Ligues des Champions 2002 et 2008. Il ne lui manque que d’être finaliste de la Coupe du monde 2006, d’ailleurs ça nous aurait arrangé : ça voudrait dire qu’on serait champions du monde !

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par chano

le 4 octobre 2012 à 16H51

Der Klein Kaiser abdique.

Il ne m’a jamais séduit. Et pourtant j’aime bien les losers magnifiques.

Bon, certes.

Bonne vision du jeu et capable de très très belles ouvertures quand tout le monde tournait autour et donnait des solutions.

Gros physique, bon bagarreur, tête de con.

Je pige pas pourquoi je l’aime pas. ça peut pas juste être parce qu’il est boche. Doit y avoir autre chose. je cherche, je cherche mais c’est bien possible que ça soit juste ça.

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par Gu Gu Ganmo

le 4 octobre 2012 à 17H05

Der Klein Kaiser abdique.

Je n’ai qu’un mot à dire : Merci Ballack chéri, si blanc, si bon...

http://www.youtube.com/watch?v...

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par sebtheouf 3.0

le 4 octobre 2012 à 17H06

Der Klein Kaiser abdique.

Moi ce qui me frappait c’est qu’il jouait tête levé, toujours. Je le trouvais élegant.

Les 2 pieds, grosse frappe, super jeu de tete, gros physique. Parfais dans un milieu de terrain mais ok avec toi, pas un leader, pas un meneur comme peut l’être pirlo, juninho, xavi etc....

Mais dans un milieu à 3, assocé à un vrai 6 et un vrai 10... c’est le 8 quasi parfait non ?

Bon article en tout cas. merci

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par tisan (de belgrade ?)

le 4 octobre 2012 à 17H25

Der Klein Kaiser abdique.

ah le "beautiful loser" dans toute sa splendeur

pareil que Seb, un joueur complet qui a su se fondre et s’affirmer dans des collectifs délicats à pénétrer, souvent mésestimé par les non connaisseurs, mais un rouage essentiel du milieu (enfin quand je vois que certains ne voient pas le taf d’un busquets, je me dis que c pas gagné)

l’année 2002 mais aussi le fu***g disgrace avec drogba où il court comme un dératé à côté de l’arbitre...

on a dit que ct le chat noir, mais l’Allemagne n’a pas gagné sans lui non plus en 2010 ou en 2012 où ils font même "moins bien" avec une demi finale

on aime ou on aime pas, mais il laissait pas indifférent, smerci Crazy pour l’article, et ciao l’artiste !

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par CrazySkanker

le 5 octobre 2012 à 09H35

Der Klein Kaiser abdique.

Merci pour les comms, les gars.

Ouais, Ballack était très élégant ballon au pied mais en revanche n’avait pas le charisme d’un Beckenbauer ou d’un Matthäus... Et même en Allemagne, il n’a jamais bénéficié d’un aura exceptionnel : trop ossie, pas assez leader, pas au niveau des pointures de sa générations (Zidane, Ronaldo,...)

Après, un joueur incomparable quand tu veux "bâtir" une grande équipe, parce que lui, il savait tout faire : défendre, attaquer, marquer des buts, faire des passes... jamais exceptionnel dans tous les registres, mais très bon partout...

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par Tincho

le 6 octobre 2012 à 12H07

Der Klein Kaiser abdique.

Salut. Une petite remarque sur le titre : en allemand, on dit soit "der kleine Kaiser" soit simplement "kleiner Kaiser". Au passage Ballack ne distribuait pas que de belles passes, mais aussi les bourre-pifs. A comparer avec Van Bommel.

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