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le 28/09/2012

Plus dure sera la chute.


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Primo Carnera. Un nom qui sonne comme celui d’un monstre, d’un cannibale ou d’un vampire. Un nom qui fait écho à celui de Bela Lugosi, un acteur si terrifiant et si convaincant dans son rôle de Dracula en 1931 (et d’autres dégénrés ou savants fous), que son propre nom évoquait la peur.

Primo Carnera était effectivement un monstre dans les années 30, mais plus proche du monstre de Frankenstein que du ténébreux comte des Carpates. Une tête de butor, à mi-chemin entre celui de la créature de Mary Shelley et celui de "Requin" dans James Bond. Mais surtout un physique incroyable: 1m97 pour 122kg à une époque où la taille moyenne en Italie était de 1m65. C’est ce physique qui va être la clé de son succès... et de sa déchéance.


-La bête de foire.

Primo Carnera est né le 26 octobre 1906, à Sequals dans le Frioul en Italie. On raconte qu’il pesait 8 kilos à la naissance et qu’à 10 ans, il mettait les habits de son père. Primo apprend le métier de charpentier et à 13 ans, il quitte une Italie minée par la pauvreté pour rejoindre le Mans où habite un oncle. C’est sur l’insistance de ce dernier qui croit déceler un potentiel dans son physique (il pèse déjà 120 kilos) qu’il dispute (et perd) son premier match de boxe. Devant cet essai peu concluant, Primo raccroche les gants aussi vite qu’il les avait enfilé mais sûrement encouragé par le potentiel "médiatique" que lui offre son physique, rejoint un cirque. Dans ce cirque, Carnera connaît pour la première fois, ce qu’il va connaître tout le reste de sa vie: l’exploitation de son physique. Car le patron du cirque organise des paris sur des combats de lutte avec sa "bête de foire"; un argent dont le massif transalpin ne verra jamais la couleur...

Après trois ans de tournée, il est repéré à Arcachon par l’ancien champion de France de boxe, Paul Journée. Celui-ci impressionné par son potentiel physique, le convainc de se mettre véritablement à la boxe et Primo quitte le cirque pour entamer une carrière de boxeur. Journée le présente à un grand promoteur de l’époque, Leon Sée charger d’organiser la carrière et les combats du géant italien. Il dispute et remporte son premier combat professionnel le 28 juin 1928 contre Léon Sébilo, un boxeur déjà expérimenté qu’il met pourtant KO au deuxième round. Il s’ensuit une irrésistible ascension: Sée fait tourner son poulain dans toute l’Europe et entre septembre 1928 et novembre 1929, il remporte 14 de ses 15 combats (il sera disqualifié contre l’Allemand Franz Diener) dont 11 par KO. Mais il ne s’agit que de menu fretin.

C’est lors de son premier combat contre un boxeur reconnu que l’on commence à suspecter que les dés sont pipés. L’anglais Young Stribling, avec ses 198 victoires et ses modestes 86 kilos, fait tourner le géant en bourrique pendant quatre rounds. Carnera, emprunté, gauche, se plaint d’un coup bas de l’anglais et cela suffit à l’arbitre pour disqualifier Stribling! Arrangement suspect? Toujours est-il qu’à peine un mois plus tard lors d’une revanche entre les deux hommes, c’est Primo Carnera qui est disqualifié pour avoir frappé à la tête Stribling qui regagnait son coin après que la cloche eut sonné. Stribling fut déclaré vainqueur alors qu’il était évanoui au sol...

-La gloire aux Etats-Unis

Ses succès recueillent un écho en Amérique. Un promoteur, Walter Friedman qui a vu le combat contre Stribling convainc Sée et Carnera de se lancer dans une tournée américaine. Ce n’est pas tant le talent de Carnera qui l’impressionne (puisque Stribling est plus "doué" que le géant italien) que son physique susceptible d’attirer les foules. Mais derrière Friedman, il y a Owney Madden, grande figure de la pègre new-yorkaise, ancien membre du Gopher Band et propriétaire du légendaire Cotton Club. Ce sont dans les poches de ce truand que va finir une bonne partie des gains amassés lors de la carrière américaine de Carnera.

The Ambling Alp (l’Alpe Ambulante) comme on le surnomme débarque aux Etats-Unis en 1930 et un battage médiatique est orchestré par Friedman. Le freak du Frioul est plus que jamais la "bête" d’une foire qui est cette fois demesurée, bigger than life. On photographie son physique de colosse sous différents angles en n’hésitant à le faire poser à côté de personnes ou de boxeurs de petite taille pour accentuer la différence de gabarit. Sur le ring, la tournée américaine est aussi un succès: Primo remporte 23 des 24 combats organisés dans le pays dont 20 par KO.

Mais il ne saurait en être autrement puisqu’il semblerait qu’une bonne partie de ces combats a été arrangée par la pègre. Dès son premier combat, la presse note que son adversaire "Big Boy" Clayton Paterson n’a fait aucun effort pour se battre et s’est écroulé rapidement au bout de 70 secondes. Un mois plus tard, Elzeard Rioux ne montre pas plus d’entrain à la bagarre et s’écroule six fois dans le premier round, alors qu’il semblerait qu’il n’ait été touché que deux fois! Bien qu’elle blanchira Carnera d’une quelconque tromperie, la commission de l’Illinois retirera étrangement sa licence de boxeur à Rioux... De manière générale, la plupart des combats de Primo Carnera sont expédiés dès le premier round et ne dépassent que rarement les 2 minutes. Quand ce n’est pas le boxeur qui se couche, c’est l’arbitre qui disqualifie sans raison apparente l’adversaire, comme contre George Godfrey, le 30 juin 1930. Seule défaite pour Carnera, Jim Maloney, aux points, mais Primo le battra quelques mois plus tard lors d’une revanche.

La popularité de Carnera s’est accru avec cette tournée et particulièrement en Europe. Le 30 novembre 1930, un combat est organisé contre l’un des meilleurs boxeurs espagnols de l’histoire, le basque Paulino Uzcudun. Pour le boxeur italien, il s’agit du plus grand adversaire qu’il ait eu à rencontrer jusqu’à maintenant. Sa victoire à Barcelone, devant plus de 75 000 personnes (record historique pour un combat de boxe en Espagne), est hélas encore une fois plus que douteuse. Désigné vainqueur aux points, il n’aurait pourtant aux yeux des spécialistes que remporté que deux des dix rounds.

Cette victoire sur l’un des meilleurs boxeurs européens du moment, le consacre comme une star dans son pays natal, l’Italie où il avait été jusque là boudé. Mais cette adulation n’est pas fortuite. L’Italie de l’époque est sous la coupe des fascistes et le Duce Benito Mussolini saute sur l’occasion de récupérer ce géant musculeux et impressionnant afin de promouvoir le fascisme et de s’en servir comme vitrine du régime. La Gazetta dello Sporto parle à l’époque de trionfo della camicia nera ou de potenza della legia alpina; alors que quelques moins avant, peu d’italiens n’accordaient d’importance à cet expatrié que l’on croyait même français (il est vrai que Léon Sée avait proposé un moment à Primo de prendre la nationalité française, chose qu’il avait refusé). C’est aussi peut-être à cause de ce nouvel élan patriotique qu’il vire Léon Sée pour le promoteur italien Luigi Soresi en 1931, après une défaite contre l’anglais Larry Gains. Ou peut-être en a-t-il marre de se taper des boxeurs de série B que lui propose Sée et veut viser plus haut.

-Champion du monde.

Viser plus haut. Primo Carnera avait déjà exprimé cette envie en allant défier le rugueux Jack Sharkey, prétendant à la ceinture mondiale contre Max Schmelling en 1931. Le combat avait tourné à la correction pour l’Italien mais son courage avait impressionné les observateurs. Et deux ans plus tard, les deux belligérants se retrouvent sur le ring pour le titre mondial des lourds, au prix de suspicieuses mais aussi morbides circonstances.

Jack Sharkey a conquit le titre en battant Max Schmelling de manière plus que suspicieuse. L’allemand ne pourra cependant pas obtenir de revanche puisqu’il est battu quelques temps plus tard par Max Baer. Ce dernier devrait donc être le challenger numéro un pour tenter de prendre sa ceinture à Sharkey. Sauf que ce dernier annonce qu’il prendra pour challenger le vainqueur du combat entre Primo Carnera et Ernie Schaaf. Mais des rumeurs circulent comme quoi Sharkey aurait payé pour que Carnera soit son challenger et que Schaaf se couche. Celui-ci se couchera mais pour l’éternité. Au 13ème round, Ernie Schaaf s’écroule sur un coup du géant italien. Inconscient, il est emmené à l’hôpital où il décédera quatre jours plus tard d’une hémorragie cérébrale.

La revanche entre les deux combattants, le 29 juin 1933, devant un public de 40 000 personnes, semble acquise à Sharkey. Pourtant, Sharkey semble bien moins à l’aise, plus intimidé que lors du combat de 1931. Au sixième round, un uppercut l’envoie au tapis. Primo Carnera, la "bête de foire" devient le premier italien champion du monde des lourds, et pendant il sera aussi pendant 62 ans le plus lourd (122kg). Néanmoins, beaucoup de doutes circuleront sur la probité de ce titre, certains déclareront que Sharkey aurait été payé pour se coucher... chose que l’intéressé a cependant toujours nié.

-La Chute

De manière licite ou pas, Primo a atteint le pic de sa carrière. Idolâtré en Italie, il défend une première fois son titre à Milan, devant une foule de 70 000 personnes en délire et devant le Duce en personne. Puis, c’est à Miami, qu’il défend une deuxième fois sans trop de problème, son titre face à un Tommy Loughran vieillissant et accusant près de 40 kilos de différence avec Carnera ( Loughran pèse 83 kg).

Mais, Primo Carnera ne le sait pas encore mais ces combats sont les derniers avant son déclin. Derrière lui, Owney Madden, sérieusement inquiété par les combats qu’il a fait arranger, se retire du milieu de la boxe et lâche Carnera. Ce dernier ne devra plus compter désormais que sur ses poings. Et le résultat ne se fait pas attendre.

Le 14 juin 1934, Max Baer inflige une correction au colosse du Frioul. En 11 rounds, il envoie 11 fois son adversaire au sol. Dès le premier round, abreuvé de coups, Carnera tombe 3 fois et est à la limite du KO quand retentit la cloche: pour preuve, il se trompe de direction lorsqu’il rejoint son coin. Carnera tiendra tout de même 11 rounds avant que l’arbitre n’arrête le combat. Max Baer est le nouveau champion du monde. Primo Carnera, lui, ne reviendra jamais sur le devant de la scène...

Bien sûr, quelques combats face de modestes adversaires lui permettent d’aller défier le tout jeune Joe Louis un an plus tard. Mais là encore, il subit une correction et malgré un courage indéniable, il est arrêté par l’arbitre au sixième round après être tombé trois fois. La chute est dure. Primo continuera à combattre contre de faibles adversaires contre lesquels il perd parfois jusqu’en 1937, année où on lui retire un rein. Il tente un come-back en Italie en 1945 mais après une série de trois défaites contre Luigi Musina, il raccroche définitivement les gants en 1946.

Ruiné, plumé par son entourage et la pègre, il se reconvertit par la suite avec succès comme catcheur et comme acteur. On peut le voir dans des films comme Monsieur Joe (1949) L’Enfant et la Licorne (1955) ou Hercule et la Reine de Lydie (1959). Devenu citoyen américain en 1953, il vit à Los Angeles durant sa carrière de catcheur qui s’achève en 1961.

Diabétique, alcoolique, il meurt chez lui à Sequals en 1967 à cause d’une maladie du foie.

-The Harder They Fall

Plus dure sera la chute. Tel est le nom du film de 1958 avec Humphrey Bogart qui s’inspire de sa carrière et de sa déchéance. L’histoire classique d’un pauvre bougre pas très futé et trop naïf, blousé par des mafiosi plus malins que lui, qui l’ont essoré avant de le jeter comme un vieux kleenex. Pourtant, il serait trop simple de résumer son histoire ainsi. Car Primo Carnera fut un personnage à plusieurs facettes qui cultivaient en lui plusieurs paradoxes. Non, il n’a jamais été un pauvre gars simplet et naïf: il était au contraire intelligent et bien conscient du milieu douteux dans lequel il baignait et du business autour de sa personne. Il participait même à ce "business" et il ne faut pas oublier que bien avant d’être boxeur, il fut un homme de foire et qu’après, il fera une lucrative et riche carrière de catcheur aux Etats-Unis. De même, il n’était pas le jouet inconscient du fascisme et son attachement à garder sa nationalité italienne témoigne qu’il était un vrai "patriote" et qu’il devait se complaire à être la vitrine de propagande de son pays. De plus, sa déchéance fut toute relative, ayant vécu relativement heureux et dans dans un certain confort avec sa femme et ses trois enfants jusqu’à sa mort...

De même, il est difficile de déterminer réellement s’il fut la plus grande supercherie de la boxe ou un authentique champion du monde. Certes, beaucoup de ses combats ont été arrangés mais il n’était pas le seul à bénéficier de ce genre de pratiques. Et son combat contre Jack Sharkey fut celui où il fut le plus convaincant. De plus, pourquoi Sharkey aurait "payé" Schaaf pour que Carnera soit en finale, si c’était pour s’allonger devant lui?

Alors, oui, peut-être que Carnera fut une escroquerie mais peut-être aussi que le seul combat qu’il n’avait pas pu acheter, le seul où finalement, il dû se battre, fut celui contre Sharkey. Celui où le géant à l’air gauche, à la technique frustre mais au courage héroïque décrocha son titre mondial en envoyant réellement son adversaire au tapis.

Plus dure (à croire) est la chute de l’histoire: Primo Carnera fut vraiment Champion du Monde...

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par Gu Gu Ganmo

le 28 septembre 2012 à 12H12

Plus dure sera la chute.

Excellent article.

J’avais entendu parler de Carnera dans un doc sur Joe Luis (là aussi, histoire tragique).

Un roman français est sorti sur lui y’a quelques années :http://www.evene.fr/livres/liv...

Pour l’avoir feuilleté à l’époque, ça m’avait pas semblé terrible.

Schmelling a aussi eu des liens particuliers (très complexe comme affaire, je me lancerai pas là-dedans) avec le parti nazi, en parlant d’adversaires de Joe Louis. (d’ailleurs lui a battu Louis)

Après la guerre, je crois qu’il dirigeait Coca Cola en Allemagne.

Sinon, dur de se faire une idée sur Carnera, avec le peu d’images.

Merci Crazy S.

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par CrazySkanker

le 28 septembre 2012 à 12H47

Plus dure sera la chute.

Oui, le personnage de Primo Carnera est assez complexe et c’est vrai que l’histoire a retenu le côté "classique" du "schpountz" blousé par des gangsters. Faut dire qu’avec sa tête d’ahuri, on aurait pu croire que son cerveau était dans ses muscles. Mais en fait, il était bien conscient de ce qui se passait autour de lui et était le premier à vouloir rentabiliser son corps. J’avais lu une interview de lui où il disait qu’il voulait absolument quitter la pauvreté dans laquelle il baignait depuis sa (pas si tendre) enfance et qu’il était allé dans le cirque de lui-même pour se vendre. Il n’était pas le "jouet" de se promoteurs. La preuve, c’est lui qui voulait se battre contre Sharkey, un "vrai" boxeur alors que ses promoteurs préféraient qu’il se tape des seconds rôles plus enclins à se coucher. Mais je crois vraiment que Carnera voulait être reconnu comme boxeur...

Sinon, concernant Max Schmelling... ce fut un grand monsieur de la boxe. Il était le champion du parti nazi mais n’était pas du tout en accord avec leurs idées. Bref, il n’était pas nazi : son entraîneur était juif et il a caché des juifs pendant la Seconde Guerre. Une sorte d’Oskar Schindler de la boxe : pas vraiment résistant, pas vraiment sympathisant, mais qui a profité de ses relations pour protéger (à son petit niveau) des innocents. Après la Guerre, il avait noué un vraie amitié avec Joe Louis et l’avait aidé financièrement quand celui-ci eut des problèmes d’argent.

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par Killranger

le 28 septembre 2012 à 20H12

Plus dure sera la chute.

Sympa l’article

Comme l’impression qu’en ces temps là, le monde de la boxe était un vrai panier de crabe...

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par Interimlover

le 29 septembre 2012 à 16H21

Plus dure sera la chute.

Manager (et autres) de Schmelling : juif(s)...

Epouse : tchèque...

Et n’en a rien renié, chapeau.

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par DIEGITO 69

le 28 septembre 2012 à 22H00

Plus dure sera la chute.

Merci crazy pour l article, je ne connaissais pas l histoire de ce boxeur, des articles comme ça on en redemande....

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par CrazySkanker

le 29 septembre 2012 à 10H48

Plus dure sera la chute.

Merci pour le compliment. Mais c’est véritablement l’histoire de ce boxeur qui est assez fascinante et qui réunit tous les ingrédients d’une belle histoire à raconter (pas étonnant qu’elle a inspiré un film) : des truands, un "héros" tragique... le tout à l’époque de la Grande Dépression, post-prohibition et avec la montée des fascismes en Europe : la boxe dans toute sa splendeur vénéneuse...

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par Interimlover

le 29 septembre 2012 à 16H02

Plus dure sera la chute.

Connaissais absolument pas, et lecture très agréable, bref : merci !

Pour le peu que j’en sais, tout de même l’impression qu’il y aura eu pas mal de parcours dans le genre, à l’époque... Celui ci-dessus exposé, par exemple et à bien des égards : pas mal de points communs avec celui que j’avais proposé pour "Constant le marin" y a quelques années (le patriotisme, l’univers forain, lutte/boxe ==> catch, les tournées...)...

J’ai rien à ajouter, mais merci encore : enrichissant !

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par Nicolas

le 1er octobre 2012 à 08H04

Plus dure sera la chute.

Bonjour CrazySkanker, merci beaucoup pour le texte. Je connaissais le type de nom bien sûr, comme tout le monde, mais pas l’histoire en détail. Pas grand-chose à ajouter sinon que oui, les oeuvres adaptées par Hollywood ne respectaient pas toujours l’original (les films n’en étaient pas pour autant nuls) : voir Le port de l’angoisse.

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par CrazySkanker

le 1er octobre 2012 à 17H46

Plus dure sera la chute.

Hollywood s’est inspiré de l’histoire de Primo Carnera pour "The Harder They Fall" mais n’a pas vraiment voulu faire un biopic : l’intrigue, l’histoire, les personnages sont très différents de la réalité. Mais je pense que beaucoup ont pris ce qu’ils ont vu pour la réalité...

Certes, Primo Carnera a bénéficié de combats arrangés et de ses liens avec la mafia. Mais de nombreux boxeurs (Max Baer, Gene Tunney, Jess Willard...) "marchaient" de la sorte et Carnera - rital, moche, gauche - est un peu passé pour le bouc-émissaire de cette époque. Et pis bon, c’était quand même un "rital" qui gagnait le titre des lourds : donc forcément pour les ricains ça la foutait mal. Manichéisme américain oblige, c’est Max Baer qui viendra lui mettre une correction pour sauver la morale... Sauf que sa défaite contre Baer n’avait rien d’humiliant : Max Baer était l’un des meilleurs boxeurs de l’époque et un vrai pitbull sur le ring...

Pourtant, je ne pense pas que le titre de Carnera était usurpé. Il existe un film du combat contre Sharkey et l’on voit clairement l’américain se prendre un monstrueux uppercut qui le met KO ! Pourtant même maintenant, il y aura toujours des gens pour dire que le titre de Carnera avait été acheté...

Le "vrai" Carnera était assez loin de ce qu’en a retenu la légende : il était plutôt intelligent, n’a pas "chuté" parce qu’il a rencontré de "vrais" boxeurs mais parce que Baer quand il le voulait était "inboxable" et parce que Joe Louis était tout simplement un des meilleurs boxeurs de l’histoire : donc, pas vraiment un châtiment mais une logique respectée...

Et puis, sa "déchéance" fut vraiment gentillette : il devint citoyen américain, épousa une jolie femme, eut trois enfants, ouvrit un resto à LA et devint un catcheur très très populaire aux USA...

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par mmLoo7

le 13 novembre 2012 à 22H23

Plus dure sera la chute.

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