Vettel, l’enthousiasme mesuré
GP de Singapour 2012
Sebastian Vettel s’est imposé pour la seconde fois consécutive sur le circuit de Marina Bay, profitant de l’abandon de Lewis Hamilton, souverain leader jusqu’à son incident mécanique. Bien que vainqueur, l’Allemand ne pouvait garder son sourire sur le podium, Fernando Alonso ayant, une fois de plus, complété le podium.
A qui perd gagne
Sebastian Vettel a décroché dimanche sa deuxième victoire de la saison sur un circuit taillé pour la RB8. Comme à Monaco, comme à Valence, le champion du monde en titre a pu mesurer la vélocité de sa monoplace sur les circuits urbains. D’ailleurs, en dominant les trois sénaces d’essais libres, l’Allemand n’avait pas laissé de place pour le doute. Mais en qualifs, Vettel s’est fait surprendre par la Williams de Pastor Maldonado et la McLaren d’un Lewis Hamilton plus déterminé que jamais. Débarassé du Vénézuélien au premier tour, le pilote Red-Bull semblait bien impuissant face au poleman britannique, qui menait sa course avec une facilité déconcertante. Seulement, la boite de vitesses de la McLaren n°4 ne supporta pas très longtemps les sollicitations de son pilote, qui dût se garer dès le 23ème tour. Vettel n’eut donc qu’à contrôler la seconde monoplace de Woking, sans grande difficulté d’ailleurs, Jenson Button abandonnant très vite l’objectif d’attaquer la Red-Bull de tête. Ce n’est donc pas à l’avant de la course que la bataille fut intense. En effet, le championnat devient tendu et les deux pilotes menant la course avaient de quoi être contrariés par la présence de Fernando Alonso au troisième rang. Car malgré une F2012 anémique en qualif (près d’une seconde rendue à la pole par Alonso), le leader du championnat a joué placé, évitant les écueils pour porter sa Rossa à une position qu’elle ne méritait certainement pas. Après l’abandon de Hamilton, le dilemne fut grand dans le stand McLaren. En figeant les positions, le champion du monde 2008 compterait 52 points de retard au soir de la course. Mais si Button devait attaquer Vettel, ce serait prendre le risque d’un abandon, voir d’un double abandon, portant le retard de Hamilton à 62 unités. Woking a donc choisi le statut quo, plaçant Button en rempart, renonçant à prendre le moindre risque, surtout après le premier restart où l’Anglais manqua de peu de percuter la Red-Bull du leader. Dès lors, Martin Whitmarsh eut comme priorité d’empêcher Alonso de viser plus haut durant cette épreuve, maintenant l’écart déjà concédé par Hamilton au Mondial. Mais 52 points de déficit, c’est beaucoup à six épreuves de la fin du championnat. Ceci implique de reprendre en moyenne près de dix points au métronome espagnol, tout en doublant Vettel. Les espoirs de Lewis s’amenuisent donc sérieusement, et la démarche lourde de l’Anglais regagnant son stand en disait long sur cette désillusion. Quand il fut interrogé sur son retard durant la course, il prit conscience de la perte énorme que lui a causé cet abandon "52 points? Zut! Ben... L’écart est ce qu’il est, mais je n’abandonnerai pas". Vettel, quand à lui, prit les choses avec philosophie à sa descente du podium, se contentant de fêter sa victoire. Il indiqua simplement qu’il fallait maintenir la pression, précisant au passage que pour espérer être champion du monde une troisième fois d’affilée, il lui faudrait refaire son retard sur son concurrent espagnol, ce qui n’est pas acquis.
Ferrari en alerte, Lotus en retrait
Alonso a donc conclu sa course sur le podium, au terme d’un GP qu’il mena sagement, reprenant sa position perdue au départ au profit de Paul DiResta dès la première boucle. Incapable de suivre le rythme des leaders, l’Espagnol parut agacé tout au long du week-end, sommant la Scuderia de maintenir ses efforts tout en précisant qu’il ne doutait pas de la capacité de son team de résister aux progrès de Red-Bull et McLaren. Car si les RB8 étaient grandissimes favorites sur ce tracé urbain (comme le prouvent les performances des monoplaces autrichiennes à Monaco et à Valence), la bonne forme des McLaren fut une surprise. A Suzuka, la F2012 devrait retrouver des circonstances plus favorables, mais il reste six courses, ce qui est encore suffisant pour que les challengers au Mondial refassent leur retard. Avec 29 points d’avance sur Vettel, Alonso a encore une marge de manoeuvre confortable. Surtout, les circonstances continuent à le servir, les pilotes McLaren et Red-Bull se partageant les points depuis Budapest. Mais comme le pilote d’Oviedo l’a indiqué, il serait absurde de ne compter que sur cette neutralisation. Suzuka sera donc un rendez-vous à ne pas manquer. Du côté de chez Lotus, la menace semble s’éloigner au terme d’un week-end où les monoplaces noires et or n’ont rien montré. Kimi Raikkonen a pu s’estimer heureux de terminer 6ème lors d’un week-end où il n’a pas exister. Il put compter sur la collaboration de Romain Grosjean, systématiquement plus rapide mais contraint d’ouvrir la porte au Finlandais. Voilà Iceman relégué à 45 points d’Alonso, et les performances des monoplaces britanniques n’incitent pas à l’optimisme. Décevantes à Spa, inexistantes à Monza et dépassées à Singapour, les Lotus semblent désormais loin de la lutte pour le titre. La soumition de Grosjean envers Raikkonen tient dès lors plus de l’anecdote que d’une stratégie payante à terme. Car il ne reste réellement que deux challengers à Alonso. Vettel d’abord, qui pourrait profiter de la supériorité de sa monoplace sur circuits sinueux tout comme de son aptitude à négocier les fin de saison, et Hamilton, qui, malgré un retard presque éliminatoire, dispose de la monoplace la plus affutée du plateau (malgré un team qui a tendance à le handicaper).
Le spectaclde de Massa, la double peine de Schumacher
Côté course, Felipe Massa poursuit sa bonne série en réalisant une course flamboyante malgré une qualif désastreuse et un départ avorté par une crevaison. Le Pauliste a fait le show en fin d’épreuve, remontant à la 8ème place au prix d’une attaque très séduisante. Le point d’orgue de cette prestation fut son contrôle magistral lors du dépassement de la Williams de Bruno Senna, qui ignora la Ferrari jusqu’à la déséquilibrer. En travers, Massa prit l’ascendant sur son compatriote au prix d’un festival de contre-braquages. Et s’il devait poursuivre sur cette lancée, le pilote Ferrari pourrait peut-être se maintenir encore une saison au sein de la Scuderia. Mais cette idée n’est que hypothétique pour le moment. Car le second volant de la Ferrari n’est pas encore attribué. Vettel aurait prolongé son contrat jusqu’en 2017 avec Red-Bull, ce qui met fin à la rumeur le faisant venir chez Ferrari dès 2014. Si Sergio Pérez semble au plus proche d’une saison supplémentaire chez Sauber, Paul DiResta intéresse fortement Maranello. Car l’excuse de la jeunesse de Pérez semble dissimuler une autre raison, celle de l’appauvrissement du team Sauber que veulent éviter Peter Sauber et Luca Di Montezemolo. Kamui Kobayashi sembant dépassé, le team suisse cherche un nouvel espoir pour poursuivre sur sa lancée. Le nom de Charles Pic revient de plus en plus, le Français étant qui plus est soutenu financièrement par le groupe Lagardère. Deux solutions semblent donc se présenter: le maintien de Massa, encouragé par Alonso, en attendant l’arrivée de Pérez en 2014, ou le remplacement du Brésilien à court terme par un pilote d’avenir (DiResta) pour une ou deux saisons. Côté français, Jean-Eric Vergne devient également courtisé, sa bonne saison et l’avantage pris sur Daniel Ricciardo ne laissant pas le paddock indifférent. A Singapour, il précédait Raikkonen et Massa avant de se faire percuter par la Mercedes d’un Michael Schumacher en perdition. A ce propos, il convient de revenir sur les pénalités ayant émaillées cette course. Que Mark Webber soit sanctionné, c’est logique car il a dépassé Kobayashi en étant hors piste, ce qui est interdit. Vettel avait d’ailleurs déjà été sanctionné cette saison pour un fait similaire. Mais pour l’incident Vergne-Schumacher, les questions se posent. Victime d’un problème de frein (hausse de température?), l’Allemand ne put contrôler sa monoplace au premier restart, harponnant la Toro-Rosso de Vergne le précédent. Pénalisé de cinq places sur la grille au Japon, le septuple champion du monde est donc victime d’une double peine, un abandon à Singapour et un handicap à Suzuka. Les commissaires n’ont visiblement pas tenu compte de l’incident mécanique ayant probablement contraint Schumacher à louper son freinage. Il semble surtout que les anciens pilotes sévissant lors des week-ends de GP prennent un malin plaisir à sanctionner leur contemporrain, qu’ils ne réussirent jamais à devancer sur la piste...
Bon j’ai pas trop envie de causer pour la lutte au titre, juste dire que Lotus c’est cuit, comme on le voyait venir... Le reste est rendu incertain par la fait que la Ferrari a l’air d’être la moins bonne voiture des 3, mais le pilote est en tête avec un joker alors va-t-il retenir les poursuivants ?
Agréable surprise ce week-end, je pensais m’ennuyer, finalement ça chauffait de tous les côtés ( sauf en tête ). Massa impressionnant, une belle génération plus jeune ( perez, maldonado, grosjean, vergne, di resta ), et puis des gens affutés dans les top team ( sauf Webber, il lui arrive quoi ? )
Abusé la sanction sur Schumacher ( j’avais entendu 10 places, tu dis 5 ? ). J’ai bien l’impression qu’il prend une petite bosse au plus mauvais moment ( quand ses freins ont un soucis, d’après lui ), et qu’au contraire devant ils ont beaucoup freiné. Je crois pas non plus que c’était une tentative de dépassement. Rien à voir avec Grosjean qui fait le fou sur un départ, là il perd le contrôle de sa voiture, c’est quand même fort de faire courir des F1 dans un circuit en ville pour les sanctionner quand elles se plantent... A moins qu’on prouve qu’il l’a percuté volontairement, Schumacher est victime de l’accident, et pour Vergne c’est dommage mais il était au mauvais endroit.
@diogene95. En effet, la sanction subit par Schumacher est de 10 places sur la grille de Suzuka, et pas 5. Mais cette pénalité a bien du mal à être justifiée tant il apparaît que la Mercedes W03 a connu un problème de freins.
Pour le titre, Vettel se battra mais semble un peu dépité de ne pas réussir à faire le break pour recoller à Alonso. Quand à Hamilton, c’est encore pire, son abandon fut cruel et a semblé le marquer fortement. Ajoutons à celà des négociations plus que tendues concernant son avenir chez McLaren, et un retour pour la couronne semble compromis.
Salut les formulix !
juste une question débile, Maldonaldo, c’est 29 pts au classement des pilotes dont 25 pour sa victoire en Espagne.
Question : c’est pas de l’inédit, un vainqueur avec si peu de points à côté ?
Fisichella vainqueur au Brésil en 2003 a du finir l’année avec guère plus des 10 points glanés à Interlagos.
Salut Jayce,
Pas vu la course mais Lewis Hamilton peut maudire Woking ... McLaren a fait perdre 25 points de plus (par rapport à la trentaine du début de saison) à l’homme au casque jaune, qui peut tirer une croix sur un 2e titre mondial, sauf exploit colossal.
Kimi Raikkonen a limité la casse avec une 6e place, mais il est retombé dans ses travers avec une élimination en Q2.
Concernant Vettel, il est désormais je pense le dernier rempart à la 3e couronne mondiale d’Alonso. Mais il risque de perdre des points derrière les McLaren d’ici la fin du championnat. Je vois mal l’Espagnol perdre le titre, mais sait-on jamais.
Massa ayant encore sombré, je trouverais incompréhensible de le voir chez Ferrari. Tout de même, le prestige de la Scuderia doit être préservé. Le Brésilien n’est plus digne du Cavallino.
Bonjour Axel. Sur cette course, tu es très dur avec Felipe Massa qui a réalisé un remontée de grande classe après s’être fait touché au premier tour, ce qui lui a causé une crevaison. Le point noir de son week-end est simplement d’avoir été icapable de se hisser en Q3. Mais son week-end est dans la droite ligne de son redressement observé depuis quelques courses.
Pour ce qui est du titre, c’est désormais quasiment mort pour Lewis Hamilton, même si la MP4-27 est l’arme absolue cette saison. Sebastian Vettel sera à surveiller, mais il est clair que Fernando Alonso se rapproche à grand pas de son 3ème titre, ce qui ne serait d’ailleurs que justice en regard de la saison.
Enfin, la 6ème place de Kimi Raikkonen tient du miracle car il n’aurait jamais pu passer le duo Schumacher-Vergne et donc n’aurait pas pu profiter de la générosité de Romain Grosjean. Le Finlandais déçoit au sortir de ce week-end, et ne semble pas en mesure de revenir au Mondial.
Raikkonen c’est super régulier, mais il a pas encore gagné une course, non ?
Il manque un petit quelque chose, comme à Thomas Voeckler (référence inter sports...)
La voiture ou le talent ?
Pour Iceman, peut être n’a-t-il pas récupéré à 100 % de ses moyens. Il faut se souvenir qu’aucun pilote n’est revenu plus fort en F1 après une coupure (retraite, année sabbatique), que ce soit Niki Lauda en 1982, Alain Prost en 1993, Nigel Mansell en 1994, Jacques Villeneuve en 2004 ou encore Michael Schumacher en 2010.
Mais à la différence de Villeneuve et Mansell, et dans une moindre mesure le Kaiser, le retour du Finlandais est globalement réussi, même si les références en terme de come-back restent Lauda et Prost
@Jayce,
Voici pour moi la hiérarchie des pilotes les plus méritants sur cette saison 2012
1 Fernando Alonso 2 Lewis Hamilton 3 Kimi Raikkonen 4 Sebastian Vettel 5 Sergio Perez 6 Paul Di Resta 7 Nico Hulkenberg 8 Mark Webber 9 Jenson Button
Bref, l’Espagnol sera tout sauf un imposteur s’il gagne une 3e fois les lauriers.
Seul Vettel peut encore priver Alonso de la couronne, mais il lui faudra élever son niveau de jeu. L’Allemand, s’il est vrai qu’il aurait du gagner à Valence, ne méritait pas de gagner à Singapour.
Et surtout, Alonso est presque toujours sur le podium, excepté sa 5e place de Budapest et son KO de Spa.
Le danger pour le pilote Ferrari est son manque de pointe de vitesse en qualif. Il pourrait perdre de précieuses places dans des départs ratés, et se faire enfermer derrière des voitures plus lentes (Mercedes, Force India, Williams, Sauber).
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