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le 23/10/2012

Tapis vert espéré à Lausanne : la chasse aux lièvres EPO vainqueurs de CLM est ouverte ...


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La chasse à la galinette cendrée peut attendre, car une nouvelle espèce a proliféré à une vitesse foudroyante depuis 1991: le lièvre EPO, dont l’écosystème est l’asphalte des contre-la-montres du Tour de France. La chasse aux plus célèbres spécimens, Miguel Indurain, Jan Ullrich, Lance Armstrong, Fabian Cancellara, Bradley Wiggins, est donc ouverte, pour tous ces coureurs vainqueurs de CLM de plus de 40 kilomètres sur le Tour de France, en pleine imposture.

Surtout, ne pas tuer la poule aux oeufs d’or ... Malgré le grand nettoyage de printemps à effectuer, l’UCI ne fera rien de plus que décapiter le grand lièvre du Texas, Lance Armstrong... Aucun risque que les eaux du Lac Léman se mettent à évoluer en un tourbillon gigantesque en face du site olympique de Lausanne.

Du maillot jaune à la lanterne rouge, tous semblent dopés à l’EPO ... Maillot blanc à croix vertecomme une pharmacie, maillot rouge comme ce sang chargé, rouge comme érythro, racine grecque de l’EPO, quelle couleur est la plus à même de remplacer le jaune devenu illégitime au fil du temps?

Certains détracteurs pourraient invoquer le fait qu’une lanterne rouge profite du mouvement global d’un peloton chargé en EPO pour accroître sa vitesse moyenne. Ainsi, il serait utopique de penser que Francisco Quevedo, 130e du Tour de France 1992 à plus de 4 heures du maillot jaune Miguel Indurain, serait dopé car il a roulé plus vite que le vainqueur des éditions 1989 et 1990, l’Américain Greg LeMond, phénomène physiologique, avant ou après son terrible accident de chasse en 1987. Le Californien représente une certaine époque, celle du chant du cygne du cyclisme "propre", du cyclisme sans dopage scientifique EPO, initié par les Espagnols et les Italiens.
Pour convaincre ceux qui ne le sont pas encore et imaginent Quevedo (et ses héritiers comme lanterne rouge) loin de tout soupçon, il est désormais intéressant de revoir hors du prisme de l’EPO les performances sur les contre-la-montre du Tour de Franceentre 1991 et 2012.

Comme la montagne, l’effort solitaire isole un coureur à sa performance individuelle. Le phénomène d’aspiration en peloton, si précieux, n’agit plus et c’est la puissance intrinsèque du coureur qui parle. Impossible de se cacher, dans un sens comme dans l’autre ... Les lacunes apparaissent au grand jour, tout comme les records de watts, dans un tableau d’honneur où les Indurain, Ullrichet autres Armstrong imposent leur férule à la mémoire collective, symbolique de ces années d’une implacable escalade vers la puissance.

Sur la période 1984-1990 qui se caractérise le dernier règne sans EPO, celui de Greg LeMond, on prendra des chronos témoins comme référence.

Celui courude Dinardà Rennes (73 kilomètres) en 1989, gagné par le phénix LeMond, est naturellement exclu puisque couru sous la pluie, tout comme celui entre Gap et Orcières-Merlette, dominé par Pascal Richard en altitude. Le chrono Versailles - Paris (24.5 kilomètres) enlevé par un LeMond stratosphérique ne sera pas plus retenu, trop court. On exclura aussi les chronos du Tour de France 1987: celui de Futuroscope (87.5 kilomètres) gagné par Stephen Rocheest trop long, tandis que celui de Dijon est trop court (38 kilomètres) et le chrono du Mont Ventoux (36.5 kilomètres) couru en côte, ces deux dernières épreuves étant remportées par Jean-François Bernard. Le contre-la-montre Sarrebourg - Strasbourg (remporté par Bernard Hinault en 1985) est égalementtrop long, 75 kilomètres.

En revanche, les chronos Vittel - Epinal (61.5 kilomètres) et du Lac de Vassivière (46 kilomètres), respectivement gagnés par Raul Alcala et Erik Breukink sur l’édition 1990 du Tour de France, serviront de base à l’étude de performance, tout comme les chronos Alençon - Le Mans (gagné par Laurent Fignon en 1984), celui du Lac de Vassivière (remporté par Greg LeMond en 1985), ceux deNantes et Saint-Etienne gagnés par Bernard Hinault en 1986, le CLM Liévin - Wasquehal enlevé par Sean Yates en 1988, et celui de Santenay remporté par Juan Martinez Oliver en 1988.

En 1990, le Mexicain Alcala domine Miguel Indurain (1’24’’), Gianni Bugno (1’47’’), Pedro Delgado (2’05’’) et Greg LeMond (2’17’’), lequel est confronté à une terrible course poursuite envers le maillot jaune Steve Bauer et ses dauphins Pensec et Chiappucci,après l’enterrement de première classe que fut l’étape inaugurale du Futuroscope. Raul Alcala parcourt les 61.5 km séparant Vittel d’Epinal en 1h 17’ 05’’, soit une vitesse moyenne de 47.870 km/h.

Quant à Erik Breukink, vainqueur au Lac de Vassivière en Limousin la veille de l’arrivée à Paris, il avale les 46.5 kilomètres du parcours en 1h 02’ 50’’ en 44.403 km/h. En cettefin de Tour de France 1990, après presque trois semaines d’effort, la récupération compte, les coureurs ayant parcouru près de 4 000 kilomètres, escaladé les cols des Alpes et des Pyrénées.

Nous prendrons Le Mans 84, Nantes 86, Wasquehal 88 et Vittel 90 comme témoin des chronos de début de Tour de France entre 1991 et 2012, tandis que Vassivière 85, Saint-Etienne 86, Santenay 88 etVassivière 90 seront les mètres étalons des chronos de fin de Tour sur la même période.

Seuls les CLM relativement platsde plus de 40 km sur le Tour sont donc retenus sur la période 1991-2012, ce qui élimine donc tous les prologues d’office, ainsi queMorzine - Avoriaz 1994, Val d’Isère 1996, Saint-Etienne 1997 (passage par le col de la Croix de Chaubouret), Futuroscope2000, Chamrousse 2001, Alpe d’Huez 2004, Noirmoutier 2005, Cholet 2008 et Monaco 2009.

Dès 1991,l’hégémonie de Miguel Indurain saute immédiatementaux yeux, l’Espagnol remportant systématiquement le premier test chronométré en 1991, 1992, 1993, 1994 et 1995. Alençon, Luxembourg, Madine, Bergerac et Seraing, cinq clés de voûte des cinq victoires dansle Tour du champion espagnol, cinq dénominateurs communs.

Celle de Lance Armstrong est également limpide entre 1999 et 2005, le Texan, maillot jaune impérial impose sa férule contre-la-montre avec seulement trois défaites: Lorient 2002 (2e derrière Botero), Cap Découverte 2003 (2e derrière Ullrich) et Nantes 2003 (2e derrière David Millar).

En 1993, après sa victoire d’étape à Verdun sur leTour de France, à un journaliste new-yorkais qui lui demandait s’il serait le deuxième Greg LeMond, le jeune Américain avait répondu qu’il serait le premier Lance Armstrong.

Pour être un deuxième Greg LeMond, en effet, il eut fallu être clean et ne pas toucher au fruit interdit du jardin d’Eden, l’EPO ... Mais Armstrong s’est laissé corrompre par le serpent Nahash, alias le docteur Michele Ferrari. Et l’EPO était devenu pour le Texan un pain quotidien, le lien étant viscéral.

Le lendemain de l’interview de Verdun, lors du chrono du Lac de Madine, Lance Armstrong prenait une valise, six minutes derrière Miguel Indurain, dieu Cronos des éditions 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, etmaître du temps.

Entre 1991 et 2005, Miguel Indurain et Lance Armstrong ont ramené douze maillots jaunes à Paris, pour vingt-et-une victoires lors d’étapes CLM (dix pour l’Espagnol, onze pour l’Américain). Cette période coïncide parfaitement avec les mandats de Hein Verbruggen à l’UCI, le Néerlandais ayant été l’une desclés de voûte du système Armstrong, tirant lesficelles dans l’ombre au même titre que le docteur Michele Ferrari, laissant la lumière à Chris Carmichael et surtout Johan Bruyneel ...

Même si les parcours, les conditions climatiques, les distances sont différentes, voyons comment nos coureurs témoins se seraient comportés entre 1991 et 2012 sur chaque épreuve chronométrée, en conservant leur vitesse moyenne. La moyenne de leurs écarts donnera un aperçu des effets du dopage EPO.

1991 Argentan Alencon (73 km) Miguel Indurain 45.752 km/h

Longtemps en tête, Erik Breukink rencontre involontairement les premiers effets de la future affaire PDM, et s’effondre en fin de CLM pour terminer 4e à 1’06’’ du champion espagnol. La moyenne d’Indurain reste relativement faible mais la distance de cette épreuve chronométrée est particulièrement longue (73 km, plus jamais dépassée depuis 1991).

Le dernier coureur à moins de 5 minutes est Maurizio Fondriest (26e), le dernier coureur à moins de 10 minutes est Alonso (130e)

Alcala 90 (Vittel) aurait battu Miguel Indurain de 4’14’’, Hinault 86 (Nantes) aurait devancé l’Espagnol de 2’14’’, Fignon 84 (Le Mans) aurait de justesse pris l’avantage sur le coureur de Banesto pour 21", tandis queYates 88 (Wasquehal) aurait pulvérisé le Navarrais, le laissant à 11’02’’ derrière lui!

1991 Lugny Macon (57 km) Miguel Indurain 47.665 km/h

Bien entendu, chaque parcours est unique, mais siun coureuravait couru à la même vitesse qu’Erik Breukink au Lac de Vassivière 90, il aurait alors perdu 5’16’’ sur Miguel Indurain.

LeMond 85 aurait fait pire encore, avec un débours de 6’39’’ sur Indurain, Martinez 88perdant virtuellement 5’50’’ et Hinault 86 cédant 2’57’’.

1992 Luxembourg (65 km) Miguel Indurain

LE grand exploit de Miguel Indurain lors de son quinquennat. Le Tour de France 1992célèbre l’Europe, avec un parcours à la démesure du rêve européen des organisateurs ... Au Grand-Duché du Luxembourg, seuls deux coureurs échappent à l’humiliation desquatre minutes, Armand De Las Cuevas (3’00’’) et Gianni Bugno (3’41’’).

Hinault 86 (Nantes) aurait cédé 5’44’’ comme un vulgaire fétu de paille, tandis qu’Alcala 90 (Vittel) n’auraitperdu que 1’57’’ sur la fusée espagnole. Fignon 84 perd virtuellement 5’25’’, là où le vrai Fignon, sous le maillot Gatorade, vécut ce jour là le plus grand camouflet de sa somptueuse carrière. Le double maillot jaune (1983 et 1984) fut rattrapé par Miguel Indurain bien que parti six minutes avant le champion espagnol. Au final, le Francilien céda 6’15’’ àcelui que tous les observateurs appelaient l’Extra-Terrestre! Un Superman également vêtu de bleu, qui ne vient pas de Krypton mais de Pampelune,et dont le secret réside en trois lettres, un acronyme qui va bientôt devenir célèbre: EPO ...Seuls Yates 88 aurait fait mieux que le Navarrais, le laissant à 4’06’’. Mais entreLiévin et Wasquehal, l’Anglais avait été poussé par un vent d’ouest très favorable qui lui avait permis de devancer tous les favoris!

1992 Tours Blois (64 km) Miguel Indurain

Vainqueur à52.349 km/h de moyenne, l’Espagnol bat le record de vitesse sur un contre-la-montre de plus de 50 kilomètres.LeMond 85 aurait perdu 14’40’’, Martinez 88 aurait cédé 13’46’’, Breukink 90 aurait accusé un retard de 13’08’’et même Hinault 86 aurait sombré à 10’32’’

1993 Lac de Madine (59 km) Miguel Indurain

Malgré une crevaison, Indurain reproduiten, moins violent, le massacre de Luxembourg au Lac de Madine pour le premier test de vérité de l’édition 1993. Alcala 90 aurait perdu 1’07’’,Fignon 84 aurait quant à lui cédé 4’16’’. Yates 88 aurait battu Indurain de 4’22’’, là où Hinault 86 aurait perdu 2’44’’.

1993 Brétigny-sur-Orge - Monthléry (48.5 km) Tony Rominger

Victime d’une fièvre, le maillot jaune espagnol Miguel Indurain perd son aura d’invincibilité dans ce chrono de fin de Tour. Son dauphin Tony Rominger, impressionnant dans les Alpes comme dans les Pyrénées, remporte une troisième étape après Serre-Chevalier et Isola 2000.

Le Zougois aurait laissé successivement Hinault 86 à 6’32’’, Breukink 90 à 8’30’’, LeMond 85 à 9’40’’ et Martinez 88 à 8’59’’. Avec de tels écarts, quifont préférerdans le vocabulaire français le terme "gouffre", parle-t-on du même sport?

1994 Périgueux Bergerac (64 km) Miguel Indurain

Pour la troisième fois de suite, Indurain tue le suspense, prenant le maillot jaune en écrasant la concurrence. Seul Tony Rominger limite les dégâts en ne perdant que deux minutes. Tous les autres sont à plus de quatre minutes du Navarrais.

Yates 88 aurait battu Indurain de 1’42’’, mais les autres témoins, Hinault 86, Breukink 90 et LeMond 85auraient respectivement concédé 6’00’’, 4’15’’ et 7’40’’au champion espagnol.

1995 Huy - Seraing (54 km) Miguel Indurain

Fignon 84 aurait perdu 6’18’’ sur Indurain, Yates 88 aurait gagné 1’37’’, Hinault 86 aurait perdu 4’54’’ et Alcala 90 aurait perdu 3’35’’.

1995 Lac de Vassivière (46.5 km) Miguel Indurain

Symbole criant du dopage triomphant, Erik Breukink vainqueur sur le même parcours en 1990 aurait mordu la poussière cinq ans plus tard en courant à la même vitesse: 5’16’’ derrière Miguel Indurain ...

Face à l’Espagnol, le Greg LeMond vainqueur au Lac de Vassivière en 1985 aurait lui fait pâle figure, digne d’une course amateur: 6’23’’ de retard!

Martinez 88, avec 5’44’’ de pertes et Hinault 86, avec 3’23’’ de retard sur Indurain, n’auraient pas non plus fait le poids contre le Navarrais.

1996 Bordeaux Saint-Emilion (63.5 km) Jan Ullrich

Le jeune Allemand écrase ce chrono, ne laissant pas même un dernière victoire à Miguel Induraindansson exercice de prédilection, même si le Navarrais se consolera en apportant à l’Espagne la médaille d’or du contre-la-montre aux Jeux Olympiques d’Atlanta.
Dans les vignobles du Bordelais, Ullrich fait parler unepuissance étonnante, lui qui a travaillé sans relâche dans les cols pyrénéens afin de consolider le maillot jaune de son leader chez Telekom, le Danois Bjarne Riis.

Ullrich 96 aurait laissé Martinez 88 à 10’55’’, Hinault 86 à 7’43’’, Breukink 90 à 10’17’’ et LeMondà 11’49’’.

Un Concorde face à quatre Airbus? Si le moteur d’Ullrich est exceptionnel, celui de Greg LeMond ou Bernard Hinault l’était au moins tout autant, c’est donc le kérosène qui a changé ... Le troisième choc pétrolier, après celui de 1973 et 1980, a eu lieu pour leseul microcosme cycliste en 1991 ... L’or rouge, alias l’EPO, ne se trouve pas dans les puits mais dans les pharmacies ... Eten lieuet place de l’OPEPO, on trouve l’OPEPO, l’Organisation des Pays EPO, dont l’Italie est la cheville ouvrière ...

1997 Eurodisney (63.5 km) Abraham Olano

En ce24 juillet 1997, à Eurodisney Paris, le plus réel entre l’exploit d’Abraham Olano et le monde féérique créé par Walt Disney, avec les célèbres Mickey, Donald et Pluto, n’est pas celui que l’on croit.

Le Basque, héritierun peu vite désigné de Miguel Indurainen Espagne, bat le maillot jaune Jan Ullrich, lequel a écrasé le Tour de France de sa classe.
Olano, ce jour là, aurait laissé Hinault 86 à 7’17’’, LeMond 85 à 11’23’’, Martinez 88 à 10’29’’ et Breukink 90 à 9’51’’.

1998 Meyrignac l’Eglise - Correze (58 km) Jan Ullrich

Un lion, neuf moutons etune kyrielle de vautours. Un lion en peluchede plus pour Jan Ullrich, vainqueur insolent de ce contre-la-montre sur les terres corréziennes du président Chirac venu rendre visite au Tour de France 1998,jeté dans l’opprobre par le scandale Festina depuis Dublin. Les neufs moutons noirs sont donc sacrifiés sur l’auteldu politiquement correct, ce dont se délectent tous les vautours médiatiques venus assister à la chute des idoles de 1997.

Si Ullrich n’a pas trainé sur ce parcours vallonné sur son Pinarello qui rappelle encore une fois sa filiation avec l’Espagnol Miguel Indurain, Hinault 86 l’auraitbattu de 1’08’’. Alcala 90l’auraitégalement devancé, de 2’43". Yates 88 aurait vaincu l’ogre de Rostock de 8’07’’.Seul Fignon 84, une des idoles d’adolescence d’Ullrich, se serait incliné face au champion de la Deutsche Telekom, pour 22 malheureuses secondes.

1998 Montceau-les-Mines - Le Creusot (52 km) Jan Ullrich

Ullrich, bien que terrassé par Marco Pantani sous la pluie apocalyptique desDeux Alpes, met un point d’honneur à finir le Tour de France sur une note positive, quelques jours après une belle réaction d’orgueil dans le col de la Madeleine.
L’Allemand aurait battu LeMond 85 de 7’39’’, Hinault 86 de 4’17’’, Martinez 88 de 6’55’’ et Breukink 90 de 6’24’’.

1999 Metz (56.5 km) Lance Armstrong 49.417 km/h

C’est ne pasce jour là qu’il devient l’imposteur, mais deux jours plus tard, en écrasant la course sur les hauteurs de Sestrières.
Mais entre la Lorraineet le Piémont, Lance Armstrong récupère le maillot jaune qu’il avait cédé àJaan Kirsipuu au terme de la terrible étape de Nantes.
Poussédans ses retranchements par le temps d’Alex Zülle, grand battu du passage du Gois, le Texan sort le grand jeu à la façon d’un Indurain ou d’un Ullrich, lui qui n’avait jamais gagné un grand contre-la-montre ...

Armstrong, ce jour là à Metz, aurait fait mordre la poussière à Fignon 84 de 5’14’’, à Hinault 86 de 3’46’’, à Alcala 90 de 2’13’’. Seul Yates 88, protégé du dieu EoleentreLiévin et Wasquehal, aurait battu l’Américain, de 3’03’’.

1999 Futuroscope (57 km) Lance Armstrong

Vainqueur au Puy-du-Fou et à Metz, ainsi qu’en montagne à Sestrières, Armstrong veut un Grand Chelem contre-la-montre,tel Miguel Indurain en 1992 (San Sebastian, Luxembourg, Blois). Souverain descols alpestres après sa victoire piémontaise, implacable en défense dans les cols pyrénéens, le Texan apporte au Futuroscope un point d’orgue à un triomphe qui comme le dit l’intéresse, cen’est ni Disney ni Hollywood!

En effet, on ne saurait contredire Armstrong, tant les effets spéciaux sont omniprésents dans son blockbuster estival ...Le summer movie du Texan n’a pas sollicité les services de Digital Domain (James Cameron) ou ILM (George Lucas), mais ceux d’une petite affaire italienneen or, celle du docteur Michele Ferrari.
Héritier du professeur Conconi, l’homme qui avait brisé en 1993 le mythe du Stelvio grâce à l’EPO, Ferrari offre un package à ses clients: dopage scientifique, opacité bancaire garantie, protection juridique viaavocats ...

Au Futuroscope, en ce 24 juillet 1999, le temps de l’Américain esten effet bien futuriste. On a changé de siècle avant même que l’an 2000 n’arrive ... Martinez88 aurait fini à 9’18’’, mais il n’aurait pas été le seul anonyme du jour: Breukink 90 repoussé à 8’44’’, Hinault 86 à 6’25’’ etLeMond 85 à 10’07’’.

2000 Fribourg Mulhouse (58.5 km) Lance Armstrong

Impossible n’est pas texan ... En matière de triche, c’est certain tant Lance Armstrong explore de nouveaux territoirsesinconnus! Pionnier des 53 km/h, le maillot jaune du Tour 2000, déjà souverain à Lourdes Hautacam ainsi qu’au Ventoux, a failli devenir le premier homme à plus de54 km/h entre Fribourg et Mulhouse.

Dans un duel au couteau face à son dauphin Jan Ullrich, futur rival en vue de la médaille d’or des Jeux Olympiques de Sydney, le maillot jaune Armstrong devient stratosphérique ... Tout autre épithète serait réducteur, pour celui s’attire alors les superlatifs à New York et Dallas, et que l’on voit à Times Square à chacun de ses "exploits".

LeMond 85 aurait fini à 15’26’’ ce jour là en Alsace, Martinez 88à 14’37’’, Hinault 86 à 11’39’’ et Breukink 90 à 14’02’’. Tous les quatre aurait été dans un autre monde, celui des vaincus.

2001 Saint-Amand-Montrond (61 km) Lance Armstrong

Pour la troisième année consécutive, le Texan tient le Tour de France sous sonemprise. Le joug américain ne faiblit pas, bien au contraire. Surclassant une concurrence presque résignée par tant de facilité déconcertante, le maillot jaune déclare sans honte avoir réussi le meilleur contre-la-montre de sa carrière, dans une édition 2001 où il tutoie la perfection: victoires à l’Alpe d’Huez, à Chamrousse,au Pla d’Adet, et neutralisation deJan Ullrich via une paix des braves sur la cime deLuz Ardiden ...

Breukink 90 aurait terminé à 8’10’’, LeMond 85 à 9’38’’, Hinault 86 à 5’41’’, Martinez 88 à 8’46’’, des temps d’entraînement face à un chrono de compétition (galvaudée).

2002 Lanester - Lorient (52 km) Santiago Botero

Le Colombien Santiago Botero, héros de l’Izoard en 2000 avec Kelme, discret en 2001 derrière l’espoir Oscar Sevilla, rebondit en 2002 en Bretagne avec cette victoire à Lorient, en profitant pour s’offrir le scalp deLance Armstrong, exploit inédit depuis 1999 sur une longue distance.

Même Sean Yates 88 n’auraitpas battu Botero, l’Anglais aurait même cédé 1’31’’à Lorient. Le reste ne sera alors qu’hécatombe ...Hinault 86 aurait perdu 8’09’’ relativement au coureur colombien, Fignon 84 se serait incliné de 9’34’’ et Alcala 90 de 6’38’’.

2002 Mâcon (50 km) Lance Armstrong

Dans le Beaujolais,Armstrong remet les points sur les i. La défaitede Lorient n’étaitqu’un accident de parcours pour le Texan, qui non content d’avoir écrasé la course à la Mongie et au Plateau de Beille,avait les jambes pour s’imposer au Ventoux ainsi qu’à la Plagne.
Bref, l’Américain veut éviter que toute idée de déclin fasse son chemin en vue de 2003, où il visera la reconduction de son titre d’Imperator, pour la cinquième année de suite.

Le sceptre du Texan prend des allures de trident de Poseïdon, tant L.A. semble investi d’une puissance divine. Orphelin de Jan Ullrich dans cetteédition 2002, Armstrong a coupé l’herbe sous le pied à tous ses rivaux.

Breukink 90 aurait terminé à 7’06’’, LeMond 85 à 8’22’’, Hinault 86 à 4’59’’, Martinez 88 à 7’38’’.

2003 Gaillac - Cap Découverte (47 km) Jan Ullrich

Unevictoire à la Pyrrhus par anticipation ... Oui les pertes sont à prévoir pour Jan Ullrich, qui se laisse aveugler par un maillot jaune qu’il ne porte pas encore. L’Allemand devientdaltonien et confond le jaune avec le cyan Bianchi ...

Pourtant, entre Gaillac et Cap Découverte, c’était lui le patron, le n°1 incontestable. Sous le signe du dieu Phoebus, sous un soleil de plomb qui darde des ses rayons les routes du Sud Ouest, l’Allemand fait de cette étape le grand moment de l’édition 2003 (Luz-Ardiden exceptée), retournant le Tour qu’on pensait déjà perdu pour lui ...

Malgré cette incroyabledémonstration de puissance, Ullrich aurait été devancé par Yates 88 pour 4’00’’, mais il aurait quand même battu Alcala 90 de 23’’. Hinault 86 aurait cédé 1’40’’ et Fignon 84 aurait perdu 2’53’’.

Il ne faut pas oublier quece chrono du Gers fut couruen fin de deuxième semaine, la comparaison est donc àrelativiser encore plus.

2003 Pornic - Nantes (49 km) David Millar

La pluie qui s’abat entre Pornic et Nantes n’empêche pas David Millar, Lance Armstrong et Jan Ullrich de foncer à tombeau ouvert sur les routes de Loire Atlantique ...

Même sous la pluie, l’Ecossais réussit le prodige de repousser les coureurs du passé à des années-lumières, soit la preuve définitive que le cyclisme a changé de dimension, passant par un triangle des Bermudes, le triangle EPO...

LeMond 85 aurait ainsi concédé à David Millar la bagatelle de 13’18’’, Breukink 90 aurait perdu 12’08’’, Martinez 88 aurait perdu 12’37’’ et Hinault 86 auraitcédé 10’08’’.

2004 Besançon (55 km) Lance Armstrong

Despotique en cette édition 2004 qui devait sacrer Jan Ullrich et punir son péché d’orgueil, Armstrong parachève sa campagne triomphale par unenouvelle victoire contre-la-montre, à Besançon.

Hinault 86 aurait fini à 5’16’’, LeMond 85 aurait fini à 8’49’’, Breukink 90 concédé 7’30’’ et Martinez 88 aurait pris 8’03’’.

2005 Saint-Etienne (55.5 km) Lance Armstrong

L’ultime victoire d’Armstrong dans son septennat d’imposture ...
Malgré le parcours vallonné, le Texan aurait vaincu les coureurs témoins du passé comme de vulgaires fétus de paille.

Hinault 86 à 19’’,Martinez 88 à 3’06’’, Breukink 90à 2’33’, LeMond 85 à 3’52’’, tous auraient du s’incliner contre l’homme fortde Discovery Channel.

2006 Saint-Grégoire - Rennes (52 km) Serhiy Honchar

Orpheline d’Armstrong mais aussi d’Ullrich exclu au départ de Strasbourg, l’édition 2006 trouve comme maître de l’effort solitaire l’Ukrainien Honchar, champion du monde de la spécialité en 2000 à Plouay.

Fignon 84 aurait perdu 6’14’ sur Honchar, Yates 88 aurait battu l’Ukrainien de 1’23’’, Alcala 90 aurait perdu 3’28’’ et Hinault 86 aurait concédé 4’53’’.

2006 Montceau-les-Mines - Le Creusot (57 km) Serhiy Honchar

Rebelote pour Honchar qui signe le doublé des chronos, exploit digne d’Indurain (1991, 1992, 1995), Ullrich (1998) ou Armstrong (1999, 2001).

Hinault 86 aurait perdu 6’57’’ sur le champion ukrainien, LeMond 85 aurait terminé à 10’39’’, Martinez 88 aurait perdu 9’50’’, et l’écart se serait chiffré à 9’16’’ en défaveur de Breukink 90.

2007 Albi (54 km) Alexandre Vinokourov

Alcala 90 aurait concédé 1’07’’ au Kazakhe, favori du Tour 2007 au départ de Londres, bien qu’impuissant face au Danois Michael Rasmussen grand vainqueur des étapes de montagne des Alpes. Yates 88 aurait devancé de 3’55’’ le coureur d’Astana, Hinault 86 aurait perdu 3’36’’ et Fignon 84 aurait perdu 4’00’’.

2007 Cognac - Angoulême (55.5 km) Levi Leipheimer

Galvanisé par sa lutte contre Contador et Evans, Levi Leipheimer remporte son premier chrono sur le Tour de France. 3e de la Vuelta en 2001, l’Américain atteint le podium final du Tour de France 2007.

Leipheimer 2007 aurait écrasé les prototypes du passé: LeMond 85 laissé à 13’36’’, Breukink 90 en perdition à 12’16’’, Hinault 86 à 10’00’’, Martinez à 12’94’.

Bref, comme pour Fausto Coppi jadis vainqueur de Milan - San Remo 1946 avec des écarts colossaux, largement le temps pour la radio de passer de la musique en guise de diversion, le temps d’attendre les "retardataires" ...

2008 Cérilly- Saint-Amand-Montrond (53 km) Stefan Schumacher

Il ne s’appelle pas Schumacher pour rien, l’Allemand était une Formule 1 dopée. Son dauphin ce jour là, Fabian Cancellara (2e de l’étape à 21 secondes du coureur allemand), avait lui aussi des airs de bolide.

Champion du monde de la spécialité en 2006 et 2007 (il le serait aussi en 2009 à Mendrisio et 2010 à Melbourne), Cancellara aurait battu virtuellement Martinez 88 de 7’58’’, Breukink 90 de 7’26’’, Hinault 86 de 5’17’’ et LeMond 85 de 8’42’’.

2009 Annecy (46 km) Alberto Contador

Un escaladeur capable d’imiter Marco Pantani qui s’improvise rouleur implacable digne de Miguel Indurain au point de battre Fabian Cancellara ... Tel est le maillot jaune de cette édition 2009, l’Espagnol Alberto Contador. Le Madrilène voltige dans les cols, mais semble également inaccessible dans l’effort solitaire, seul le Suisse ayant pu le battre dans le chrono initial en Principauté de Monaco.

Contador aurait vaincu LeMond 85 de 7’12’’, Martinez 88 de 6’38’’, Breukink 90 de 6’14’’ et Hinault 86 de 4’35’’.

2010 Bordeaux - Pauillac (52 km) Fabian Cancellara

Un des plus beaux millésimes de Fabian Cancellara, mais pour le Suisse comme pour tant d’autres, une contrefaçon de plus sur les routes du Médoc.

Hinault 86 repoussé à 7’13’’, LeMond 85 abandonné à 10’35’’, Martinez 88 battu de 9’51’’, Breukink 90 devancé de 9’20’’.

2011 Grenoble (42.5 km) Tony Martin

Futur bourreau de Cancellara au Mondial de Copenhague, l’Allemand Tony Martin étrenne son nouveau rôle de roi des chronos à Grenoble, sur l’édition 2011 du Tour de France, se paiant le luxe de devancer le nouveau maillot jaune, Cadel Evans.

Martin aurait aussi devancé Breukink 90 de 1’53’’, Hinault 86 de 0’09’’, LeMond 85 de 2’54’’ et Martinez 88 de 2’18’’.

2012 Arc-et-Senans - Besancon (41.5 km) Bradley Wiggins

Excellent rouleur, médaillé mondial à Copenhague en 2011 en compagnie de Martin et Cancellara, Bradley Wiggins déploie ses ailes sur Besançon. Le leader de Sky écrase la course ...

Son directeur sportif et compatriote Sean Yates, avec sa vitesse moyenne de Wasquehal en 1988, l’aurait battu de 3’15’’. Mais Fignon se serait incliné de 3’50’’, tout comme Hinault 86 et Alcala 90, respectivement vaincus pour 1’45’’ et 0’37’’.

2012 Bonneval -Chartres (53.5 km) Bradley Wiggins

A Chartres, Wiggins consolide un maillot jaune que même Chris Froome ne peut plus lui contester.

Une fois de plus, les prouesses d’un vainqueur du Tour relèvent de l’Utopie comparées aux vitesses moyennes de lauréats de chronos du passés.

Breukink 90 aurait terminé à 8’05’’, LeMond 85 perdu 9’22’’, Hinault 86 concédé 5’54’’ et Martinez 88 aurait accusé un retard de 8’37’’.

Au final, si l’on cumule le retard global de chaque témoin, on obtient ceci:

- Laurent Fignon (Alençon - Le Mans 1984): 54’26’’ de retard cumulé entre 1991 et 2012

- Bernard Hinault (Nantes 1986): 38’49’’ de retard cumulé

- Sean Yates (Liévin - Wasquehal 1988): 45’32’’ d’avance cumulée

- Raul Alcala (Epinal - Vittel 1990): 18’23’’ de retard cumulé

- Greg LeMond (Lacde Vassivière 1985): 3h20’45’’ de retard cumulé

- Bernard Hinault (Saint-Etienne 1986): 2h08’03’’ de retard cumulé

- Juan Martinez Oliver (Santenay 1988): 3h14’44’’ de retard cumulé

- Erik Breukink (Lac de Vassivière 1990): 2h53’15’’ de retard cumulé

L’objectif de ces statistiques n’est pas de comparer les coureurs témoins à travers le temps, cela n’ayant aucun sens du fait des parcours divergents ...

Mais une simple remarque rend la conclusion plus que nauséabonde si l’on approfondit l’analyse.

Là où la progression des moyennes reste raisonnable sur les chronos de début de Tour de France, une véritable explosion des performances est constatée en fin d’épreuve, là où les coureurs puisent dans leurs réserves et se battent au mental pour le maillot jaune ou une place sur le podium.

Epreuve marathon sur trois semaines, course inhumaine à l’histoire plus que centenaire, le Tour de France est respecté de tous les coureurs sans exception. L’arrivée à Paris, que ce soit au Parc des Princes entre 1903 et 1967, à Vincennes de 1968 à 1974 ou sur l’avenue des Champs-Elysées depuis 1975, est toujours vécue comme une apothéose.
C’est pour cela que l’ultime étape commence toujours dans une ambiance champêtre, avec une règle non écrite du peloton de ne pas attaquer avant d’entrer dans Paris, comme pour récompenser les efforts consentis pendant la grand-messe de thermidor.

Exténués, la plupart des coureurs goûtent cette journée comme le cadeau tant attendu, le fruit de leurs sacrifices.

Mais depuis 1991, l’EPO a tout faussé, et l’ultime chrono ne se court plus avec les tripes, à la force de l’adrénaline. Non, le chrono de l’avant-dernier jourest tout juste une simple étape de plus, une simplecroix cochée sur le calendrier du Tour, d’un jour comme un autre, pour les Robinsons Crusoé d’un cyclisme professionnel perdue sur son île déserte, seul au monde à croire encore à "sa vérité".

Lors de ce dernier test chronométré, les coureurs sont seuls au monde, tel Tom Hanks perdu sur son île au milieu de l’océan Pacifique ...

Un contre-la-montre se court à bloc du début à la fin, comme un vrai duel au couteau, pas de mondanités, ni thé ni petits fours à la véranda d’un manoir anglais ...
L’adrénaline monte directement au pinacle, car le round d’observation dure juste le temps de descendre de la rampe de lancement. Dans le meilleur des cas, les dix premiers kilomètres ne se courent qu’à 90 %, avant de lâcher les chevaux ... Mais en aucun cas, il n’y a de tactique, et encore moins de panache, puisque le panache cyclistese définit par le goût du risque et de l’offensive gratuitedans un contexte tactique.

Immédiatement, le coureur se retrouve en position du gladiateur de la Rome Antiqueseul sur le sable de l’arène, prêt au combat pour sa survie. Dans le contre-la-montre, pas de pacte de non agression tacite comme il peut en exister sur les étapes de cols pyrénéennes et alpestres, où l’on attend le passage du premier col avant de déclencher les hostilités, afin de préserver les chances du gruppetto face à la voiture balai.

Dans le chrono, la voiture balai est un fantôme, une ombre persistante qui suit le coureur du départ à l’arrivée, telle une épée de Damoclès.
Le chrono est un exercice de pure puissance, même si l’aérodynamique y a son importance, épreuve où le coureur puise au fond de ses ressources physique et mentales les plus profondes, aux antipodes de l’hédonismes, aux frontières de la douleur ...
Comme chez Darwin, la sélection naturelle s’opère par la puissance du coureur, et sa résistance à la douleur, aux seuils de tolérance, aux paliers d’intensité.

C’est là que le rôle du directeur sportif est important, pour que le coureur aille puiser dans ce qu’il a plus de viscéral, les dernières gouttes de sueur propices au dépassement de soi ... Les mondialement célèbresVenga, Venga ...de Manolo Saiz chez ONCE en sont les témoins, il s’agit de galvaniser le champion, d’agiter le rouge devant un taureau rendu orphelin par trop de privations, pour provoquer la stimulation ... Bref, il s’agit par la parole, de tirer du coureur la substantifique moelle. Jadis, Raphaël Geminiani tutoyait la perfection quand il s’agissait de piquer Jacques Anquetil dans son orgueil. Ainsi, lors du Bordeaux - Paris 1965 consécutif à son premier exploit sur le Dauphiné Libéré, le Normand avait réagi par orgueil à une provocation calculée de son machiavélique directeur sportif auvergnat ... Ce n’était pas un chrono, mais le principe était le même. Mettre psychologiquement son coureur dans les conditions de l’exploit.

Et c’est donc pour cela, qu’après un tel voyage au pays des limites, dans une dimension à part, que l’étape de Paris semble comme un sas de décompression,un compartiment intermédiaire vers le repos bien mérité, vers ce paradis appelé Champs-Elysées. Le pacte de non agression existant pour la montagne trouve ici l’apogée de son existence implicite. Attaquer avant Paris, entrer sur la plus belle avenue du monde avant l’équipe du maillot jaune alors que le public de la capitale se consume d’impatience de voir le peloton, c’est comme franchir le Rubicon.

Ironie du destin, en 1991, année charnière, année zéro de l’ère EPO, la tradition a été rompue, un homme, le dernier maillot jaune non EPO, est rentré dans Paris avant le peloton, avant l’équipe du vainqueur, la Banesto de Miguel Indurain: cet homme, c’est Greg LeMond, seul sur les Champs-Elysées... Septième du classement général, LeMond commet le péché d’orgueil, vouloir attaquer dans Paris. Bien entendu, il ne gagnera pas l’étape, pas plus qu’il ne regagnera le Tour de France.

Lièvre de cette étape parisienne de 1991, bientôt atteint par la myopathie, le triple champion de l’épreuve ne pouvait pas savoir que d’autres lièvres, bien plus redoutables, allaient se muer en guépards ...

par AxelBorg
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par AxelBorg

le 23 octobre 2012 à 10H18

Tapis vert espéré à Lausanne : la chasse aux lièvres EPO vainqueurs de CLM est ouverte ...

La progression stupéfiante des vitesses moyennes des CLM de fin de Tour de France, pendant l’ère EPO (1991-2012) montre combien le dopage gangrène le cyclisme professionnel.

Plus aucun problème de récupération, l’EPO est là pour rendre les champions encore plus inhumains.

Après 3500 voire 4000 kilomètres, Indurain (Blois 92) et Armstrong (Mulhouse 2000) n’ont eu aucun mal à battre des records, bien au delà des 50 km/h : 52.349 km/h pour l’Espagnol, 53.986 km/h pour l’Américain.

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par tonton

le 23 octobre 2012 à 18H03

Tapis vert espéré à Lausanne : la chasse aux lièvres EPO vainqueurs de CLM est ouverte ...

http://www.mundodeportivo.com/...

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par Nicolas

le 23 octobre 2012 à 18H08

Tapis vert espéré à Lausanne : la chasse aux lièvres EPO vainqueurs de CLM est ouverte ...

Oui, il va aussi recevoir le soutien de son pote Merckx. Et puis Hinault, comme Jalabert, va s’énerver et dire qu’il y a des choses plus importantes dans le cyclisme que le dopage... C’est pas demain la veille qu’on en sortira !

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par AxelBorg

le 24 octobre 2012 à 08H07

Tapis vert espéré à Lausanne : la chasse aux lièvres EPO vainqueurs de CLM est ouverte ...

Oui scandaleux de voir Miguel Indurain soutenir Armstrong aussi explicitement, j’aurais plutôt pensé que le premier avocat du Texan aurait été Eddy Merckx, si prompt à venir le défendre depuis tant d’années.

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par Nicolas

le 23 octobre 2012 à 18H38

Tapis vert espéré à Lausanne : la chasse aux lièvres EPO vainqueurs de CLM est ouverte ...

Bonsoir AxelBorg, les chronos de fin de Tour sont en effet éloquents. Certes, il y a une motivation sans commune mesure avec les autres étapes mais comme tu le dis c’est devenu plus l’occasion de déballer la pharmacie que de mettre sa peau sur la route !

Le record est toujours pour 2003 ? Millar avait bouclé les 49 bornes en 54,5 km/h de moyenne. Il a reconnu en 2004, suite à l’affaire Cofidis, qu’il avait fait une cure d’EPO avant le Tour.

A noter que la moyenne a baissé depuis. Wiggins n’a couru qu’en 49 km/h de moyenne en 2012. Mais on est encore loin des 43 km/h de Breukink en 1990. Et Breukink a couru 8 kilomètres de moins que Wiggins !

En fait Breukink se serait retrouvé au niveau de la 130/140ème place (sur 153) en 2012, à côté de mecs comme Marcato, Voeckler ou Sébastien Hinault, soit des non-spécialistes pas motivés en cette fin de Tour... Alors, ouais, y a eu des progrès techniques, des améliorations dans la préparation, la professionnalisation, etc. mais tout de même ! On parle de 1990, pas de 1910...

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par AxelBorg

le 24 octobre 2012 à 08H06

Tapis vert espéré à Lausanne : la chasse aux lièvres EPO vainqueurs de CLM est ouverte ...

Salut Nicolas,

Amusant que tu évoques 1910 (certes pour forcer le trait avec 1990 et Breukink), mais c’est l’année où Octave Lapize avait traité les organisateurs, Henri Desgrange et Géo Lefèvre, d’assassins après avoir franchi les cols des Pyrénées que le Tour inaugurait alors, tel Aubisque et Tourmalet.

Bref, voir le pauvre Breukink relégué à des 130e ou 140e places virtuelles en le mettant sur les CLM récents fait peur à voir, comme si il roulait sur un vélo en fonte ... digne de 1910 justement !!

Et tu as raison, au delà de la 50e place d’un CLM, les mecs ne jouent ni l’étape, ni le classement général donc en plus il y a un facteur de motivation amoindrie ... Certains se réservent même exprès pour pouvoir tenter une offensive sur les Champs-Elysées, en espérant succéder aux rares coureurs qui ont gagné dans une échappée à Paris, Bernard Hinault (1982), Eddy Seigneur (1994) ou encore Alexandre Vinokourov (2005).

Sinon, il me semble que le record date toujours de 2003 avec David Millar sous la pluie nantaise. Il faudrait revoir le parcours, il devait aussi y avoir du faux-plat descendant, pour arriver à une telle moyenne !

Au delà de 51 km/h, on est sur les bases des records de l’heure des années Moser Indurain Rominger Boardman Obree, bref totalement galvaudés car faussés par le dopage, les positions aérodynamiques désormais interdites par l’UCI (position dite de "Superman") et bien entendu un matériel poussé à l’extrême, notamment par Graeme Obree (copié ensuite par Pinarello pour Miguel Indurain ou Colnago pour Tony Rominger).

En gros, après 3 semaines de courses, les Millar 2003 ou Armstrong 2000 nous sortent des performances presque identiques à des recordmen de l’heure préparés comme jamais, qui donnent tout sur une heure, dans un vélodrome ...

Je veux bien qu’une fois ou deux le vent ait été très favorable entre 1991 et 2012, comme pour Sean Yates en 1988 à Wasquehal, mais tout de même là cela fait beaucoup de couleuvres à avaler.

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par FabriceBaro

le 23 octobre 2012 à 18H42

Tapis vert espéré à Lausanne : la chasse aux lièvres EPO vainqueurs de CLM est ouverte ...

Salut Axel,

Quel pavé ! Du lourd pour un mardi matin (oui c’est encore le matin ici à Montréal).

Tout n’est pas très clair pour moi. As-tu pris la vitesse moyenne des CLM de référence (1984-1990), puis extrapolé cette vitesse sur la distance des CLM récents (1991-2012) ? Je suppose que oui.

Autre question : pourquoi avoir retenu le CLM de Wasquehal 88 ? Comme tu le dit il y avait un fort vent favorable, pour les premier concurrents seulement. La vitesse moyenne de Yates était de 49.523 km/h ce qui est assez élevé. Cependant quand je regarde le classement de l’étape je ne vois pas de trou significatif entre les concurrents. Peut-être que le vent a faibli graduellement.

Enfin, bien que ne niant pas la réalité du dopage, il me semble qu’on passe sous silence l’amélioration du matériel. Quand je vois les vélos aujourd’hui avec les cadres full-carbone profilé, sans compter le travail en soufflerie sur le positionnement sur le vélo, le gain de performance doit être non négligeable, de l’ordre de quelques pourcents. D’ailleurs ces améliorations de performance mécaniques seraient justement plus visibles en CLM, où, comme tu le soulignes justement, les coureurs sont isolés (pas d’aspiration) et à puissance maximale (maximisant le gain d’efficacité de la transmission de la force).

Idéalement il faudrait réaliser une étude avec des cyclistes utilisant des vélos de différentes époques dans des conditions contrôlées (en salle ?) afin d’avoir une idée de l’influence du matériel. Ainsi on pourrait déduire ce facteur des temps récents.

D’autre part je suis certain que les méthodes d’entraînement ont progressé également, ainsi que la nutrition. Les bénéfices de ces améliorations sont naturellement beaucoup plus difficile à mesurer.

En résumé, il est important de déduire certains facteurs avant de pouvoir prétendre quantifier les effets du dopage systématique et "scientifique".

Question subsidiaire : si quelqu’un est intéressé, ça serait bien de mettre tous ces chiffres dans un tableur.

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par FabriceBaro

le 23 octobre 2012 à 18H46

Tapis vert espéré à Lausanne : la chasse aux lièvres EPO vainqueurs de CLM est ouverte ...

Bon, durant le long temps que ça m’a pris pour poster, je vois que d’autres (Nicolas) ont posté entre temps, sur l’amélioration du matériel ("1990, pas 1910" lol).

Par ailleurs j’ai trouvé par hasard que Yates a été contrôlé "positif" (à quoi, mystère) en 1989 justement. http://archives.lesoir.be/delg...

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par Nicolas

le 23 octobre 2012 à 18H49

Tapis vert espéré à Lausanne : la chasse aux lièvres EPO vainqueurs de CLM est ouverte ...

Bonsoir Fabrice Baro, pourquoi lol pour 1990, pas 1910 ?

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par FabriceBaro

le 23 octobre 2012 à 20H21

Tapis vert espéré à Lausanne : la chasse aux lièvres EPO vainqueurs de CLM est ouverte ...

Salut Nicolas,

Appelle-moi Fabrice.

Je riais à ton expression "On parle de 1990, pas de 1910..." que j’ai mal citée d’ailleurs.

Plus sérieusement, pour les CLM, si je ne m’abuse, c’est LeMond qui avait introduit l’utilisation du guidon de triathlète en 1989 seulement. On peut donc supposer que cette nouvelle position a dû être améliorée considérablement au cours des années suivantes, en parallèle avec l’arrivée de l’EPO.

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par Nicolas

le 23 octobre 2012 à 20H53

Tapis vert espéré à Lausanne : la chasse aux lièvres EPO vainqueurs de CLM est ouverte ...

C’est certain que l’EPO seule n’explique pas l’amélioration des vitesses moyennes à partir de 1990. Mais, sur les 21 chronos les plus rapides de fin de Tour depuis 1970 (et sans doute de tous les temps), 19 ont été réalisés à partir de 1990. Seuls 1989 et 1987 s’invitent dans le classement...

Quel saut qualitatif exceptionnel peut expliquer ça ? La technique ? Le dopage ? Un peu des deux ?

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par AxelBorg

le 24 octobre 2012 à 07H58

Tapis vert espéré à Lausanne : la chasse aux lièvres EPO vainqueurs de CLM est ouverte ...

Bonjour Fabrice,

Je ne suis pas spécialiste de l’amélioration du matériel mais ce ne peut être un argument retenu. Certes il y a eu le titane vers 1973 dans les années Merckx - Ocana, le guidon de triathlète (corne de vache) de Greg LeMond en 1989, les roues lenticulaires dans les années 80, puis les casques profilés ...

Mais si le matériel s’améliore autant, alors pourquoi cela bénéficie-t-il autant aux CLM de fin de parcours plutôt qu’à ceux de début de parcours ?

On ne peut pas non plus imaginer que pendant 22 ans (1991-2012), les CLM de fin de Tour de France soient plus "faciles" ou bénéficient à chaque fois de conditions météo favorables, de routes au revêtement facilitant l’adhérence des boyaux, ou carrément de faux plats descendants qui aident la vitesse moyenne à monter !

Non, la seule explication possible est l’arrivée de l’EPO ... On sait par les témoignages de soigneurs et coureurs ayant avoué, que l’EPO produisait ses meilleurs effets en fin de 2e semaine / début de 3e semaine si le calendrier de dopage était bien respecté.

Le bénéfice de l’EPO est donc bien plus grand sur la période où le corps commence à souffrir d’un problème de récupération, c’est à dire en 3e semaine. A force d’enchaîner les étapes, il est logique que la fatigue s’installe ... Ce qui n’est plus le cas avec l’EPO, les défaillances dues à un manque de récupération se font beaucoup plus rares.

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par AxelBorg

le 24 octobre 2012 à 08H14

Tapis vert espéré à Lausanne : la chasse aux lièvres EPO vainqueurs de CLM est ouverte ...

@Fabrice,

Dernier point, l’évolution du matériel peut être invoquée comme un des facteurs pour la progression des vitesses moyennes sur l’ensemble du Tour de France et sur les CLM en particulier, mais elle ne peut expliquer cette incroyable divergence entre la progression raisonnable des vitesses des CLM en début de Tour et la progression non maîtrisée des vitesses des CLM en fin de Tour.

Ce vieil article expliquait les différents facteurs ayant permis d’améliorer la vitesse moyenne sur le Tour de France, jusqu’au record d’Armstrong en 2005.

http://www.sportvox.fr/article...

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par FabriceBaro

le 24 octobre 2012 à 15H53

Tapis vert espéré à Lausanne : la chasse aux lièvres EPO vainqueurs de CLM est ouverte ...

@ Axel,

Bien vu, je pense que la différence entre les CLM en début et fin d’épreuve est réellement le révélateur de l’EPO (et des auto-transfusions), dont les effets se situent justement à ce niveau, c’est à dire l’endurance et la récupération.

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par AxelBorg

le 24 octobre 2012 à 16H17

Tapis vert espéré à Lausanne : la chasse aux lièvres EPO vainqueurs de CLM est ouverte ...

@Fabrice,

Oui c’est clairement la conclusion que je tire de cette étude CLM sur la période 1991-2012, le processus naturel de récupération et d’endurance est complètement faussé par l’EPO ...

C’est d’ailleurs en comparant Mulhouse 2000 et Versailles - Paris 1989, avec des moyennes quasi identiques (environ 54 km/h) mais sur des distances bien différentes (24 km pour LeMond en 1989, 58 km pour Armstrong en 2000) que Ditch a posé la première pierre de sa saga ...

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par Fabien

le 23 octobre 2012 à 23H44

Tapis vert espéré à Lausanne : la chasse aux lièvres EPO vainqueurs de CLM est ouverte ...

Bonjour Axel,

Bel exercice de passionné mais quand même très piégeux en raison des différences de parcours. Le fameux clm Liévin-Wasquehal 88 remporté par Sean Yates était complètement plat. Rien à voir par exemple avec le clm d’Alençon 91. Sean Yates n’aurait jamais pu rivaliser avec l’Indurain de 91 ni avec le Bradley Wiggins de 2012.

Quant à Alcala 90, tu sais ce que j’en pense. Comment le petit grimpeur mexicain qui avait toujours pris 4 à 5 minutes dans l’exercice a-t-il pu d’un coup mettre LeMond, Delgado et tous les autres à plus de 2 minutes ? Comme dit Pierre Salviac, "il est allé s’entraîner sur les hauts plateaux de son Mexique natal". C’est une énorme imposture. Il ne peut pas être pris en référence des années non-EPO. Idem pour son coéquipier Breukink à Vassivière même si c’est quand même moins grotesque. Indurain est déjà très au dessus de son niveau de clm intrinsèque (85-89).

Sinon, les grandes tendances dégagées, notamment la progression importante sur le dernier clm sont très intéressantes.

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par AxelBorg

le 24 octobre 2012 à 07H53

Tapis vert espéré à Lausanne : la chasse aux lièvres EPO vainqueurs de CLM est ouverte ...

Bonjour Fabien,

Oui mais pour Alcala j’ai fait exprès de l’utiliser comme témoin. Tout le monde sait que le Mexicain était bien chargé en 1990 lorsqu’il remporta le clm Epinal - Vittel.

Pourtant cela ne l’empêche pas de globalement se prendre des valises face aux vainqueurs des années EPO.

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