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le 22/11/2012

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux


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Après avoir nettoyé virtuellement les maillots jaunes et classement généraux du Tour de France, une revue du palmarès de l’Alpe d’Huez et du Mont Ventoux des années EPO, entre 1991 et 2012, s’impose ... La Montagne des Hollandais et le Géant de Provence revisités ...

1986 (Alpe d’Huez) Jesus Montoya, meilleur temps de l’ascension en 46’00’’

Si le tandem Bernard Hinault - Greg LeMond écrase l’étape, c’est l’Espagnol Jesus Montoya qui est crédité du meilleur temps d’ascension de l’Alpe, en 46 minutes. Un quart de siècle plus tard, Montoya rentrerait bredouille, sans la moindre chance d’une victoire d’étape ...

1987 (Alpe d’Huez) Luis Herrera, meilleur temps de l’ascension en 41’50’’

Escaladeur virtuose, lauréat de la Vuelta au printemps 1987, le Colombien Luis Herrera l’avait emporté en 1984 dans l’Alpe d’Huez ... Si Federico Echave remporte l’étape, c’estbien l’aigle Herrera le plus fort, grimpant la montagne des Hollandais en 41’50’’.

1988 (Alpe d’Huez via Madeleine et Glandon) Gert Jan Theunisse, meilleur temps de l’ascension en 43’50’’

Steven Rooks est le vainqueur de l’étape, Pedro Delgado le maillot jaune implacable de cette édition 1988, mais le meilleur à l’Alpe d’Huez est le compatriote de Rooks, Gert Jan Theunisse, auteur d’une ascension en 43’50’’

1989 (Alpe d’Huez via Galibier et Croix-de-Fer) Pedro Delgado, meilleur temps de l’ascension en 42’15’’

Arbitre de la joute entre Greg LeMond et Laurent Fignon pour le maillot jaune, Perico Delgado est le plus fort dans l’Alpe d’Huez, où Theunisse s’impose cependant. Le natif de Ségovie se rapproche à 25 secondes du record de l’ascension, signé par Herrera en 1987. Avec l’énergie implacable des champions, LeMond se bat pour limiter l’hémorragie du temps, dégageant une puissance de 377 watts.

1990 (Alpe d’Huez) Erik Breukink, meilleur temps de l’ascension en 43’15’’

Se regardant en chiens de faïence au Futuroscope de Poitiers, les favoris LeMond, Delgado et Fignon laissent quatre hommes sceller le destin du Tour 1990: grâce à l’offensive de Maassen, Bauer, Pensec et Chiappucci, la 77e édition de la Grande Boucle sera une course poursuite.

Une victoire de LeMond ou Delgado à Paris semble déjà utopique, et la montagne semble l’occasion rêvée pour combler le gouffre. Sauf que le grimpeur toscan Claudio Chiappucci, 12e du dernier Giro, va leur donner du fil à retordre.

Dans l’Alpe d’Huez, LeMond, Bugno et Breukink livrent une joute redoutable pour la victoire, mais c’est finalement le Batave qui sort vainqueur du combat.

1991 (Alpe d’Huez) Gianni Bugno, vainqueur d’étape et meilleur temps de l’ascension en 39’45’’

Bugno et Indurain 1991, ou comment tordre le cou au principe de Peter. Repoussant leurs propres seuils d’incompétence en montagne, l’Italien et l’Espagnol font exploser la barrière des 40 minutesdans l’Alpe d’Huez, qu’ils grimpent en 39’45’’. Même la belle chevauchée du grimpeur colombien Herrera en 1987, fait pâle figure, le condor sud-américain aurait terminé à 2’05’’ du tandem italo-espagnol ce jour là ...

Comme si l’Everest avait été vaincu du premier coup, avec une facilité déconcertante, sans l’aide d’un sherpa expérimenté pour aiderun alpinisteoccidental novice des sommets himalayens... Et contrairement à 1990, Bugno ne peut invoquer le miracle de la musicothérapie. L’effet Amadeus est donc péremptoire en cette année 1991.

Leader de l’équipe Gatorade - Château d’Ax, Gianni Bugno est un élément plus que corporate, il a compris que les boissons énergisantes étaient l’avenir ... Comme Miguel Indurain, il s’est découvert son Red Bull à lui, une nouvelle drogue appelée EPO ...

L’élixir de jouvence,ou plutôtl’élixir de puissance accomplit ses premiers miracles quand il s’agit de mesurer les watts du maillot jaune: Miguel Indurain culmine à 478 watts en cours d’étape.

1992 (Alpe d’Huez, via Galibier et Croix-de-Fer) Claudio Chiappucci, meilleur temps de l’ascension en 43’19’’

Si le vainqueur du jour a pour nom Andrew Hampsten, c’est le héros de Sestrières, l’imposteur en chef des montagnes alpestres, alias Claudio Chiappucci, qui réalise le meilleur chrono dans la roue du maillot jaune, l’Espagnol Miguel Indurain.
Au lendemain de son "exploit" piémontais, Chiappucci grimpe les21lacets en 43’15’’. Avec 432 watts, Miguel Indurain confirme que le cyclisme européen a définitivement franchi le Rubicon. Tous les chemins mènent à Rome, surtout les plus rapides ... L’imperator Indurain, proche de confirmer son joug sur la France et la Navarre, va donc trouver à Paris un deuxième épilogue heureux, protégé par l’omerta d’un peloton complice qui sera bientôt complètement gangréné par la peste noire EPO.

1994 (Ventoux) Marco Pantani, meilleur temps de l’ascension en 46’00’’ (depuis Saint-Estève)

A la poursuite du colosse Eros Poli dans l’étape de Carpentras, Pantani fait une nouvelle fois preuve de ses dons exceptionnels dans le col provençal. Sur la rocaille où Tom Simpson s’est éteint en 1967, l’Italiencreuse des écarts conséquents sur le groupe Indurain, tandis que le maillot jaune espagnol est insolent de facilité face à Virenque et Leblanc. Révélation du Giro où il l’a emporté dans les Dolomites, à Merano et Aprica, le dauphin de Berzin ne gagne pas l’étape mais fait très forte impression, en battant le record du Géant de Provence pour son baptême du feu. Miguel Indurain, lui, en démonstration de force, tutoye la perfection en terme de puissance ... 483 watts, l’Espagnol résiste à l’érosion du temps, lui qu’on disait en déclin sur le Giro. Où est le déclin, puisque le moteur du Navarrais bénéficie toujours d’une essence d’élite. Les chocs pétroliers de 1973 et 1980 ne trouveront pas de petit frère cycliste ...

1994 (Alpe d’Huez) Marco Pantani, meilleur temps de l’ascension en 37’15’’

Trois ans après Bugno et Indurain, le mythe de Sisyphe prend définitivement fin à l’Alpe d’Huez. La montagne de souffrance n’existe plus que dans le souvenir des anciens, tant Pantani rend la pente impuissante ... Grimpant 2’30’’ plus vite que le record de 1991, l’escaladeur italien, révélation du Giro,éclabousse l’étape de son talent.

On nepeutcependantpas rapprocher au grimpeur de la Carrera de courir en épicier, lui qui pulvérise l’opposition dès que la route s’élève, telle son idole Charly Gaul.

1995 (Alpe d’Huez via Madeleine et Croix-de-Fer) Marco Pantani, vainqueur d’étape et meilleur temps de l’ascension en 36’50’’

Le Transalpin améliore encordson record de 1994, gagnant en solitaire sur la cime mythique surplombant l’Oisans ... Gladiateur des montagnes, Pantani est insatiable quand il avale les cols sur sa selle. Le leader de la Carrera atteint la quadrature du cercle, et décroche son premier succès d’étape sur le Tour de France.

Nullement marqué par l’usure du pouvoir, le colosse espagnol Miguel Indurain réussit son record personnel en 38’10’’, flanqué de Zülle et Riis, ses futurs dauphins à Paris.Le Navarrais explose les seuils de watts, qu’il porte au pinacle, à 520 watts au paroxysme de l’effort.

1997 (Alpe d’Huez, sans col préalable) Marco Pantani, vainqueur d’étape et meilleur temps de l’ascension en 36’55’’

L’hégémonie du Pirate sur le colmythique qu’est l’Alpe d’Huez se prolonge, en dépit de la forme stratosphérique du maillot jaune Jan Ullrich. Dans cette étape partant de Saint-Etienne, sans grand col au préalable, c’est une pure course de côte, chasse gardée du grimpeur romagnol ...

Aujourd’hui encore,les images interpellent quand on voit les démarrages et les relances de Pantani après chaque lacet. Le Pirate n’a pas l’allure d’un cycliste en état de grâce, mais d’une Vespa.

Les performances en montagne du Tour de France semblent soumies à la loi des poupées russes, si bien qu’on ne sait jamais si un record sera ou non le dernier, l’ultime limite de l’impossible. Ces records gigognes qui cachent déjà le prochain seuil inhumain ...

Moins d’une minute derrière l’escaladeur italien, JanUllrich est intouchable dans ce Tour de France 1997. Quelques jours après son coup de force à Arcalis, l’ogre allemand dégage une puissance de 465 watts.

1999 (Alpe d’Huez via le col du Mont-Cenis et la Croix-de-Fer) Giuseppe Guerini, vainqueur d’étape et meilleur temps de l’ascension en 41’10’’

Dans un Tour orphelin d’Ullrich et Pantani, Lance Armstrong sonne le glas des espoirs de Zülle, Gotti, Tonkov, Olano, Virenqueou Escartin dès la première étape de montagne, à Sestrières.

Juge de paix duTour de France, l’Alpe d’Huez ne verra en 1999 qu’une morne procession, tant le maillot jaune américain contrôle les grimpeurs ...

Pérennisant la domination itaienne, Giuseppe Guerini l’emporte dans un temps modeste, tandis que Lance Armstrong développe une puissance de seulement 410 watts. Plus queGregLeMondune décennie plus tôt, malgré une ascension gérée à un rythme de sénateur par l’US Postal.

2000 (Ventoux) Marco Pantani, vainqueur et meilleur temps de l’ascension en 58’53’’ (ou 48’55’’ depuis Saint-Estève)

Ala façon de Sisyphe, Pantani semble expier son châtiment sur le Ventoux. Mais le Géant de Provence sacrera le courage de l’Italien, qui a reçu un cadeau de Lance Armstrong, cadeauempoisonné pour le maillot jaune qui vexera l’orgueilleux escaladeur. Au lieu de porter l’estocade à son prestigieux compagnon d’échappé, l’Américain pense s’en faire un allié précieux pour lutter contre Jan Ullrich dans les Alpes. Double erreur, car Pantani se vengera de cette mansuétude jugée trop condescendante àses yeux, et car Armstrong serévèlera un maillot jaune indéboulonnable, malgré une défaillance dans le col deJoux-Plane.

Malgré les secondes perdues par Armstrong pour attendre Pantani dans le dernier kilomètre, l’ascension du Ventoux reste rapide, même si l’Italiena mis presque3 minutes de plus qu’en 1994 à partir de Saint-Estève. Lance Armstrong a développé une puissance maximale de 425 watts sur les pentes rocailleuses du Mont Ventoux.

2001 (Alpe d’Huez via Madeleine et Glandon) Lance Armstrong, vainqueur d’étape et meilleur temps de l’ascension en 38’05’’

Bluffeur d’exception, Armstrong dresse laguillotine et imposesa férule dans l’Alpe d’Huez au détriment d’Ullrich. Avec une puissance de 452 watts, le Texan usurpe les superlatifs des journaux, puisque cette énergie insoupçonnée provient de l’EPO, et non de quelconque panache blanc, adrénaline, stakhanovisme efficaceou technique révolutionnaire.

A voir à quelle vitesse foudroyante les records de watts tombent et les niveaux moyens progressent, Charles Darwin en aurait avalé son thé de travers.AvecArmstrong, ce n’est plus l’évolution ni la sélection naturelle, tant Ullrich semble être impuissant, pratiquer un autre sport ...

La sélection est inhumaine, avec un nivellement des watts par le haut qui converge unefois de plus vers la conclusion nauséabonde:la porte de l’interdit correspond au seuil des 410 watts.

Comme Indurain, Pantani, Ullrichou Rominger avant lui, le Texan a utilisé l’EPO pour entrer dans cette autre dimension, celle du cyclisme bionique.

Sorte de réplicant ultime sorti tout dedroitde l’univers cybernétique de Blade Runner,Armstrong n’a plus rien à voir avec l’ancien champion du monde 1993. Oslo et la pluie norvégiennesemblent si loin ...

2002 (Ventoux) Lance Armstrong, meilleur temps de l’ascension en 58’00’’

L’hégémonie duTexan dansles Pyrénées a ruiné tout suspense pour le maillot jaune, et Armstrong remet à sa place son dauphin Beloki qui tente une attaque dans le Ventoux.

Si Richard Virenque s’impose ce jour là, assurant sa place au panthéon des grimpeurs, Lance Armstrong tuedans l’oeuf cette tentative de rebellion du coureur espagnol. L’Américain n’en finit pas de cannibaliser une édition privée de Jan Ullrich, seul coureurà pouvoir le pousser dans ses ultimes retranchements puisque Marco Pantani semble pris dans un voyage irréversible vers le déclin.

Battant de près d’une minute le temps établi en 2000 avecPantani, Armstrong la fusée a donc humilié le reste du peloton, aussi impuissant qu’un essaim de guêpes...

2003 (Alpe d’Huez) Iban Mayo, vainqueur et meilleur temps de l’ascension en 39’06’’

Alors qu’on croit le chant du cygne d’Armstrong arrivé en cette édition 2003, le Texan parvient à conquérir le maillot jaune porté par Virenque.

Viscéralement liée à l’histoire du Tour, l’Alpe d’Huez est logiquement choisie pour le parcours de l’édition du Centenaire. Mais depuis 1952 et l’envolée de Fausto Coppi, les vitesses ont connu uneescalade fulgurante. Iban Mayo confirme la tendance de croissance déraisonnable amorcée par le tandem Bugno - Indurain en 1991.

Le sceau de l’EPO marque toujours de façon indélébile les exploits usurpateurs des champions du Tour de France, tels les 39 minutes et 6 secondesmises par Iban Mayo pour venir à bout des 21 virages mythiques de l’Alpe.

2006 (Alpe d’Huez)Andreas Klöden, meilleur temps de l’ascension en 38’35’’

Joker de luxe de T-Mobile suite à l’exclusion de Jan Ullrich au grand départ de Strasbourg, Andreas Klöden réussit un temps digne des grandes années de son compatriote etleader. Etoile double d’Ullrich, celui qui fut médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Sydney et dauphin d’Armstrong en 2004, ne gagnera jamais le maillot jaune, malgré un talent certain révélé dès Paris-Nice en 2000.

Toute la France se consume d’impatience pour savoir qui succèderaau palmarèsà l’ombre immense de Lance Armstrong, imposteur parti sans être inquiété. L’UCI est encore dans sa tour d’ivoire, mais le Texan sera rattrapé par ses démons bien plus tard, quand la boîte de Pandore sera ouverte par l’USADA à l’été 2012.

2008 (Alpe d’Huez) Carlos Sastre, vainqueur et meilleur temps de l’ascension en 39’29’’

Une fois deplus, les seuils de puissance naturelle sont largement dépassés par le peloton 2008, dont Carlos Sastre est la figure de proue par une victoire emprunte de panache, en l’absence du Pistolero, le tenant du titre Alberto Contador, dont la formation kazakhe Astana est suspendue après l’exclusion de Vinokourov sur le Tour 2007.

2009 (Ventoux)Andy Schleck, meilleur temps de l’ascension en 58’40’’

Le maillot jaune Alberto Contador a explosé les watts dans le col suisse de Verbiers, son dauphinAndy Schleck réalise lui le meilleur temps du Ventoux, loin cependant du record de 2004 sur le Dauphiné, signé Iban Mayo en 55’51’’.

2011 (Alpe d’Huez)Samuel Sanchez,meilleur temps de l’ascension en 41’44’’

Si le temps de Sanchez revient sur des niveaux raisonnables, digne de Luis Herrera en 1987,les excès des années Pantani et Armstrong ne sont pas pour autant oubliés ... Il convient de séparer le bon grain de l’ivraie, etle peloton 2011ne fait pas exception à la règle en vigueur depuis 1991. EPO, ivraie ...

Cet EPO qui esten forme de puzzle à une pièce: sans lui, vaincu à coup sûr, avec lui, vainqueur potentiel ...
Talisman magique du cyclisme moderne, sésame vers la caverne d’Ali Baba des médailles d’or, maillots jaunes, roseset irisés, l’EPOa faussé tout le paysage cycliste, celui des montagnes en particulier.

Lamontagne que les cyclistes devraient grimper de force serait le Golgotha, où tous les voleurs héritiers de Barabbas devraient alorsrendre leurs maillots jaunes usurpés et expier leurs péchés d’imposture devant l’aréopage cycliste, loin de l’Eldorado qu’est devenu la France du mois de juillet.

Un an après la dernière visite du Tour à l’Alpe d’Huez en 2011, l’épée de Damoclès tombe sur Lance Armstrong. Mais en 2013, alors que Ventoux et l’Alpe d’Huezseront pour la première fois réunis sur le Tour de France depuis 1994, il n’est pas jouer les Cassandre que d’affirmer qu’il ne faut pas s’attendre à voir les niveaux de watts s’effondrer tel un wagon descendant des montagnes russes ...

Tant que l’appétit colossal des coureurs et des médecins ne changera pas, tant que l’omerta sera la loi canonique du peloton, le bushido cycliste, les Pantagruel du cyclisme continueront de faire règner une atmosphère ubuesque dans les montagnes du Tour de France. On y verra des fantômes de George Hincapie passer en tête des cols, voire imiter le New-Yorkais dans le crime de lèse-majesté, lui qui osa pousser l’imposture jusqu’à inscrire son nom au palmarès du Pla d’Adet,en 2005. Un second couteau qui termine premier dans un col mythique des Pyrénées, quelle ironie du destin ...

Condamnés à devenir prochainementdes montagnes de seconds couteaux, tant l’EPO a permis aux Indurain, Pantani, Ullrichet autres Armstrong d’accroître leur puissance, et permettra demain aux enfants spirituels de George Hincapie ou Fabio Cancellara de hisser les colosses aussi haut que les aigles, les deux cols mythiques du Tour que sont le Ventoux et l’Alpe d’Huezattendent leur nouvel imposteur. Froome? Wiggins? Contador? Nibali? Verdict en 2013.

Gageons qu’un jour, l’écho des montagnes vengera Alpe d’Huez, Ventoux et tous les cols constamment dupés par des usurpateurs, humiliés via tant de camoufletspar ces hordes demoutons de Panurge dopés à l’EPO, par ces avatars de Faust habités du démon de Mephistopheles.

Espérons qu’un jour, l’échosortira de son silence, et brisera l’omerta du peloton avec une voix tonitruante et omnipotente, aussi redoutéeque la foudre de Jupiter.

Prions pour qu’un jour, l’écho sera assez fort pour sonner l’heure de la vengeance, que le courroux de la nature enverra tous les imposteurs au purgatoireou en enfer,et que la montagne reprendra ses droits ...

Pour que seul face à l’immensité des montagnes, résonne un silence de cathédraleimposé par la victoire de l’écho. Jusqu’à obtenir le silence, le vrai, celui du respect et non celui de l’omerta, l’écho leur répétera, puisée au fond de la mémoire collective pyrénéenne, la phrase prononcée en 1910 par Octave Lapize: Vous êtes des assassins, avait dit le futur lauréat du Tour de France, huitième édition, à Henri Desgrange et Géo Lefèvre.

La montagne assassinait jadis les coureurs, avant que ces derniers n’assassinent les montagnes via tant de crimes de lèses-majesté, la vidant de leur caractère sacré ...

Puisse la loi du talion s’inverserde nouveau, et offrir au Mont Ventouxle destin qu’il mérite, celui d’un phénix capable de renaître de ses cendres...

par AxelBorg
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par AxelBorg

le 22 novembre 2012 à 11H18

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Une rapide statistique montre à quel point l’EPO a biaisé les performances en montagne

- Alpe d’Huez 87 : Luis Herrera en 41’50’’

- Alpe d’Huez 91 : Gianni Bugno en 39’45’’

- Alpe d’Huez 95 : Marco Pantani en 36’50’’

En 13.8 kilomètres, Bugno 91 perd 2’55’’ sur Pantani 95 (soit 12.68 s/km), Herrera perd 5’00’’ sur Pantani 95 (21.05 s/km) et 2’05’’ sur Bugno 91 (9.05 s/km).

Le grimpeur colombien fut sans doute le meilleur pur grimpeur des années 80, n’en déplaise au Britannique Robert Millar ou l’Espagnol Pedro Delgado.

Le voir perdre 21 secondes au kilomètre, soit 2.1 secondes tous les 100 mètres sur l’Italien Marco Pantani à 8 ans d’intervalle est complètement irrationnel.

Irrationnel, invraisemblable, comme l’escalade des performances réussies par l’EPO.

Tout est dit ...

Malgré les différences de cols précédant l’Alpe, de températures ou de positionnement d’étape (en début ou en fin de Tour), ces différences sont à 95 % dues à l’EPO ...

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par AxelBorg

le 22 novembre 2012 à 11H32

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Un autre chiffre extraordinaire qui donne le vertige et confirme que l’écart entre Herrera 87 et Pantani 95 est tout simplement ubuesque.

Sur 100 mètres, le Colombien met donc environ 2.1 secondes de plus que Pantani 95. En moyenne, à 22.47 km/h, l’Italien les parcourt en 16.02 secondes, tandis que le Sud Américain met 18.19 secondes à 19.79 km/h de vitesse de croisière.

En 16.02 secondes à 19.79 km/h, Luis Herrera n’a parcouru que 88.06 mètres là où Marco Pantani en fait 100 !

Voir le détenteur du record de la montée en 1987, perdre 12 mètres tous les 100 mètres sur le recordman 1995 est tout simplement hallucinant ... Une telle perte de contact est digne de l’écart entre un vainqueur de l’Alpe d’Huez et un coureur en perdition, pas entre deux recordmen de la montée, surtout à seulement 8 ans d’intervalle (1987 - 1995).

Bref, l’EPO a vraiment tout faussé ...

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par darkrio

le 22 novembre 2012 à 14H22

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Hello Axel, merci pour l’article.

As-tu les valeurs de la puissance développée par Pantani lors de son record ? Sais tu extrapoler le temps qu’il aurait pu mettre en développant les 520Watts d’Indurain ?

Il serait intéressant de faire un classement de puissance développée sur l’Alpe par exemple et de voir à quel niveau se situeraient un champion des années 80 dans un peloton des années 90 (Équipier de luxe ? Porteur d’eau ?)...

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par AxelBorg

le 22 novembre 2012 à 16H41

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Salut darkrio,

Oui j’ai ces puissances, je les fournirais pour Pantani 95. En effet, il faudrait voir avec une puissance des années 80 comment le coureur témoin se comporterait dans les années 90 et 2000, un peu comme j’avais fait pour les CLM.

Mais encore une fois, voir Herrera 87 perdre 2.1 secondes (ou 12 mètres) tous les 100 mètres sur Pantani 95 est plus qu’interpellant sur les effets "prodigieux" de l’EPO.

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par Ditch

le 22 novembre 2012 à 17H53

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Salut Axel,

Merci pour l’article et les comparaisons avec lesquelles je ne peux qu’être d’accord !

Attention néanmoins concernant les watts que tu cites : notamment pour Indurain, tu prends les watts développés réellement. Or, il est logique que le navarrais en développe plus qu’un grimpeur vu qu’il est plus puissant et ce, sans nécessairement aller plus vite puisqu’il est plus lourd. Il faut donc prendre ses performances ramenées à un coureur étalon pour pouvoir les comparer avec les autres. A ce moment-là seulement, on peut dire qu’un coureur développant plus de watts qu’un autre lorsqu’ils sont ramenés à un coureur étalon, ira bel et bien plus vite et réalisera donc une performance plus importante. A la lumière de ces résultats calculés sur des décennies, on peut constater que la limite pré-EPO se situe autour de 400 watt (pour l’ascension d’un col HC en fin d’étape).

Sur l’ascension de l’Alpe d’Huez ’95, Pantani a dégagé une puissance de 460 watts ramenés à un coureur étalon (coureur de 78 kg avec vélo compris). Ce qui signifie une des meilleures performances de tous les temps sur ce type d’ascension (le record étant Bjarne Riis, 478 watts dans Hautacam 96), une performance supérieure à celle d’Indurain à la Plagne cette même année 95 (448 watt). Et pourtant, en puissance réelle, Indurain a dégagé plus de watts à la Plagne que Pantani à l’Alpe. Néanmoins, Pantani est allé plus vite puisqu’il a besoin de moins de puissance pour emmener son corps en haut de la montagne. C’est grâce à l’indice de performance représenté par le « coureur étalon », qu’Antoine Vayer et Frédéric Portoleau peuvent faire ressortir le rapport Poids/puissance de chaque coureur et ainsi les comparer sur de bases égales.

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par AxelBorg

le 22 novembre 2012 à 20H02

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Salut Ditch,

Tu as raison de préciser que les watts mentionnés dans mon article sont les puissances brutes. Je les ai indiquées mais mon indicateur premier sur cet article reste le temps d’ascension.

Pour comparer les puissances entre elles, il aurait été préférable en effet de les ramener à un coureur étalon de 78 kg, standard dans ce type de calculs de watts.

Au final, soit on calcule le ratio poids / puissance, soit on se base sur la puissance "corrigée" sur étalon de 78 kg.

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par AxelBorg

le 22 novembre 2012 à 20H17

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Voici les puissances étalonnées à 78 kg pour chacun des 4 maillots jaunes principaux

Marco Pantani (poids de forme 57 kg)

- 1994 (Ventoux) : 504 watts (368 bruts)

- 1994 (Alpe d’Huez) : 523 watts (382 bruts)

- 1995 (Alpe d’Huez) : 530 watts (387 bruts)

- 1997 (Alpe d’Huez) : 528 watts (386 bruts)

- 2000 (Ventoux) : 480 watts (351 buts)

Miguel Indurain (poids de forme 78 kg)

- 1991 (Alpe d’Huez) : 478 watts

- 1992 (Alpe d’Huez) : 432 watts

- 1994 (Ventoux) : 483 watts

- 1994 (Alpe d’Huez) : 481 watts

- 1995 (Alpe d’Huez) : 500 watts

Jan Ullrich (poids de forme 73 kg)

- 1997 (Alpe d’Huez) : 497 watts (465 bruts)

- 2000 (Ventoux) : 463 watts (433 bruts)

- 2001 (Alpe d’Huez) : 462 watts (432 bruts)

Lance Armstrong (poids de forme 71 kg)

- 1999 (Alpe d’Huez) : 450 watts (410 bruts)

- 2000 (Ventoux) : 467 watts (425 bruts)

- 2001 (Alpe d’Huez) : 497 watts (452 bruts)

A Hautacam 2000, le Texan était à 457 bruts soit 502 watts ramenés à un coureur étalon de 78 kg.

A Arcalis 1997, Ullrich était à 494 bruts, soit 528 watts ramenés à un coureur étalon de 78 kg.

A la Plagne 1995, Indurain dégageait 512 watts.

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par moctezuma

le 22 novembre 2012 à 19H33

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Super article. Et j’avoue que je connaissais pas les temps du mont Ventoux. Par contre, tu n’as pas pris en compte les temps des chronos de l’Alpe d’HUez en 2004 et du Ventoux en 87, c’est fait exprès ?

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par AxelBorg

le 22 novembre 2012 à 19H59

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Salut Moctezuma,

Pour les temps du Ventoux, j’avoue que j’ai du chercher plus longtemps que l’Alpe d’Huez. Mais j’y fini par trouver, à force d’abnégation !

Pour Ventoux 87 et Alpe d’Huez 2004, retirées car ce sont des étapes CLM. Trop de biais car le type d’effort n’est pas le même, on est presque à bloc dès le début de la montée et en plus les distances sont hyper courtes.

Donc je les ai enlevées volontairement, en effet, pour éviter les biais par rapport aux étapes en ligne.

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par moctezuma

le 23 novembre 2012 à 08H11

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

oui, c’est vrai qu’on ne peut pas trop comparer. Enfin, ça faisait quand même plaisir de voir qu’Armstrong n’avait pas battu le record de Pantani à l’Alpe d’Huez...

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par AxelBorg

le 23 novembre 2012 à 10H06

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Dans mes souvenirs, Armstrong avait fait un beau CLM en 2004 à l’Alpe d’Huez mais Ullrich et Klöden avaient bien limité les dégâts, au contraire d’Ivan Basso qui s’était fait rattraper par le maillot jaune.

Mais je pense réellement que le record de Pantani est quasiment impossible à battre.

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par armand21

le 23 novembre 2012 à 00H04

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Axelborg

bel article mais je suis desespere je me demande si le cyclisme est encore un sport ou bien un vaste laboratoire de test de produits dopants

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par AxelBorg

le 23 novembre 2012 à 08H05

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Bonjour armand,

Ne te laisse pas intoxiquer et croire que seul le cyclisme est sale. Les autres sports ne sont pas plus propres.

Que les 4 articles de ma série "Tapis vert espéré à Lausanne" (1 déclassement virtuel et recherche des maillots jaunes potentiellement crédibles, 2 vitesses moyennes de ces maillots jaunes virtuels, 3 analyse des CLM, 4 analyse des étapes de montagne) et les articles de Ditch sur les Tours de France des années Indurain et Riis montrent que le cyclisme de l’après 1991 est 100 % gangréné par l’EPO ne dédouane en rien les autres sports du dopage, à commencer par natation, tennis, football, rugby et athlétisme.

Tennis et football sont aussi crades que le vélo, ils ont juste la chance d’être moins exposés médiatiquement et de ne pas reposer sur des critères de vitesse pour la victoire.

Ainsi la performance physique est moins facilement analysable ...

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par Fabien

le 24 novembre 2012 à 01H43

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Bravo Axel pour ce boulot, encore une fois superbe.

La question que tout le monde se pose : à quand les 600 Watts dans le Ventoux ? ? ? ? ?

Sympa la photo avec Rondon et LeMond dans l’ombre de Bugno et Indurain...

Herrera, grimpeur d’exception. L’Alpe 87, pour moi la plus belle étape des années 1980. Tout avait déjà pété avant même le virage 21. A fond de bout en bout. http://www.ina.fr/sport/cyclis... La suite est sublime. C’est le naufrage pour le petit Charly Mottet, encore 2ème du classement général, à moins d’1 minute de Roche au pied de ce qui sera son chemin de croix. Sans parler d’Hampsten, pourtant si brillant dans les Pyrénées et au Causse Noir. La différence de gabarit des Herrera, Millar, Delgado, Roche avec les Indurain, Bugno, Froome, Wiggins, Olano (Angliru 1999 !!!!), Ullrich est très parlante je trouve.

Sinon je me souviens bien de L’Alpe 2003 avec Vinokourov et Armstrong qui joue au chat et à la souris comme des pistards. Bref, ils sont même pas à fond et sortent des temps canons quand même. Dans la même collection, Andy qui essaie de lâcher Armstrong pour Frank. Ca fait de la patinette aussi et encore un super temps à la clé... Dans la même collection, L’Alpe 97 était à mon avis le nec plus ultra du dopage avec le quintette Pantani-Ullrich-Virenque-Riis-Casagrande.

A part ça, tu parles de L’Alpe 92 : je tiens à souligner la performance éblouissante d’un petit Français de 22 ans bourré de talent, Richard Virenque ! Il parvient presque à s’accrocher à Indurain-Chiappucci, qui jouent à trappe-trappe, comme Leblanc l’avait fait derrière Indurain-Bugno l’année avant.Même combat vain à armes inégales entre deux grimpeurs poids-plumes et des motos surpuissantes. Quel type tout de même ce Virenque. Si l’EPO n’avait jamais existé, il n’aurait pas fait 2 et 3 du Tour mais il aurait été un sacré animateur. Pendant ce temps, l’élastique LeMond craquait après avoir vainement tenté de s’accrocher pendant 15 jours de courses éreintantes...

Pour ta question sur le meilleur grimpeur des années 80, ça mérite débat je trouve. Alcala et Lejarreta étaient très forts sur les montées courtes (style Puy de Dôme). Hampsten et Millar étaient sublimes dans les 1ères étapes mais craquaient ensuite. Parra était excellent dans le genre je me fais lâcher et je reviens au train en plaçant une petite accélération pour t’asphyxier (cf. La Plagne 87 avec Delgado). Delgado était irrésistible quand il parvenait à attaquer de pas très loin, à 3 km du sommet. De plus loin, il avait tendance à coincer (L’Alpe 87, 88 et 90, La Plagne 87, etc). Herrera a carrément survolé le Tour 85, Luz Ardiden et L’Alpe 87 mais à part ça, il était bcp moins régulier que Delgado et Parra. Bref, je ne vois pas de super-grimpeur dominant les autres de la tête et des épaules, comme Pantani l’a fait en 94-99.

++++

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par AxelBorg

le 24 novembre 2012 à 17H12

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Salut Fabien,

En effet, en 2003, malgré le jeu du chat et de la souris entre Beloki, Armstrong, Hamilton et Vinokourov, le temps final est exceptionnel ... Seul Ullrich a fini loin, ennuyé par des problèmes gastriques.

Pour les grimpeurs des années 80.

- en terme de classe pure, Andy Hampsten était devant

- en terme de palmarès, Luis Herrera (Vuelta 87) et Andy Hampsten (Giro 88) sont derrière Pedro Delgado (Tour 88, Vuelta 85 et 89) mais Perico a volé la Vuelta 85 à l’Ecossais Millar ainsi que le Tour 88.

- en terme de capacité à larguer des ténors dans un col, Robert Millar et Luis Herrera étaient les plus impressionnants.

- en terme de régularité, le meilleur était sans doute Pedro Delgado (toujours dans le top 10 du Tour entre 1985 et 1993).

Le talon d’Achille des Colombiens était l’endurance, et Bernard Hinault l’avait bien compris en 1986 en créant en permanence du mouvement avant que la course ne descende vers les Pyrénées.

Et puis quels médiocres descendeurs que Luis Herrera, pire encore que Le Jan Ullrich des débuts !

Après, nous sommes bien d’accord qu’à la différence des années 20 (Bottecchia), 30 (Bartali), 40 (Coppi), 50 (Gaul et Bahamontes), 60 (Poulidor), 70 (Fuente et Van Impe), 90 (Pantani) ou encore 2000 (Contador), les années 80 dégagent moins facilement un nom parmi la masse de grimpeurs.

Mais je vote quand même Herrera plus que Delgado, Hampsten, Millar ou Parra.

Sinon, le paroxysme du dopage en 1997 ? Possible en effet car le record de Pantani date de 1995, la densité derrière l’escaladeur italien est plus forte en 1997 avec Ullrich à seulement 40 secondes contre Indurain à 1’24’’ en 1995.

Virenque, pour 1992, savait puiser au fond de son organisme pour y trouver les ultimes ressources. Peu de coureurs avaient une telle capacité d’aller au bout de la douleur, comme Eddy Merckx.

Il faut la rage de vaincre pour cela, et Virenque l’avait, tout comme des Robic, Merckx, Chiappucci, Ocaña, Pantani, LeMond, Bobet ou encore Hinault.

Avignon 55 (Bobet), Morzine 87 (Roche), les Orres 73 (Ocana), Alpe d’Huez 89 (LeMond), Ventoux 2000 (Pantani) ou Ventoux 70 (Merckx) sont des exemples très parlants où des coureurs sont allés au bout de leurs limites, voire même au-delà, avec un mental impressionnant à la clé.

Tout l’inverse de coureurs hyper doués mais qui se reposaient sur leurs dons, je pense en premier lieu à Hugo Koblet, surdoué qui voltigeait en 1951 mais que Coppi battit en 1953 au Stelvio, se faisant plus mal que le prodige suisse sur les pentes enneigées du géant des Dolomites, à l’issue d’un duel d’une intensité rarement atteinte avant ou après ce Giro.

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par Fabien

le 24 novembre 2012 à 19H06

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Salut !!

Je suis tombé sur un article de toi sur Merckx au blockhaus de la Majella. Les Abbruzzes ont l’air magnifiques, comme les Dolomites d’ailleurs, italiennes par accident.

J’aime bcp tes articles sur ces épisodes anciens. Ca donne vraiment envie d’aller voir les étapes en question car Avignon 55 ou Stelvio 53, jamais entendu parler. Mes grands-parents me disaient toujours qu’ils avaient vu Robic dans l’après-guerre. Ca me paraissait tellement loin, moi qui m’extasiait devant Virenque et Leblanc.

Pour le débat sur les grimpeurs, je souscris :

Hampsten, quelle classe ! S’il n’y avait pas eu de dope, il en aurait gagné des courses par étapes... au lieu de gagner des Tours de Suisse pour 1".

Herrera est le plus emblématique ne serait-ce que par ses démarrages et ses braquets énormes, comme on le constate bien dans le lien, aux alentours du virage 21. La Vuelta 87 était promise à Kelly, qui doit abandonner pour cause de douleurs testiculaires mais Herrera en a su en profiter. Sa prestation aux Lacs de Covadonga est tout simplement exceptionnelle alors qu’à Cerler, il avait tout juste fait jeu égal avec Cubino, Delgado et Belda.

Millar, pas très spectaculaire mais un talent pur, généralement éblouissant sur les 1ères étapes de montagne (Luchon 83, Guzet-Neige 84 Superbagnères 86 et 89, L’Alpe 90, Lacs de Covadonga 85 et 86, Giro 87, etc, etc.). Comme Herrera, très mauvais descendeur. Il aurait vraiment mérité de gagner 1 Grand Tour.

Parra aurait pu gagner le Tour 88 et dû gagner la Vuelta 89. Superbe attaque dans le Puerto de Navacerrada, Delgado défaillant passe à 50" au sommet. Les colombiens de Kelme ont joué un coup de génie avec 2 hommes partis en éclaireurs, qui attendent Parra. S’en suit une super partie de manivelle dans la descente et la quinzaine de km de plat qui mène à Segovia entre les 3 Colombiens et un Delgado qui a bien de la chance avec une fois de plus la solidarité des autres équipes espagnoles qui, comme en 85 et 86 fait à nouveau odieusement pencher la balance. Delgado arrive avec seulement une quinzaine de secondes à l’arrivée dans sa ville natale et gagnera la Vuelta pour 35 petites secondes. http://www.youtube.com/watch?v...

Delgado, bcp de talent, et bien plus que les autres, un très grand sens tactique (Vuelta 85 et 89, Pau 86, Tour 88, Superbagnères 89, L’Alpe 90). En y ajoutant une éthique sportive douteuse alimentée par sa collaboration avec le Dr Fuentes (transfusions), Ryckaert (stéroïdes) et Padilla (EPO), il est devenu de loin le plus titré de ces grimpeurs. Mais en était-il encore un lorsqu’il se met à jouer la gagne dans les contre-la-montre à partir en 88-91, décidément bien musclé ? ? ? ? Par contre, il restera toujours maudit par le Col de Joux Plane (83,84 et 87). Ca ferait un bel article d’ailleurs ces champions et leur bête noire.

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par AxelBorg

le 24 novembre 2012 à 22H45

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

@Fabien,

Bobet maillot irisé souverain dans le Ventoux, col inhumain s’il en est, alors qu’il était pris de douleurs à la selle, c’est là que le Breton se révéla en 1955 comme un immense champion, digne successeur de Coppi.

Ce dernier gagna donc en 1953 son 5e et dernier Giro face à Koblet face à la bataille du Stelvio, une joute encore plus épique que le Cuneo - Pinerolo 1949 contre Bartali, duel à distance car le Piémontais était constamment en avance sur le Toscan.

http://www.sportvox.fr/article...

http://www.sportvox.fr/article...

http://www.sportvox.fr/article...

Et puisqu’on parle de Koblet, comment ne pas mentionner l’exploit de Brive - Agen du Tour 51, jamais égalé depuis. Un homme seul sur le plat qui gagne contre un peloton. Ni Coppi ni Merckx ni Anquetil n’ont réussi à égaler cela !

http://www.sportvox.fr/article...

Pour Merckx, oui il a construit une partie de sa légende en Italie à partir de 1968, avec comme première pierre cette victoire au Blockaus de la Majella (Tre Cime de Lavaredo).

Grand rival de Luis Ocana en Espagne, Jose Maria Fuente donna en 1972 comme en 1974 du fil à retordre au Cannibale, car le champion belge n’était plus aussi irrésistible en montagne après 1969 et l’accident au vélodrome de Blois ... Fuente Némésis d’Ocana, dauphin du Castillan en 1973 aux Orres, et vainqueur en 1971 de l’étape de Luchon, précisemment le jour où Ocana perdit son beau maillot jaune dans la descente du col de Menté, percuté par Zoetemelk (qu’il détestait ...)

http://www.sportvox.fr/article...

Autres articles sur Merckx

Mendrisio 1971

http://www.sportvox.fr/article...

Barcelone 1973

http://www.sportvox.fr/article...

Et un article sur Joaquim Agostinho, coureur emblématique de l’ère Merckx - Ocana

http://www.sportvox.fr/article...

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par fsud

le 28 novembre 2012 à 16H17

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Slt a tous, Je vais radoter mais l’epo est arrivé fin 86 pour avoir lu un livre d’une certaine personne et la démocratisation de ce produit pour tout le monde s’est faite en 94 ce qui veut dire que les francais ne pouvaient pas en prendre avant ou alors en se cachant. L’orgie est arrivé en 93, le podium parle de lui-même.

Concernant Pantani qui fait partie des 3 ou 5 meilleurs grimpeurs de l’histoire, EPO ou pas ce mec était un monstre mais je doutes que son record soit dépassé quoique... quand je vois des types comme T Voeckler je me dit que tout est possible.

Fabien, Virenque avait un tour dans les jambes EPO ou pas puisque dès 92 son entourage cycliste voit en lui un futur vainqueur. Ses 2è et 3è places ne sont pas volés c’est la régularité qui l’a mit aussi haut.

En 96 si tu enlèves pampelune il ne finit pas 3è, sur ce tour il n’est pas terrible et quand on revoit cette fameuse étape en Espagne c’est le duo riis ullrich qui fait le trou sachant que indurain est sur le déclin, olano, berzin, rominger et d’autres ne l’ont jamais gagné ( pas assez fort ). Cette 3è place se joue tactiquement. Mais je restes persuadé qu’il pouvait gagner le tour de france tactiquement pas au déla mème en étant dopé a mort.

Concernant 97 Pantani explose tout le monde a l’alpe mais il ne faut pas oublier que le lendemain ils’en prend 3 dans la tète. Gros exploit avec défaillance pour la suite, pour ma part cela reste malgré le dopage crédible, mais en 98 perdre que 2 M sur ullrich lors du dernier chrono, pour le coup l’abus est total.

Un petit mot pour dire que les années 80 c’était l’orgie mais pour d’autres produits donc le cyclisme est un sport de dopés depuis le début. Il ne valent pas mieux que les coureurs des années 60, 90 ou de maintenant.

Concernant Lance même si je déteste ce type, mettre un trou de 7 ans fait plus de mal que de bien, il valait mieux mettre a coté de son nom une étoile filante dopé que d’agir ainsi.

Dans l’esprit nous avons qui comme vainqueur du tour et vainqueur des étapes de 99 a 2005 ? L.Armstrong et cela restera a vie dans nos mémoires.

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par fsud

le 28 novembre 2012 à 17H57

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Dernier post, Fabien comment peut tu dire que virenque n’aurait pas fini 2è et 3è sans epo sachant qu’ils étaient tous a l’epo.

Tu crois sincèrement que les vieux comme rominger, ugrumov, ou les riis escartin, olano étaient plus fort que lui ? Surtout en 97 pour les 3 derniers cités... il faut prendre en compte la difficulté d’un tour de France.

Tu défends les années 80 mais 87 ne te choque pas ? C’est un tour de 25 étapes et c’est a cause de cette stupidité que l’uci a baissé le nombres des étapes et le kilométrage. Les tracés ont commencés a se corser a partir de 84 pour atteindre les sommets de 87 sinon les tours de France de l’époque n’étaient pas très montagneux. Un tour se joue aussi sur les circonstances en plus du tracé. Cela ne se résume pas seulement au dopage, eux font ce que nous ne faisons pas. Si nous étions a leurs places on feraient mieux ? Je ne pense pas.

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par AxelBorg

le 29 novembre 2012 à 05H34

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

@Fsud,

Pour les Alpes 97, c’est le paradoxe Pantani. Il gagne en égalant presque son record de 1995 en haut de l’Alpe d’Huez, puis perd 3 minutes à Courchevel le lendemain pour cause de bronchite.

Mais la maladie ne l’empêche pas de passer la deuxième couche le surlendemain à Morzine !!

Un peu comme l’asthme chronique de Tony Rominger, le peloton n’était pas à une aberration près ...

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par fsud

le 29 novembre 2012 à 12H24

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

Axel,

Pour marco en 97 je n’ai jamais cru a la bronchite, pour ma part c’était du bluff pour endormir la poule aux œufs d’or mais pour une raison autre que le dopage.

L’étape qu’il gagne a l’alpe ne me choque pas, c’est pantani et ce fut une course de cote. Il faut penser qu’il a dit sur des interviews qu’il misait tout sur cette étape. Le lendemain pas de surprise il perd 3 minutes environ, donc logique et il en remet une a morzine, oui mais... pour avoir l’étape tout les mecs qui ont fait courchevel devant sont cramés.

L’erreur que lui a fait pour se défendre d’avoir perdu 3m la veille est d’avoir dit j’ai la bronchite. C’était un mec orgueilleux, en gros le roi, donc avouer qu’il était moin bien sur la route de courchevel c’était impossible pour son égaux. Ce mec la avait chuté en 97, c’était un coureur irrégulier donc pas de surprises.

Pour ma part sur une montée sèche c’est le plus grand grimpeur de l’histoire donc réduire la vitesse de l’alpe comme je l’ai vu sur l’équipe a l’exploit epo c’est du n’importe quoi surtout quand on le compare avec coppi. Dans ce cas on doit tout comparer, la société des années 90 a 2012 avec celle des années 40 et 50 pour tout. C’est un autre monde c’est pas comparable.

Ce qui m’a décu chez lui c’est 98 et 99, il a clairement trop abusé comme richard qui perd 14’’ au prologue a dublin et a cette époque je me suis dit c’est devenu du n’importe quoi.

Aujourd’hui rien n’a changé quand je vois Voeckler qui sur une jambe roule a 40 Km sur la route de bellegarde et 35 Km sur la route de luchon alors que massi en 98 ce fut 32 Km de moyenne. C’est de la magouille a fond dans ce sport et quand je vois qu’en faisant du cyclotourisme le tour 2012 se fait a 39 Km de moyenne et que les journalistes médiocre se font une joie de dire le tour est propre c’est affligeant. Retourner sa veste sur Lance Armstrong après avoir vanté ses mérites ca l’est tout autant.

Contador ne viendra peut-ètre pas en 2013 et A S doit revenir a son meilleur niveau ce qui est loin d’ètre le cas. L’équipe europcar va dominer le tour comme les sky.

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par AxelBorg

le 29 novembre 2012 à 14H19

Tapis vert espéré à Lausanne : quand l’Alpe d’Huez et le Ventoux deviennent des montagnes de seconds couteaux

@Fsud,

Oui pour 2013, Contador ne viendra peut être pas, idem pour Wiggins. Vers un duel Froome - Andy ? A suivre ...

Pour Pantani en 1997, la bronchite est en effet difficile à croire. Comme il avait passé 1996 à sa rééducation après le terrible accident survenu dans la descente de Superga à l’automne 1995 durant Milan - Turin, le Pirate était encore à court de compétition en 1997, surtout qu’il avait du quitter le Giro, après une chute (vélo ayant rencontré un chat) je crois.

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