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le 28/02/2013

Sestrières 96, le plan avorté de Banesto


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En 1996, Miguel Indurain voit l’étape des Arcs sonner le glas de ses espoirs pour une sixième victoire. Face à un maillot jaune devenu utopique, le Navarrais, dos au mur, n’a plus le choix. Il doit attaquer Evgueni Berzin, Abraham Olano et Bjarne Riis pour inverser le destin de ce Tour de France ...

Au matin de l’étape de Sestrières, Miguel Indurain espère bien que le succès d’Evgueni Berzin, son bourreau du Giro 1994, dans le chrono de Val d’Isèresera une victoire à la Pyrrhus.

C’est au col du Galibier que le quintuple vainqueur du Tour envisage de faire exploser la course, en très haute altitude. Comme Jacques Anquetil en 1966, Eddy Merckx en 1975 ou Bernard Hinault en 1986, voilà Miguel Indurain frappé par l’usure du pouvoir. L’Espagnol a commis le péché d’orgueil, vouloirramener à Paris un sixième maillot jaune resté utopique.

A des journalistes espagnols venus l’interroger après sa terrible fringale, le Navarrais désigne son vieux rival Tony Rominger comme favori malgré ses 35 printemps, le Zougois étant selon Indurain le plus régulier de tous. Passé en quatre kilomètres du Capitole à la Roche Tarpéienne dans l’étape des Arcs, Miguel Indurain veut rester positif et croire à l’impossible exploit: remonter son handicap de plus de trois minutes face à Evgueni Berzin, Bjarne Riis, Abraham Olano et Tony Rominger, les quatre coureurs les mieux placés au classement général. A ses yeux, les journalistes espagnols ont franchi le Rubicon en osant évoquer une défaite dans le Tour. L’homme qui a ramené le maillot jaune à Paris de 1991 à 1995 n’a pas encore dit son dernier mot, et il a un plan secret pour faire sauter la citadelle ...

Evidemment, Indurain se garde bien d’évoquer la façon dont il compte se sortir de la situation complexe dans laquelle il se retrouve, ce véritable guêpier. L’épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête, le roi Miguel se doit de réagir. L’orgueil du champion est touché, mais Indurain ne cède pas à la colère. Il n’a rien perdu de son légendaire discernement, et va profiter pour analyser froidement la situation. Une bataille a été perdue, mais gagner la guerre n’est pas encore impossible.

Mais il est permis de douter sur ce qu’aurait pu donner cette étape entre Saint-Jean-de-Maurienne et Sestrières, si la neige n’avait pas bouleversé le destin de la course et contraint Jean-Marie Leblanc à redistribuer les cartes. Après la pluie quia contrecarré la montée en puissance physique du tenant du titre entre la Hollande et les Alpes, la neige vient à son tour se mettre en travers des desseins du leader de Banesto.

Il est presque certain que le Navarrais n’aurait pu changer le cours du destin, celui de son inexorable défaite.

Primo, car il n’a jamais été dans la culture tactique de Banesto d’attaquer. Au mieux, Miguel Indurain a forcé son destin, à deux reprises. En 1991, dans la descente du col du Tourmalet, le champion espagnol comprit qu’il fallait profiter de la défaillance de Greg LeMond pour aller chercher le maillot jaune. Et il faussa compagnie au groupe des ténors, attendant ensuite le renfort de Claudio Chiappucci dans le col d’Aspin.

En 1995, surpuissant et insolent de facilité, le Navarrais démarra dans le Mont Theux, dressant la guillotine sur la route de Liège face à un peloton médusé. Imposant sa férule à Berzin et Rominger qu’il avait jugé peu en forme ce jour là dans les Ardennes, le champion espagnol tutoya la perfection, ne tolérant dans sa roue qu’un seul coureur: Johan Bruyneel. Le lendemain, le Navarrais enfonce le clou, s’offrant le maillot jaune,tandis que Berzin tombe de Charybde en Scylla. Etonnant de puissance, Bjarne Riis manque de peu de gagner à Seraing mais sombrera corps et âmes sur les pentes de la Plagne où Alex Zülle relève la tête. Tous les autres, sans exception, sont laminés par Indurain: de Pantani à Rominger en passant par Virenque, Jalabert ou Berzin, tous ont déjà perdu le Tour de France 1995.

Les autres fois, Miguel Indurain a vite sonné le glas des espoirs de ses rivaux par des victoires implacables en contre-la-montre: Luxembourg 1992, Lac de Madine 1993, Bergerac 1994, autant de rendez-vous où le Navarrais a rendu utopique toute chance de victoire à Paris pour un autre que lui. Maillot jaune à l’issue de ces épreuves chronométrées en 1993 et 1994, l’Espagnol ne fut jamais repris ... En 1992, le roi Miguel dut attendre le Piémont et l’étape de Sestrières pour voir le maillot jaune changer d’épaules en sa faveur, Pascal Lino ayant bénéficié de l’échappée de Bordeaux. Mais depuis le Grand Duché du Luxembourg, le maillot jaune virtueldu Tour de France 1992 avait pour nom Miguel Indurain Larraya.

En 1996, la configuration est bien différente. Le champion espagnol, souverain au Dauphiné Libéré, auteur d’une échappée solitaire dans le col de l’Izoard, était méconnaissable un mois plus tard dans le Tour de France. Ses adversaires venaient de poser deux banderilles: la première aux Arcs, la deuxième dans le chrono de Val d’Isère.
Proche de l’estocade, le Taureau Indurain se devait de réagir, de montrer son orgueil de champion.

Adeptes d’un durcissement de la course dans le dernier col, les Banesto d’Eusebio Unzue et Jose Miguel Echavarri auraient donc du forcer leur nature au col du Galibier en 1996. Ecrémage sévère, démarrages successifs des coéquipiers du roi Miguel?

Le panache n’a pas été le quotidien d’Indurain entre 1991 et 1995, lui qui reprit la sacro-sainte tactique de Jacques Anquetil. Dominer dans les contre-la-montre, contrôler les grimpeurs en montagne, faire la grande lessive en cas de forme exceptionnelle, comme ce fut le cas vers Serre Chevalier en 1993 dans le Galibier, ou encore vers Lourdes Hautacam en 1994. Même si des coureurs comme Rominger en 1993 ou Pantani en 1994 et 1995 ont montré leur potentiel dans les cols, personne n’a vraiment pu inquiéter l’Espagnol en montagne. Réputé invulnérable, Indurain avait survécu à un parcours défavorable en 1994, très montagneux. C’est pourtant en 1996 qu’il va vivre un calvaire.

Cette étape de Sestrières rappelle un souvenir mitigé à Indurain. En 1992, s’il avait retrouvé le maillot jaune porté dix jours durant par Pascal Lino, l’Espagnol avait vu son dauphin Claudio Chiappucci signer une victoire d’anthologie après une échappée au long cours. Et le Navarrais avait même du céder la place de dauphin, dans cette étape dantesque, à Franco Vona, se retrouvant pris d’une fringale violente dans les deux derniers kilomètres.

Sestrières, terre d’exploits ... celui de Fausto Coppi, hégémonique en 1952, celui de Claudio Chiappucci, en 1992.

La deuxième raison qui laisse penser que Miguel Indurain n’aurait pu mener à bien son plan secret, est que l’Espagnol n’avait tout simplement pas les jambes de feu dont il avait disposé les cinq étés précédents, lui qui s’attirait tous les superlatifs.

Et comment croire qu’Indurain aurait bénéficié d’un bon de sortie? A moins de fair exploser la course dans les pentes les plus fortes du Galibier, l’Espagnol aurait été la proie de chasseurs voraces, les coéquipiers de Berzin, Riis, Virenque, Romingeret Olano: Gewiss, Telekom, Festinaet Mapei auraient allié leurs forces pour tuer dans l’oeuf toute tentative du roi déchu.
La suite du Tour de France 1996 prouva qu’une offensive du quintuple vainqueur serait restée vaine. Orphelin de sa puissance légendaire, Indurain fut dominé par Bjarne Riis, mais aussi par Ullrich, Dufauxet Virenque, lors des étapes de Sestrières, Lourdes Hautacam ou encore Pampelune.

A Pampelune, le champion rend les armes, et une accolade avec le Danois Bjarne Riis, maillot jaune de l’édition 1996, scelle la reddition dans le fief du roi Miguel. Noble dans la victoire, Indurain l’est encore plus dans la défaite, alors que tout un peuple attendait son idole ceint du maillot jaune, de la Toison d’Or.

Virtuose du contre-la-montre, Indurain est battu entre Bordeaux et Saint-Emilion par l’implacable puissance de Jan Ullrich. Révélation du Tour, le jeune espoir allemand s’affiche comme un vainqueur potentiel du haut de ses 22 ans.

L’Espagnol, lui, connaîtra son chant du cygne aux Jeux Olympiques, remportant la médaille d’or du contre-la-montre à Atlanta, bien loin des neiges maudites du col du Galibier ... Deux mois plus tard, Indurain met pied à terre dans une étape de la Vuelta. Malgré une offre de la ONCE en vue de la saison 1997, Miguel Indurain ne rejoindra ni Alex Zülle ni Laurent Jalabert. Le champion reste fidèle à Banesto, avant de tirer sa révérénce le 2 janvier 1997.

par AxelBorg
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par AxelBorg

le 28 février 2013 à 10H54

Sestrières 96, le plan avorté de Banesto

Cette étape de Sestrières en 1996 fut sans doute la plus courte étape en ligne de l’Histoire du Tour, avec seulement 46 kilomètres.

Pour moi, Galibier ou pas, Miguel Indurain n’aurait jamais gagné à Sestrières et encore moins repris le maillot jaune à Evgueno Berzin.

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par Fabien

le 1er mars 2013 à 01H24

Sestrières 96, le plan avorté de Banesto

Salut Axel !

Indurain fait une très bonne montée à Sestriere cette année-là. Il rattrape Leblanc et Virenque avec Rominger si mes souvenirs sont bons. Et il distance les autres favoris : Berzin, Olano, Ullrich et cie.

Finalement, il n’y a que RIIS qui lui est supérieur ce jour là.

Même constat sur l’étape de Superbesse où Indurain fait encore merveille.

Indurain peut aborder les Pyrénées avec des ambitions de podium.

++++

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par AxelBorg

le 1er mars 2013 à 08H02

Sestrières 96, le plan avorté de Banesto

Hello Fabien,

Indurain arrive 5e dans la roue de Rominger à Sestrières en effet.

On peut se dire que l’étape courte ne lui convenait pas, car le Navarrais n’aimait pas les changements de rythme, les efforts violents, au contraire d’un Pantani, d’un Contador ou d’un Armstrong.

Peut être aurait-il mieux figuré si le Galibier et l’Iseran avaient figuré au programme de l’étape, comme prévu initialement.

Mais pour moi Indurain était à court de forme en 1996, tout simplement, un peu comme Cadel Evans en 2012. Sinon l’Espagnol n’aurait pas fini 11e mais 2e ou 3e du Tour 96.

On le voit dans les Pyrénées.

Pas dans le coup sur une étape à effort violent, montée sèche de Lourdes Hautacam

Encore moins dans le coup le lendemain vers Pampelune, étape au long cours avec de multiples cols (Larrau, Soudet ...).

Il n’a retrouvé sa forme que sur la fin du Tour, terminant 2e derrière Jan Ullrich dans le CLM Bordeaux - Saint-Emilion, quelques jours avant de battre Olano aux Jeux Olympiques d’Atlanta, gagnant la médaille d’or du CLM.

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par moctezuma

le 3 mars 2013 à 09H55

Sestrières 96, le plan avorté de Banesto

Bonne question. Peut-être qu’avec l’altitude du Galibier, la chaudière Riis se serait mise en surchauffe ?

Si je me souviens bien, il avait vraiment perdu du temps dans l’étape de Pampelune, surtout parce qu’il s’était fait coincer.

Il avait quand même sans doute le niveau pour faire un podium final à Paris.

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par AxelBorg

le 4 mars 2013 à 16H18

Sestrières 96, le plan avorté de Banesto

Salut Moctezuma,

C’est vrai qu’au final Indurain perd 15 minutes sur Riis en 1996, dont 8 dans la seule etape de Pampelune, bloque avec les Mapei (Olano et Rominger)

Mais podium non pour moi il ne l’aurait jamais atteint sur ce Tour

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par Nicolas

le 9 mars 2013 à 16H00

Sestrières 96, le plan avorté de Banesto

20 dieux ! ce que Contador a mal couru aujourd’hui. Il refuse de collaborer avec Nibali alors Froome prend ses responsabilités et les lessive tous les 2. Sky va-t-elle faire le double Paris-Nice et Tirreno Adriatico ? ? ?

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par moctezuma

le 10 mars 2013 à 16H26

Sestrières 96, le plan avorté de Banesto

oui sans doute. Le centre de la dope est désormais à Londres, plus en Espagne ou en Italie.

Sinon, sur les temps d’ascension, Richie Porte aurait concédé 50 secondes dans la montagne de Lure au Contador de 2009 http://climbing-records.blogsp...

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par Nicolas

le 10 mars 2013 à 16H58

Sestrières 96, le plan avorté de Banesto

Intéressant. Faut dire que le Contador cuvée 2009 était un sacré mutant...

Mais le rythme de début d’ascension cette année était assez lent. Les accélérations de Talansky puis Porte furent tardives.

Froome en maillot azur et Porte vainqueur de Paris-Nice. Wiggins gagnera-t-il le Tour de Catalogne ? ? ?

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