Tapis vert espéré à Lausanne : les (vrais) maillot jaunes du Tour de France
En sanctionnant Lance Armstrong avec l’annulation de tous ses résultats obtenus depuis 1998, l’USADA a ouvert sans le savoir la boîte de Pandore du dopage ... Mais le problème généralisé et industriel de tricherie et d’augmentation prohibée des performances n’a pas commencé avec le Texan dans le cyclisme, mais dès 1991 avec l’introduction de l’EPO, fléau qui s’est propagé à une vitesse foudroyante dans le peloton professionnel, faussant toute idée d’une hiérarchie crédible dans les classements généraux du Tour de France. Européens mais aussi Américains et Australiens se sont vite passionnés pour ce triple élixir de jouvence, de puissance et de récupération sans égal ...
Tapis rouge à Cannes, tapis vert à Lausanne?
Du haut de sa tour d’ivoire, l’UCI va-t-elle sortir de son encombrant silence, qui fait écho à l’omerta du peloton?
Sanctionner Lance Armstrong seul est stupide, inefficace et non dissuasif pour les nouveaux cobayes du dopage, les Wiggins, Contador, Quintana, Froome, Nibali, Schleck ...
Primo car les héritiers directs du Texan ne sont pas non plus des enfants de choeur question dopage, que ce soit Jan Ullrich (dauphin en 2000, 2001 et 2003), Alex Zülle (1999), Joseba Beloki (2002), Andreas Klöden (2004) et Ivan Basso (2005).
Bref, tous les dauphins du champion américain durant son hégémonique septennat sont des imposteurs en puissance.
Il est utopique de croire que la perte des sept maillots jaunes du Texan va rendre plus propre le palmarès du Tour sur la période 1999-2005.
Secundo, autant en profiter pour faire un grand nettoyage de printemps, depuis 1991, année où le dopage a basculé dans une ère industrielle avec EPO, entraînant le cyclisme européen dans un voyage sans retour.
Tous les maillots jaunes depuis 1991, de Miguel Indurain à Bradley Wiggins, sont soumis à l’implacable loi de la suspicion.
Bjarne Riis a avoué en 2007 s’être dopé pour remporter l’édition 1996, lui qui était surnommé Monsieur 60 % et avait stupéfait le monde du cyclisme en grimpant Lourdes Hautacam sur le grand plateau, stade suprême de l’usurpation!
Voici, si l’on déclasse par ricochet tous les coureurs suspects ou dont le dopage est avéré, les véritables podiums du Tour de France depuis 1990. Un coureur peut être évidemment considéré comme propre et crédible une année puissuspect une autre ...
1990 Greg LeMond (1er) vainqueur devant Eduardo Chozas (6e) et Claude Criquielion (9e)
Pas encore atteint par sa myopathie mitochondriale, Greg LeMond est sans nul doute le dernier vainqueur du Tour de France sans dopage industriel EPO.
Sont déclassés: Claudio Chiappucci (2e), Erik Breukink (3e), Pedro Delgado (4e), Marino Lejarreta (5e, contrôlé positif en 1985), Gianni Bugno (7e), Raul Alcala (8e), Miguel Indurain (10e)
1991Luc Leblanc(5e) vainqueur devantGreg LeMond (7e) et Andrew Hampsten (8e)
Luc Leblanc et Greg LeMond encore à l’eau claire en 1991 (alias "dopage non industriel, sans EPO") seront écrasés en 1992, réduits en charpie dans l’Alpe d’Huez.
Il est revanche complètement utopique d’envisager une métamorphose linéaire de Miguel Indurain par la simple perte de poids et le travail dans les cols. L’Espagnol n’a jamais été et ne sera jamais un grimpeur. Rouleur d’exception, il avait rencontré le professeur Conconi en 1984. A l’époque, le mentor de Moser avait été fasciné par le jeune Navarrais, véritable diamant brut. Mais c’était avant que Sabino Padilla, autre druide du dopage, ne polisse le diamant.
Sont déclassés du top 10:Miguel Indurain (1er, contrôlé positif en 1994), Gianni Bugno (2e, contrôlé positif également en 1994), Claudio Chiappucci (3e, taux d’hématocrité supérieur à 50 % en 1997), Charly Mottet (4e, aveux de dopage en 1989), Laurent Fignon (6e, aveux de dopage pour l’année 1984 avec Renault), Pedro Delgado (9e, contrôlé positif en 1988 en tant que maillot jaune du Tour de France)
1992 Eddy Bouwmans (14e) vainqueur devant Gérard Rué (15e) et Francisco Mauleon (19e)
Distancé en 1991, Hampsten cède à la tentation en 1992, et résiste aux pionniers européens de l’EPO dans l’enchaînement terrible Sestrières - Alpe d’Huez. Lui, le champion américain homérique au Giro en 1988, dans cette fameuse étape du Gavia si pittoresque, dans le blanc immaculé de la neige des Dolomites, lui à qui le dopage des coureurs européens faisait horreur, se retrouve donc à son tour pris dans l’engrenage. Avec la potion magique, Hampsten se retrouve 4e du Tour derrière le trio majeur de 1991, où Chiappucci et Bugno inversent leurs places derrière l’intouchable Miguel Indurain, maillot jaune hégémonique. Deux étapes marquent plus que toutes, d’un sceau irréversible, le basculement vers les annéesEPO: le massacre du Luxembourg, signé Miguel Indurain contre-la-montre, et l’échappée fleuve de Sestrières de Claudio Chiappucci, trop belle pour être vraie. Car comme toute la Carrera, El Diablo est le cobaye du virtuose de l’EPO, le professeur Conconi. En 1993, bien que quinquagénaire, ce dernier écrasera les meilleurs cyclistes amateurs italiens dans l’ascension du monstre des Dolomites, du juge de paix de tant de Giros, le fameux col du Stelvio ...
Sont déclassés: Miguel Indurain (1er), Claudio Chiappucci (2e), Gianni Bugno (3e), Andrew Hampsten (4e, utilisation d’EPO) Pascal Lino (5e, contrôle positif en 1993), Pedro Delgado (6e),Erik Breukink (7e, impliqué dans le scandale PDM de 1991), Giancarlo Perini (8e, bien que classé entre la 81e et la 120e place du Tour entre 1984 et 1991), Stephen Roche (9e, client du professeur Conconi via l’équipe Carrera), Jens Heppner (10e en 1992, soit le meilleur résultat de sa carrière lors de sa première saison chez les pros ...), Franco Vona (11e), Eric Boyer (12e, aveux en 2005 de dopage dans les années 80), Gert Jan Theunisse (13e, contrôlé positif en 1988, 1989 et 1990, rien que ça!), Franco Chioccioli (16e), Steven Rooks (17e, aveux de dopage en 1998 et 2009 pour ses performances des années 80), Robert Millar (18e, contrôlé positif en 1992).
1993 Antonio Martin Velasco(12e) vainqueur devant Jean-Philippe Dojwa (15e) et Jon Unzaga (18e)
Le Tour bascule dans l’irrationnel, et Michele Ferrari vient se mêler à la véritable lutte pour le maillot jaune, celui des pharmaciens, sorciers et autres marabouts du dopage. Si Sabino Padilla l’emporte pour la troisième année consécutive, Ferrari dépasse son illustre mentor Conconi, par l’entremise de son poulain Rominger. Le Suisse, clé de voûte du système Ferrari, réussit l’exploit d’échapper au carnage du Galibier. Miguel Indurain étend son hégémonie aux cols. La grande lessive de l’Espagnol, implacable sur son Pinarello, droit comme une équerre les mains dans le guidons, s’accomplit telle une sélection naturelle digne de Charles Darwin. Seuls y échappent Tony Rominger donc, mais aussi Zenon Jaskula, AlvaroMejia et Andrew Hampsten. Le Polonais Jaskula, le Colombien Mejia et le Danois Riis, ancien porteur d’eau de Laurent Fignon, surgissent du néant dans ce Tour deFrance 1993. Vilà un des premiers miracles du dopage. Serre-Chevalier est une étape marquante de ce Tour, car Indurain y montre sa suprématiesur le domaine des grimpeurs. Alors que Bugno sombre corps et âmes, victime de son complexe mental irréversibleenvers l’Espagnol, Chiappuccisauve une 6e place à Paris, mais si loin du Navarrais, qui avait failli éliminer son propre frère Prudencio au Lac de Madine. Sans une crevaison dans ce contre-la-montre jumeau de celui du Luxembourg, l’aîné Miguel aurait éliminé le cadet Prudencio. Le même sang ne coule pas tout à fait dans leurs veines,car celui de Big Mig semble décuplé parun venin nommé EPO. Un venin aux antipodes de celui qui coulait en Hercule, et fait dumaillot jaune une tunique de Nessus inversée ...
Sont déclassés: Miguel Indurain (1er), Tony Rominger (2e, coaché par le docteur Michele Ferrari, passe de la 68e place en 1990 à la 2e place en 1993 sur le Tour), Zenon Jaskula (3e), Alvaro Mejia (4e, contrôlé positif en 1987), Bjarne Riis (5e, aveux dopage en 2007 pour sa victoire de 1996, passé de la 107e place en 1991à la 5e en 1993 sur le Tour, membre de la sulfureuse équipe Gewiss en 1994 et 1995), Claudio Chiappucci (6e), Johan Bruyneel (7e, membre de la sulfureuse équipe ONCE), Andrew Hampsten (8e), Pedro Delgado (9e), Vladimir Poulnikov (10e, contrôlé positif en 1997) et Gianni Faresin (11e, patient du docteur Ferrari).
1994 Oscar Pellicioli (15e) vainqueur devant Nelson Rodriguez (16e) et Jim Van de Laer (24e)
Pour la troisième année consécutive, Indurain écrase la course et porte au pinacle les effets physiologiques de l’EPO. Entre Périgueux et Bergerac, le champion de Banesto humilie le peloton. Seul Tony Rominger, pourtant rejeté à deux minutes, évite l’humiliation. L’escalade vers les sommets se prolongera entre le Suisse et l’Espagnol via le record de l’heure, à des hauteurs faisant d’Eddy Merckx et de sa performance de Mexico 1972 une ballade champêtre du dimanche matin.
Un autre recordman de l’heure, l’Anglais Chris Boardman, fait une entrée remarquée au prologue de Lille, collant 15 secondes en 7.2 kilomètres à sa majesté Indurain! Plus de deux secondes par borne, un exploit là encore bien trop beau pour être vrai. Michele Ferrari continue à métamorphoser des coureurs via l’équipe Gewiss. Après Evgueni Berzin tombeur d’Indurain au printemps sur le Giro, c’est le Letton Piotr Ugrumov qui, tel un phénix renaissant de ses cendres, accomplit une troisième semaine parfaite. Le triptyqueVal Thorens - Cluses- Avoriaz attire au Letton de 33 ans des superlatifs pourtant bien usurpés, tant l’imposture est grande. Un autre pensionnaire de Gewiss,Bjarne Riis, attend son heure. Vainqueur d’étape à Albi, le Danois fera parler de lui en 1995 et 1996. Enfin, malgré ses dons prodigieux d’escaladeur virtuose, Marco Pantani est estampillé Carrera, formation marquée au fer rouge par Conconi. Le destin du champion romagnol sera malheureusement indissociabledu dopage, presque viscéral.L’exploit français du Tour 1994 est réussi par Luc Leblanc sur les pentes brumeuses de Lourdes Hautacam. Mais Leblanc n’est plus le coureur pur à l’eau claire de 1991 et 1992. Comme tant d’autres, victime du syndrome Anakin, il est passé du côté obscur de la force ...
Sont déclassés du top 10: Miguel Indurain (1er), Piotr Ugrumov (2e, membre de l’équipe Gewiss suivie médicalement par le docteur Michele Ferrari, gourou de l’EPO ...), Marco Pantani (3e, déclassé du Giro 1999 pour dopage), Luc Leblanc (4e), Richard Virenque (5e, convaincu de dopage en 1998 avec Festina, aveux en 2000 de dopage en 1994), Roberto Conti (6e, flagrant délit de dopage en 2002), Alberto Elli (7e, flagrant délit de dopage en 2001), Alex Zülle (8e, contrôlé positif en 1993 et 1994,convaincu de dopage en 1998 avec Festina, dopé aux hormones de croissance en 1996 et 1997 avec ONCE lors de ses victoires sur la Vuelta), Udo Bolts (9e, aveux en 2007 de dopage pour 1995), Vladimir Poulnikov (10e), Pascal Lino (11e), Fernando Escartin (12e, coéquipier de Rominger chez Mapei en 1994, également patient du docteur Ferrari, etdopage généralisé chez Kelmeà partir de1996, scandale Kelmerévélé en 2004), Gianluca Bortolami (13e, aveux en 1998, contrôlé positif en 2003),Bjarne Riis (14e), Jean-François Bernard (17e, dopage organisé chez Banesto en 1994), Hernan Buenahora(18e, contrôlé positif en 2006 et 2008), Rolf Sorensen (19e), Bo Hamburger (20e, contrôlé positif en 1993, 1999, 2001 et 2003, aveux en 2007 de dopage dans les années 90), Thomas Davy (21e, contrôlé positif en 1996, aveux de dopage en 1997), Eric Caritoux (22e, enquête policière en 1986), Federico Munoz (23e, contrôlé positif en 2004)
1995Arsenio Gonzales (23e) vainqueur devant Massimo Podenzana (26e) et Laudelino Cubino (27e)
Marco Pantani qui explose le record de l’Alpe d’Huez, Miguel Indurain qui pulvérise celui du Lac de Vassivière (CLM)comparé aux temps de Greg LeMond en 1985 et Erik Breukink en 1990, la Gewiss surpuissante par équipes entre Dinard et Avranches (54 km/h de moyenne)., Indurain encore qui fait monter le compteur de watts au paroxysme sur les pentes de la Plagne. Ce Tour de France 1995 est celui de toutes les impostures ...
Sont déclassés du top 10: Miguel Indurain (1er), Alex Zülle (2e), Bjarne Riis(3e), Laurent Jalabert (4e, membre de la sulfureuse équipe ONCE des années 90), Ivan Gotti (5e, taux d’hématocrite supérieur à 50 % en 1998, flagrant délit de dopage en 2001), Melchior Mauri (6e, membre d’ONCE), Fernando Escartin (7e), Tony Rominger (8e), Richard Virenque (9e), Hernan Buenahora (10e), Claudio Chiappucci (11e), Laurent Madouas (12e, contrôlé positif en 1994), Marco Pantani (13e), Paolo Lanfranchi (14e, impliqué dans le blitz de San Remo en 2001), Bruno Cenghialta (15e, patient du docteur Ferrari), Alvaro Mejia (16e), Bo Hamburger (17e, aveux en 2007 de dopage dans les années 90), Vlatcheslav Ekimov (18e, dopage organisé chez US Postal entre 1999 et 2003),Laurent Dufaux (19e), Erik Breukink (20e) et Vicente Aparicio (21e, coéquipier de Miguel Indurain chez Banesto), Jean-Cyril Robin (22e), Federico Munoz (24e, contrôlé positif en 2004)et Vladimir Poulnikov (25e)
1996 Stefano Cattai (22e) vainqueur devant Arsenio Gonzales (24e) et Marco Fincato (30e)
Orphelin de Marco Pantani, le Tour de France vit un évènement colossal avec le roi Miguel Indurain échec et mat dans l’étape des Arcs. Tour très cathodiques avec tant d’images fortes, l’édition 1996 voit à Pampelune une accolade entre Riis et Indurain. Ce n’est pas tant le maillot jaune que l’Espagnol laisse au Danois, mais le Prix Nobel du dopage ...
Sont déclassésdu classement duTour de France: Bjarne Riis(1er),JanUllrich(2e, membre de la sulfureuse équipe Deutsche Telekom/ T-Mobile des années 1990 et 2000, impliqué dans le blitz de San Remo du Giro 2001, convaincu de dopage en 2006 durant l’affaire Puerto), Richard Virenque (3e), Laurent Dufaux (4e, convaincu de dopage en 1998 avec Festina), Peter Luttenberger (5e, dopage généralisé chez Carrera), Luc Leblanc (6e), Piotr Ugrumov (7e),Fernando Escartin (8e), Abraham Olano (9e, membre des sulfureuses équipes Mapei, Banesto et ONCE dans les années 90, contrôlé positif en 1994),Tony Rominger (10e), Miguel Indurain (11e), Patrick Jonker (12e, dopage organisé chez ONCE), Bo Hamburger (13e), Udo Bolts (14e), Alberto Elli (15e), Manuel Fernandez Gines (16e, dopage généralisé chez Mapei Clas), Leonardo Piepoli (17e, contrôlé positif en 2007 et 2008), Laurent Brochard (18e, dopage généralisé chez Festina de 1994 à 1998), Michele Bartoli (19e), Evgueni Berzin (20e, dopage généralisé chez Gewiss de 1994 à 1996), Vlatcheslav Ekimov (21e), Laurent Madouas (23e), Massimiliano Lelli (25e), Alex Zülle (26e), Giuseppe Guerini (27e), Rolf Sorensen (28e) et Jesper Skibby (29e, aveux en 2006 de dopage dans les années 90)
1997 Stéphane Heulot (20e) vainqueur devant Massimo Podenzana (24e) et Pascal Chanteur (26e)
Isaac Asimov et ses héritiers écrivains de science-fiction ont inventé les cyborgs, les cyber-organismes. Michele Ferrari, Sabino Padilla et les autres ont inventé les suporgs, les super-organismes. Le prototype le plus réussi de tous est peut être JU97D08, comprenez Jan Ullrich 1997 dossard 08 ... Insolent de supériorité sur les pentes d’Andorre Arcalis, l’Allemand écrases les grimpeurs Virenque, Pantani et Escartin. Puis il dresse la guillotine dans le chrono de Saint-Etienne. Marco Pantani bat encore le record de l’Alpe d’Huez, deux jours avant de triompher à Morzine malgré une bronchite!
Sont déclassés duclassement du Tour de France:JanUllrich(1er), Richard Virenque (2e), Marco Pantani (3e), Abraham Olano (4e), Fernando Escartin (5e), Francesco Casagrande (6e, contrôlé positif en 1998 et 2004),Bjarne Riis (7e), Jose Maria Jimenez (8e), Laurent Dufaux (9e), Roberto Conti (10e), Beat Zberg (11e, patient du docteur Ferrari), Oskar Camenzind (12e, contrôlé positif en2004), Peter Luttenberger (13e, dopage généralisé chez Rabobank entre 1996 et 2007), Manuel Beltran (14e, contrôlé positif en 1999), Jean-Cyril Robin (15e, aveux en 2004 de dopage dans les années90),Michael Boogerd (16e, réseau de dopage organisé chez Rabobank entre 1996 et 2007), Bobby Julich (17e, dopage organisé chez Cofidis), Daniele Nardello (18e, dopage organisé chez Mapei entre 1995 et 2000), Christophe Moreau (19e, contrôlé positif en 1998 et 2008, dopage organisé chez Festina de 1994 à 2000), Udo Bolts (21e), Hernan Buenahora (22e), Laurent Roux (23e, contrôlé positif en 2002, aveux en 2005), Laurent Madouas (25e)
1998 Stéphane Heulot(13e) vainqueur devant Kurt Van de Wouver (16e) et Andreï Teteriouk (20e)
Franchir le Rubicon avec une légion entraînait jadis pour un général dans l’Empire Romain une réaction du pouvoir central. Sans le savoir, le Tour de France a franchi le Rubicon depuis 1991, depuis que l’EPO est le ver pourrissant le fruit de l’intérieur ... Et l’arrestation de Willy Voët, soigneur des Festina, à la frontière franco-belge quelques jours avant le grand départ de Dublin, va ouvrir une boîte de Pandore que personne n’a pu refermer depuis. Les démons sont libérés. Les premières victimes sur l’autel du sacrifice sont demandées par le président Chirac en personne. Trop gênant en Corrèze, Virenque est exclu. Tel un gladiateur sacrifié par le pouce baissé del’empereur dans le Colisée, le Varois et ses Festina quittent le Tour tels des parias. Zülle, Dufaux et consorts sont alors traités tels des criminels par la police judiciaire de Lyon. Sur l’asphalte, rien ne change, Marco Pantani et Jan Ullrich dominent une édition où les Espagnols désertent, privant Fernando Escartin d’une 4e place qui n’avait de toute façon qu’une signification relative en l’absence des Festina. Le vieux record de Miguel Indurain, 39.504 km/h en 1992, est pulvérisé par Marco Pantani avec 39.983 km/h en cette année 1998.
Sont déclassés du top 10:Marco Pantani (1er), JanUllrich(2e), Bobby Julich (3e), Christophe Rinero (4e, dopage organisé chez Cofidis), Michael Boogerd (5e), Jean-Cyril Robin (6e), Roland Meier (7e, dopage organisé chez Cofidis), Daniele Nardello (8e, dopage généralisé chez Mapei entre 1995 et 2000), Giuseppe Di Grande (9e, contrôlé positif en 2001), Axel Merckx (10e, patient du docteur Ferrari, etdopage organisé chez Polti en 1998), Bjarne Riis (11e), Dariusz Baranowski (13e), Leonardo Piepoli (14e, contrôlé positif en 1998), Bo Hamburger (15e), Kevin Livingston (17e, dopage organisé chez US Postal en 1998, patient personnel du docteur Ferrari avec Armstrong), Jorg Jäksche (18e, dopage organisé chez Polti en 1998) et Peter Farazijn (19e)
1999 Kurt Van de Wouver (11e) vainqueur devantStéphane Heulot (14e) et Benoît Salmon (16e)
Orphelin de Pantani, Ullrich et Jalabert, le Tour du Renouveau s’élance en 1999 du Puy-du-Fou. La marque de Miguel Indurain en 1993 est battue de plusieurs secondes par le survivant de la mort, Lance Armstrong.
Greg LeMond avait survécu en 1987 à un terrible accident de chasse le lundi de Pâques, Lance Armstrong a lui traversé l’épreuve d’un cancer des testicules généralisé au cancer et au poumon.
Si la paranoïa et la suspicion atteignent au paroxysme, le Texan n’y est pas étranger: souverain dans le chrono de Metz à la façon de Miguel Indurain, le maillot jaune réédite les coups de force de Chiappucci 92 et Riis 96 vers Sestrières.
Dans le Piémont, dans l’Italie natale de son éminence grise, le docteur Michele Ferrari, le champion américain a déjà quasiment gagné ce Tour de France 1999. C’est le début d’un septennat d’imposture, Armstrong étant protégé par l’UCI, malgré un contrôle positif à l’EPO. La vitesse moyenne, elle, brise le mur des 40 km/h (40.273 km/h).
Sont déclassés duclassement du Tour de France:Lance Armstrong (1er),Alex Zülle(2e),Fernando Escartin(3e),Laurent Dufaux(4e),Angel Casero (5e, contrôlé positif en 1996), Abraham Olano(6e), Daniele Nardello (7e), Richard Virenque (8e), Wladimir Belli (9e, dopage organisé chez Festina en 1998), Andrea Peron (10e, contrôlé positif en 2001), David Etxebarria (12e, contrôlé positif en 2004), Tyler Hamilton (13e, patient du docteur Ferrari, contrôlé positif en 2004), Roland Meier (15e)
2000Felix Garcia Casas (14e) vainqueur devant Kurt Van de Wouver (17e) et Guido Trentin (18e)
Le Futuroscope accueille le Congrès International de la Pharmacie en ce 1er juillet 2000. Les plus éminents spécialistes y prennent part, encore protégés par leur dieu Asclépios ... Lance Armstrong, Jan Ullrich, Marco Pantani, Alex Zülle, Roberto Heras, Laurent Jalabert, Fernando Escartin, Richard Virenque, Abraham Olano, Laurent Dufaux ... Souverain à Hautacam, au Ventoux,à Courchevel, stratosphérique à Mulhouse, le champion texan ramène un deuxième maillot jaune. Quant à Michele Ferrari, non content de contrôler le métabolisme de L.A., le voilà qui gère son esprit, Johan Bruyneel servant de simple transmission radio sur la route menant à Joux-Plane, calvaire d’Armstrong.
Jan Ullrich, malgré la culture du dopage de Deutsche Telekom et un passage par la clinique du sport de Merano, n’a rien pu faire contre le nouveau despote de la Grande Boucle. Les esprits sont également échaudés par la déclaration fracassante de Giorgio Squinzi, patron de la Mapei, l’invincible formation italienne des classiques ... On ne peut pas gagner le Tour de France sans se doper!
Sont déclassés:Lance Armstrong (1er),Jan Ullrich (2e), Joseba Beloki (3e, impliqué dans l’affaire Puerto en 2006 et membre de la sulfureuse équipe ONCE entre 2001 et 2003), Christophe Moreau (4e, convaincu de dopage en 1998 avec Festina, contrôlé positif en 2008 aussi), Roberto Heras (5e, dopage organisé chez Kelme entre 1996 et 2003, déclassé de la Vuelta 2005 pour dopage et membre de la sulfureuse équipe US Postal entre 2001 et 2003), Richard Virenque (6e), Santiago Botero (7e, contrôlé positif en 1999 et 2002),Fernando Escartin(8e),Francisco Mancebo(9e, impliqué dans l’affaire Puerto en 2006), Daniele Nardello (10e), Manuel Beltran (11e), Pascal Hervé (12, dopage organisé chez Polti en 2000), Javier Otxoa (13e, contrôlé positif en 1999, dopage organisé chez Kelme entre 1996 et 2003), Alexandre Vinokourov (15e, dopage organisé chez Telekom entre 1996 et 2006) et Roberto Conti (16e)
2001François Simon (6e) vainqueur devantInigo Chaurreau(12e) et Alexandre Botcharov (17e)
Rockefeller de la montagne, Armstrong ne laisse que le Plateau de Bonascre à Felix Cardenas et Luz-Ardiden à Roberto Laiseka. Bourreau de Jan Ullrich, le leader de l’US Postal réussit une prouesse pleine de vice à l’Alpe d’Huez ...
Sont déclassés:Lance Armstrong (1er),Jan Ullrich (2e), Joseba Beloki (3e), Andreï Kivilev (4e, dopage organisé chez Cofidis de 1997 à 2004), Igor Gonzalez de Galdeano (5e), Oscar Sevilla (7e, impliqué dans l’affaire Puerto en 2006), Santiago Botero (8e),Fernando Escartin(8e), Marcos Serrano (9e), Michael Boogerd (10e) et Didier Rous (11e, aveux de dopage en 1998 avec Festina)
2002David Moncoutié (13e)vainqueur devantStéphane Goubert (17e) et Nicolas Vogondy (19e)
En quelques kilomètres sur le Ventoux, Armstrong montre le gouffre qui le sépare de son dauphin Beloki ... Miraculeux 3e, le novice Raimondas Rumsas voit son épouse Edita confondue dans les Alpes le dimanche de l’arrivée à Paris ...
Sont déclassés:Lance Armstrong (1er),Joseba Beloki (2e), Raimondas Rumsas (3e, convaincu de dopage en 2002 et membre de la sulfureuse équipe Lampre), Santiago Botero (4e),Igor Gonzalez de Galdeano (5e), José Azevedo (6e, membre des sulfureuses équipes ONCE en 2002 et US Postal en 2004), Francisco Mancebo (7e), Levi Leipheimer (8e, membre des sulfureuses équipes US Postal en 2001,Discovery Channel en 2007, Astana en 2008 et 2009, Radio Shack en 2010 et 2011), Roberto Heras (9e), Carlos Sastre (10e, membre de la sulfureuse équipe CSC en 2008), Ivan Basso (11e, impliqué dans l’affaire Puerto en 2006 et membre de la sulfureuse équipe CSC entre 2004 et 2006), Michael Boogerd (12e), Massimiliano Lelli (14e, impliqué dans l’affaire Cofidis),Tyler Hamilton (15e), Richard Virenque (16e) et Unaï Osa (18e, enquête policière en 2001)
2003 Alexandre Botcharov (24e) vainqueur devant Grischa Niermann (28e) et Inigo Chaurreau (30e)
Les médecins ont définitivement remplacé le caducée par la seringue. Malgré la canicule de 2003, Jan Ullrich nous gratifie d’un exploit majuscule sur les routes du Sud-Ouest. 47 kilomètres avalés par le TGV est-allemand à une vitesse folle! Dans ce Tour du Centenaire, alias 5e édition du Tour du Renouveau ou 90e édition du Tour de France, Armstrong rejoint Anquetil, Merckx, Hinaul et Indurain dans le gotha. Mais jamais la suspicion n’a été aussi forte, alors même que Jesus Manzano, ancien coureur de Kelme, passe aux aveux!
Sont déclassés:Lance Armstrong (1er),Jan Ullrich (2e),Alexandre Vinokourov(3e, convaincu de dopage en 2007 sur le Touret membre des sulfureuse équipes Telekom entre 2000 et 2005, Astana entre 2007 et 2012), Tyler Hamilton (4e, convaincu de dopage en 2004 et déclassé de sa médaille d’or du CLM aux Jeux Olympiques d’Athènes, membre de la sulfureuse équipe US Postal entre 1998 et 2001), Haimar Zubeldia (5e, membre des sulfureuses équipes Euskaltel en 2003, Astana en 2009 et Radio Shack entre 2010 et 2012),Iban Mayo (6e, convaincu de dopage), Ivan Basso (7e), Christophe Moreau (8e), Carlos Sastre (9e) et Francisco Mancebo (10e), Denis Menchov (11e), Georg Totschnig (12e, impliqué dans l’affaire Human Plasma de transfusion sanguine), Peter Luttenberger (13e, dopage généralisé chez CSC entre 2002 et 2008), Manuel Beltran (14e), Massimiliano Lelli (15e), Richard Virenque (16e), Jorg Jäksche (17e), Roberto Laiseka (18e, dopage généralisé chez Euskaltel en 2003), Jose Luis Rubiera (19e), Didier Rous (20e), et LaurentDufaux (21e), David Plaza (22e, dopage généralisé chez Bianchi en 2003), Felix Garcia Casas (23e, Bianchi en 2003 idem que Plaza), Daniele Nardello (25e), Jose Azevedo (26e), Javier Pascual Llorente (27e, contrôlé positif en 2003), Mikel Astarloza (29e, contrôlé positif en 2009)
2004Sandy Casar (16e) vainqueur devant Stéphane Goubert (20e) et Iker Camano (26e)
Le pamphlet évènement de Pierre Ballester et David Walsh, L.A. Confidential, écho au roman de James Ellroy adapté en 1997 par Curtis Hanson avec Kevin Spacey et Russell Crowe, fait grand bruit. Mais si le récit d’Ellroy est resté au stade de fiction, puis porté à l’écran à Hollywood, celui de Ballester et Walsh est plus vrai que nature, clair comme de l’eau de roche. Aux antipodes des eaux troubles dans lesquelles évolue Lance Armstrong et ses encombrants secrets. Dès les cols pyrénéens, le château de cartes Ullrich s’effondre, et le Texan rafle cinq étapes, une vraie razzia. En troisième semaine, le maillot jaune américain trouve le moyen de se faire remarquer le seul jour où il n’augmente pas son palmarès (étapes à Villars-de-Lans, Alpe d’Huez, Grand Bornand, Besançon, classement général à Paris), à Lons-le-Saunier, en menant une vendetta personnelle contre Filippo Simeoni, le coureur italien qui a osé témoigner contre lui au procès Ferrari ...
Sont déclassés:Lance Armstrong (1er), Andreas Klöden (2e, membre des sulfureuses équipes Deutsche Telekom et T-Mobile de 2000 à 2006, Astana de 2007 à 2009, Radio Shack de 2010 à 2012), IvanBasso (3e),Jan Ullrich (4e),José Azevedo (5e), Francisco Mancebo (6e), Georg Totschnig (7e), Carlos Sastre (8e), Levi Leipheimer (9e), Oscar Pereiro (10e, membre de la sulfureuse équipe), Pietro Caucchioli (11e, anomalies de passeport biologique en 2009), Christophe Moreau (12e), Vladimir Karpets (13e, dopage généralisé chez Banesto entre 1991 et 2006), Michael Rasmussen (14e, manquement aux procédures en 2007, contrôlé positif en 2008), Richard Virenque (15e), Gilberto Simoni (17e, contrôlé positif en 2002), Thomas Voeckler (18e), Jose Luis Rubiera (19e, dopage organisé chez Kelme puis US Postal), Axel Merckx (21e), Michael Rogers (22e), Floyd Landis (23e, dopage généralisé chez US Postal entre 1998 et 2004), Oscar Sevilla (24e, dopage généralisé chez Kelme puis Telekom entre 2001 et 2006, contrôlé positif en 2000 et 2010), Giuseppe Guerini (25e, dopage généralisé chez Telekom entre 1999 et 2004).
2005Xabier Zandio (22e) vainqueur devant Sandy Casar (29e) et Stéphane Goubert (34e)
Septième maillot jaune d’Armstrong, assorti de deux ultimes provocations: du stretching en pleine ascension de Courchevel où se révèle Alejandro Valverde, et un discours sur les Champs-Elysées digne du plus hypocrite des hommes politiques en campagne électorale! Armstrong porte au pinacle l’art de l’imposture dans ce Tour de France 2005 où l’image symbole reste le chrono de Noirmoutier, où il rattrape Jan Ullrich parti une minute avant lui! Et le record de vitesse de 2003 est battu, Armstrong portant l’imposture à son zénith, avec une vitesse moyenne de 41.654 km/h. Dans la surenchère du dopage, personne n’a dit mieux depuis lors ... Et George Hincapie la joue collectif dans la provocation chez Discovery Channel, avec une victoire du colosse new-yorkais sur les pentes du Pla d’Adet ...
Sont déclassés:Lance Armstrong (1er), IvanBasso (2e),Jan Ullrich (3e sur la route, disqualifié depuis),Francisco Mancebo (4e), Alexandre Vinokourov (5e), Levi Leipheimer (6e), Michael Rasmussen (7e, convaincu de dopage en 2007 sur le Tour au sein de la Rabobank), Cadel Evans (8e), FloydLandis (9e,convaincu de dopage en 2006 sur le Tour et déclassé, membre de la sulfureuse équipe US Postal entre 2002 et 2004),Oscar Pereiro (10e), Christophe Moreau (11e), Yaroslav Popovych (12e), Eddy Mazzoleni (13e, contrôlé positif en 2004), George Hincapie (14e, coéquipier de Lance Armstrong entre 1998 et 2005 chez US Postal puis Discovery Channel), Haimar Zubeldia (15e), Jorg Jäksche (16e), Bobby Julich (17e), Oscar Sevilla (18e), Andrei Kaschechkin (19e, convaincu de dopag en 2007 sur le Tour), Giuseppe Guerini (20e), Carlos Sastre (21e, dopage organisé chez CSC entre 2002 et 2008), LeonardoPiepoli (23e, contrôlé positif en 2008), MichaelBoogerd (24e), PaoloSavoldelli (25e, dopage organisé chezDiscovery Channel en 2005), GeorgTotschnig (26e), MikelAstarloza (27e, contrôlé positif en 2009), LaurentBrochard (28e, aveux de dopage en 1998 avec Festina, contrôlé positif en 1991 et 1998), José Azevedo (30e), Alberto Contador (31e, controlé positif en 2010), Stefano Garzelli (32e), Chris Horner (33e)
2006Cyril Dessel (7e)vainqueur devantDavid Arroyo(21e) et Pierrick Fedrigo (29e)
L’épée de Damoclès tombe sur le Tour de France au grand départ de Strasbourg. Lance Armstrong n’est plus là, mais le problème du dopage reste entier, avec l’affaire Puerto. Eufemiano Fuentes succède à Sabino Padilla et Michele Ferrari au panthéon des sorciers du dopage. Exit donc Jan Ullrich, Francisco Mancebo, Ivan Basso mais aussi Alexandre Vinokourov et un jeune espoir du nom d’Alberto Contador. Vainqueur sur la route à Paris, FloydLandis est crédité d’un exploit proprement inhumain sur la route de Morzine. Son maillot jaune est sali quatre jours aprèsle sacre ... Quant à Cyril Dessel, son échappée sur la route de Pau en compagnie de Juan Miguel Mercadolui permet de bénéficier du doute ...
Sont déclassés: FloydLandis (1er), OscarPereiro (2e), Andreas Klöden (3e),Carlos Sastre (4e), Cadel Evans (5e), Denis Menchov (6e), Christophe Moreau (8e), Haimar Zubeldia (9e), Michael Rogers (10e), Frank Schleck (11e, convaincu de dopage en 2012 sur le Tour, membre des sulfureuses équipes CSC Saxo Bank entre 2006 et 2010 puis Radio Shack en 2012), Damiano Cunego (12e, retard au contrôle en 2008), Levi Leipheimer (13e), Michael Boogerd (14e), Marcus Fothen (15e, contrôlé positif en 2004), Pietro Caucchioli (16e), Tadej Valjavec (17e), Michael Rasmussen (18e), Jose Azevedo (19e) et Marzio Bruseghin (20e, enquête policière en 2001), Patxi Vila (22e), Patrick Sinkewitz (23e, aveux en 2007 de dopage en 2000, contrôlé positif en 2007 et 2011), Christian Vandevelde (24e), Yaroslav Popovych (25e, dopage organisé chez Discovery Channel entre 2005 et 2007), Giuseppe Guerini (26e), Eddy Mazzoleni (27e, flagrant délit et contrôlé positif en 2004), Jose Luis Arrieta (28e, enquête policière en 2001)
2007David Arroyo (13e) vainqueur devant Juan Manuel Garate (21e)et José Ivan Gutierrez (22e)
Les noms de Michael Rasmussen et Alexandre Vinokourov, n’apparaissent pas, mais on peut rajouter deux points à l’indice depropreté de cette édition 2007 partie de Londres... Andreas Klöden, lui, promène paisiblement son coccyx fêlé dans les cols alpestres et pyrénéenes
Sont déclassés: Alberto Contador (1er, convaincu de dopage en 2010 sur le Tour de France et déclassé), Cadel Evans (2e), Levi Leipheimer (3e), Carlos Sastre (4e), Haimar Zubeldia (5e), Alejandro Valverde (6e, impliqué dans l’affaire Puerto en 2006), Kim Kirchen (7e, dopage organisé chez Fassa Bortolo entre 2003 et 2005 puis chez T-Mobile en 2006 et 2007), Yaroslav Popovych (8e), Mikel Astarloza (convaincu de dopage en 2009, contrôlé positif), Oscar Pereiro (10e), Juan Mauricio Soler (11e), Michael Boogerd (12e), Vladimir Karpets (14e), Christopher Horner (15e), Iban Mayo (16e, contrôlé positif en 2007), Frank Schleck (17e), Manuel Beltran (18e), Tadej Valjavec (19e) et Juan José Cobo Acebo (20e, dopage organisé chez Saunier Duval enb 2008)
2008Vladimir Efimkin (11e) vainqueur devant Sandy Casar (14e) et Konstantsin Siutsou (17e)
Le symbole de ce Tour orphelin de Contador,car Astana paie les excès de Vinokourov en 2007, est la domination insolente des Saunier Duval, interrompue par la double exclusion du cobra Ricco, de Piepoli, après la victoire de Juan José Cobo Acebo à Lourdes Hautacam. Mais la formation CSC, qui prend le relais, n’est guère plus propre, dans le sillage de Bjarne Riis, passé aux aveux en 2007 sur son maillot jaune de 1996. Stefan Schumacher est aussi confondu de dopage, le champion allemand perdant ses deux victoires CLM, à Cholet et Saint-Amand-Montrond.
Sont déclassés: Carlos Sastre (1er), Cadel Evans (2e),Bernhard Kohl (3e et déclassé pour dopage), Denis Menchov (4e),Christian Vandevelde (5e, dopage organisé chez CSC en 2005 et 2006),Frank Schleck (6e), Samuel Sanchez (7e), Kim Kirchen (8e), Alejandro Valverde (9e), Tadej Valjavec (10e), Andy Schleck (12e), Roman Kreuziger (13e), Amael Moinard (15e, dopage organisé chez Cofidis) et Mikel Astarloza (16e)
2009Christophe Le Mével (10e)vainqueur devant Sandy Casar (12e) et Stéphane Goubert (16e)
Le come-back du paria Armstrong fait d’Astana une véritable Dream Team, une Invincible Armada faite de coureurs suspicieux. La cohabitation volcanique devient vite explosive entre Contador et Armstrong, coleaders de la formation kazakhe devant les jokers de luxe que sont Leipheimer et Klöden; A Verbiers, en Suisse, la moto Contador met tout le monde d’accord, revisitant les théorèmes de physique. Oubliés Copernic, Galilée, Newton et autres Kepler, les lois de la gravitation, l’astre Contador et sa pharmacie d’avant-garde font exploser les records de watts ... En ces temps où le pétrole atteint les records, Contador sera-t-il la solution à l’envolée des cours du brent? Une énergie alternative?
Sont déclassés: Alberto Contador (1er), Andy Schleck (2e), Lance Armstrong (3e), Bradley Wiggins (4e, passé de la 123e place en 2006 à la 4e place en 2009 sur le Tour, après une 123e place sur le Giro en 2008), Frank Schleck (5e), Andreas Klöden (6e), Vincenzo Nibali (7e), Christian Vandevelde (8e), Roman Kreuziger (9e), Mikel Astarloza (11e, contrôlé positif en 2009), VladimirKarpets (13e), Rinaldo Nocentini (14e, flagrant délit en 2001), Van den Broeck (15e)
2010Ruben Plaza Molina (12e sur la route, actuel 11e sur tapis vert) vainqueur devant Thomas Lovkvist (17e) et Kevin de Weert (18e)
Avoriaz se mue en Golgotha pour Armstrong, le voleur de septs Tours de France, le Barabbas du dopage ... Mais Contador sera crucifié deux ans plus tard, offrant la victoire sur un plateau d’argent à Andy Schleck. Comme d’habitude, les instances sportives s’en lavent les mains, à la façon de Ponce Pilate.
Sont déclassés: Alberto Contador (1er sur la route, disqualifié en 2012 pour dopage), Andy Schleck (2e sur la route, actuel1er sur tapis vert), Denis Menchov (3e sur la route, 2e sur tapis vert), Samuel Sanchez (4e sur la route), Jurgen Van den Broeck (5e), Robert Gesink (6e), Ryder Hesjedal (7e), Joaquin Rodriguez (8e), Roman Kreuziger (9e),Christopher Horner (10e, membre de la sulfureuse équipe Astana en 2009), Luis Leon Sanchez (11e), Levi Leipheimer (13e), Andreas Klöden (14e), Nicolas Roche (15e)et Alexandre Vinokourov (16e).
2011Tom Danielson (9e) vainqueur devant Jean-Christophe Péraud (10e) et Rein Taaramae (12e)
Après l’affaire de la vache enragée, Alberto Contador se fait huer par le public français au départ en Vendée. Maillot jaune surprise jusqu’à l’Alpe d’Huez, Thomas Voeckler a choisi de franchir la ligne jaune à son tour. La Toison d’Or échoit finalement à l’Australien Cadel Evans, deux ans après son exploit irisé de Mendrisio.
Sont déclassés: Cadel Evans (1er), Andy Schleck (2e), Frank Schleck (3e), Thomas Voeckler (4e, soupçonné de dopage en 2011 avec Europcar), Alberto Contador (5e sur la route, déclassé en 2012 pour dopage), Samuel Sanchez (6e),Damiano Cunego (7e), Ivan Basso (8e) et Pierre Rolland (11e, soupçons de dopage avec Europcar pour 2011)
2012Maxime Monfort (16e) vainqueur devant Egoi Martinez (17e) et Eduard Vorganov (19e)
Un Miguel Indurain british? Voici Bradley Wiggins, qui porte l’estocade dans les chronos et contrôle les grimpeurs en montagne, bien aidé par son coéquipier et joker Chris Froome, qui fait une entrée fracassante sur la Grande Boucle, tel Jan Ullrich en 1996.
Sont déclassés: Bradley Wiggins (1er, membre de la sulfureuse équipe Sky), Christopher Froome (2e, membre de la sulfureuse équipe Sky, 84e du Tour en 2008, 36e du Giro en 2009, aucune référence donc avant 2011 et sa 3e place sur la Vuelta), Vincenzo Nibali (3e), Jurgen Van den Broeck (4e), Tejay Van Garderen (5e), Haimar Zubeldia (6e), Cadel Evans (7e), Haimar Zubeldia (8e), Pierre Rolland (9e), Thibaut Pinot (10e), Andreas Klöden (11e), Nicolas Roche (12e), Chris Horner (13e), Chris AnkerSorensen (14e, non communication de localisation en 2009), Denis Menchov (15e) et Rui Alberto Costa (18e, contrôlé positif en 2010)
Calculons maintenant les indices de proprété des Tours. Plus les classements cumulésdes membres du nouveaux podiums est élevé, moins le Tour est propre, car cela signifie alors que l’on a du déclasser beaucoup de coureurs pour établir le podium considéré comme clean.
- Indice de Propreté du Tour de France 1990: 16
- Indice de Propreté du Tour de France 1991: 20
- Indice de Propreté du Tour de France 1992: 48
- Indice de Propreté du Tour de France 1993: 45
- Indice de Propreté du Tour de France 1994: 55
- Indice de Propreté du Tour de France 1995: 76
- Indice de Propreté du Tour de France 1996: 76
- Indice de Propreté du Tour de France 1997: 70
- Indice de Propreté du Tour de France 1998: 49 (*)
- Indice de Propreté du Tour de France 1999: 41
- Indice de Propreté du Tour de France2000:49
- Indice de Propreté du Tour de France 2001:35 (**)
- Indice de Propreté du Tour de France 2002: 49
- Indice de Propreté du Tour de France 2003: 82
- Indice de Propreté du Tour de France 2004: 62
- Indice de Propreté du Tour de France 2005: 85
- Indice de Propreté du Tour de France 2006: 57 (***)
- Indice de Propreté du Tour de France 2007: 56
- Indice de Propreté du Tour de France 2008: 42
- Indice de Propreté du Tour de France 2009: 38
- Indice de Propreté du Tour de France 2010: 47
- Indice de Propreté du Tour de France 2011: 31
- Indice de Propreté du Tour de France 2012: 52
(*) Indice relativementfaible en 1998car beaucoup de coureurs valant le top 10déjà exclus (Virenque, Zulle, Dufaux ...)ou partis avec leurs équipes (Escartin, L.Jalabert)
(**) Indice très faible en 2001 car faussé par le coup de Pontarlier, avec Kivilev (Cofidis)4e et Simon (Bonjour)6e du classement général final.
(***) Indice affaibli en 2006 par les exclusions initiales d’Ullrich, Basso, Mancebo ainsi que de l’équipe Liberty Seguros de Contador et Vinokourov, trop peu fournie pour prendre le départ en vertu du règlement du Tour.
En conclusion, si bien des coureurs ont franchi le Rubicon, ces podiums revisités n’ont pas pour vocation de prétendre ériger la vérité, et encore moins de dire que ces vainqueurs sur tapis vert virtuel auraient gagné le maillot jaune dans un Tour de France 100 % propre, où tout le monde prendrait le départ à l’eau claire ... Certains dopés étaient exceptionnellement doués pour le cyclisme, l’exemple le plus évident étant bien entendu Jan Ullrich. Bref, entre les vainqueurs officiels suspects tous comme leurs dauphins, les coureurs déjà déclassés et des vainqueurs virtuels sur tapis vert, le Tour de France est dans l’oeil du cyclone ... Si les vainqueurs virtuels ont le bénéfice du doute, il ne faut pas oublier non plus que l’on parle moins des problèmes au milieu du peloton. Comme en F1 pour un crash au départ, la médiatisation du dopageest plus forte sous le feu des projecteurs du top 10 que dans le gruppetto ...
Si l’on suit les indices de propreté entre 1991 et 2012, le Tour le plus sale serait celui à la moyenne la plus élevée, soit 2005 avec une moyenne record de 41.654 km :h pour son vainqueur officiel Lance Armstrong.
A noter que j’ai disqualifié des coureurs n’ayant jamais été lié à des affaires de dopage, comme Peter Luttenberger (1996, 1997, 2003) ou Daniele Nardello (1998, 1999, 2000), Fernando Escartin (1994, 1995, 1996, 1997, 1999 et 2000) ou encore Michael Boogerd (1997, 1998, 2001 et 2002) par exemple.
Mais le dopage était généralisé chez Carrera, Rabobank, Kelme ou Mapei, d’où un doute valable à leurs dépens.
Concernant Escartin, il était client direct du docteur Michele Ferrari.
Ultime remarque, si on ne peut pas dire que Stéphane Heulot, Kurt Van de Wouver, Eddy Bouwmans ou Sandy Casar sont des vainqueurs légitimes, ils ont pour eux le recul du temps.
Les vainqueurs virtuels 2010, 2011 et 2012 devront attendre un peu afin qu’on en sache plus sur leur éventuelle propreté ...
alors là chapeau bas Monsieur Axel ! c’est ce qu’on appelle un article fouillé qui va au fond des choses, que se soit au niveau de la recherche, qu’au niveau de l’argumentaire. en réalité, c’est la statistique que j’aurai toujours voulu connaitre, à savoir : ou se situe le premier coureur "propre" à la fin du tour de France ? Axel l’ a fait - qui plus est avec les réserves d’usage liées aux aléas du périmètre des stats - , qu’il en soit remercié.
cela dit la conclusion d’une telle analyse enfonce encore un peu plus le sport cycliste, comme une institution vouée à la tricherie dans laquelle finalement aucune victoire n’est belle, car forcément suspecte. c’est vraiment navrant de constater que malgré les efforts consentis en matière de lutte contre le dopage, le bilan soit toujours aussi négatif.
Salut mrjack,
Je dois bien avouer que cet article m’a pris un paquet de temps, étant donné que je l’ai commencé le lendemain de l’affaire USADA - Armstrong fin août.
Et le pire, c’est que les vainqueurs virtuels que je donne sont peut être aussi des imposteurs. Bref, c’est potentiellement comme un gouffre sans fond !
Malheureusement, le fléau du dopage est toujours là et bien là. Armstrong a été protégé par l’UCI entre 1999 et 2005, mais c’est l’arbre qui cache la forêt, d’où l’idée de cet article. Il faudrait plus qu’un nettoyage, un véritable Karcher géant ...
Mais quelle crédibilité si on offre les lauriers aux 23e ou aux 15e ?
Ce serait couper la branche sur laquelle le cyclisme est assis. Lausanne (UCI) ne prendra jamais un tel risque.
On sacrifiera un énorme agneau sur l’autel de la lutte contre le dopage, à savoir Lance Armstrong.
Mais les autres moutons noirs, les Indurain, Riis, Ullrich, Pantani, Wiggins, Evans, peuvent dormir tranquille.
@mrjack,
Il reste encore une chose à faire mais j’avoue avoir eu la flemme de l’inclure à cette étude ...
Je le ferai peut être une autre fois, calculer la vitesse moyenne du nouveau vainqueur virtuel.
Si l’on revient sur ces vitesses moyennes recalculées à 37 ou 38 km/h de moyenne, bref ce qui était le standard pour Fignon, Roche ou LeMond avant que le dopage EPO n’arrive, alors clairement cela signifiera que le vainqueur virtuel est crédible.
Pas 100 % propre, mais crédible (nuance ô combien importante !)
Lol, y’a des podiums qui sont pas piqués des hannetons...
Je connais pas la moitié des vainqueurs (Cattaï ? Gonzales ? Zandio ?).
Excellent en tout cas, tout à fait le genre de liste qui me fait tripper.
Bravo Axel !
Le seul bémol : on connait tellement pas certains de ces mecs qu’on finit par se dire qu’on sait pas trop s’ils sont plus propres que les autres...
PS : Stéphane Heulot et Sandy Casar sont les meilleurs coureurs français de ces 20 dernières années...
C’est trop ça, j’ai beau suivre le Tour depuis une vingtaine d’années, j’ai découvert un paquet de coureurs, des anonymes comme Cattai, Zandio, Gonzales, Camano, Unzaga ...
Heulot a été champion de France en 1996 et maillot jaune durant 3 jours à la faveur d’une échappée vers le Lac de Madine, le pauvre avait du abandonner dans la légendaire étape des Arcs, celle où Indurain avait craqué, où Zulle avait chuté, où Jalabert avait sombré, et où Berzin avait pris le maillot jaune, avant de le céder à Riis deux jours plus tard.
Concernant Heulot, je me souviens de lui comme un "loser" de la montagne. Rattrapé par Pantani et Ullrich dans le col de la Madeleine en 1998 vers Albertville, rattrapé encore par le groupe maillot jaune Armstrong - Zulle - Escartin en 1999 dans l’Alpe d’Huez.
Quoi de plus logique s’il était vraiment clean ?
Salut Axel, merci pour cet article détaillé !
Le problème de cette démarche (et tu le dis toi-même) c’est que les coureurs que tu considères comme vainqueur moral ne sont pas pour autant moins soupçonnables. En fait, on ne sait pas où s’arrêter... C’est là que se trouve le dilemme des instances dirigeantes : faire complètement le ménage et repartir de zéro en faisant carrément une croix sur le classement des 20 dernières années ou bien continuer à faire semblant car le dopage est bien trop ancré ? Vu les enjeux financiers, je doute qu’ils choisissent la première solution car ils voudront éviter le chaos et le reniement d’au moins 20 années (et le reste puisque avant 91, d’un point de vue moral ils trichaient aussi et, comme tu le dis aussi, des coureurs post-90 ont certainement tout de même mérité leur place). Je crois qu’ils vont continuer à en pêcher l’un ou l’autre de temps en temps et à s’asseoir sur leur désir de propreté de ce sport qu’ils n’atteindront jamais. C’est devenu et ça restera un spectacle (empreint de défi physique évidemment, mais un spectacle quand même). Par conséquent, retirer les titres d’Armstrong n’a pas de sens car ils ne peuvent hypocritement s’arrêter là et faire comme si ses dauphins n’avaient rien à se reprocher.
Tout cela est bien trop complexe et est allé bien trop loin malheureusement...
Salut Ditch,
Oui le dilemme est de taille. De plus je ne parle que de la période EPO démarrant en 1991, mais Merckx, Hinault, Ocana, Coppi, Anquetil et consorts ne sont pas au delà de tout soupçon. L’exemple qui vient de suite à l’esprit est Pedro Delgado, le coureur de Ségovie ayant bénéficié d’une différence de liste entre CIO et UCI en 1988 pour sauver sa tunique. Mais Perico mériterait de sauter, clairement.
Comme discuté avec Fabien, la différence entre l’EPO et les corticoïdes (ou toute autre forme de dopage à l’ancienne) est que l’EPO a permis à des coureurs non grimpeurs, qui n’auraient jamais pu gagner le Tour, de viser le maillot jaune à Paris.
On pense de suite à Miguel Indurain, à Bjarne Riis, à Lance Armstrong ou encore à Bradley Wiggins bien évidemment.
Pour Contador et Ullrich, ils avaient un peu plus de talent intrinsèque.
Bref, l’UCI est devant un dilemme. Renier les 20 dernières années ? Jusqu’où aller dans le nettoyage en terme d’historique et de profondeur de classement ?
Ce serait aussi pour Pat McQuaid un terrible déni de la politique d’Hein Verbruggen, patron de l’UCI des années 90.
Et il y a bien trop d’enjeux financiers sous-jacent. Le Tour est devenu une machine trop énorme depuis 25 ans, avec des sponsors génériques (Crédit Lyonnais) ou liés à des équipes (Festina, Cofidis, Banesto, Discovery Channel, Rabobank, Telekom ...) qui attendent bien entendu un retour sur investissement.
Ce serait tuer la poule aux oeufs d’or que de déclasser en masse des hordes de coureurs suspicieux. Les sponsors cesseraient de venir investir dans le cyclisme, ce serait le retour aux équipes nationales et la fin d’un certain niveau de vie dans le peloton, car ASO ne pourrait compenser par une explosion des droits TV, sauf à faire passer la diffusion sur des bouquets cryptés et payants. France Télévisions, vu son budget et la crise économique risquant de se pérenniser en Europe, ne pourrait pas suivre et le Tour passerait sur Canal + voire Al Jazeera Sport ...
Les procédures judiciaires dans les instances sportives traîneraient pendant des années voire des décennies. L’UCI devrait engager une armée d’avocats et de légistes du sport pour traîner devant les tribunaux sportifs tous les coureurs présumés coupables de dopage. Car rien ne serait pire que de déclasser sans prouver. Dans mon article, j’ai déclassé parfois sans preuve sur la base d’un dopage généralisé dans l’équipe du coureur (Boogerd, Luttenberger, Nardello typiquement). L’UCI ne pourrait se le permettre, bien évidemment.
Le classement réactualisé ne cesserait de changer. Le maillot jaune passerait de vainqueur en vainqueur, via un tapis vert sans fin ... Bref, ce serait le chaos.
Il est évident que l’UCI ne s’engagera pas dans une telle voie. La dissuasion est donc limitée, et les moutons noirs ont encore de beaux jours devant eux.
Mais c’est un peu comme pour le piratage sur Internet, il faut juste éviter d’être le coupable choisi pour l’exemple.
Lance Armstrong est un peu le Sean Parker du dopage. Tuer Napster, à l’époque, n’a pas détruit le phénomène du piratage et du peer to peer.
Déclasser le Texan de ses 7 maillots jaunes consécutifs ne tuera donc pas le fléau EPO ...
pour rebondir sur le sujet qui consiste à retirer les titres de la grande boucle aux "tricheurs", cela signifie t-il que le palmarès est modifié par l’attribution de titre au dauphin ... ou au premier qui n’a pas été rattrapé par la patrouille, ou alors n’y t-il plus de vainqueur désigné ?
@mrjack,
La logique de l’UCI sera d’offrir le titre à un dauphin, car il n’y aura pas un trou béant de 7 années sans vainqueur si Lausanne entérine le déclassement d’Armstrong. Mais en aucun cas l’UCI n’ira dans le sens que je préconise, à savoir trouver le vrai vainqueur propre et crédible. Comme discuté avec Ditch, cela prendrait beaucoup trop de temps, travail colossal et aux effets pervers d’un point de vue business et politique. Ce serait tuer la poule aux oeufs d’or.
Je me souviens en foot, pour le Calciopoli, les instances italiennes avaient agi bizarrement.
- Titre 2005 non attribué après disqualification de la Juventus (championne) et du Milan AC (2e)
- Scudetto 2006 réattribué sur tapis vert à l’Internazionale après disqualification de la Juventus (championne) et du Milan AC (2e)
Salut Axel !
Quel boulot ! Chapeau bas !
En tout cas, cet article montre bien que le mal est irréversible concernant les éditions passée. En effet, dans les coureurs que tu exclu, certain le sont parce "qu’ils font partie de la sulfureuse équipe de". Or, en 2000 par exemple, Tyler Hamilton à récemment "expliqué" (son témoignage est bizarre ou vraiment mal traduit...) que au sein de l’US Postal, l’EPO était réservé aux trois grimpeur, Armstrong, Livingston et lui-même. Donc à cette époque là, Landis était "propre" par exemple. Ce que je veux dire c’est que si au sein d’une formation aussi riche que l’US Postal, il n’y en avait pas pour tout le monde, c’est peut-être le cas pour les autres équipe. Autre exemple, Bernard Kohl disait qu’en 2008, c’était à son tour d’avoir le droit à la potion magique chez Gerolsteinner.
Autre remarque plus pointilleuse, tu cite "Piepoli (contrôlé positif en 1998)", est-ce une erreur de ta part (au lieu de 2008) parce que je ne trouve aucune trace de ce contrôle. Parce que pour moi, Piepoli est l’exemple type du mec qui qui a eu accès à l’EPO sur le tard, même faisant partie de Banesto fin des années 90. En effet, ce mec ne visait jamais le général (à part peut-être en 2008), mais les étapes dans les grands tour. Et le fait qu’il n’était jamais bon deux jour de suite, me faisait penser à un manque de récupération. Enfin je peux me tromper, mais il y a peut-être des coureurs qui ont fauté à un moment donné, car ayant accès à l’EPO, mais qui ont peut-être fait des grand tours honorables et propres avant de passer du côté obscure (un peu comme Luc Leblanc par exemple).
Pour conclure, c’est totalement impossible de faire un classement sans injustice. Déclassé des coureurs parce qu’ils faisaient partie d’une telle équipe, ou en garder d’autres qui ont su passer entre les gouttes, c’est casse gueule et sujet à polémique.
Trois petites questions : Tu parles de la sulfureuse équipe Euskaltel mais à part Astarloza récemment, y a eu d’autres affaires ? Mayo il était encore chez les Oranges quand il s’est fait chopper, j’ai un trou ?
Autre chose, tu n’expliques pas pourquoi tu exclus Evans de tes classements : suspicion parce qu’il en a gagné un ? ou vraies pistes menant à un réseau de dopage ?
Enfin tu mets Monfort vainqueur en 2012 alors qu’il fait partie "de la sulfureuse équipe Radioshack-Nissan-Trek" dans laquelle d’ailleurs Frank Schleck s’est fait pincer sur ce même Tour, bizarre pour le coup. Une raison ?
Salut Mwn,
Tu as raison, au départ (1999-2000) le dopage EPO au niveau de l’US Postal était circonscrit au cercle des 3 amis Hamilton - Armstrong - Livingston, clients du docteur Ferrari.
Mais Landis, qui disputa son premier Tour en 2002 comme coéquipier d’Armstrong (après le départ d’Hamilton vers Phonak), s’est progressivement mis au dopage, d’autant que d’autres coureurs possédant la culture du dopage sont arrivés chez Bruyneel et Armstrong, tel Roberto Heras, recrue star du mercato 2001 chez US Postal, en provenance de Kelme. C’est justement en voyant ses classements progresser en tant que porteur d’eau du Boss que Landis s’est dit qu’il pouvait tenter sa chance en solo, en 2005 avec Phonak.
61e en 2002, 77e en 2003, mais 23e en 2004 en accompagnant les meilleurs au Grand Bornand et à Villars de Lans.
Pour Cadel Evans, rien de concret mais bon je pars du principe que gagner le Tour en 2011 au milieu d’un palmarès de maillots jaunes dopés (Indurain, Riis, Ullrich, Pantani, Armstrong) ou très fortement suspects (Sastre, A.Schleck, Wiggins) le rend forcément suspect.
J’utilise le même raisonnement pour déclasser Wiggins, Froome, Nibali, Samuel Sanchez, Van den Broeck et Van Garderen qui sont exempts de tout reproche officiellement à l’heure où nous parlons.
Idem, en 2011, Evans domine les frères Schleck, Contador ainsi que Basso qui ont eu des problèmes de dopage.
A moins qu’il ne soit un homme bionique, je vois mal comment expliquer qu’il est clean. Après, OK avec toi, officiellement le champion du monde 2009 est blanc comme neige. D’autant que je ne me souviens pas d’une affaire concernant BMC ou Lotto.
L’an passé, j’avais fait un article sur les vitesses moyennes, et pour moi au dessus de 38.5 km/h, malgré l’amélioration de l’état des routes, l’humanisation des parcours ou encore la progression technologiques sur le matériel, on est à des seuils de performance de dopage avéré, un peu comme les fameux seuils de 410 / 420 watts d’Antoine Vayer.
http://www.sportvox.fr/article...
Iban Mayo s’est fait choper en 2007 mais sa démonstration en 2003 à l’Alpe d’Huez en fait un coupable incontestable dès 2003, donc à l’époque d’Euskaltel.
Quant à Zubeldia, hyper régulier avec Euskaltel, Astana ou Radio Shack, je vois mal comment expliquer qu’il soit à l’eau claire.
Pour Leonardo Piepoli, j’ai pu me tromper, il me semble avoir vu un contrôle positif pour lui en 1998 sur cyclisme-dopage.com, à vérifier. Mais je ne prétends pas que tout est juste sur le nombre de coureurs étudiés et déclassés dans l’article, c’est impossible !
L’hypothèse que tu défends, celle d’un coureur irrégulier explosant notamment en 3e semaine, tel Snow Rabbit alias Andrew Hampsten en 1990 ou 1991, est plausible.
Je rajouterais un dernier point, la capacité de certains coureurs à revenir immédiatement au top en compétition après une longue période d’entraînement : Armstrong évidemment, mais Botero par exemple en 2002 était arrivé au Dauphiné et cassait tout, directement à un pic de forme ...
Ce genre de comportement est suspect, moins détectacle sur le Tour car cela suppose de disputer les épreuves sur étapes de préparation (Dauphiné, Tour de Suisse).
En 96, Piepoli suit Virenque-Dufaux-Leblanc dans Hautacam à 50’’ de Mr 60%. Ce n’est pas crédible...
Oui bien vu Ditch pour Piepoli en 1996 à Hautacam. Je me souviens qu’il avait aussi tenté de suivre Pantani et Ullrich pendant quelques hectomètres dans le col de la Madeleine 1998, avant d’abdiquer, tout comme Escartin.
L’Italien et l’Espagnol avaient du se laisser phagocyter par le groupe des vaincus du jour, Julich et Boogerd notamment.
Pour moi sa présence dans un groupe aussi prestigieux en 3e semaine, au lendemain de l’étape terriblement difficile des Deux Alpes fait de lui un dopé presque certain à l’EPO.
Mais une fois de plus, le doute reste permis pour l’Italien.

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