Stich-Becker, une tragédie allemande (2/4)
L’attente
Tout le monde attend alors la prise de pouvoir officielle en 1990. C’est le moment que choisit Boris... pour prendre un peu de champ: il annonce tout d’abord qu’il ne participera pas à la campagne 1990 de Coupe Davis, sans doute afin de gagner en tranquillité.
Plutôt que de se démener pour atteindre à tout prix la première place, il préfère l’aborder en touriste. Ainsi, à l’Australian Open, il émerge lessivé d’un huitième de finale au long cours, gagné en cinq sets face à Mecir. Au point de se faire cueillir en trois petits sets au tour suivant par Wilander (ce dernier n’est pourtant plus le souverain de 1988). Boris a-t-il correctement travaillé sa condition physique pendant l’intersaison? On peut en douter...
Cette attente va courir toute l’année 1990, et tout d’abord en février lorsqu’il gagne coup sur coup les tournois indoor de Bruxelles et de Stuttgart, écrasant au passage Lendl 6/2 6/2; mais le coup de l’âne ne vient pas.
La finale de Wimbledon, ensuite, qu’il perd de justesse face à Edberg après avoir perdu facilement les deux premiers sets, quelques heures avant le sacre de la Mannschaft à la Coupe du Monde. Si l’on en croit son autobiographie, Becker a passé le samedi soir à boire, et au moment où s’ouvre la finale, il sort d’une mauvaise sieste... Boris veut-il réellement cette finale, la «belle» après 1988 et 1989? Ce n’est pas en laissant dix mètres d’avance à Edberg qu’il le battra au 100 mètres! Ce que Boris n’a pas senti venir, c’est que la victoire d’Edberg à Wimbledon le place à son tour dans la course à la première place. Et, suite à une moisson extraordinaire du Suédois au cours de l’été, c’est à lui que Lendl cède le fauteuil le 13 août.
Rebelote à l’US Open, où Edberg perd dès le 1er tour, laissant à Becker l’opportunité de devenir n°1 s’il conserve son titre. En demi-finales se dresse l’un des adversaires les plus difficiles pour l’Allemand, car il sait lire son service: André Agassi. Boris renonce à se battre pour de vrai, s’inventant une histoire avec les juges de lignes, dont il obtiendra le remplacement, sans pour autant renverser le cours du match. Le même Agassi le surprendra d’ailleurs également quelques mois plus tard, au Masters.
La dernière occasion de l’année pour le prodige de Leimen surviendra à Bercy, en finale, une fois de plus face à son grand rival Edberg. Là-dessus rien à dire, Boris abandonne au premier set en raison d’un problème à la cuisse.
Dommage, dommage... Que d’occasions manquées sur une année sans aucune victoire majeure, au cours de laquelle ce joueur en position de domination n’aura rien concrétisé. Il est évident que Becker, placé dans la course à l’issue de sa saison 1989, a mal résisté à la pression d’une prise de pouvoir imminente, ce qui le conduit à redouter encore plus la position du n°1...
Le couronnement avec humilité
Son entraineur Bob Brett l’a-t-il enfin placé face à ses responsabilités? Toujours est-il que Boris Becker se décide enfin à se donner à 100% pour la saison à venir. Et, puisque tout commence à l’Australian Open, il s’y rendra avec plusieurs semaines d’avance, afin de s’acclimater à la chaleur humide de Melbourne qu’il a eu tant de mal à supporter les années précédentes. L’Allemand sera relativement épargné par les conditions, plus fraîches et moins lourdes que d’ordinaire cette année-là. Et heureusement pour lui, car au 3ème tour, l’Italien Omar Camporese dévoile son tennis splendide et complet et le pousse à sa dernière limite, lors d’un cinquième set à rallonge que l’Allemand gagne 14/12, au bout de 5h11 (ce record de durée ne sera battu, je crois, qu’en 2012 avec la finale Nadal-Djokovic). La suite de son tournoi sera plus tranquille; frais physiquement, il l’emporte nettement en finale sur Ivan Lendl.
L’urgence pour lui n’est pas de soulever la coupe, mais d’aller faire un footing pour expulser ses derniers doutes: il est enfin l’officiel n°1 mondial, et la longue attente qui a précédé ce moment a conduit Becker à conceptualiser avec la plus grande anxiété son nouveau statut. Quels défis va-t-il pouvoir désormais se lancer?
Les mois suivants semblent donner un début de réponse: finies les petites phrases condescendantes envers ses adversaires, finis les gestes méprisants, finis les matchs perdus par orgueil. C’est un Becker humble qui s’affiche durant les mois suivants, luttant avec quelques blessures mineures qui lui coûtent sa première place au profit d’Edberg, mais réalisant probablement la meilleure saison de sa carrière sur terre battue, avec une magnifique finale à Monte Carlo (perdue de justesse face au jeune Sergi Bruguera) et une troisième demi-finale à Roland Garros, où un Agassi décidément très à l’aise pour retourner son service lui barre une fois de plus la route. Cette période semble de toute façon transitoire: la terre battue n’est ni la surface d’Edberg ni celle de Becker, c’est lors du prochain Wimbledon que tout se jouera.
Lorsque s’ouvre l’édition 1991 du tournoi anglais, Edberg et Becker sont clairement les deux favoris, est il semble peu probable qu’un outsider parvienne à empêcher la finale que tout le monde attend.
Stich
Ce joueur longiligne, au profil un peu raide et hautain, n’est que 100ème mondial fin 1989. Il remporte son premier titre à Memphis en février 1990, ce qui lui vaut une première sélection dans l’équipe allemande de Coupe Davis. Elément déterminant, Becker est le grand absent de cette campagne, qui s’achève en quarts de finale face à l’Argentine. Stich perd son deuxième simple face à Martin Jaite en cinq sets, alors que son équipe mène 2 points à 1; la presse allemande ne se prive alors pas de tirer à boulets rouges sur ce jeune premier, et appelle de ses vœux le retour dans l’équipe de son préféré. Bref, si Becker est un dieu, Stich n’est qu’un homme, dont la progression est régulière mais sans éclat, en tout cas loin d’être en mesure d’éveiller l’attention de Boris Becker.
Si je prends la peine de préciser les positions de l’un et de l’autre dans leur équipe de Coupe Davis, ce n’est pas anodin. Les photos de l’équipe de RFA victorieuse des campagnes de 1988 et 1989 montrent un Becker radieux au milieu de ses coéquipiers Kuhnen, Steeb et Jelen, qui l’épaulent efficacement notamment en double, mais qui sont relégués dans l’ombre portée par l’icône. Vu de la presse allemande, chacun de ces trois joueurs n’est qu’un faire-valoir de Becker. Michael Stich n’y est pas, et ce détail est d’une importance capitale. Stich ne doit rien à Becker, ni sa carrière ascendante, ni sa notoriété, et les posters de Boum-Boum n’ornent pas sa chambre, contrairement à tant d’Allemands.
C’est dans ce contexte que s’ouvre la campagne 1991 de Coupe Davis, au cours de laquelle Stich et Becker font connaissance. Lors du premier tour, ils s’imposent difficilement à domicile face à l’Italie emmenée par Camporese (encore lui), qui bat Stich le premier jour, remporte le double, et pousse Becker une nouvelle fois aux cinq sets le troisième jour. S’ensuit une victoire plus tranquille à domicile contre l’Argentine, 3/0, chacun des deux remportant son simple le premier jour. On dispose de peu d’informations concernent ces deux rencontres, notamment en ce qui concerne la relation entre Stich et Becker. Il est probable que Boris se réjouit d’avoir un solide coéquipier en simple, de surcroît capable de le remplacer au pied levé pour disputer le double; et il est tout aussi probable que Boris, bien que l’ayant sous les yeux, ne voit pas l’imminence du danger.
Une série de bons résultats offrent à Stich le dossard n°12 alors que s’ouvre l’édition 1991 de Roland Garros. Il y atteint les demi-finales, comme Becker, dans une indifférence générale des deux côtés du Rhin ponctuée de commentaires polis sur cet «honnête joueur en forme». Je me rappelle notamment de la splendide demi-finale face à Courier, qui file alors vers son premier sacre en Grand Chelem. L’Américain l’emporte en quatre sets, mais peu de gens mentionnent le tennis élégant et complet de cette grande asperge venue de nulle part, qui est certes «en forme» mais qui ne saurait faire le poids face aux meilleurs.
Michael Stich lui-même a sans doute parfaitement compris la raison de cette indifférence: le public allemand n’a d’yeux que pour Becker, il n’a pas vu Stich sur une photo auprès du Saladier d’argent et, dans une période où le sport allemand est gavé de gloire et de titres (comme l’est de nos jours l’Espagne), voir l’un de ses représentants atteindre les demi-finales de Roland Garros est un événement banal, surtout quand on boit le palmarès de Becker...
شات صوتي شات صوتى شات صوت دردشة صوتية دردشه صوتيه عمري كام شات عمري كام دردشة سعودية شات جدة شات بنات المملكة دردشة بنات المملكة بنات المملكة شات الجنوب الصوتي شات الهفوف الصوتي شات خليجي شات الرياض الصوتي شات الرياض كام سكر بنات القصيم كام شات سعودي صوتي شات سيف شات العشق الصوتي موقع اعلانات مبوبة شات لبناني شات سعودي حر قصص الانبياء دليل مواقع سعودي كام توبيكات سعودي كام خواطر واشعار سعودي كام حواء سعودي كام العاب سعودي كام صور سعودي كام ابتسامات سعودي كام الثقافة الجنسية سعودي كام صوتي سعودي كام صوتية سعودي كام سعودي كام الاصلي su,]d ;hl سعودي كام سعودى كام شات سعودى كام صوتية سعودى كام دردشة سعودي كام دردشة صوتي سعودي شات سعودي كام الصوتي شات صوتي سعودي شات السعودية chat voice شات صوتي دردشة صوتية دردشه صوتيه saudi cam chat cam شات حائل الصوتي موؤسسة السويدي تقسيط الاحساء
— by voice chat keFy Saudi E : ksa@ksa-4.com -

> Le tennis, sport peu bankable ...
Armand, visiblement tu ne veux (ou ne peux ?) pas comprendre. Peut-être lis-tu sans cerner le s ...
> Le tennis, sport peu bankable ...
Vous savez, gagner contre Nadal sur terre battue, ce n’est pas tous les jours. C’est un ...
> Le tennis, sport peu bankable ...
l atp reflechirai a la creation d un MS sur gazon des 2015 ! ...
> Qui pour la succession... ...
bon y en a un que ça me fait quand même plaisir pour lui, c’est Robben.c’est un excellen ...
> Le tennis, sport peu bankable ...
DITCHdevrai te l expliquer 100 fois ? Ce qui compte pour 1 joueur c est gagner des titres. Poin ...
> Qui pour la succession... ...
et bé, joli match de merde j’ai trouvé.Techniquement surtout bien pauvre. Ptèt du à une assez ...
22/05 13h07
Roland Garros 1997, la part de rêve
Les favorisLes favoris, alors... voyons voyons... Si (...)
25/04 17h25
Vers des têtes de série à la carte à Roland Garros ?
Quels que soient ses prochains résultats d’ici le (...)
Quel entraîneur pour Rennes ? ...
Un sorcier blanc : Parce que le Stade Rennais a été marabouté cette saison, rien d ...




