Pour un classement ATP sur deux ans ?
Nombreux sont ceux qui militent pour un classement ATP calculé sur deux ans, et non un seul, comme en 1973. S’il n’est pas plébiscitée, cette proposition a le mérite de ne laisser personne indifférent.
Wimbledon, dimanche 4 juillet 1999. Numéro 1 mondial, Pete Sampras marche sur l’eau et terrasse, implacable, son meilleur ennemi en la personne d’Andre Agassi, numéro 2 mondial, dans une énième bataille des guerres médiques du tennis ...
Mais ce dimanche londonien n’est pas une apothéose complète pour Sampras: si l’Américain l’emporte pour la sixième fois sur le prestigieux gazon du All England Club (record de victoires à Wimbledon depuis la fin du challenge round, devant Bjorn Borg!), s’il parvient à égaler les douze titres du Grand Chelem de Roy Emerson, si les superlatifs pleuvent sur lui en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Pistol Pete perd son trône de numéro 1 mondial au profit de son dauphin du jour, Andre Agassi.
Viscéralement attaché au palmarès du Grand Chelem, Sampras n’en est pas moins radieux. Sextuple vainqueur à Wimbledon (1993, 1994, 1995, 1997, 1998, 1999), son bastion, sa chasse gardée, sa fief, l’Américain entre de plain-pied au panthéon du jeu. Hégémonique en ce jour de l’Independence Day, Sampras bénéficie de surcroît d’un compliment élogieux venant d’Agassi: Aujourd’hui, ce n’était pas moi le numéro 1 mondial ...
Agassi ignore qu’il vient de résumer le paradoxe qui règne devant bien des tubes cathodiques en Europe et en Amérique. En effet, le grand public, lui, semble perdu dans des sables mouvants arithmétiques ... Comment Sampras a-t-il pu perdre sa place de numéro 1 à l’ATP en dominant Agassi?
Profane, il ignore que le classement technique se joue sur l’année écoulée et non sur l’année civile ... Non, le classement ATP n’est pas l’ennemi juré dupanache. Non, cette passation de pouvoir au sommet du trône n’a rien d’un crime de lèse-majesté.Oui, le vainqueur peut encore tirer les dividendes de son trophée. Oui, le colossal appétit de victoires de Sampras, le Pantagruel du tennis, n’en sera pas entamé.La soi-disant injustice sera explicitée, comme dans tant d’autres cas similaires auparavant.
Andre Agassi, finaliste en 1999, bénéficie évidemment par lebiais de sa place de finalisted’un gain de points lié à un médiocre résultat en 1998 à Wimbledon (battu au deuxième tour par l’espoir allemand Tommy Haas). Voilà le Kid de Las Vegas de niveau au pinacle, là où Sampras ne pouvait que défendre son trésor emporté de haute lutte en 1998 face à Goran Ivanisevic...
Six mois plus tard, début 2000, naît le classement Race, dont Fabrice Santoro, vainqueur du tournoi de Doha, sera le premier roi. La clé de voûte du classement Race est la transparence. La course vers l’Everest débute le 1er janvier, et se finit le 31 décembre.
Cependant, le classement Race ne sera jamais considéré par le microcosme du tennis comme le mètre étalon, comme le juge de paix, comme la vérité universelle. Un seul classement prédomine, le classement technique, héritier du classement ATP né en 1973 et inauguré par le Roumain Ilie Nastase, virtuose du jeu.
Ce classement agrège, sur une année glissante, les points accumulés par un joueur dans chaque tournoi estampillé ATP. Cruelle ironie du destin, le classement technique survit à l’imposteur, au classement Race, qui meurt dans sa dixième année, fin 2009.
Régulièrement, il est question d’un classement ATP sur deux ans ... Entre les avocats de ce système et ses détracteurs, le débat fait rage.
Le principal argument avancé par les défenseurs du classement ATP sur deux ans est le risque de blessure.
En 2010, Juan Martin Del Potro a perdu kyrielle de ses points par la faute d’une blessure au poignet. La chute au classement ATP est vertigineuse, comme dans un gouffre sans fond.L’étoile sud-américaine, poil à gratter du Big Four avec le Suédois Robin Söderling,se retrouve en quelques mois259e joueur mondial, lui qui a goûté au nectar et à l’ambroisie des dieux de l’Olympe. Le réveil est brutal! Du Capitole à la Roche Tarpéienne, il n’y a qu’un pas ... L’Argentin l’a appris à ses dépens, avant de renaître de ses cendres tel un phénix au cours de l’année 2011.
En 2010, l’Allemand Tommy Haas est aussi tombé de Charybde en Scylla, pointant fin novembre au 375e rang mondial. Victime d’une blessure à la hanche, Haas a cependant réussi un come-back exceptionnel. Tel Sisyphe sur son rocher, Tommy Haas a souffert comme jamaispour retrouver les grâces des grands tournois professionnels.
En juin 2012, l’ancien numéro 2 mondial remportait le tournoi de Halle devant Roger Federer, sur le gazon allemand où le Suisse avait tant de fois imposé sa férule (quintuple vainqueur entre 2003 et 2007).
La dégringolade actuelle de Rafael Nadal, dont il n’est pas garanti qu’il reviendra sur un court avant 2013, n’est sans doute pas terminée. Membre du Big Four, l’Espagnol va limiter les dégâts.
Les exemples sont légion ...
Mais si Del Potro, en 2011, a pu bénéficier de nombreuses wild-cards via son CV d’ancien vainqueur de l’US Open (en 2009), une remontée au classement fait figure d’authentique exploit quand on est un anonyme pensionnaire du top 200.
Car il faut alors passer outre le purgatoire des tournois challengers ... Le parcours du combattant commence, loin de la lumière des Grands Chelems et autres Masters Series.
Les blessures sont les conséquences du calendrier infernal imposé aux joueurs sur l’ATP. Si Roger Federer ou Novak Djokovic peuvent s’accorder le luxe de plages de repos en cours de saison, étant donné leur avance colossale sur le commun des mortels, même les membres du top 10 ne peuvent pas s’offrir ce genre de jokers.
Jo-Wilfried Tsonga confiait encore récemment, au plus fort de sa joute à distance avec Tomas Berdych et David Ferrer pour la place de n°5 mondial, qu’il ne pouvait se permettre de faire l’impasse sur des tournois 250 Series, à la façon du Bâlois ou du Serbe. Epargné par les blessures, Federer ne doit pas cette baraka qu’à sa gestion du calendrier optimale. Faire l’épicier est une chose, avoir un métabolisme tutoyant la perfection pour prévenir les blessures en est une autre. Le Suisse, lui, cumule les deux! Conjugués à sa technique d’orfèvre, ces deux facteurs expliquent sa présence au sommet du tennis mondial depuis 2003, lui n’a jamais quitté le podium de l’ATP, seulement délogé de la première place par Rafael Nadal puis par Novak Djokovic.
Bref, un classement ATP sur deux ans serait surtout profitable aux meilleurs joueurs, comme le fut le passage de 16 à 32 têtes de série en 2001 dans les tournois du Grand Chelem. Il protégereait encore un peu plus le capital de points des meilleurs, sonnant le glas des espoirs de révolutions permanentes au sein de la cour des grands.
Mais les seconds couteaux ne seraient pas complètement lésés. Un exploit isolé servant de talisman magique et de tremplin au classement ATP aurait une durée de vie doublée. Unoutsider sorti de l’ombreaurait un an de plus pour pérenniser son coup d’éclat et montrer qu’il n’est pas un feu de paille. Du haut de sa tour d’ivoire, l’ATP entendra-t-elle les voix des plébéiens du tennis? Ou, tels les empereurs romains, abaissera-t-elle le pouce pour tuer ces pauvres gladiateurs anonymes?
D’un autre côté, le tennis peut-il prendre le risque de prolonger l’insolente supériorité du Big Four, avec un classement ATP sur deux ans offrant un garde-fou, si tant est qu’il existele moindre antidote à l’écrasante domination du carrés d’as Federer - Djokovic- Nadal Murray?
Cependant, la pression du résultat n’en serait pas complètementamoindrie, et c’est bien là l’essentiel. C’est cette pression positive, cette adrénaline de la compétition, qui fait se lever un champion chaque matin. Perdre de façon prématurée en Grand Chelem seraittout aussidramatique. L’épée de Damoclès porterait sur le résultat de la pénultième saison au lieu de porter sur la dernière. Mais encore une fois, pour un excellent joueur, un accident de parcours serait dilué au milieu de performances d’anthologie, de titres, de finales et demi-finales enfilées comme autant de perles.
Un autre inconvénient serait le coup fatal porté aux tournois de fin de saison, tel Paris-Bercy. Avec un classement sur deux ans, les meilleurs joueurs seraient encore plus facilement assurés d’être qualifiéspour laMasters Cup. Il n’y aurait donc aucun intérêt, pour ceux ayant encore un joker d’absentéisme, de venir à Bercy.
Mais le casse-tête chinois n’en serait que doublé avec un classement ATP sur deux ans. Si la mémoire du public a déjà condamné aux oubliettes les résultats de l’année écoulée, comment espérer que l’amnésie sera guérie avec deux ans devaliditédes performances? Le fameux paradoxe de Wimbledon 1999 deviendrait le pain quotidien des médias couvrant le tennis ... Se couper du public et brouiller l’image de son sport serait pour l’ATP comme scier la branche sur laquelle le tennis tout entier est assis: l’attractivité pour le grand public, terreau indispensable pour alimenter le noyau des fans addictifs ... Ceux dont l’amour viscéral pour la petite balle jaune ne dure pas un an, ni deux, mais toute une vie!
Personnellement, je ne suis pas favorable à un classement ATP sur deux ans. Je trouve que c’est très bien comme cela, et l’argument n°1 sur la blessure ne tient pas pour moi. La blessure fait malheureusement partie de la vie et des aléas d’un sportif de haut niveau.
Sinon pour l’US Open, deux belles affiches, la 1/2 entre Murray et Berdych et le 1/4 entre Djokovic et Del Potro.
Le Serbe est désormais le favori à New York après l’élimination de Federer par Berdych (quel exploit !).
Nole semble survoler ce tournoi, et en plus il n’a pas du trop s’employer en 1/8e avec l’abandon de Wawrinka au 3e set, le Suisse étant mené 2 sets à rien ...
Intéressant. Je ne suis pas non plus favorable. En effet, tant pis pour les blessés.
Et comme les têtes de série ruinent souvent le suspense des premiers tours, ce serait marrant pour mettre un peu de sel dans le circuit d’utiliser le classement à la race pour les calculer. Santoro aurait pu être tête de série numéro 1 à l’open d’Australie par exemple, lol.
Ou est Soderling ? Dopé suspendu deux ans en fausse blessure lui aussi ?
lol, sans lui, pas de RG pour Roger, il a donc fait son boulot pour l’empire, maintenant on le laisse tomber ?
Attend, plus que son boulot, il a joué le rôle d’homme de paille... un suédois pour battre Rafa à RG et laissé la voie libre à Fedex, c’était vraiment osé !A un moment ça va se voir les mecs ! Surtout qu’il sortait un peu de nulle part, c’était vraiment l’underdog de base. Après ils ont été nous cherché un ptit nouveau qui coutait moins cher au casting, à savoir Rosol pour wimbledon.
Par contre, je crois que Thomas a enfin eu un billet gagnant, Roger s’est auto transfusé trois litres de sang à Wimby et ça à déborder, il a failli avoir des fuites sur les cours de l’US Open, alors on lui a demandé gentiment de s’écarter et d’en laisser une à Thomas. Sympa ce roger ! Il avait déjà demandé Wimby cette année, on pouvait pas lui en accorder plus dans le scénar de la tv novelas de l’ITF, je comprends. Il parait qu’il a été déçu en lisant le scénar de l’ATP en 2012, il doit aussi laisser le master à Del Potro apparemment (qui ferait ainsi son come back après une quasi disparition de deux saisons précédentes) quel suspens !
Qu’il y ait de la gruge ok ! Que le tennis soit pourri, ok ! Qu’on s’arrange pour les vainqueurs des tournois... soit ! Mais pourquoi, quoi qu’il advienne, dans la bouche de ces contradicteurs, Roger est blanc comme neige ! Immaculé, intact. C’est incompréhensible.
@Moctezuma,
La désignation des têtes de série sur le classement Race ? Ce serait la pagaille, un peu comme les propositions de faire une grille inversée en Formule 1 !
Mais non Roger qi est un Illuminati a sûrement été aidé en début de carrière, mais là c’est toujours le type le plus bankable du tennis, de très loin.
Nan, mais j’ai fini par comprendre ce que tu voulais dire en gros.
Tennis = Catch,
Nadal = méchant et Roger = Gentil.
Nike = Sponsor officiel des deux.
Après, on fait un scénar, Roger gagne tous sauf RG ou un démon l’empêche de vaincre. A un moment, le démon n’est pas loin de triompher du bien (2008) et heureusement craque pour le grand chelem à l’USO. Le démon affaibli, se meurt à RG en 2009, laissant la place au gentil d’enfin atteindre son but et de placer plus haut le bien que le précédent ange Pete.
Alors, le démon renait de ses cendres, mais peu de temps après, arrive un rénégat qui n’a ni foi ni loi, un héros gris, dont on ne sait s’il est bon ou gentil (djojo). Et la il bat les deux, notamment le diable, sur lequel il semble exercé une domination. Le rénégat fini par échouer dans la quête ultime du pouvoir et la guerre entre l’ange et le diable reprend.
Finalement, la bête ne se terre plus que dans son antre parisienne, ayant encore peur de la chlorophylle londonnienne.
Bon après, ils ont rajouté des péripties, des personnages secondaires pour fidéliser le client (Tsonga, Del Potro,....).
Evidemment, c’est régi par les audiences du public (faut que le bien l’emporte, Wimby 2012 style !), et par des contraintes techniques de la part des acteurs. En fait, comme les gars des séries tv, quand le gars est en désintox (nadal) et que c’est trop voyant, on l’envoie 6-7 mois à l’ombre et il réapparait dans la saison suivante. Si le mec déconne de trop, on le remplace (on pense à Del Potro d’ailleurs...).
Bref, tout est pourri, truqué, verreux, joué d’avance...
Moi, quitte à ce que ce soit plus crédible, j’aurais véritablement pété une jambe à Nadal. La le public y aurait cru, mais les gens auraient pus s’attacher à la bête blessée, alors on dit qu’il est en pose dopage, on fait des rumeurs... etc, mais ça c’est prévu, vu que Roger est aussi dans le scénar, sauf que lui c’est le héros, il peut pas être retiré de la série.
Voilà, il faut comprendre que les injections d’anti inflammatoires induisent des effets sur le comportementhttp://www.youtube.com/watch?v...et même une dépendance alors c’est pas facile, les types deviennent incontrôlables. Ils ont donné Londres à Murray, logique avec tout ce qu’ils ont piqué aux contribuables il faut bien rembourser en fierté nationale. Note que sans le Moloch Roger aurait peut-être arrêté plus tôt à 24 chelems, mais il a signé 120 000 millions avec Nike en 2007 pour 10 ans, je ne sais pas si il peut. Fallait gérer quoi.
Perso je n’ai rien contre le système actuel. Contrairement à la "race", il exige des joueurs qu’ils aient été bon sur toute une année glissante pour mériter un ranking digne de ce nom (ça n’avait pas de sens de faire un classement après un mois ou deux alors que la valeur des joueurs se calculent sur les résultats précédents également). Et puis, le système qui veut que les points soient défendus d’une année à l’autre me semble normal : cela oblige le gars qui a explosé au grand jour à confirmer l’année d’après. Il doit donc montrer ses qualités dans la durée pour mériter une reconnaissance durable. Les joueurs comètes retombant ainsi logiquement vite dans l’anonymat. Après, il n’y a pas de système parfait mais l’actuel me semble vraiment le plus logique.
Pour ce qui est des blessures, ceux qui dégringolent uniquement à cause de cela se voient attribuer un "classement protégé" qui leur permet de disputer les grands tournois vu que leur recul dans la hiérarchie n’est pas due à une chute de performance mais bien à un problème extérieur. Il y a donc en cela une certaine forme de justice.
Hello Ditch,
Avec un classement sur 2 ans, il faudrait quand même confirmer sur la durée, mais avec une année de plus pour montrer que l’exploit n’est pas un feu de paille.
Cependant, OK avec toi, le système actuel sur 1 année glissante est le moins mauvais je trouve, comme le sont la démocratie en politique ou le capitalisme en économie !
Avec un classement sur deux ans, je pense que l’actuel n°1 mondial ne serait pas Roger Federer mais Novak Djokovic, qui a justement commencé à élever son niveau de performance et de régularité depuis sa finale 2010 à New York, le premier déclic psychologique.
Après cet US Open 2010 perdu contre Nadal, le second déclic psychologique du Serbe fut la victoire en Coupe Davis.
salut AXEL
je suis contre un classement ATP sur deux ans. Pendant qu on y est pourquoi pas un classement sur 3 ans voir sur 6 mois ou 3 mois ? je trouve l idee deconnectee de toute logique...On jouerai donc le tennis non pas sur une saison mais sur deux...Et les points glanés lors de la 2e saison on en ferait quoi ? Excellent FERRER tres combatif face a Tipsarevic qui a serré le jeu , mais je crois qu il sera rincé en demi finale car le combat a duré 4 H30. Mais bon c est deja ca de pris : la regularité !

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