Chose mentale
L’Espagne bat son ombre 2 à 0
On tient d’Obdulio Varela cette fameuse phrase qu’il faudrait graver au frontispice de chaque club n’en dépalise à nos pseudo-intellectuels anti-foot: "le football est avant tout une chose mentale". Arsène Wenger, qui se méfiait dès le départ du "plan" tactique de Laurent Blanc face à l’Espagne, confirmait les propos de l’artisan du Maracanazo en affirmant que le problème n’étaient pas dans les choix de Laurent Blanc mais ailleurs, dans quelque chose de plus profond, dans un problème "de mental".
Les commentaires de l’entraîneur français et des joueurs qui ont défilé devant la presse après la défaite tendent à confirmer l’hypothèse selon laquelle il y avait bien un problème mental de fond qui a plombé le match de Bleus en les paralysant totalement jusqu’à devenir littéralement ombres et marionnettes des Champions du Monde. Toutes les explications données par les Français tournaient autour du même cliché: l’Espagne est une équipe trop forte, quasiment invincible, face à laquelle il convient de se faire tout petit.
L’admiration affiché par les joueurs français vis-à-vis du jeu espagnol frise un tel niveau qu’on pourrait presque parler d’adoration, une adoration qui engendre forcément un sentiment d’infériorité et d’impuissance, et dont je me permets de croire qu’elle est, de surcroît, peu sincère, plus acceptée parce que le staff le dit que par un véritable amour. Quoiqu’il en soit, cette déification du jeu espagnol est une grande absurdité et produit le plus grand mal à notre football.
Tout d’abord le football espagnol tel qu’on a pu l’observer samedi était tout à fait monotone, gris et même médiocre. C’est un style dont l’apogée est derrière nous, et qui, comme l’ont souligné les commentateurs de TF1, est devenu tristement mécanique et comme le disent mes femmes, d’un ennui mortel. Ce jeu de confiscation qui, en d’autres temps où le football flamboyait se faisait huer par la foule, est le contraire du jeu créatif et du plaisir enfantin. Mais passons, chacun son style et celui-là c’est le style espagnol.
Ce qui vide nos joueurs de tout élan c’est idée diffusée par Platini et autres admirateurs du Barça selon laquelle le football suprême c’est ça, la passe à dix et la possession à 70%. On en arrive à se convaincre donc qu’il faut faire pareil. Le plus triste n’était pas samedi le choix défensif et l’incapacité totale de mener la moindre contre-attaque digne de ce nom. C’était le fait que lorsque les papis de la Roja fatigués de jouer à la baballe ont cessé de rechercher la possession à tout prix et ont laissé jouer le Bleus, ceux-ci, incapables de sentir et de mobiliser leur propre être, se sont mis à jouer comme les Espagnols, à se passer et à se repasser inutilement le ballon, comme des ombres, comme des imitateurs.
Il y a un problème d’identité de notre football dont sont responsables, non pas les joueurs, mais ceux qui leur inculquent "des valeurs" stylistiques espagnolisantes. Les Allemands, tout en acceptant et en reconnaissant la suprématie conjoncturelle du football hispanique (toute suprématie est passagère et requiert les hommes qui créent et se plient parfaitement au chemin tracé), n’ont pas renié leur manière de jouer, et ont cherché, au contraire, à l’améliorer et à l’enrichir.
On ne peut pas jouer un football pour lequel on ne vibre pas.
Et la défaite caricaturale des Français face à l’Espagne en quarts de finale de l’Euro 2012 n’est rien d’autre que la révélation du rejet des joueurs et de la difficulté de nos dirigeants à accepter le matériau humain propre à notre vivier footballistique, avec ses caractéristiques et ses talents particuliers.
Nos meilleurs joueurs, et notamment nos meilleurs attaquants, ne sont pas fait pour répéter bêtement les mêmes entraînements tous les jours depuis l’âge de dix ans comme les joueurs barcelonais. Ils gardent l’empreinte de la rue et de l’enfance, et c’est très bien.
Il ne s’agit de croire naïvement que cette source des cités va engendrer automatiquement un style. Mais imposer à ces joueurs un modèle de référence contre-nature, modèle qu’aucun jeune ne souhaite spontanément pratiquer, est une erreur fondamental. La conséquence suprême et logique de cette erreur est le vide identitaire. Et c’est bien ce vide identitaire, ce sentiment de ne plus exister face à un adversaire, ce à quoi nous avons assister samedi.
Rarement été en phase à ce point avec un papier,allez... : +1000, voilà.
Que l’envie (et donc la performance !) découle de l’adéquation mentalité/personnalité/caractère - projet : comment le dénier !! ? ? ?
Plusieurs femmes, Pierre ? Ezali congolisé ?
La mienne pense kif-kif en tout cas : même ennui !... mais dont publics et joueurs espagnols se foutent évidemment éperdument, et ont d’ailleurs bien raison (chacun sa gueule = seule morale possible dans cadre de compétition) !
Une "impasse" tout de même : style/école français..., c’est quoi ça ? ? ?
Anglais, suédois, allemand, argentin, belge... : ça me parle, ok !
Mais français ? ? ?
Une femme et deux filles ! mes femmes..... Interim.
Pas de style français. Il faut attendre, laisser mûrir : un style c’est les grands joueurs qui le créent. ça ne s’impose pas comme à l’Académie. Encore faut-il laisser jouer et bâtir un projet qui, au mieux, accoucherait d’un style.
De la question du style français, Condor avait proposé l’autre jour un truc renvoyant à Vichy et pétainisme, si j’ai bon souvenir.
Après, j’arrête de faire le belgo-belge, mais...
...du projet-jeu affirmé de notre new-T1 (Wilmots), d’indubitable inspiration espagnole : c’est précisément et essentiellement par l’affirmation de ce projet, de cette référence à suivre et adopter, que Wilmots a gagné le soutien public du noyau-Diables !... car z’ont envie de faire joujou avec le cuir, les gaillards !
Jouer "à la belge" : c’est devenu un repoussoir pour eux, ne jurent que par "tiki-taka" (sont jeunes, et le matraquage médiatique est tel que bon...)...
Bref, par calcul/résignation/suivisme/conviction/... : Wilmots entend faire de l’anti-Wilmots (car limite caricature de jeu direct, le gaillard)... et les joueurs ce qui leur plaît.
Drôle d’équation...
Fin de la digression !
Le style français......
Il a mis bien du mal à émerger du fait justement de Vichy et tout ce qui est sorti de l’intérieur et de l’extérieur.
C’était le temps des théoriciens et s’est parti dans tous les sens ........
Avec le recul du temps c’est sans doute Hidalgo qui mis un peu d’ordre .............Le style de ’EDF s’apparente à un jeu en mode germano-latino .......
Parfois c’est en avant toute et parfois on défend le tout en fonction des joueurs.....
Actuellement c’est ni l’un ni l’autre faute de joueur.
Ah ben voilà, merci Condor !
Hidalgo, oui : un peu la seule référence/socle que j’y verrais aussi... mais bon : aussi par là que j’ai découvert le foot français, normal que c’en soit ma référence.
A noter que jeu allemand : en ai bien souvent lu, sources DE, qu’on l’y explicitait comme mix de jeux latin (technicité) et brit’ (gros engagement).
Jeu belge : à la croisée des jeux NL (par cet aspect de foot-total, quoique le belge d’être moins flamboyant/ambitieux... d’être combien plus mesuré/modéré !) et brit (dans son versant de jeu directe et de vitesse).
Jeu NL : l’école-Ajax en est la différenciation, et donc la signature... Et je crois bien que là, et quoique apports décisifs de cadres brits : on peut parler de style volontiers endogène, "spontané"... Me paraît procéder en tout cas moins d’un mix (comme dans les cas DE, BE...).
Dans l’ensemble et depuis mes référents propres : j’aurais davantage mis l’accent, dans la genèse d’un style, sur l’impact des cadres techniques (en sus bien sûr du tempérament local !)...
...Bref : le style, procéder des grands joueurs, Pierre ? ?... Ca m’intrigue, ça... !
Ouais le style Francais c’est dur à définir. Je crois que ca n’existe pas.
Dans les 80’s on jouait de facon offensive, avec des techniciens et d ela naiveté. Et on a eur des résultat.
Puis avec Jacquet, c’est l’école italienne, solide derrière, le bloc, du jeu rapide. On a gagné.
Domenech ca ressemblait à du Jacquet en 2006 puis ca ressemblait plus à rien.
Blanc a clairement indiqué qu’il voulait la possession, avoir le ballon, dicter le rythme du match. Pourquoi pas.
J’ai le souvenir d’un PSV qui jouait à 3 à l’heure, qui faisait tourné, puis d’un coup ca explosait, sur une passe, un dribble, dès le décalage créé ca allait à 1000 à l’heure.
Nous on copie l’espagne, sans leurs qualité technique et sans la vista de xavi, alonso ou iniesta. En résumé notre jeu est chiant et inefficace.
Le PSV que tu as vu, c’était quand/sous la direction de qui ? ?
PSV en règle générale : ce m’est illustratif de ce que j’appelle le jeu "brabançon" (grosses affinités, de fait, entre jeu classique d’un PSV, et jeu classique de la plupart des teams belges)... : solide, vise à maintenir l’équilibre att/def, milieu travailleur, primat de la "couverture" sur l’"aventure", sérieux, discipliné, organisé, travailleur voire laborieux, solide autant que solidaire... mais à côté de ça : grande souplesse/liberté en fait d’animation offensive, rien de tant programmé !
N.B., quand je dis "classique" : entendre 70’s (que je tiens, à tort peut-être, pour l’ère mature de la plupart des styles européens).
Et suis archi-convaincu que le style doit procéder aussi du tempérament national, qu’il y ait adéquation entre "spirit" (les Latins disaient "genius") et jeu...
Tempérament/caractère/genius frenchie, sinon frondeur/grande-gueule (kif-kif à Liège, j’entends donc pas être désagréable) et "compliqués" : c’est quoi ? ?
Si j’étais dirigeant du foot hexagonal, et quitte à ce que cela paraisse un peu "constructiviste-artificiel" comme démarche : je m’appuierais sur ça, sur ce point de départ-là... !
Salut inté.
Gus Hiddink à Gerland. 2 ans de suite.
Ils cassaient le rythme, jouait doucement, faisait des fautes (van bommel au milieu) Base arrière ultra solide. Et quand en possession, jeu lent qui endormait l’adversaire... puis d’un coup accélération, souvent par le coreen park ou farfan (pas sur la). Et ca finissait régulièrement par un centre sur venegoor of hesselink.
Tactiquement impresionant, rigoureux, sérieux. Physiquement.... inhumain.
De mémoire l’équipe ressemblait à ca :
Gomez
? ? ? ? ? ? ? - Alex - Bouma - Lee
Vogel - Cocu - Van Bommel
Farfan - Venegoor - Park
L’année d’après ils avaient perdu pas mal de monde, on les avaient démolis 4-0.
Hiddink et "physiquement...inhumain", lol : tu m’étonnes ! :o)
Ce devait être Farfan, oui. Parti juste après à Schalke je crois bien.

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