Djoko, dindon de la farce
La finale 2012 de Roland Garros soulève décidément bien des questions ...
Hier après-midi, lundi 11 juin, je sortais du bureau sous un ciel radieux. Il n’avait pour ainsi dire pas plu de la journée et le soleil brillait plein pot, ce qui tranchait radicalement avec la fin de semaine précédente. En contemplant ce spectacle presque insolite par les temps qui courent,je me surpris à penser: «Plutôt que de rentrer chez moi, je me ferais bien un petit tennis». Eh bien figurez-vous que c’est exactement ce qu’a du se dire Novak Djokovic au même moment dans l’avion qui le ramenait à Monaco. A l’heure dont nous parlons, il aurait du être sur le court. Ou chez lui depuis la veille. Peut-être même avec un nouveau trophée dans la vitrine de son salon. Mais d’autres en avaient décidé autrement. D’autres, mais qui?
Commençons par l’organisateur du tournoi de Roland Garros (puisqu’il s’agit de cela), Gilbert Ysern, qui aujourd’hui encore persiste à légitimer ses choix pourtant désastreux concernant le jour et l’heure de la finale.Ecoutez plutôt: «Nous ne pouvions commencer la finale plus tôt. Il n’y a aucun intérêt pour les joueurs et les spectateurs de commencer plus tôt le dimanche et le début d’après-midi est la meilleure heure pour suivre la finale». Eh ben. Si après ça vous avez encore des questions, c’est que vous n’y mettez vraiment pas du vôtre.La veille encore, Météo France indiquait une fenêtre de tir de 3 heures maximum pour le dimanche, et ce brave Monsieur Ysern de considérer que ce laps de temps était largement suffisant pour une empoignade sur terre battue entre les deux meilleurs joueurs du monde, échauffement compris.Si ce brave homme était vraiment sincère, ce dont je ne suis pas certain, il se montrait coupable d’un mépris hallucinant pour celui des deux champions qui n’avait pas la faveur des pronostics. Coupable surtout de privilégier une logique mercantile, en particulier vis-à-vis des annonceurs, contre la logique sportive. S’il n’était pas sincère, c’est encore plus grave. Car le fait que ce match n’ait pu se dérouler en une seule journée, comme il l’aurait fait s’il avait commencé 2 heures plus tôt le dimanche ous’il avait eu lieu carrément le lundi, en a profondément altéré la nature et peut-être modifié l’issue.Explication.
L’histoire du tennis pullule de ce que nous pourrions appeler des scénarios types entre des joueurs habitués à se rencontrer. Les Nadal-Federer, par exemple, sont construits sur un schéma qui reste peu ou prou le même, particulièrement sur terre battue. Au début du match, Roger colle coûte que coûte sur sa ligne de fond, et ne rate aucune occasion de tourner autour de son revers que l’Espagnol ne cesse de pilonner. Un set plus tard, le Suisse est quatre mètres derrière sa ligne à faire ses gammes de revers à hauteur d’épaule, et le match est plié. Pour les Djokovic-Nadal, c’est un peu pareil. Nadal met le paquet en début de partie pour ne pas céder de terrain, sans parvenir à décourager complètement le Serbe (ce qui distingue d’ailleurs ce dernier de tous les autres joueurs du circuit). Puis Nole commence à trouver la bonne longueur et la bonne puissance, et la partie de ping-pong peut commencer, avec Nadal dans le rôle du type qui subit et contre-attaque quand il peut.
La finale de Roland Garros n’échappa pas à la règle. Nadal démarre pied au plancher. Le Djokovic de 2012 n’étant pas tout à fait celui de 2011, le retard à l’allumage dura 2 sets cette fois-ci. Un handicap rédhibitoire pour tout autre joueur, mais pas pour le numéro Un mondial. Une fois ce rodage passé, la machine Nole était en marche, et bien malin qui eût pu dire quand et comment elle s’arrêterait. Coup droit atomique, revers à 5 centimètres des lignes, la panoplie était au complet et le supplice de l’Espagnol n’en finissait plus. C’est le moment que choisirent les organisateurs du tournoi pour interrompre le match et en reporter la fin au lendemain. Autant dire faire jouer le titre sur un match au meilleur des ... un set!
L’issue devenait alors évidente, et ce qui devait arriver arriva. Pour Nadal, ce «choix» est évidemment une aubaine: oubliée la fatigue physique et mentale de la veille, on remet les compteurs à zéro. Pour le diesel qu’est Djokovic, on ne pouvait imaginer pire scénario. Au fond, c’est comme si on faisait courir la finale du 400 mètres en deux courses de 200 mètres chacune. A ce jeu le champion olympique s’appellerait Usain Bolt. Au passage, il serait également recordman du marathon, pour peu qu’on le fasse courir en 211 courses de 200 mètres chacune.
Voilà. Depuis que je suis tout petit, on me rabat les oreilles avec ces tournois du Grand Chelem qui donnent lieu à des combats épiques, parce qu’au meilleur des cinq sets. Dimanche ou lundi dernier, l’occasion de vérifier ce principe était belle, historique même. Sauf que ce combat-ci n’a pas eu lieu. Merci Monsieur Ysern.
Je voudrais adresser une mention spéciale à Toni Nadal, qui bien malgré lui nous a montré l’étendue de son fair-play. Oubliés les petits mots polis adressés par Nelson Monfort interposé à l’adversaire de son prodige de neveu quand ce dernier mène 6-0, 6-0, 5-0 (avec son fameux «Maaaa ... rien n’est joué!») . Dimanche c’était la mine des mauvais jours. Un peu de lobbying auprès des instances du tournoi acquises à sa cause pour arrêter la partie aura sans doute eu quand même son utilité.
Reste enfin le cas Nadal.Rafael, j’entends. Là, je dois dire que le mystère plane. Il y a cinq mois, j’écrivais un article intitulé «Nadal: la défaite encourageante?» dans lequel je faisais part de mes inquiétudes quant à la capacité de l’Espagnol à se remettre d’une déroute face au plus mauvais Djokovic qu’il ait eu à jouer depuis un an. Je n’étais d’ailleurs pas le seul à me poser ces questions. Rodolphe Gilbert, au cours de ses interventions télévisées de l’époque, témoignait du même scepticisme concernant les ressources mentales et morales du Majorquin. Un mois et demi d’éloignement des courts, et le revoilàà peine plus fringant sur la tournée américaine.Des victoires peu probantes, voire poussives, avec en point d’orgue une défaite calamiteuse en demi-finale à Indian Wells contre sa victime préférée,MrRoger, suivie d’un abandon pour «blessure» à Miami avant sa demi-finale contre Murray, il y avait de quoi alimenter les rumeurs les plus sombres. Ses propres déclarations allaient d’ailleurs dans ce sens. Il y était question de «fatigue mentale» ou de «moins de passion». Au 1er avril 2012, Rafael Nadal est un homme, selon ses propres dires, brisé physiquement et moralement.
Quinze jour plus tard, à Monte-Carlo, c’est Rafa version 2008 qui revient. Plus puissant, plus rapide, plus explosif que jamais.Et les incertitudes qui pesaient sur son jeu quinze jours auparavant ont totalement disparu, sans qu’il ait disputé le moindre match. Comment une telle chose est-elle possible? Comment peut-on redevenir aussi sûr de sa force, alors même qu’on n’a eu aucun repère en compétition qui permît de mettre celle-ci à l’épreuve? Et que dire de ce physique ( celui d’il y a quatre ans!) miraculeusement retrouvé, lui qui quinze jours plus tôt se disait blessé? A titre de comparaison, la fin de saison dernière de Djokovic fut plus que laborieuse, preuve s’il en est de la difficulté, même pour le meilleur joueur de l’année 2011, à rester mobilisé après une année d’extrême tension et de fatigue accumulée. Et encore ne fait-il pas montre de la même débauche d’énergie que son rival ibère dont chaque coup droit lifté est un exercice de musculation à lui tout seul.
Le changement de surface est sans doute pour quelque chose dans la métamorphose qui s’opéra chez Nadal au cours des deux premières semaines du mois d’avril. Mais il n’explique pas tout. Le fameux «travail» dont l’Espagnol nous abreuve à longueurs d’interviews? Si tel est le cas, il faut croire que les autres joueurs du circuit sont de fieffés glandeurs. Je préfère m’arrêter là avant de m’aventurer dans des accusations que je regretterai peut-être.
En attendant, je retiens une chose: nous sommes passés à un set et demi du plus grand exploit de l’histoire du tennis (n’en déplaise à Rod Laver et aux nostalgiques du jeu en marchant) pour des raisons qui, à mon sens, n’ont rien à voir avec le tennis. Décidément, personne n’avait l’air de vouloir de ce «Djoko slam».Bon perdant, Novak Djokovic n’en demeure pas moins le dindon d’une bien triste farce.
Ouais moi aussi je l’ai "mauvaise" pour djodjo, mais bon... c’est le tennis. Concernant le "meilleur des 5 sets", je suis tout à fait d’accord, Nadal fatiguait et c’était normal après l’effort hyper violent qu’il avait fourni en 2 sets. La pluie n’explique pas tout, ce serait trop simple. D’ailleurs, à titre de comparaison, je n’ai pas vu nadal se plaindre de l’obscurité lors de la finale de wimbledon qu’il gagna face à Federer...
Bref, finale gâchée, je dirais juste qu’on ne saura jamais ce que cela aurait pu donner en 1 jour.
Oui clairement on a l’impression que les organisateurs ne voulaient pas voir Djokovic gagner, et cela ne date pas de la finale.
Pour Toni Nadal, son lobbying a payé.
Pour la métamorphose de Rafa entre Miami et Monte-Carlo, étrange en effet mais celle de Djokovic entre fin 2010 et début 2011 l’est tout autant !
Après, l’Espagnol pourra toujours dire que c’est le miracle de la terre battue !
La comparaison que tu fais avec le changement qui s’est opéré chez Djoko entre fin 2010 et début 2011 est tout à fait pertinente. Mais au moins pouvait-on parler à l’époque de choc psychologique. On se souvient que la finale de la Coupe Davis 2010 avait galvanisé Nole, provoquant une sorte de déclic, et qu’il avait ensuite conservé cet état d’esprit conquérant pendant 8 mois. Il ne courait pas plus vite, ni ne frappait plus fort. Il avait juste trouvé en lui une confiance qui lui avait fait défaut jusque là. Ce qui est étrange dans le cas de Nadal, c’est que la métamorphose a lieu en 15 jours SANS JOUER UN SEUL MATCH ! Où est-il la chercher, sa confiance ? Et où a-t-il trouvé ses jambes de 2008, en 15 jours ?
@fabzeman,
Pour Djokovic, c’est double raison
mental / psychologique après la Coupe Davis 2010 mais aussi sa victoire à l’US Open en 1/2 finale contre Federer en 2010 (en 5 sets)
physiologique avec un dopage optimisé
A ce niveau là, ils sont tous chargés Axel...
Toi aussi tu aimes le bleu souligné ?
Bon, j’avais fait un article un peu acide en début de tournoi pour dire que le plus historique & rentable serait une victoire de Nadal. Djokovic doit encore attendre, il n’a pas la crédibilité de l’ancienneté.
Les balles, fabriquées par le sponsor de l’Es-pignole avaient été choisies en fonction, avec le temps qu’il a fait ça n’avançait pas.
La Fédération internationale n’a pas autorisé l’Agence Française de Lutte contre le Dopage à pratiquer des prélèvements sur les finalistes, pourquoi faire puisque l’on sait que le dopage est absent du tennis. D’ailleurs la seule fois où l’AFLD a pu faire son travail, c’était en 2009...
Bref, c’est juste une machine à thunes qui tourne à plein régime, pour moi c’est le off définitif.
D’ailleurs quand on regarde le bilan comptable de RG, la vache ! ça pulse, ça augmente fortement d’années en années !
Je vois dans ton profil que tu es scénariste, c’est sûr que ça doit te parler tout ça, n’es-tu pas même un peu admiratif ?
Pour le bleu souligné, je n’y suis pour rien. J’ai signalé le problème au webmaster, vu que ça fait 2 articles qu’ils me torpillent comme ça ! Sur le fond, je te rejoins : tout est fait pour que Nadal gagne.
Fabzeman, pour éviter le bleu il y plusieurs choses à faire :
1) Ne fait pas un copier coller de Word vers l’espace rédacteur sportvox, sinon, tout apparaîtra en bleu, comme s’il s’agissait d’un énrome lien internet.
2) Rédige directement dans le texte "sportvox".
3) Rédige dans word, copie ton texte dans un "bloc note" et ensuite copie le bloc note vers l’espace rédacteur. C’est ce que j’ai fais récemment et ça marche.
4) Si tu veux pas faire de bloc note, ou que tu n’es pas sur de la mise en page. Copie de Word directement et ensuite supprime le dernier caractère de chacun de tes paragraphes (ceci supprime le "faux lien" hypertexte qui n’existe pas mais qui s’affiche). Ensuite retape le et passe au paragraphe suivant. C’est chiant et vite fait long, mais ça marche à tous les coups.
Merci du tuyau, ça me sera bien utile.
J’ai oublié les infiltrations, trois fournées par an : avant l’Australie, avant la terre, et le désert entre le gazon et le dur américain, parce qu’il a maaaal... Bon voilà quoi.
Le webmaster il n’en a rien à foutre, il bosse 10’ tous les deux jours, si il était concerné il ne les ferait pas paraître comme ça (je suis concerné aussi).
* le dessert *
Lol, un Webmaster, un modérateur, mais c’est le web 1.0 ça...
C’est les robots qui tiennent le vox.
Balancez des liens Youporn !
j’aime pas trop nadal, enfin surtout son jeu, mais de là à dire qu’il a été favorisé...nul ne sait ce qu’il se serait passé, mais bon c’est la météo, tony nadal est très influent, il a commandé la pluie peut-être ? pis les balles lourdes ça avantage nadal, ah non c’est les balles qui rebondissent haut, etc etc
bref, que des coneries, nadal a gagné parce qu’il était le meilleur point final
@ Lez,
D’accord avec toi. Les théories de conspirations ce n’est pas mon fort.
Quand aux autres comms, il y a eu plusieurs allégations de dopage envers Nadal et Djoko (Axel notamment). Pouvez-vous étayer ? À part les changements soudains, qu’y a-t-il d’autre comme arguement ?
Quelles sont les procédures anti-dopage ? Combien ont-ils de contrôles chaque année ? (Nadal se plaint qu’il est souvent testé). Qui analyse les résultats ?

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