Giro d’Italia 2012 : conclusion.
Evénement sportif sous-médiatisé en France, le Giro d’Italia reste néanmoins une épreuve mythique au parcours particulièrement âpre. Cette année la course est certes assez terne parce que monopolisée par des seconds couteaux comme Rodriguez ou Hesjedal en l’absence des principaux "monuments" des courses par étapes (Schreck, Contador, Evans, Menchov, Nibali,etc.)
Un vendredi dans les Dolomites.
Vendredi 25, au début d’un long week-end qui doit désigner le vainqueur de cette édition sur la piazza del duomo à Milan, les coureurs empruntent les routes martyrisantes des Dolomites. Les Dolomites... Seul véritable regret de ma "carrière" de cyclosportif, où j’ai tracé tant de parcours avec l’aide de cartes d’importation, échafaudant même une longue échappée de Nancy à Venise sur 8 jours, idolâtrant Bolzano et les passages austro-italiens, rêvant d’un franchissement du Stelvio au terme d’une série de lacets toujours aussi vertigineuse... Les Dolomites... Une beauté à couper le souffle. Le début de l’Italie du Nord, le Trentin Haut-Adige, la Vénétie, le Frioul, les premières chaleurs remontant de la Méditerranée... Moi qui aime tant le chaud, tel un Ulrich et au contraire d’un Armstrong (et qui en souffrit affreusement en 2003!), dans cette Lorraine grise 6 mois dans l’année, froide pendant 40 semaines et pluvieuse tous les trois jours.
Les Dolomites, donc, où Scarponi entame ses trois derniers jours avec un maillot floqué du numéro 1. Vainqueur "judiciaire" du Giro 2011, lui qui avait fini si loin de Contador dans l’Etna ou au Zoncolan, l’Italien n’a plus beaucoup de chances de remporter le Giro 2012. Au contraire de Rodriguez, "maglia rosa", ou de Hesjedal, deuxième à 30 secondes de l’Espagnol. Les Dolomites, où 5 ascensions attendent patiemment (depuis des millions d’années) les coureurs de ce TDI. Départ de Trévise, pour une arrivée en altitude (1740 mètres) à l’Alpe di Pampeago.
Emballage des Liquigas dans le Passo Lavaze.
La pénultième ascension, à 30 bornes de l’arrivée, est classée en deuxième catégorie (plus de 6 kilomètres à plus de 8%). Casar est en tête. Les Liquigas, pour Basso, lancent les hostilités. A trois, ils emballent la course. Basso, un de mes coureurs préférés bien qu’il soit autant attentiste que l’était ma grand-mère devant la mort.
Malgré la pression des Liquigas, des sans-grade pointent leur nez. Cataldo puis Seeldrayers s’extirpent du groupe des costauds. Kreuziger s’élance une minute plus tard. Il rejoint Seeldrayers, et les deux Astana s’envolent sur les routes alpines. Mais Seeldrayers n’est qu’un feu de paille. Kreuziger est seul. Il s’accroche, sûr de sa force, et fait sa jonction avec Cataldo.
Hesjedal à l’attaque.
A deux jours de Milan, le Canadien doit montrer les dents s’il veut s’emparer du maillot rose. Alors il fait rouler ses coéquipiers dès le pied de la dernière ascension (8 kilomètres à 10%). Sentant le danger, Basso continue de faire participer ses Liquigas à l’emballage avant de placer une attaque. Hesjedal s’accroche, suivi par Scarponi, Rodriguez, Uran. Scarponi se permet même de contrer alors que Kreuziger rejoint, puis dépasse, Casar. Scarponi attaque encore et encore. Le groupe des favoris éclate de partout. Les coureurs, parmi les meilleurs du monde, se rassemblent deux par deux. Comme sur les bancs de la maternelle! Il n’est plus temps, sur ces pentes criminelles, de penser à s’organiser. Il n’est plus temps même de penser, seulement de donner le maximum. Et, à ce jeu, Kreuziger et Hesjedal sont les meilleurs.
Le Tchèque distance définitivement le Français en tête de la course, alors que le Canadien place une attaque quasi-meurtrière qui ne laisse dans sa roue que le seul Scarponi. L’Italien ne résiste pas longtemps. Kreuziger poursuit son effort, bouclant les 197 kilomètres en 6 heures et 18 minutes. Hesjedal finit à 19 secondes, Rodriguez à 32 secondes.
Le Stelvio en point de mire.
Samedi 26, les coureurs ont rendez-vous en haut du Stelvio (2757 mètres), un Stelvio écrasé sous des mètres de neige et une foule immense, sous le regard plein de commisération de Coppi. Un Stelvio tant de fois fantasmé, une série de lacets incroyable et interminable qui a sacré les plus grands. Un Stelvio juge de paix de cette édition 2012.
Après un Mortirolo injustement escamoté par la plupart des costauds, mais pas par Cunego, les coureurs se présentent au pied de la dernière ascension (22 kilomètres à 7%). Derrière les échappés, ce ne sont pas les Katusha du maillot rose qui mènent la chasse mais les Garmin de Hesjedal. A 17 kilomètres du sommet et de l’arrivée, de Gendt et Nieve, issus de l’échappée, partent seuls. Ils sont rejoints par Cunego 4 kilomètres plus loin. Déstabilisé, le groupe de tête éclate suite à une attaque de Cunego. de Gendt contre et se retrouve tout seul. Il creuse l’écart, non seulement sur ses poursuivants immédiats, mais aussi sur le groupe des favoris emmené par Vandevelde.
En grand danger, Hesjedal panique et cherche du soutien. Il en trouve chez les Liquigas, tout aussi désemparés que lui devant l’attaque étonnamment précise et soutenue du coureur belge. De son côté, Rodriguez, isolé, reste dans une position attentiste.
A 10 kilomètres de l’arrivée, de Gendt dispose de 5 minutes d’avance sur le groupe maillot rose, ce qui le place deuxième du général!
A 8 kilomètres, Gadret attaque une première fois et fait sauter Vandevelde et 5 autres coureurs. Ils ne sont plus que 8 autour du maillot rose. Gadret attaque encore et réussit à s’extraire du groupe des costauds. Il est vite rejoint.
Hesjedal tel Evans dans le Galibier 2011.
Après moults tergiversations, ergotements, alliances précaires, discussions à la petite semaine, protections de ses coéquipiers, Hesjedal se décide enfin à assumer ses responsabilités. Il hausse le rythme et fait tout péter! Rapidement, ils ne sont plus que 3 dans sa route: Scarponi, Uran et Rodriguez.
Scarponi attaque et fait sauter Uran. Hesjedal et Rodriguez sont en contre derrière l’Italien. A moins d’un kilomètre du sommet, l’Espagnol se lance, décroche Hesjedal et double Scarponi.
De Gendt, magnifique, boucle les 218 kilomètres en 6 heures 54 minutes et 41 secondes. Cunego le suit, à 55 secondes. Nieve est à 2 minutes et 50 secondes. Rodriguez à 3 minutes et 23 secondes, Scarponi 10 secondes derrière l’Espagnol et Hesjedal 2 secondes derrière l’Italien.
Hesjedal s’offre son premier grand tour à... presque 32 ans!
Dimanche 27, le Giro 2012 s’achève avec un chrono dans les rues de Milan. Les coureurs doivent avaler presque 30 bornes toutes plates, en solitaire, et conclure devant la cathédrale, cette folie gothique qu’il a fallu 6 siècles pour achever.
Rien que de très prévisible cet après-midi. Dès le premier intermédiaire, Rodriguez, en rose de la tête aux pieds, perd 29 de ses 31 secondes d’avance sur le Canadien! Au second intermédiaire, il accuse 44 secondes de retard: Hesjedal est alors virtuellement vainqueur. Sur la ligne d’arrivée, le coureur de Garmin, avec le numéro 95, a encore accru son avance de 3 secondes. Pour 16 petites secondes donc, il gagne le Giro 2012.
Ryder Hesjedal est né le 9 décembre 1980 au Canada. Après une brève carrière dans le VTT, il se lance dans le cyclisme sur route en 2004 (chez US Postal). Bon rouleur, bon en CLM, il reste cependant à l’écart des grandes courses (abandonsau Giro 2005 et à la Vuelta 2006) jusqu’à son arrivée chez Garmin en 2008. Il se métamorphose alors en un redoutable compétiteur, notamment en haute montagne. En 2009, il remporte la 12e étape de la Vuelta qui arrive à l’Alto de Velefique après deux ascensions classées en première catégorie. Il termine aussi ses premiers grands tours: le Giro 2008 à la 60e place, les Tour 2008 et 2009 respectivement aux 47e et 49e places. En 2010, il multiplie les places d’honneur, à l’Amstel, lors de la Flèche ou du Tour de Catalogne, et surtout au Tour qu’il boucle à une excellente 6e place. Plus en retrait en 2011 (17e du Tour), il remporte donc cette année une des courses parmi les plus prestigieuses et les plus difficiles du monde!
C’est peut-être une carrière à la Rominger qui attend Hesjedal...
Merci pour l’article. N’ayant pas pu suivre le Giro cette année, c’est toujours appréciable. Ça l’air d’avoir été plutôt intéressant.
Bon, étonnant ce Hesjdehal, et si c’est pour nous faire un Rominger, on peut dire qu’il doit être bien chargé.
Bonjour Moctezuma, oui c’est ce que je sous-entendais en évoquant Rominger... qui a soudainement gagné son premier grand tour à 31 ans ! Comme Hesjedal.
Au total, pas une grande course mais pas mal de tension lors des dernières étapes. Et puis 16 secondes d’écart entre le premier et le deuxième !!
Salut Nicolas,
C’est désormais de plus en plus rare de voir les cadors sur le Giro. Contador y était en 2008 et 2011, Evans en 2010, A.Schleck en début de carrière en 2007, Armstrong en 2009, Zülle en 1998, Jalabert en 1999 ...
Ullrich l’a disputé en 2001 et 2006 mais pour accumuler du kilomètre.
Bref, si l’on excepte les cadors italiens qui jouent à domicile comme Pantani, Basso, Cunego, Simoni ou Di Luca, on ne voit plus de stars étrangères de façon pérenne depuis l’époque Indurain - Rominger.
Bonjour Axelborg, oui c’est certain. Mais cette année, la course a vraiment été terne. D’autant plus qu’il manquait Nibali (alors que sans Contador, il aurait sans doute gagné). J’espère qu’il se préserve pour le Tour où il peut faire un coup face à un Evans que je sens dépassé (je prends sans doute mes rêves pour des réalités !) et des Schreck toujours aussi mous !
Nibali a désormais l’expérience et le niveau pour gagner le Tour, surtout en l’absence de Contador.
Evans fera encore un podium mais je ne crois pas en lui pour un 2e maillot jaune.
Attention à Wiggins sinon, et bien sûr à Andy Schleck porté par son armada Radio Shack - Nissan.
Ah ! oui, Wiggins, je l’avais zappé celui-là... Sûrement parce qu’il est Anglais. En parlant d’Andy, il reçoit son Maillot jaune (pour 2010) aujourd’hui !
Ne pas oublier Klöden non plus, qui me semble très fort cette année...
Je mettrais aussi une pièce sur Riis... ou Contador !!
Et Roddick !
شات صوتي شات صوتى شات صوت دردشة صوتية دردشه صوتيه عمري كام شات عمري كام دردشة سعودية شات جدة شات بنات المملكة دردشة بنات المملكة بنات المملكة شات الجنوب الصوتي شات الهفوف الصوتي شات خليجي شات الرياض الصوتي شات الرياض كام سكر بنات القصيم كام شات سعودي صوتي شات سيف شات العشق الصوتي موقع اعلانات مبوبة شات لبناني شات سعودي حر قصص الانبياء دليل مواقع سعودي كام توبيكات سعودي كام خواطر واشعار سعودي كام حواء سعودي كام العاب سعودي كام صور سعودي كام ابتسامات سعودي كام الثقافة الجنسية سعودي كام صوتي سعودي كام صوتية سعودي كام سعودي كام الاصلي su,]d ;hl سعودي كام سعودى كام شات سعودى كام صوتية سعودى كام دردشة سعودي كام دردشة صوتي سعودي شات سعودي كام الصوتي شات صوتي سعودي شات السعودية chat voice شات صوتي دردشة صوتية دردشه صوتيه saudi cam chat cam شات حائل الصوتي موؤسسة السويدي تقسيط الاحساء
— by voice chat keFy Saudi E : ksa@ksa-4.com -

> Clermont, Poil au menton ...
Les propos de Cotret ’nont rien à voire avec ceux de Louvel. Et on va pas comparer le PFC et l ...
> Clermont, Poil au menton ...
C’est bien d’être cohérent et de s’afficher clairement au lieu de zigzaguer avec d ...
> Clermont, Poil au menton ...
Ne pas tomber dans la banalisation ne signifie pas extrapoler dans tous les sens : quel est le ...
> Clermont, Poil au menton ...
Je suis né trop tôt. J’ai jamais dépassé 500 balles pour un tour de coupe et en DH svp.600 eur ...
> Clermont, Poil au menton ...
Je vois pas bien où est le dérapage non plus mais bon... Aujourd’hui dès qu’une personne ...
> Clermont, Poil au menton ...
Le système de draft n’est pas aussi egalitaire que ca, il ya un salary cap, mais les franchise ...
> Clermont, Poil au menton ...
Tabanou il est noir, nan ?Il a un nom de noir en tout cas...Je suis pas raciste non plus, dR ...
4/06 17h49
"Tenir à la vie c’est le meilleur moyen de la perdre" (José Meiffret).
"Persévérez ! " (Henri Desgrange) Né le 27 avril 1913 à (...)
29/05 15h24
Nibali trop fort !
A vaincre sans péril on triomphe sans gloire ? Les poètes (...)
24/05 17h13
Miroirs de la mondialisation (6).
Cette réussite, l’Ouzbékistan la doit bien sûr à ses (...)
Clermont, Poil au menton ...
C’est quoi le challenge u19 ? C’est simplement le nom du championnat national u19 d ...
Les favoris de Roland-Garros 2013 ...
5 étoiles ***** - Rafael NADAL (Espagne, 27 ans, n°4 ATP, 11 titres du Grand Chelem) ...




