La bonne récolte ou le retour de l’Allemagne
La dernière fois que l’équipe de France était allée défier la Mannschaft sur ses terres, les cousins germains avaient pris cher (0-3). C’était en 2003 à Gelsenkirchen. A l’époque, les Bleus étaient l’une des meilleures sélections du monde et avaient en sein des joueurs comme Zidane, Henry et Trézéguet.
La Nationalelf était, elle, à la ramasse.
Un jeu dépassé, un manque cruel de talent et de qualité dans ses joueurs... l’Allemagne, après près de trois décennies de domination sur le football mondial, vivait des heures noires, éclaircies néanmoins par quelques résultats inespérés comme la place de finaliste lors de la Coupe du Monde 2002. La France avait quelque part pris la place de l’Allemagne dans le rôle de l’épouvantail de service...
Près de dix ans plus tard, les rôles sont inversés. La France a perdu de son aura après de piteuses éliminations dans les deux derniers tournois continentaux (Euro 2008 et Coupe du monde 2010); l’équipe d’Allemagne portée par une génération exceptionnelle de joueurs et d’excellents résultats face à de grandes nations, peut légitimement prétendre aux titres lors des compétitions futures. On peut même parler d’un retour de la Grande Allemagne, celle des années 70 et 80...
Chronique d’un retour au premier plan...
Quand on a un petit problème dans sa plantation...
C’est le 20 juin 2000, au Feyenoord Stadion de Rotterdam, que l’Allemagne se rend compte qu’elle ne fait définitivement plus partie des grandes nations du football. Ce soir-là, elle est sortie de l’Euro après avoir subie une raclée contre le Portugal (3-0). Pour la Fédération Allemande de Football (DFB: Deutscher Fussball Bund), il est temps de s’interroger sur la formation des joueurs car au-delà de la fessée, c’est aussi la présence sur le terrain de Lothar Matthäus, 40 ans, qui inquiète. L’Allemagne qui était jusque là un terreau fertile de footballeurs talentueux (Beckenbauer, Rummenigge, Sammer, etc...), se révélait incapable de former une relève digne de ce nom, à la génération qui avait remportée la Coupe du monde 1990 (Matthäus, Klinsmann, Möller...). Cette incapacité la poussera même à faire d’un joueur comme Michael Ballack, l’un des rares joueurs à se distinguer parmi ses pairs, le génie censé guider la Mannschaft vers les succès. Sauf que Ballack, si doué qu’il soit (ou qu’il fut) n’a jamais eu le talent d’un Zidane...
A partir de 2001, l’Allemagne décide de mettre en place des centres de formations au sein des ligues professionnelles (suivant ainsi le modèle français), d’investir dans les jeunes plutôt que de miser sur la main-d’oeuvre étrangère. A cette politique de formation, s’ajoute aussi en 1999 la réforme du code de la nationalité allemande qui permet désormais à des étrangers vivants sur le territoire allemand d’acquérir la nationalité et donc d’être susceptibles de jouer pour la sélection...
Quand on plante une graine, elle pousse
C’est le 29 juin 2008, au Ernst Happel Stadion de Vienne, que l’Allemagne se rend compte que ce n’est définitivement pas avec des joueurs comme Michael Ballack que la nation remportera d’autres titres de champion. Surtout en finale de l’Euro, quand l’adversaire s’appelle l’Espagne. Mais qu’importe, ce n’est pas cet Euro auquel il faut s’intéresser, mais plutôt celui des moins de 21 ans qui se déroule un an plus tard en Suède. Au sein de cette Mannschaft (mais aussi au sein de celle des moins de 17 ans aussi victorieux dans leur catégorie d’âge), se trouve l’avenir du football allemand...
Et Joachim Löw , le sélectionneur allemand, l’a compris et a même devancé la victoire des Espoirs, en offrant sa chance à un jeune joueur turc-allemand, Mesut Özil. Rapidement, le jeune joueur du Werder Brême trouve sa place dans l’effectif, donnant au jeu allemand une fluidité qui n’avait plus existé depuis des années. Löw qui a besoin de talents dans son équipe, ouvre les portes à ces jeunes joueurs: Khedira, Tasçi, Aogo, Boateng, Kroos et aussi ces deux petits jeunes qui sont titulaires au Bayern: Thomas Müller et Holger Badstuber. Si Jogi Löw a des hésitations quand à confier les pleins pouvoirs à ces jeunots lors de la Coupe du monde 2010, le destin l’aide dans ces choix. Les blessures de Ballack, Rolfes, Träsch et Westermann le poussent à lancer dans le bain des joueurs comme Khedira et Thomas Müller. Ce dernier qui un an auparavant, s’amusait avec la réserve, finit meilleur buteur et meilleur jeune d’une Coupe du monde dans laquelle l’Allemagne finit troisième...
Quand on a une bonne récolte, on peut viser très haut... et même planer au-dessus des autres (to get high, quoi)
Depuis, les choses se sont précipitées dans la sélection. Encouragé par le bon résultat de la Coupe du monde, Löw a montré la sortie à des vieux comme Ballack et a précipité l’incorporation de nouveaux jeunes joueurs. Et l’Allemagne est redevenue un terreau fertile, puisque chaque année est l’occasion de trouver une nouvelle star potentielle. En 2009, c’était Özil, en 2010, Müller, en 2011, Götze et en 2012, Reus... Et encore, on ne compte pas certains un peu plus discrets ou ayant un rôle moins offensifs mais clairement en lice pour une place dans la Mannschaft, comme Kroos, Holtby, Schürrle, Hummels, Badstuber, Grosskreutz, Bender ou Höwedes...
Le casse-tête pour Jogi Löw est de réussir à trouver la meilleure combinaison parmi les pépites qu’il a à disposition, tout en sachant qu’il dispose depuis la Coupe du monde 2010, de nombreux points de repères. Mais le plus gros chantier reste quand même la défense.
Un peu moins porté par l’innovation quand il s’agit des lignes arrières, Löw a longtemps fait confiance en défense centrale à ses "grognards" avant que ceux-ci finissent par flancher comme Metzelder en 2008 ou finissent par jeter l’éponge comme Arne Friedrich, qui, incapable de se remettre d’une blessure depuis la Coupe du Monde, est actuellement sans club et devrait arrêter le football. Reste donc à trouver la combinaison entre Hummels, Badstuber, Boateng, Höwedes et Mertesacker... Autre problème de la défense: les côtés. Si le capitaine Philipp Lahm, considéré comme l’un des meilleurs arrières latéraux du monde peut jouer aussi bien à droite qu’à gauche, il ne peut pas en revanche faire les deux à la fois. Et pour l’instant, Löw n’a pas trouver son pendant. Aogo et Schmelzer sont en course pour le côté gauche même si aucun des deux ne s’est révélé convaincant en sélection. Träsch, Boateng et Höwedes eux, si Lahm tient le côté gauche, sont capables de jouer à droite (même si Boateng et Höwedes ont plus des profils de purs défenseurs centraux).
Quoiqu’il en soit, la jeunesse est un avantage pour l’Allemagne et sûrement la clé des réussites futures. Fruit d’un travail opéré depuis une dizaine d’années, cette génération pousse derrière ceux qui sont en place et certains cadres sont comme les "vieux" Podolski (26 ans), Mertesacker (27 ans) sont même sur la sellette...
Si vous voulez avoir avant tout le monde, la photo des futurs vainqueurs de l’Euro 2012, prenez celle des vainqueurs de l’Euro espoirs 2009... cela ne serait pas étonnant qu’à peu de choses près, on y retrouve les mêmes têtes...
Moralité: si tu veux planer, pense avant tout à planter des graines et évite d’acheter n’importe quoi, trop cher...
On parle que de football hein...
Zut, j’avais une belle photo avec et elle n’est pas sortie. Sorry, ça fait un plus austère maintenant...
"A cette politique de formation, s’ajoute aussi en 1999 la réforme du code de la nationalité allemande"
Bien vu !
Et Löw... : que dire !
Je le tiens en tout cas pour un des tout, tout meilleurs T1 actuels en Europe, no doubt... et qu’est-ce que j’aimerais le voir à l’oeuvre à la tête d’un club !
Son impact moral sur la Mannschaft, en tout cas : truc ENOOOOOOOORME !!
Et qu’on arrête (pas toi, Crazy !) de parler de Klinsmann : leur belle WC 2006, c’était Löw déjà !
Je partage ton avis : Joachim Löw est en effet très fort. Un entraîneur qui n’a eu pas peur de virer lorsqu’ils étaient cramés, des cadres comme Ballack ou Frings, mais toujours en se justifiant devant les médias. Un mec qui a su donner leur chance à des petits jeunes comme Müller, Bender and co, mais sans pour autant former la porte à des "vieux" comme Hinkel, Rolfes ou d’autres...
Un mélange d’intransigeance (il a quand même banni Kuranyi de la sélection) et de tolérance (il a continué à sélectionner des mecs comme Ballack ou Wiese, qui ne pouvaient pas le blairer et réciproquement)...
Sans aucun doute l’équipe nationale la plus plaisante à voir depuis 2006, que ce soit par la qualité de jeu pratiquée et des joueurs qui composent la Nationalmannschaft.
Une équipe avec des tops players dans toutes les lignes. Neuer, un gardien de classe mondiale qui confirme son talent au Bayern. Lahm qui est pour moi le meilleur latéral actuel. Schweini, le taulier du milieu, Özil, l’artiste et enfin devant que ce soit Gomez ou l’immortel Klose, deux gâchettes très performantes.
Plus les jeunes qui poussent vite comme Götze, Kroos, ou la nouvelle coqueluche -que je trouve très bon- Marco Reus.
Seul bémol effectivement cette défense centrale qui ne donne pas encore tous les gages de sécurité. Hummels a le potentiel je pense, il est pour beaucoup dans ce fabuleux parcours du BvB depuis la reprise. Tout comme Howedes, mais ils doivent confirmer leur potentiel à l’étage au dessus.
Par contre Aogo, je ne connais pas. C’est quel type de joueur ?
Il est évident de souligner le fabuleux travail de Löw, cohérent dans ses choix et dans son management.
Bon difficile de s’attendre à un gros match -même si on peut faire confiance aux allemands- surtout en cette période chargé, notamment avec la LDC. Lahm est forfait, Löw pourra faire des essais et donner du temps de jeu à ses remplaçants.
ps : tu n’as pas l’air d’être fan de Ballack ou c’est pour toi le joueur symbole de cette période sans titres ?
Ah aussi, j’espère que Dugarry aura le temps de voir le match, histoire d’être moins ridicule si il doit commenter de nouveau un équipe allemande en LDC..............
Aogo (Dennis de son prénom) joue à Hambourg au poste de latéral gauche. En fait, il a fait partie de l’équipe des Espoirs qui a gagné l’Euro en 2009. Il a une énooorme qualité de centre... et de bonnes qualités de vitesse. Bon, sinon, c’est aussi un joueur assez inconstant et qui fait une saison toute pourrie... à l’image de son club. Disons que c’est un gros potentiel mais qui est loin d’avoir confirmé. En revanche, Löw l’aime assez...
Concernant Ballack...
Disons que Ballack, c’est un peu la personnalisation du manque de talent en Allemagne au début des années 2000. Attention, c’est un excellent joueur, avec un physique énorme, de bonnes qualités techniques et sûrement l’une des meilleurs frappes de balle du football. Sauf qu’il n’a jamais été un meneur de jeu... Et c’est un peu dans ce rôle que l’Allemagne le voulait...
Devant la pénurie de milieux offensifs de talent, on a un peu bombardé Ballack "meneur de jeu" de la Mannschaft, un costume où il n’a jamais été à l’aise. Le Bayern Munich qui l’avait acheté en 2002, a quand même vite calculé qu’il était loin d’être de remplacer sur le terrain un Stefan Effenberg. D’ailleurs, il n’a pas laissé un souvenir impérissable à la Säbener Strasse... Ballack, c’est un peu l’escroquerie sur la marchandise : pendant longtemps, on voulait en faire une sorte de meneur de jeu avant de remarquer qu’il n’était en fait qu’un excellent milieu relayeur (c’est-à-dire le poste dans lequel il évoluait à Chelsea)... D’ailleurs, son influence sur le jeu de la Mannschaft a toujours été critiqué : en 2008, il est accusé de ralentir le jeu de son équipe et en 2006, c’est limite si on ne remarque pas quand il est remplacé par Borowski !
Alors ouais, Ballack, c’est un peu le symbole des manques du football allemand. Le milieu relayeur à qui on demande d’être le guide de l’équipe, le petit soldat à qui on demande d’être capitaine (je ne sais plus lequel de ses entraîneurs avait dit que Ballack n’avait ni le caractère, ni la compétence pour être capitaine ! C’est ce qui explique peut-être le fait qu’il fut souvent critiqué dans ce rôle)
C’est dommage que benzema soit aps la. On aurait pu vraiment se tester. Je suis frustrer.
L’anglettere C, le brésil B à 10 tout le match et la l’allemagne sans notre crack.
On va arriver à l’euro sans vrai test.
De toute façon, cela ne m’étonnerait pas que cette rencontre accouche d’une souris. Côté France, pas de Benzéma, de Rémy. Côté Allemagne, pas de Schweinie, ni de Lahm, ni de Götze. Sans compter que vu que le match est calé entre deux tours de LdC, on ne risque pas de voir beaucoup de munichois (Müller, Gomez, Badstuber ou ...Ribéry !) sur la pelouse. Vu qu’il y a un match retour décisif contre Bâle !
oui c’est juste. Finalement ce match est pas très bien placé. M’enfin botté le cul des boches ca n’a pas de prix.
D’ailleurs pour rebondir sur ce match.
Apparemment y aurait hésitation sur le capitaine. Ca se joue entre Abidal, Lloris et Mexes.
lloris : je suis contre. Pas de goal capitaine. Le capitaine à un role sur le terrain pour faire chier l’arbitre, le goal est trop loi. Et pas besoin d’etre capitaine pour etre un leader dans el vestiaire ou en défense.
Abidal : apparemment il est pas très chaud. Déja si le gars est pas sur à 100% y a un bleme. Après est il titulaire indiscutable ? Moi je pense qu’encore aujourd’hui on a aps mieux a gauche. Il a un peu baissé mais ca reste du top.
Mexes : ca parait sexy, un libéro qui joue à milan... putain ca me fait penser à baresi ou nesta... des peintres quoi. Un défenseur captiane ouais ca en jète, en plus j’ai vu contre la juve que le gars est capble de foutre des brasses à van bommel et compagnie. Par contre il a un gros défauts... il pète régulièrement un cable. C’est le roi du carton rouge et du "je pète els plombs putain je pète les plombs" avec coups de altte dans tous ce qui bouge. Et ca quand t’es captain, c’est interdit (sauf si t’ès chauve et que t’es le meilleur joueur du XXIe siècle).
Lloris a l’avantage d’être à la fois indiscutable et le meilleur à son poste en EdF. Après, je ne sais pas s’il a de l’influence sur les joueurs. Parce qu’on si c’est le gars peinard et effacé, aucun intérêt...
Abidal avait refusé de jouer contre l’Afrique du Sud au Mondial au prétexte que l’affaire Knysna l’avait démuni et fragilisé. Ça montre qu’il est un peu faiblard du citron quand même... De plus, à gauche, il n’est pas indiscutable et certains joueurs peuvent le concurrencer (Evra entre autres...)
Méxès, titulaire, choix number one de Blanc mais comme tu dis, un gars qui voit rouge un peu trop souvent et qui manque d’expérience avec les Bleus. Mais semble à mon avis le meilleur choix...

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