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le 22/02/2012

Sport et progrès sont-ils conciliables ?


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Le sport et la science ont depuis leurs débuts toujours entretenu des liens passionnels, le sportif et le scientifique éprouvant l’un pour l’autre une fascination sans borne, comme deux amants qui ont besoin l’un de l’autre pour vivre. Et comme dans toute relation passionnelle qui se respecte, les deux amants sont souvent amenés à s’adorer, puis se détester dans l’instant qui suit. De la basket sur coussin d’air aux plus perfectionnés des produits dopants, le sport et la science sont-ils réellement inconciliables?

Coup de tonnerre dans le monde du cyclisme: le 6 février dernier, Alberto Contador a été reconnu coupable de dopage dans le cadre du Tour de France 2010 et de la fameuse affaire du «steak contaminé» au Clembutérol. Une terrible publicité pour tous les Buffalo Grill de France, vous en conviendrez... Un autre monument du vélo tombe sous les coups de seringues d’une industrie pharmaceutique qui semble plus polluer le sport (car oui, il n’y a pas que dans le vélo que l’on se dope) que l’aider. Pourtant, la science n’a pas toujours été le poison du sportif, au contraire, elle l’a souvent aidé dans ses exploits les plus extraordinaires.

La science a pour vertu de pouvoir aider le sportif en deux domaines majeurs: elle connaît le corps humain comme personne et peut donc l’aider à l’équiper au mieux pour pouvoir aller toujours plus loin, toujours plus haut et être toujours plus fort. Ainsi le sport a-t-il profité des progrès de la médecine comme personne. En effet, l’amélioration générale et spectaculaire de notre niveau de santé depuis la fin du XIXè siècle a permis au corps humain d’être mieux traité, mieux préparé et donc plus performant. Le suivi médical actuel des sportifs de haut niveau comme des amateurs permet de grandement améliorer le potentiel initial des athlètes. La médecine a permis aux entraîneurs et préparateurs physiques de mieux comprendre le fonctionnement du corps et de sans cesse adapter l’entraînement en poussant la machine dans ses ultimes retranchements tout en restant le plus possible à son écoute. Le cardiofréquencemètre, outil aujourd’hui utilisé par tous les sportifs un tant soit peu sérieux, en est l’illustration parfaite! Aussi le sport l’a-t-il bien rendu à la médecine: les athlètes, grâce aux données récoltées par les médecins lors des nombreux tests qu’ils subissent chaque année, permettent au corps médical de comprendre comment le corps réagit aux sollicitations les plus extrêmes, ce qui a un intérêt non-négligeable pour comprendre notamment les maladies les plus dévastatrices.

Le sport le rend aussi bien à la médecine par l’image qu’il véhicule: des Dieux du Stade aux nageurs tels Camille Lacourt, quelle plus belle l’image de l’homme ne peut exister que ces champions jeunes et fringants, qui font le bonheur de ces dames? Car le sport rend en vitalité et en élégance le temps qu’il nécessite pour sa pratique. La médecine ne pourrait avoir de meilleurs ambassadeurs que les athlètes de haut niveau pour montrer que le sport est on ne peut plus bénéfique pour notre corps.

La médecine et plus globalement le corps médical, ayant préparé au mieux le corps, ce sont les physiciens et les chimistes qui prennent le relais: qui n’a jamais apprécié le confort de baskets à l’amorti doux et protecteur? En effet, les sportifs ont vite fait appel à leurs camarades scientifiques afin de trouver les solutions qui leur permettront d’améliorer encore leurs performances. Prenons l’exemple du football: a priori, sport plus technique que physique, il ne peut pas être réellement aidé par le matériel. Et pourtant, nombreux sont les accessoires que le footballeur utilise dans l’amélioration de ses performances. Et cela commence par les pieds: un simple coup d’œil sur les chaussures des footeux actuels comparés aux chaussons de leurs aînés permet de s’apercevoir que si ces deux objets sont désignés par le terme chaussure, ils n’ont rien voir l’un et l’autre. Cuir d’un côté, matériaux synthétique et tissu de l’autre; plusieurs centaines de grammes d’un côté, à peine une centaine la paire aujourd’hui! Le ballon a aussi subi de fantastiques évolutions: autrefois en cuir et nécessairement composé de 32 panneaux hexagonaux, pesant plus de 500 grammes, il est aujourd’hui un véritable objet de technologie, dont la forme des panneaux est aujourd’hui totalement libre, et ce afin de proposer un ballon plus rapide, plus technique et donc un jeu plus flamboyant. Pour le plus grand bonheur des joueurs et des spectateurs. Pourtant, si l’on s’en tient à ce seul tableau, quelque peu idyllique, science et sport coulent des jours heureux. Mais l’histoire n’est pas aussi belle que l’on ne veut le dire...


En effet, avec l’approche médicale du sport, les dérives sont possibles. En effet, le médecin, en aidant le sportif à mieux appréhender son corps, peut tout aussi bien lui fournir les produits permettant de le pousser au-delà de ses limites. C’est le cas du plus célèbre des produits dopants: l’EPO.

Abréviation d’Érythropoïétine (ou d’Eau - Pastis - Olive en pays Provençal, c’est selon), ce qui est le fléau majeur des sports d’endurance est avant tout une hormone naturellement sécrétée par le corps humain, et dont l’utilisation médicale est destinée par exemple au traitement de l’insuffisance rénale. Mais les sportifs de haut niveau, désormais professionnels et donc soumis à l’obligation du résultat, ont souvent eu recours à ce produit «miracle» pour booster leurs performances. En résumé, cette protéine permet indirectement l’augmentation du taux d’hématies dans le sang, permettant une meilleure oxygénation des tissus musculaires. Mais dès lors, si l’utilisation d’une protéine naturellement sécrétée par l’organisme est interdite par l’AMA, pourquoi la vitamine C serait autorisée?

C’est là tout l’enjeu éthique de l’épineuse question formulée par le dopage. En effet, si certains sont favorables à la légalisation totale du dopage, leurs détracteurs avancent la mort certaine du sport si cela était autorisé, destinant les Jeux Olympiques et autres Tour de France à devenir des guignoleries comme peut l’être le catch américain.

Cependant, si les médecins peuvent tomber dans ce travers-là, les physiciens y sont encore plus soumis. En effet, la technologie matérielle a fait des progrès immenses au point de pouvoir pratiquement résoudre tous les problèmes posés par la nature. Le corps humain ne flotte pas parfaitement? Ce n’est plus un problème, équipons les nageurs et triathlètes de combinaisons leur permettant une flottabilité parfaite! Les pavés de «L’enfer du Nord» font vraiment trop mal? Intégrons un moteur dans les bicyclettes torturées des coureurs, et ainsi la rudesse de l’enfer du nord en serait presque transformée en une balade dans les corons! On pourrait multiplier les exemples à l’infini tant ils sont nombreux.

Reprenons notre nageur: après avoir avalé des kilomètres dans une piscine chlorée, avoir bravé Kronos avec brio, la victoire finale au 100m nage libre ne serait plus qu’une histoire de combinaisons? La guerre des marques fut telle qu’une médaille mondiale ne se jouait plus sur les hommes mais sur les combinaisons, réduisant les athlètes au rôle de mannequins. Les combinaisons étaient tellement influentes que pas moins de 100 records du monde ont été battus durant la période 2008 - 2009! la plaisanterie fut tellement drôle qu’on ne regardait plus le palmarès d’un nageur sur le plot de départ, mais la combinaison qu’il portait... Seulement, un bassin n’est pas un podium et les jeux Olympiques ne sont pas la fashion week. Quant aux cyclistes, l’affaire du «moteur» que Fabian Cancellara, spécialiste de Paris - Roubaix, aurait utilisé pour remporter l’une des éditions de l’ «enfer du nord» avait fait au printemps 2010 grand bruit, jetant le soupçon sur un sport qui n’en a vraiment pas besoin...

Ces deux exemples nous ont montré que l’utilisation de la technologie à mauvais escient pouvait mener à la destruction pure et simple de l’esprit du sport. Car dans la devise olympique, toujours plus loin, plus haut et plus fort,c’est bien ce principe que la technologie vient remettre en cause avec ses progrès pharaoniques: des vélos de plus en plus légers aux crampons "magiques" de Lionel Messi, le sport du XXIè siècle est avant tout une compétition entre les plus grandes marques de sport afin de pouvoir ensuite vendre le plus de chaussures et de maillots. les athlètes professionnels ne semblent plus souffrir sur les terrains du monde entier, retirant au sport ce qu’il a de plus magique: la beauté de l’effort et du dépassement des limites offertes par le corps humain.

Cependant, un autre cas vient remettre en cause la technologie, mais sous un angle bien différent: c’est celui d’Oscar Pistorius. Privé de l’usage de ses deux jambes, cet athlète sud-africain né sans péroné et amputé à l’âge de 11 ans, il est spécialiste du 400m et multiple champion paralympique. Seulement, ces temps étant très proches de ceux des valides (14ème performance mondiale aux mondiaux de Deagu sur 400m). Pistorius est équipé de prothèses, les «cheetah», composée de lamelles de Carbone flexibles, lui permettant de restituer l’énergie de ses cuisses et fessiers. Seulement, des analyses scientifiques très poussées (voir http://www.lemonde.fr/sport/ar... pour plus de détails) ont permis de montrer que ces prothèses lui conféraient un avantage par rapport... aux valides, puisqu’il est le seul athlète au monde à courir plus vite son second 200 mètres que le premier! C’est une véritable bataille d’experts qui s’est alors lancée autour de son cas pour pouvoir déterminer s’il peu courir avec les valides.

Entre progrès et dopage, la limite semble bien floue, et l’explosion technologique qui a débuté après la seconde guerre mondiale semble être mal maîtrisée par un monde du sport tiraillé entre volonté de sans cesse repousser les records et pression d’une professionnalisation qui n’a pas que des bons aspects.

Cependant, on observe qu’au-delà des querelles techniques, c’est bien l’aspect éthique qui est au centre du problème. Mais dès lors, c’est aux philosophes d’entrer sur le terrain, et de jouer le match de l’éthique...

par Elies.B
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par La régie française du kif

le 22 février 2012 à 11H52

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Salut Elies (j’ai cru au retour d’Elias), après le dopage et la quasi guerre France/Espagne, après le football politique et les 52 articles d’Arrighi à venir, le scientisme, bah c’est beau le sport !

Nan je déconne, ton article est très intéressant, j’avais d’ailleurs l’idée d’en faire un de ce type et d’y inclure le cas Pistorius, tu m’épargnes du taf, donc merci. Mais il faut bien avouer que s’intéresser au sport pro aujourd’hui c’est spécial, et encore on n’entre pas dans les questions mafieuses.

Bref, très bon (et pour une fois sans nationalisme, pourvu que ça dure), la science, bras théorique du matérialisme qui est une philosophie, un projet, s’introduit partout avec le mythe, puisqu’il en faut bien un, qu’elle est incontestable puisque 1+1=2, soit.

Pour résumer, la médecine est beaucoup trop intrusive dans le sport (appel des kinés à tout bout de champ au tennis), la frontière entre elle et le dopage étant impossible à définir (tous les marathoniens sont asthmatiques, produits masquants, blah blah).

Le Directeur de l’AMA affirme lui-même que son organisme ne gaule que les débiles et si l’on regrde dans le détails, les taux de certains produits changent tellement de’une année à l’autre que certains ont pu se faire gauler une année avec un taux tandis qu’un collègue avec un taux supérieur passait l’année suivante. Je ne remets pas bien sûr en cause le principe global e la lutte contre le dopage.

"l’utilisation de la technologie à mauvais escient pouvait mener à la destruction pure et simple de l’esprit du sport" Exactement, j’en ai longuement parlé sur le tennis.

Le matériel dans tous les cas est là pour remplacer les compétences humaines, à quel point faut-il s’arrêter avant que la discipline ne soit dénaturée, c’est la même question en musique avec l’informatisation quasi complète rendant possible David Guetta. Les musiciens sont (principalement financièrement en fait) devenus obsolètes, je ne sais pas si on réalise la portée de ça.

Très bon exemple avec Pistorius, notamment de la judiciarisation des choses.

Pour apporter quelque chose au sujet, 40 ans qu’on essaye de montrer sans y arriver que les Africains de l’Est ont un avantage génétique sur course longue, qu’est ce qu’on dirait si les négros (Suarez style) faisaient des études destinés à prouver que la supériorité tennistique des occidentaux est génétique. Enjeux : si il y a avantage génétique, celui ci doit être corrigé par un dopage légal, rectificatif, grande marotte de l’Australien Ron Clarke qui aurait dû être le nouveau Zatopek mais qui n’avait pas vu venir les négros et la révolut-ion tactique qui va avec, too badhttp://analyseeconomique.files...

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par La régie française du kif

le 22 février 2012 à 11H54

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Ah tu es étudiant à Sciences Po, c’est pour ça que ton article est bien gaulé, tu as une certaine habitude.

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par nicolas

le 22 février 2012 à 12H14

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Bonjour, article intéressant sur un sujet qui mériterait des milliers de pages !

Dans l’ensemble, je crois qu’à partir du moment où il y a assistance au sportif, le sport est dénaturé (cf. les premiers Tour de France où le cycliste n’avait pas d’assistance). Maintenant, il faut fixer la limite que la société accepte.

Dans le cyclisme, les amphétamines passaient parce qu’elles ne modifiaient pas fondamentalement le "profil" d’un coureur. Une brêle, gavée d’amphétamines, ne faisait pas mieux que 78ème sur le TDF. Avec l’EPO, c’est différent (cf. Ugrumov). Le fait de limiter les étapes difficiles et longues rend aussi le dopage sanguin très utile, puisque la sélection est moins forte.

Le meilleur devient celui qui accepte de défoncer son corps et dont le corps réagit le mieux aux produits dopants. L’homme devient une machine. Ce sont les médecins qui gagnent les courses.

P.S. : Guy Namurois est mort (grand préparateur physique belge passé par Anderlecht et le Standard).

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par Hermine

le 22 février 2012 à 12H34

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Il est toujours intéressant de placer en exergue les progrès de la science et leurs détournements à des fins sportives.

Comme il est très justement souligné dans l’article, il y a 2 domaines scientifiques utilisés pour augmenter les performances sportives : la technologie et la biologie.

Pour la technologie, les règles établies par les différentes fédérations concernées sont facilement applicables et vérifiables. Prenons l’exemple du cyclisme, le vélo utilisé doit correspondre à certaines critères (notamment l’absence de moteur...). Cependant, les règles sont plus lâches pour le poids, la taille, les pneus... Entre donc en jeu un autre facteur, inexorable : l’économie. La technologie à un coût, plus elle est efficace sur les performance, plus elle est chère. Ainsi, il est légitime de se poser la question : les athlètes sont-ils tous égaux sur la ligne de départ ?

Cette question est directement relayée par l’aspect éthique que tu soulignes, les critères technologiques entrainant une part non négligeable dans les performances, ne doivent-ils pas être nivelés à tous les athlètes ? Ce qui nous intéresse c’est le dépassement physique. Contrairement aux sports automobiles, où les performances technologiques font partie du jeu et sont acceptées par tous...

Pour la biologie, il en va de même que pour la technologie, cependant, une fois les règles établies par les différentes commissions, il est plus difficile de contrôler les bonnes pratiques des athlètes. C’est cette difficulté, véritable obstacle à la garantie de l’égalité des sportifs qui jette une suspicion permanente. C’est l’absence de moyen de contrôles efficaces et performants qui poussent certains à clamer haut et fort un dopage pour tous. Je crois que nous auront de longues années de lutte anti-dopage tant que les dopés auront une longueur d’avance sur les dépisteurs. Une solution efficace à ce jour consiste à conserver les échantillons biologiques des contrôlés des années durant pour être testés avec les connaissances du futur. Ce système est la garantie un paquet de perte de titre à postériori... Mais agit comme un épée de Damoclès sur les sportifs...

Pour finir, et pour revenir sur le cyclisme, une moyenne du tour de France augmentant progressivement de 36km/h au début des années 80 à plus de 40km/h à la fin des années 2000 traduit certainement une combinaison de 2 éléments : une augmentation des capacités physique et une avancée technologique (Contador sur un vélo Peugeot de 1980 ferait-il une même performance ?).

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par minideniers

le 22 février 2012 à 13H37

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Très bon com, une remarque cependant : je trouve ton argumentation très juste sur l’inégalité de moyens financiers devant le dopage, qui en devient donc doublement inéthique. En revanche pour les équipements, hormis les sports cyclistes où le vélo est effectivement un équipement onéreux, où vois-tu cette inégalité ? Peut-être au golf ? Mais dans l’ensemble, les meilleurs équipements semblent être, dans la grande majorité des sports, accessibles à tous les sportifs professionnels ?

Sinon, tout à fait d’accord sur l’avance régulière qu’a le dopage sur la recherche antidopage, et les sanctions délivrées même 5 ans après une compétition concernée devraient effectivement agir comme une "épée de Damoclès", mais elles ne sont pas assez sévères. J’ai jamais compris pourquoi on suspendait des sportifs pro convaincus de dopage 2 ans et pas à vie, quelle crédibilité va avoir Contador l’an prochain après s’être tellement foutu de nous ?

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par Hermine

le 22 février 2012 à 14H49

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Minideniers,

Certes, j’ai pris l’exemple du vélo car c’est le plus parlant pour tous : la plupart d’entre nous sommes, un jour ou l’autre, monté sur un vélo. Comme je ne suis pas spécialiste des autres sports, je n’ai pas voulu m’attirer les foudres de commentaires dénigrant mes propos sur les raquettes de tennis, les embarcations de kayak, de bobsleigh (cf. Rasta Roquette) etc.

Si l’on parle des professionnels, on exclu beaucoup de sports. Même si les JO se sont professionnalisés, il reste encore beaucoup d’amateurs (je ne sais pas pourquoi mais je pense au skeet, qui doit par ailleurs être très couteux).

Je ne vais pas m’engager dans un débat sur les différences de moyens entre les sportifs amateurs et professionnels qui sont parfois présents dans une même compétition parce que tu dois avoir raison : si l’on se place dans le cas des sportifs professionnels, il y a tout de même un certain nivellement des équipements qui limite les inégalités technologiques (même pour le vélo dans ce cas).

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par nicolas

le 22 février 2012 à 14H50

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Minideniers,

l’inégalité des moyens économiques se reflète dans de nombreux sports. Au niveau des équipements, comment font les gens pour s’entraîner à la natation sans piscine ? un centre d’entraînement dernier cri n’est-il pas un plus au foot ? des baskets à 200 balles n’améliorent-t-elles par les performances par rapport à une paire à 10 sous ? Ainsi de suite...

Le dopage sanguin (type EPO) est révolutionnaire en ce qu’il fait de coureurs quelconques des bêtes de compétition. Il n’y a plus seulement inégalité, il y a redéfinition des critères de victoire.

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par minideniers

le 22 février 2012 à 15H42

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Hermione au temps pour moi, je pensais que tu parlais des sportifs professionnels, où les différences en terme d’équipements doivent être moindres vu que c’est financé par les clubs ou les fédérations. Encore qu’à y réfléchir, il peut y a voir des différences, je sais pas si toutes les équipes cyclistes peuvent s’offrir les derniers vélos à la pointe. Notamment le vélo à moteur de Cancellara ! (ça s’est avéré vrai ça finalement ?) Et comme dit Nicolas, les infrastructures d’entrainement dépendent des financements et induisent des inégalités également. Donc je reviens un peu sur ce que j’ai dit en fait ! Mais bon c’est le principe du sport professionnel, tu choisis l’équipe qui paye le mieux mais qui possède également les meilleures structures pour progresser, je sais pas si on peut vraiment parler d’inégalités.

Sinon pour le sport amateur oui là c’est flagrant, c’est bien pour ça que Foot Rugby Course à pied et Basket sont les sports les plus populaires, vu que tout les amateurs sont pas loin d’être tous à la même enseigne niveau équipement (des chaussures de sport et un tee-shirt, pas besoin de beaucoup +...) Et j’ai pas saisi le coup de la piscine, tout nageur amateur peut s’acheter un joli boxer seyant et aller s’entrainer à la piscine municipale non ?

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par nicolas

le 22 février 2012 à 15H46

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Minideniers, oui j’entendais les égalités économiques au sens où les infrastructures de la FFF sont sans doute meilleures que celles de la fédération kényane ou celles de la FFT dépassent de loin celles de la fédération bolivienne. Et aussi entre petites et grandes villes dans un même pays, etc.

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par minideniers

le 22 février 2012 à 16H42

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Finalement, ce n’est plus de progrès technologiques ou de progrès scientifiques dont on parle, mais encore et toujours de moyens, pour accéder à ses progrès.

Donc non sport et progrès ne sont pas conciliables, vu que le progrès accrue les inégalités entre sportifs avec des facteurs qui n’ont rien à voir avec l’essence du sport ?

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par nicolas

le 22 février 2012 à 17H26

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Progrès et sport sont conciliables dans la limite que nous voulons bien accepter.

Nous acceptons bien les inégalités de développement entre l’Europe et l’Afrique, alors pourquoi pas dans le sport ?

Dans tout, il y a une limite à l’acceptable. Avec l’EPO et certains progrès scientifiques, elle est franchie (pour le moment). Qui, en 1910, aurait pu imaginer des oreillettes sur le Tour de France ? ? ? Ne serait-ce qu’une assistance technique pour dépanner les coureurs ! Alors, de l’EPO ? Malheureusement, l’EPO ou d’autres produits dopants seront peut-être légalisés dans les décennies à venir. Ou la législation fera peut-être un retour en arrière (comme avec la "lutte" contre les oreillettes...).

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par Hermine

le 22 février 2012 à 20H28

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Certes il y a une limite acceptable qui, comme tu le précises est régie par les législations des sports en vigueur. Mais cette limite ne reflète pas nécessairement le point de vue de la "population", ou du moins des amateurs de sport, supporters etc.

Il ne faut pas faire confondre les règles établies et le sentiment populaire. Les oreillette existent, ont été (et sont encore) tolérées, et le point de vue du spectateur ? Je ne suis pas sûr qu’il soit positif...

De même pour reprendre ton exemple sur l’Afrique : Qui accepte la différence de développement entre l’Afrique et l’Europe ? Je ne pense pas qu’il y ait une vision unilatérale sur ce sujet...

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par minideniers

le 23 février 2012 à 12H55

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

D’accord avec Hermine, ce que tu énonces comme universel est très loin d’être accepté par tous, et le sport n’est pas forcé de suivre cette soi disant acceptation de l’exploitation des plus faibles. Le sport peut et devrait véhiculer d’autres valeurs

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par nicolas

le 23 février 2012 à 21H30

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Bonsoir, je ne dis pas que le sport doit suivre l’évolution de la société ni même qu’il la suit. Je dis que ce qu’on (la société ou, du moins, ce qui la représente : ASO, la FFF, la FIFA, la FFT, les ministres et les députés, etc.) juge comme "acceptable" varie.

Euh, quand même, la grande majorité des gens ne fait rien pour réduire l’écart de développement entre Europe et Afrique. La plupart des Européens s’en tamponne des problèmes économiques du Ghana ou du Congo !

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par Hermine

le 23 février 2012 à 22H20

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Mouai, j’en reste sur ce que j’ai énoncé précédemment, à savoir qu’il y a un décalage entre les règles fixées par les institutions et les idées du peuple, autrement dit qu’il y a deux pensées qui s’opposent parfois : les "ASO, la FFF, la FIFA, la FFT, les ministres et les députés" (que tu cites) versus la masse, le peuple, les supporters, les amateurs de sports...

Autrement dit le "nous" que tu utilises dans ton dernier post du 22/02 ("Nous acceptons les inégalités") n’a rien d’une acceptation générale mais découle d’un parti pris des institutions dirigeantes (cf. mon commentaire sur les oreillettes).

Quant à l’Afrique, ça n’est pas trop le sujet, et il serait nécessaire de développer davantage pour répondre, mais quand tu dis que la plupart gens ne font rien pour réduire l’écart de développement, fais-tu allusion aux peuples ou aux institutions gouvernementales ? Par ce que si par la "plupart des gens" tu englobes des populations occidentales je trouve ça réducteur, je pense que les initiatives pour aider l’Afrique sont davantage citoyennes et associatives que découlant d’une politique nationale (bien que les deux y contribuent).

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par el_zanque

le 22 février 2012 à 13H51

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Ouais, bon, c’est beau tout ça, mais pour l’instant, on enfonce des portes déjà ouvertes, non ?

Mon fantasme, ce serait d’appliquer les mathématiques fondamentales au foot, perso.

Des algorithmes pour traduire les déplacements adverses. d’autres algorithmes pour modéliser le jeu en mouvement le plus efficace (pressing, replacement, jeu d’attaque)

De la topologie pour mettre en place une couverture défensive, une organisation statique, pour une couverture de l’espace du terrain optimisée.

De la logique, des études pour rechercher les profils les plus adaptés à ces schémas pré établis.

Donnez moi 10 ans, des mathématiciens et je vous construis l’équipe idéale.

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par nicolas

le 22 février 2012 à 14H55

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Salut El Zanque,

Christian Gourcuff était prof de maths dans le secondaire, je crois...

Je dirais : pourquoi pas ? Encore une fois, je pense que ce que la société considère comme "moral" et "acceptable" pour le sport est... à géométrie variable. Dans les premières années du TDF, un mécano qui aide un coureur à changer de vélo c’est l’exclusion du coureur. Aujourd’hui, les oreillettes permettent même aux coureurs de savoir quand pisser...

L’assistance médicale, technologique... mathématique suit la même évolution.

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par peterson

le 22 février 2012 à 15H14

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Ce que tu veux faire El Zanq existe déjà plus ou moins dans certains sports américains comme montré dans le film Le stratège, en l’occurrence il s’agit du baseball mais le jeu n’est perçu presque uniquement à travers des critères statistique

Il doit être possible de rationaliser avec le même genre de démarche un sport comme le foot

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par Deco

le 22 février 2012 à 15H48

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

@Zanquinho

Tu lis (et comprends !) le tos ?

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par el_zanque

le 22 février 2012 à 16H01

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Sorry Deco, ma mère a un nom Tos, mon grand père y est né, mais mon arrière grand père était un communiste portugais, qui a du fuir sous Salazar, en 1924.

Il a renié le Portugal, l’Eglise, la langue, bref, il a vécu dans la misère des marais du Medoc, et personne n’a plus jamais prononcé un mot de portugais devant lui, à part mon arrière grand mère, qu’il n’a jamais épousé d’ailleurs...

Pourquoi ?

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par Deco

le 22 février 2012 à 16H09

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Oups j’aurais du marquer le brésilien alors !

J’ai des documents super passionnant sur les méthodes de travail du père Joseu, de ses adjoints(Victor Frade, Rui Farias), sur la préparation mentale, physique des joueurs. C’est un peu lourd (pas sûr de tout comprendre non plus !) mais c’est super intéressant.

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par el_zanque

le 22 février 2012 à 16H21

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Je pars de très loin en portugais, et c’est bien dommage...

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par el_zanque

le 22 février 2012 à 16H24

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Et il fait quoi Joseu ? En gros ?

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par Deco

le 22 février 2012 à 17H14

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Difficile d’expliquer en quelques mots, ce qu’il appelle la "périodicité tactique".

Les principes : choisir un système de jeu, basé l’entrainement sur cette tactique, ce qui va permettre aux joueurs d’assimilés les consignes, de pouvoir jouer en équipe et d’ainsi coordonner leurs mouvements. Les exercices répétés sont alors naturellement reproduits en match. Il met en parallèle la concentration mentale (pour lui la fatigue mentale est plus préjudiciable que la fatigue physique) nécessaire et le volume physique demandé. Pour lui le joueur doit travailler quatre aspects : physique, technique, tactique et psychologique. Il différencie également la tactique (système de jeu)et le travail tactique (mouvements collectifs de toute l’équipe). Malgré le fait de vouloir "mécaniser" certains aspects du jeu (jeu offensif, défensif, transition attaque-défense, défense attaque) il laisse également une grande part de réflexion à ses joueurs, qui doivent d’eux même trouver certaines solutions aux problèmes rencontrés, lors des exercices à l’entrainement mais surtout en compétition.

Comme tu l’imagines, c’est plus complexe que cela et très bien développé (plus de 200 pages en tout !) que ces quelques mots.

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par Deco

le 22 février 2012 à 17H20

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

ps : Il y également une grosse partie sur le conscient, subconscient des joueurs, plus difficile de traduire et à expliquer.

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par el_zanque

le 22 février 2012 à 21H10

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Merci Deco !

Mais ça me plait bcp tout ça, je trouve ça très intéressant. Bon Interim va hurler "football système" ! mais le fait que le joueur soit participatif, c’est génial.

Je me dis souvent que si j’étais scout, je chercherai des joueurs "intelligents". enfin, je veux dire capables de s’interroger sur une réadaptation tactique, capables de lire le jeu et de faire évoluer l’équipe en temps réel. y’en a des joueurs comme ça, en avoir 2 par ligne, ça doit aider. Quand je dis intelligents, c’est juste pour dire que je cherche pas un mec qui compte que sur sa vitesse ou sur sa feinte "balle derrière la jambe Ribéry/Menez Style)

Après, le côté "psychologique", ben moi j’arrête pas de dire que c’est Hyper important.

Il y a des ressources phénoménales de ce côté là.

En préparation mentale, mais pas le truc genre Noah au PSG, hein, non, un travail sur l’inconscient, la posture, bref, un travail personnalisé sur chaque joueur.

En soi. J’ai souvent dit que si l’Om, par exemple, se payait un bon psy, ils auraient pour quelques milliers d’euros par an un remède certainement plus efficace pour soigner Gignac (18 millions d’investissement, ils peuvent faire ce geste) que Merano ou les déclarations dans la presse.

Je tâcherai d’en savoir plus sur Joseu, merci pour la piste !

Et désolé pour Porto...

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par Deco

le 23 février 2012 à 12H22

Sport et progrès sont-ils conciliables ?

Salut Zanquinho,

Ben c’est qu’il a pas compris grand chose au football ! Sinon a quoi servirait les entraînements ?

Je vais voir si le temps, de faire un résumé plus complet que je te balancerais par mail ;-)

ps : merci pour Porto, malgré le talc fourni par theouf, c’est encore très douloureux !

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