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le 31/01/2012

Roger, Gunther, et les autres


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’’Jai vu occuper ma ville par des cons en uniforme qui n’étaient pas vraiment virils mais qui seprenaient pour des hommes.’’

Société tu m’auras pas, Renaud Séchan, 1975, 101 ans après la création du tennis.

L’ Open d’Australie 2012 s’est arrêté pour beaucoup après l’horrible partie de Federer contre Nadal. Cette fois-ci, pas moyen d’invoquer le dopage autorisé par l’ ATP, le ralentissement des surfaces, ou, surface unique peinte en couleur différente, comme un exotisme de façade pour voyage organisé; ou bien le jeu soporifique et défensif de l’espagnol.

Non. Roger bien meilleur ce jour-là que, a été mauvais tout seul, a joué parfaitement jusqu’à 3/0 ou 4/1, puis a sombré dans une incroyable nullité habituelle.

Car rappelons que, passé quelques John, Yannick, Miloslav, Roger, là comme égarés, le tennis ne diffère pas de l’activité commercialle d’un Ronald Mc Donald, comme ce feu d’artifice interrompant dix minutes le match Federer - Nadal, d’une vulgarité rarement vu sur un court de tennis. On est en Australie tout de même, fidèle aux racines de son histoire. C’est une multinationale qu’il s’agit de rentabiliser.

L’intérêt de ce tournoi fut ailleurs: une nouvelle avancée dans le domaine du dopage, une nouvelle limite. La finale de Roland Garros 2005, Nadal - Puerta marquant la dernière étape connue, celle de l’ EPO a gogo, on pensait bien être arrivé à la fin de l’histoire, - sans H -. L’ Argentin, joueur de second plan, venant d’un pays en crise fut pris, et interdit de compétition, comme une dizaine de ses compatriotes ces années-là. Le second, comme tout espagnol - pays en forte croissance alors-, français ou étatsunien qui se respecte continua dans le cirque. On peut même penser que si la situation économique avait été celle de 2012, c’est Nadal qui aurait été banni, et Puerta qui détiendrait 10 Grand Chelem. Enfin, Espagne ou Argentine, c’est la virgule qui décide.

L’ATP étant juge et parti, elle n’allait pas se tirer une balle dans le pied. Que ferait ces milliers de Fred Viard, de Patrick Mouratoglou sans ce commerce? Bah, pas grand-chose. Personne n’a intérêt à ce que les règles changent. On cria naturellement haro sur le mulâtre mulet, lorsque Noah pria l’Espagne de donner la «potion magique». Scandale. Surtout dans un pays sous assistance européenne respiratoire, qui n’a actuellement que le sport pour exister.

Puis arriva l’homme nouveau, le rigolo Djoker, le sympathique Nole, revendiquant le retourla grande Serbie, le plus grand numéro 3 de l’histoire du jeu, se transformant en l’espace d’un hiver, d’asthmatique pathologique incapable de tennis 4 heures sur un court, en Steve Austin, l’homme qui valait trois milliards. 15 millions de dollars en 2011. Une machine infatigable, et in-fatigué, sauf les trois derniers mois de l’année, où, le corps doit probablement récupérer de toutes ces bonnes substances ingurgitées.

Le Djokovic nouveau c’est notre Beaujolais du troisième Jeudi, mais toute l’année. On fait semblant d’y croire, même si c’est toujours la même soupe, on se grise avec par connivence, sachant que l’estomac a supporté pire ratafia. Une imposture acceptée, presque salvatrice après l’ibérisme. Goya aurait pu peindre là un huitième de ses tableaux noirs. L’amateur moyen supporte - au sens d’accepter - le serbe car il est présentable, par opposition au majorquin, incapable d’aligner trois mots de français, de s’exprimer dans un anglais correct, prenant éternellement comme modèle l’immense Carlos Moya - lequel Carlos, gentil garçon au demeurant, affirmer récemment encore que les succès espagnols venaient de l’entraînement - , passant 1 heure sur les 6 de ce match «historique» à se remettre le ponpon, parmi; ce match «parmi les plus grands de l’histoire» a-t-on même pu entendre. Nous savions donc Dimanche 29 Janvier 2012 entre 19 heures et 4 heures, australienne, que le Novak était comme le «beaujolpif», au mieux correct, qu’on fait passer à cause de l’emballage. Djokovic ultra-nationaliste, apprend à cacher ses idées, présente un tennis.... présentable, ni attaque, ni défense, ni ennuyeux, ni passionnant; s’exprime dans un anglais correct, a une copine jolie et sympa, lui-même est plutôt joli et joue bien le gentil, et, raffinement et progrès, ne cache même pas son dopage, si ce n’est maladroitement contre Murray, les caméras montrant en boucle une pilule avalée discrètement sous serviette. Il n’est pas loin de la perfection.

On aurait voulu refaire Le Roger, le Rafa et le sympathique Truand , de ce tennis spaghetti, qu’on ne s’y serait pas pris autrement.

Bref, si Federer et Nadal, deux joueurs uniques pour des raisons opposées, le génie et l’ennui, n’avaient pas existé, on trouverait en Djokovic un bon leader, après Agassi, Hewitt, Korda et autre Pim-Pim Johansson, dont Mustapha a le poster dans sa chambre.

Le grand mérite de cet Open d’Australie n’est donc pas la victoire d’une Biélorusse et d’un Serbe, pays que presque personne ne connaît, et donc se fout; hormis quelques historiens travaillant sur diverses exterminations, et des cas de cannibalismes durant la seconde guerre mondiale. Non, l’intérêt majeur est l’avènement d’une nouvelle étape dans l’aide médicalisée. Car personne de sérieux, ou ayant joué un peu au tennis, peu croire que l’on peut tenir 11 heures d’immense intensité en 48 h sans avoir de baisse physique notoire.

Le tabloïd espagnol Marca , titrait embarassé, «Inhumano» après la victoire du Serbe. Et oui, inhumain dans le dopage voulait-il sûrement dire, reléguant les procédés nadalofuentesque aux balbutiements du troisième millénaire. Inhumain oui, Nadal le révolutionnaire, est devenu archaïque, en 7 ans, et tombe par où il a péché. Il n’empêche que l’on a pas trop hâte de voir, qui enterrera médicalement parlant Novak dans cinq ans. Deux, au rythme où vont les choses. Au meilleur des treize sets gagnants. Avec pause de une heure de publicité tous les deux sets, terrain en pente de 15 degrés au neuvième set, et alternance de surface ultra-rapide type parquet et lente type gravier. Car c’est drôle, il faut se divertir.

La grande question est de savoir si devant l’énormité de la chose, les lignes vont bouger, si un Becker, Wilander ou McEnroe, voix respectées mais traînant aussi des casseroles, vont parler. La frontière entre l’aide médicale et le dopage étant souvent poreuses, les intérêts économiques énormes, Noah a raison, il faudrait peut-être légaliser le procédé.

Le tennis a connu d’autres soubresauts.

Pensez-vous, depuis sa naissance en 1874, 137 ans donc, Nadal et Djokovic passeront dans vingt ans pour des épiphénomènes. Rod Laver ne s’y trompant pas, classe les champions, par ancienne époque, et nouvelle époque, pour éviter du moins de mélanger les torchons, avec Rosewall, Gonzales ou lui-même, et chosifié un peu ces robots. Quand on pense que ce même Rod Laver allait jouer jusqu’en Somalie pour un cachet, alors que le grand Nadal se plaint d’un calendrier, trop chargé, pour ses articulations. Nous n’avons pas les mêmes valeurs monsieur l’huissier. Ce jeu aristocratique, éminemment même, n’était en aucun cas destiné à être pratiqué, par la plèbe. On peut remonter au jeu de paume, celle d’une salle du château de Versailles investit par les députés du tiers-état en 1789, venus y rédiger une fameuse déclaration, pour comprendre son origine élitiste. Aux vues du résultat actuel, on ne peut que donner raison au Major Clopton dont tout le monde parle sans rien connaître.

Face à ce constat, il existe trois attitudes possibles: premièrement la méthode journalistique, deuxièmement la méthode intellectuelle. Et puis, il y a la méthode Gunther Parche, personnage oublié mais central dans l’histoire du tennis.

1 - La méthode grégaire ou économique.

Les journalistes qui doivent bien manger, ont la nécessité de payer leur facture, seraient joueurs, écrivains ou que sais-je, s’ils avaient pu faire autrement, se contentent de superlatifs sur une finale de 6 heures. Rendez-vous compte ma bonne dame, Lendl et Wilander n’avaient fait que 4h20 en 4 sets, d’ennui certes déjà, en finale de Roland 1987, il y a 25 ans. C’est bien la preuve donc que. 6 heures, c’est comme un quadruple bigmac, avec quintuple sundae et trois litres de coca.

Difficile de répondre à tant d’intelligence.

2 - La méthode intellectuelle ou politique.

Les deux plus grands joueurs de l’histoire combattent le mal par la rhétorique, pour ne pas donner d’importance aux pharisiens. Rod Laver se contente sobrement d’affirmer que:

«Federer joue comme on doit jouer au tennis.»

Le même natif du canton bâlois, un homme jamais considéré comme stupide combat la nullité ambiante par des sentences définitives. A la question de savoir à la veille de son millième match professionnel contre Del Potro - qui serait bien avisé de revenir dans la danse et de dégager au minimum Murray-, lequel fut le plus grand, répond naturellement:

«Le plus grand match disputé est contre Sampras à Wimbledon en 2001.», alors qu’inconnu de presque 20 ans, il n’était qu’un espoir. Et qu’il perdit ensuite en quart contre... Mario Ancic.

On pourrait demander au lecteur-écolier de relever les deux euphémismes ou sous-entendus, de ces phrases lapidaires. Vous avez une minute. Corrigé: le tennis mécanique de roturiers, de parvenus dans une époque décadente, ne mérite même pas d’être nommé. La plèbe c’est bien quand elle s’appelle Borg, Lendl ou Wilander. Le suffrage universelle directe est une connerie.

On peut penser que Roger Federer éprouve un mépris sourd, proche d’un dégoût d’une rare intensité envers le personnage Rafael Nadal. De là à penser que ces défaites viennent de là... «Là tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté.»

3 - Gunther Parche: la méthode terroriste.

Personnage central, volontairement relégué dans l’histoire du sport moderne et du tennis, déclaré atteint de troubles psychologiques pour régler le problème, est celui qui a permis à Steffi Graf d’être officieusement la plus grande joueuse de tennis de l’histoire, et à Monica Seles, de rester une simple championne. Il a bien réussit son coup pourrait-on dire. Rappel de l’histoire. Ne supportant pas la suprématie de Seles sur Graf depuis quelques années, il a choisi l’action directe: poignarder Seles, et rendre sa place de numéro 1 à Steffi Graf. Et personne n’a rien trouvé à redire à ce geste, le tournoi de Hambourg continuant gentiment, Sanchez le remportant contre la fameuse Steffi. On peut imaginer que Gunther n’aurait pas agit ainsi si une Sabatini ou une Hingis, aux qualités d’attaques et tactiques, avait détrônée son idole. Comme presque tous, je préférais Steffi à Gabriella ou Hingis, et j’avais du mal à encadrer Seles. De là à avoir des idées de meurtre... Gunther ne supportait pas que l’esthétisme et la puissance allemande soit mis en échec par une roturière Serbe, poussant des cris d’animaux à chaque frappe, ayant comme rêve de devenir une pop star américaine, de fuir son pays de misère, pour rejoindre l’aristocratie occidentale. C’est bien ça que ne supportait pas Gunther Parche, dans sa logique meurtrière. L’avènement de la machine Serbe supplantant le ballet du déplacement allemand. Gunther n’était pas fou, il était monomaniaque, n’avait pas d’autres intérêt que le tennis féminin. Et comme tout monomaniaque, il a fini par commettre l’irréparable.

Cependant il a raté son coup. Temporellement oui, il a bien bousillé la vie de Monica et montré le cynisme du circuit, rendu son trône et pour longtemps à Graf. Mais aujourd’hui, la gloire est à Monica Seles, qui est la mère de toutes les joueuses actuelles, échappant à la misère sordide de l’Est, à coup de raquette, où ce sport d’élite, n’est devenu qu’un simple rapport de force. Comme de la boxe, mais en beaucoup plus rémunérateur.

Revenons à notre hydre serbo-majorquin, et tentons de trouver une méthode. «La vérité attend, seule le mensonge est pressé.» pensait Zola, un sacré joueur dans son genre de la fin du XIX ème siècle. On a vu historiquement que le terrorisme ne donne pas de solutions, et ne sert qu’à conforter les régimes en place, le récent 11 Septembre en étant une belle illustration. «Patience et longueur de temps font mieux que force et courage.» On peut remercier Novak d’avoir perdu tout seul le quatrième set, ce qui aurait encore permis d’atténuer les doutes sur la propreté du combat. Et d’avoir remporter de façon improbable le cinquième pour ne pas lire des stupidités sur le retour de Nadal... qui a vaincu le signe indien... une saison 2012 haletante... un champion hors-norme... du journalisme. Il est fort à parier que ce spectacle de Dimanche, qui tient plus de la foire, de la médecine et du cirque, que du sport, ne sera pas sans effet sur ce sport.

Et que Rodney et Roger auront encore raison. Sûr, et hors du terrain.

par Lolo.

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par minideniers

le 31 janvier 2012 à 10H53

Roger, Gunther, et les autres

Salut Lionel, ça fait plaisir de te lire. Ca attaque sec, j’aime.

Juste une chose me turlupine. Si on avalise ta thèse du tous dopés depuis Puerta Nadal notamment, pourquoi Federer échapperait à la saillie ? Le Dieu Roger est-il trop noble pour s’adonner à de si basses pratiques ? Perso je préfère mille fois Federer aux 2 autres pour la variété et l’esthétisme de son jeu, mais je vois pas pourquoi il se doperait moins, j’imagine qu’il y a autant accès que ses collègues espagnols ou serbes

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par La régie française du kif

le 31 janvier 2012 à 11H14

Roger, Gunther, et les autres

Excellent article Lolo, rien à retrancher ni à ajouter.

"Gunther n’était pas fou, il était monomaniaque, n’avait pas d’autres intérêt que le tennis féminin." Ptdr de ouf

D’ailleurs on voit sur la photo qu’il y est pas allé avec une petite cuillère ce brave homme.

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par Lezard

le 31 janvier 2012 à 11H57

Roger, Gunther, et les autres

ouais, pas convaincu ; j’ai vu une partie de la finale (jusqu’au milieu du 3ème set, mais c’était trop chiant), je n’ai pas senti de signe de dopage évident chez les 2 joueurs, surtout chez nadal que j’ai troubvé un peu court par moments ; très étonnant par rapport à d’autres matches sur d’autres surfaces

ok c’est des bêtes physiques, le reste n’est pas certain ; c’est un peu facile de balancer comme ça, démarche très intello en fait

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par Lionel

le 31 janvier 2012 à 13H12

Roger, Gunther, et les autres

Salut Minideniers, laissé au temps de la jeunesse à Miossec, retrouvé.

Avec Lezard, vous me demandez ni plus ni moins de prouver l’existence de Dieu - pour les pauvres tout de même - , qui comme l’affaire du dopage, a été vu par très peu de gens. Et dont on a fait disparaître les preuves, à la source, ou Fuentes, en espagnol.

On peut continuer parole contre parole. Et faire le pari pascalien, de croire en l’existence de l’innocence, pour gagner à coup sûr... sauf que Nadal et Djokovic n’ont rien de divin.

On peut aussi écouter de nombreux témoignages, qui comme Santoro, richissime, presque quadragénaire, et qui n’a plus rien à perdre ou gagner, dit que Federer est le seul à ne pas se charger. Et d’autres témoignages.

Mais aussi, on peut faire parler son expérience sensible. Toi, Lézard, jeune puis vieux joueurs de tennis, tu dois bien savoir que ce n’est pas possible, même avec tous les entraînements du monde de cogner comme un sourd, pendant 11 h, avec une intensité 100 fois supérieure à la notre, sans avoir de grosses baisses de régime. Car un homme n’est pas un robot. Je vois chez Federer ou même chez un Murray, ou un Del Potro, de nombreuses baisses de régime. Car, arrêtons les stupidités sur " les sportifs de hauts niveaux " , ce sont des êtres humains, qui restent très faillibles.

On a pris une bonne dizaine d’argentins, des gars de l’Est et 0 français, espagnols, et un américain loin au classement, Odizer ou nom comme ça.

Quand j’entends Moya, dont je répète qu’il est gentil et propre sur lui, dire que " J’ai vu les sportifs espagnols, Ferrer et Nadal, cela n’a rien à voir niveau entraînement. " No comment.

Tu as étais jeune, moazaussi, et à 15 ans, j’aurais été prêt à rester 20 h comme un fou sur un court, comme des millions de gars pour gagner Roland, pluôt que les boulots alimentaires que nous faisons. Donc voilà, je n’ai pas vu, cela ne trouble pas mon sommeil en fait, je dis juste qu’un gars qui connaît un peu le sport comme toi, doit arrêter de se mentir.

Je ne dis pas que Roger prend juste 4 cafés comme moi ce matin avant d’aller courir - 1h30 sous la neige - , je n’en sais rien n’ont plus. Je sais aussi que Rafa n’est pas un génie, mais je connais aussi les effets secondaires, quelqu’un dans un état normal, pousserait-il des cris de putois, avec des yeux exorbités à chaque point gagné.

Voilà, on peut continuer le jeu, je n’ai effectivement, aucune preuve, au sens scientifique du terme.

Un truc aussi, avoir une démarche " intello " n’est pas un défaut j’espère.

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par Coach Kévinovitch

le 31 janvier 2012 à 13H51

Roger, Gunther, et les autres

Ton texte pourrait être pertinent s’il n’était pas parasité des jugements arbitraires se basant sur des idées reçues ou des clichés qui ne valent pas tripette. Dommage....

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