2008, une saison au rabais ?
Champion du monde des pilotes de F1 en 2008, Lewis Hamilton (McLaren Mercedes) n’eut qu’un seul rival, Felipe Massa (Ferrari). Les trois autres ténors du peloton, Robert Kubica (BMW), Kimi Raikkonen (Ferrari) et Fernando Alonso (Renault) ne purent défendre leurs chances pour diverses raisons ... Au final, le millésime 2008 ne fut pas aussi élevé que ça, comme le prouvent les nombreuses erreurs des deux duettistes.
- Les statistiques: avec seulement 5 victoires pour Lewis Hamilton champion du monde 2008, il fallait remonterà Alain Prostcouronné en1989 pour trouver trace d’un pilote sacré avec moins de succès au compteur sur l’ensembled’une campagne mondiale(4 victoires avec McLaren-Honda).
Et si l’on prend en compte les6 victoires pour le dauphin Felipe Massa, soit 11 victoires pour le tandem Hamilton - Massa, là aussi hormis le tandem M.Schumacher - Raikkönen de 2003 (7 victoires cumulées), il faut remonteràla paire Häkkinen - Irvine (9 victoires cumulées)du médiocre championnat 1999 pour trouver pire résultat final.
En terme de points, Hamilton fut sacré champion du monde 2008avec 98 points en 18 courses,pour 5 victoires (Melbourne, Monaco, Silverstone, Hockenheim, Shanghaï), 2 deuxièmes places (Istanbul, Valence),3 troisièmes places (Barcelone, Spa Francorchamps, Singapour), 3 cinquièmes places (Sepang, Budapest, Interlagos) et 1 septième place (Monza). Sur le barème ayant eu cours de 2003 à 2009, seuls Michael Schumacher en 2003 (93 points en 16 courses) et Jenson Button en 2009 (95 points en 17 courses) ont moins scoré. Mais à la moyenne, le Kaiser et le futur coéquipier de Black Senna chez McLaren avaient fait mieux que le pilote au casque jaune lors de sa campagne 2008: 5.44 points pour Hamilton 2008, contre 5.59 pour Button 2009 et 5.81 pour Schumacher 2003.
Avec l’ancien barème (1991-2002), Hamilton aurait donc marqué 80 points en 18 courses... Seul un pilote fut sacré champion du monde avec un score plus faible, Mika Häkkinen en 1999 avec 76 points en 16 courses, lors d’une campagne bien terne où le Finlandais, orphelin du Kaiser après Silverstone, fut incapable de rester motivé et concentré vers l’objectif suprême, le titre mondial ... Quant à la couronne mondiale de Jacques Villeneuve en 1997, imposture notoire, elle fut acquise avec 81 points en 17 courses. Là aussi, à la moyenne, Hamilton 2008 (4.44 points par course)fait moins bien que Häkkinen 1999 (4.47)ou Villeneuve 1997 (4.76).
Dernier point, Hamilton ne l’emporta qu’à l’ultime course, pour un seul point (98-97 contre Felipe Massa), fait pas si courant ... Nelson Piquet en 1981(50 points contre 49 à Carlos Reutemann), Niki Lauda en 1984 (72 contre 71.5 à Alain Prost),Michael Schumacher en 1994 (92 contre 91 à Damon Hill)et Kimi Raikkonen en 2007 (110 contre 109 à Lewis Hamilton) ne firent pas mieux que Lewis Hamilton. Mais la saison 2007 fut d’un niveau bien plus élevé, Iceman l’emportant de façon exceptionnelle face aux jumeaux McLaren, Hamilton et Alonso. Le Finlandais avait porté au pinacle l’art de l’attaque, portant l’estocade à Woking lors de la manche finale, à Interlagos ...
Un an plus tard, Hamilton l’emportait sur le fil devant Massa, dépassant Timo Glock dans un climat de polémiques. Virtuellement champion du monde pendant une trentaine de secondes, le Brésilien perdit cruellement la couronne mondiale 2008 quand Hamilton coupa la ligne en 5e position au volant de sa flèche d’argent. Mais ce sacre acquis à l’ultime seconde ne légitime pas le titre de Lewis Hamilton aux yeux de beaucoup d’observateurs. Malgré une belle saison 2010 qui l’a vu concurrencer Vettel et Alonso jusqu’au show-down d’Abu Dhabi, Hamilton cherche encore à légitimer sa couronne mondiale de 2008, certains considérant Felipe Massa comme le vainqueur moral de ce 59e championnat du monde ... Et le fait d’être copieusement dominé par Jenson Button en 2011 chez McLaren n’a pas renforcé la côte de Lewis Hamilton, passé de la caste des intouchables en 2007 au rôle d’outsider permanent ou pire, d’espoir déçu, de piètre successeur de Mansell ou Montoya, artistes incapables de régularité ... Comme le disait Alonso fin 2007, on peut opposer à un pilote qu’il a gagné son premier titre car il avait la meilleure voiture, son deuxième titre car son coéquipier était plus faible, mais on ne peut plus rien opposer après un troisième titre.
Il reste encore deux marches à franchir pour Hamilton, champion méritant en 2008 mais qui avait cependant une voiture d’exception avec la MP4/23, et un coéquipier aux airs de second couteau, Heikki Kovalainen. Dommage pour Lewis, car sans quelques péchés d’orgueil regrettables (Shanghai 2007, Monza 2010, Singapour 2007), il serait déjà triple champion du monde, et inattaquable au panthéon de la F1, telle son idole de jeunesse, l’inoubliable Ayrton Senna. Sensible à la légende de la discipline, Hamilton a toujours déclaré vouloir briller de mille feux comme Senna, et de battre le record des 7 titres de Schumacher. Mais avant d’égaler des virtuoses comme Nuvolari, Fangio, Clark, Lauda, Prost, Senna ou Schumacher, l’Anglais devra déjà conquérir le titre de meilleur pilote de sa génération. Face à Vettel et surtout Alonso, cette tâche a des airs de travaux d’Hercule, pour un pilote qui peine tant à reproduire l’euphorie de 2008.
- Le contexte et laqualité de l’opposition: A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ... Ce reproche a été souvent adresséau Kaiser Schumacher lors de son hégémonie au début des années 2000. L’ogre allemand avait porté Ferrari au pinacle de la F1, et s’avéralongtemps indétrônable. Seule l’érosion du temps putcontribuer à son déclin, et l’usure du pouvoir ne fitson oeuvre qu’en 2005.Il serait faux de dire que Lewis Hamilton a dominé un championnat du monde complètement dévalué, mais le pilote anglais et son casque jaune ont profité d’un contexte favorable. Seul Felipe Massa avait réellement les moyens de briguer la couronne contre le rookie de 2007. Ni Alonso, ni Kovalainen, ni Raikkonen, ni Kubica ne furent en position de l’emporter. Orphelin des gommes Bibendum en 2007, Renault touche le fond au printemps 2008. Malgré le retour au bercaild’Alonso, le Losange continue de décliner, empruntant le chemin de Benetton en 1996-1997, suite au départ de Schumacher fin 1995 pour la Scuderia Ferrari. Si Michelin ne reviendra pas, le retour du pilote d’Oviedo à Enstone est une lueur d’espoir. Car Alonso a quitté Woking fâché. A ses yeux, Ron Dennis a franchi le Rubicon, méprisant son statut de double champion du monde et le contrat signé fin 2005.Excédé par sa cohabitation volcanique chez McLaren en 2007 avec Lewis Hamilton, le double champion du monde espagnol exige dès son retour à Enstoneun traitement à la Schumacher ... Pas de fauve à ses côtés, et les pleins pouvoirs. Briatore lui accorde cette faveur que Ron Dennis n’avait jamais cédé à Woking, en contrepartie de la perte pour Alonso d’uneflèche d’argent hyper-compétitive.L’Asturien récupère un bolide imparfait pour 2008. Stakhanoviste, Alonso travaillera d’arrache-pied pour faire progresser la R28. En début de saison, le Taureau des Asturies ne réussit qu’un mince exploit, une première ligne aux côtés de Räikkönen au Grand Prix d’Espagne, à domicile ...Sans un matériel compétitif, très loin du niveau des top teams McLaren et Ferrari, le champion dumonde 2005 et 2006 était donc condamné une saison dans l’ombre, le titre mondial 2008 étant pour lui utopique.La réaction d’orgueil d’Alonso,plein de panacheen fin de saison 2008, ne suffira cependant pas à le faire plébisciter meilleur pilote de l’année, tant l’étoile de Robert Kubica aura brillé également dans la galaxie F1 ...
Le jeune Polonais, après avoir appris gentiment le métier de pilote de F1 en 2007 comme coéquipier de Nick Heidfeld, prouve que Mario Theissen avait eu raison de congédier Jacques Villeneuve en 2006 après Hockenheim. Le podium du pilote de Cracovie à Monza, dès sa troisième course, ne serait pas un feu de paille. Exemplaire, Kubica pointait en effet en tête du Mondial devant les favoris Hamilton, Massa et Raikkonen après une stupéfiante victoire au Canada, sur le circuit Gilles-Villeneuve où il avait frôlé la mort en 2007. Avec une seule erreur durant la saison, sous la pluie de Silverstone, Kubica a montré son étoffe de champion face aux autres gladiateurs de la vitesse. Au sein de l’élite, le Polonais a prouvétrois vertus magistrales: régularité implacable, imperméabilité face à la pression, propension à éviter les erreurs. Sa victoire au Canada le condamna involontairement. Mario Theissen avait alors atteint son objectif de la saison en décrochant ces premiers lauriers sur le circuit québécois de l’île Notre-Dame. BMW, désireux de développer son future bolide pour la saison 2009, qui sera celled’un nouveau règlement technique,décida donc de brider le développement de la F1.08. Le bureau d’études de Hinwil planche alors, durant l’été 2008, sur la F1.09 et ce, de façon exclusive. A cause de cette étrange politique, l’écurie allemande fait de sa monoplace courante une terre en jachère, orpheline de ses meilleurs ingénieurs. BMW spécule sur un avenir radieux alors que la ruée vers l’or de 2008 n’a pas livré son verdict. Mario Theissen commet une erreur doublement impardonnable alors que la marque à l’hélice peut décrocher leGraal, 25 ans aprèsavoir atteint lezénith avec Nelson Piquet, champion du monde sur Brabham BMW en 1983 ... Faute de stratégie globale sur la campagne mondiale 2008, etmanque d’ambition criant. Mettant tous ses oeufs dans le même panier dans l’optique de 2009, l’écurie bavaroise sacrifie son pilote sur l’autel d’un futur censé être meilleur. Ce ne sera pas le cas, au grand dam de l’état-major münichois...Privé d’une F1 capable de suivre les développements de McLaren et Ferrari, Kubica réalise encore quelques podiumsaprès sa victoire au Canada: Valence, Monza, Fuji. Mais BMW Sauber s’est tirée elle-même une balle dans le pied. Du Capitole à la Roche Tarpéienne, il n’y a qu’un pas, et BMW l’a franchi volontairement!
Champion du monde 2007, Kimi Räikkönen débute la saison sur les chapeaux de roue. Vainqueur à Sepang et Barcelonesans se départir de sa placidité habituelle, Iceman semblait parti pour décrocher un deuxième titre consécutif. Mais Felipe Massa prit l’ascendant face à un pilotedémotivé,bien qu’ilparvint à décrocher 10 fois le meilleur tour en course. Une ultime démonstration desa virtuosité sous la pluie de Spa Francorchamps, son fief, malheureusement vaine, condamnait Kimi à perdre sa couronne chèrement acquise. Fin 2009, le Finlandais Volant, digne héritier de Mika Hakkinen,mettrait un terme à sa carrière, désireux de s’offrir une année sabbatique, comme Niki Lauda fin 1979 ouAlain Prost fin 1991.S’il n’avait rien perdu de son talent, comme allait le prouver son exceptionnel été 2009, où Iceman porterait le destin de la Scuderia sur ses seules épaules, Raikkonen n’était plus, dès 2008,l’étincelant pilote capable d’aller chercher les derniers centièmes à la limite des trajectoires ... Un pilote démotivé ne peut plus en concurrencer un autre qui a le couteau entre les dents. Le Viking fut aussi malchanceux à plusieurs reprises: au Canada (percuté par Hamilton), en France (doublé par Massa car victime de problèmes mécaniques), à Valence (moteur cassé).
Enfin, son compatriote Heikki Kovalainenservit d’agneau sacrifié de Woking. Poleman à Silverstone, vainqueur à Budapest après l’abandon cruel de Felipe Massa,le Finlandais, transféré de chez Renault pour remplacer Alonso reparti à Enstone/ Viry, n’était pas le premier choix de McLaren pour 2008. Le veto de Nico Rosberg, désireux de rester maître de son destin chez Williams plutôt que de servir de porteur d’eau à Lewis Hamilton, ouvrait la voie au transfert de Kova dans l’écurie McLaren Mercedes.Mais malgré le credo d’équité toujours défendu officiellement par Ron Dennis chez McLaren, Heikki Kovalainen succéderait à Alain Prost, David Coulthard, Juan Pablo Montoya et Fernando Alonso dans la liste des pilotes n’ayant pas la faveur de Woking. Mais pour la première fois, Ron Dennis assuma publiquement ce statut, comme en témoigne le dépassement si aisé de Hamilton sur Kovalainen à Hockenheim ... Cependant, l’envergure du Finlandais n’est pas celle d’un champion du monde en puissance, comme le prouva la course de Monza. Hamilton relégué dans le ventre mou du peloton après un samedi catastrophique, Kovalainen aurait pu saisir sa chance en première ligne. Mais il fut battu à plate couture par un époustouflant pilote nommé Sebastian Vettel, dans le cockpit de sa modeste Toro Rosso. Sur l’autodrome lombard, Kovalainen prouva involontairement qu’il n’avait pas la dimension requise pour mériter le statut de pilote n°1 d’un top team.
- Les erreurs: Lewis Hamilton et son dauphin FelipeMassa ont multiplié les fautes de pilotage en 2008. Si le pilote au casque jaune a été l’auteur de courses splendides (Istanbul, Monaco, Silverstone, Hockenheim, Francorchamps, Shanghaï), il a également commis beaucoup d’erreurs. Pour sa deuxième saison dans l’élite, Hamilton a montré ses limites: percutant Alonso à Sakhir, il ruina sa course. Au Canada, le Britannique détruisit stupidement sa flèche d’argent sur la Ferrari de Kimi Raikkonen. A Fuji, il rata son départ, tentant de bloquer le Finlandais,avant de s’accrocher quelques tours plus tard avec son rival pour la couronne, Felipe Massa ... Ce dernier n’était pas en reste. Après deux courses, Massa était nanti d’un zéro pointé. Les journalistes italiens réclamaient à Ferrari la tête du pilote brésilien. Avec l’épée de Damoclès sur la tête, Massa sauva son baquet au sein de la Scuderia par une victoire à Bahreïn. Plusieurs fois piégé sous la pluie de Silverstone, le Pauliste fut indigne d’un candidat au titre lors du Grand Prix de Grande-Bretagne, que son rival Hamilton survola de sa classe ... Piégé à Singapour par la faute de la Scuderia (le tuyau d’essence partant avec la Rossa ...), le Brésilien fut médiocre à Fuji, indigne du money time. Comme son alter ego britannique, Massa afficha en fin de campagne un visage relativement médiocre, à l’exception du final d’Interlagos, se sublimant à domicile. Hamilton, lui, avait su relever le défi de Shanghaï, sortant la guillotine au moment opportun.
Mais face à la pression allant crescendo, course après course, les deux duettistes avançaient àun train de sénateur. Si bien que la fable du lièvre et de la tortue qu’incarnaient involontairement les leaders respectifs de Woking et Maranello montra leur faiblesse au grand jour.
Se regardant en chiens de faïence au classement, Hamilton et Massa avancèrent à pas de fourmi après Valence. Nantis de70 et 64points chacun après le Grand Prix d’Europe, ils en recueillirent par la suite28 et 34 respectivement entreSpa Francorchampset Interlagos. Sur le money time, sur les six dernières courses de la saison, Massa et Hamilton furent surclassés par Alonso (43 points) et talonnés par le jeune espoir allemand Vettel (26 points).
- la pression: Hamilton montra à plusieurs reprises des signes de nervosité. A Silverstone en qualification, où il rata sa séance pour ne se classer que 4e devant son public, déçu en pleine "Lewis-mania". A Fuji où il perdit son sang-froid . A Interlagos où il décrocha le titre in extremis avec une course anonyme, se faisant déposer par Vettel sous la pluie dans les derniers tours, l’Allemand exploitant sa Toro Rosso avec un culot monstre. Mais Felipe Massa ne fut guère plus brillant dans ce domaine, ratant son début de saison face à son champion du monde de coéquipier, Kimi Raikkonen. Désireux de prouver sa valeur à Stefano Domenicali, le Brésilien se mit à surconduire, phénomène bien connu, et se fourra dans un guêpier dont il se tira in extremis à Sakhir ... Dominé par Raikkonenbien que vainqueur à Magny-Cours, médiocre sous la pluieà Silverstone, transparent à Hockenheim, pâle à Spa Francorchamps où il récupéra chanceusement la victoire sur le toboggan ardennais, décevant à Fuji, aidé par Iceman à Shanghaï (juste contrepartie du geste de Massa au Brésilenvers Raikkonenfin 2007), le Pauliste fut bien souvent paralysé par l’enjeu, incapable de surclasser les pilotes le précédant quand il ne partait pas en pole, son schéma favori pour viser la victoire. Et il fut inexistant à Spa, temple du pilotage, comme à Silverstone et Monza, là où Hamilton eut au moins le mérite de briller sur les quatre circuits piliers de la F1: Monaco (vainqueur), Silverstone (vainqueur), Spa Francorchamps (vainqueur disqualifié, auteur d’une poursuite pleine de panache derrière Kimi) et Monza (auteur d’une remontée exceptionnelle sous la pluie).
Champion du monde 2008 pour sa deuxième saison, Hamilton a couru avec panache lors de cette saison 2008.
Mais le pilote au casque jaune, meilleur rookie de l’Histoire de la F1, a aussi gaspillé deux belles chances de remporter la couronne.
En 2007, par la faute d’un péché d’orgueil en Chine avant de commettre une erreur de jeunesse au Brésil en voulant à tout prix dépasser Alonso dans les S de Senna (après quoi la boîte de vitesses de sa McLaren se bloqua, réléguant le métis en queue de peloton)
En 2010, par la malchance d’une crevaison en Espagne à 3 tours de la fin, ce qui le priva de 18 points précieux (240 contre 256 au champion Vettel), mais aussi par des erreurs personnelles en Italie et à Singapour
Bref, Lewis Hamilton tend de plus en plus à ressembler à des pilotes comme Nigel Mansell ou Juan Pablo Montoya, virtuoses sur un tour, mais spécialiste des occasions manquées.
A lui de se reprendre, mais il semble que 2012, avec déjà beaucoup de points perdus en 6 courses (par la faute de Woking plus que par celle du pilote), soit une nouvelle saison sans titre pour l’homme qu’on voyait un peu vite succéder au Kaiser comme terreur des circuits ...
En 2012, dans un championnat indécis où Raikkonen, Webber et Rosberg n’ont pas dit leur mot, pas plus qu’Hamilton, Fernando Alonso et Sebastian Vettel restent les deux grands favoris pour s’attribuer le titre, ce qui serait le 3e pour l’Espagnol comme pour l’Allemand.
Bonjour Axel. Dans ton résumé de la saison 2008, tu oublies un aspect particulièrement important. La fiabilité du V8 Mercedes de la McLaren de Hamilton lui a permis de remporter la couronne. A Budapest, Massa prend un départ surprenant en faisant la nique aux McLaren par l’extérieur avant de s’envoler vers la victoire. A trois tours du but, la moteur de la Rossa cèda privant le Brésilien de 10 points décisifs.
Hamilton fut certainement plus serein en piste mais moins efficace. Bénéficiant d’un statut très officiel de n°1 là où Massa a du surclasser Raikkonen, je trouve que le pilote Ferrari fut le plus méritant, inconstestablement. Et puis, l’attitude de Hamilton vis-à-vis de Raikkonen tout au long de la saison fut proprement scandaleuse... Jusqu’à ce que le Britannique se rue sur la Ferrari du champion du monde lors du départ du GP du Japon, condamnant de fait les chances du Finlandais au championnat.
Se désignant successeur légitime de Senna, s’autoproclamant comme celui qui battera le record de titres mondiaux de Schumacher, Hamilton a oublié d’être humble et on retient plus de la saison 2008 l’éclosion de Kubica ou le retour d’Alonso que le titre de Hamilton. Pas très besogneur, fantasque,mais très talentueux, Hamilton est un successeur de Mansell, c’est une évidence. Il n’a pas le niveau d’un Senna.
Salut Jayce,
Oui comme toi, je suis convaincu qu’Hamilton, casque jaune ou pas, prend de plus en plus le chemin d’un héritier de Mansell et non de Senna, comme ce fut le cas pour Juan Pablo Montoya. Le destin du Colombien, étincelant pour sa 3e course en 2001 à Interlagos, fut rapidement de subir la domination écrasante du Kaiser, et de multiplier les fautes de pilotage, ce qui lui coûta le titre en 2003 malgré une très belle campagne.
L’idole de Lewis était d’un autre niveau, celui qu’Alonso a désormais atteint, portant littéralement Ferrari en 2011 et 2012 au maximum de son talent.
C’est vrai que le V8 Mercedes était super fiable, la première casse mécanique en carrière d’Hamilton intervenant aux Emirats Arabes Unis en 2009 (seulement !), c’est à dire l’ultime GP de sa 3e saison en F1 !
En aparté de cette saison 2008 de F1, bonne opération pour Red Bull et Ferrari à Monaco.
Le fait que Felipe Massa finisse 6e prouve que la Scuderia va beaucoup mieux, et c’est une excellente nouvelle pour Alonso qui peut envisager de façon pérenne d’enchaîner les podiums, clé pour aller décrocher son 3e titre mondial.
La descente aux enfers de Button se poursuit, tandis qu’Hamilton limite la casse mais devra vite se reprendre au Canada s’il veut limiter la fuite de Vettel et Alonso au classement. McLaren va très mal, et Whitmarsh ne semble pas plus inquiet que cela alors que Woking avait débuté sur les chapeaux de roue. Voir les Gris gaspiller des points ainsi devrait le conduire à prendre des mesures fortes ... Clairement, Whitmarsh n’arrive pas à la cheville de Ron Dennis en terme de team management, tout comme Domenicali face à Todt. Eric Boullier (Lotus) et Christian Horner (Red Bull) sont bien meilleurs que Whitmarsh et Domenicali, qui ont pourtant eu l’avantage d’apprendre le job en tant qu’adjoints de Dennis et Todt.
Déception pour Lotus mais comme l’a dit Iceman, je pense qu’il ne faut pas les enterrer trop vite après leur mauvais week-end sur le Rocher.
Sinon, Rosberg confirme qu’il est bien un pilote de grande classe avec une Mercedes que le Kaiser aurait mérité de faire partir en pole.
Le destin semble s’acharner sur Schumacher depuis 2010, après lui avoir souri tant de fois entre 1991 et 2006.
Avec 6 vainqueurs différents puisque Webber l’a emporté dimanche dernier, la F1 est plus indécise que jamais.
Et on pourrait monter jusqu’à 10, car Schumacher, Hamilton, Raikkonen et même Grosjean sont théoriquement capables d’enlever un GP en 2012.

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