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le 21/11/2011

La dictature du Super Saturday


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Depuis 1984, l’US Open propose un programme exceptionnel lors du samedi de clôture, les deux demi-finales du tableau masculin encadrant la finale féminine. Les deux vainqueurs des demi-finales hommes enchaînent ensuite sur la finale, le dimanche, pour un week-end stakhanoviste. Le tournoi new-yorkais a cédé face à l’influence des télévisions, au détriment du respect des joueurs, dont les organismes sont usés par les cadences infernales du calendrier ATP.

C’est en 1984 que l’US Open inaugure le Super Saturday, désormais honni par les joueurs puisqu’il est une hérésie suprême compte tenu des besoins de récupération à un tel niveau de la compétition.

Et contrairement aux idées reçues, Roland-Garros n’est pas le tournoi le plus exigeant du monde sur le plan physique. Certes, personne ne sort indemne des joutes qui se nouent sur l’ocre parisien, mais l’US Open et son decoturf new-yorkais, ciment terrible pour les articulations, est un véritable enfer pour le corps des joueurs, déjà bien entamé par les deux premiers tiers de la saison lorsque sonne le départ de la quatrième levée du Grand Chelem, fin août.

Refusant viscéralement de s’adapter aux tendances modernes, l’US Open est un irréductible. L’Open d’Australie et Wimbledon ont désormais un toit anti-pluie sur leur Central Court. Rien de tel à New York, qui ignore même les célèbre bâches utilisées à Roland-Garros lorsque les dieux du ciel ont décidé que le tennis devait faire une pause forcée ...

Les célèbres night sessions de l’US Open, dont sont si friands les spectateurs des courts Louis Armstrong et Arthur Ashe, ne sont guère appréciées des gladiateurs qui combattent dans l’arène.
Les joueurs sont parfois contraints de se coucher très tard par la faute de ce système imposé par les télévisions américaines.

Mais s’il y a bien une chose que les joueurs, Rafael Nadal en tête, voudraient voir disparaître dans l’organisation du tournoi new-yorkais, c’est le Super Saturday.

Du haut de leur tour d’ivoire, les organisateurs de l’US Open ont toujours mis leur veto à l’abandon de ce symbole qui existe dfepuis 1984 à Flushing Meadows.
Fin 2011, on a cependant appris que la finale masculinde l’US Open se jouerait désormais le lundi, et non plus le dimanche, lendemain du terrible et craint Super Saturday.

Dans tous les autres tournois du Grand Chelem, les demi-finales du tableau masculin sont disputées le vendredi précédant la finale. L’US Open fait exception, proposant les joutes du dernier carré le samedi.

Les deux demi-finales hommes encadrent la finale dames, pour un triptyque exceptionnel qui compose le Super Saturday.
Le colossal appétit des chaînes américainesa donc étésatisfait de 1984 à 2011par les organisateurs de l’US Open, avec un samedi en forme de grand-messe du tennis ...

Il est utopique de croire que le Super Saturday sera abandonné, compte tenu des revenus publicitaires qu’il engendre sur les tubes cathodiques d’outre-Atlantique. En faudra-t-il arriver à un boycott des joueurs?

Et le destin a voulu que le Super Saturday inaugural, celui de 1984, soit un millésime exceptionnel, permettant ensuite de pérenniser la formule en souvenir de ces débutssur les chapeaux de roue.

Le public américain, devant ses tubes cathodiques, guette les exploits de ses champions.
Tout est réuni pour faire de cette édition 1984 un chef d’oeuvre tennistique.

Primo, en ce samedi de septembre 1984, quatre des six acteurs sont américains: John McEnroe et Jimmy Connors chez les messieurs, Chris Evert et Martina Navratilova chez les dames.

Secundo, à l’exception de la tête de série numéro 4 du tableau masculin (le Suédois Mats Wilander), les meilleurs sont tous présents au rendez-vous. Les têtes de série 1 et 2 du tableau féminin, Martina Navratilova et Chris Evert, les têtes de série 1, 2 et 3 du tableau masculin, John McEnroe, Ivan Lendl et Jimmy Connors. Seule exception à la règle, la tête de série numéro 15, l’Australien Pat Cash, tombeur de Wilander en quarts de finale.

Les joutes proposées tiennent toutes leurs promesses. Implacable numéro 1 du tennis mondial en cette année 1984, John McEnroe se défait de son compatriote Jimmy Connors en cinq sets d’un combat acharné: 6-4, 4-6, 7-5, 4-6, 6-3.

Puis, Martina Navratilova bat Chris Evert 4-6, 6-4, 6-4 en finale du tournoi masculin.

Ce samedi se clot en apothéose par la victoire homérique d’Ivan Lendl sur Pat Cash, en cinq sets très disputés, 3-6, 6-3, 6-4, 6-7, 7-6.

Le principal problème du Super Saturday est la récupération entre le samedi et le dimanche dans l’optique de la finale du tableau masculin.

Si un des deux finalistes ne récupère pas complètement de ses efforts du samedi, la finale du dimanche risque d’en souffrir et de tourner à la punition, signe d’un déséquilibre dans le combat du physique.

En vingt-huit éditions, de 1984 à 2011, la finale de l’US Open s’est par quatorze fois terminée en trois sets ...

En 1984 (McEnroe - Lendl), 1985 (Lendl - McEnroe), 1986 (Lendl - Mecir), 1990 (Sampras - Agassi), 1991 (Edberg - Courier), 1993 (Sampras - Pioline), 1994 (Agassi - Stich), 1996 (Sampras - Chang), 2000 (Safin - Sampras), 2001 (Hewitt - Sampras), 2003 (Roddick - Ferrero), 2004 (Federer - Hewitt), 2007 (Federer - Djokovic)et 2008 (Federer - Djokovic).

Certaines finales jouées en 3 sets l’ont été car le vainqueur était en état de grâce. Ainsi, en 1984, John McEnroe marchait sur l’eau, à la façon du Novak Djokovic 2011. L’Américain avait bouclé la saison nanti de 82 victoires pour 3 défaites.

Un an plus tard, Ivan Lendl terrassait McEnroe, renversant les rôles. Réduit à l’état de cendres, l’Américain ne jouerait jamais au phénix. L’US Open 1984 serait son dernier majeur, et 1985 amorçait son chant du cygne face à l’hégémonie prochaine de Lendl, dont les outsiders auraient pour nom Wilander, Becker et Edberg. McEnroe 1984, Lendl 1985, deux joueurs au zénith de leur forme, de leur talent, de leur confiance ...

Idem pour Marat Safin en 2000, impérial face à Pete Sampras, pourtant quadruple lauréat de l’US Open et débarrassé de la pression du 13e Grand Chelem, record qu’il venait de battre à Wimbledon face à Patrick Rafter.

D’autres finales bouclées en 3 sets furent gagnées par le vainqueur car le finaliste subissait le complexe mentale d’une première finale de Grand Chelem. Ainsi, Andre Agassi en 1990, Cédric Pioline en 1993, Novak Djokovic en 2007 et Andy Murray en 2008 durent rendre les armes face aux virtuoses du jeu qu’étaient Pete Sampras et Roger Federer, respectivementrois incontestés des décennies 1990 et 2000.

Ainsi, combien de victoires en demi-finales ont été des victoires à la Pyrrhus? On peut citer l’exploit de Novak Djokovic en 2010 contre Roger Federer (un an avant de rééditer ce coup de force en 2011, en remontant un handicap de deux sets à zéro), demi-finale d’anthologie de 3 h 44, préfigurant d’autres combats de titans à venir entre les deux rivaux (demi-finale de Roland-Garros 2011, demi-finale de l’US Open 2011), inséparables à ce stade de la compétition tout comme leurs alter egos du Big Four, Rafael Nadal et Andy Murray.

En 2010, le Serbe brisait une série de six demi-finales consécutives du Suisse à New York (suivies de cinq victoires de 2004 à 2008 et une finale en 2009), lui qui restait sur trois revers contre le Bâlois à Flushing-Meadows (en finale en 2007, en demi-finale en 2008 et 2009). L’ampleur du combat contre Fed avait cependant laissé d’énormes traces pour le Djoker, physiquement et mentalement.

La finale 2010, contre Rafael Nadal, avait ensuite été une formalité pour l’Espagnol, même si Djokovic sauvait l’honneur en gagnant le deuxième set 7-5. Bien que jouée le lundi, cette finale 2010 sonnait le glas des espoirs de Nole, qui espérait bien gagner son deuxième titre du Grand Chelem. Il devrait attendre Melbourne en 2011 pour voir son panache récompensé, tandis que Rafa fêtait son neuvième majeur, réussissant la quadrature du cercle (gagnant les quatre tournois du Grand Chelem comme Budge, Perry, Emerson, Laver, Agassi et Federer avant lui).

Un an plus tard, auréolé de son parcours triomphal en 2011 (Open d’Australie, Dubai, Indian Wells, Miami, Belgrade, Madrid, Rome, Wimbledon, Montréal), le prodige des Balkans battait l’ogre espagnol dans une revanche aux airs de passation de pouvoir.

Battu sur dur à Indian Wells et Miami, humilié sur terre à Madrid et Rome, dépossédé de son titre à Wimbledon, une nouvelle fois dominé à l’US Open, Nadal s’inclinait pour la sixième fois en finale en 2011 contre Novak Djokovic, l’homme qu’il avait dominé un an plus tôt à New York ...

Et la finale 2011 s’étant jouée le lundi, le pauvre Rafael Nadal ne pouvait même pas invoquer la malédiction du Super Saturday ...

par AxelBorg
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par Moctezuma

le 21 novembre 2011 à 11H47

La dictature du Super Saturday

Salut, et merci pour l’article.

Certains disent qu’à cause de ce super Saturday, Federer ne pourra plus gagner l’US Open. Pour ma part, je pense que c’est de la connerie vu qu’il est toujours aussi affûté.

Effectivement sinon, c’est un peu dommage de sacrifier la santé des joueurs sachant que de toute façon, les demi finales hommes c’est bien gentil mais ça reste la finale le match le plus important et potentiellement celui qui peut faire le plus d’audience. Donc tant qu’à faire, il faudrait programmer les demies le jeudi et les finales hommes et dames le samedi soir...

Sinon, je crois qu’en 90 Agassi était déjà en finale à Roland Garros.

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par AxelBorg

le 21 novembre 2011 à 12H15

La dictature du Super Saturday

Salut Moctezuma,

Oui erratum pour Agassi en 1990.

Pour Federer, il est toujours affûté mais ce n’est plus le niveau physique de ces grandes années. Entre la chaleur de l’OA, les matches à rallonge de RG et le ciment de l’US Open, le Suisse a du souci à se faire pour ses années de trentenaire. Il reste toujours Wimbledon cela dit ...

Oui programmation stupide, surtout que la NBA est en vacances en septembre ainsi que les autres ligues (NFL, NHL ...) donc le tennis occupe seul le devant de la scène, vu que les Américains ne s’intéressent pas aux sports européens (Vuelta en cyclisme, GP d’Italie à Monza en F1, championnats européens en football, qui font l’actualité du début septembre).

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par cyril

le 21 novembre 2011 à 11H52

La dictature du Super Saturday

Juste une question de passage :

Sait-on si depuis 1984, la finale hommes a plutôt tourné à l’avantage du vainqueur de la première demi-finale qui a davantage de temps de récupération ou de celui de la seconde (qui finit souvent très tard) ?

Si c’est le cas, alors la programmation a plus que de l’importance pour le résultat.

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par AxelBorg

le 21 novembre 2011 à 12H19

La dictature du Super Saturday

Salut Cyril,

Oui avoir cette statistique sur le pourcentage de victoires du vainqueur de la première demi-finale serait clairement intéressante.

Dans le pire des cas, 3 sets pour la finale dames et 5 sets pour la 2e demi-finale hommes, le vainqueur de la 1re demi-finale gagne environ 2h + 4h soit 6h (et même 7h si on compte l’espacement des matches avec les échauffements) de récupération.

7h de plus quand on joue le lendemain, c’est énorme !! Après, il y a d’autres paramètres : la fatigue générale accumulée depuis le début de saison, et le temps de jeu accumulé jusqu’aux quarts de finale de l’US Open.

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par AxelBorg

le 21 novembre 2011 à 13H59

La dictature du Super Saturday

Je fais de Federer mon favori du Masters, car le Suisse a une expérience unique et il finit bien la saison.

Même sans bien jouer, il a su se défaire du piège Tsonga.

Andy Murray est l’autre gros poisson de ce Masters londonien, car pour moi Djokovic est cramé, tandis que Nadal me semble à court de compétition.

Reste le légendaire et viscéral refus de la défaite qui font de l’Espagnol un champion hors normes, mais l’indoor n’est pas la tasse de thé de Rafa ...

Quant à Ferrer, Berdych, Tsonga et Fish, je n’y crois pas. Donc je pronostique une victoire de Federer sur Murray en finale dimanche prochain.

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par tonton

le 22 novembre 2011 à 16H44

La dictature du Super Saturday

il serait honnete ce noah il accuserait djoko de dopage puisque celui-ci bat toujours nadal qui selon noah est doper...je viens d’apprendre que saturday veut dire samedi

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par AxelBorg

le 22 novembre 2011 à 17H43

La dictature du Super Saturday

Oui mais c’est tellement plus facile d’accuser l’Espagne, qui truste tous les succès depuis tant d’années

Alberto Contador en cyclisme (3 Tours de France, 2 Giros et 1 Vuelta depuis 2007), Rafael Nadal en tennis (10 tournois du Grand Chelem depuis 2005 et le titre olympique en 2008 à Pékin), la Roja en football (Euro 2008 et 2010), les basketteurs espagnols via Pau Gasol

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par armand21

le 22 novembre 2011 à 20H14

La dictature du Super Saturday

slt AXELBORG

sympa de ta part de faire revivre la section TENNIS je pensais a un article(c est vrai que ca fait vieux) mais ala fin de la master cup...

Apparement(suite aux problemes de pluie les americains vont changer le programme et le super saturday risque d etre MORT...Enfin wait and see..Car on annonce le toit depuis et toujours rien...

FORFAIT de MURRAY...

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par armand21

le 22 novembre 2011 à 20H39

La dictature du Super Saturday

Bon maintenant concernant le supersaturday ou US open en general on subit la dictature de CBS. Trop de retard dans le debut des matchs,rien ne se fait sans l avis de CBS..Quelque part ce dirigisme me tue..Concernant FEDERER il reste sur 8 demi finale consecutive a USOPEN( on me retorquera que LENDL a joué 8 finales consecutives) mais je le revois dans le dernier carré l an prochain...Et malgré que NOLE surjoue face a FEDERER (malgré le poids des ans) il n a pas gagné d avance !

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par armand21

le 22 novembre 2011 à 21H59

La dictature du Super Saturday

E re toc !

En réaction aux propos de Yannick Noah dans sa tribune du journal "Le Monde", publiée le 19 novembre et où il mettait en cause la lutte anti-dopage en Espagne, la Fédération française de tennis (FFT) s’est dite, par le biais d’un communiqué, "en désaccord" avec le vainqueur de Roland-Garros 1983. "Face au fléau qu’est le dopage dans le sport, les accusations sans preuve et les propos provocateurs sont inappropriés, et la pire des attitudes serait de renoncer à lutter."

Au final Noah aura desormais porte close a la FFT.

Bon Nadal Federer comme au bon vieux temps, mais avantage au suisse 3 victoires a zero

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par armand21

le 22 novembre 2011 à 22H02

La dictature du Super Saturday

nadal hors du match

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