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le 9/10/2012

Nantes 95, plus dure sera la chute


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Magnifiques champions de France 1995 ... Jeunesse triomphante de 1995 à Nantes, portrait de Dorian Gray déformé par la laideur de carrière ratées dix ans plus tard. Seule exception à la règle du champ de ruines des Pedros, Ouédec, Loko et à un degré moindre Karembeu, le futur poumon du Real Madrid et de Chelsea, Claude Makélélé. Les jeunes espoirs nantais, en quittant la belle province de la Jonelière, ont vu leurs ailes de canaris réduites en charpie, fondues sous la force du dieu Soleil, allant se noyer comme Icare dans la mer Egée d’un football européen trop grand pour eux.

En 1995, le FC Nantes remporte un septième titre de champion de France, imposant sa férule à l’Hexagone tout entier. 5e du championnat en 1992-1993 (et finalistes de la Coupe de France face au PSG), 5e en 1993-1994, les Canaris de Jean-Claude Suaudeau explosent en 1994-1995. Dominant le champion en titre, le PSG, dans la double confrontation (1-0 à la Beaujoire en août 1994, 3-0 au Parc des Princes en janvier 1995), les Nantais offrent au club un titre de champion attendu depuis 1983. Surtout, Nantes bat le record d’invincibilité de 27 matches consécutifs sans défaite détenu par le PSG depuis 1993-1994, avec 32 matches de rang sans s’incliner, ainsi que le plus petit nombre de défaites sur une saison (1 seule défaite, contre Strasbourg), que détenait l’Olympique de Marseille depuis 1991-1992. L’hégémonie nantaise est la conséquence d’une équipe parvenue à sa maturité sur le plan mental et technique. Les superlatifs pleuvent sur ce onze idéal qui a porté au pinacle le concept d’un jeu léché et technique. Les démonstrations de force n’ont cessé, tout au long de la saison. Bref, Nantes a tutoyé la perfection durant tout un championnat, exploit qui n’est pas à la portée du premier venu. La quadrature du cercle, à savoir zéro défaite sur une saison, n’a pas été atteinte souvent en Europe: Milan AC en 1991-1992 et Juventus en 2011-2012 en Italie, Ajax Amsterdam en 1994-1995 aux Pays-Bas, FC Porto en 2010-2011 au Portugal, Arsenal en 2003-2004 en Angleterre.

En Coupe UEFA, les Nantais parviennent jusqu’en quarts de finale, où ils explosent face à une expérimentée équipe de Leverkusen. Avec Bernd Schuster, Ulf Kirsten et Rudi Völler, les Allemands font exploser les jeunes espoirs nantais au match aller (5-1). Seule consolation pour les Nantais, Parme réduira à son tour Leverkusen en charpie en demi-finale de cette C3 (2-1, 3-0), avant de boucler son parcours européen en apothéose face à la Juventus, pour une finale 100 % italienne.

Le football nantais, emprunt de panache, est fidèle à la philosophie héritée de José Arribas. La jeune génération des Loko, Pedros, Ouédec, Makélélé et autres Karembeu étale toute sa virtuosité, ce qui lui permet de débuter dans une équipe de France en reconstruction en cette année 1995.

Eric Cantona suspendu avec Manchester United, Jean-Pierre Papin blessé au Bayern Münich après une expérience en dents de scie au Milan AC, Franck Sauzée retraité international prématuré après le coup de Jarnac bulgare du 17 novembre 1993, seuls Bernard Lama, Didier Deschamps, Laurent Blanc, Youri Djorkaeff et Marcel Desailly font la transition avec l’ère Gérard Houllier.

Aimé Jacquet convoque donc les jeunes espoirs nantais, ainsi que la classe bordelaise (Zidane, Lizarazu, Dugarry) et d’autres joueurs de talent (Barthez, Thuram ...)

A l’été 1995, Nantes perd deux joueurs majeurs en la personne de Patrice Loko et Christian Karembeu.

En 1996, Nantes perd son titre national mais parvient en demi-finale de la Ligue des Champions. Eliminés par la Juventus de Del Piero et Vialli, Nantes rate de peu une première finale européenne, face à l’Ajax.

De nouveaux départs viennent décimer la belle ossature du titre national de 1995, avec les départs de Reynald Pedros et Nicolas Ouédec, dans le cadre de l’exode massif de joueurs français en Europe.

En 1997, de nouveaux départs viennent porter l’estocade à une équipe qui a réussi une spectaculaire remontée vers la 3e place du championnat, restant invaincue pendant 30 matches après un début de saison catastrophique, proche du néant. Claude Makélélé et Japhet NDoram quittent le navire FCNA, vers d’autres horizons.

Orphelin de sa génération dorée, Jean-Claude Suaudeau passe le flambeau à Reynald Denoueix à l’été 1997. Ce dernier reconstruit le club nantais avec comme joueur de base un jeune gardien de but, Mickael Landreau.

La diaspora nantaise qui se prépare entre 1995 et 1997 va accoucher d’une Berezina sans précédent. S’il était utopique de croire que tous allaient réussir après un tel exode dans des clubs à plus forte pression, que ce soit en France ou dans d’autres grands clubs européens, personne n’aurait pu croire que les jeunes espoirs du FCNA auraient échoué dans de si grandes largeurs. Tombant de Charybde en Scylla, les footballeurs du FCNA se sont-ils vus à travers un miroir concave, un miroir déformant leur faisant penser qu’ils sont plus grands que ce la réalité leur montre au quotidien?

Ont-ils été aveuglés par la réussite italienne de deux anciens du club, Didier Deschamps et Marcel Desailly? En quittant la Jonelière, Deschamps et Desailly sont parvenus jusqu’à l’apothéose d’une victoire en Coupe d’Europe des Clubs Champions, avec l’Olympique de Marseille en duo (1993), puis avec l’AC Milan pour Marcel Desailly (1994). Deschamps doublera la mise en 1996 avec la Juventus, éliminant son club formateur en demi-finale.

En 1995, Patrice Loko termine meilleur buteur du championnat de France, avec 22 buts au compteur. Transféré au PSG à l’été 1995, puisque le club francilien est orphelin du tandem offensif Weah - Ginola, Loko va vivre l’enfer dès ses premiers jours dans la capitale. Une soirée qui tourne mal et voilà Loko mis en examen ... Il fera son retour dans la Dream Team parisienne des Rai, Djorkaeff et autres Dely Valdes à l’automne 1995, signant un doublé face au Celtic Glasgow en C2. Mais jamais Loko ne retrouvera le niveau de ses états de services nantais, pas plus qu’il ne fera oublier George Weah parti en Lombardie remplacer un certain Marco Van Basten. En sélection, Loko en restera à 26 sélections et 7buts.

Complice de Loko dans l’attaque des Canaris, Nicolas Ouédec rejoint à l’été 1996 l’Espanyol Barcelone, club de l’attaquant roumain Florin Raducioiu. Le Roumain, coéquipier du Maradona des Carpates Hagi en sélection, avait choisi le club catalan en 1994, fuyant le Milan de Capello où il croupissait sur le banc. Car malgré l’absence persistante de Marco Van Basten (idole de Ouédec) dans l’effectif des Rossoneri, le jeune buteur des Balkans était barré par le trio Boban - Desailly - Savicevic. Blessé avant l’Euro 96, Ouédec a cédé sa place dans les 22 joueurs convoqués par Aimé Jacquet au Monégasque Mickael Madar, symbole des coiffeurs avec Frank Leboeuf. Avec l’Espanyol, Ouédec ne démérite pas mais il n’est plus du tout sur ses ratios hallucinants de la période nantaise. De retour en France en 1998, il retrouve Patrice Loko au sein du PSG de Charles Biétry. Transfert record de Jay-Jay Okocha, limeogeage rapide d’Alain Giresse, la saison du club parisien offre des montagnes russes sur le plan médiatique, mais bien peu d’adrénaline comparéeà l’ère Denisot. Partant à Montpellier dès 1999, il y retrouve un troisième complice nantais, Reynald Pedros. Mais Ouédec ne bouclera pas le boucle à la Beaujoire, s’exilant à la Louvière en Belgique, puis en Chine, tirant sa révérence dans un complet anonymat en 2005.

En 1996, Reynald Pedros quitte Nantes pour Marseille. Mais du Capitole à la Roche Tarpéienne, il n’y a qu’un pas ... Et Pedros ne sait pas encore qu’il a déjà commencé à le franchir. Après avoir raté un tir au but en demi-finale de l’Euro 96 contre la République Tchèque, Pedros le technicien va sombrer avec le club phocéen, qui le transfère rapidement à Parme au mercato hivernal 1997. S’ensuite une litanie de changements de clubs, Naples, Lyon, Montpellier, Toulouse, Bastia. Le canari s’essouffle, les ailes coupées. La virtuosité du dribbleur nantais, meilleur passeur du championnat de France deux saisons de suite, est révolue ...

Le cas de Christian Karembeune converge pas complètement avec ceux de Pedros, Loko et Ouédec. Le Néo-Calédonien, expulsé en finale de la Coupe de France 1993 avant que son ami Kombouaré ne transforme la sentence en but sur penalty, s’est forgé un CV en or bien que sa carrière laisseun goût d’inachevé.En 1995, le Kanak rejoint Clarence Seedorf à la Sampdoria Gênes. Le jeune transfuge de l’Ajax Amsterdam, sacré champion d’Europe en 1995 contre le grand AC Milan de Fabio Capello, est le pionnier d’une génération destinéeà l’exode en 1996 (Davids, Kanu), 1997 (Kluivert, Overmars), 1998 (Ronald et Frank de Boer)et 1999 (Litmanen, Van der Sar). Dès 1996, Seedorf quitte Gênes pour leReal Madrid, entraîné par Capello. Karembeu rejoindra son ami néerlandais en Castille après un bras de fer redoutable avec le président Mantovani. C’est au moment où il vient à bout de l’état major du club italien qu’il rencontre sa future femme, Adriana, top model slovaque qui deviendra bientôt plus célèbre que lui en France. Champion d’Europe 1998 et 2000 avec les Merengue, vainqueur de la Coupe du Monde 1998 face au Brésil avec l’équipe de France, Karembeu se contruit petit à petit à un palmarès superbe, lui qui marqua le premier but français en ce 11 octobre 1995, ce Roumanie - France (1-3) de Bucarest, acte fondateur de la génération Zidane. Après le Real Madrid, le destin de Karembeu est un long mais inexorable déclin ...Middlesbrough, Olympiakos Le Pirée, Servette Genève, Bastia, Christian Karembeu raccroche en 2005 mais reste le plus capé de la génération des champions de France 1995, avec 53 sélections en bleu.

Claude Makélélé fut l’exception à la règle: transféré à l’OM en 1997 alors que le club phocéen frappe très fort sur le marché (Laurent Blanc, Fabrizio Ravanelli), Makélélé ne reste à la Commanderie qu’un an. C’est en Espagne que l’ancien Nantais va poursuivre sa carrière, auCelta Vigo. Après deux saisonsau Galice, le récupérateur file auReal Madrid en 2000, sans savoir qu’il a raté la plus belle période du football français, le doublé Coupe du Monde 1998 - Euro 2000. Rapidement devenu indispensable au sein des Galactiques du club espagnol, Makélélé devient titulaire inoxydable en bleu.En 2003, Perez commetdeux erreurs monumentales: congédier VicenteDel Bosque du Real et ne pas céder aux exigences salariales deMakélélé, qui file rejoindreChelsea. A Londres, le Français restera pendant cinq ans un poumon de l’entrejeu des Blues, avec qui il gagne deux titres de champion d’Angleterre, sous l’égide du Special One Jose Mourinho. Revenu en équipe de France en 2005 au même moment que l’idole Zidane et le vétéran Thuram, le Londonien s’incline en finale de la Coupe du Monde 2006 en Allemagne, contre l’Italie. Poursuivant son aventure en sélection jusqu’au catastrophique Euro 2008, Makélélé rejoint ensuite le PSG, dont il est le capitaine jusqu’à sa retraite en 2010. Moins titré que Karembeu au final, Makélélé a cependant le contemporain et le partenaire idéal de joueurs aussi virtuoses que Zidane, Beckhamet Figo à Madrid, mais également Ballack, Shevchenko, Lampard ou Drogba à Chelsea.

Autre personnage inoubliable de l’équipe triomphale de 1995, Japhet NDoram, grand artisan du parcours européen deNantes en 1996. Mais le Tchadien n’était plus un espoir en 1995,étant déjà âgé de 29 ans. Arrivé du Tonnerre Yaoundé en 1990, capable de jouermeneur de jeu comme attaquant, chef d’orchestre pourvoyeur de caviarsmais aussi bombardier implacable, N’Doram quitte Nantes en 1997 pour la Principauté: mais uneultimeblessure à Monaco, où il devait remplacer Sonny Anderson,sonne le glas de ses espoirs de vivre une nouvelle odyssée européenne.

Nantes se reconstruit dès 1997avec Mickael Landreau, et gagne deux Coupes de France consécutives en 1999 et 2000, se plaçant sur orbite afin de remporter un huitième Championnat de France en 2001, avant que Lyon n’écrase l’Hexagone sept saison durant (2002-2008). Et avant la lente descente aux enfers, ponctuée par unerelégation vers le purgatoire de la Ligue 2 en 2007, après 44 ans de présence dans l’élite du football français (1963-2007).

par AxelBorg
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par AxelBorg

le 9 octobre 2012 à 15H17

Nantes 95, plus dure sera la chute

Très belle équipe, malheureusement individuellement ses figures de proue n’ont pas confirmée sur la durée, que ce soit Loko, Pedros ou Ouédec.

Au final, ce sont les éléments à vocation défensive, les Karembeu et Makélélé, qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu sur le long terme dans cette génération Nantes 95.

Au final, le plus fabuleux était Japhet NDoram, mais à 29 ans il n’était plus un espoir.

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par Interimlover

le 9 octobre 2012 à 15H29

Nantes 95, plus dure sera la chute

Un (énooooorme) faible pour Ndoram, aussi !

Ouedec vu en Belgique.

Profils récupérateurs ? Logique ! (y en a eu d’autres, non moins top-top)

Pour le solde, bon... : les parcours individuels ET hors-giron sont souvent cruels, pour des mecs issus de clubs-système...

Mais bah : splendide équipe !

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par Gu Gu Ganmo

le 9 octobre 2012 à 15H42

Nantes 95, plus dure sera la chute

Le plus dingue dans cette histoire, c’est que malgré tous les départs, ils soient redevenus champions dès 2001...

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par tisan (de belgrade ?)

le 9 octobre 2012 à 15H42

Nantes 95, plus dure sera la chute

ahhhh maké.... mister mi cuisse !

j’ai qu’une image pour résumer : le but de loko contre le PSG, commenté par RIP Gilardi, où la balle part d’une touche pour finir au fond des cages parisiennes sans toucher le sol

http://www.youtube.com/watch?v...

ils en avaient fait un karakoé même...

plus dure fût la chute, je compatis avec chano

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par AxelBorg

le 9 octobre 2012 à 16H50

Nantes 95, plus dure sera la chute

Oui quel but somptueux contre le PSG, passe de Pedros et but de Loko ! Dans toutes les mémoires. 1-0 à la Beaujoire à l’été 1994 au match aller, et 3-0 au Parc des Princes en janvier 1995 pour le match retour.

Le championnat était joué mais Luis Fernandez ne pouvait pas trop compter sur George Weah, qui choisissait ses matches cette année là.

Convoité par le Milan AC de Capello pour succéder à Van Basten, le Libérien s’était focalisé sur la Coupe d’Europe, finissant meilleur buteur devant des pointures de l’époque comme Dejan Savicevic ou encore Jari Litmanen !

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par Condor

le 9 octobre 2012 à 16H49

Nantes 95, plus dure sera la chute

Manque pas grand chose pour gagner la C1......

Un ou deux gros joueurs et puis de bon dirigeants pour faire du lobbying au niveau de l’UEFA question arbitrage , because catastrophique face à la Juve notamment....

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par AxelBorg

le 9 octobre 2012 à 16H52

Nantes 95, plus dure sera la chute

en effet Condor, mais le FCNA n’avait pas l’expérience européenne de la Juventus, que ce soit sur le terrain ou en coulisses pour le lobbying.

Et Gianluca Vialli en profita ...

Mais bon, les Canaris auraient-ils dominé l’Ajax à Rome en finale de cette C1 1996 ? Il est permis d’en douter, même si tout est possible.

L’équipe étant jeune, il est possible qu’ils aient cédé au complexe mental de la première grande finale ... complexe dans laquelle l’Ajax n’était justement pas tombé en 1995 contre le Milan de Capello.

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