Wimbledon, le scandale d’un gazon ralenti
Personne n’est d’accord à ce propos, mais ce sujet ne rend aucun observateur du tennis indifférent. Le gazon de Wimbledon a été ralenti depuis 2001, favorisant l’éclosion à Londres de joueurs non spécialistes de cette surface, tels Rafael Nadal ou Novak Djokovic. En parallèle, les maîtres du service volée ont vu leur chasse gardée menacée par les joueur de fond de court. Gagner à Wimbledon en jouant comme un épicier, sans écourter les échanges, est donc désormais possible.
Si on devait faire un sondage sur le plus grand tournoi de tennis du monde, il serait inutile.
Car n’importe quel échantillon de sondés plébisciterait Wimbledon dans des proportions humiliantes pour l’US Open, Roland-Garros et l’Australian Open, ses complices du Grand Chelem.
Cependant, le temple du tennis, qui ouvrit ses portes en 1877 à Londres, s’il reste un bastion de traditions pour nombre d’entre elles (dimanche chômé en fin de première semaine, mode de désignation des têtes de série propre à Wimbledon et non calqué sur le classement ATP ...), a perdu la plus belle d’entre toutes: son légendaire gazon. Si l’apartheid sur les têtes de série reste supportable bien que peu adapté au circuit contemporain, si le dimanche chômé est une hérésie, le gazon de Wimbledon est la clé de voûte de son rayonnement international. Ce crime de lèse-majesté n’a cependant pas enrayé le colossal appétit de victoires d’un Roger Federer. Le Pantagruel du tennis considère toujours Wimbledon comme l’ultime juge de paix, la figure de proue de la galaxie tennis ...
La Grande-Bretagne est une terre de traditions avec quelques lieux mythiques du sport: Saint-Andrews (golf), Silverstone (Formule 1), Wembley (football), Twickenham (rugby), Aintree (hippisme), et bien entendu, Wimbledon (tennis).
Aucun ne s’est renié comme Wimbledon l’a fait depuis 2001. Certes, pour pérenniser son existence au calendrier mondial de la F1, Silverstone a perdu une partie de ses charmes, faisantchuter la vitesse moyenne au tour ... Certes, Wembley a été reconstruitaprès 2000 pour que l’Angleterre puisse devenir l’hôte de la Coupe du Monde 2006. Mais l’ancien aérodromede la RAF reste un des piliers du championnat du monde, au même titre que Monaco, Spa-Francorchamps ou Monza. Quant à l’EmpireStadium, son aura reste intacte. Au même titre que le Maracana de Rio de Janeiro, Wembley demeure un stade unique, un véritable sanctuaire du football de haut de niveau. L’UEFA ne s’y est pas trompée, offrant à l’enceinte la finale de la Ligue des Champions 2011, marquée par une somptueuse joute entre le FC Barcelone et ManchesterUnited.
Pourtant, le gazon est viscéralement lié à Wimbledon, puisqu’il s’agit de son identité. L’Open d’Australie a délaissé le gazon de Kooyong pour le rebound ace de Flinders Park en 1988, qui laissa ensuite place au plexicusion en 2010. L’US Open a dit adieu au gazon de Forest Hills en 1975, pour une transition de trois ans sur terre battue, avant que le decoturf ne devienne la nouvelle marque de fabrique en 1978, sur le site new-yorkais de Flushing-Meadows. De telles révolutions de palais sont clairement impossibles à Wimbledon. Mais si rien n’a changé en apparence, la partie immergée de l’iceberg suscite polémique.
Le gazon de Wimbledon est désormais utopie, souvenir, image de la mémoire collective. Son remplaçant est usurpateur, imposture. Si Roland-Garros vit avec une épée de Damoclès depuis plusieurs années faute de se moderniser avec un toit anti-pluie, Wimbledon cohabite avec une menace bien pire, la perte de son identité, son bien le plus cher, à laquelle tant de fans tiennent comme à la prunelle de leurs yeux.
En 1991, l’arrivée du tie-break avait été mal vécue. En finale, le tenant du titre, le Suédois Stefan Edberg, avait perdu sa couronne sans concéder son service, victime du jeu décisif dans les trois sets remportés par l’Allemand Michael Stich: 6-7, 7-6, 7-6, 7-6.
Alors, qu’en sera-t-il sur le faux gazon pour ce tournoi qui nous a offert tant de montagnes russes d’adrénaline?
Non pas que l’All England Club ait décidé de remplacer la verte surface par un vulgaire ciment digne d’un playground de basket américain. C’eut été franchir le Rubicon. Mais la vitesse légendaire de l’herbe de Wimbledon, celle qui a permis à tant de serveurs volleyeurs d’imposer leur férule à Londres, a disparu avec le XXe siècle...
Cette herbe à nulle autre pareille a vu Boris Becker révéler sa puissance d’adolescent en 1985, elle a vu Pete Sampras réduire en charpie l’opposition entre 1993 et 2000, elle a vu John McEnroe s’attirer tous les superlatifs en 1984, elle a été le théâtre des cinq victoires consécutives de Bjorn Borg, exploit égalé par Roger Federer sur la copie...
Combien de films sont-ils meilleurs que leur remake? Le Talentueux Mister Ripley n’égale pas Plein Soleil (1960), les Infiltrés (2006) n’arrivent pas à la cheville d’Internal Affairs (2002), les Sept Mercenaires demeurent dans l’ombre des Sept Samouraïs (1954) ...
Si l’on excepte un champion aussi complet que Roger Federer, hégémonique à Wimbledon mais capable également de s’imposer sur l’ocre parisien de Roland-Garros mais aussi, le dernier pur serveur-volleyeur à avoir soulevé la coupe du vainqueur sur le Central Court est Goran Ivanisevic en 2001.
Vainqueur en 2002, Lleyton Hewitt était lui aussi un spécialiste du gazon, tout comme l’excellent Andy Roddick, finaliste en 2004, 2005 et 2009.
La présence au palmarès de Rafael Nadal (vainqueur 2008 et 2010, finaliste 2006, 2007 et 2011) mais aussi de Novak Djokovic (vainqueur 2011) pose question. Certes, l’Espagnol et le Serbe sont des champions relativement complets, moins que Federer, mais fidèles prismes de leur époque, celle d’une polyvalence plus acquise qu’innée pour l’aigle bicéphal du tennis mondial actuel.
Le tennis panache de Wimbledon est révolu. Ralentir le gazon ne permet plus aussi facilement de porter l’estocade à la volée après un service fusée ... La réussite insolente d’un joueur tel que Rafael Nadal à Londres en est le symbole criant. Souvent implacable à Wimbledon, l’Espagnol n’est pas le meilleur serveur du circuit. Certes, Nadal est un redoutable lifteur capable de procurer des effets exceptionnels à sa mise en jeu. Mais il est de notoriété publique que sa volée n’est pas au diapason de son arsenal de coups offensifs. En ce domaine, le Majorquin est inférieur à Federer ou Djokovic.
Roi de la briquée pilée, Nadal symbolise plus que tout autre cette progression des joueurs de fond de court à Wimbledon ... Si l’herbe glisse encore en première semaine, son agonie en seconde semaine accentue encore le phénomène de ralentissement.
La composition du gazon a changé en 2001, passant de 70 à 100 % d’ivraie. Ce n’est pas pour rien qu’ici résonne encore la phrase, prononcée par l’ancienne gloire du tennisbritannique Tim Henman, réputé pour son service-volée, à l’issue de son premier match en 2002: Je suis bien sur du gazon et pourtant c’est le court le plus lent sur lequel j’ai joué cette année.
Ce ralentissement volontaire est le résultat de l’harmonisation globale des surfaces. Dans le tennis comme ailleurs, on uniformise. Outre le recours à un autre type de graines, les gardiens du temple londonien ont également densifié la couche et lesté les balles. La version officielle fait état d’une volonté de rendre l’herbe moins vulnérable aux assauts de joueurs de plus en plus lourds et athlétiques.
Du haut de leur tour d’ivoire, les organisateurs ont surtout voulu permettre à l’ensemble des meilleurs joueurs de pouvoir accéder facilement au dernier carré, ce qui ne fut pas toujours le cas.
Pour Ivan Lendl, le verbe gagner se conjugua toujours au conditionnel quand il s’agissait de Wimbledon. S’il avait su que le futur eut pu lui offrir son Graal ...
L’année 2008 est plus évocatrice que toute autre: Rafael Nadal vainqueur à Wimbledon, Marat Safin demi-finaliste du tournoi alors que le Russe ne porte pas dans son coeur le gazon.
Intouchable entre 1993 et 2000 sur le vrai gazon, qu’aurait réussi Pete Sampras en 2008? Aurait-il atteint la finale? Rien n’est moins sûr, tant les virtuoses du service-volée ne sont plus en terrain conquisà Londres...
En tout cas, un joueur comme Roger Federer et sa panoplie de coups si éclectique se retrouvent concurrencés par d’autres tennismen favorisés par cette évolution, tel Nadal, son bourreau dans la finale d’anthologie de l’édition 2008.
Mais les fans de Nadal pourront rétorquer que leur idole avait triomphé au Queen’s juste avant, sur un gazon bien plus rapide qu’à Wimbledon.
Au final, le tournoi du Grand Chelem le plus rapide est désormais l’US Open, devant l’Australian Open, Wimbledon et Roland-Garros ... Les fondateur du All Lawn England Club s’en retourneraient certainement dans leur tombe ...
Différents éléments permettent de converger vers la conclusion d’un gazon ralenti à Londres, également victime de balles alourdies:nombre d’aces en diminution, échanges plus longs ...
En 2012, les organisateurs ont encore ralenti la surface, afin que le gazon résiste à deux tournois: celui de Wimbledon, et celui des Jeux Olympiques de Londres!
A s’être trahi ainsi, à ne plus pouvoir se regarder dans le miroir, Wimbledon risque-t-il de passer du Capitole à la Roche Tarpéienne, d’être éjecté du trône par un autre Grand Chelem?
Il est probable que non, et Wimbledon résistera à l’érosion du temps, car la polémique remonte aux calendes grecques.
En 1976, alors que la canicule frappait l’Europe et que l’herbe d’Hyde Park était jaune, Bjorn Borg. Le vent du courroux s’était élevé face à la victoire du Suédois, roi de la terre battue soi-disant usurpateur de Wimbledon. Lauréat des quatre éditions suivantes de 1977 à 1980 dans des conditions parfaitement normales de jeu, Borg se fit un plaisir de clouer le bec à ses détracteurs ...
Dommage que le tournoi anglais ait cédé à la tendance de l’harmonisation des surfaces, qui fait donc de l’US Open le plus rapide des 4 GC désormais.
Pour ce Wimbledon 2012, je vois Nadal et Djokovic en favoris. En 3e outsider, l’inévitable Federer.
Salut AXELBORG
Contrairement a ce que tu affirmes (qui reprend l avis des joueurs Cf 2e reference de mon post en anglais) je prefere me fier a l opinion de mr EDDIE SEAWARD responsable de l entretien des courts de wimbledon depuis 20 ans...Je precise qu il ne fait pas que planter le gazon mais mesure egalement scientifiquement le rebond, la vitesse de la balle...Donc son avis fait foi
il ya eu changement du type de gazon (l actuel etant plus resistant aux pucerons ) et plus resistant a l enchainement de match comme le confirme Eddie Seaward : responsable de l entretien des court de Wimbledon depuis 20 ans... Moi je me fies plus a l avis de celui qui entretient le court et qui a mesuré les rebonds avec des instruments qu a l avis des joueurs ( cf article en anglais) que je trouve subjectif
1)
Entre les éditions de 2000 et 2001, une nouvelle variété de gazon a été semée, il est vrai, sur tous les courts de Wimbledon après des études menées par The Sports Turf Research Institute, organisme situé dans le Yorkshire. Jusque-là, le gazon de Wimbledon était constitué à 70% de ce qu’on appelle outre-Manche du ryegrass (dénommé ray-grass en France) et à 30% de creeping red fescue (fétuque rouge traçante). Depuis 2001, le gazon est composé à 100% de perrenial ryegrass (raygrass vivace).
Comme l’explique Eddie Seaward, le jardiner en chef de Wimbledon, le gazon a été changé « afin de le rendre plus résistant face aux "attaques" du joueur moderne », plus lourd, plus puissant et donc plus destructeur que les anciennes générations. En raison de sa durabilité, du raygrass vivace a donc été planté sachant que cette variété de gazon a la particularité non négligeable de garder le sol plus sec et, par voie de conséquence, plus dur.
Grosse différence car un sol plus dur permet à la balle de rebondir plus haut
http://www.slate.fr/story/2335...
2)
In an interview with the tennisspace, Wimbledon head groundskeeper Eddie Seaward thinks that the grass courts haven’t slowed down as many believe.
“I don’t think the grass has slowed down,” Seaward told the site. “The ball still comes off the grass at the same speed. But, as the courts are a bit harder, the ball bounces a bit higher. The courts are a bit harder because of the grasses we use, and also because we prepare them that way. We wanted the hardness because we wanted the courts to be in just as good shape on day 13 as one day one, and that’s what we’ve got. If the ball comes at you at knee height at 140mph, you’ve got no chance or returning it. If it comes at you at chest height, you’ve got much more chance of getting the ball back into play. That’s why we’re getting the rallies.”
Whether the courts have slowed or the balls made heavier continues to be a hot debate in the tennis community. Here are a collection of player quotes from Wimbledon on the controversial topic :
http://www.tennis-x.com/xblog/...
"..L’année 2008 est plus évocatrice que toute autre : Rafael Nadal vainqueur à Wimbledon, Marat Safin demi-finaliste du tournoi alors que le Russe ne porte pas dans son coeur le gazon...."
PS
pas de ton avis Axelborg car en 2008 SAFIN a fait une grosse preparation physique destinée a montrer a beaucoup de gens qu il etait loin d etre fini...Le match evocateur est la lecon qu il inflige a NOLE a Wimbledon 3 set a zero...
"...Intouchable entre 1993 et 2000 sur le vrai gazon, qu’aurait réussi Pete Sampras en 2008..."
PS
parler de vrai gazon avant AXELBORG je te conseille d aller sur Youtube et faire 1 recherche par exemple Borg MC Enroe finale wimbledon 1980.. On joue pratiquement sur de la terre nue, le gazon ayant deja foutu le camp..Et tu pourra le verifier sur plusieurs autres finales.. Donc ce que tu appelle vrai gazon est de la terre nue...Disons du gazon tondu a ZERO centimetres !
Eh oui je crois qu on a cree 1 fausse polemique sur cette histoire de gazon coupé 8 cm gazon coupé 10 cm ,gazon lent gazon rapide....Il faut voir les video des anciennes finales et juger par soi meme l etat et le niveau du gazon...Une fois qu on l a fait on sait a quoi s en tenir
@armand,
Se fier à l’argumentation d’Eddie Seaward ne sert à rien puisqu’il a un biais énorme, étant employé de Wimbledon !
Le mec ne va pas dire officiellement que le gazon a changé ...
Ce qui est bizarre c’est que l’année du changement, on a tout de même retrouvé deux serveurs volleyeurs en finale. Il avait beaucoup plu en 2001, ce qui peut expliquer un peu, mais à mon avis ça prouve que le ralentissement n’empêcherait pas de monter au filet. A mon avis, si plus personne ne le fait, c’est aussi dû au matériel qui permet de tirer des passings dans les pieds plus facilement. Sinon, d’après l’article donné par armand21, les balles seraient très lourdes.
SInon, on peut aussi dire que le toit du central tue la tradition et la légende. Par contre, ça rend les conditions plus rapides.
@Moctezuma,
Pour le toit du Central à Wimbledon, perso je trouve que c’est plus s’adapter à son époque, avec les contraintes de la télévision et les calendriers infernaux de l’ATP, avoir des finales le lundi ou le mardi n’est plus vraiment acceptable.
Et Roland-Garros ferait bien de s’en inspirer.
Oui, quand on voit la polémique suite à la finale de cette année à Roland Garros, on ne peut que souhaiter un toit.
Mais certains regretteront le charme des interruptions. Et en général on dit qu’à Wimbledon c’est plus humide avec le toit et donc les balles fusent plus. Enfin, plutôt que de rajouter un toit, ils auraient pu tout simplement jouer le premier dimanche, ça aurait coûté moins cher, et assuré pas trop de décalage des matches en cas de pluie.
Oui en effet, jouer le premier dimanche aurait permis d’économiser ce toit moderne.
Après, c’est une tradition (ridicule de mon point de vue) que Wimbledon n’est pas prêt de délaisser je le crains.
AXELBORG
"...Se fier à l’argumentation d’Eddie Seaward ne sert à rien puisqu’il a un biais énorme, étant employé de Wimbledon !
Le mec ne va pas dire officiellement que le gazon a changé.."
PS
tu gagnerai a lire les repliques avant de repondre
1) le mec affirme que le gazon a été changé.
2) les post que j ai mis donne meme la texture du gazon.( celle d avant 2001 et celle d ’apres)
Donc lis le contenu avant de repliquer...Deja les avis des joueurs (dans mon 2e post en anglais sont partagés certains pensent que oui le jeu est ralenti d autres non )
@armand,
OK je reconnais avoir lu trop vite ton post.
Cependant, reconnais aussi les points suivants :
- le taux d’ivraie a été augmenté à Wimbledon depuis 2001
- les caractéristiques des vainqueurs du tournoi ont changé, et je ne parle pas que de Nadal.
- le mouvement d’harmonisation des surfaces a aussi touché Roland-Garros, plus rapide qu’avant.
- la longueur des échanges a augmenté par rapport aux années 90
Cela n’enlève rien au mérite de Nadal ou de Djokovic d’avoir gagné à Londres.
Que Djokovic, Nadal et Federer soient des champions complets, je veux bien l’admettre, mais il faut aussi regarder la réalité en face.
Soit on a 3 génies absolus dans la même décennie.
Soit on admet que la multiplication des Petits Chelems (Federer 2004, 2006 et 2007, Nadal 2010, Djokovic 2011) et des "quasi Grand Chelems (Petit Chelem + finale du 4e)" pour Federer (2005-2006 puis 2006-2007) et Djokovic (20121-2012) est liée à cette harmonisation des surfaces.
Pour moi c’est à 20 % la première explication et à 80 % la seconde.
Quelle qu’en soit la raison, gazon plus rapide ou rebond plus haut, il reste désolant de voir des matches à Wimbledon se jouer et se gagner du fond du court.
Salut à tous, merci Axel pour l’article.
Je n’ai pas d’opinion arrêtée sur le sujet. Les explications d’Eddie Seaward ont du sens : un rebond plus haut (du fait d’une surface plus dure) favoriserait effectivement la récupération de la balle. À mon avis cette explication est suffisante pour expliquer l’ensemble des observations (wow ça ça sonne scientifique). Aussi on ne peut pas blâmer les organisateurs de vouloir avoir un terrain en bon état pour la finale. D’ailleurs je me suis toujours demandé pourquoi ils n’utilisaient pas moins le court principal durant la quinzaine (oui je sais, question de nombre de spectateurs... i.e. argent).
Salut Fabrice,
Oui l’argument d’avoir la finale jouée sur un court au gazon moins détérioré est clairement intéressant pour justifier le changement de composition de la surface.
Mais perso, je trouve quand même dommage qu’on ait pas pu trouver un compromis entre ce besoin et le fait de ne pas trop dénaturer le jeu sur gazon à Wimbledon.
Effectivement Axel, maintenant est-ce qu’ils ont sciemment voulu ralentir la surface ? Je ne vois pas pourquoi ils auraient voulu... Je n’ai pas le sentiment qu’il y avait de la grogne à ce sujet tant du côté des joueurs que des (télé)spectateurs.
À moins que ç’a n’ait été développé pour contrer la domniation des gros serveurs. Je me souviens à présent qu’avec l’avènement de raquettes plus performantes (notamment à l’époque de Becker, surnommé Boom Boom*) les services devenaient irrécupérables. Les gens du tennis ont craint que le sport ne se réduise à un concours de services. Cela a peut-être entraîné en coulisses à Wimbledon la recherche d’une façon d’y remédier. Le "time frame" correspond : "explosion" des vitesses au service vers le début des ’90, remède trouvé début des ’00. Du coup avec un rebond plus haut les services, même plus rapides, sont relativement retournables.
Par contre, la seule chose qu’il y avait moins dans le passé c’étaient de véritables colosses. Par exemple Pancho Gonzales était un beau (gros) gabarit pour l’époque pour 1.88 m et 82 kg. On sait tous qu’à présent les "grands" dépassent aisément les 2 m et parfois les 100 kg comme notre ami Isner. Le nouveau recordman du service le plus rapide, Samuel Groth, mesure 1.94 m et pèse 94 kg... du solide. C’est un excellent gabarit pour le hockey ça attaquant comme défenseur, ou aussi au rugby évidemment (je vous laisse le soin de préciser à quel poste).
(*) Boom Boom était aussi le surnom de Bernard Geoffrion, l’inventeur du lancer frappé au hockey.

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