Les flux RSS de L'Equipe.fr
le 13/01/2011

Tous chargés...


Imprimer Ecrire un commentaire

Autant j’ai des avis tranchés - et fulgurants - sur bien des sujets, autant, celui du dopage m’a toujours posé problème.

Premièrement, j’ai toujours estimé que les meilleurs gagnaient à partir du moment où tout le monde était dopé (et je le pense d’ailleurs toujours).
Secondement, j’ai toujours été clément envers les athlètes que j’estime victimes - au mieux consentantes - et non instigateurs de cette situation; je doute très sincèrement que si Foé, Fehér ou Puerta avaient su ce qui les attendait, ils auraient si facilement plongé.

Néanmoins, la lecture de l’indispensable ouvrage «Dopage dans le football, la loi du silence» de Jean-Pierre de Mondénard a sensiblement modifié ma vision des choses. J’estime toujours les joueurs que les meilleurs gagnent et que les joueurs sont plus victimes que coupables, néanmoins, l’ampleur du phénomène dopage dans le milieu du foot m’apparaît désormais de façon beaucoup plus nette, et franchement c’est effarant.

Récemment, un intervenant - Munich peut-être bien - disait un truc du style «quand on voit un mec taper un sprint de 60m seulement pour venir s’embrouiller, c’est qu’il est chargé». J’avoue m’être dit «ouais mais c’est pas une preuve ça...». En fait, Munich a raison à un point qu’il ne soupçonne peut-être même pas.

Nous savons tous plus ou moins que le dopage sévit dans le foot. Parfois, ce sont ses acteurs même qui nous filent des tuyaux, sans le vouloir.

«Depuis 25 ans, la physionomie des joueurs a-t-elle évolué?
- Au niveau biométrique, c’est-à-dire le rapport taille/poids, c’est le jour et la nuit. En 76, quand j’ai commencé à Lyon, la moyenne était d’1m77 pour 72kg. Aujourd’hui (en 1998), elle est d’1m83 et 81kg chez les Champions du Monde.»
Ce témoignage de Jean-Marcel Ferret interpelle.
Tout comme, il y a 28 ans, celui de Maradona débarquant à Barcelone.
«Parfois, à l’entraînement, je prenais des coups de pied à hauteur de la bouche. (...) J’ai très mal vécu ce changement entre un football technique et un football terriblement physique: ils ne faisaient que courir, courir et courir. Moi je ne pouvais pas suivre. Lors des tests Cooper (un test qui consiste à courir au maximum de ses capacités sur une durée de 12 minutes), je culminais à 2700 mètres quand d’autres faisaient 5000 ou 6000 mètres.»
De même, on nous explique parfois tranquillos que certains joueurs peuvent courir près de 15 kilomètres dans un match, et ce deux fois par semaine.

Mais naïvement - c’état du moins mon cas jusqu’ici - on minimise l’ampleur du désastre.

Or, non seulement le dopage existe, mais il est omniprésent. À chaque seconde de chaque match qu’on regarde.

Bien sûr, il en est encore pour croire benoîtement cette crucherie voulant que le dopage n’existe pas chez nous (ou en tout cas beaucoup moins qu’ailleurs) en raison de la nature collective du jeu ainsi que de l’importance de la technique.
Ne les blâmons pas! Tout et fait pour nous maintenir dans l’ignorance.

C’est en effet un cliché qui a la vie dure. Ici même, on le lit régulièrement.

Et c’est là que l’on voit à quel point les discours, même mensongers au possible, peuvent avoir un impact sur des gens pourtant tout à fait sain d’esprit dès lors que lesdits discours sont martelés par une autorité.

«Il n’existe aucun produit capable de faire d’un mauvais joueur un bon joueur et d’un bon joueur un grand joueur.»
(Blatter in FIFA Magazine 03/2004, organe qui est la FIFA ce que la Pravda fut à l’URSS).
Cetargument, maintes et maintes fois entendu, est pourtant si spécieux qu’on se demande bien comment le Président Blatter (ainsi que ses suiveurs) osent dire une telle chose.
Il répond par une lapalissade à une question que personne ne pose et n’a jamais posé, en l’occurrence «Le dopage permet-il d’accroître les capacités techniques?»
En revanche, il ne répond absolument pas à la vraie question et au vrai problème qui sont les suivants: «Le dopage permet-il à des joueurs de produire et reproduire des performances à leur top niveau technique au-delà de leurs capacités physiques réelles?
Permet-il à des joueurs d’accomplir 3 fois en 8 jours sur des périodes de 10 mois des performances d’un niveau qui ne serait possible de maintenir sans apport chimique?»
La réponse est «oui» bien sûr.

Mais pour la FIFA, il est impératif de nous endormir et de laisser les choses continuer ainsi.

Il existe une façon très simple de donner l’illusion qu’un sport est propre: ne rien faire pour choper ceux qui sont sales.

On nous présente le peu de contrôles positif dans le foot comme un gage de propreté. C’est surtout un gage d’indolence de la part des instances.
Car s’il y a peu de cas positif, ça n’est pas qu’il y a peu de dopés: c’est qu’on les laisse tranquille.

En cyclisme, oui, la lutte anti-dopage est réelle et les contrevenants souvent démasqués. La raison en est simple: on contrôle 1 cycliste sur10 en permanence.

En foot, on en est à 1 contrôlé sur 2000 - et il faut voir dans quelle condition...

Sûr qu’il y a peu de cas de dopage. Il y en a d’ailleurs de moins en moins, à un moment où les gars courent de plus en plus vite pendant de plus en plus longtemps.

Nous ça nous est égal.
Les spectateurs regarderaient toujours le football avec la même ferveur si les gars couraient 9-10 km par match au lieu de 13-14.
Seulement voilà, pour qu’une telle chose arrive, il faudrait réduire les pratiques dopantes. Or, pour réduire ses pratiques dopantes, il n’y pas 36 solutions: il faudrait poursuivre et châtier durement les joueurs positif et surtout - j’insiste sur le “surtout“ - les médecins scélérats.

Pour la FIFA, c’est là que le cercle devient vicieux: si l’on se mettait à contrôler comme dans le cyclisme et qu’on cognait aussi dur (on va dire que Contador est au cyclisme ce que Messi est au football), la bombe aurait l’effet d’un Hiroshima puissance 10.000. Vous imaginez Messi ou Cristiano positif? Cela aurait des conséquences cataclysmiques sur l’image du foot. Économiquement, cela représenterait un risque que les instances ne prendront jamais, quitte d’ailleurs à sacrifier, au prix d’un mépris abject, la santé des joueurs - et oui, il arrive qu’on en crève. Alors, plutôt que d’affronter le problème, elles le mettent sous le tapis et nous servent ce refrain inepte qui voudrait que le dopage ne sert à rien sans oublier les couplets qui vont avec: s’il ne sert à rien, il ne doit donc pas y en avoir, et s’il n’y en a pas, à quoi bon le poursuivre?

Pensez-vous!, le foot est un sport de masse qui rapporte des sommes à faire pâlir des pays entiers. Alors on va pas faire chier les gens avec des histoires de dopage...

Outre la pertinence du bouquin, que je vous recommande vraiment d’acheter et lire, il y a en annexe une chronologie de la plupart des cas de dopages recensés dans le monde.

Je vous fais ici une jolie p’tite compil’ (à noter que certaines équipes comme le Real 55-60, le Brésil 70, l’Ajax et Pays-Bas 71-74, les clubs anglais de la fin des 70’s ou le Milan 87-94 au niveau européen, le Nantes 80-83, le Bordeaux de Jacquet, le PSG 91-95 ou l’OL des années 2000 au niveau domestique, sont absentes de ce palmarès... Est-ce une preuve de propreté ou d’une infinie minutie?)...

1920:

Billy Meredith (international gallois évoluant à ManU) reconnaît se doper à la chique (stimulant).

1937:

L’équipe de Wolverhampton (alors considérée par les Anglais comme la meilleure équipe au monde) se dope aux hormones.

1938:

L’attaquant du FC Metz, Karl Hes, admet avoir recours à une "potion magique" à base d’alcool (stimulant et désinhibant) avant les matches.

1939:

L’équipe de Wolverhampton continue de se doper aux hormones - on ne change pas une formule qui permet d’être la meilleure équipe du Monde.

1947:

Avant d’aller traîner ses guêtres au Barça et à surtout à l’Inter où il fera un malheur, le mythique entraîneur Helenio Herrera, qui coache alors le Stade Français, administre à certains de ses joueurs des pilules d’amphétamines utilisées par l’armée américaine sur ses pilotes pendant la WW II. C’est moins glorieux que d’avoir "inventé" le catennaccio, ce qui explique sans doute pourquoi il s’en est moins vanté.

1950:

Un docteur belge nommé André Noret affirme qu’il a de ses yeux vu le médecin de l’équipe italienne junior faire des injections d’amphétamines aux joueurs sélectionnés 15mn avant le coup d’envoi des matches.

1953:

Les joueurs de l’Espanyol Barcelone reconnaissent avoir recours à l’oxygénothérapie, une pratique importée par leur entraîneur argentin Alejandro Scopelli.

1954:

Une épidémie de jaunisse frappe l’équipe nationale de RFA deux semaines après sa victoire en Coupe du Monde. Le produit mis en cause est un amphétamine qui aurait eu des conséquences désastreuses sur le moral des joueurs par la suite.
«L’épouse de l’un des joueurs, Max Morlock, confessa qu’elle ne reconnaissait plus son mari. Son époux, habituellement joyeux et plein de vitalité, était, depuis son retour, très abattu aussi bien moralement que physiquement. Singulier comportement pour un vainqueur.» (in L’Équipe en 1960). Helmut Rahn, raconta par la suite que les ouest-Allemands avaient vu les Brésiliens se doper et que ses coéquipiers et lui-même, après s’être dûment concertés, avaient collectivement convenu d’en faire de même.

Oh je les vois venir les pro-Hongrois! Eh ben calmos les gars!!
Au pays des Reds, on sait aussi ce que dopage veut dire. On en a même une très haute opinion.
Sur les 11 titulaires hongrois de la Finale, 6 sont morts en moyenne à l’âge de 55 ans et demi (dont trois accidents cardiaques, un cancer, un accident vasculaire-cérébrale).
On sait tous que Sandor Kocsis a fait les beaux jours du Barça avec son pote Kubala et qu’il était avant Just Fontaine le recordman du nombre de buts en une phase finale (11); ce qu’on sait moins c’est qu’il a eu une leucémie, un cancer de l’estomac, qu’il a été amputé d’un pied et qu’il a fini par se jeter par la fenêtre alors qu’il n’avait pas 50 ans.

1958:

Raymond Kopa affirme que lui-même et certains de ses coéquipiers du Real Madrid se dopent à l’alcool avant les matches et parfois à la mi-temps.

Une enquête menée sur le Championnat italien révèle que 27% des joueurs sont dopés aux amphèt’, 62% aux analeptiques respiratoires (ne me demandez pas ce que c’est), et 68% aux hormones.

1961:

88% des clubs italiens reconnaissent administrer des expédients médicaux en relation avec les matches.

1962:

Trois joueurs de l’Inter (coaché par ce bon vieux Helenio Herrera) sont contrôlés positif après un match contre la Juventus. Prennent deux matches de suspension.

1963:

Un médecin français (Louis Delezenne) témoigne devant une commission médicale de la FFF: «Une enquête personnelle m’a prouvé l’emploi, avant les matches, d’amphétamines en comprimés donnés par certains entraîneurs de grands clubs.»

1964:

Cinq joueurs italiens - tous internationaux - évoluant à Bologne sont contrôlés positif aux amphèt. Les cinq sont "blanchis" après contre-expertise.

1965:

Robert Wurtz est le premier arbitre à évoquer le dopage dans sa corporation (essentiellement à base d’alcool à l’époque).

1966:

Deux joueurs de l’équipe nationale de RFA - dont on ne connaît pas le nom - sont les premiers joueurs à être contrôlés positif en Coupe du Monde à la suite de la 1/2 Finale RFA-Russie (2-1). Ils ont pris de l’éphédrine et sont blanchis après avoir fourni une ordonnance véreuse a posteriori.

Le mythique attaquant brésilien Vava (une vraie épée), double-Champion du Monde en 58 et 62, double buteur en Finale en 58 et buteur en Finale en 62, affirme: «L’usage du doping est courant chez nous. Quand j’étais à Palmeiras, obligation m’était faite de me droguer.»

1967:

Selon un témoignage a posteriori de l’attaquant Bobby Lennox, les joueurs du grand Celtic Glasgow se dopaient avec un stimulant alcoolique.

1968:

Deux joueurs de la Sampdoria sont contrôlés positif aux amphèt’ puis "blanchis" après avoir fourni un justificatif certifiant qu’ils avaient le mal de l’air - on ne recule devant rien...

Jean-Louis Quadri, joueur amateur français, décède sur un terrain. L’autopsie révèle une prise excessive d’amphèt.

1969:

Cinq joueurs de l’Atalanta Bergame sont contrôlés positif aux anabolisants.

1970:

Un témoignage anonyme recueilli en France fait état des faits suivants: «Vous ne connaissez pas les pratiques d’un grand club français des années 70? Très simple: vous prenez 20L de jus d’orange et vous y mettez 5L d’Hept-A-Myl (analeptique cardiovasculaire et psychotonique). À l’époque, tous les joueurs ont bu sauf le gardien et le libero. Avec ça vous êtes bien: vous délirez pendant 48 heures.»

Pierre Carteus, joueur international du FC Bruges, est contrôlé positif à un stimulant. Il est le premier joueur belge à subir un contrôle positif (prends-ça Interim!).
Il meurt à 60 ans des suites d’une très longue maladie.

Le Docteur ouest-allemand Dirk Clasing déclare: «La plupart des footballeurs allemands jouant sous licence ou sous contrat se dopent pour augmenter leur rendement. Il n’y a pas une équipe de football qui ne soit dopée avant d’entrer sur le terrain. Les produits sont le plus souvent du Captagon (amphétamine) et du Dradol.»

Julio Cortes, joueur international uruguayen du Penarol Montevideo est contrôlé positif à un stimulant.

Le Docteur néerlandais Dick Oosthoek, ancien médecin du FC Twente - club qui récolte à l’époque 4 places sur le podium final en 6 saisons, une densité de résultats qu’il n’a jamais obtenue avant ni après-, témoigne a posteriori: «Cela ne m’intéressait pas de savoir que les médicaments que je prescrivais (cortisone et amphétamines entre autres) étaient interdits du moment que mes joueurs étaient en forme.» Deux des vedettes de l’équipe, Notten et Drost, sont morts depuis, victimes d’attaque cardiaque.

La décennie 70 est également le début du premier "âge d’or" italien en matière de dopage.

Carlos Petrini, illustre joueur du Genoa de l’époque, affirme en 1998 que l’hormone de croissance et la créatine sont de «simples sucreries» par rapport aux piqûres régénérantes qu’on lui faisait quand il jouait. Il raconte également comment il filoutait les contrôles anti-dopage: «Nous avions des peignoirs spéciaux pour les joueurs contrôlés. Ces peignoirs avaient une double poche où l’on mettait une éprouvette dans laquelle avait uriné les remplaçants. On mettait ensuite le contenu de l’éprouvette dans le flacon.»

Nello Sallutti, joueur successivement passé la Fiorentina, la Samp et le Milan AC déclare au procureur Guarinello (chargé de l’enquête sur le dopage en 98) qu’à son époque, «on nous mentait sur ce qu’on nous donnait. On nous affirmait que c’étaient des vitamines alors que c’était du Micoren (un stimulant respiratoire prohibé). Il y a six mois, j’ai fait un infarctus.»
Sallutti est finalement décédé d’un infarctus à l’âge de 56 ans.

1972:

Nico Rijnders, joueur international néerlandais du FC Bruges (et ancien de l’Ajax) subit un infarctus en plein match. En état de mort clinique à son arrivée à l’hôpital, il est réanimé mais doit mettre un terme à sa carrière. Le médecin du club reconnaît que son organisme a dû «être surchargé de pilules stimulantes.»
Il meurt quatre ans plus tard, à 28 ans, à la suite d’un troisième infarctus.

1973:

Jean-Paul Séréni, masseur de l’équipe de France, surnommé "El Mago" par certains joueurs, reconnaît administrer des produits aux sélectionnés lors des stages de l’équipe de France à Saint-Malo (où la sélection effectuait ses préparations d’avant-match avant la construction de Clairefontaine). «Je leur fais prendre des produits à base de phosphore; des euphorisants qui leur donne plus de cœur et de gaieté (sic).»

1974:

Franz Beckenbauer reconnaît avoir recours à l’auto-transfusion - il est vrai non proscrite à l’époque. Il affirme par ailleurs: «Pour les joueurs de Bundesliga, tout ce qui permet d’améliorer la performance est licite. Ici, on se pique et on avale des cachets de toutes sortes.»
«En ce qui me concerne, j’ai une méthode très simple: je m’injecte mon propre sang. Plusieurs fois par mois, on me fait une prise de sang dans un bras pour l’injecter dans une fesse. Cela crée une inflammation artificielle. Le nombre de globules blancs et surtout de globules rouges se multiplient alors.»

Ernest Jean-Joseph est le premier joueur officiellement suspendu pour dopage en Coupe du Monde pour avoir pris des stimulants.

1975:

Antonio Alfonso Moreno alias Tonono, joueur de Las Palmas, sélectionné 22 fois et capitaine de l’équipe d’Espagne, décède de manière impromptue dix jours après son dernier match. L’autopsie révèle des "reins bloqués par abus de produits dopants".

1976:

Quatre joueurs du Bayern Munich accusent le docteur du club, Dettmar Cramer, de leur administrer des amphétamines.

1978:

Très bon millésime.

Dans la foulée de sa défaite à Bruxelles face à Anderlecht (3-0) en 1/8e de Finale aller de la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe, le FC Barcelone refuse de se soumettre à un contrôle anti-dopage et rentre en Espagne. Au match retour, les Catalans l’emportent 3-0 et se qualifient aux tirs-au-but; ils finiront par remporter l’épreuve.
Trois mois après le refus du contrôle, le parquet belge clôt le dossier afin «de ne pas détériorer les relations sportives entre la Belgique et l’Espagne».

L’Écossais Willie Johnston est contrôlé positif à un stimulant pendant la Coupe du Monde puis suspendu un an.

Le Docteur argentin Ruben Oliva déclare a posteriori, «Lorsque je m’occupais de l’équipe nationale d’Argentine pendant la Coupe du Monde 78, des drogues pour stimuler les joueurs ont été utilisées.»

Juan Gomez Juanito, joueur du Real Madrid affirme qu’il a pris des amphétamines durant sa carrière.

Le Docteur Guy Demonteil, nouveau médecin de l’AS Saint-Etienne témoigne: «J’ai eu la redoutable tâche de mettre un terme à un certain nombre de pratiques dopantes qui existaient dans le club.»
Son prédécesseur, Pierre Poty, confirme: «Lorsque des joueurs perdaient confiance en eux je leur administrais des psychotoniques. (...) S’ils avaient été contrôlés, ils auraient été positif.» (cf. cas numéro 1 de l’année 1970?).
Plus loin, celui qui fut le médecin du club pendant son âge d’or, de 72 à 78, tord le cou à cette débilité trop répandue qui voudrait que le dopage serait inefficace dans le foot en raison de sa nature collective. «Sur le plan nerveux, si un joueur prend des excitants, il sera meilleur, plus intelligent, plus vigilant, plus déterminé et plus confiant en ses moyens. Et s’ils sont onze à prendre des excitants, les onze bénéficieront de ces effets.»
Dominique Rocheteau n’a jamais nié cette pratique navrante: «Lorsque j’étais fatigué, j’ai pu prendre des excitants.»
À noter que l’après-78, marque un réel infléchissement dans les performances des Verts.

1979:

Le défenseur international italien de la Juventus, Antonio Cuccureddu est sanctionné d’une forte amende pour avoir truandé un contrôle anti-dopage: le gros malin avait coupé son urine avec de l’eau (??!!)

Maurice Vrillac, médecin de l’Équipe de France, témoigne: «Deux joueurs très connus auxquels je donnais des produits défatigants (sic) les ont à ma grande surprise refusés: "Non merci doc, on a ce qu’il faut. Notre soigneur en club nous donne des vitamines". Quelque temps plus tard, au moment de prendre le bus pour nous rendre au Parc, ils m’ont montré le produit en question: c’étaient des amphétamines.»

1981:

Ivanoe Fraizolli, ancien vice-Président puis Président de l’Inter de 69 à 81 affirme que si son équipe gagne si souvent, «c’est parce que nos joueurs prennent des pilules et se font piquer à la mi-temps. (...) Cela se passait aussi pendant la période du grand Inter.»

1983:

Pascal Olmeta témoigne a posteriori: «Il faut arrêter avec les conneries! Bien sûr qu’on se dope dans le football! Moi aussi, comme beaucoup d’autres joueurs, il m’est arrivé de me doper. J’ai pris du Captagon (amphétamine très répandu en RFA). Après m’être dopé, j’étais comme un fou. J’ai même cassé des portes sans rien sentir.»

Zico, alors à l’Udinese délivre une anecdote effarante: «En Italie, si un joueur n’urine paspour le contrôle anti-dopage, un autre y va à sa place. Parfois même un adversaire. Il m’est même arrivé de faire uriner mon fils à ma place.»

1984:

Ce gros bourrin de Schumacher reconnaît «carburer au Captagon. Ça accroît la volonté d’attaquer et augmente la capacité de résistance.»

1986:

«l’espagne tout le monde est contre elle a la fifa, en 86 havelange le brésilien a fait annulé le but de michel contre le brésil. le brésil toujours ils gagnent parce qu’ils trichent alors que ma roja ils font tout pour la faire perdre.»
Tonton, brillant analyste s’il en est, pas chauvin pour un kopeck, a dû nous servir cette histoire de but de Michel un bon millier de fois pour nous démontrer l’éternel et infini complot visant d’une part à faire perdre la sélection espagnole (qui cela va sans dire a toujours été la meilleure) et d’autre part à faire gagner le Brésil, pays qui n’a jamais sorti un seul joueur de talent et qui ne doit ses 5 (vraies) Étoiles qu’à des manoeuvres arbitrales et instanciaires répétées.
Sur cette fameuse Coupe du Monde ’86, il a "oublié" de nous livrer cette anecdote qui n’a pourtant rien d’inintéressant: à la sortie du match contre l’Irlande du Nord (celui où ce brave Zubi se ridiculisa pour la première fois à la face du monde en une dizaine de secondes absolument magiques), Ramón Calderé, milieu de terrain du FC Barcelone, est contrôlé positif à un produit que la FIFA ne communique pas.
Pour blanchir son joueur, l’Espagne donne successivement deux versions totalement différentes de la raison pour laquelle le produit lui a été administré: turista puis bronchite.
La FIFA trouve la version du staff médical espagnol suffisamment crédible et cohérente pour que le joueur ne soit pas suspendu. Néanmoins, l’Espagne est condamnée à payer sur le champ une amende de 25.000 francs suisses qui induit que le cas de dopage est sanctionné donc reconnu (même si Calderé ne figure pas sur la liste des joueurs officiellement contrôlés positif en phase finale de Coupe du Monde).
Au sortir de cet embrouillaminis d’une rare ambiguité, Calderé joue lors du 3ème et dernier match de poule; il marque deux des trois buts de la victoire espagnole contre l’Algérie et contribue largement à la qualification de son équipe pour les 1/8e de Finale.
S’il manquait des preuves pour démanteler le complot anti-ibérique des instances internationales, elles sont désormais mises à jour.

à suivre...

par peteromero
bulle_commentaire.jpg Les derniers commentaires

par peteromero

le 13 janvier 2011 à 10H00

Tous chargés...

Où est cet article ?

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par sebtheouf 2.0

le 13 janvier 2011 à 11H01

Tous chargés...

Merde je viens d elire la deuxième partie.

Je trouvais l’intro bizarre... lol

Bon je lis ca et je retourne posté un truc sensé.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par Aqua

le 13 janvier 2011 à 11H12

Tous chargés...

"le gros malin avait coupé son urine avec de l’eau ( ? ?!!)"

EXCELLENT !!! (tout comme l’article) ;)

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par sebtheouf 2.0

le 13 janvier 2011 à 11H20

Tous chargés...

ya quelques perles

"C’est moins glorieux que d’avoir "inventé" le catennaccio, ce qui explique sans doute pourquoi il s’en est moins vanté"

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus

par lexl_II

le 13 janvier 2011 à 11H33

Tous chargés...

Ah le Football..

perso , si on viré toutes ces stars dopées ca me dérangerait pas trop.. déjà à L’OM elle ne se bouscule pas , et surtout parce que je supporte L’OM donc mon club et pas un joueur en particulier.

Réagir à l'article | Réagir au commentaire | Signaler un abus
Laisser un commentaire Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessus l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.
Derniers Commentaires
L'auteur de L'Article
Ses derniers Articles