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le 19/07/2010

Rupture


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Mon amour,

Lorsque tu liras cette lettre, je serai parti. Je n’éprouve plus pour toi que des sentiments mitigés, et celui qui s’est réchauffé à la flamme de la passion ne saurait se contenter de la tiédeur des derniers feux.

Pourtant, je t’ai aimée.

Tu as été mon attraction exclusive, la sphère autour de laquelle j’aimais graviter, et moi le plus constant de tes satellites.

Fou de tes courbes, amoureux de tes rondeurs, même lorsque tu affectais de suivre cette satanée ligne qui te rendait folle.

J’ai cédé à tous tes caprices, fermé les yeux devant les preuves les plus éclatantes de ta superficialité. Oui, superficialité. Comment appeler autrement cette perpétuelle volonté d’être «in»? De te changer tous les sept et neuf jeux, comme la plus extravagante des divas?

Pour toi, j’ai tout sacrifié.

Je me suis brouillé avec ma famille qui n’a jamais accepté que je vive avec une «jaune».

J’ai voulu ignorer que d’autres te caressaient de leurs paumes. Ne nie pas: j’ai su combien tu t’envoyais en l’air avec eux. Que croyais-tu? Qu’ils te propulseraient dans les étoiles, parce qu’ils étaient plus jeunes, plus beaux, plus fortsque moi? Pauvrette! Pour eux, tu n’étais qu’un jeu, un passe-temps, une amusette... Moi seul sus t’aimer de cet amour sans bornes qui expire aujourd’hui.

Pourtant (t’en souvient-il?) nous avons été heureux. Comme de juste, ce fut à Bâle que nous connûmes nos heures les plus tendres. Là, au bord du Rhin, nous avons péché ensemble. Mais c’est toujours dans mes filets que tu finissais par tomber! Et puis tu as voulu voir la Roger Federer Arena, la boîte à la mode dans laquelle tes copines s’étaient donné rendez-vous pour danser. L’impression fut forte: tu en as été durablement frappée. Et je connus l’émotion ultime de te sentir vibrer dans ma main[1]...

Bonheur trop éphémère.

Illusion trop vite dissipée!

Combien de fois t’es-tu échappée pour te donner à d’autres? Combien de fois as-tu fait le mur? Et combien de fois ai-je dû te ramasser, idole tombée pour avoir voulu tutoyer les cieux?

Je ne suis pas sans reproches, je le reconnais volontiers. Si notre amour connut des revers, j’en porte ma part de responsabilité. Un soir où tu revenais d’entre les bras de je ne sais quel petit tamis, je perdis mon calme et te giflai.

Sans effet.

Ivre de colère, je te giflai à nouveau, te propulsant à l’autre bout de la pièce.

Mais tu revenais toujours, ronde, cruelle, impavide, comme pour me narguer.

Ne te faisant câline que pour finalement me soutirer de l’argent, à tel point que c’en était un véritable racket!

C’est lorsque tu me proposas un break que je sus que la fin était proche.

Le break, c’est l’antichambre de la rupture, une façon douce de casser net,

C’est la rupture qui ne dit pas son nom... Autant prendre les devants!

Aujourd’hui, si je te laisse tomber, c’est parce que je sais que tu vas rebondir,

Tu te donneras à d’autres, qui sauront t’aimer mieux que ne l’ai fait,

Sois heureuse

Adieu

Giaccomi

Balles neuves!



[1] C’est d’la Bâle! me dis-tu le lendemain pour tout commentaire.

par Giaccomi
bulle_commentaire.jpg Les derniers commentaires

par raftereight

le 19 juillet 2010 à 16H52

Rupture

Hé bé ! On peut dire que tu l’as prise en grippe, ta muse sphérique.

Mais à l’évidence il faut savoir parfois lâcher prise, à défaut de finir marteau : car quand la force se fait obscure, mieux vaut changer de côté.

J’imagine que tu as d’autres cordes à ton arc, ça permet de se relever, de couper court à tout revers, de pas choper quelque sinistrose ; pas concevable de se laisser aller jusqu’à jeter, aux orties, l’âme. Ce serait rendre double la faute.

Pourquoi pas entamer une romance nouvelle auprès d’une généreuse boule de bowling, la prise en main est des plus agréables, elle est certes terre à terre mais aime, aussi, à rouler tout en volupté ; et puis qui sait, si cet amour-là ne part pas en fumée, peut-être que tous les deux vous donnerez naissance à quelque adorable autant que lucky... strike !

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par Giaccomi

le 19 juillet 2010 à 17H39

Rupture

Savoureux, R8 !

Pour la boule de bowling, je ne sais pas. J’ai essayé d’en coincer une dans un couloir une fois. Mais j’étais mal à l’aise, un peu comme un chien dans un jeu de quilles. Et elle a fini par me rouler, la garce. Une deSPARE housewife à la recherche de la grande sensation, et qui au moment de se lancer... Recule !

C’est fini, te dis-je. Je vais me recentrer sur les boules de billard. Car avec elles, c’est souvent dans la poche !

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par Giaccomi

le 20 juillet 2010 à 00H26

Rupture

Très bien ton texte, Giaccomi : fin, subtil, et même drôle par moments. Mais où vas-tu chercher tout ça ?

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par Giaccomi

le 20 juillet 2010 à 00H27

Rupture

Te fatigue pas : tu vois bien qu’il n’y a personne !

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par Giaccomi

le 20 juillet 2010 à 00H29

Rupture

Non, ne me dis pas que ce genre de contingence intervient dans ton jugement ? Tu me déçois, ma vieille ! On ne juge pas un texte au nombre de commentaires ! Ou alors c’est le bordel...

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par Giaccomi

le 20 juillet 2010 à 00H31

Rupture

Bah un peu quand même, non ? T’ecris pour qui, si personne ne lit, hum ? A quoi ça sert de se casser le luth pour prêcher dans le désert. Me fait l’effet d’être un Moise du site, tiens, de temps en temps.

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par Giaccomi

le 20 juillet 2010 à 00H35

Rupture

Tu dis ça parce que t’es amer. Et pis c’est la morte saison, s’pas ? Tu t’attendais à quoi avec tes articles tendance magazine ? L’actualité tennistique en ce moment, c’est Stugartt, tu te vois poster une info sur le premier tour de PHM ? Non mais de temps en temps, tu n’es pas raisonnable, tu sais !

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par Taos

le 20 juillet 2010 à 00H58

Rupture

Mais quel régal... Quand la masturbation spatiale et géodésique devient Art ? Merci gémellaire Giaccomi, de venir ici dans ces abysses sépulcraux, si calmes, jeter quelques magnifiques rayons. Et nox facta est !

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par Giaccomi

le 20 juillet 2010 à 11H12

Rupture

Onanisme à défaut d’unanimisme : chère Taos, on fait ce qu’on peut !

Quant au délire jumeau, "j’aimais l’air" que chantais Patrick Voiture, qui était coutumier du fait. Ceci est donc finalement à prendre comme un hommage.

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par Giaccomi

le 20 juillet 2010 à 11H16

Rupture

L’air que chantaiT ... Oups ! Pas taper, Suspension, pas taper !

:-)

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par Le retour du Panshir

le 20 juillet 2010 à 10H44

Rupture

Il faudrait donner encore un peu plus de vacances aux profs au vu de la qualité des textes qu’ils peuvent nous pondre en ces périodes ensolellées (sauf pour les stagiares grmbl).

Joli excercice de style, tout en finesse et acrobaties verbales (plus l’humour potache qui va bien ( ; )

Bref, encore :p

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