Afrique du Sud - France, autopsie d’un échec
Habituellement un match en Afrique du sud est le grand oral, le tribunal du jeu d’avant et du combat. Retour sur le naufrage du «Titanic-XV de France» samedi dernier au Cap (défaite 42 - 17).
Un pack dominé
Comme le dit le dicton so british: «No scrum, No win». Autant on avait vu un pack français ultra dominateur lors du dernier tournoi des 6 nations, autant samedi, le pack a semblé en grande difficulté, fragilisé par les absences du gladiateur toulousain William Servat, du basque Imanol Harinordoquy. Le pack français a pêché dans le combat, un manque d’implication, de sérieux et globalement de fraîcheur. Je ne reviendrai pas sur l’éternel débat stérile des différences de calendrier et du nombre de matchs joués entre l’hémisphère nord et les collègues du sud, cela reviendrai à tourner éternellement en rond. J’ai trouvé judicieux le fait de laisser à la maison des joueurs ayant beaucoup donné cette saison, mais pour que ce choix délibéré ne pèse pas sur les résultats du XV de France il aurait fallu que les sélectionnés soient au niveau des titulaires habituels, et c’est bien là que le bas blesse. Dimitri Szarzewski, qui a fini sa saison le 17 avril, m’a parut bien perdu sur le terrain, et en général assez préjudiciable à l’équipe de France, il ne s’agit en rien d’une vendetta anti-Szarzewski, bien au contraire, à mon humble avis, il n’a pas été mis dans des conditions optimales pour disputer ce test. Le manque de rythme fut l’élément le plus flagrant de la piètre performance des français dans le combat, il faut néanmoins saluer la grosse performance des Boks dans ce secteur du jeu, emmenés par un fer de lance tel que Pierre Spies, ils ont su laver l’affront de la leçon française infligée en novembre 2009.
La conquête en touche fut l’un des points les plus critiques du jeu français. Entre la mauvaise coordination lanceur-sauteur, et l’incapacité chronique à éviter les contres aériens du springbok-volant Matfield, il n’y avait que l’embarras du choix pour trouver des ballons tricolores perdus dans le secteur de la touche.
La mêlée fut quant à elle un peu moins chahutée, même si on ne revit pas le monstre à 16 pattes qui enleva le dernier Grand Chelem.
En ce qui concerne les remplaçants de devant, leur faible apport dans la fin de match et le peu de temps de jeu qui lei leur a été consacré m’a décidé à ne pas les évoquer.
Au trois-quarts inquiet
Une bien sympathique opposition de style entre les arrières français et leurs homologues sud-africains. On a aperçu les faiblesses de la charnière française lors de cette rencontre, en effet, il n’y a pas vraiment eu de match entre la paire Parra / Trinh-Duc et Januarie/ Steyn. Peu de communication, une liaison et des styles de jeu vraiment incertains, on ne peut vraiment pas dire que les demis français ont brillé. Une mention spéciale tout de même pour David Skrela dont l’entrée a permis de faire marquer un bel essai à Marc Andreu, après une suite de passe à hauteur allant provoquer la défense sud-africaine. Je sens que ce qui va suivre va faire monter une tramontane de désaccord catalan. Il faut cependant être clair, la paire de centre catalane a été complètement à coté de la plaque, entre les fautes de plaquages de Mermoz et la vocation de «coffre à ballons» de Marty, on a retrouvé la formule de l’échec perpignanais du 29 mai dernier. Ce qui fut la force des catalans l’an dernier démontra aujourd’hui leur incapacité à confirmer une bonne saison dernière couronnée du titre de champion de France, à savoir leur capacité à animer une rencontre et dynamiter n’importe quelle défense du Top 14. Je pense que Maxime Mermoz a clairement été surcoté, sa première saison perpignanaise sut celle de la surprise, la seconde, celle de la désillusion. S’il ne jouait pas à Toulouse c’est qu’il y avait une raison, Guy Novès ne l’a pas volontairement écarté sans raison, il avait ciblé les faiblesses chroniques du natif d’Épinal, un ego surdimensionné et une incapacité à bien gérer les grands rendez-vous. Aux ailes, on a retrouvé Vincent Clerc après deux saisons de galères, incisifs et au niveau, il a seulement pêché dans sa vision du jeu, ne parvenant pas assez souvent à faire jouer après lui. Le capitaine des champions de France 2010, Aurélien Rougerie a difficilement étrenné son Brennus, face à un Bryan Habana en forme internationale. Marc Andreu a apporté sa fougue et son punch, il me semble qu’il serait interressant de le voir débuter contre l’Argentine la semaine prochaine. En 15, Clément Poitrenaud, sans doute épuisé par une grosse fin de saison toulousaine, n’a pas semblé dans un grand jour, ayant du mal à dynamiser et à remettre dans le sens de la marche une équipe en permanence sur le reculoir.
Le XV de France se trouve à présent à mi- tournée, il rencontrera ce vendredi une équipe Argentine A, antichambre des Pumas, derniers adversaires des joutes estivales. Reste à bien finir la tournée face à une équipe d’Argentine mise à mal par l’Ecosse samedi dernier, en évitant les bobos, et surtout en tentant de retenir les leçons de la gamelle sud-africaine.
"No scrum, no win".
Sauf pour les Australiens...
cette défaite, même lourde, ne me surprend pas du tout.
La saison a été longue et les Français sont cuits, comme c’est souvent le cas lors de ces tournées estivales. L’Irlande, punie en Nouvelle-Zélande (66 points encaissés) et l’Angleterre, battue en Australie, sont logés à la même enseigne.
Au contraire, les Springboks sont en pleine préparation en vue des Tri-Nations et la saison relativement courte du Super 14 a permis à cette équipe de bien se préparer.
Le calendrier est donc à revoir et je ne serai pas contre l’alignement en Europe du calendrier des nations d’hémisphère sud (février-mars jusqu’à octobre-novembre).
Cette défaite ne remet pas du tout en cause la brillante saison des Bleus (Grand Chelem dans le Tournoi) et l’objectif est désormais la Coupe du Monde chez les Blacks.
Grosse désillusion pour ma part : même si je voyais une défaite de la France, je les pensais capable de faire mieux. Il y a un problème avec les calendriers, lors des tournées d’été, les européens se prennent toujours des grosses défaites et à l’automne quand ils sont en pleine saison ils gagnent ou font des gros matchs. Résultat, nous ne voyons jamais de matchs entre des équipes à 100%, excepté en coupe du monde.
Pour les joueurs certains étaient à côté de la plaque : la paire de centre de Perpignan paraissait perdue sur le terrain, ne se trouvant jamais, laissant de grands espaces, ce qui est grave pour 2 joueurs jouant ensemble depuis 2 ans. Moi aussi je trouve que Mermoz a été surcoté, c’est un peu le problème de Lievremont, il nous parle toujours d’un même joueur pendant 1 an ne jurant que par lui, le faisant joué dès qu’il peut et après ça lui passe. On a eu le coup avec Bastareaud, Dupuy et maintenant Parra. Poitrenaud était très limite, excepté les 2 ailiers qui ont été au niveau la ligne de 3/4 était faible. Parra nous a bien montré qu’il n’est pas encore un grand patron (pour l’instant, mais je trouve qu’on en fait trop sur lui, au début de saison c’était le plus gros flop du championnat, maintenant le meilleur joueur... Heureusement qu’il a la tête sur les épaules et ne se prend pas pour le meilleur.), Trinh Duc nous prouve encore une fois qu’il fait un gros match par an sinon très très moyen pour le haut niveau international.
Devant Szarzewski a encore été très moyen sur les lancées (même si on avait le meilleur alignement du monde en face), les piliers ont souffert alors que d’habitude ils explosent la première ligne adverse, seul Bonnaire et Dusautoir ont comme d’habitude été au dessus des autres. Lauret n’a pas été mauvais pour une première face aux champions du monde, c’était un cadeau empoisonné de la part des sélectionneurs.
Mais bon quand on perd 14-0 au bout de 8 minutes, difficile derrière de revenir. Avec une meilleure entame de match, ils auraient lutter et la défaite aurait été bien moins lourde
je te trouve un peu dur avec certains joueurs.
Morgan Parra est clairement un joueur d’avenir, un leader naturel, très mature pour son âge, et avec une excellente vision du match, bref ce que l’on demande à un demi de mélée. J’ai trouvé la mélée tricolore également à son avantage, Domingo notamment a été à la hauteur face à Botha.
Après, l’absence de Bastareaud et surtout de Jauzion au centre a été préjudiciable et je reconnais que Mermoz est probablement un peu surcôté. Le principal souci a été la conquête en touche, où l’absence d’Harinordoquy notamment a été un handicap. Mais on savait que ce secteur de jeu était un des points fort des Boks, donc je n suis pas trop surpris.
Enfin, si les Bleus ont été battus, c’est aussi à cause de la performance des Sud-Africains et particulièrement celles de Spies et de l’ailier Gio Aplon, avec des appuis fabuleux.
Pour Parra je ne le critique pas lui mais plutot la presse qui nous en parle comme un Dieu vivant à Clermont, que c’est grâce à lui qu’ils ont remporté le titre, que ce n’est pas un hasard si Clermont remporte enfin le titre quand il est là... Mais sinon d’accord avec toi, ce qu’il fait à son âge c’est assez exceptionnel, on a rarement vu un titulaire en EDF à un poste si important à 20ans. Comme quoi la persévérance de Lievremont est récompensé pour une fois...
Mais c’est là qu’on voit que Jauzion et Hari sont indispensables pour cette équipe, pour les remettre dans le droit chemin, car même si j’aime bien Marty ce n’est pas lui qui remplacera Jauzion.
Mermoz est passé à coté, c’est certain, mais c’est un diamant.
Arretons de penser qu’il est parti parce que Noves ne le trouvait pas assez bon.Ils ne s’entendaient pas, et le coach toulousain n’a pas su le canaliser comme il le fait avec Fritz.
Ca arrive à tout le monde de passer à coté.Mais vous allez voir que Mermoz est un futur patron de l’équipe de Françe.Jauzion n’est, malheureusement, pas éternel.
Concernant Parra, c’est toujours plus compliqué de jouer derrière un pack qui est en souffrance.

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