1955, la création de la Coupe d’Europe des Clubs Champions
En 1955, sous l’impulsion de Gabriel Hanot, journaliste de la rubrique football à L’Equipe, la première compétition interclubs européenne voit le jour, sous le nom officiel de Coupe des Clubs Champions Européens. En 1956, le Real Madrid inaugure le palmarès de cette prestigieuse compétition, en battant le Stade de Reims en finale à Paris.
Ancêtre de la Coupe d’Europe des Clubs Champions, la Coupe Latine ne rassemblait que des pays d’Europe méridionale: la France, l’Italie, l’Espagne et la Portugal. Disputée entre 1949 et 1957, elle mettait aux prises des clubs comme le Real Madrid, le Milan AC, le Benfica Lisbonne, le Stade de Reims ou le FC Barcelone, ténors du Vieux Contient à l’époque.
Autre compétition de clubs en Europe existant à l’époque, la Mitropa Cup, créée en 1927 et disparue en 1992. Le nom de cette épreuve venait de la compagnie de trains Mitropa (contraction de Mittel Europa), qui desservait l’Europe Centrale (Allemagne, Suisse, Pologne, Autriche ...). La compétiton mettait aux prises des clubs italiens, yougoslaves, tchécoslovaques, hongrois, autrichiens et des pays balkaniques.
Aujourd’hui, ces compétitions sont tombées dans l’oubli, phagocytées dans la mémoire collective, par la Ligue des Champions, anciennement Coupe d’Europe des Clubs Champions.
La plus prestigieuse des compétitions de clubs a été inaugurée un mois après le premier Congrès de l’UEFA à Vienne, le 2 mars 1955. Cependant, curieusement, ce n’est pas à l’initiative de l’UEFA que la Coupe des champions a vu le jour.
Alors que l’attention des membres fondateurs de l’UEFA était tournée vers la création d’une compétition de sélections nationales, le quotidien sportif L’Equipe et son journaliste Gabriel Hanot soutenaient la cause d’une compétition regroupant des clubs de toute l’Europe. Hanot, assisté de son collègue Jacques Ferran, dressaient les plans d’un tournoi qui se jouerait les mercredis soir.
Le tournoi dontle quotidien sportifavait eu l’idée ne stipulait pas que les équipes participantes devaient être championnes de leur pays: le choix prenait plutôt en compte la popularité des clubs. Les représentants de 16 clubs étaient conviés à une réunion les 2 et 3 avril 1955, au terme de laquelle le règlement proposé par L’Equipe était accepté à l’unanimité. La première rencontre de Coupe d’Europe des clubs champions européens s’est déroulée à Lisbonne, le 4 septembre 1955. Le Sporting Club de Portugal concédait un nul 3-3 face au FK Partizan. Les Yougoslaves s’imposaient 5-2 au match retour à Belgrade pour se qualifier pour le tour suivant.
Tout commenca en 1954 lorque le club anglais de Wolverhampton fut proclamé par la presse britannique, après une tournée européenne éblouissante, meilleure équipe du monde (avec une certaine dose de provocation). Ce statut de meilleure équipe de footballdu monde fut contesté par le journaliste français Gabriel Hanot, affirmant que l’Europe possédait au moins trois équipes supérieures: le Real Madrid, l’AC Milan et Kispest Honved (ce dernier fut pourtant battu lors de la tournée du représentant du Staffordshire).
L’idée de la Coupe d’Europe est doncnée dans l’esprit de journalistes parisiens. Les chocs Wolverhampton - Honved Budapest puis Wolverhampton - Spartak Moscou de décembre 1954 achèvent de les convaincre: il faut mettre en place une Coupe d’Europe des Clubs! En effet, après les victoires des Wolves, le Daily Mail proclame le club anglais champion du monde des clubs. Gabriel Hanot réplique dans L’Équipe en lançant un appel à la fondation d’une Coupe d’Europe le 15 décembre 1954:Attendons pour proclamer l’invincibilité de Wolverhampton qu’il soit allé à Moscou et à Budapest. Et puis, il y a d’autres clubs de valeur internationale: Milan et le Real Madrid, pour ne citer que ceux-là.
Avec Di Stefano et Gento au Real Madrid, Schiaffino, Liedholm et Nordhal au Milan AC, le clan latin ne manquait pas d’arguments pour contredire la suprématie de Wolverhampton, unilatéralement déclarée par les quotidiens d’outre Manche. Hanot proposa alors au travers du quotidien L’Equipe la création d’un championnat européen des clubs, une idée que l’UEFA approuva et réalisa dès 1955.
Hanot créa donc l’Europe des clubs, à l’époque où six pays (République Fédérale d’Allemagne, France, Italie, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) mettaient sur pied une union économique sur le Vieux Continent, à travers la C.E.C.A (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier) en 1951, phagocytée par la C.E.E. en 1957, ratifiée par le traité de Rome. Les dirigeants européens de l’époque, Konrad Adenauer, Pierre Mendès-France, Alcide de Gasperi, Jean Monnet, Robert Schumanou encore Paul-Henri Spaak concrétisaient l’idée, que certains avaient jugé utopique, des Etats-Unis d’Europe, que jadis l’écrivain Victor Hugo (en 1849)et Sir Winston Churchill (en 1946)avaient appelé de leurs voeux, en contrepoint à l’hyperpuissance des Etats-Unis d’Amérique, fondés en 1776.
Par la suite, bien plus tard, fort de la création de l’espace de Schengen (1985) et du traité de Maastricht, qui renforçait la coopération économique entre les douze membres de l’Union Européenne (entre temps renforcée par la Grèce, le Portugal, l’Espagne, le Danemark, l’Irlande et le Royaume-Uni, ce dernier étant vu par certains comme un cheval de Troie américain en Europe), le football du Vieux Continent allait vivre une révolution en 1995, l’arrêt Bosman ... L’UEFA se chargerait aussi de faire évoluer la Coupe des Champions, en 1992, via la création de la Ligue des Champions, véritable poule aux oeufs d’or. Le modèle de 1955, celui de la Coupe d’Europe des Clubs Champions,était révolu ...
L’Union Européenne a son hymne, l’Ode à la Joie, issu de la neuvième symphonie de Beethoven. La Ligue des Champions a aussi son hymne officiel, tiré d’un morceau de Georg Friedrich Haendel, composé en 1727 pour le couronnement du roi d’Angleterre, George II.
Appelée en 1955Coupe des clubs champions européens, la première édition de cette compétitionvit la victoire du Real Madrid sur le Stade de Reims au Parc des Princes (score final: 4-3). Seize équipes deseize championnats différents y prirent part, sur des doubles confrontations aller-retour à élimination directe.
Le Servette Genève, le Sporting Portugal, le PSV Eindhoven, le FC Sarrebruck, le AGF Aarhus, le RSC Anderlecht, le Gwardia Varsovie et le Rot-Weiss Essen restèrent à quai dès le premier tour.
Le Partizan Belgrade, Rapid Vienne, le Vörös Lobogo et le Djurgardens IFtombèrent en quarts de finale alors que le Milan AC et Hibernian Edimbourgfurent éliminés en demi-finales.
Le projet prévoit des matches aller et retour en milieu de semaine, en nocturne, et sous le patronage de la télévision internationale! Gabriel Hanot ne croit pas si bien imaginer... Dès février 1955, les journalistes de L’Équipe (Gabriel Hanot, mais aussi Jacques de Ryswick et Jacques Ferran) affinent le projet, dressent une liste de seize équipes, dont le Stade de Reims.
Une série d’articles du quotidien sportif parisien explique des semaines durant les avantages d’une telle épreuve, et les premières réactions sont plutôt positives.
Dès le 16 décembre 1954, Jacques de Ryswick signe un article présentant le projet de Coupe d’Europe interclubs. Devant les réactions positives de l’Europe entière, L’Équipe rédige le 25 janvier 1955 un avant-projet de règlement signé par Jacques Ferran.
Le 3 février 1955, L’Équipe publie la liste des clubs invités à disputer la première édition de l’épreuve. Durant le mois de février, les clubs confirment leur participation. Le 26 février 1955, la FIFA contacte L’Équipe pour lui confirmer que ses statuts n’empêchent pas l’organisation d’une telle compétition: L’organisation d’un pareil tournoi n’est pas subordonné à l’autorisation préalable de la FIFA, dont les statuts (art. 38) ne visent que les compétitions entre équipes représentatives nationales.
L’UEFA vient à peine d’émerger des limbes, et ses statuts sont quasi vierges. Le 1er mars, le Comité Exécutif de l’UEFA se déclare inapte à assurer correctement l’organisation d’une telle épreuve et laisse à chaque fédération le libre choix d’accepter ou pas de prendre part à cette épreuve.
On se retrousse alors les manches à L’Équipe en s’occupant d’aller démarcher les fédérations. La FFF se laisse finalement convaincre malgré la délicate question de surcharge du calendrier... Revirement de situation le 8 mai, alors que tout est bouclé avec seize clubs partants. Le tirage au sort des huitièmes de finale a même déjà eu lieu. La FIFA sent le danger de laisser à des intervenants extérieurs la prise en main de compétitions et pousse finalement l’UEFA à prendre en charge l’organisation de l’épreuve. La FIFA interdit même l’utilisation du mot «Europe» dans le nom de l’épreuve désirant réserver ce terme aux compétitions entre équipes nationales; ces dernières n’existent pas encore...
L’UEFA et la FIFA font le maximum pour décider les Anglais à participer, mais la FA reste inflexible: c’est non! Chelsea, champion d’Angleterre en 1955, était pourtant partant... Le forfait de Chelsea est rendu officiel le 26 juillet 1955.
Nombrilistes, les Anglais avaient déjà boycotté les premières éditions de la Coupe du Monde, en Uruguay en 1930, en Italie en 1934 et en France en 1938. Malgré l’absence de Chelsea, cette Coupe d’Europe n’est pas 100 % continentale puisque le club écossais d’Hibernian Edimbourg fait partie des seize clubs en lice pour le premier titre européen de l’Histoire, en 1955.
Neuf mois plus tard, au Parc des Princes, le Real Madrid d’Alfredo Di Stefano inaugure le palmarès face au Stade de Reims de Raymond Kopa (4-3), le 13 juin 1956. Le Real avait successivement éliminé le Servette de Genève, le Partizan Belgrade puis le Milan AC, avant de battre les Rémois en finale.
Sur les autres continents, des compétitions ont émergé, sur le modèle des joutes européennes interclubs ... La Copa Libertadores en Amérique du Sud (depuis 1960), la Coupe d’Afrique des Clubs Champions (depuis 1964)devenue Ligue des Champions de la CAF, la Coupe d’Asie des Clubs Champions (depuis 1967)reconvertie en Ligue des Champions de l’AFC...
Depuis, les plus grands clubs européensont forgé leur légende via la C1, comme le Real Madrid (9 victoires), le Milan AC (7), Liverpool (5), l’Ajax Amsterdam (4), le Bayern Münich (4), le FC Barcelone (3), Manchester United (3), l’Inter Milan (3), la Juventus Turin (2), le Benfica Lisbonne (2), le FC Porto (2), le Celtic Glasgow (1) ou encorel’Olympique de Marseille (1).
Les Latins (Espagnols, Portugais, Italiens)ont dominé le début de la compétition de 1956 à 1966 avant que les Anglo-Saxons (Ecossais,Anglais,Hollandais et Allemands)ne ripostent entre 1967 et 1984. Depuis 1985, les Latins dominent à nouveau mais l’Angleterre a su rebondir après la tragédie du Heysel (1985), ce qui avait conduit à l’UEFA à suspendre Liverpool et les clubs anglais de toute compétition européenne jusqu’en 1990. Quant aux clubs d’Europe orientale, à l’exception du Steaua Bucarest (1986) et de l’Etoile Rouge Belgrade (1991), ils ont du mal à remporter la prestigieuse Coupe ... L’Europe Occidentale a vite imposé sa férule, aujourd’hui renforcée par le pouvoir financier des clubs anglais, espagnols ou italiens.
Enplus de cinquante ans de Coupe des Champions,les finales de légende n’ont pas manqué ... Benfica Lisbonne - Real Madrid en 1962 (5-3), où la jeunesse d’Eusebio l’emporta sur l’expérience de Puskas et Di Stefano, Manchester United - Benfica Lisbonne 1968 (4-1 ap), oùBest fit la décision à Wembley, Liverpool - Borussia Mönchengladbach 1977 (3-1), où Berti Vogts passa face à Kevin Keegan l’une des plus épouvantables soirées de sa carrière au stade Olimpico de Rome, Liverpool - AS Rome 1984 (1-1 ap, 4-2 tab), où Bruce Grobbelaar eut raison des joueurs de la Louve dans la séance de tirs aux buts, Milan AC - Steaua Bucarest 1989 (4-0), avec un festival offensif des Rossoneri signé Gullit et Van Basten, Milan AC - FC Barcelone 1994 (4-0), avec la Dream Team de Cruyff en perdition face aux Milanais de Capello, Manchester United - Bayern Munich 1999 (2-1), avec le fameux retournement de situation des Red Devils en toute fin de match, sur deux corners où la précision de Beckham fit merveille, Real Madrid - Leverkusen 2002 (2-1), avec la volée de Zidane comme chef d’oeuvre, Liverpool - Milan AC 2005 (3-3 ap, 5-4 tab), avec la plus incroyable remontée de l’Histoire du football (0-3 à 3-3 pour les coéquipiers de Gerrard) dans le chaudron d’Istanbul, Manchester United - Chelsea 2008 (1-1 ap, 6-5 tab), au bout de la nuit moscovite ...
A noter, que quelle soit la formule de la compétition choisie, Coupe des Champions (de 1955 à 1991) ou Ligue des Champions (1992 à 2010, les poules avaient été instaurées par l’UEFA dès la saison 1991-1992 mais le nom Champions League ne fut donné qu’en 1992-1993), ce sont le Real Madrid et le Milan AC qui dominent les débats.
De 1955 à 1992, 6 victoires du Real Madrid, 4 pour le Milan AC et Liverpool, 3 pour le Bayern Münich et l’Ajax Amsterdam
De 1992 à 2010, 3 victoires pour le Real Madrid, le Milan AC et le FC Barcelone, 2 pour Manchester United
Bref, Milan et le Real sont intimement liés à l’histoire de la plus prestigieuse des Coupes d’Europe.
Sans aucun doute, la plus belle des compétitions, malgré le fait qu’elle ait perdu de son aura. Avant cela faisait du sens aller en Europe du nord ou de l’est jouer contre le champion qui représentait tout un football. C’était aussi plus facile de créer une suprise.
Désormais, il n’y a presque plus de répresentants d’un style de foot. Néanmoins, il y a plus de grandes parties. Cela dépend du point de vue que l’on prend. Quoi que l’on dise, la Coupe des Clubs Champions d’Europe - Ligue des Champions est magnifique !
Tout dépend ce que l’on juge, en effet. L’ancienne formule était plus juste d’un point de vue éthique, plus croustillante dès le départ avec seulement des matches couperet dès les 1/16e de finale.
Désormais, que de matches d’exception en 1/8e, mais bon il faut attendre février - mars pour cela, les poules sont ennuyeuses et ne servent qu’à garantir des droits TV minimum aux seconds couteaux européens.
Il y a un côté élite resserrée dans cette formule puisque les clubs qui vont loin viennent souvent des 6-7 mêmes pays. J’aimais bien le côté dépaysant d’aller jouer dans les pays de l’est et puis l’attente jusqu’au mois de mars pour voir les 1/4 de finale avec des affiches qu’on connaissait depuis deux mois.
Pour l’édition 1955, rappelons que Santiago Bernabeu a été un grand défenseur du projet et que son adhéson au projet de Hanot a beaucoup aidé à la mise en oeuvre de cette coupe d’Europe.
En effet cyril, tu as raison de souligner la participation de Don Santiago Bernabeu à ce projet de 1955 qui donna naissance à la Coupe d’Europe des Clubs Champions.
c’est une compétition qui me donnait des frissons auparavant.
Aujourd’hui, la multiplication des matchs enlève de la saveur à cette Coupe mythique et rend chacune des rencontres presque anodine.
D’autre part, la mondialisation du football a conduit à une quasi-uniformité, en ce qui concerne les choix tactiques, les styles de jeu ou encore l’ambiance et l’architecture des stades. La "Coupe aux Grandes Oreilles" était aussi il y a quelques temps un voyage pour le téléspectateur.
Lorsqu’un club tricolore se rendait en Grande-Bretagne, en Europe de l’Est ou dans les pays latins, l’atmosphère était à chaque fois particulière, les differences culturelles étaient bien marquées, chose qui est beaucoup moins evident aujourd’hui où le football est devenu un peu trop formaté à mon goût.
Reste que la Ligue des Champions demeure la plus prestigieuse compétition de clubs dans le monde et malgré les points négatifs que j’ai évoqué plus haut, elle me passionne encore, au moins à partir des matchs couperets.
@Christian,
Pour le formatage des styles, c’est plus une conséquence de Bosman, qui a permis aux grands clubs européens d’engager des myriades d’étrangers, que du changement de formule de la C1. Bosman a permis aux géants de se créer des puzzles parfaits avec parfois onze étrangers sur la pelouse, l’Inter Milan ou Arsenal ont parfois poussé cette logique jusqu’à son terme.
Dans la formule actuelle, sans Bosman, on pourrait encore avoir de belles oppositions de styles entre football anglo-saxon, football italien et football espagnol.
Peu de clubs ont gardé leur culture, le Barça en fait partie, tandis qu’un club comme Chelsea, mosaïque de talents, n’a pas d’identité, ni historique ni footballistique.
En tout cas, personne n’a encore su gagner deux Ligues des Champions de suite. En Coupe des Champions, le dernier exploit du genre est l’oeuvre du Milan AC, en 1989 et 1990.
Ce qui est intéressant, c’est le rôle prépondérant de personnalités françaises dans la création de grandes compétitions internationales. Henri Delaunay et Jules Rimet pour la Coupe du Monde, Henri Delaunay pour l’Euro, Gabriel Hanot pour la Coupe d’Europe des Clubs Champions.
A défaut de gagner les grandes compétitions (une seule C1, en 1993 pour l’OM), la France peut se targuer d’en avoir été l’instigatrice.
A l’heure du bilan, Italie et Espagne dominent avec 12 victoires en C1 depuis 1956, devant Angleterre (11), Allemagne et Pays-Bas (6), puis Portugal (4).
Sur la C1 ancienne, de 1955 à 1992, l’Italie dominait avec 8 victoires, contre 8 à l’Angleterre et 7 à l’Espagne.
Sur la C1 moderne, depuis 1993, l’Espagne domine avec 5 victoires, contre 4 à l’Italie et 3 pour l’Angleterre, 2 à l’Allemagne.

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