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le 30/07/2010

Monaco 92, Mansell à un souffle de Senna


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Implacable leader du championnat du monde de F1 sur sa Williams-Renault, Nigel Mansell échoue en Principauté, où il cède la victoire à la McLaren Honda d’Ayrton Senna, lauréat du Grand Prix monégasque pour seulement 215 millièmes de seconde ...

Dimanche 31 mai 1992. La Principauté de Monaco accueille le 50e Grand Prix de son Histoire. Le Rocher, rendez-vous jet-set par excellence du calendrier mondial, voit alors s’agglutiner des yachts de luxe dans le Port, là même où le Prince Rainier et Aristote Onassis ont fondé, près de quarante ans plus tôt, la Société des Bains de Mer.

Cinquième manche du championnat du monde de F1 1992, le Grand Prix monégasque se court sur le traditionnel labyrinthe ponctué de noms de légende ... Sainte-Dévote, Beau Rivage, Massenet, Loews, Portier, Rascasse, Anthony Noghès ...

Réservé aux virtuoses du pilotage, le tracé de Monaco ne pardonne aucun écart de trajectoire. La sanction est immédiate pour ceux qui jouent avec les limites ... le rail.

Au classement du championnat du monde 1992, Nigel Mansell caracole en tête avec 50 points, maximum possible théoriquement.
Vainqueur consécutivement à Kyalami, Mexico, Interlagos, Barcelone et Imola, Mansell fait parler son talent chez Williams, son écurie de coeur depuis 1985(à l’exception d’un intermède à la Scuderia Ferrari en 1989-1990).
Mais il bénéficie également d’une double conjoncture favorable. Son coéquipier Riccardo Patrese, qui lui donnait du fil à retordre en 1991, a été durement éprouvé par un accident à Estoril en essais hivernaux. La pointe de vitesse du pilote italien en subit les conséquences. Patrese s’installe donc dans un rôle de porteur d’eau chez Williams-Renault.

L’écurie de Didcot, elle, a proposé une monoplace exceptionnelle avec la FW14B. Conçue par Adrian Newey et Patrick Head, elle dispose d’un châssis superbement dessiné, rodé par 11 500 kilomètres d’essais hivernaux. Quant au moteur Renault, le V10 RS4, il a encore gagné en puissance face aux rivaux, Honda et Ferrari.

En face, la riposte tarde à s’organiser. Ron Dennis avait promis la nouvelle McLaren MP4/7 pour le Grand Prix d’Espagne. Devant l’impatience de Senna, la nouvelle monture de Woking a été fournie au triple champion du monde dans son fief d’Interlagos. Mais à domicile, le roi Ayrton n’a pu faire honneur à son public.
La haine viscérale de Senna pour la défaite lui a permis de se surpasser en deux occasions, à Kyalami et Imola, où il s’est littéralement arraché pour accrocher la troisième place, derrière les intouchables Williams-Renault, qui ont signé quatre doublés en cinq courses.
Autre problème, Honda a raté son moteur V12. Stakhanoviste, Senna ne ménagera pas ses efforts pour corriger les défauts de cette MP4/7, voiture imparfaite parfois dominée en performance par la Benetton Ford B192.

Si bien qu’en arrivant à Monaco, Senna, champion en titre, ne figure qu’au quatrième rang de la hiérarchie, dominée par Mansell (50 points), devant Patrese (24), M.Schumacher (17) et Senna (8).

Quadruplevainqueur en Principauté (1987, 1989, 1990 et 1991), Ayrton Senna sait mieux que personne combien la pole position est importante sur ce tracé urbain si exigeant. Le Brésilien possède toutes les qualités requises pour s’imposer encore une fois à Monaco: finesse de pilotage, panache, gestion du trafic, endurance...

Senna sait qu’il doit absolument devancer une des deux monoplaces de l’écurie Williams-Renault s’il veut conserver une chance de victoire. En ne partant pas de la première ligne de la grille de départ, ses chances de succès s’en trouveraient alors compromises.

Malheureusement, malgré une volonté implacable, Senna échoue. Il ne signe que le troisième temps le samedi, en 1’20’’608. Comme prévu, Mansell a signé sa sixième pole position consécutive, en 1’19’’495, devant son coéquipier Patrese, auteur d’un chrono de 1’20’368’’.

Le dimanche, au départ, Senna se joue de Patrese à Sainte-Dévote. L’Italien a trop patiné et a du céder face au pilote au casque jaune, peu disposé à laisser cette place au freinage. Derrière Mansell, grand favori de cette course, Senna mène la meute des poursuivants.

Aucun pilote britannique n’a gagné en Principauté depuis 1973, et la victoire de Jackie Stewart sur Tyrrell Cosworth. La malédiction de Monaco va s’abattre sur Mansell, qui avait déjà manqué de peu la victoire en 1987, sur Williams-Honda.

Impérial, le natif de l’île de Man ne cesse de battre des records du tour. A dix tours de la fin, Mansell possède une trentaine de secondes d’avance sur Ayrton Senna, dont la McLaren Honda ne peut suivre le rythme imposé par la Williams-Renault.

Au 71e des 78 tours, Mansell ressent un gros doute quant à son pneu arrière droit. Le pilote anglais pense immédiatement à une crevaison. Il indique à son stand par radio qu’il lui faut ravitailler.
Les mécaniciens de Williams changent alors les pneus de la FW14B de Mansell.

Seul problème, le beau scénario de Mansell se lézarde. Cet arrêt imprévu se mue en catastrophe, Ayrton Senna vient de récupérer la première place du Grand Prix. Il reste six tours à couvrir dans le dédale monégasque.

Réservoir d’essence presque vide, pneus neufs, Mansell se retrouve, à la fatigue physique et mentale près, dans des conditions de qualification sur le circuit de Monaco. Déchaîné sous son casque, l’Anglais entame ce dernier run sur les chapeaux de roue, et pulvérise le record du tour, en 1’21’’598. En deux tours seulement, Mansell revient au contact de Senna.

Harcelé par Mansell, Senna en a plein les rétroviseurs. Mais, expérimenté, le Brésilien sait que dépasser à Monaco est une véritable utopie, d’autant que la Williams, bien que plus rapide que la McLaren d’environ 1"5 au tour en cette fin de course, n’est pas assez supérieure.

La vraie question est alors de savoir si Mansell va tenter ou non de dépasser. C’est en effet impossible en théorie de dépasser, car 1"5 au tour, ça ne fait au mieux qu’environ 0"15 de mieux par virage, trop juste ...La combativité du pilote Williams est admirable. Devant lui, Senna guette le moindre écart de trajectoire de Mansell. Les pneus en charpie, AyrtonSenna se remémore sûrement d’un autre duel d’anthologie face à Nigel.A Jerez, en 1986, Mansell était revenu à bride abattue sur la Lotus noire et or pilotée par le génial Brésilien. Malgré des pneus agonisants, MagicSenna avait pu contenir Mansell pour 14 millièmes de seconde. Il avait fallu recourir à la photo finish pour désigner le vainqueur du Grand Prix d’Espagne 1986, sur le circuit andalou.

Au soixante-dix-huitième tour, Mansell comprend que l’odeur de la défaite devient une réalité concrète. Il s’incline face à Senna pour 215 millièmes de seconde. Blotti dans l’aspiration de la McLaren Honda, la Williams Renault n’a jamais pu trouver la faille.

Mansell subit sa première défaite de l’année, mais surtout, le voilà humilié, perdant bêtement une occasion en or de s’imposer sur le Rocher. Beaucoup d’observateurs raillent alors Mansell pour ce changement de pneu arrière. Nigelavaitdéjàété l’auteurd’une bévue au Canada en 1991 (moteur calé en sixième dans un virage en première, car le pilote s’était amusé à saluer le public québécois dans l’ultime chicane avant la victoire!), sans oublier deserreurs à Estoril en 1991 (arrêt dans le mauvais stand, disqualification suite à l’aide non autorisée des mécaniciens Williams), Interlagos en 1991 (redémarrage digne d’un dragster après un tête-à-queue qui brisa la boîte de vitesse de la Williams-Renault)ou Suzuka en 1990 (grosse erreur sur Ferrari)... Après cette frustrante déconvenue au Grand Prix de Monaco 1992, Patrick Head expliquera quelques jours plus tard que Mansell n’y était pour rien, mais trop tard, le mal était fait, le pilote était coupable dans les médias.

Ayrton Senna remporte à Monaco sa cinquième victoire, qui en fait l’égal du recordman, le Londonien Graham Hill, lauréat du Grand Prix en 1963, 1964, 1965, 1968 et 1969. En 1993, le prince Senna de Monaco dépassera Son Altesse Graham Hill avec une sixième victoire (record qui tient toujours). En 2001, Michael Schumacher égalera les cinq victoires de Graham Hill en Principauté.

Après ce duel de titans, ce 31 mai 1992, AyrtonSenna retrouve Nigel Mansell pour la cérémonie du podium, qui se déroule à quelques mètres de l’asphalte du circuit. Aspergé de champagne par le quintuple vainqueur du Grand Prix de Monaco, Mansell manque de défaillir.

Troisième de cette course dantesque à 31 secondes du vainqueur, Riccardo Patrese est dans un autre monde ... celui des vaincus.

par AxelBorg

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par AxelBorg

le 30 juillet 2010 à 10H47

Monaco 92, Mansell à un souffle de Senna

A de nombreuses reprises, un duo est arrivé roue dans roue à Monaco, même si l’édition de 1992 fut la plus spectaculaire de toutes avec Senna et Mansell.

Mais en 2002 (Coulthard / M.Schumacher), 2003 (Montoya / Raikkonen), 2004 (Trulli / Button) ou encore 2007 (Alonso / Hamilton), le Grand Prix de Monaco a offert des arrivées serrées ...

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par AxelBorg

le 30 juillet 2010 à 10H52

Monaco 92, Mansell à un souffle de Senna

1961 aussi, somptueuse édition, avec l’exploit de Moss devant les Ferrari déchaînées, ou encore 1990 avec Senna devant Alesi, quelques semaines après leur duel de Phoenix.

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par Ditch

le 30 juillet 2010 à 11H08

Monaco 92, Mansell à un souffle de Senna

Salut Axel,

Excellent article, la course et l’émotion qui en découlait sont très bien décrites. Je suivais assidûment la F1 à l’époque et j’étais un fan du regretté Ayrton Senna qui n’avait vraiment pas volé son surnom de "Magicien". Avec une moins bonne voiture en 92 et 93, face à Mansell puis à Prost, il parvenait néanmoins à tirer son épingle du jeu, chapeau l’artiste. Merci de faire "revivre" en quelque sorte ces moments qui ont presque 20 ans déjà...

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par AxelBorg

le 30 juillet 2010 à 11H15

Monaco 92, Mansell à un souffle de Senna

Salut Ditch,

J’ai réussi à voir ton commentaire dans l’océan de spams de notre cher et estimé ami hpr.

Oui le talent exceptionnel de Senna a maintenu McLaren à la deuxième place du championnat du monde en 1992 et 1993, pour clore une décennie incroyable pour l’écurie de Woking (1er ou 2e chez les contructeurs chaque saison entre 1984 et 1993, exploit réédité par la Scuderia Ferrari entre 1996 et 2004, sur neuf ans "seulement").

Mais le châssis de la MP4/7 était raté, le V12 Honda également. En 1993, le châssis de la MP4/8 était une merveille truffée d’électronique, mais dommage car la voiture était handicapée par la faiblesse du V8 Ford.

En 1994, au départ du champion brésilien vers Williams, McLaren et Ron Dennis se retrouvèrent orphelins, commençant une période de disette de trois ans, avec Peugeot puis Mercedes.

Sinon, pour Mansell, dommage car son talent méritait une victoire à Monaco. Le premier Britannique à vaincre la malédiction du Rocher sera David Coulthard en 2000, succédant donc à Stewart (1973). Depuis, Coulthard en 2002, Hamilton en 2008 et Button en 2009 ont hissé l’Union Jack sur la première marche du podium monégasque.

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par hpr

le 30 juillet 2010 à 10H54

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par hpr

le 30 juillet 2010 à 11H04

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par Munich

le 30 juillet 2010 à 11H16

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par AxelBorg

le 30 juillet 2010 à 11H18

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Yeah, hpr, Munich is right, "just do it" with your fucking shoes ...

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par Munich

le 30 juillet 2010 à 11H31

Monaco 92, Mansell à un souffle de Senna

salut Axel !

pourtant pas très fan de la F1, les photos de l’article m’ont fait me souvenir de ce Monaco GP, que j’avais vu en live

pis Mansell avait une belle moustache :)

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par AxelBorg

le 30 juillet 2010 à 11H35

Monaco 92, Mansell à un souffle de Senna

Salut Munich,

lol pour Nigel, il est vrai que l’un des nombreux surnoms de Mansell dans le paddock était "Big Moustache", comme pour l’un des 3 soldats anglais de la Grande Vadrouille.

Pour les photos, ce sont les deux mines d’or traditionnelles pour les fans de F1, les sites de Rainer Schlegelmilch et de la famille Cahier (Bernard et Paul-Henri).

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par AxelBorg

le 30 juillet 2010 à 14H53

Monaco 92, Mansell à un souffle de Senna

A noter que le contrat du GP de Monaco a été reconduit pour dix ans, après les signatures de Bernie Ecclestone pour FOM et de Michel Boeri pour l’ACM.

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par AxelBorg

le 30 juillet 2010 à 15H57

Monaco 92, Mansell à un souffle de Senna

Vettel devant Webber et Kubica en libres 1 de Budapest, Vettel devant Alonso et Webber en libres 2, le jeune Allemand sera le favori demain pour la pole position sur sa Red Bull, pole si importante sur le tourniquet magyar.

Cette victoire serait cruciale pour lui, après deux GP un peu ratés à Silverstone et Hockenheim, du fait de mauvaises réactions au départ (contact avec Webber, focalisation sur Alonso qui a favorisé l’envol de Massa)

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