Franck Vandenbroucke, l’enfant terrible du cyclisme belge
Grandeur et décadence
Oui, il était parfois un peu fou; Oui, il pouvait être arrogant; Oui, il était chargé; Mais quand même, c’était un vrai talent... Certainement le plus gros potentiel belge derrière notre grand Eddy.
Alors comment est-il possible d’effectuer une ascension si fulgurante pour après subir une lente et longue agonie de 10 ans? VDB était très fort sur un vélo mais psychologiquement, il était fragile et faible. «Ingérable» disaient
ses proches, donc incontrôlable. Dans de telles conditions, avec la célébrité vite acquise, la pression en découlant, les dérives du «milieu», il était inévitable qu’il pète les plombs.
6 mois après son décès, rétro sur sa trop courte carrière.
Déjà monstrueux en amateur, VDB entame sa carrière professionnelle en 1993 à seulement 19 ans. Il fait tout de suite parler de lui et remporte Paris-Bruxelles en 1995, un VRAI espoir belge est né.
En 1997, il se fait définitivement connaître du grand public en se présentant pour la 1ère fois sur le tour de France.
Durant ces 3 semaines, VDB est adorable. Il a décrété dès le premier jour qu’il donnera une longue interview à la télévision belge après l’étape car «il fait son boulot de cycliste et il estime que les journalistes ont aussi le droit de
faire leur métier». Sa sympathique compagne Clotilde est interviewée régulièrement aussi et ils semblent très heureux.
Il ne joue pas le «général», n’essaie même pas de s’accrocher en montagne car «pour une 1ère, il ne veut pas se brûler les ailes, pas se mettre dans le rouge et aimerait se préserver pour tenter de gagner une étape». Il y arrivera
presque, terminant à deux reprises deuxième d’étapes vallonnées. Il apparaît calme, prudent, réfléchi et... très talentueux.
On a alors conscience que le cyclisme belge tient là un type pouvant peut-être même succéder à Van Impe comme lauréat du Tour. D’ailleurs, l’année suivante, il explose: en début de saison, il remporte la difficile course à étape
Paris-Nice au nez et à la barbe des grands de l’époque avant de terminer 2ème de la Flèche Wallonne. Lors de LBL, son grand objectif assurément, il se classe 6ème et on voit clairement qu’il ne lui manque pas grand chose
pour suivre Bartoli, vainqueur pour la deuxième année consécutive. Il a alors 24 ans et il paraît évident que dans 1 an ou deux, il concrétisera dans une grande classique.... On n’allait pas se tromper.
1999, son année de gloire, comme attendu. Il est au sommet de sa forme, au bout de son apprentissage et il le démontre rapidement. Il remporte d’abord le circuit Het Volk en début d’année avant de marquer les esprits lors
du tour des Flandres. Au pied du Mur de Grammont, il est pris dans une chute avec de nombreux coureurs et doit mettre pied à terre. Seul une 20aine de coureurs dont Museeuw et Van Petegem ne sont pas gênés et partent en
tête à l’assaut du «Mur». Les deux belges sont clairement plus forts et se détachent alors que derrière Vandenbroucke, qui est reparti, est monstrueux d’aisance sur les pavés de cette mythique ascension et il paraît évident que sans l’incident au pied, il serait parti seul.... Mais en haut de Grammont, c’est Museeuw et Van Pet’ qui ont un peu moins d’une minute d’avance sur un petit groupe dans lequel se trouve VDB. On pense que c’est
fini pour lui mais l’incroyable se produit: Vandenbroucke décide de sortir seul du groupe des poursuivants, en force, et revient «à la pédale» comme une flèche sur ces deux compatriotes qui pourtant se relayaient, du jamais
vu. Les 3 belges restent alors ensemble et la course se joue au sprint, remporté par Van Petegem.
Peu importe, VDB est prêt pour SA classique: Liège-Bastogne-Liège. Et c’est la veille de la course, en conférence de presse, qu’il va écrire sa (courte) légende: face aux micros des journalistes, avec un aplomb incroyable, il déclare: «Demain j’attaquerai dans la redoute, afin de faire une sélection. Ensuite je placerai mon attaque décisive dans la deuxième partie de la côte de Saint-Nicolas, là où le pourcentage est le plus important».
Les journaux se délectent déjà de ce couleur culotté, sûr de lui, et dont l’envie de gagner rappelle celle du «Cannibale».
Et ils ne vont pas être déçus...
Le lendemain, j’étais bien entendu devant ma télévision afin de suivre la dernière partie de la course, à partir de la Redoute; en effet conscient qu’un belge était enfin capable de réaliser ce que Criquielion n’avait jamais pu
faire...
Et la prophétie se réalisa: Bartoli attaqua en premier dans la redoute et on eut peur: VDB allait-il pouvoir suivre? J’allais vite être rassuré: non seulement le belge revint dans la roue mais il plaça une contre-attaque énorme avant d’en rajouter encore une couche; Bartoli craquait et Vandenbroucke franchissait seul le sommet de la Redoute. Malin sur le coup, il se relevait et attendait les quelques coureurs étant parvenus à limiter la casse. La sélection était faite, première étape. Place à la deuxième... Le groupe de tête dans lequel se trouvaient également Bartoli et Boogerd resta groupé dans la côte de Sprimont et celle du Sart-Tilman et entama ensemble la fameuse côte de Saint-Nicolas. La nervosité était palpable et la prophétie de VDB se réalisa: dans la 2ème partie de l’ascension, là où la pente est la plus dure, il porta une attaque foudroyante laissant tout le monde sur place excepté Boogerd qui s’accrocha... quelques secondes avant de craquer. Vandenbroucke déboula seul en haut de Saint-Nicolas avec seulement une poignée de kilomètres encore à parcourir et la petite côte d’Ans. Dans de telles conditions, la course était jouée car comme dit toujours Eddy «à Liège-Bastogne-Liège, c’est toujours le plus fort qui gagne».
Voilà, on y était, un belge remportait LBL avec un avenir étincelant devant lui. Il gagnerait d’autres classiques, c’est certain, il serait champion du monde et pourquoi pas aussi gagner un grand tour? On se mettait à rêver...
Mais 1 mois plus tard, les premiers prémices de la descente aux enfers apparaissaient: VDB accusé de dopage! Il serait impliqué dans une histoire liée à Bernard Sainz, le «docteur Mabuse»... Mais il s’en sort bien puisqu’il est finalement blanchi. Par contre, ce qu’on sait moins à l’époque, c’est qu’en privé ça ne va pas du tout... Le succès lui est monté à la tête, il a du mal à contrôler et chez Cofidis, il est sous l’influence de Philippe Gaumont qui l’a
«initié» au cocktail de médicaments pour jouir d’hallucination lors de soirées... C’est à cette époque qu’il se sépare de Clotilde, son amour de jeunesse qui lui a donné une petite fille au début de l’année. C’est le début de la fin: l’affaire de dopage l’a affecté même si son image n’en pâtit pas trop puisqu’il est «blanchi» mais il vient de perdre ses repaires avec sa séparation. Il n’a pas encore entamé sa descente mais y est exposé car il est fragilisé psychologiquement.
Sportivement parlant, il continue son magnifique parcours en s’alignant sur le tour d’Espagne afin de préparer son deuxième grand objectif de la saison: les championnats du monde de Vérone (Italie) où le parcours difficile,
ressemblant à un mini LBL, lui convient parfaitement.
Malheureusement, il ne le sait pas encore, mais ces deux courses vont être le tournant de sa carrière et de sa vie, elles vont sceller son sort. Cette fin de saison (tout juste 10 ans avant son décès, un symbole) qui devait l’amener
à sa plus belle victoire va en fait être le début de son chemin de croix. La raison? Elle est double: deux évènements, l’un privé, l’autre sportif, vont déclencher le processus destructeur, irréversible.
Au tour d’Espagne, il arrive avec comme unique but la préparation des mondiaux et ne joue par conséquent pas le «général»; mais, dans une forme éblouissante en 3ème semaine, il s’adjuge deux étapes de montagne de prestige (dont la fameuse étape d’Avila lors de laquelle il dépose à 2km du but des coureurs comme Ullrich et Heras) qui lui permette par ailleurs de remonter à la 12ème place du général et de remporter le maillot du classement par point de la course. Mais un fait plus important va frapper VDB de plein fouet: à l’arrivée de la 5ème étape, il rencontre Sarah Pinacci, un mannequin italien qui travaille pour l’équipe Saeco. Il en tombe fou amoureux et fait tout pour la séduire, objectif qu’il atteint notamment en lui promettant à deux reprises de «gagner l’étape pour elle»... ce qu’il réussi les deux fois. Il a alors l’impression de vivre un rêve mais c’est une illusion... qu’il ne décèle pas tout de suite.
Il arrive donc à Vérone quelques jours plus tard, vulnérable psychologiquement mais amoureux et au top physiquement. Il est la star des courses d’un jour de cette année et naturellement le super favori pour le maillot arc-en-ciel.
Ce dimanche d’octobre 1999, je suis devant ma télé dès le matin pour suivre le début de la course, à nouveau conscient que VDB peut écrire l’histoire et poursuivre son ascension. A cette heure, la course n’étant pas encore
entrée dans le vif du sujet, j’écoute «attentivement» les envolées lyriques de Rodrigo Beenkens, sa description du paysage, ses anecdotes rocambolesques qu’ils tirent de ses fiches légendaires... lorsqu’il est interrompu par une info radio: Frank Vandenbroucke est tombé!!! Il serait touché... Rodrigo panique, je panique (C’est pas vrai! me dis-je, comment est-ce possible? Au début de la course? Ca ne roule même pas!). Les infos sont confuses, on est dans le doute le plus complet quand finalement il est annoncé que VDB est remonté sur le vélo, OUF! Mais ouf de courte durée car il serait blessé à la main et sur le point d’abandonner, Rodrigo n’en peut
plus... moi non plus. Je me fais une raison quand finalement Rodrigo annonce que Vandenbroucke continue, que «ce n’est pas si grave que ça». Vrai OUF cette fois-ci car les heures passent et VDB est dans le peloton, OK,
c’est OK me dis-je.
On entre alors dans le vif du sujet, les échappés sont repris, avant dernier tour: les meilleurs sont devant, une 20aine peut-être, VDB est là... mais il n’attaque pas, étonnant. Il attend sûrement le dernier tour, il reste alors deux
côtes... rien dans la première, je ne comprends pas. La dernière côte est entamée, personne n’ose bouger, ils sont cuits me dis-je; quand soudain Vandenbroucke surgit, il accélère enfin! Mais c’est bizarre, il reste sur la selle, ne se dresse pas sur les pédales, «ne gicle» pas... Alors forcément il ne fait pas d’écart et une 10aine de coureurs atteignent le sommet sans encombre. Bizarre.... VDB est-il cuit? Va-t-il attaquer dans la descente? Et bien non, rien dans la descente et on arrive au dernier km. L’inconnu Oscar Freire surgit alors et personne ne prend sa roue... Je comprends à ce moment que c’est terminé et VDB se classe finalement 7ème de ces championnats sans s’être vraiment montré; j’étais déçu.
Déçu quelques minutes, jusqu’au moment où Rodrigo annonce l’incroyable, l’inconcevable, l’infaisable: lorsqu’il est tombé en début de course, VDB s’est fracturé les deux poignets?! Ca veut dire qu’il pouvait à peine tenir son
guidon et certainement pas tirer dessus durant les 4 heures de courses qui ont suivi... On comprend mieux alors qu’il n’ait pas attaqué, qu’il soit resté sur sa selle mais... on ne comprend pas non plus qu’il soit parvenu à rester avec les meilleurs et terminer 7ème! C’est un résultat extraordinaire, prouvant une fois de plus sa forme physique exceptionnelle; mais pour lui c’est un échec cuisant. Il était de loin le plus fort et il a perdu.
Il faut être solide dans la tête pour prendre le dessus sur cette défaite alors qu’on est sous les feux de la rampe, qu’on vient de connaître la gloire quelques mois plus tôt. Et Franck, à ce moment, n’est justement pas solide à ce niveau. Ceci est donc un coup dur, il s’agit de «l’événement sportif» cité plus haut.
L’événement privé, survenu quelques semaines plus tôt en Espagne va lui porter le coup de grâce.
En effet, VDB a besoin de soutien après la couac de Vérone mais cette fille le rend fou, leur situation est compliquée (elle vit en Italie, il a un bébé de 9 mois en Belgique) et il va doucement sombrer en s’accrochant à cette relation qui est destructrice. Son père avait d’ailleurs dit il y a quelques années «depuis que Franck a rencontré cette fille en 1999, il n’a plus jamais été coureur cycliste à 100%». En effet, c’est le début des emmerdes: prenant déjà toute sorte de produits dopants et d’autres médicaments avec Gaumont, il y devient
dépendant, se drogue en dehors des courses pour fuire ses problèmes psychologiques mais s’accroche à cette femme qu’il épousera durant l’été 2000 avant même d’avoir une petite fille avec elle en 2001 alors que leur
couple traverse crise sur crise depuis presque le début.
Les premiers signes publics de ses dérives surviennent à la veille de Paris-Nice 2000 lorsqu’il déclare forfait car il a le bras cassé... après être tombé dans les escaliers chez lui! C’est rocambolesque, ça cache d’autres choses et ça ne fait que commencer... Il déclare, très arrogant, avant le départ du tour 2000 qu’il veut jouer le podium. Dès le premier col, il abandonne en raison d’une douleur au genou. Son équipe Cofidis n’en veut plus. Commence alors le carrousel des équipes: il passe 1 an chez Lampre puis 1 an chez DOMO mais il n’y est plus, se saoule et se drogue, fait n’importe quoi, se dispute sans arrêt avec sa femme et fini par se faire arrêter suite à une perquisition à son domicile qui révèlera la présence de nombreux produits dopants dont le Clenbuterol qui le rendra célèbre pour avoir déclaré que ce produit était destiné à.... son chien!
En 2003, Patrick Lefevere décide de le prendre sous son aile chez Quick-Step pour tenter de le relancer. On croit au miracle lorsqu’il termine 2ème du tour des Flandres, battu une fois de plus au sprint, une fois de plus par Van Petegem. Mais le reste de sa saison est un désastre et il change à nouveau d’équipe en 2004: direction Fassa Bortolo. Ca ne fonctionne pas du tout et la situation s’empire: il se sépare de sa femme après une énième dispute lors de laquelle il tire un coup de fusil de chasse dans le plafond de sa maison pour l’effrayer.... Sa dépression s’empire et il tente une première fois de se suicider.
L’année suivante, il essaie à nouveau de rebondir, se rabiboche avec son épouse, part vivre avec elle en Italie, crie haut et fort qu’avec la force de sa famille il va s’en tirer.... Mais comme d’habitude, la rechute est rapide... et il
touche le fond du fond en 2006 lorsqu’il fabrique une fausse licence afin de participer à une course amateur pour juniors en Italie: il se fait appeler «Francesco Del Ponte» et utilise une photo de... Tom Boonen!
En permanence chargé aux médocs, complètement fou, il devient dangereux et sa femme le quitte définitivement cette même année. Rentré en Belgique, seul, complètement désemparé, il songe à nouveau à en finir et passe à
l’acte au cours de l’année 2007 mais son suicide est à nouveau manqué et il fait un séjour de quelques semaines en hôpital psychiatrique.
Une fois sorti, il tente à nouveau de reprendre l’entraînement pour «gagner des grandes courses», sa popularité reste intacte et des équipes s’intéressent toujours à lui mais elles sont de moins en moins connues et partout où il
passe, c’est la même chose.
En cette fin d’année 2009, il semblait enfin aller mieux psychologiquement, voyait à nouveau sa fille après avoir réussi à lever le veto de son ex-femme italienne et parlait, une xième fois, de reprendre la compétition afin de
réaliser une «dernière grande saison».
Malheureusement pour lui, le destin en a décidé autrement... et il aura fini de la plus glauque des manières: dans une chambre d’hôtel minable, après avoir passé la nuit avec une pute sénégalaise (qui au passage lui aura volé ses
2 portables et son argent liquide) et entouré d’insuline et de calmants.
Pathétique pour ce coureur hyper doué, promis à un grand avenir cycliste (dopé parmi les dopés bien entendu, restons lucides) mais qui aura été incapable de gérer tout ce qui entoure le vélo en lui-même.
Dans nos têtes restera sans doute le film de sa flamboyante chevauchée dans LBL mais on ne pourra oublier ses 10 ans de désert total qui le conduiront à une fin minable. Finalement, le monde du cyclisme conservera de lui
l’image d’un super talent porté aux nues trop tôt, un Icare qui s’est brûlé les ailes.
Très bon ce papier.
Destin tragique.
Merci pour l’article.
Excellent article.
Ah, VDB qui calme le grand Bartoli dans la Redoute en 1999. Grand moment de cyclisme.
Quand on pense qu’il gagne Paris Nice en 1998, Liège en 1999, et qu’après c’est le grand vide ... quel gâchis.
La même carrière ratée qu’Ullrich, la même descente aux enfers tragique que Pantani ...
Moi aussi j’aimais bien VDB. Je connaissais pas l’histoire de sa femme italienne mais beaucoup d’hommes ont tout perdu pour la même raison, d’Adam à Don José...
Bel article, certains passages sont écrits de facon un peu lourde néanmoins (mais je n’aurais pas fait mieux !)
D’où tiens tu que c’est Gaumont qui avait initié VDB aux cocktails hallucinatoires ? j’ai lu un article en ce sens dans lequipemag il y a quelques mois mais je savais pas qui avait initié qui...
C’est son directeur sportif de l’époque Alain Deloeuil qui avait dit que Gaumont "l’avait pris sous son aile" à ce niveau. VDB l’avait confirmé lui-même et dit qu’en arrivant chez Cofidis, il avait découvert "un autre monde"... Gaumont est aussi celui qui lui a présenté le fameux Bernard Sainz.
Concernant Contador et LBL, je ne pense pas qu’il sera en condition pour la gagner.
au fait, Contador su LBL, ça va donner quoi à votre avis ? victoire possible ?
Pas forcément, il n’a pas l’expérience des classiques, le coup d’oeil pour surveiller les échappées, les contres ...
Mais s’il est bien placé en fin de course, il pourra mettre une mine dans Saint-Nicolas, la dernière côte à Liège.
Je ne pense pas qu’il sera suffisamment en condition pour gagner cette classique très exigeante comme l’était A. Schleck la saison passée. Qui plus est, c’est un grimpeur et il devra se confronter à des "puncheurs" à qui ces courtes côtes conviennent à merveille et dont les classiques comme celle-ci sont leur objectif principal de la saison. Mais bon, on verra...
Par ailleurs, la côte de Saint-Nicolas est en effet la dernière côte répertoriée du parcours mais il ne faut pas oublier la montée vers Ans qui mène à l’arrivée. Elle peut permettre de faire la différence comme en 1997 lorsque Bartoli avait lâché Jalabert dans cette ultime difficulté
Jamais aimé cette finale à Ans. La côte est pas mal... mais qu’une si belle course s’achève entre autoroute et grande surface commerciale : quelle tristesse !
Encore un coup de Michel Daerden ? ?... Rendez-nous les finales sur les boulevards, les arrivées par l’Ourthe...
Ou à défaut, et s’il fallait vraiment conclure LBL sur une note sélective : Pierreuse !
Tu es bruxellois, et ne connais peut-être pas ce coin-là (à deux pas de la Place Saint-Lambert- : près d’un kilomètre de côte pavée (environ 10% de moyenne), superbe quartier prolo d’immigration italienne... au sommet : la citadelle...
Ca, ce serait une finale de rêve...
Bien sûr que je connais, en effet j’habite maintenant à Bxl mais je suis Liégeois "d’origine" ! Je pense qu’ils ont déplacé l’arrivée à Ans car ça pouvait apporter plus de spectacle que l’arrivée à plat boulevard de la Sauvenière. Raison pour laquelle d’ailleurs Criquielion n’a jamais gagné face à Moreno Argentin qui était plus rapide que lui au sprint. Alors qu’avec la côte d’Ans, c’était jouable.
La côte d’Ans est également assez large et plus appropriée pour une arrivée contrairement au quartier Pierreuse qui me semble quand même vachement étroit pour un final.
Mais je te l’accorde, ce serait finir la doyenne des classiques en beauté avec une ultime difficulté pour costauds !
Décision éminnemment politique (pour ça que je parlais de cette plaie de Daerden, même si on est du même bord "idéologique" déclaré)...
Regarde l’étape du Tour, qui passera (partira ?) à... Wanze... Politique aussi (le Député provincial en charge du sport, pour la Province de Liège, est de ma famille, connaît bien la direction du Tour, et a fait ses gammes dans la vie et la politique à... Wanze)... Ou toutes ces étapes, qui partaient/aboutissaient à... Perwez (fief d’André Antoine)...
Vraiment énervant !
Le truc contre Pierreuse, outre l’aspect étriqué du bazar dont tu parles à raison : les pavés peut-être, caractère trop flandrien (quoique, Saint-Nicoles, si j’ai bonne mémoire) ?
Mais que la côte d’Ans ait contribué à durcir la course, bof : dans son final, peut-être... le problème, c’est que Redoute, Sprimont et Sart-Tilman ne font plus guère office que d’écrémage : je me trompe peut-être... mais si peu d’attaques décisives, depuis l’instauration de Ans !
Le Mont-Theux me manque aussi (quelle côte d’enfer, celle-là !)...

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