France - Angleterre, la Guerre de Cent ans
Entre la rigueur anglaise et la fantaisie française, le "Crunch" s’annonce une nouvelle fois explosif samedi entre les meilleurs ennemis. Mais cette année, au delà des antagonismes historiques, le XV tricolore va disputer le titre et même le Grand Chelem. De quoi obtenir un crû exceptionnel...
Duel mythique du rugby, France-Angleterre n’est pas un match comme les autres et ne l’a jamais été. Ce n’est pas une simple rencontre, c’est un évènement, un choc de culture. L’état d’esprit qui anime les frères ennemis peut se résumer à cette définition de Serge Simon qui précise ce que signifie lemot "anglais"dans le vocabulaire du rugby tricolore: "peuple visionnaire qui eut un jour le génie d’inventerle rugby et la grandeur d’âme de le diffuser ensuite. A ce titre, le monde entier lui est reconnaissant. Exemple: les Anglais, faut les crever!"
La légende naît d’abord par le Tournoi. Très vite, ce choc voit s’opposer deux visions très différentes du rugby, une approche très méthodique où tout est planifié à l’avance côté anglais et un jeu fait d’imagination et decréativité côté tricolore. Chaque match est surnommé "The Crunch", que l’on peut traduire par moment crucial, le choc des titans que tous les supporters attendent avec impatience chaque année. Séparés par un bras de mer, les deux XV grandissent ensemble dans ces confrontations régulières, au gré des matchs jamais vraiment amicaux, toujours virils, oubliant parfois d’être corrects. Ensemble, le Coq et la Rose forgent le mythe de cette mésentente cordiale de l’ovalie, avec quelques matchs références.
France-Angleterre, c’est d’abord la domination anglaise au début du XXème siècle, la première victoire française en 1927 au stade Yves du Manoir puis l’exploità Twickenham en 1951. C’est l’ode au rugby champagne de 1972, dernier match à Colombes et une victoire spectaculaire des Maso, Villepreux et Spanghero qui surclassent les Anglais. Mais c’est aussi les féroces batailles d’avants de la génération de Jean-Pierre Rives, avec notamment les victoires de 1977 et 1983 dans l’antre de Twickenham.
La fin des années 1980 est un tournant dans l’histoire du "Crunch". Les Français, sûrs de leur jeu, ne voient pas arriver l’émergence d’une nouvelle génération revancharde des humiliations passées. Revenus aux fondamentaux du jeu de William Webb Ellis, les Carling, Moore, Andrew et autres Leonard trouvent la faille de l’adversaire, le côté obscur de leur spontanéité balle en main, leur indiscipline. Provoquants et narquois, ils font peter les plombs des avants tricolores, encore élevés au biberon des générales du sud-ouest. En 1991, lors du Tournoi des V Nations, ils l’emportent pour la troisième fois de suite. Six autres victoires derang suivront, mais à ce moment les Français croient encore pouvoir se sauver grâce à leur grain de folie, et se rassurent en inscrivant probablement l’essai du siècle à Twickenham...
Les Français ignorent encore qu’ils rentrent dans une longue période de disette, dont les joueurs ne retiendront que la traditionnelle et humiliante poignée de main, lorsque le capitaine Anglais Will Carling se plaisait à remercier ses adversaires déchus d’un "good game" au goût amer. Accueillant les Anglais au Parc des Princes pour la deuxième édition du Mondial, le XV du Coq pense ne faire qu’une bouchée de ceux qui semblent encore dépassés par les inspirations géniales et insensées de Serge Blanco. Mais l’Anglais sait s’adapter et dès le coup d’envoi sifflé, Andrew monte une chandelle stratosphérique avant de piétiner l’arrière tricolore à la retombée. Ils seront quatre à lui marcher dessus et Blanco restera dans le coltard les 80 minutes suivantes, tout comme ses coéquipiers trop occupés à rendre justice pour se soucier du score... Helas, aucune vidéo de ce grand moment de perfidie anglo-saxone n’est disponible sur la toile.
L’exaspération est à son comble côté Bleu, le Crunch du Tournoi 1992 aura même vu l’arbitre du match exclure deux Français ( Lascubé pour avoir marché sur Bayfield, Moscato pour être entré trois fois de suite en mélée en mettant un coup de tête à Leonard ). Arrive alors le Mondial 1995 en Afrique du Sud et le match pour la troisième place entre deux équipes en pleine transition générationnelle. Cela fait maintenant sept ans que la France n’a pas battu le XV de la Rose. Eloignés géographiquement et médiatiquement de la pression nationale vécue lors des Tournois, les Français battent enfin leurs meilleurs ennemis. Et décident de passer la troisième mi-temps ensemble! Cuite mémorable et fin des "sales années" dans un pub de Prétoria.
Libérés par ce succès, les partenaires d’Abdelatif Benazzi vont alors connaître une période faste pour le rugby français, marquée par deux Grands Chelems réussis consécutivement dans le Tournoi 1997 et 1998. Lors du premier d’entre eux, le XV de France s’offre un succès de prestige dans le temple des Anglais ( 20-23 ) où il n’avait plus gagné depuis près de vingt ans, grâce au pied de Christophe Lamaison et à un essai en fin de match de Laurent Leflamand. L’année suivante, le XV tricolore inaugure de la meilleure des manières le Stade de France en battant l’Angleterre ( 24-17 ), Philippe Bernat-Salles et Christophe Dominici inscrivants un essai chacun.
En 2003, alors que se termine la Coupe du Monde en Australie, Français et Anglais se retrouvent en demi-finale. Les Bleus ont mis de la discipline dans leur jeu et Bernard Laporte a inoculé dans le sang de l’international Français le virus de la défense, au détriment du "french flair". Dans la foulée d’un début de compétition impeccable, le XV tricolore pensait avoir tout prévu pour passer l’obstacle, entre engagement physique irréprochable, méléeindestructible et pied redoutable de Michalak. Las, il n’avait pas prévu la pluie, la botte de Wilkinson et l’expérience des joueurs de sa Majesté ( Catt, Dallaglio, Johnson ). Sortis par la petite porte, les Coqs laissent l’Angleterre soulever le premier trophée mondial de l’hémisphère nord.
Trois ans après, à l’occasion du Tournoi 2006, on assiste à la plus large victoire française de l’histoire face à l’Angleterre. Ce 12 mars restera comme un jour sombre pour le rugby anglais. Sans âme, dominés dans tous les secteurs, les hommes d’Andy Robinson touchent le fond. Charlie Hodgson, pétrifié par la pression de la défense française et par l’ombre plus que jamais pesante du grand absent Jonny Wilkinson, rate tout. Il sortira à la mi-temps. Dimitri Yachvili endosse sa tenue de bourreau des Anglais pour enquiller trois pénalités et donner une marge confortable aux Français à la pause ( 16-3 ). Le deuxième acte, tendu, est marqué par une grosse présence défensive française, puis par un feu d’artifice final sous la forme de deux essais dans les cinq dernières minutes, signés Traille et Dominici ( 31-6 ). Ce dimanche là, il n’y avait personne, pas même un Anglais, pour imaginer que le XV de la Rose disputerait sur la même pelouse, 19 mois plus tard, une nouvelle finale de Coupe du Monde.
En effet en 2007, une semaine après un exploit mémorable face aux All Blacks à Cardiff, les Bleus retrouvent leur public pour une improbable demi-finale contre l’Angleterre. La revanche de 2003. Mais de revanche il n’y aura pas. Le cauchemar commence dès la deuxième minute de jeu et un essai de Lewsey. Une cuillère sur Vincent Clerc, une charge de Chabal trop courte de deux mètres et c’est la finale qui ne veut pas s’offrir. Elle se dérobe même pour de bon à six minutes de la fin. Une cravatte de Szarzewski offre la pénalité qui tue à Wilkinson. Animal à sang froid, "Wilko" frappe sans état d’âme, avant de crucifier le rugby français d’un drop. Triste fin d’aventure.
Depuis ce naufrage, les Français ont repris le dessus. Seule ombre au tableau, une défaite 34-10 à Twickenham dans le Tournoi 2009, pour la dernière confrontation entre les deux équipes. Samedi, France-Angleterre sera donc beaucoup plus qu’une finale de Tournoi. Ce sera le match le plus important de l’histoire du rugby français. Comme d’habitude...
On ne peut plus comptabiliser tous les matchs contre les anglais pour préparer le prochain.
Il faut s’en tenir au dernier et c’était une défaite. Un crunch et un grand chelemn ne se galvaudent pas. Il faut donc maraver les anglais samedi soir.
Que ce soit eux qui nous servent le grand chelem en relèvera forcément la saveur.
Et s’ils pouvaient aussi nous embrasser le cul, ce serait merveilleux. Un coup à aller se bourrer la gueule en boite samedi !
"Les Anglais, faut les crever ?"
Oui mais dans le respect des règles de l’Ovalie.
(ou pas)
t’as tout résumé :-)
c marrant , en pensant a ce match, j’en arrive moi aussi à preferer un 9-6 avec un match bien pourri et vicieux des deux équipes et une pénalité victorieuse à la 78 eme litigieuse, qu’un 40 - 6 avec des envolées du bout du monde ....c grave docteur ?
Nan c’est pas grave. Et c’est même ce qui risque d’arriver.
Mais 40-6, on prend quand même.
Le score et la manière n’ont pas beaucoup d’importances. Lors d’un "Crunch", seul le résultat importe.
Et bien que les Anglais n’aient plus la moindre chance de remporter le Tournoi, on peut être certain qu’ils vont tous faire pour nous gâcher la fête et nous priver d’un 9ème Grand Chelem.
Maintenant, sur ce qu’on a vu depuis le début de l’épreuve, on a pas à avoir plus peur que ça, notre conquète est solide, la défense est bien organisée et nos centres ont causé bien des soucis à leurs adversaires depuis le début.
La seule chose, c’est que les "Rosbeefs" sont capables de se sublimer lorsqu’il s’agit d’affronter les "Frogs". Alors méfiance...
voici les compositions d’équipe pour samedi soir :
FRANCE : Poitrenaud - Palisson, Bastareaud, Jauzion, Andreu - Trinh-Duc, Parra - Bonnaire, Harinordoquy, Dusautoir - Nallet, Pierre - Mas, Servat, Domingo
Remplacants : Malzieu, Marty, Yachvili, Lapandry, Chabal, Poux, Szarzewski
ANGLETERRE : Foden - Cueto, Tindall, Flutey, Ashton - Flood, Care - Worsley, Moody, Easter - Shaw, Borthwick - Payne, Hartley, Cole
Remplacants : Thompson, Wilson, Deacon, Haskell, Youngs, Wilkinson, Tait
les anglais, ça sert à rien !!! faut les bruler !!! comme au Brésil.

> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
Oui juillet c’est un peu la session de rattrapage sur terre battue avant la saison américaine ...
> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
@armand,On ne peut pas comparer l’impact du sport sur la société entre la France et l’Es ...
> 23 Autres ...
normal Garcia c’est Espagnol non ?? ;) Quand on se souvient de leur entame de saiso ...
> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
nous sommes pratiquement en inter saison ! Les cadors sont au repos et les tournoi qui se jouen ...
> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
et pour rester dans le debat : je dirais que je suis choqué vu les querelles des hommes politiq ...
> Jürgen Melzer, ou le symbole de nouveaux espoirs déçus ...
ouais interessant ! Cela se joue au mental ! Y a ceux qui a 18 ans font un quart en GC(ou ...
> 23 Autres ...
A l’opposé, y’en a un qui est pas loin d’avoir tout compris c’est coach garc ...
28/07 10h18
Australie 1987, l’essai du bout du monde.
Cette première Coupe du Monde de Rugby, décidée en 1985 par (...)
7/07 10h15
La tragédie des tirs aux buts
Un tireur s’approche du point de penalty, pose (...)
1er/07 10h05
Un calendrier en question
Bilan de la tournée estivale 2010Avec deux défaites (...)
TdF / France 2 : et si on polémiquait ? ...
Tous s’insurgent aujourd’hui de la prise de pouvoir du maillot jaune par Alberto C ...
La NBA devient folle ...
La superteam des Miami Heat prend ses formes, en effet après l’annonce faite par Lebron James ...
JM LARQUE AU MILIEU DU DESERT ...
Seul Jean Michel Larqué s’extirpe de cette triste mêlée, un naufrage télévisuel en toute règle ...




