Le 24 juin 1990 à Milan : Un match d’anthologie
Récapitulatif d’une rivalité particulière : L’Allemagne - Pays-Bas 2-1
Ce 24 juin 1990 dans l’enceinte mythique Giuseppe Meazza, la rivalité entre la Elftal et la Mannschaft atteint le sommet et sort du contexte du foot. La rivalité d’après-guerre tourne en revanche, en aggressivité et en haine. Ce huitième de finale est peut-être le match le plus tendu et le plus intense du Mondial 1990.
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Le premier-tour: le tirage au sort l’aura voulu
Comment est-il possible que ces deux cadors se rencontrent déjà aux huitièmes de finale? Dans le groupe D, la Mannschaft réussit pleinement son entrée dans le Mondial. Les Yougoslaves dont les éléments-clés vont remporter la C1 en 1991 avec le Crvena Zvezda, qui font figure d’outsider et qui vont éliminer l’Espagne avant de s’incliner de justesse devant l’Argentine aux t.a.b. en quarts, ne pèsent pas lourd face à la puissance des Allemands. Le score est sévère: 4-1. Deux frappes énormes de Lothar Matthäus et des buts de Klinsmann et Völler donnent victoire à la Mannschaft. Oublié les piètres résultats des match amicaux avant le Mondial avec une défaite 1-2 contre la France à Montpellier (buts de Papin et Cantona) et un 3-3 contre l’Uruguay à Stuttgart. Encore une fois, les Allemands sont là quand il le faut à l’image d’un Matthäus qui devient la pièce maîtresse de l’équipe et incarne puissance et technique. La Mannschaft enchaîne avec un 5-1 contre les Emirats arabes unis et un 1-1 contre la Colombie et se qualifie pour les huitièmes en remportant son groupe avec 7 points et 10:3 buts.
Les Pays-Bas se retrouvent dans le groupe F avec l’Angleterre, la surprenante équipe d’Irlande et avec l’Egypte qui assure sa place au mondial avec une victoire contre l’Algérie et le but de Hossam Hassan (1-0). Chez les champions d’Europe en titre on observe des problèmes avant le Mondial. Rinus Michels, artisan des parcours historiques de la Elftal en 1974 et 1988 a été remplacé par Leo Beenhakker. Le coupeur de jambes (si on tradiut son nom) n’est pas ni apprécié par la presse ni par les joueurs. Il s’avère trop faible pour lutter contres les rivalités qui ont toujours saboté les parcours des Pays-Bas. La rivalité Ajax vs. PSV ne reste pas la seule. Le fossé entre joueurs blancs et joueurs surinamiens devient de plus en plus profond. C’est un groupe qui n’est pas à l’aise qui affronte le 12 juin à Palerme l’Egypte. Le match est plus difficile que prévu. Les Gullit, van Basten et Vanenburg ne trouvent pas la faille dans la défense égyptienne avant que l’avant-centre du PSV, Wim Kieft (qui rate totalement sa saison à Bordeaux en 1991) marque. Quand Abdelghani transforme un pénalty à sept minutes de la fin, les Hollandais sont catastrophés, le score en reste là à 1-1. La Elftal semble totalement en manque de confiance. Suivent un nul déplorable (0-0) contre l’Angleterre et un autre (1-1, buts de Gullit et Quinn) contre l’Irlande.
Parce que les Pays-Bas et l’Irlande se retrouvent à parfaite égalité, la FIFA tire au sort: La deuxième place revient finalement à l’Irlande qui évite l’Allemagne et va sortir la Roumanie aux t.a.b. avant de s’inclinier devant la Squadra. La Hollande par contre retrouve son meilleur ennemi pour un huitième de finale, qui s’annonce crispant. A la fin du premier tour, la Mannschaft devient le favori chez les bookmakers laissant derière elle ainsi l’Italie et le Brésil, qui la devancaient avant le tournoi. Les Pays-Bas pointent derrière la pâle Argentine.
Les compositions:
Ce 24 juin, côte allemand, guère de surprises. La RFA évolue dans un système avec un libéro (Augenthaler), deux défenseurs centraux (Kohler et Buchwald et deux arrières (Berthold à droite, Brehme à gauche). Au milieu, côté droit, le choix défensif Reuter a été préféré à Thomas Hässler, Olaf Thon et Uwe Bein qui n’est même pas sur le banc, tandis que Littbarski à gauche et Matthäus en n°10 vont essayer de filer des ballons aux deux attaquants Völler et Klinsmann. On retrouce cinq joueurs évoluant en Serie A et trois joueurs du Bayern.
Illgner - Berthold, Kohler, Augenthaler, Buchwald, Brehme - Reuter, Littbarski, Matthäus - Völler, Klinsmann (Riedle 77.)
Leo Beenhakker essaye de donner de l’impacte à son attaque. Gullit, buteur contre l’Irlande est intouchable, van Basten qui court derrière sa forme aussi. C’est peut-être pour cela, que Beenhakker fait jouer Johnny van’t Schip, le grand copain de van Basten du temps où le dernier évoluait encore à l’Ajax Amsterdam. Autre surprise: le jeune Aron Winter est aligné pour la première fois. C’est lui qui va donner du fil à retordre à la défense allemande. Kieft, que Beckenbauer voyait débuter reste sur le banc.
van Breukelen - Rijkaard, van Aerle (Kieft 66.), R. Koeman, van Tiggelen, Wouters - Gullit, R. Witschge (Gillhaus 78.), Winter - van Basten, van’t Schip
La première mi-temps: la Elftal joue mieux
Dans un stade de Giuseppe Meazza, plein à craquer où les supporters oranje sont en superiorité numérique, ce choc est aussi une confrontation particulière: La Mannschaft est composé de trois joueurs de l’Inter (Matthäus, Brehme et Klinsmann) tandis que la Elftal compte dans ses rangs ses tois stars du Milan AC (Rijkaard, Gullit et van Basten). L’ambiance est hostile, les hymnes sont copieusement sifflés: http://www.youtube.com/watch?v=XXhNsFUY6Tg
Le début de match de l’Allemagne, intouchable jusque là, est nerveux. Les souvenirs de la demi-finale de l’Euro à Hambourg en 1988 semblent de nouveau s’incruster dans la mémoire des joueurs qui commencent le match avec le frein à main. Les Pays-Bas par contre jouent bien. Les prestations laborieuses du premier tour sont oubliés, la perspective de récidiver l’exploit de sortir la Mannschaft d’une grande compétitionles rend plus aggressif, plus confiant. Du coup, le jeune Aron Winter est à deux doigts d’inscrire le premier but, mais manque le cadre suite à un centre de Gullit.
L’hostilité des tribunes va se propager sur le terrain. Elle commence dès la 21e minute avec un vilain tacle de Rijkaard qui semble sur-motivé sur une belle accélération de Völler qui lui vaut un carton jaune. Sur l’action qui suit, Völler et Rijkaard discutent d’un ton peu cordial. Rijkaard crache sur Völler qui recoit à son tour un carton pour s’être plaint auprès de l’arbitre totalement dépassé par les évènements, l’Argentin M.Loustau. Les hostilités sont lancés: le coup-franc qui résulte de la faute, ne donne rien. Völler, énervé, saute juste à côté du portier hollandais van Breukelen en prétendant se suivre la trajecoire de la balle. Dans la bousculade qui suit, Rijkaard et Völler voient rouge et le défenseur du Milan AC crache une deuxième fois sur Völler. http://www.youtube.com/watch?v=r0blSrDH5_E Cette fois, les caméras sont braquées sur lui et cet épisode va longtemps hanter ce joueur et la rivalité Germano-hollandaise. Avec chacune des deux équipes diminuée à dix, les équipes ne produisent plus du jeu et sont encore sous le choc des expulsions.
La deuxième mi-temps: le tandem Klinsmann-Buchwald
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En deuxième période, le match va prendre une toute autre tournure. La RFA réussit à renverser la vapeur. Ce soir, Jürgen Klinsmann fait sans doute le meilleur de ses 108 matchs sous les couleurs de la Mannschaft et marque le plus important de ses 47 buts en sélection. Orphelin de son partenaire, Klinsmann seul en pointe court et court et court...comme la Volkswagen dans la pub. A la 51e minute, le grand Buchwald fait une de ses rares incursions côte gauche, ridiculise Winter d’un geste technique et centre. Klinsmann est à la réception du ballon. Van Breukelen reste figé sur sa ligne, van Aerle est trop court: 1-0. Pour honorer cette action, les co-équipiers et les médias vont donner à Buchwald, le géant souabe, toujours fidèle au VfB Stuttgart,le surnom de ’Diego’
Les Bataves, qui avaient bien resisté au rouleau-compresseur allemand subissent maintenant le jeu de la Mannschaft. Dans la mi-temps, Beckenbauer a revendiqué que les actions offensives devraient venir côte gauche. A la 75e, Brehme récupère un ballon dans sa moitié de terrain, s’excentre à gauche, laisse Ronald Koeman sur place et dresse un long caviar pour Klinsmann, qui d’un dropkick somptueux en pleine axe heurte le poteau d’un van Breukelen battu. Les Hollandais tentent de réagir, Le vieux renard Wouters a l’unique occasion de mettre les deux équipes à égalité, mais ne cadre pas sa frappe, est van Basten transparent est averti pour une vilaine faute sur Matthäus parti pour le but hollandais. Un but de Matthäus est justement annulé pour une situation de hors-jeu. On sent que le match peut basculer à tout moment.
A la 77e, un Klinsmann crevé laisse sa place à Riedle. Le jeune attaquant du Werder est réputé pour son jeu de tête excellent, mais voilà: la RFA ne joue pas haut et mène toujours par le plus petit des scores. L’ambiance dans le stade est crispant, la Mannschaft n’est pas à l’abri d’une équipe des Pays-Bas qui a su se transcender pour ce match. Sans être brillant comme en 1988, ils posent problème. C’est finalement Andréas Brehme qui va marquer le 2e but allemand. A la 85e suite à un corner, c’est encore Guido Buchwald qui récupère le ballon et passe à Brehme qui est au côté gauche de la ligne des 16 mètres. Il place une frappe avec beaucoup d’effet, qui a une trajectoire bizarre mais qui meurt dans le petit filet de van Breukelen: 2-0. Le pénalty généreusement accordé aux Bataves et transformé par R. Koeman ne changera rien. Les scènes de la 2e mi-temps: http://www.youtube.com/watch?v=izjX0mxIDvM
Les Pays-Bas vont prendre la revanche en 1992 en remportant le match au premier tour de l’Euro en Suède 3-1. Quant aux Allemands, ils passent le match le plus difficile déjà aux stages des huitièmes. Ni les Yougoslaves, ni les Tchèques en quarts, ni les Argentins en finale leur posent autant de problèmes que les Hollandais. Le match déclic sur la route pour le titre.
à l’époque, l’Italie, dont les clubs avaient remporté les trois coupes européennes (Milan en C1, Sampdoria en C2 et Juventus en C3) et qui en plus était le pays organisateur, était archi favori.
En principal outsider, il y avait le Brésil comme souvent et surtout les Pays-Bas qui sortaient d’un Euro 88 formidable avec sa triplette Rijkaard, Gullit, Van Basten.
Mais comme le football n’est pas une science exacte, la finale a opposé l’Allemagne à l’Argentine. Un scénario qui pourrait se répeter cet été pour tous ceux qui attendent un Brésil-Espagne en finale...
Beckenbauer avait une équipe formidable
Matthaus, transformé par le Trap à l’Inter, Brehme, Völler, Klinsmann, Buchwald ... sacrée Mannschaft !
La rivalité entre RFA et Hollande a toujours été terrible. La Hollande en voulait à l’Allemagne pour 1974, la Mannschaft en voulait aux Oranje pour 1988 ...
La double expulsion de Rijkaard et Völler fut le point d’orgue de ce match.
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La finale avait été compliquée pour l’Allemagne. Elle semblait complètement crevée face à une Argentine laborieuse et privée de son buteur, Caniggia.
Un penalty bidon décidera de son sort.
Finale médiocre pour un Mondiale insipide.
Ironie du sort : l’Argentine qui ne s’est pas procuré une seule occasion pendant la finale a tout misé sur les tirs aux buts et son gardien Goycochea qui avait fait des miracles contre la Yougoslavie et l’Italie...se fait battre par un pénalty.
J’ai trouvé une autre vidéo sur youtube qui est plus complète. On y retrouve également les deux occasions de Winter, l’occasion de Wouters, une frappe de Buchwald et und face-à-face perdu de Littbarski :
20 ans plus tard, il ne me reste de ce Mondiale que les matchs de Lothar Mattheaus (sauf la finale).
La 8ème Panzer à lui tout seul !
Et Toto Schilacci, t’en souviens pas ?
Et le duo de mafieux Maradona-Caniggia ?
Ah ces deux buts de Matthaus contre la Yougoslavie (4-1) au premier tour.
Quel seigneur, ce joueur !
Bien sûr que je me souviens de Toto Squilacci !
Une merveilleuse histoire de foot son truc cet été là. Je crois que tout le monde était content pour lui.
C’est une version différente de David contre Goliath. Le joueur plus ou moins obscur que personne n’attend mais qui se révèle au grand jour.
Donc je veux bien réviser. Il ne me reste que Mattheaus et Squilacci.
Pourtant avant le Mondial, Schillachi n’était que l’attaquant n°4 derrière Vialli, Carnevale et Roberto Mancini. Quand ils ont raté les occasions de but en série contre l’Autriche (1-0), Toto n’a plus quitté le onze de départ. :)

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