Bordeaux Montpellier : un drôle de classico !
La revanche un peu gâchée de Montpellier.
Qu’aurait fait Canal+ si Paris SG Marseille s’était trouvé la même journée que ce match de haut de tableau Bordeaux Montpellier? Le rendez-vous des deux clubs français vainqueurs de coupes d’Europe auraient-ils dû céder un peu d’importance médiatique aux équipes de Laurent Blanc et celle de René Girard? Nul ne le saura jamais. Mais tout de même, le champion de France en titre, fidèle aux sommets du championnat depuis trois saisons, a retrouvé un adversaire qui ne lui a plus été opposé depuis plusieurs années. Un duel entre les Girondins et les Héraultais pour le titre, c’est une première, même si par le passé les deux clubs ont eu quelques passes d’arme dont certaines ont marqué l’éternel président du Montpellier la Paillade qu’il a patiemment transformé en Montpellier Hérault[i]... Parmi tous ces affrontements, un d’entre eux fut des plus marquants: le choc Montpellier Bordeaux du 02 août 1989 qui vit s’affronter Aimé Jacquet et Raymond Goethals et les jeunes Laurent Blanc et Bixente Lizarazu.... Eh oui, déjà il fut question de duel au sommet entre les deux clubs. Montpellier, peu expérimenté, ne put tenir son rang et fut renvoyé, durablement dans les profondeurs du classement!
En 1987/1988 Montpellier retrouve la Première Division, il découvre la Coupe d’Europe en finissant 3e juste à 1 point de... Bordeaux! Cette année là, un certain Laurent Blanc fait ses grands débuts au plus haut niveau. Devenu ambitieux, le club de Louis Nicollin marqua le pas lors de sa deuxième saison. Alors en 1989/1990: Montpellier vise les sommets avec Paille, Cantona comme avant-centres, Carlos Valderrama, élu meilleur joueur sud américain en 1987 est au club depuis 1988 avecDaniel Xuereb Vincent etGuérin. Aimé Jacquetest arrivécomme entraîneur etdont beaucoup avaient fait le meilleur entraîneur de France durant ses années bordelaises doit mener tous ces joueurs au succès. Avec un tel recrutement constitué en priorité de Paille et Cantona, qui ont fait leurs gammes en la Coupe d’Europe des Nations chez les espoirs, le club séduit la presse qui suit la préparation d’avant saison. Lors du Téléfoot de rentrée, Thierry Roland évoque avec Montpellier «une équipe dont on attend beaucoup.» C’est Aimé Jacquet qui présente l’équipe avec, précise t-il, «l’arrivée de Paille et de Cantona qui n’était pas prévue au départ. [Elle] nous a obligés à changer nos options et nos objectifs, a amené des obligations supplémentaires.» Voilà un propos qui en dit long, dès le mois de juillet, sur le recrutementde l’équipe qui ne semble pas avoir été décidé par l’entraîneur mais par le président. Alors, à Aimé Jacquet de se débrouiller avec cette équipe qui n’est pas la sienne... «A l’entraîneur d’être encore plus performant. Mais j’ai un petit peu l’habitude de ça. A moi d’être vite en action dit-il au micro de TF1 comme pour se rassurer. Louis Nicollin et son directeur sportif le disent: Montpellier joue gros. D’ailleurs, le président, sans langue de bois, met les choses au point: «une place en coupe d’Europe: pas obligatoire! Ca c’est pour se rassurer. Maintenant, quand on connaît les budgets, je crois qu’elle est un peu obligatoire, sinon on aurait des problèmes en fin de saison."
Pour sepréparer, Montpellier se rendit à Parisafin d’y disputer le tournoi de Paris avec le club de la capitale qui accueillit le FC Porto et l’équipe sud américaine de Vasco de Gama. En ½ finale de ce tournoi Montpellier affronta avec succès le FC Porto (1-0, but de Cantona). Tout cela sous le regard d’un journaliste de l’équipe, nommé Pierre Menés. «Avec eux (Paille et Cantona) Louis Nicollin a mené à bien le transfert de l’année en faisant signer le duo le plus convoité du football français (...) Avec eux Montpellier semble impeccablement armé pour atteindre ses ambitions et effacer une saison médiocre.» Cependant, le chroniqueur du Canal Football Club d’aujourd’huinote que le match, malgré un «but formidable de Cantona» fut «médiocre etsoporifique». Les joueurs de Porto étaient sans doute encore un peu en vacance. Pour Pierre Menés, il fallait donc attendre avant de voir ce que valait le Montpellier Hérault. En finale du Tournoi de Paris, le PSG battait Montpellier 1 à 0.
Et les Girondins de Bordeaux dans tout cela? Rien à signaler. Le club est convalescent. Il a fini 13e l’année précédente et a dû céder à son rival olympien Jean Tigana pour des raisons financières, tout comme Alain Roche. A eux s’ajoutent les départ de Clive Allen reparti à Tottenham, Enzo Schifo, décevant tout au long de la saison précédente ou de Cantona... pour Montpellier. En retour, les Girondins ont récupéré Klaus Allofs dans la transaction avec Roche et Tigana, Bernard Pardo etJoseph Antoine Bell, de Toulon, Patrick Battiston, revenu de Monaco, Manfred Kaltz, un Allemand de l’équipe qui affronta les Français à Séville et Piet Den Boer, sur les conseils de Goethals qui fut le buteur de la finale de la Coupe des Coupes pour Malines contre l’Ajax d’Amsterdam. Ils se sont montrés bien plus discrets que les Héraultais dont on attend beaucoup plus que ces Girondins qui ne se sont guère illustrés, même au cours de leur préparation. D’ailleurs, à l’approche du début de la compétition, une partie des transferts ne sont pas encore finaliées et Goethals ne sait pas encore avec qui il va débuterle championnat.
Paille et Cantona sont devenus champion d’Europe espoir avec les Bleus et leur duo semble des plus performants. Il apparaît donc logique de faire de Montpellier un des sérieux outsiders du championnat avec de telles ambitions. La publication du calendrier du championnat nous annonce que le premier choc ne sera pas OM Monaco, les deux derniers champions, ou Bordeaux Marseille ni même Paris SG OM, pour la revanche du dernier championnat, mais bien Montpellier Bordeaux! Si Canal+ avait, cette saison-là, couvert le championnat comme elle le fait aujourd’hui, elle aurait pu choisir cette affiche sans difficulté. D’ailleurs, le match allait confirmer toutes ses promesses.
Mais en attendant, pour l’ouverture, c’est Marseille qui est à l’honneur. Marseille, le tenant apparut comme le favoris et confirma son statut en s’imposant 4 à 1 à Lyon, ce qui à l’époque ne consista aucunement à réaliser un exploit puisque l’équipe de Jean Michel Aulas arrivait juste en première division. Avec Amoros, Tigana, Papin, Waddle, le club de Bernard Tapie était une des équipes les plus fortes jamais constituée en France. Mais la performance de Marseille passa inaperçu par rapport à celle de Montpellier. En effet, il fait un temps magnifique sur la Mousson et l’équipe de Paille et Cantona allait confirmer sans Cantona souffrant. Elle écrase tout de même la modeste équipe de Cannes 4 à 1 et prend les rênes du championnat avec Marseille. Louis Nicolin ne cache pas sa joie, il croit très fort en son équipe. Montpellier, premiers plaisirs titre l’équipe qui note que «les Montpelliérains ontdéveloppé, par moment, un jeu tout à fait réjouissant propre à emballer leur public.» Paille est gratifié par un 7/10 et Blanc, 8/10. Mais Aimé Jacquet note, en toute lucidité, que «ça n’a pas été facile, le score est très lourd pour Cannes.» Paille, Guérin et Blanc, deux fois, sont les buteurs. Nicollin, lui, est euphorique: «j’étais un peu anxieux, parce qu’une première à domicile, il ne faut pas la rater. Le score me comble et je crois que contre Bordeaux, le prochain match, on va faire péter le stade.» Il n’allait pas pouvoir rêver au delà de cette première journée. Bordeaux, de son côté, n’a fait que 0 à 0 à Metz, en toute discrétion.
Mais la deuxième journée devait rafraîchir les ardeurs de président Montpelliérain avec une défaite 2 à 0 à Mulhouse, un promu. Louis Nicollin fit alors une mise au point dans les vestiaires afin de mobiliser ses joueurs pour la suite. Il faut dire que la défaillance fut, Laurent Blanc mis à part, totale. Pour Michel Mézy, «notre chance, c’est de rejouer dès mercredi contre Bordeaux.» Un Bordeaux revigoré par large victoire sur le RC Paris 4 à 0 et quis’est placé sur le podium derrière l’OM.Mais pas assez pour apparaître comme un prétendant aux sommets.
Montpellier, le vrai test titre l’équipe pour cette 3e journée qui voit s’affronter les Héraultais et les Girondins.
Pour Aimé Jacquet, c’est un rendez-vous particulier, il retrouve son équipe des années 80 qu’il va affronter pour la première fois. Encore aujourd’hui, il parle «d’une période fabuleuse» qui «s’est mal terminée». Mal terminée un jour de février 1989 contre Toulouse au cours duquel les Girondins furent «nuls» selon les déclarations de Claude Bez, le président. Alors, Aimé Jacquet, meurtri, avec le sentiment de ne pas avoir manqué de professionnalisme, quitta le club sans avoir atteint son objectif de gagner une coupe d’Europe. Pensez s’il a préparé son rendez-vous au cours duquel on retrouve, pour la première fois en championnat, Paille et Cantona ensemble. Mais Goethals a aussi préparé ce test.
Le match tient toutes ses promesses et Montpellier domine outrageusement comme contre et ouvre logiquementCannes ouvre le score. Une splendide action menée par les attaquants montpelliérains et conclue par Kader Ferhaoui. Montpellier 1- Bordeaux 0! Puis, les joueurs de Jacquet poursuivent leur domination. Quelques minutes après l’ouverture du score, Ferhaoui, dans un grand soir, frappe sur le poteau. Bell était battu! Montpellier manque le KO. Bien quebousculé Bordeaux tient bon, réagit et finit par égaliser à la 51e minute par Piet Den Boer. Comme contre Cannes, Montpellier cède en début de seconde période.Cantona se démène et permet à Montpellier de reprendre sa domination. Mais sans succès, serré de près qu’il est par le jeune espoir du club girondin qu’est Lizarazu. Pire encore, en tentant une longue transversale, il voit son ballon intercepté par Olsen, qui lance Allofs. Ce dernier marque à un ¼ d’heure de la fin. Bordeaux tenait son succès et ne le lâchait plus. Le club de Claude Bez et Raymond Goethals s’imposait face à celui de Louis Nicollin et Aimé Jacquet. Le duo Den Boer - Allofs s’imposait sur Paille - Cantona. Pourtant, Montpellier ne fit pas mauvaise impression. Pour l’équipe, tout n’est pas négatif pour Montpellier qui a largement dominé la rencontre. «Les joueurs de Jacquet ont copieusement dominé les débats, offrant un spectacle de grande qualité tourné résolument vers l’offensive. Mais ils se sont heurtés à une équipe bordelaise moins vive mais plus rusée et qui a su parfaitement tirer son épingle du jeu.» Les notes attribuées sont très évocatrices: Cantona 6/10, Blanc 7/10 et Ferhaoui 8/10. A Bordeaux, seul Allofs a eu 7/10. Tous les autres n’ont eu que 5 ou 6/10. Mais le titre du journal fut coucou, revoilà Bordeaux! Oui, Bordeaux qui fit une saison superbe et prit la tête du championnat grâce à la défaite de Marseille Toulouse. Les Girondins la garderaient au total 32 sur 38 journées, mais passuffisamment pour être sacrés. Montpellier ne se remit jamais de cette défaite et sombra en bas de classement mais sauva sa saison en gagnant la Coupe de France, sans Aimé Jacquet, limogé un an jour pour jour après l’avoir été de Bordeaux et sans Paille, parti pour... Bordeaux.
Le match de ce dimanche restera marquant par le fait que Montpellier, en dépit de deux pénalties et à 11 contre 10, n’ait pas réussi à l’emporter. Sur l’ensemble de la première mi temps, Montpellier aurait dû prendre l’avantage. Sur l’ensemble de la seconde, cela aurait dû être pour Bordeaux. Sur l’ensemble du match, le résultat nul est équitable.Par une victoire bordelaise, on aurait vuBordeaux écarter son poursuivant. Par une victoire héraultaise, on aurait assisté à la revanche du match perdu il y a 20 ans.
Cette année, Montpellier ne semble pas devoir tomber très bas mais ne gagnera pas non plus la Coupe de France. Pour Bordeaux,par contre, la possibilité de voir revenir Marseille est tout aussi réelle qu’il y a 20 ans. Pire encore, Lille, Auxerre et surtout Lyon, qui vont tous venir à Bordeaux dans les semaines à venir, sont encore dans le coup. Après les nuls 1 à 1 contre Marseille et Montpellier, la victoire sera primordiale sous peine de voir le championnat lui échapper au profit du club héraultais..?
[i] Parmi les matchs entre Montpellier et Bordeaux, il y eut une victoire de Montpellier à Bordeaux en ¼ de finale de la Coupe de France en 1997 par 2 à 1. Il y eut un match de championnat perdu 3 à 1 en 1998 au cours duquel, excédé par l’arbitrage, Louis Nicollin furieux invectiva l’arbitre sur la pelouse même.
Bravo............à l’auteur de ce très beau sujet
Bravo......aux Montpellièrains pour ce point de pris et avec plus de culot ils pouvaient assez aisément s’imposer.............
Maintenant le tout est de savoir si le club de Loulou restera sur au minimum la troisième marche du podium qui qualifierait le club en C1...............c’est toute la question ? ? ? ? ? ? ? ? et Montpellier ne ferait pas moins que les autres à savoir la Phase de Polue !!!!!!!!!!!
La LFP ne souhaiterait-elle pas Bordeaux - Marseille - Lyon ou Lille voire Auxerre plutôt qu’un promu ? ? ? ? ? ? ? ?
C’est très bien pour ce club sans grade et son équipe de joueurs qui sont complémenatires entre-eux et la preuve est là !!!!!!!!!! il ne s’agit pas de mettre bout à bout des noms............encore faut-il qu’ils se complètent et qu’ils sont en osmose avec la ligne directrice du club et le ciscours du coach
Bravo donc aux Héraultais..............bonne chance pour la suite
Pas mal la rétro. Ca rafraichit la mémoire.
J’avais complètement oublié le Bordeaux d’alors, avec Allofs, De Boer et Kaltz (surtout ce dernier, il est resté longtemps ?).
Y’avait de belles équipes alors, en France !
Pour cette année, je dis : Allez Montpellier !
Kaltz je crois qu’il a fait qu’un match à Bordeaux.
Manfred Kaltz a joué à Bordeaux ? ? ?
On me dit jamais rien ici.
1 match, ça y est j’ai vérifié.
http://it.wikipedia.org/wiki/M...
Le wikipedia italien est le plus fiable de tous niveau foot.
C’est chez eux qu’il y a le plus d’info.

> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
ouais Axelborg je suis d accord avec toi sur l analyse faite des politicards francais ! Tu as e ...
> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
Oui juillet c’est un peu la session de rattrapage sur terre battue avant la saison américaine ...
> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
@armand,On ne peut pas comparer l’impact du sport sur la société entre la France et l’Es ...
> 23 Autres ...
normal Garcia c’est Espagnol non ?? ;) Quand on se souvient de leur entame de saiso ...
> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
nous sommes pratiquement en inter saison ! Les cadors sont au repos et les tournoi qui se jouen ...
> D’où vient le terme Grand Chelem ? ...
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ouais interessant ! Cela se joue au mental ! Y a ceux qui a 18 ans font un quart en GC(ou ...
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